18/12/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE: LE NOUVEAU RAPPORT « SITUATION ET PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE »

PRÉVOIT UN TAUX DE CROISSANCE DE 3% EN 2014 AU NIVEAU GLOBAL


Le taux de croissance économique au niveau mondial devrait augmenter au cours des deux prochaines années, si les signes d’amélioration observés en 2013 se confirment, indiquent les auteurs de l’édition de 2014 du rapport* « Situation et perspectives de l’économie mondiale », dévoilée ce matin lors d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies à New York.  Le Département des affaires économiques et sociales (DAES) de l’ONU, auteur du rapport, prévoit ainsi un taux de croissance mondiale de 3% en 2014 et de 3,3% en 2015, alors qu’il était de 2,1% en 2013. 


Mme Shamshad Akhtar, Sous-Secrétaire générale chargée du développement économique au DAES, a observé que le rythme de la croissance mondiale, en hausse pour la deuxième année consécutive, était encore lent.  Cependant, avec la sortie de la récession observable dans la zone euro et une reprise de croissance aux États-Unis et au Japon, le redressement de l’économie mondiale est en vue, a-t-elle assuré.


Mme Akhtar a estimé que les mesures prises par des pays et centres commerciaux importants devraient permettre au commerce de donner de l’élan aussi bien aux pays en développement qu’aux pays développés.  Elle a également exprimé un certain espoir dans les retombées que pourraient avoir les accords commerciaux et les progrès récemment accomplis dans le processus de négociations du Cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Le succès de la neuvième Réunion ministérielle de l’OMC, qui vient d’avoir lieu en ce mois de décembre à Bali, en Indonésie, va renforcer la confiance dans le commerce mondial, a-t-elle prédit.


Le chômage reste un grand défi à relever, a averti Mme Akhtar.  Les perspectives générales d’emplois diminuent, a-t-elle noté, tout en constatant cependant une augmentation du nombre d’emplois de certains types.  Elle a néanmoins jugé « inacceptables » les taux de chômage actuels.


La Sous-Secrétaire générale chargée du développement économique a ensuite mis l’accent sur le problème que représente la baisse des flux de capitaux et leur volatilité, un problème qui a pris une importance particulière depuis l’annonce faite par la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a indiqué qu’elle allait revenir sur le programme de soutien à l’économie qu’elle avait jusqu’à présent mené.  Mme Akhtar a également remarqué que les avis se multipliaient et différaient de plus en plus sur le plan macroéconomique.  En outre, a-t-elle ajouté, les dirigeants politiques des pays en développement et des pays en transition font face à des défis qui les obligent à mener des réformes au niveau structurel.


M. Pingfan Hong, Chef du Groupe de la veille économique mondiale du DAES, a confirmé que les signes indiquant une certaine amélioration de l’économie mondiale s’étaient faits plus clairs au cours du dernier trimestre de cette année 2013, ce qui a permis aux analystes de faire des prévisions plus positives.  Le rythme de la croissance s’accélère dans les économies développées, a-t-il indiqué en citant en exemple le cas du Japon, dont l’économie connaîtra une croissance de 1,5% en 2014.


En ce qui concerne l’Afrique, où les perspectives demeurent positives, on espère que la croissance, qui y a été de 4% en 2013, atteindra 4,9% en 2014, a déclaré M. Pingfan Hong tout en indiquant que la réalisation de ce taux de croissance dépendra de l’évolution de l’économie mondiale et des progrès réalisés en matière de gouvernance économique.


Passant à l’Asie, il a dit que la Chine devrait maintenir son rythme de croissance qui devrait se situer aux alentours de 7,5% pour 2014 et 2015.  En Asie du Sud, la croissance reste encore faible, a-t-il ensuite noté.  L’Inde, par exemple, a connu cette année son taux de croissance le plus bas en 20 ans, mais il devrait dépasser les 5% dès 2014, a déclaré M. Pingfan Hong.


En Amérique latine et dans les Caraïbes, le taux de croissance est en baisse.  Au Brésil, il est cependant prévu que la croissance sera de 3% en 2014 et qu’elle devrait passer à 4,2% en 2015, a précisé le Chef du Groupe de la veille économique mondiale du Département des affaires économiques et sociales (DAES).  M. Pingfan Hong a ensuite évoqué la situation des économies en transition.  À cet égard, parlant de la Fédération de Russie, il a indiqué que les prévisions de croissance économique pour ce pays sont de 2,9% en 2014 et de 3,6% en 2015.  La situation s’améliore également en Europe de l’Est, mais pas suffisamment pour y réduire les taux de chômage encore très élevés que connaissent les pays de cette région, a-t-il indiqué.


Parlant des États-Unis, l’expert a expliqué que l’arrêt de la pratique de la politique monétaire de l’« assouplissement quantitatif » -Quantitative Easing (QE)- entraînerait un risque important et serait difficile à gérer.  M. Pingfan Hong a dit qu’il fallait en particulier craindre que les conséquences de l’arrêt du QE aillent trop loin, notamment en ce qui concerne les taux d’intérêt à long terme.  Il a invité les décideurs concernés à relever les défis politiques qui vont se poser, en se concentrant sur la lutte contre le chômage et en atténuant les effets négatifs de la sortie de la politique d’« assouplissement quantitatif ».


À cet égard, Mme Shamshad Akhtar a conseillé d’adopter une politique monétaire qui soit bien calibrée et coordonnée.  Elle a aussi mis en garde contre toute tentation de recourir au jeu de la spéculation excessive.


M. Pingfan Hong a souligné que le plafond de la dette aux États-Unis était davantage un problème politique qu’un problème économique.  Sur un plan purement économique, il n’y pas de véritable raison justifiant que le Gouvernement américain mette un plafond à l’endettement, a-t-il argué.  Il y a une totale « incohérence » entre les responsabilités qu’ont des décideurs politiques et leur désir de plaire aux contribuables et électeurs.  Dans ce cas particulier, il faut trouver une solution au problème d’accumulation de la dette, a-t-il souhaité.


Pour sa part, Mme Akhtar s’est dite « optimiste pour les États-Unis ».  Reconnaissant les effets négatifs des détours et des joutes politiques en ce qui concerne la question du plafond de la dette, à la fois sur les États-Unis et sur le reste du monde, elle a cependant remarqué qu’en ce qui la concerne, la Chine a mis en place des filets de sécurité.  Même si certaines économies sont très résilientes, les tensions géopolitiques ne favorisent pas les progrès, a-t-elle ensuite remarqué en mentionnant la situation économique en Syrie.


Mme Akhtar s’est également exprimée sur les avantages des services bancaires fournis au moyen de la téléphonie mobile, services qui se développent dans des pays comme le Kenya.  Ce procédé ouvert à tous permet aux ménages de bénéficier de services financiers, a-t-elle indiqué avec appréciation.


* Le rapport sortira dans sa version intégrale le 20 janvier 2014.


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