25/11/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse

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CONFÉRENCE DE PRESSE À L’OCCASION DE LA COMMÉMORATION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ÉLIMINATION DE LA VIOLENCE À L’ÉGARD DES FEMMES


« La violence à l’égard des femmes n’est ni inévitable ni acceptable », a souligné ce matin la Directrice exécutive adjointe de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), Mme Lakshmi Puri, lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la commémoration par l’Organisation des Nations Unies, de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. 


Mme Puri était accompagnée du Représentant permanent de l’Italie auprès des Nations Unies, M. Sebastiano Cardi, dont le pays est le partenaire d’ONU-Femmes pour la commémoration de cette Journée internationale, à travers la présentation, aujourd’hui, d’une pièce de théâtre de l’écrivaine et réalisatrice de télévision Serena Dandini.


« Aujourd’hui encore, une fille sur trois est victime d’une forme ou d’une autre de violence au cours de sa vie », s’est indignée Mme Lakshmi Puri.  C’est pour combattre cette « pandémie qui ne connaît pas de frontière, ni d’âge ou de religion, ni de couleur de peau ou de richesse », qu’ONU-Femmes lance une série d’évènements au cours des prochains jours dans le but de sensibiliser l’opinion publique mondiale à ces questions, a-t-elle indiqué.


La lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des femmes fait partie des priorités de la campagne mondiale de sensibilisation lancée par le Secrétaire général de l’ONU, campagne dénommée: « UNiTE to End Violence against Women » (« Tous Unis pour mettre fin à la violence à l’égard les femmes »), a rappelé Mme Puri, laquelle arborait une tenue orange à l’occasion de cette  « Journée orange » qui, tous les 25 du mois, marque ce jour dédié à la mobilisation et la sensibilisation du public.  Beaucoup de célébrités se sont ralliées à cette cause, allant des vedettes du sport aux stars du cinéma, de la musique et d’autres arts.  ONU-Femmes est en pourparlers avec la Fédération internationale de football association (FIFA) et le Gouvernement du Brésil pour lancer une campagne soutenue en faveur du « machisme positif » qui dénoncerait cette forme de violence sexiste dans le contexte de la Coupe du monde de football qui aura lieu l’année prochaine.


La pièce de théâtre « Blessées à en mourir » (« Wounded to Death »), de Serena Dandini, coécrite par Maura Misiti, s’inscrit également dans ces actions de sensibilisation.  En sortant de leur silence des femmes qui ont succombé à des actes de violence, cette série de monologues a réussi à captiver le public en Italie et en Europe.  Aujourd’hui c’est au tour de l’ONU de la découvrir, avec un casting hors pair d’actrices et d’activistes italiennes et américaines comme Giovanna Calvino, Amanda Palmer, Maria Gracia Cucinotti, Monique Coleman, Valeria Golino et Nona Hendrix pour n’en citer que quelques unes.


Pour le Représentant permanent de l’Italie auprès de l’ONU, dont le pays est activement engagé dans la promotion de la lutte contre la violence à l’égard des femmes, tant aux plans national qu’international, cette initiative témoigne de l’efficacité et de l’impact que la coopération entre les gouvernements et la société civile permet de promouvoir dans ce domaine.


Rejoignant les propos de Mme Puri, qui a dit qu’il faut commencer par reconnaître l’existence même de cette violence sous toutes ses formes pour pouvoir la dénoncer et en faire un crime, M. Cardi a souligné que la volonté politique des gouvernements est un facteur déterminant du succès du combat à mener.  Cela passe par l’adoption de mesures et de lois adéquates, par leur application concrète, la poursuite des auteurs de ces violences et aussi par des efforts ayant pour but de changer les attitudes culturelles qui sont bien souvent les causes sous-jacentes des violences sexistes.


Quatre-vingt-dix pour cent des personnes qui commettent ces violences sont des hommes, a rappelé M. Cardi.  Mais pourtant, lui a répondu Mme Dandini, elles sont encore trop souvent « perçues comme un problème de femmes au même titre que la ménopause ».  C’est pour casser cet à priori qu’elle a écrit cette pièce de théâtre, a-t-elle indiqué.  La pièce est un moyen pour interpeller les hommes et les femmes sur les horreurs et l’immoralité de cette forme de violence qui « n’est pas une destinée et ne doit certainement pas être perçue comme telle », a dit Mme Dandini.  Cette pièce et le théâtre, en général, peuvent être des instruments au service de la sensibilisation à cette cause, a poursuivi Mme Dandini, indiquant qu’il faut militer pour que chaque gouvernement « fasse ce qui s’impose pour mettre fin » aux violences faites aux femmes et prenne les mesures nécessaires pour y mettre un terme.


« Tolérance zéro et incidence zéro »: tel est l’objectif affiché par ONU-Femmes dans ce domaine, et il ne pourra être atteint que si le monde se mobilise en ce sens, qu’il s’agisse des victimes qui doivent sortir de leur silence et dénoncer cette violence, de la société qui doit les soutenir, ou encore des politiques qui doivent mettre en place les cadres juridiques et institutionnels pour défendre les victimes et prendre en charge et punir les responsables.  Il s’agit d’un effort collectif à mener à l’échelle mondiale, car il s’agit d’une « pandémie mondiale qui a un coût trop élevé sur toutes les sociétés, qu’elles soient développées ou en développement », a souligné Mme Puri qui a encouragé les médias à être le relais de toute action allant dans le sens de la lutte contre ce fléau.


Répondant à la question d’un journaliste qui relevait le fait que les statistiques semblent indiquer une augmentation des violences à l’égard des femmes alors même qu’ONU-Femmes et d’autres organismes internationaux et des ONG se battent pour y mettre un terme, Mme Puri a expliqué que ces chiffres traduisent en eux-mêmes « une forme de succès », puisque de plus en plus de femmes et de fillettes acceptent aujourd’hui de sortir de leur silence et de dénoncer les actes dont elles sont victimes.  C’est un pas dans la bonne direction « parce qu’une fois qu’on sait ce qui ne va pas, on peut agir », a-t-elle estimé.


La pièce sera présentée dans la salle du Conseil de tutelle du Siège de l’ONU à 16 heures.

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