29/10/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE SUR LA SITUATION DES DROITS

DE L’HOMME EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE


Les enquêtes sur les violations des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC) ont fait l’objet d’audiences publiques, a expliqué le responsable de ces audiences, lors d’une conférence de presse organisée aujourd’hui au Siège des Nations Unies.


M. Michael Kirby, Président de la Commission d’enquête sur la situation des droits de l’homme en RPDC, a précisé que ce type d’audience n’était pas la pratique habituelle mais que, compte tenu de la situation et de certaines critiques à l’encontre de la Commission, elles se sont avérées particulièrement utiles dans la mesure où elles mettaient en exergue la transparence de ce processus.  Les témoignages et les transcriptions des dépositions ont été affichés en ligne, ce qui a permis au grand public de juger par lui-même de la manière dont l’enquête était menée et de l’équité des questions posées. 


M. Kirby, qui a été rejoint par Mme Sonja Biserko, autre membre de la Commission, a indiqué que les enquêtes étaient quasiment finies à ce stade, et qu’il y aurait une période d’un mois pour l’analyse avant la publication du rapport final, qui sera présenté le 24 mars 2014.  À ce moment, la Commission remettra le dossier au Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en RPDC.


Évoquant son intervention devant la Troisième Commission chargée des questions des droits de l’homme, M. Kirby a expliqué que la délégation de la RPDC avait accusé la Commission d’avoir un parti pris en prêtant l’oreille à des témoins hostiles dont les dépositions étaient injustement partiales.  D’autres pays avaient contesté la décision de mener une enquête spécifique à un pays, affirmant qu’il ne fallait pas stigmatiser les États et qu’il vaudrait mieux avoir des consultations individuelles moins visibles dans le contexte plus global de l’avancement des droits de l’homme au plan mondial.


M. Kirby a déclaré ne pas partager cet avis, et affirmé que la Commission n’était pas biaisée, et, qu’au contraire, elle avait cherché plusieurs fois à obtenir l’autorisation des autorités de la RPDC pour des missions de visite.  Pour lui, la meilleure manière de répondre à de faux témoignages consisterait à ouvrir les régions du pays citées dans les dépositions comme camps de détention et de prison.  En autorisant les médias à se rendre sur les lieux, la RPDC pourrait prouver la véracité de ses affirmations et prouver que les témoignages fournis à la Commission étaient faux, a-t-il précisé.


Répondant à une question sur le fait de savoir si le rapport final continuerait à dénoncer la RPDC, M. Kirby a indiqué que celui-ci établirait un état des lieux honnête et succinct.  Toutefois, certains témoignages sont extrêmement accablants, a-t-il souligné, rappelant qu’ils étaient tous en ligne.


Pour sa part, Mme Biserko a mis l’accent sur le fait que 80% des personnes qui s’enfuient vers la Chine et ailleurs sont des femmes et, par conséquent, elles sont sujettes aux risques de traite, de détention et de mauvais traitement.


Interrogé sur la façon dont la communauté internationale pourrait réagir face au refus continu de coopération de la RPDC, M. Kirby a souligné que la Commission n’était nullement intéressée par un changement de régime, mais envisagerait plutôt la mise en place d’un bureau des droits de l’homme dans le pays ou l’un des pays limitrophes pour assurer le suivi de la situation et offrir de l’assistance technique et des conseils aux autorités de la RDPC.


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