28/10/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE M. ALFRED DE ZAYAS, EXPERT INDÉPENDANT SUR LA PROMOTION

D’UN ORDRE INTERNATIONAL DÉMOCRATIQUE ET ÉQUITABLE


M. Alfred de Zayas, expert indépendant sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, a lancé, cet après-midi, un appel passionné en faveur de la création d’une assemblée parlementaire mondiale ainsi que de l’organisation, au sein du Conseil des droits de l’homme, d’un atelier sur la notion actuelle d’autodétermination.  Il a également exprimé le souhait qu’une plus grande place soit faite à la société civile au sein des travaux de l’ONU.


M. de Zayas intervenait dans le cadre d’une conférence de presse organisée au Siège de l’ONU, à New York, à l’issue de sa présentation, devant la Troisième Commission de l’Assemblée générale, de son rapport sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable.


Dans un premier temps, l’expert indépendant a expliqué vouloir utiliser le modèle du Parlement européen afin de créer « aux côtés de l’Assemblée générale » un organe consultatif qui permettrait de « prendre le pouls » de la planète et qui aurait non pas un pouvoir législatif, mais le pouvoir d’exprimer les préoccupations de la communauté internationale.


Il a ainsi indiqué qu’alors que certains pourraient penser que l’Assemblée générale remplit déjà de telles fonctions, elle est de fait un organe où siègent des ambassadeurs qui représentent leurs gouvernements.  « Or, combien de gouvernements sont-ils véritablement représentatifs de leur peuple? » s’est-il demandé.


« Hannah Arendt a ouvert nos yeux sur la banalité du mal, et quel mal surpasse le fait que nos enfants sont socialisés pour accepter un monde injuste? » a déploré M. de Zayas qui a par ailleurs critiqué le fait que les médias propagent trop souvent des valeurs qui glorifient la compétition et pas la solidarité.  « Nous sommes en train d’être socialisés pour avoir et non pas pour être », a-t-il constaté, paraphrasant le philosophe Gabriel Marcel.


M. de Zayas a également proposé d’organiser, au sein du Conseil des droits de l’homme, un atelier chargé d’examiner la notion actuelle d’autodétermination.  Il a estimé qu’une telle initiative s’imposait car, même si les populations autochtones ont de nombreux droits sur papier, elles ne jouissent de fait d’aucun droit souverain, à commencer par le droit de posséder les ressources naturelles que recèlent leurs territoires ou de participer aux processus de prise de décisions.  Qui plus est, a-t-il ajouté, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones est un « droit mou ».


L’expert a notamment estimé nécessaire, dans ce cadre, une mise à jour de l’« étude phare » de M. Miguel Alfonso Martínez, Rapporteur spécial de l’ancienne Commission des droits de l’homme, sur les traités, accords et autres arrangements constructifs entre les États et les populations autochtones.


Si l’ONU venait à se saisir de la situation des populations autochtones et que les États Membres en débattaient au sein du Conseil des droits de l’homme, l’Assemblée générale pourrait décider par la suite de prendre des mesures réparatrices, s’est expliqué M. de Zayas, qui a par ailleurs observé que les populations autochtones étaient aussi « pauvres que des souris d’églises » et n’avaient pas les moyens de payer les frais d’un avocat chargé de les représenter.  Il a également qualifié d’« obscène » le fait que certains ont touché des trillions de dollars grâce à l’exploitation des ressources autochtones.


S’agissant de sa proposition de créer un tribunal mondial des droits de l’homme, M. de Zayas a reconnu, d’une part, que les mesures logistiques nécessaires à sa création seraient énormes et, de l’autre, qu’il existerait toujours des tensions entre l’universalité des droits de l’homme et le droit à la diversité culturelle ainsi que le droit à ses propres traditions et idées.  Il a toutefois estimé que la valeur de débattre d’une telle proposition était en soi inestimable.


Le Rapporteur spécial a également suggéré la création d’un tribunal international des droits de l’homme et la rédaction d’une déclaration du droit à la paix, ainsi que d’une charte internationale des droits qui, a-t-il précisé, regrouperait l’ensemble des traités des droits de l’homme en un seul document que chaque avocat pourrait détenir.  « Certains diront que cela relève du domaine du rêve.  Mais si on ne rêve pas, aucun rêve ne pourra être exaucé », a-t-il lancé.


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