23/5/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LES QUESTIONS RELATIVES AUX PEUPLES AUTOCHTONES EN AFRIQUE


Trois spécialistes des problèmes autochtones ont souligné, cet après-midi devant la presse, les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones en Afrique, notamment en République du Congo et au Kenya, et ont encouragé à la sensibilisation de toute la population sur ces questions en vue d’accélérer le processus.


Cette conférence de presse conjointe avait été organisée en marge de la douzième session de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones (UNPFII), au Siège des Nations Unies, à New York, qui consacrait aujourd’hui son débat à l’Afrique.


Conseiller juridique du Président de la République du Congo, M. Laurent Tengo a évoqué la « prise de conscience qui naît dans les États africains » lesquels, dans leur majorité, ont voté en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et sont en train de s’organiser pour ratifier la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) relative aux peuples indigènes et tribaux. 


Au niveau de l’Union africaine, M. Tengo a signalé la création d’un groupe de travail chargé de réaliser des études sur les défis majeurs auxquels sont confrontés les peuples autochtones.


Il a également cité une décision de la Cour africaine des droits de l’homme qui s’est déclarée compétente pour juger les questions concernant ces peuples. 


La Cour a ainsi pu adopter une décision importante qui a rétabli les peuples autochtones du Kenya dans leurs terres.  Le Gouvernement kenyan, qui n’a pas discuté cette décision, a pris les mesures nécessaires pour la mettre en œuvre.


Au niveau sous régional, M. Tengo a mentionné l’existence d’un réseau des peuples autochtones d’Afrique centrale.  Il a ensuite parlé de ce qui est fait par chaque État au plan national pour promouvoir les droits des peuples autochtones, donnant l’exemple de son pays, la République du Congo, qui a adopté une loi spécifique sur cette question. 


« Le Président de la République du Congo, M. Denis Sassou-Nguesso, ne ménage aucun effort pour organiser des espaces de discussion sur les questions autochtones », a-t-il indiqué, signalant à cet égard la tenue à Brazzaville, capitale congolaise, de deux réunions du Forum international sur les populations autochtones d’Afrique centrale et de la présession de l’Instance permanente.


Soulignant à son tour les lois et mesures prises par les pays africains pour la promotion des droits des peuples autochtones, M. Albert Kwokwo Barume, spécialiste des questions autochtones et tribales à l’Organisation internationale du Travail (OIT), a souligné la contribution importante de la Commission des droits de l’homme de l’Union africaine dans la mise en œuvre de ces droits. 


Elle a permis de conceptualiser et de définir ces droits afin qu’ils soient compris sans ambiguïté, a-t-il dit.  Il s’est aussi réjoui du fait que l’Instance permanente consacrait une demi-journée de débat à l’Afrique, l’occasion de partager les bonnes pratiques dans ce continent et les leçons apprises dans d’autres régions du monde.


M. Simon William M’Viboudoulou, l’un des deux membres africains de l’Instance permanente sur les questions autochtones, a estimé que cette session était en effet une opportunité pour l’Afrique, dans le sens où elle permettait de dire les choses sans détour et sans gêne. 


Il a salué l’engagement des pays africains à mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies et estimé que de bonnes pratiques avaient été adoptées.  Il s’est aussi félicité du travail de l’OIT qui fait tout son possible pour que tous les pays ratifient la Convention 169.


Ce membre de l’Instance permanente a par ailleurs souhaité que celle-ci, ainsi que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, M. James Anaya, s’investissent davantage pour encourager les pays africains sur cette voie. 


Il a rappelé que, lors de la visite de M. Anaya au Congo en novembre 2010, le pays était en train d’élaborer la loi pertinente.  Grâce à l’ouverture du pays au dialogue dans ce domaine, les recommandations du Rapporteur spécial ont été suivies et la loi sur les peuples autochtones a été adoptée en février 2011, a-t-il observé.


Le Conseiller juridique du Président de la République du Congo a reconnu l’influence positive du Rapporteur spécial dans ce processus.  Il a également insisté sur la détermination politique et le courage dont avait fait preuve son Gouvernement en adoptant la loi sur les autochtones.


Au titre des difficultés qui restent à surmonter, M. Tengo a relevé un certain refus de la communautarisation dans les pays africains où l’on considère que les peuples autochtones sont une composante de la nation comme une autre, pour laquelle il n’y a pas de raison d’élaborer des mesures particulières.  Il a aussi rappelé que le sous-développement entraîne l’ignorance, voire de l’intolérance.  Dénonçant en outre l’inertie des traditions, il a encouragé les peuples autochtones à se prendre en charge.


L’expert de l’OIT a pour sa part souligné l’importance cruciale des terres pour les peuples autochtones, expliquant qu’il fallait reconnaître l’occupation et l’utilisation de leurs terres par ces peuples, même si elles n’étaient pas visibles.


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