2/4/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DE LA CONFÉRENCE FINALE DES NATIONS UNIES POUR UN TRAITÉ

SUR LE COMMERCE DES ARMES, M. PETER WOOLCOTT, DE L’AUSTRALIE


Le Président de la Conférence finale des Nations Unies pour un traité sur le commerce des armes a qualifié le traité adopté aujourd’hui par l’Assemblée générale de « très bon cadre ».  Au cours de la conférence de presse qu’il a donnée au Siège de l’ONU à New York, M. Peter Woolcott, de l’Australie, a parlé d’un texte « juste, équilibré et robuste ».  Tout, a-t-il prévenu, dépendra de sa mise en œuvre.


Le Président de la Conférence s’est donc dit impatient de voir la communauté internationale s’attaquer à la question de la mise en œuvre du traité, qui doit faire que ce « document fort et efficace » établisse des normes propres à prévenir le transfert « irresponsable et illégal » d’armes classiques pouvant servir à commettre des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.


« Aujourd’hui est un bon jour pour les Nations Unies et les populations du monde », s’est-il réjoui, saluant le travail acharné qui a été effectué pendant plusieurs années de négociations qui ont commencé en 2006.  « Nous avons un bon cadre sur la base duquel on peut avancer », a-t-il souligné.


Ce matin, à l’Assemblée générale, le traité a été adopté par 154 voix en faveur du texte soumis, trois voix contre marquant l’opposition de l’Iran, de la République populaire démocratique de Corée et de la Syrie, et 23 abstentions.  Les abstentionnistes dont certains pays très importants, ont atteint une « masse critique », a reconnu le Président de la Conférence, en pensant à la mise en œuvre du traité.


Il a, une nouvelle fois, défendu le texte qui, selon lui, assure l’équilibre entre les pays importateurs, les pays exportateurs et les pays qui insistaient sur la dimension humanitaire.  Tous les États, a-t-il confié, ont essayé de faire valoir leurs intérêts nationaux pendant les négociations.


La mise en œuvre du traité sera un exercice complexe, a-t-il cependant avoué, devant un traité qui offre « responsabilisation, transparence, prévisibilité ».  Il revient maintenant à la Conférence des Parties d’identifier les mesures les plus efficaces pour le mettre en œuvre. 


Faisant un retour en arrière sur l’échec de la Conférence finale, qui a tenu ses travaux du 18 au 28 mars, M. Woolcott a affirmé avoir bien compris qu’un seul État peut bloquer un consensus.  Lorsque la Syrie s’est exprimée, a-t-il confié, la question de l’adoption du traité n’avait pas encore été posée.  Mais après d’autres consultations, et sans plus d’espoir de consensus, le texte a été soumis aux délégations, a expliqué M. Woolcott qui a indiqué avoir su, le 28 mars dernier, qu’un pays voulait bloquer le consensus.  Ce pays a ensuite été rejoint plus tard par deux autres pays, a dit le Président de la Conférence.  


La règle du consensus est un « vrai problème » à l’ONU, a concédé le Président en disant ne pas l’« aimer ».  Mais les négociations ont été lancées sur cette base, a-t-il dit d’un ton résigné.  Ces négociations, a-t-il encore avoué, ont été « très difficiles » compte tenu de la question complexe de la consolidation du lien entre règlementation du commerce des armes, d’une part, et les droits de l’homme, le droit international humanitaire, et les intérêts liés au droit des pays d’assurer leur défense nationale, de l’autre. 


Mais, nous avons vu une réelle tentative d’assurer l’équilibre entre tous les intérêts nationaux, a indiqué M. Woolcott.  D’ailleurs, a estimé le Président, l’équilibre entre les intérêts des pays importateurs et des pays exportateurs a été plutôt bien assuré.


Le traité entrera en vigueur après 50 ratifications, ce qui revient à s’écarter de la tradition des 60 ratifications.  La mise en œuvre ne sera pas vraiment affectée par le manque de consensus, une notion qui ne sert qu’à renforcer le sentiment d’universalité d’un texte, a tempéré le Président.  C’est la mise en œuvre à proprement parler qui sera capitale.


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