28/3/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU DIRECTEUR DES OPÉRATIONS D’OCHA, M. JOHN GING


Le Directeur des opérations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a engagé, ce matin, le Gouvernement du Myanmar à mettre en œuvre le Mémorandum d’accord conclu, en septembre 2012, avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI) sur l’aide humanitaire à toutes les victimes des violences intercommunautaires dans l’État de Rakhine.


M. John Ging, qui donnait une conférence de presse au Siège de l’ONU à New York, pour faire le point de la visite de quatre jours qu’il vient d’effectuer au Myanmar, s’est dit convaincu que l’aide d’environ 150 millions de dollars que propose l’OCI pouvait faire partie de la « solution » à la situation dans l’État de Rakhine. 


Le Gouvernement n’a exprimé aucune opposition à ce Mémorandum, aussi doit-il faire avancer les choses car, a insisté M. Ging, l’aide proposée est destinée à toutes les communautés touchées, quelle que soit leur confession religieuse ou leur appartenance ethnique. Il a exhorté l’ensemble des dirigeants politiques et religieux du pays, ainsi que la société civile, à désamorcer la situation dans l’État de Rakhine car, a-t-il averti, les tensions actuelles risquent de se répandre dans le reste du pays à une vitesse alarmante.


Le Directeur des opérations d’OCHA a pu constater que, dans cet État, 127 000 personnes ne sont toujours pas rentrées chez elles après les violences de l’année dernière, au cours desquelles près de 10 000  bâtiments et édifices religieux ont été détruits.  Depuis le mois de juin 2012, on compte 167 morts et  223 blessées, a précisé  M. Ging. 


Quelque 24 000 personnes ont construit des abris de fortune sur des terrains qui seront submergés par les eaux, d’ici deux mois, a alerté M. Ging qui s’est aussi dit inquiet des restrictions sur la libre circulation des personnes, entre autres, l’accès limité aux centres de santé.


Dans l’État de Mandalay, a poursuivi le Directeur des opérations, les dernières violences intercommunautaires ont fait 40 morts et 12 000 déplacés.  L’état d’urgence y est décrété dans quatre localités. Il a aussi indiqué que l’État de Kachin compte à ce jour 83 000 déplacés et que la communauté humanitaire n’a toujours pas accès aux 40 000 personnes qui se trouvent dans les zones contrôlées par l’Organisation pour l’indépendance du Kachin. 


« La priorité des priorités est de voir de l’action sur le terrain », s’est impatienté le Directeur des opérations d’OCHA qui a par ailleurs constaté une situation sécuritaire « extrêmement tendue » et « extrêmement difficile » où les agents humanitaires sont intimidés de manière « très intense » et « très agressive ».


Tout en reconnaissant que le Gouvernement du Myanmar n’entrave pas, à proprement parler, l’acheminement de l’aide humanitaire, M. Ging a néanmoins estimé que ce dernier devait faire davantage pour faciliter l’accès à la communauté humanitaire.


Le Directeur des opérations d’OCHA a profité de sa conférence de presse pour attirer l’attention sur la situation aux Philippines où, il s’est également rendu après sa visite au Myanmar.  Près de 6,2 millions de personnes ont été touchées par les moussons qui ont inondé le pays l’année dernière, faisant par ailleurs 934 000 déplacés.


« De tous les pays dans lesquels je me suis rendu l’année dernière, les Philippines se distinguent comme un modèle exemplaire, s’agissant notamment de l’efficacité du partenariat entre le gouvernement et la communauté internationale », s’est félicité M. Ging.  La communauté humanitaire n’a rencontré aucun des problèmes d’accès auxquels elle est habituellement confrontée dans ce genre de situations.  Les opérations en cours sont exceptionnellement productives.


M. Ging a néanmoins signalé que l’Appel humanitaire pour les Philippines n’avait été financé qu’à hauteur de 34% et que les populations touchées faisaient actuellement face à des pénuries de médicaments, de vivres et d’abris.


« La somme d’argent réclamée est relativement modeste, mais son impact serait considérable », a-t-il plaidé, en exprimant sa grave préoccupation devant le désintérêt de la communauté internationale à l’égard de la situation aux Philippines, désintérêt qu’il a imputé justement au succès des opérations dans ce pays.


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