30/01/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE D’ANN-MARIE ORLER, CONSEILLÈRE POUR LES QUESTIONS DE POLICE DES NATIONS UNIES


La Conseillère pour les questions de police au sein du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) des Nations Unies, Mme Ann-Marie Orler, a donné aujourd’hui une conférence de presse, alors que son mandat touche à sa fin, pour souligner les progrès accomplis dans la professionnalisation de la police des Nations Unies et dans la participation des femmes à ce corps.  Mme Orler a aussi fait le point des activités de la Division de la police des Nations Unies qui opère dans 11 missions de maintien de la paix et 7 missions politiques spéciales disséminés à travers le monde.


Invitée cet après-midi du Point de presse, Mme Orler, première femme à avoir occupé le poste de Conseiller pour la police des Nations Unies, a salué les 12 398 membres du personnel de police de l’ONU, ainsi que les 10 pays qui y contribuent le plus en ce qui concerne le nombre de personnel mis à la disposition de l’ONU.  Il s’agit du Bangladesh, de la Jordanie, de l’Inde, du Pakistan, du Sénégal, du Népal, du Nigéria, du Rwanda, de l’Égypte et du Ghana.  Elle s’est félicitée du recrutement d’officiers de police spécialisés plus nombreux, bien équipés pour renforcer les capacités des pays hôtes des missions onusiennes dans le domaine de la police.  Elle a indiqué que ces mesures avaient entraîné un vrai changement dans la manière dont les forces de police de l’ONU opèrent et qu’elles auraient un effet durable.


Rappelant que l’approche multidimensionnelle du maintien de la paix avait été au cœur du débat au Conseil de sécurité la semaine dernière, Mme Orler a voulu illustrer cette dimension par des exemples tirés de situations sur le terrain.  Ainsi, a-t-elle indiqué, en Afghanistan, les Pays-Bas consacrent 4,5 millions de dollars à la mise en place d’un projet orienté vers les communautés locales et l’intégration d’une démarche soucieuse de promouvoir l’égalité entre les sexes.  Au Timor-Leste, des équipes de la police civile soutiennent les efforts de renforcement des capacités, notamment dans les domaines de la médecine légale, de la protection des personnes vulnérables, du renforcement des ressources humaines et de la coordination des actions menées par les donateurs.


En matière d’opérations de police dans le cadre des missions de maintien de la paix, « nous devons changer notre état d’esprit », a préconisé Mme Orler, en suggérant que l’on se concentre davantage sur la qualité des personnels et des programmes au lieu de se soucier seulement de la quantité.  Faisant valoir les avantages de cette démarche, elle a expliqué qu’elle permettait que le niveau du soutien offert au pays hôte soit non seulement plus élevé, mais aussi mieux adapté à la réalité sur le terrain.  En outre, a-t-elle souligné, ceci nous permet d’envoyer moins de personnel dans des situations qui peuvent être dangereuses.  Quant au plan des ressources, les économies réalisées par l’adoption de ce genre de démarche se révèlent également appréciables dans le difficile contexte économique actuel, a noté Mme Orler.


Il vaut donc mieux déployer moins de personnel de police et envoyer sur le terrain des agents qui soient plus spécialisés et plus adaptés aux besoins qui se posent, a-t-elle insisté, rappelant qu’elle s’était assignée l’objectif d’améliorer l’efficacité des unités de Police de l’ONU.  À cette fin, la Police des Nations Unies a renforcé son processus de recrutement et mis en place un programme de formation destiné à ses recrues avant que celles-ci ne soient déployées sur le terrain, et nous avons aussi doté les États Membres d’un kit de recrutement, a dit Mme Orler.


Elle a ajouté que les efforts menés au niveau mondial pour inclure et faire participer davantage de femmes aux unités de la Police des Nations Unies avaient beaucoup contribué à augmenter le niveau de qualité de ce corps.  Elle a rappelé l’objectif fixé en 2009 de parvenir, d’ici à 2014, à un niveau de participation féminine de 20% dans les contingents de la police des opérations de maintien de la paix.  Indiquant que cette participation n’atteint pour le moment que 10% des effectifs.  Elle a invité les États Membres à inclure plus de femmes qualifiées dans les contingents qu’ils mettent à la disposition de l’ONU.  Elle les a invités à suivre l’exemple du Rwanda qui, le mois dernier, a mis 15 femmes à la disposition du contingent de Police onusienne en Côte d’Ivoire.  Avec le Bangladesh et l’Inde, le Rwanda fait partie des trois plus grands contributeurs de personnel de police féminin à l’ONU, a relevé Mme Orler.  Ces trois pays ont envoyé plus de 450 femmes qui représentent environ 37% de toutes les femmes servant dans la Police de l’ONU, a-t-elle précisé.  Mme Orler a mentionné les efforts menés dans le même sens par la Division de la Police de l’ONU qui s’est engagée à former 150 membres du personnel de police féminin, avec le soutien du Gouvernement des États-Unis.


La Conseillère pour les questions de police a espéré que cette direction continuerait d’être suivie après la fin de son mandat à ce poste, faisant valoir que la professionnalisation de la Police de l’ONU attirait des personnes hautement qualifiées et d’un niveau d’intégrité très élevé.  Elle a rappelé, à cet égard, les politiques suivies à l’ONU, comme notamment la politique de tolérance zéro concernant les cas d’exploitation et d’abus sexuels, avant de lancer un appel aux États Membres pour qu’ils poursuivent en justice les auteurs de ces violations et informent les Nations Unies du résultat des procédures judiciaires engagées contre les coupables.


Répondant à des questions sur les abus sexuels qui se sont produits en Haïti, elle a assuré que toute allégation d’exploitation ou d’abus sexuels était prise très au sérieux et soumise aux normes de la politique de tolérance zéro. 


Préalablement au déploiement, les États Membres doivent former le personnel de police qu’ils envoient servir au sein de la Police de l’ONU, a rappelé Mme Orler.  Mais de son côté, l’ONU joue aussi le rôle qui lui incombe dans le processus de sélection, ainsi que dans la formation, la sensibilisation et la prévention.  Nous avons ainsi instauré des couvre-feux et nous menons des enquêtes dès qu’une allégation de mauvaise conduite est portée à notre connaissance.  Les personnes accusées sont immédiatement rapatriées, a-t-elle précisé.


Abordant les projets en cours, Mme Orler a parlé de l’Initiative Côte de l’Afrique de l’Ouest, lancée en 2009, qui a permis aux polices de la Sierra Léone et du Libéria de mettre en place leur propre unité de lutte contre la criminalité transnationale organisée.  Dans le cadre de cette initiative, nous espérons aussi mener des missions d’évaluation des besoins en Côte d’Ivoire et en Guinée, a-t-elle indiqué.  « Mon successeur aura encore du pain sur la planche », a dit Mme Orler, qui a occupé les fonctions de Conseillère pour la Police de l’ONU depuis le 8 mars 2010, avant d’exprimer sa gratitude à tout le personnel de la Police des Nations Unies.  On peut toujours faire mieux, a-t-elle rappelé, tout en se disant convaincue que le personnel de la Police onusienne est bien équipé pour faire face à ses tâches.


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