19/11/2013
Conseil de sécurité
CS/11181

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

7064e séance – après-midi


APPUYÉ PAR DE NOMBREUSES DÉLÉGATIONS, LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL SALUE LA BONNE TENUE DES RÉCENTES

ÉLECTIONS MUNICIPALES AU KOSOVO, « SIGNE DE MATURITÉ POLITIQUE »


Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo, M. Farid Zarif, a déclaré, cet après-midi, devant le Conseil de sécurité, que le premier accord sur les principes régissant la normalisation des relations, conclu entre le Gouvernement de la Serbie et les autorités à Pristina le 19 avril 2013 était entré dans une phase décisive.  « Le bon déroulement des élections municipales du 3 novembre, a-t-il souligné, a posé un jalon important ».


M. Zarif, qui est également le Chef de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), a ensuite condamné les attaques perpétrées par des personnes masquées contre des bureaux de vote à Mitrovica-Nord.  Le Chef de la Mission, qui présentait ainsi le dernier rapport* du Secrétaire général, a toutefois précisé que ces incidents étaient isolés et ne compromettaient pas le processus électoral.  Le vote du 3 novembre, a-t-il ajouté, témoigne de la « maturité politique du Kosovo et d’une forte volonté de la population de participer au jeu démocratique ».


C’est un constat qui a été partagé par M. Hashim Thaçi, du Kosovo.  Ce dernier a affirmé que la participation massive au scrutin exprimait « la soif de démocratie des citoyens », y compris dans les quatre localités du nord du pays, à majorité serbe, tandis que le Premier Ministre de la Serbie, M. Ivica Dačić, a soutenu que son gouvernement avait tout fait pour encourager les Serbes du « Kosovo-Metohija » à participer largement à ces élections.


Le Représentant spécial s’est félicité de ce que le taux de participation dans de nombreuses municipalités du Kosovo, en particulier dans celles à majorité serbe au sud de la rivière Ibar, ait été plus élevé que celui enregistré lors des élections de 2009.  « Le taux de participation dans les municipalités au nord de la rivière, tout en étant significatif, était plus faible », a-t-il précisé.


Si M. Thaçi a déclaré que ces élections, dont le deuxième tour doit se tenir le 1er décembre, marquaient une étape pour de meilleures relations entre les différentes communautés ethniques au Kosovo, M. Zarif a invité à rester vigilant et à ne pas « fermer les yeux sur les profondes incertitudes qui subsistent parmi une partie importante de la population ».  La représentante des États-Unis a souligné que toute personne au Kosovo doit pouvoir exercer librement son droit de vote.


« Ce succès, même essentiel, n’est qu’une phase préliminaire.  Les progrès accomplis au plus haut niveau du dialogue politique doivent se traduire par une confiance locale accrue et une appropriation de ce dialogue sur le terrain », a indiqué M. Zarif, en mettant l’accent sur le rôle que devront jouer à cet égard les maires qui seront élus.


M. Dačić, a rappelé que la création de la communauté des municipalités serbes, aura lieu au Kosovo, conformément à l’accord du 19 avril.  Ceci ne se réalisera pas grâce aux efforts des « institutions provisoires » du Kosovo, mais plutôt malgré leur volonté en raison de leur incapacité de créer un climat propice, a-t-il regretté.  « La Communauté des municipalités serbes exigera des efforts majeurs de la part des parties, mais aussi de la communauté internationale », a commenté, à cet égard, M. Zarif.


Le Chef de la MINUK a ensuite insisté sur les autres progrès accomplis dans la mise en œuvre, sous les auspices de l’Union européenne, de l’accord du 19 avril, notamment dans les domaines de la justice et des télécommunications.  


L’engagement continu des deux parties est crucial pour progresser sur la voie de l’intégration européenne, a poursuivi M. Zarif, avant de rappeler que l’Union européenne avait décidé d’entamer des négociations d’adhésion avec la Serbie et autorisé l’ouverture de négociations sur un accord de stabilisation et d’association avec le Kosovo.  « Les réformes demandées à cet effet devront être faites, dans le respect des dispositions de l’accord du 19 avril », a-t-il insisté.


« L’Union européenne demeure l’unique alternative et le seul espoir pour les peuples de cette région de l’Europe », a affirmé, à cet égard, M. Thaçi.  Le Premier Ministre de la Serbie a, pour sa part, indiqué que le souhait de Belgrade de normaliser ses relations avec les autorités à Pristina ne devait nullement être interprété comme un changement dans le rejet par la Serbie de la Déclaration unilatérale d’indépendance.


« Parce que la normalisation entre Pristina et Belgrade a été fixée par l’Union européenne comme critère commun de leur rapprochement européen respectif, il conviendra donc de veiller à ce que les deux parties restent engagées de manière constructive et dans la durée, en faveur de cette amélioration des relations », a rappelé, pour sa part, le délégué de la France.


L’avenir de la MINUK a été également au cœur des interventions de nombreuses délégations, dont celle du Luxembourg qui, à l’instar de la France, a plaidé pour une « adaptation » de la MINUK.  M. Thaçi a, quant à lui, demandé « que le Conseil de sécurité se penche sérieusement sur la transformation de la MINUK en un bureau politique de l’ONU », rejoignant en cela le délégué du Royaume-Uni.  Ce dernier s’est d’ailleurs interrogé sur la pertinence de la tenue par le Conseil de réunions trimestrielles sur le Kosovo.


Le représentant de la Fédération de Russie a, pour sa part, insisté sur le maintien de la présence internationale au Kosovo, en particulier la MINUK et la Mission État de droit de l’Union européenne (EULEX), tandis que ses homologues de la Chine et de l’Azerbaïdjan ont plaidé pour le renforcement de coordination entre la MINUK, EULEX et la Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR).


Enfin, le Représentant spécial, ainsi que toutes les délégations, ont salué la mémoire de Audrius Senavičius, l’officier lituanien, membre d’EULEX, qui a été tué alors qu’il traversait, avec six autres militaires de la mission, la frontière entre le Kosovo et la Serbie. 


* S/2013/631


RÉSOLUTIONS 1160 (1998), 1199 (1998), 1203 (1998), 1239 (1999) ET 1244 (1999) DU CONSEIL DE SÉCURITÉ


Rapport du Secrétaire général sur la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (S/2013/631)


Déclarations


M. FARID ZARIF, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), a indiqué que le premier accord sur les principes gouvernant la normalisation des relations conclu entre Belgrade et Pristina, le 19 avril 2013, était entré dans une phase critique.  « Le bon déroulement des élections municipales du 3 novembre a posé un important jalon », a-t-il assuré.


Le taux de participation dans un nombre important de municipalités du Kosovo, en particulier dans celles à majorité serbe au sud de la rivière Ibar, était plus élevé que celui enregistré lors des élections de 2009.  Le taux de participation dans les municipalités au nord de la rivière, tout en étant significatif, était plus faible, a-t-il précisé.


« Je félicite les deux parties aux négociations de Bruxelles pour la tenue largement pacifique de ces élections avec, dans certaines zones, un taux de participation sans précédent », a poursuivi le Représentant spécial, avant de saluer, à cet égard, les efforts de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).


Il a ensuite rappelé les incidents survenus dans trois bureaux de vote de la municipalité de Mitrovica-Nord par des personnes dissimulées par des masques.  « La police du Kosovo, avec le plein soutien de la Mission État de droit de l’Union européenne (EULEX), a lancé une enquête sur ces actes criminels ». 


M. Zarif a ensuite indiqué qu’un vote a pu être de nouveau organisé dans ces trois bureaux il y a deux jours, et ce, sans incident.  Des irrégularités avaient été constatées dans deux bureaux de vote de la municipalité de Zvecan, a-t-il indiqué, en précisant que le deuxième tour des élections municipales aura lieu le 1er décembre prochain.


« Les incidents de Mitrovica-Nord sont isolés et ne reflètent pas la conduite satisfaisante du processus électoral », a-t-il affirmé.  Le scrutin du 3 novembre, a-t-il assuré, témoigne de la maturité politique du Kosovo et d’une forte volonté de la population de participer au jeu démocratique.


Le Chef de la MINUK a ensuite indiqué que la formation de la future association/communauté des municipalités à majorité serbe, un élément clef de l’accord du 19 avril, demandera encore des efforts majeurs de la part des parties, mais aussi de la communauté internationale.  « La MINUK entend jouer pleinement son rôle en utilisant les ressources qui seront mises à sa disposition. »


Si ces élections constituent une étape indispensable en vue d’assurer la représentation légitime des communautés du Kosovo, au nord comme au sud, M. Zarif a indiqué que « personne ne pouvait fermer les yeux sur les profondes incertitudes qui subsistent parmi une partie importante de la population ».


« Ce succès, même s’il est essentiel, n’est qu’une étape préliminaire afin de faire en sorte que les progrès enregistrés au plus haut niveau du dialogue politique se traduisent par une confiance locale accrue et une appropriation de ce dialogue sur le terrain », a-t-il dit.  C’est pourquoi, le rôle que devront jouer à cet égard les maires qui seront élus est important.


« L’amélioration de la qualité et du niveau du dialogue à tous les niveaux de gouvernance au Kosovo est un autre élément essentiel », a-t-il dit, avant de souligner le soutien de la Mission à un tel dialogue.


Les aspirations des populations pour une pleine association avec les institutions de l’Europe ont été un élément important du processus de normalisation des relations entre Pristina et Belgrade, a indiqué M. Zarif, qui a salué le démarrage des négociations sur un accord de stabilisation et d’association entre l’Union européenne et le Kosovo, ainsi que l’ouverture de négociations d’adhésion avec la Serbie.


« La myriade des réformes requises par une association plus étroite avec l’Union européenne doivent être accomplies en accord avec les dispositions de l’accord du 19 avril », a affirmé M. Zarif, en citant en particulier la réforme nécessaire des services publics du Kosovo.


Il a ensuite souligné le rôle important que le Conseil de sécurité continue de jouer au Kosovo, par le biais notamment de l’allocation de ressources suffisantes et d’un engagement politique continu auprès des parties, afin qu’elles puissent surmonter les difficultés occasionnelles.


M. Zarif a indiqué que les familles serbes et kosovares-albanaises de disparus, qui se sont récemment rencontrées pour aller de l’avant, leur montraient la voie à suivre.  Il a ainsi encouragé Pristina et Belgrade à œuvrer dans le même esprit pour persévérer dans la voie qu’elles ont choisie.


« La période qui s’ouvre est cruciale pour consolider les résultats positifs que constituent la tenue de ces élections et les progrès importants enregistrés dans le dialogue entre Pristina et Belgrade », a affirmé M. Zarif, avant de conclure que l’engagement continu des deux parties était crucial pour leur bon avancement sur la voie de l’intégration européenne.


M. IVICA DAČIĆ, Premier Ministre de la Serbie, a déclaré que l’année en cours avait été marquée par un important progrès, citant ainsi l’accord international sur les principes régissant la normalisation des relations entre Pristina et Belgrade.  Il a cependant prévenu que cet accord ne signifierait pas grand-chose s’il n’était pas suivi d’une mise en œuvre cohérente.  L’accord de Bruxelles est le résultat d’un dialogue politique qui a fixé le cadre pour les élections locales et la mise en place d’une communauté des municipalités à majorité serbe au « Kosovo-Metohija », a-t-il rappelé.  Guidé par son désir d’améliorer la vie des Serbes du « Kosovo-Metohija », le Gouvernement serbe, dont la flexibilité a été reconnue dans le rapport du Secrétaire général, a appelé les Serbes à participer aux élections locales et à élire leurs représentants à la communauté des municipalités serbes, pour qu’ils soient leurs représentants légitimes lors des pourparlers entre Pristina et Belgrade, a déclaré M. Dačić.  Pour le Premier Ministre, c’est là la seule solution durable, et la légalisation du statut du « Kosovo-Metohija » face à la communauté internationale renforce la position des Serbes qui vivent.


Néanmoins, alors que la Serbie a tout fait pour encourager les Serbes du « Kosovo-Metohija » à participer largement aux élections, les « institutions provisoires d’administration autonome du Kosovo (PISG) » ne se sont pas données la peine de créer un climat favorable, a fait remarquer le Premier Ministre.  On peut donc dire que la communauté des municipalités serbes sera constituée non pas en partie grâce aux efforts des « institutions provisoires », mais plutôt malgré ces dernières, a affirmé M. Dačić, qui a ajouté que Pristina n’avait rempli pratiquement aucune des conditions prévues par les accords de Bruxelles pour préparer ce scrutin.  Le Gouvernement de la Serbie se félicite que, malgré ce contexte peu favorable, plus de 45 000 personnes se soient rendues aux urnes dans les municipalités serbes.  M. Dačić a appelé les autorités à Pristina et la communauté internationale à créer les conditions nécessaires pour le second tour des élections municipales afin d’éviter ce qu’il a qualifié de « violations grossières des procédures électorales ».  Les autorités à Belgrade feront tout pour poursuivre les auteurs de violences commises, le 3 novembre, à « Kosovska Mitrovica », qui ont contraint d’annuler et réorganiser le premier tour dans cette commune.


M. Dačić a insisté sur la minutie avec laquelle Belgrade avait négocié l’accord de Bruxelles et a reproché les autorités à Pristina de ne pas avoir approché cet accord avec le même sérieux.  Il a accusé les autorités à Pristina de n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour appliquer les dispositions de l’accord concernant la loi d’amnistie, la loi budgétaire et la loi sur l’autonomie locale, ou encore sur la création de nouveaux organes judiciaires ou la nomination des membres du commandement régional dans le nord du « Kosovo-Metohija ».  Toutes ces questions sont d’une importance vitale pour la communauté serbe du « Kosovo-Metohija », a poursuivi le Premier Ministre, qui a répété que la communauté des municipalités serbes était nécessaire pour assurer la protection des intérêts de la minorité serbe.  Il a rappelé que, depuis l’entrée des forces internationales le 10 juin 1999, plus de 7 000 attaques avaient été commises et que les trois quarts des communautés dans lesquelles les Serbes vivaient avant le conflit avaient subi un « nettoyage ethnique ».


M. Dačić a fait observer que, si c’était la première fois que le Gouvernement de Belgrade, l’Église et la grande majorité des partis politiques avaient appelé les Serbes du « Kosovo-Metohija » à se rendre aux urnes, ce n’était pas la première fois que ces derniers votaient: en 2001, a-t-il rappelé, la coalition « le Retour » avait reçu près de 90 000 voix.  On ne peut donc pas prétendre que les Serbes n’ont pas essayé de participer à l’organisation de leur vie et de protéger leurs intérêts dans la province, a affirmé le Premier Ministre, qui a déploré qu’à l’époque, leurs élus n’avaient rien pu faire pour assurer le retour, du fait de l’obstruction par les autorités à Pristina et du désintérêt manifeste de la communauté internationale.  M. Dačić a rappelé qu’en près de 15 ans, seules 18 000 personnes sont retournées au Kosovo, alors que 230 000 avaient dû fuir leur foyer.


Tout ceci indique qu’un état de droit n’a pas été mis en place au « Kosovo-Metohija » et que les droits de l’homme n’y sont pas correctement protégés, notamment les droits des minorités, a estimé M. Dačić, qui a mis en doute le fonctionnement, l’indépendance et l’impartialité du système judiciaire.  Il a fait part de la déception de la Serbie après le nouvel acquittement dont a bénéficié Fatmir Limaj et a exprimé l’espoir que le Procureur de la Mission EULEX interjetterait appel.  Le Premier Ministre a par ailleurs regretté que le rapport du Secrétaire général ne mentionne pas la disponibilité de la Serbie à coopérer avec la MINUK sur diverses questions.


M. Dačić a conclu en rappelant que le dialogue en cours à Bruxelles est neutre concernant le statut du Kosovo et que le souhait des autorités à Belgrade de normaliser leurs relations avec Pristina ne signifie en aucun cas un changement dans le rejet par la Serbie de la Déclaration unilatérale d’indépendance.  Il a souhaité que les questions traitées, ce jour, soient au programme de la prochaine session du dialogue qui doit avoir lieu à Bruxelles le 5 décembre.  


M. HASHIM THAÇI, du Kosovo, a déclaré que l’accord historique entre le Kosovo et la Serbie était la meilleure preuve du « pouvoir de transformation » de l’Union européenne sur les pays qui ont l’ambition d’en faire partie.  « L’Union européenne demeure l’unique alternative et le seul espoir pour les peuples de cette région de l’Europe », a-t-il ajouté.  Revenant sur les récentes élections locales, il a attiré l’attention sur le fait que la participation massive au scrutin exprimait la soif de démocratie des citoyens, notamment dans les quatre localités du nord du pays, Leposavić, Zvečan, Zubin Potok et Mitrovica-Nord.  M. Thaçi a noté que la communauté internationale avait salué le déroulement d’élections libres et justes, ce qui signifie, selon lui, la maturité de l’État kosovar et la solidité de ses institutions politiques et de son système constitutionnel.  Le responsable kosovar a cependant reconnu que les incidents survenus dans « seulement trois bureaux de vote de Mitrovica-Nord » avaient entaché un scrutin par ailleurs pacifique et calme.  Il a imputé la responsabilité de ces incidents « isolés » à des groupes de serbes extrémistes qui, « en conduisant des attaques organisées, ont attenté au droit fondamental des citoyens ».  Le dimanche 17 novembre, les électeurs de Mitrovica avaient pu retourner aux urnes sans rencontrer de problèmes particuliers, conférant ainsi aux élections de novembre toute leur crédibilité, a assuré M. Thaçi.  Il a insisté sur le fait que ces élections marquaient un tournant dans l’amélioration des relations interethniques au Kosovo.  « Elles devraient, a-t-il estimé, faciliter l’intégration européenne du Kosovo. »  Concernant ce processus, M. Thaçi s’est réjoui du commencement des négociations entre le Kosovo et la Commission de l’Union européenne sur l’accord de stabilisation et d’association.  « Tout candidat à l’Union européenne doit conclure un accord de ce type et les institutions de la République du Kosovo sont déterminées à faire aboutir positivement les négociations avant le printemps 2014 », a-t-il souligné.  M. Thaçi a assuré le Conseil de sécurité que l’agenda européen était une priorité du Kosovo, « ses partis politiques, ses différentes communautés, sa société civile ».  


« Le dialogue entre Bruxelles et Pristina sur le renforcement de l’état de droit se concentre actuellement sur la lutte contre le crime organisé et la corruption », a-t-il relevé avant d’aborder la consolidation des réformes nationales et internationales en cours.  Rappelant d’abord que quatre nouveaux États Membres de l’ONU, El Salvador, la Grenade, la Libye et la Thaïlande, avaient reconnu l’indépendance du Kosovo, il a relevé que les interactions au niveau multilatéral avec un nombre croissant de pays témoignaient de la volonté de son pays de contribuer activement à l’élaboration d’un monde sûr et en paix.  « La politique étrangère du Kosovo s’inscrit dans cette optique », a-t-il soutenu.  Dans son rapport 2014 intitulé « Doing Business », la Banque mondiale avait placé le Kosovo au 86e rang sur 189 pays, a-t-il fait remarquer.  M. Thaçi s’est félicité de ce que les experts économiques aient reconnu le dynamisme et le climat propice aux affaires.  Sur le plan intérieur, M. Thaçi a attiré l’attention sur le fait que les décisions de la Cour constitutionnelle du Kosovo étaient appliquées et respectées, renforçant ainsi le fonctionnement démocratique du pays et la cohésion du paysage politique.  Dans ce contexte, les accords entre le Kosovo et la Serbie sont de fait renforcés, a-t-il estimé, en expliquant que la Police du Kosovo exerçait désormais les responsabilités de la Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR) en ce qui concerne la protection des sites historiques et religieux serbes.  « À ce jour, seul le monastère de Decani est placé sous protection de la KFOR », a-t-il précisé.  « Le cadre juridique du Kosovo continue de garantir la représentation des minorités dans tous les secteurs de la société », a également signalé M. Thaçi.


Par ailleurs, M. Thaçi a condamné le « meurtre » de l’officier lituanien Audrius Senavičius, un membre de la Mission EULEX tué alors qu’il traversait, avec six autres militaires de la Mission, la frontière entre le Kosovo et la Serbie.  Il s’agit là de l’attaque la plus grave contre la Mission EULEX depuis son déploiement.  Il a qualifié cette attaque de « violation de l’état de droit au Kosovo et d’agression directe contre l’Union européenne ».  Concluant son intervention, M. Thaçi a remercié les Nations Unies de leur contribution « colossale » à la construction d’un état au Kosovo.  « Il est temps que le Conseil de sécurité se penche sérieusement sur la transformation de la MINUK en un bureau politique de l’ONU ».  «  Ce bureau fonctionnerait en coordination avec l’ensemble des fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies, tout en appuyant le processus d’adhésion du Kosovo à la grande famille des Nations Unies et aux conventions internationales », a-t-il déclaré.


Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a déclaré que les élections municipales du 3 novembre, les premières à se tenir sur l’ensemble du territoire du Kosovo en vertu de la loi kosovare, se sont déroulées dans l’ensemble dans le calme et que la participation y avait été globalement satisfaisante.  Elle a condamné les incidents violents qui se sont déroulés à Mitrovica-Nord et a souhaité que le second tour, qui doit avoir lieu le 1er décembre dans 25 municipalités, permette de conclure le scrutin dans la sérénité.  La tenue des élections dans les municipalités du nord est un des points clefs de l’accord de Bruxelles du 19 avril, a-t-elle rappelé, en se disant convaincu que l’organisation des élections était une nouvelle étape importante dans la mise en œuvre de cet accord.


Mme Lucas a estimé que le dialogue entre les autorités à Pristina et à Belgrade, facilité par l’Union européenne, continuait de produire des résultats tangibles, comme le démontre l’accord sur les questions de l’énergie et des télécommunications, conclu le 8 septembre.  Elle a invité les deux parties à poursuivre la mise en œuvre de l’accord du 19 avril en ce qui concerne les douanes, la police et la justice.  La pleine application de l’accord du 19 avril facilitera la poursuite des négociations en vue de la conclusion d’un accord de stabilisation et d’association entre l’Union européenne et le Kosovo, et le début des négociations d’adhésion de la Serbie, a déclaré la représentante.  Pour Mme Lucas, le processus de normalisation doit impérativement être accompagné par la poursuite énergique des réformes visant à garantir la primauté de l’état de droit au Kosovo.  À cet égard, les autorités kosovares doivent continuer de coopérer étroitement avec le Rapporteur spécial de l’Union européenne et la Mission EULEX, laquelle continue de jouer un rôle indispensable dans la mise en œuvre de la normalisation, la lutte contre la criminalité organisée et la corruption, a-t-elle ajouté.


Mme Lucas a rappelé que plus de la moitié des États Membres de l’Organisation des Nations Unies avaient reconnu l’indépendance du Kosovo.  Avec la mise en œuvre de l’accord du 19 avril et la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina, l’heure est venue de tenir compte de ces nouvelles égalités dans l’approche du Conseil de sécurité et d’adapter, à moyen terme, la présence de la communauté internationale sur le terrain, a estimé la représentante.  À mesure que la perspective européenne de la Serbie et du Kosovo se concrétisera, la présence des Nations Unies sera moins déterminante, a-t-elle estimé avant de conclure.


M. ALEXIS LAMEK (France) a estimé que les espoirs suscités par ce qu’il a qualifié d’« accord historique » conclu le 19 avril entre la Serbie et le Kosovo sous les auspices de l’Union européenne avaient été confirmés par les faits.  La France estime que la dynamique, créée au mois d’avril, avait permis des progrès substantiels dans la relation entre les deux pays et se félicite de l’accord sur les questions d’énergie et de télécommunication, conclu le 8 septembre, ainsi que du démantèlement des structures parallèles serbes qui se sont poursuivies au nord du Kosovo.  Le représentant a également noté avec satisfaction la ratification par le Parlement du Kosovo, début septembre, des accords du 19 avril.


M. Lamek a estimé que les conditions dans lesquelles se sont tenues les élections municipales du 3 novembre avec le concours de l’OSCE étaient dans l’ensemble satisfaisantes.  Le taux global de participation témoigne, a-t-il dit, d’un début d’appropriation des institutions de Pristina par la communauté serbe.  En outre, il a estimé que la réorganisation dès le 17 novembre du scrutin dans les trois bureaux où des incidents avaient causé l’annulation du premier tour démontre que des leçons en ont été rapidement tirées.  Dans la perspective du second tour de scrutin le 1er décembre, le représentant a appelé les Gouvernements kosovar et serbe et toutes les communautés du Kosovo à faire preuve de la même maturité et du même courage, avant de poursuivre leurs efforts de pédagogie et de réconciliation dans la période postélectorale.


Le représentant de la France a expliqué que, d’une part, la décision d’ouvrir les négociations d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne et, d’autre part, l’autorisation donnée à la Commission européenne de négocier un accord de stabilisation et d’association avec le Kosovo sont intervenues après les importants progrès accomplis par les deux pays dans la normalisation de leurs relations.  Cette normalisation, a-t-il rappelé, a été fixée par l’Union européenne comme critère commun de leur rapprochement européen respectif.  Il conviendra donc de veiller à ce que les deux parties restent engagées de manière constructive et dans la durée, dans cette amélioration des relations.  Au-delà de cette dernière, la France encourage les autorités à Belgrade et à Pristina à poursuivre leurs réformes internes, notamment en matière d’État de droit et de protection des minorités.  M. Lamek, qui a considéré la situation sécuritaire au Kosovo comme étant calme, a souhaité que la communauté internationale prenne acte de ces développements positifs.  Il a également invité la MINUK à adapter sa présence à la situation sur le terrain, en accord avec les autorités kosovares et en fonction de leurs besoins respectifs.    


M. MASOOD KHAN (Pakistan) s’est dit préoccupé par les violences du 3 novembre.  « Toutefois, le scrutin du 17 novembre s’est déroulé sans incident majeur, même s’il a été marqué par un taux de participation plus faible », a-t-il ajouté.  Le représentant s’est ensuite réjoui de l’élan politique en faveur de la mise en œuvre de l’accord de Bruxelles, en se disant convaincu que la communication constante entre les deux « Premiers Ministres » contribuait largement à ce processus.  « Des progrès sont requis en matière de législation sur les relations intercommunautaires », a-t-il aussi relevé.  Le représentant a considéré que lorsque les dirigeants ont la volonté politique de surmonter les plus hauts obstacles, « tout devient possible ».  Les autorités à Pristina et à Belgrade doivent continuer à bâtir une confiance mutuelle pour assurer la poursuite d’un dialogue constructif.  « C’est à ce prix que la paix, la stabilité et la prospérité au Kosovo seront possibles dans un avenir proche », a conclu le représentant du Pakistan.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a salué les récentes solutions de compromis dont certaines conviennent à la partie serbe.  Les représentants de la minorité serbe doivent être dotés de vrais pouvoirs afin d’être en mesure de veiller à ses intérêts, a insisté M. Churkin.  Dans cette perspective, l’ONU ne doit pas diminuer l’attention qu’elle accorde à l’évolution de la situation dans la province, compte tenu en outre des tensions qui continuent d’exister au nord du Kosovo.  Le représentant a condamné les incidents et intimidations qui ont émaillé lors de la tenue des élections de novembre.  Le meurtre d’un membre de la Mission EULEX et le peu de progrès réalisés en faveur d’un retour au Kosovo des réfugiés et déplacés serbes, qui ont toujours peur de retourner vivre dans la province, démontrent la nécessité de maintenir une présence internationale au Kosovo, a-t-il souligné. « Sans retour des réfugiés, aucune réconciliation définitive ne sera possible dans la province. »  « Les dirigeants de la province doivent se pencher sur le problème de la présence attestée sur son territoire de groupes terroristes actifs liés à Al-Qaida, problème auquel la MINUK et la Mission EULEX doivent répondre, a insisté M. Churkin. 


M. MICHAEL BLISS (Australie) s’est tout d’abord félicité des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’accord du 19 avril, grâce au ferme engagement des « deux Premiers Ministres », qui participent aujourd’hui à notre réunion.  « La bonne tenue des élections du 3 novembre est un signe de maturité politique », a-t-il dit, avant de condamner les attaques de trois bureaux de vote à Mitrovica-Nord.  Il a émis l’espoir que ces élections contribueront à la paix et à la stabilité au Kosovo, avant de souhaiter un taux élevé de participation de toutes les communautés pour le second tour le 1er décembre prochain.  Le délégué de l’Australie a ensuite déploré le décès d’un douanier lituanien appartenant à la Mission EULEX, avant de se féliciter des progrès accomplis par la Serbie et le Kosovo sur la voie de l’intégration européenne.


Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) a félicité le Kosovo et l’OSCE pour la bonne tenue, « transparente et crédible », des élections municipales du 3 novembre.  « Toutes les personnes au Kosovo doivent pouvoir exercer librement leur droit de vote », a-t-elle insisté, en condamnant les incidents recensés à Mitrovica-Nord.  Le Kosovo est en mesure de tenir des élections conformément aux normes internationales, a assuré la représentante des États-Unis.  Elle a ensuite encouragé la poursuite de la normalisation des relations entre les autorités à Pristina et à Belgrade, avant d’appeler à la mise en œuvre de tous les points de l’accord du 19 avril, qui pose les conditions d’une association plus étroite avec l’Union européenne.  Avant de conclure, Mme DiCarlo a indiqué que son pays était prêt à soutenir le Kosovo dans ses efforts en vue de son intégration euro-atlantique. 


M. ABDERRAZZAK LAASSEL(Maroc) a salué la conduite « dans de bonnes conditions » des élections de novembre et les rapprochements de vue entre les autorités à Pristina et à Belgrade au profit de la normalisation définitive de leurs relations.  Il a cependant soutenu que les tensions persistantes au nord du Kosovo et le meurtre d’un douanier de la Mission EULEX démontraient que le rôle de facilitation de la MINUK et de la Mission EULEX restait nécessaire en vue de parvenir à une stabilisation durable de la région.  « Il est nécessaire d’instaurer un climat de confiance pour résoudre toutes les questions en suspens au titre de l’accord de Bruxelles », a-t-il dit, en plaidant également pour la tenue rapide d’une conférence réunissant l’ensemble des leaders religieux du Kosovo.


M. KOKOU NAYO MBEOU (Togo) a déclaré que, malgré les obstacles, la Serbie et le Kosovo avaient œuvré sans relâche pour mettre en œuvre l’accord du 19 avril et a salué le rôle majeur de facilitateur que jouent l’Union européenne et, en particulier, sa Haute Représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.  Le Togo note avec satisfaction que cette dynamique de dialogue avait permis d’organiser des élections municipales pour la première fois dans tout le Kosovo, qui se sont tenues, dans l’ensemble, de façon satisfaisante.  Le représentant s’est notamment félicité de la forte participation des Serbes vivant dans les municipalités du Sud, mais a condamné comme contreproductives les tentatives de certains nationalistes serbes de compromettre le scrutin par des actes de violences ou des menaces. 


M. Mbeou a noté que la mise en œuvre de l’accord du 19 avril se poursuivait dans différents secteurs et s’est félicité de l’accord du 8 septembre sur l’énergie et les télécommunications, ainsi que des efforts de la Serbie pour transférer aux autorités kosovares les structures parallèles mises en place dans le nord du Kosovo.  Il a rendu hommage aux efforts consentis par les dirigeants de la Serbie et du Kosovo pour parvenir aux compromis nécessaires, qui doivent ouvrir aux deux pays la voie à l’intégration européenne, et les a encouragés à poursuivre, dans le même esprit, le dialogue sur les questions restant en suspens.  Le représentant, qui a condamné le recours à la violence et l’assassinat d’un douanier de la Mission EULEX, a remercié toutes les organisations partenaires –MINUK, KFOR, OSCE, EULEX et autres- qui accompagnent les autorités du Kosovo et de la Serbie dans la normalisation de leurs relations.


M. MICHAEL TATHAM (Royaume-Uni) a souligné qu’il était important de faire participer tous les habitants du Kosovo aux dernières élections.  Il a également salué le rôle clef du dialogue qui vient d’être établi entre les « deux Premiers Ministres », qui, a-t-il dit, contribue à régler des situations encore potentiellement « très sensibles ».  Se disant encouragé par les progrès réalisés dans la mise en œuvre des volets de l’accord de Bruxelles relatifs aux télécommunications et à l’énergie, il a appelé les parties à résoudre les questions en suspens dans le cadre dudit accord.  « La poursuite de la mise en œuvre de l’accord est vital afin de réaliser des progrès sur la voie de l’adhésion européenne du Kosovo et stabiliser durablement la région. »  Le représentant britannique a par ailleurs condamné les attaques dont la Mission EULEX a été la cible en septembre, en rendant hommage « à la première de ses victimes ».  En conclusion, il a estimé que, compte tenu des éléments livrés par M. Zarif, le Conseil de sécurité devrait envisager de se réunir moins fréquemment sur la situation au Kosovo et sur les activités de la MINUK.


M. JOON OH (République de Corée) s’est félicité de la bonne mise en œuvre de l’accord du 19 avril, notamment dans les domaines de la justice et des télécommunications, avant d’encourager la poursuite de la normalisation des relations entre les autorités à Pristina et les autorités à Belgrade.  Tout en saluant la bonne tenue des élections municipales du 3 novembre, il a fait remarquer que la nécessité de prendre en compte les préoccupations de la minorité serbe du Kosovo demeurait l’écueil principal sur la voie du dialogue.  « Il faut que les progrès accomplis par les autorités à Pristina et à Belgrade se traduisent sur le terrain par une confiance accrue entre les communautés », a-t-il estimé.  Le représentant a condamné les attaques perpétrées contre trois bureaux de vote à Mitrovica-Nord « qui, selon lui, sapent la stabilité du Kosovo ».  Enfin, le délégué a tenu à saluer la mémoire du douanier lituanien employé par la Mission EULEX qui a récemment trouvé la mort au Kosovo.


M. EUGÈNE RICHARD GASANA (Rwanda) s’est réjoui de la bonne tenue des élections municipales, malgré les violences enregistrées à Mitrovica-Nord.  Après avoir condamné l’attaque qui a causé la mort d’un douanier de la Mission EULEX, le délégué a noté que les autorités serbes et kosovares aient également condamné cette attaque constituait un bon signe.  « Des efforts supplémentaires sont encore nécessaires pour mener plus avant la normalisation des relations entre les autorités à Pristina et à Belgrade », a-t-il souligné.  En ce qui concerne les droits de l’homme, il a loué les progrès considérables réalisés par le Kosovo pour protéger les droits des minorités.  Avant de conclure, il a tenu à saluer les efforts de la MINUK et de l’UNESCO pour préserver le patrimoine culturel au Kosovo et appelé les autorités kosovares à respecter les décisions prises à cet effet.


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a salué, à son tour, les progrès majeurs accomplis dans la mise en œuvre du 19 avril concernant la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo.  Il faudrait se concentrer à présent sur la suite à donner, les représentants élus lors des élections de novembre devant collaborer pour assurer la pleine application de tous les accords conclus entre les autorités à Pristina et à Belgrade, a estimé le représentant.  Dans cette nouvelle phase, la MINUK a un rôle central à jouer en tant qu’interlocuteur privilégié des deux parties, en particulier au nord du Kosovo où ses efforts de médiation et de facilitation du dialogue demeurent déterminants, a également considéré le représentant.


M. MARIO OYARZABAL (Argentine) a soutenu, lui aussi, l’importance de la MINUK sur le terrain, « comme l’a montré, a-t-il dit, le succès des élections du 3 et du 17 novembre ».  La Mission a facilité, avec l’Union européenne, l’esprit constructif avec lequel des accords ont pu être trouvés entre les autorités à Pristina et à Belgrade en vue d’assurer la participation de tous les habitants du nord du Kosovo comme celles des personnes déplacées.  Les parties doivent poursuivre sur cette voie conformément à la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, qui demeure le cadre juridique pertinent sur la question examinée, a également déclaré le représentant de l’Argentine.


M. AGSHIN MEHDIYEV(Azerbaïdjan) a déclaré que la position de son pays sur la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République de Serbie et sur la non-reconnaissance de la déclaration d’indépendance des autorités du Kosovo restait inchangée.  La résolution 1244 (1999) demeure le cadre juridique du règlement de la situation au Kosovo, a-t-il réaffirmé, avant de saluer les efforts de la MINUK qui coopère, a-t-il précisé, avec toutes les communautés sur le terrain.  Il a ensuite invité la MINUK à renforcer sa coordination avec tous les acteurs internationaux présents au Kosovo, tout en préservant sa neutralité.  Le représentant s’est félicité des progrès dans la mise en œuvre de l’accord du 19 avril, notamment dans les domaines de la justice et des télécommunications.  Invitant les parties à régler les questions en suspens, il s’est félicité de ce que le calme ait prévalu dans la période considérée, marquée notamment par la tenue des élections municipales.  « Les auteurs de crimes de guerre doivent être traduits en justice », a-t-il insisté avant de conclure.


M. LIU JIEYI (Chine) a indiqué que son pays comprenait les préoccupations légitimes de la Serbie.  La résolution 1244 (1999), doit demeurer le cadre juridique d’un règlement mutuellement acceptable de la situation au Kosovo, a-t-il réaffirmé, avant de se féliciter du dialogue constructif entre Pristina et Belgrade.  Il s’est aussi félicité de ce qu’un vote ait pu être de nouveau organisé, il y a deux jours, dans les trois bureaux de vote ayant fait l’objet d’attaques.  Avant de conclure, le délégué a salué les efforts de la MINUK et souhaité qu’elle coordonne davantage ses travaux avec la Mission EULEX et la KFOR.


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