25/10/2013
Conseil de sécurité
CS/11160

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Conseil de sécurité                                        

7049e séance – matin


VALERIE AMOS DRESSE UN BILAN ALARMANT DE LA SITUATION HUMANITAIRE EN SYRIE


Elle exhorte le Gouvernement syrien et les groupes d’opposition

à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire


« En dépit de nos meilleurs efforts, la réponse aux besoins humanitaires croissants en Syrie demeure gravement insuffisante », a constaté, ce matin, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Valerie Amos.


« Tandis que nous délibérons, les gens continuent de mourir sans raison », s’est-elle émue.  


Lors d’un exposé au Conseil de sécurité -son premier depuis trois mois-, Mme Amos a fait un bilan sévère de la situation humanitaire sur le terrain.  Elle a notamment déploré que les appels lancés par le Conseil à « toutes les parties au conflit » pour qu’elles mettent « immédiatement » fin aux hostilités et à respecter le droit international humanitaire n’aient toujours pas été entendus.  La Secrétaire générale adjointe s’est ainsi référée à maintes reprises à la déclaration présidentielle du 2 octobre 2013.


Elle a regretté que, malgré l’appel urgent du Conseil de sécurité à intensifier l’action humanitaire en Syrie, les combats violents se poursuivent à travers tout le pays, leur impact sur les civils augmentant chaque jour. 


« Alors que l’hiver approche, des millions de Syriens vivent toujours dans des abris de fortune, exposés aux tirs et au froid.  Tous les camps de réfugiés palestiniens ont été touchés par le conflit, 50% de réfugiés ayant été déplacés.  Les maladies se propagent à un rythme inquiétant et des informations font état d’une augmentation rapide du niveau de malnutrition. » 


Tel est le sombre tableau qu’a dressé Mme Valerie Amos, avant de saluer les efforts inlassables que déploient les institutions humanitaires des Nations Unies et de leurs partenaires malgré l’intensification du conflit et dans des conditions « extrêmement dangereuses et difficiles ».


Après avoir rendu hommage à l’action coordonnée du Programme alimentaire mondial (PAM), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Secrétaire générale adjointe a déploré qu’environ 2,5 millions de personnes piégées dans des zones assiégées par les forces gouvernementales et les groupes d’opposition ne puissent recevoir d’aide.  « Certaines personnes n’ont pas reçu d’assistance depuis plus d’un an », a souligné Mme Amos, avant de signaler l’intensité et la multiplication des combats entre groupes armés d’opposition, « qui pourraient être plus de 2 000 ».


« Dans la déclaration présidentielle du 2 octobre, le Conseil avait exhorté les autorités syriennes à prendre des mesures immédiates pour faciliter l’avancée des opérations de secours et à lever les obstacles administratifs à la fourniture de l’aide », a-t-elle encore rappelé.  « Aucun progrès majeur n’a été réalisé à ce jour », a-t-elle profondément regretté. 


La Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Amos, s’est indignée que les autorités syriennes délivrent parcimonieusement les visas pour une seule entrée et que l’ensemble des missions et convois humanitaires doivent attendre des autorisations écrites pour mener leurs activités.  « Aujourd’hui, seules 15 ONG internationales peuvent opérer en Syrie.  Si le nombre des ONG syriennes autorisées à travailler aux côtés de l’ONU a augmenté, le nombre de celles appelées à fournir une aide dans les zones où les besoins sont cruciaux demeure extrêmement limité », a-t-elle expliqué.  Aucun progrès n’a été fait pour créer de nouveaux centres humanitaires, notamment à Alep, Qamishli et Dera’a.


La Secrétaire générale adjointe, qui a également condamné l’augmentation du nombre d’enlèvements de travailleurs humanitaires et du vol de camions transportant de l’aide, a renvoyé dos-à-dos le Gouvernement et les groupes d’opposition syriens.  « Sans une pression durable et réelle du Conseil de sécurité sur le Gouvernement et les groupes d’opposition syriens, il sera impossible de parvenir à des résultats », a-t-elle tranché. 


« Notre appel de fonds pour l’aide humanitaire en Syrie et dans les pays voisins n’a été, à ce jour, financé qu’à 54% », a-t-elle souligné, en précisant que la mise en œuvre du plan de préparation pour l’hiver exigeait 1,8 milliard de dollars pour couvrir les besoins les plus urgents.  « Ces fonds doivent être fournis maintenant », a-t-elle insisté. 


Mme Amos a répété que trois semaines après l’adoption de la déclaration présidentielle du 2 octobre, « la situation n’a guère changé ».  « Il s’agit d’une course contre la montre », a-t-elle martelé, en affirmant que chaque jour qui passe sans que les parties ne respectent leurs obligations est entaché par « de nouvelles pertes en vies humaines et davantage de personnes déplacées ou n’ayant pas accès aux services de base ». 


Concluant son exposé, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence a appelé le Conseil de sécurité, « qui a un rôle de premier plan à jouer », à exercer l’influence nécessaire pour que cessent la brutalité et la violence en Syrie.


À l’issue de son intervention, les membres du Conseil devaient poursuivre l’examen de cette question dans le cadre de consultations plénières privées.


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