10/09/2013
Conseil de sécurité
CS/11114

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Conseil de sécurité                                        

7029e séance – matin


CONSEIL DE SÉCURITÉ: APRÈS DIX ANS DE PAIX, LA STABILITÉ AU LIBÉRIA PERMET D’Y FAIRE

AVANCER LES RÉFORMES, INDIQUE LA REPRÉSENTANTE SPÉCIALE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL


Le Président de la Configuration Libéria de la Commission de consolidation

de la paix demande le renforcement du financement du processus de réconciliation nationale


La Représentante spéciale du Secrétaire général et Coordonnatrice des opérations des Nations Unies au Libéria, Mme Karin Landgren, a présenté ce matin au Conseil de sécurité la situation dans ce pays qui, a-t-elle indiqué, est « suffisamment stable pour pouvoir mener à bien les réformes entreprises », notamment dans les secteurs de la sécurité, de la justice et de la gouvernance responsable.  Le Président de la Configuration Libéria de la Commission de consolidation de la paix, M. Staffan Tillander, de la Suède, a appelé, à cet égard, le Gouvernement libérien à faire preuve d’une plus grande détermination, avant que le Ministre de la défense du Libéria, qui a pris la parole ce matin, ne donne des exemples de mesures prises pour renforcer la sécurité dans le pays.


Au Libéria, qui a célébré en août 2013 le dixième anniversaire de la signature de l’Accord général de paix, Mme Landgren a indiqué qu’elle a observé le déroulement d’une discussion « dynamique » entre la société civile, les groupes de jeunes et les partis politiques sur les moyens à adopter et à mettre en œuvre pour relever les défis qui se posent au pays.  Elle a invité la communauté internationale à soutenir le Libéria de manière consistante pour l’aider à sortir définitivement des conséquences d’une guerre qui a laissé le pays meurtri, ceci après avoir traversé un siècle marqué par l’exclusion sociale et politique d’une grande partie de la population et par la mauvaise gouvernance.


Face aux difficultés financières et fonctionnelles que rencontre le Comité de réforme constitutionnelle du Libéria, les Nations Unies continueront à lui apporter leur soutien, a-t-elle dit.  Elle a aussi exprimé l’appui de l’ONU au Conseil du programme de soutien à la décentralisation dont l’objectif est de favoriser une meilleure gouvernance.


La Présidente du Libéria, Mme Ellen Johnson-Sirleaf, a lancé en juin 2013 la Feuille de route pour la réconciliation nationale, qui comprend 12 initiatives, a indiqué Mme Landgren, signalant aussi l’élaboration d’un nouveau programme scolaire incluant l’histoire nationale du Libéria, qui sera enseigné dans les écoles du pays.  Dans le même temps, avec le soutien d’une équipe technique gouvernementale, de la société civile, et de représentants de l’ONU, des discussions ont lieu avec des comités pour la paix, des chefs traditionnels et la société civile libérienne pour mettre en œuvre le dispositif d’établissement de la Commission Vérité et Réconciliation, dénommée « Palava Hut » (la Case à palabres).


S’exprimant sur la question de la réconciliation nationale, le Président de la Configuration Libéria de la Commission de consolidation de la paix (CCP), l’Ambassadeur Staffan Tillander, a estimé qu’elle méritait davantage de leadership et de détermination de la part du Gouvernement.  Il l’a invité, ainsi que les autres acteurs, à mettre en œuvre sans tarder et de manière inclusive les mesures prévues dans la Feuille de route.  Il a insisté sur le devoir qu’a le Gouvernement de financer de manière appropriée le processus de réconciliation.


Dans sa présentation au Conseil, Mme Landgren s’est félicitée des progrès enregistrés dans la conduite de la réforme foncière, rappelant la nécessité de gérer de manière responsable les ressources naturelles, qui restent la pierre angulaire du développement économique du Libéria.  Elle a regretté à cet égard l’insuffisance de consultation entre le Gouvernement et les communautés touchées par les questions ayant trait à cette réforme, tout en saluant les progrès accomplis par les cinq centres mis en place pour la coordination des politiques dans le domaine foncier.


Le Président de la Configuration Libéria de la CCP, M. Tillander, a soulevé le problème de la corruption en matière foncière et dans le secteur des ressources naturelles.  À l’instar de Mme Landgren, il a noté les mesures prises pour y remédier et a lancé un appel pour que d’autres progrès aient lieu dans ce domaine.  Il a invité la communauté internationale à renforcer à cet égard son soutien au Libéria.


M. Tillander a aussi demandé que soit accéléré le rythme d’implantation des mesures visant à combattre les violences sexuelles et sexistes commises à l’encontre notamment des enfants.  Il s’est félicité de la proposition qui a été faite d’augmenter la part consacrée à cette lutte dans le Fonds pour la consolidation de la paix.


La Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) a mis en œuvre la première phase du plan de réduction de ses effectifs militaires prévu par le Conseil de sécurité, a déclaré Mme Landgren, qui est à la tête de cette Mission.  Il n’y a plus de présence militaire de la MINUL dans quatre comtés du Libéria, tandis que des unités de police ont été déployées dans des lieux considérés comme dangereux, a-t-elle précisé.  Cette présence policière est essentielle, a souligné la Représentante spéciale, tant que la Police nationale libérienne ne peut assumer toutes ses responsabilités.


La MINUL espère retirer sa présence militaire de trois autres comtés d’ici à avril 2014 à condition que le Gouvernement libérien maintienne une présence sécuritaire efficace, a annoncé Mme Landgren.  Elle s’est inquiétée à cet égard des coupes prévues dans le budget 2013-2014 de la Police, ainsi que du nombre insuffisant de diplômés sortis de l’Académie de police cette année.


Mme Landgren a insisté pour que le Gouvernement du Libéria redouble d’efforts afin de développer des secteurs de justice et de sécurité responsables.  Elle a dit attendre avec intérêt le séminaire de haut niveau qui se tiendra la semaine prochaine sur le secteur de la sécurité, et qui sera organisé par les Gouvernements du Libéria et de la Suède et par les Nations Unies, avec la participation de M. Tillander.


Tout en reconnaissant qu’il y a lieu d’assumer une responsabilité partagée pour faire avancer les réformes dans les secteurs de la sécurité et de la justice, le Président de la Configuration Libéria de la CCP a insisté sur le rôle primordial incombant au Gouvernement dans la mise en œuvre de ces réformes et en ce qui concerne leur financement.


M. Tillander a également souligné l’importance de l’aide apportée par le système des Nations Unies dans le cadre « Unis dans l’action », notamment pour soutenir l’examen indépendant des programmes conjoints de justice et de sécurité.  La Commission de consolidation de la paix (CCP) est prête à y contribuer et à combler le manque de ressources, ceci à condition que le Gouvernement libérien prenne de son côté des mesures pour améliorer le financement des actions nécessaires, a-t-il dit.


M. Tillander a regretté que le premier centre pour la justice et la sécurité, inauguré en février dans la localité de Gbarnga, chef-lieu du comté de Bong, ne soit pas encore pleinement opérationnel.  Il s’est inquiété des conséquences de ce retard sur l’installation des deux prochains centres, prévue en 2014.


Au cours des six derniers mois, la situation à la frontière entre le Libéria et la Côte d’Ivoire est restée calme, a déclaré la Représentante spéciale, Mme Landgren.  La demande d’extradition déposée pour le transfert de huit Ivoiriens détenus au Libéria et accusés d’être impliqués dans l’attaque transfrontière de juin 2012, qui avait causé la mort de sept soldats de la paix de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), est en attente, a-t-elle dit.


Les Gouvernements libérien et ivoirien ont continué de renforcer leur coopération bilatérale, notamment dans le cadre quadripartite formé avec la MINUL et l’ONUCI.  Il est notamment prévu de mener des opérations conjointes de sécurité le long de la frontière entre novembre 2013 et janvier 2014.


Les parties ont également décidé de relancer la Commission tripartite chargée des questions humanitaires et des réfugiés, composée de représentants du Libéria, de la Côte d’Ivoire et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.  Cette année, 11 000 réfugiés ivoiriens sont retournés volontairement dans leur pays, tandis que 59 000 de ces réfugiés sont encore au Libéria, sachant qu’ils étaient plus de 200 000 au plus fort de la crise.


Le Libéria peut être fier des accomplissements effectués en 10 années de paix, a conclu la Représentante spéciale tout en prévenant le Conseil de sécurité de la fragilité de la situation, du fait de certains débordements de violence et d’une unité nationale encore en construction.  Comme l’a fait M. Tillander, elle a salué l’intégration des vulnérabilités et du caractère fragile de ce pays dans les stratégies adoptées par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement envers le Libéria.


Le Ministre de la défense nationale du Libéria, M. Brownie J. Samukai, a exprimé au Conseil la nécessité, pour le Libéria et ses partenaires, de concentrer leurs efforts en vue de réduire la fragilité dans laquelle se trouve son pays.  Il s’est félicité que la première année de mise en œuvre de la résolution 2066 (2012) du Conseil de sécurité et de la Feuille de route pour la reconfiguration de la MINUL se soit déroulée comme prévu. 


Au cours des derniers mois, a précisé le Ministre, la Police nationale du Libéria a pris en main les responsabilités de maintien de l’ordre public transférées au Gouvernement par la MINUL.  Il a aussi indiqué que le Gouvernement du Libéria avait décidé d’affecter 10 millions de dollars de son budget national 2013/2014 aux secteurs de la sécurité et de la justice.


M. Samukai a ajouté que le Gouvernement continuait de mettre en œuvre la loi 2011 sur la réforme de la sécurité et du renseignement.  En outre, les Forces armées du Libéria ont suivi une formation tactique et technique robuste afin de mieux protéger l’intégrité territoriale du pays.


Conscient du risque potentiel de conflit lié à une mauvaise gestion des droits fonciers et de l’exploitation des ressources naturelles, il a assuré que le Gouvernement libérien continuerait d’associer toutes les communautés concernées aux processus de prise de décisions relatifs à tout projet d’investissement concernant les ressources naturelles. 


Pour l’examen de la situation au Libéria, le Conseil de sécurité était saisi du dernier rapport* du Secrétaire général sur la MINUL.


*     Rapport S/2013/479


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