20/06/2013
Conseil de sécurité
CS/11041

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Conseil de sécurité                                        

6983e séance – matin                                       


LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL POUR L’AFGHANISTAN INSISTE SUR L’APPUI DE LA COMMUNAUTÉ

INTERNATIONALE POUR ASSURER LE SUCCÈS DE LA TRANSITION DANS LE PAYS


Les délégations se félicitent de l’ouverture du bureau de représentation

des Taliban à Doha et appellent les parties à engager des pourparlers de paix


Au moment où le processus de transition en Afghanistan démarre sa cinquième et dernière phase, au cours de laquelle les forces afghanes prennent en main les responsabilités pour assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire, le Représentant spécial pour ce pays, M. Ján Kubiš, a demandé, ce matin, au Conseil de sécurité et à la communauté internationale à continuer d’appuyer les Afghans en 2014, année qui, a-t-il rappelé, sera marquée par des élections présidentielle et provinciales.


« Le renforcement de l’appropriation nationale est au cœur même de la transition politique, sécuritaire et économique en Afghanistan », a rappelé le Représentant spécial et Chef de la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (MANUA), M. Ján Kubiš, en présentant le rapport* trimestriel du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, sur la situation dans ce pays. 


La présentation de ce rapport intervient deux jours après que les Afghans ont franchi une étape qualifiée, ce matin, à de nombreuses reprises, d’« événement historique » par les membres du Conseil de sécurité, ainsi que par les autres délégations qui ont pris part au débat.


Le 18 juin dernier, lors d’une cérémonie qui a eu lieu à Kaboul, la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (FIAS), dirigée par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), a achevé de transférer aux forces afghanes la responsabilité de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.  Dans le même temps, le Président afghan, M. Hamid Karzai, a annoncé la réalisation, au cours des prochains mois, de la transition dans un cinquième et dernier groupe de provinces, villes et districts afghans.


« Il s’agit de la dernière phase visant à renforcer la situation en matière de sécurité à travers le pays », a souligné le Chef de la MANUA, qui a cependant noté que des éléments antigouvernementaux tentaient de faire obstacle à cet objectif par des attaques ciblant du personnel de sécurité, des hauts fonctionnaires, des membres du système judiciaire ou des civils.


« Les forces de sécurité afghanes répondent à cette situation », a-t-il assuré, en rappelant cependant que « l’armée nationale a besoin de capacités supplémentaires, notamment aériennes, pour agir de manière efficace et durable ».


Du 1er février au 30 avril, la MANUA a recensé 533 morts et 882 blessés parmi les civils.  Ce bilan a augmenté de 25% par rapport à la même période en 2012, souligne le rapport du Secrétaire général.


Ce matin, de nombreux intervenants se sont inquiétés de cette situation, en appelant les Afghans à concentrer leurs efforts sur le processus de réconciliation nationale.


Au niveau politique, l’accent a été mis sur l’enjeu que représente la tenue de l’élection présidentielle du 5 avril 2014, ainsi que des élections provinciales.  « Un transfert de pouvoir légitime et harmonieux est également l’un des éléments essentiels sous-jacents de la transition », a rappelé le Chef de la MANUA. 


M. Kubiš s’est dit très préoccupé par les retards enregistrés dans l’adoption de deux projets de loi fondamentaux définissant le cadre de la législation électorale.  Il a appelé toutes les parties concernées à s’atteler à cette tâche avant les vacances d’été de l’Assemblée nationale.


« Une architecture électorale robuste et crédible mise en œuvre de manière transparente et en temps opportun, a-t-il souligné, est un engagement clef que le Gouvernement afghan a pris lors de la Conférence de Tokyo sur l’Afghanistan, en juillet 2012. »


De leurs côtés, plusieurs membres du Conseil et autres délégations se sont félicités des préparatifs techniques des élections, comme l’établissement d’un budget prévisionnel, ainsi que des possibilités d’alliances étudiées par les partis et personnalités politiques.


Par ailleurs, l’ouverture d’un bureau de représentation politique des Taliban à Doha, au Qatar, a été saluée.


Le représentant de l’Afghanistan, M. Zaher Tanin, s’est, au contraire, indigné de la manière dont s’est déroulée l’inauguration de ce bureau.  « Le drapeau des Taliban hissé sur le bureau qui vient d’être ouvert à Doha rappelle, a-t-il dit, un passé sombre et sanglant que le peuple afghan essaie de toutes ses forces d’oublier.»


Le Chef de la MANUA a toutefois estimé que la controverse actuelle et les préoccupations légitimes concernant le statut de ce bureau devraient être prises en compte.  Il a également émis l’espoir que ce bureau permettra d’ouvrir la voie à des pourparlers directs entre le Haut Conseil pour la paix et les Taliban. 


M. Kubiš s’est aussi dit alarmé par les récents développements dans les relations entre l’Afghanistan et le Pakistan.  « Ces tensions créent de nouveaux risques pour la situation politique et sécuritaire complexe qui existe en Afghanistan et dans la région », a-t-il dit, en exhortant ces deux pays à s’abstenir de toute initiative qui pourrait contribuer à une escalade.


Le mois prochain, à Kaboul, une conférence de hauts responsables examinera les progrès réalisés dans la mise en œuvre des engagements pris par le Gouvernement afghan et la communauté internationale à Tokyo, il y a un an.


*     A/67/889–S/2013/350


LA SITUATION EN AFGHANISTAN


Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales (S/2013/350)


Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a fait le point, dans son rapport, des activités menées au cours de ces trois derniers mois par les organismes des Nations Unies en Afghanistan, notamment dans les domaines de l’action humanitaire, du développement et des droits de l’homme.  Il retrace également les faits nouveaux survenus sur les plans politique et de la sécurité et les événements régionaux et internationaux qui intéressent l’Afghanistan.


Pendant la période considérée, les parties prenantes afghanes ont intensifié leurs activités politiques en prévision de la transition politique et sécuritaire, qui connaîtra son aboutissement en 2014, souligne le Secrétaire général, qui précise qu’au niveau politique, l’accent est désormais mis sur les élections présidentielle et provinciales de 2014.


Un an après la Conférence de Tokyo sur l’Afghanistan, il est important, souligne-t-il, de faire le bilan de la marche vers une transition politique et économique stable et viable.  Il compte que les hauts responsables, lors de leur prochaine réunion à Kaboul, en juillet, évalueront en toute franchise l’état des engagements mutuels entre le Gouvernement et la communauté internationale.


La légitimité de la succession à la tête de l’État conditionne la transition politique.  Parvenir à un accord sur les règles du jeu contribuera grandement à asseoir la crédibilité du processus électoral et à l’acceptation de son issue.


La récente montée des tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan est préoccupante.  Le Secrétaire général se réjouit des échanges constructifs qu’ont eus les dirigeants des deux pays au lendemain des élections au Pakistan, mais il exhorte l’un et l’autre gouvernement à privilégier le renforcement de la confiance afin d’empêcher tout bras-de-fer et d’échauffer les esprits.


Un autre engagement clef pris par le Gouvernement afghan à Tokyo concerne le maintien et la consolidation des acquis obtenus par les femmes en Afghanistan au cours de la décennie écoulée.  L’autonomisation des femmes et leur participation à la vie publique non seulement relèvent des droits de l’homme mais encore sont essentielles à la réalisation du plein potentiel économique et social de l’Afghanistan.


Des discussions sont en cours au sein de l’ONU et avec les principales parties prenantes afghanes et internationales sur la manière de se préparer à faire face aux difficultés et aux perspectives de la transition, ainsi que sur l’avenir.  Sur la voie de la normalisation, l’ONU est déterminée à aider l’Afghanistan à asseoir sa souveraineté, son cadre politique, sa capacité institutionnelle de prestation de services et son autosuffisance économique.


Déclarations


« L’appropriation nationale est au cœur même de la transition politique, sécuritaire et économique en Afghanistan », a rappelé, ce matin, M. JÁN KUBIŠ, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).  « C’est pourquoi il est nécessaire d’assurer un appui international à ce pays durant toute l’année 2014, et au delà, de façon à renforcer le leadership afghan », a-t-il déclaré. 


Sur le plan de la sécurité, M. Kubiš a expliqué que les forces de sécurité afghanes étaient entrées, la semaine dernière, dans la mise en œuvre de la dernière phase visant à renforcer la situation en matière de sécurité à travers le pays.  Il a cependant fait observer que des éléments antigouvernementaux tentent de faire obstacle à cet objectif en attaquant le personnel de sécurité et en terrorisant des civils.  « Nous constatons de plus en plus d’attaques ciblant notamment des hauts fonctionnaires ou des membres du système judiciaire », a-t-il dit.  Par ailleurs, des attaques perpétrées dans des lieux publics où il y a une forte concentration de la population témoignent d’un mépris total pour la vie des civils.  Les forces de sécurité afghanes réagissent à cette situation et font preuve de beaucoup de courage pour contrer ces attaques.  Toutefois, a-t-il poursuivi, l’armée nationale a besoin de capacités supplémentaires, notamment aériennes, pour agir de manière efficace et durable, a-t-il insisté.


Un transfert de pouvoir légitime et harmonieux est également l’un des éléments essentiels sous jacents de la transition, a rappelé le Chef de la MANUA.  Le Président Karzai continue de réaffirmer son engagement à cet égard, conformément à la Constitution afghane. Une architecture électorale robuste et crédible mise en œuvre de manière transparente et en temps opportun est un engagement clef que le Gouvernement afghan a pris à Tokyo, a-t-il rappelé.  Malgré des progrès dans le domaine technique, M. Kubiš s’est dit cependant préoccupé par les retards enregistrés dans l’adoption de deux points majeurs de la législation électorale.  Pour avancer sur ces questions avant les vacances d’été de l’Assemblée nationale, toutes les parties concernées doivent faire preuve de volonté, a-t-il souligné.  Il n’y a pas d’autre option que la tenue d’élections transparentes et inclusives pour assurer le succès de la transition politique », a-t-il dit. 


Le Représentant spécial est également revenu sur l’ouverture d’un bureau de représentation politique des Taliban à Doha.  Il a émis l’espoir que la controverse actuelle et les préoccupations légitimes concernant ce bureau seraient prises en compte et seraient accompagnées de mesures qui ouvriront la voie à des pourparlers de paix et de réconciliation directs entre le Haut Conseil de la paix et les Taliban.  Il a assuré que la MANUA était prête à faciliter un dialogue interafghan et à négocier avec les Taliban sur les points ayant trait notamment à la promotion des droits de l’homme et à la réduction des pertes parmi la population civile.


M. Kubiš a aussi expliqué que les récents développements dans les relations entre l’Afghanistan et le Pakistan représentaient une source de tensions.  « Ces tensions créent de nouveaux risques sur la situation politique et sécuritaire complexe qui existe en Afghanistan et dans la région », a-t-il dit, en appelant ces deux pays à œuvrer pour établir une confiance mutuelle et à s’abstenir de toute initiative qui pourrait contribuer à une escalade des tensions.  Il s’est, toutefois, dit encouragé par les échanges positifs entre le Président Karzai et le Premier Ministre Nawaz Sharif après les élections pakistanaises, ainsi que par la reprise de contacts de haut niveau sur le plan militaire entre les deux pays.


Le Chef de la MANUA a ensuite annoncé qu’une conférence de première importance aura lieu, le mois prochain, à Kaboul, en vue d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des engagements pris à Tokyo, il y a un an.  Il a insisté sur la nécessité d’atteindre une bonne gouvernance, un développement économique, mais aussi sur la nécessité de réaliser des progrès sur les questions liées aux élections et aux droits de l’homme.  Il a souligné que la promotion de la loi sur la violence à l’encontre des femmes avait permis de réaliser de grands progrès en encourageant la participation plus active des femmes afghanes à la vie publique, politique et économique du pays.  « Les bailleurs de fonds savent très bien que toute érosion des engagements à cet égard aurait une incidence sur l’aide internationale à venir », a-t-il fait observer.  Rappelant que l’Afghanistan dispose encore d’indicateurs très faibles, le Représentant spécial a estimé qu’une réponse humanitaire ne pouvait suffire à répondre aux besoins de la population afghane.  Il a souhaité que des solutions durables soient explorées.  « Nous sommes à la croisée des chemins et nous devons agir pour faire en sorte que la voie à suivre soit viable et durable.  Il y a des résultats mais, de temps en temps, nous constatons des retours en arrière.  C’est pourquoi des efforts sont nécessaires pour montrer que les prévisions pessimistes sont erronées », a-t-il dit, avant de conclure.


M. ZAHER TANIN (Afghanistan) a fait observer que son pays se trouvait à un tournant crucial.  Tandis que les forces étrangères se préparent à leur retrait l’année prochaine, les forces de sécurité afghanes assument la pleine responsabilité de la sécurité et de la défense de leur pays. 


Il y a deux jours à Kaboul, a-t-il rappelé, un jalon a été franchi avec le lancement de la cinquième et dernière étape de la transition sécuritaire.  Il s’agit là d’une réalisation remarquable et d’une source de fierté pour les Afghans, a-t-il déclaré, en affirmant que son pays était prêt à consolider ses gains, à assurer lui-même sa sécurité et sa défense et à garantir une paix durable.


Pour assurer la sécurité et la défense du pays, il est essentiel, a estimé M. Tanin, de rassembler tous les Afghans grâce à un dialogue national, dans un esprit d’unité nationale en vue d’aboutir à une solution politique acceptée par tous.


Le représentant a expliqué qu’au cours de ces derniers mois, l’Afghanistan s’était largement impliqué avec diverses parties prenantes, les États-Unis en particulier, pour lancer des pourparlers directs avec les Taliban dans le cadre du processus de paix.  À cet égard, a-t-il précisé, un accord a été conclu avec les États-Unis sur l’ouverture d’un bureau de représentation politique des Taliban à Doha, au Qatar, avec l’assurance que les négociations de paix seraient menées conformément à un ensemble de principes bien établis.


Le 18 juin, a fait observer le représentant, le bureau des Taliban avait été inauguré d’une manière qui va à l’encontre de ces principes.  Il a jugé troublant que la déclaration publique, faite par les représentants des Taliban à Doha, ne contenait aucun engagement clair en faveur des pourparlers de paix avec le Haut Conseil pour la paix, seul organe chargé de mener des pourparlers de paix, mais faisait cependant référence, de manière explicite, à la poursuite de la violence. 


Il a indiqué que le Gouvernement afghan avait ainsi décidé que le Haut Conseil pour la paix ne s’engagerait pas dans des pourparlers de paix avec les Taliban dans ces circonstances et de suspendre les négociations sur l’Accord bilatéral de sécurité avec les États-Unis.  L’Afghanistan attend naturellement de ses partenaires internationaux qu’elle s’oppose à toute menace à l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.  Tous les accords de partenariat de l’Afghanistan sont réalisés en vertu des intérêts nationaux, et en vue de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité du pays, a-t-il assuré.


L’Afghanistan ne reconnaît pas un « Émirat des Taliban ».  « Le drapeau des Taliban hissé sur le bureau qui vient d’être ouvert à Doha rappelle, a-t-il dit, un passé sombre et sanglant que le peuple afghan essaie de toutes ses forces d’oublier.»La République islamique d’Afghanistan est la seule autorité souveraine et légitime choisie par les Afghans, reconnue et soutenue par la communauté internationale, a ajouté M. Tanin.


L’appropriation du processus de paix et de réconciliation en Afghanistan est indispensable et ne doit pas être compromise, a soutenu le représentant.  La campagne de peur et de terreur permanentes, de violence et de brutalité mettent en danger la perspective d’un processus de paix, a souligné M. Tanin, en précisant que ces dernières semaines avaient été marquées par une escalade des actes de violence, qui touchent tous les citoyens, ainsi que des membres du personnel international. 


Malgré tous les défis, l’Afghanistan avance avec confiance vers une nouvelle étape: les élections présidentielles et provinciales de l’an prochain.  Le Président Hamid Karzai s’est engagé dans un vaste processus de consultation avec les parties prenantes, notamment la société civile et les partis politiques, avec l’objectif clair de voir les scrutins se dérouler dans un esprit d’unité nationale et de consensus sur les questions électorales essentielles.


Le représentant a par ailleurs affirmé que l’Afghanistan avait toujours considéré la coopération régionale comme un pilier important de la stabilité et de la prospérité dans cette partie du monde.  L’Afghanistan, a-t-il notamment indiqué, s’est engagé à élargir ses relations avec tous ses voisins.  De même, le Gouvernement afghan a hâte de travailler avec le nouveau Gouvernement du Pakistan, et espère que le Pakistan appuiera sincèrement la paix et la stabilité en Afghanistan.  L’Afghanistan souhaite des relations amicales avec le Pakistan, caractérisées par le respect mutuel et celui de la souveraineté nationale de chacun. 


M. Tanin a estimé que le terrorisme constituait une menace grave pour la paix et la stabilité de l’Afghanistan, et celles de la région.  Les habitants de l’Afghanistan sont toujours les principales victimes de la poursuite de cette campagne terroriste odieuse, a-t-il dit, en assurant que des sanctuaires terroristes continuaient d’exister sur le territoire du Pakistan, certains éléments utilisant toujours le terrorisme comme un instrument de politique étrangère.  Il a également souligné la préoccupation de son gouvernement par les bombardements transfrontaliers, ce qui, a-t-il dit, constitue une grave menace pour la souveraineté afghane et la perspective de relations amicales entre les deux pays.


M. Tanin a expliqué que les Afghans avaient conscience que la paix et la prospérité à long terme étaient liées avec le développement, la bonne gouvernance et les droits de l’homme.  Le Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo constitue la base d’un partenariat revitalisé entre l’Afghanistan et ses partenaires internationaux pour répondre à ces questions essentielles, a-t-il rappelé.  La cohérence de l’aide, en partenariat avec la communauté internationale, est également essentielle au développement durable de l’Afghanistan.


Le délégué afghan a affirmé en outre que l’autonomisation des femmes en tant que membres proactifs de la société afghane était au nombre des plus grandes réalisations dans le pays.  Des obstacles empêchent encore la pleine réalisation de cet objectif, a-t-il reconnu, tout en notant que les autorités afghanes œuvraient à protéger et à promouvoir les droits de l’homme de tous les Afghans, les femmes en particulier.  La lutte contre l’impunité est également au cœur de nos efforts de protection des droits de l’homme, a-t-il ajouté.


M. GARY QUINLAN (Australie) a déclaré qu’il s’agit d’un moment crucial dans la transition en Afghanistan.  Des progrès significatifs ont été réalisés en matière de sécurité au cours de ces derniers mois.  La déclaration faite, le 18 juin dernier, par le Président Karzai, concernant la cinquième et dernière étape de la transition qui marque l’appropriation par les forces de sécurité afghanes des responsabilités en matière de sécurité sur l’ensemble du pays et un tournant dans l’histoire moderne de l’Afghanistan.  La capacité des forces de sécurité afghanes s’est nettement améliorée, comme en témoigne leur réaction rapide aux récents attentats à Kaboul.  Dans la province d’Uruzgan où l’Australie a concentré ses efforts, les forces de sécurité afghanes assurent déjà le leadership et devraient exercer pleinement leurs responsabilités avant la fin de cette année.  La communauté internationale leur assure son ferme appui, a-t-il dit, en soulignant que cela sera important pour la consolidation des acquis en matière de sécurité. 


Le représentant a également souligné que la transition politique et économique était essentielle pour le pays.  L’appui de la communauté internationale permettra de renforcer, a-t-il dit, la souveraineté de l’Afghanistan.  Une élection présidentielle crédible en 2014 sera indispensable pour la transition politique, a estimé le représentant, en appelant les autorités afghanes à s’atteler activement aux préparatifs du processus électoral.  La nomination d’un nouveau président de la Commission électorale indépendante doit se faire le plus rapidement possible, a-t-il insisté.  À cette fin, l’Afghanistan aura besoin d’un appui international, notamment celui des Nations Unies.  Au plan économique, la capacité de la communauté internationale à maintenir son soutien à l’Afghanistan dépendra de la mise en œuvre par le Gouvernement afghan des engagements pris dans le cadre de la Conférence de Tokyo.  L’Australie a été un partisan de longue date d’un processus de réconciliation mené par les Afghans et encourage l’ouverture d’un tel dialogue.  « Nous reconnaissons que ce ne sera pas un processus facile ou simple, et il n’y a aucune garantie de succès, mais le travail pour la paix et la réconciliation doit se poursuivre », a insisté le représentant.  L’Australie appuiera les efforts visant à construire les conditions de la réconciliation et veillera à ce que le régime de sanctions contre les Taliban n’entrave pas le processus mené par les Afghans, a-t-il assuré. 


M. KIM ZOOK (République de Corée) a affirmé que la décision du Président afghan de lancer la dernière étape du processus de transition constituait un jalon très important dans l’histoire de l’Afghanistan.  Il s’est dit préoccupé par la poursuite des violences, des attaques ciblées contre des civils, en particulier contre des travailleurs humanitaires.  La transition exige aussi le fait que les Afghans puissent s’approprier notamment la gouvernance.  Le Gouvernement afghan doit pouvoir établir un cadre électoral crédible et permettre la participation des femmes.  À cet égard, la MANUA a un rôle essentiel à jouer pour renforcer les capacités des institutions afghanes, a-t-il dit.  Le délégué de la République de Corée s’est aussi félicité de l’accord conclu avec les États-Unis sur l’ouverture d’un bureau de représentation politique par les Taliban à Doha, au Qatar, pour les pourparlers de paix.


Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) a fait observer qu’on assistait à la dernière étape des préparatifs d’un Afghanistan « solide et uni » et a salué le peuple afghan pour le succès de cette triple transition sur les plans politique, sécuritaire et économique, en rappelant que son pays avait conclu des accords de partenariat à l’issue des Conférence de Tokyo et de Chicago.  Aujourd’hui, a-t-elle souligné, les forces de sécurité afghanes deviennent de plus en plus compétentes et solides.  Elle a, par ailleurs, remercié tous ceux qui avaient participé à la réunion du 5 juin dernier, au niveau de l’OTAN, au sujet du concept détaillé des missions qui formeraient les forces de sécurité afghanes après 2014. 


La représentante a également estimé que les élections de l’an prochain seraient une « occasion unique ».  Elles détermineront, a-t-elle dit, le succès du peuple afghan à travers une élection transparente, inclusive et équitable.  À cet égard, elle a dit attendre l’établissement d’un cadre électoral le plus tôt possible, qui établisse et prenne en compte notamment le rôle des femmes.  Elle a, par ailleurs, appelé les Taliban à se joindre au processus de paix politique.  Dans ce contexte, elle a estimé que l’ouverture du bureau à Doha était une étape importante et a rappelé que le Président des États-Unis, M. Barack Obama, avait appelé, en janvier dernier, le Gouvernement du Qatar à faciliter cette ouverture.


M. WANG MIN (Chine) a affirmé que l’aide fournie par la communauté internationale devrait jouer un rôle positif à ce stade crucial où l’Afghanistan franchit la dernière étape de la transition.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité d’assurer la sécurité du pays, garante de sa stabilité.  Il s’est dit en effet préoccupé par la poursuite de la violence, en soulignant l’importance de garantir la protection des civils.  De même, a estimé le représentant, la reconstruction nationale doit être dirigée par le Gouvernement et le peuple afghans.  La Chine, a-t-il dit, a toujours appuyé les efforts de réconciliation avec toutes les parties sous la conduite des Afghans.  La communauté internationale doit continuer à assister l’Afghanistan, respecter ses engagements et tenir ses promesses, a insisté le délégué de la Chine.


M. SAMIR SHARIFOV (Azerbaïdjan), qui s’est félicité de voir l’Afghanistan s’approprier le processus de paix et de réconciliation, s’est toutefois inquiété de la situation en matière de sécurité dans le pays.  Le représentant a estimé que la stabilité de l’Afghanistan et de la région tout entière exigeait une solide coopération entre le pays et ses voisins. Il a souligné que le processus « Cœur de l’Asie » était une plateforme régionale de dialogue et de partenariat unique.  Il a aussi salué l’adoption des plans de mise en œuvre de toutes les mesures de rétablissement de la confiance adoptés par la Conférence ministérielle d’Almaty, en avril dernier.  L’Azerbaïdjan, a-t-il déclaré, est déterminé à rester aux côtés de l’Afghanistan.  Dans ses relations bilatérales, il continuera à accorder la plus haute priorité aux programmes de formation et de renforcement des capacités et au partage d’expériences dans les domaines de la fonction civile, du maintien de l’ordre, du déminage, du contrôle des frontières, des douanes, de la santé, du transport et des technologies de l’information et des communications.  L’Azerbaïdjan continuera à apporter son appui après 2014, a assuré le représentant, en rappelant que, dans le cadre du processus « Cœur de l’Asie », son pays copréside le segment « lutte contre le trafic de drogues et infrastructures régionales ».


Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a axé sa déclaration sur trois grands défis à relever en vue de réussir la transition politique en Afghanistan.  Au premier rang, se trouvent les élections présidentielle et provinciales du 5 avril 2014.  À cette fin, la représentante a appelé le Gouvernement et le Parlement afghans à adopter, sans plus tarder, la loi électorale, à désigner le président de la Commission électorale indépendante, à créer un organe impartial de gestion des plaintes, à garantir l’indépendance de la Commission électorale et à assurer la participation des femmes aux élections.  L’autre enjeu décisif est celui de la réconciliation nationale.  Pour aboutir, le processus de paix devra largement être porté par les Afghans eux-mêmes.  « Nous prenons note, à cet égard, de l’annonce faite le 18 juin à Doha, en espérant qu’elle porte en elle les prémisses de pourparlers de paix et d’un Afghanistan démocratique », a déclaré Mme Lucas.  Sachant en outre que la réconciliation interafghane est tributaire du soutien que lui apportent les États voisins, la représentante a rappelé l’importance du rôle que les acteurs régionaux sont appelés à jouer dans l’émergence d’un Afghanistan stable et pacifié.


Mme Lucas a ajouté que le troisième défi était celui des droits de l’homme.  Le Gouvernement afghan avait pris, l’an dernier à Tokyo, l’engagement important d’appliquer pleinement la loi sur l’élimination des violences faites aux femmes, a-t-elle rappelé.  Il incombe aux autorités afghanes de mettre en œuvre cet engagement, a-t-elle souligné.  Mme Lucas a estimé que les jeunes afghans de moins de 25 ans, qui représentent 65% de la population, doivent être valorisés et protégés.  S’agissant des enfants en temps de conflit armé, il est capital que la MANUA maintienne une unité fonctionnelle de protection de l’enfance, pour appuyer de manière efficace les autorités afghanes dans la mise en œuvre du plan d’action contre le recrutement et l’exploitation d’enfants dans les forces nationales de sécurités afghanes.  


M. LOFTI BOUCHAARA (Maroc) a estimé que des développements politiques « significatifs » étaient intervenus en Afghanistan, en prévision des prochaines élections présidentielle et provinciales de 2014.  Il s’est réjoui que les préparatifs techniques et politiques de ces élections continuent d’avoir lieu, notamment à travers l’adoption du budget électoral, la tenue de pourparlers ou la création d’alliances, ainsi qu’à travers l’établissement de cartes électorales pour les électeurs.  Il a, en outre, estimé qu’il était opportun, en prévision de ces élections, que la MANUA ait pu organiser une série d’ateliers sur la médiation et la prévention des conflits.  Il s’est aussi félicité que le Gouvernement afghan se soit engagé à mettre en œuvre des programmes nationaux prioritaires qui entrent dans le cadre des engagements pris à Tokyo, a-t-il dit.


Le représentant a cependant estimé que la situation sécuritaire dans le pays demeurait préoccupante, notant en particulier que les explosifs utilisés pour commettre des attaques étaient de plus en plus perfectionnés.  Selon la MANUA, a-t-il rappelé, plus de 500 civils ont été tués et plus de 800 personnes blessées.  L’Afghanistan se trouve dans une région qui est en proie à des difficultés, a noté le représentant, tout en estimant qu’il y avait des perspectives positives.  Il s’est en effet félicité que l’Afghanistan ait figuré à l’ordre du jour des discussions de la dernière réunion tripartite entre la Chine, la Fédération de Russie et le Pakistan, ainsi que celui de l’Organisation de la coopération de Shanghai.  Cela peut encourager l’Afghanistan à renforcer ses relations avec les pays voisins, ainsi que sa coopération dans le domaine de l’énergie, des infrastructures, de la lutte contre la drogue ou contre le terrorisme, a-t-il dit.  Il est, par ailleurs, important de continuer à fournir à l’Afghanistan une assistance financière pour l’aider à faire face aux défis auxquels il est confronté, a-t-il souligné.


M. MASOOD KHAN (Pakistan) a affirmé que le Premier Ministre du Pakistan s’était engagé à renforcer les liens avec l’Afghanistan dans différents domaines.  Les autorités pakistanaises appuient le processus de réconciliation par les Afghans eux-mêmes, a indiqué le représentant.  « Le peuple de l’Afghanistan doit réussir, et nous devons également l’aider à réaliser cet objectif », a-t-il déclaré.  Le représentant a cependant rejeté fermement les propos du représentant de l’Afghanistan selon lesquels des sanctuaires terroristes existeraient au Pakistan.  En utilisant ce type d’argument, des doutes sont jetés sur la sincérité du Pakistan, a-t-il estimé. 


Les deux pays doivent travailler de concert pour éliminer le fléau du terrorisme, a estimé le représentant du Pakistan.  Il a expliqué que les terroristes agissaient des deux côtés de la frontière.  Ce genre de polémique est très négatif, a ajouté le délégué du Pakistan, sachant, a-t-il précisé, que l’Afghanistan et le Pakistan continuent d’établir un dialogue par différents canaux, y compris militaire.  Le Pakistan fait de son mieux pour restaurer la confiance, a-t-il assuré. 


Le délégué du Pakistan s’est aussi félicité de l’accord, qui a permis l’ouverture d’un bureau de représentation politique des Taliban à Doha, au Qatar, en vue d’établir des pourparlers de paix, en espérant que les problèmes concernant ce bureau seraient rapidement réglés. 


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a estimé que la situation actuelle en Afghanistan était marquée par d’énormes défis.  « La volonté de surmonter ces défis devra s’exprimer dans les préparatifs et dans la tenue des élections présidentielle et provinciales de 2014 », a-t-il insisté.  À cet égard, il s’est dit préoccupé par l’absence, aujourd’hui, d’un cadre électoral alors que le pays se trouve à moins d’un an des élections.  Sa délégation estime que l’Afghanistan devrait tirer parti de l’aide internationale dans ce domaine et travailler de concert avec la MANUA pour renforcer l’intégrité du processus électoral. 


Le représentant a ensuite appuyé le travail du Haut Conseil pour la paix et a émis l’espoir que toutes les parties axeraient leurs efforts sur l’élimination de ce qui continue de faire obstacle à l’instauration de la paix et à la réconciliation.  Il a ensuite insisté sur l’importance pour l’Afghanistan de réintégrer la scène régionale. 


M. Rosenthal a émis, en outre, l’espoir que les capacités des forces afghanes continueront d’être renforcées et a salué, dans ce contexte, l’adoption par les ministres de la défense de l’OTAN d’un concept de missions pour l’après-2014.  Le représentant s’est dit par ailleurs préoccupé par le sort des civils, en notant une augmentation du nombre d’incidents et de victimes durant le trimestre écoulé.  Il a appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et à faciliter l’accès de l’aide humanitaire aux personnes déplacées.


M. MARIO OYARZÁBAL (Argentine) a estimé que l’appropriation du secteur de la sécurité par les forces de sécurité afghanes, le 18 juin, était un évènement historique.  Le représentant a salué cette étape, tout en insistant sur l’importance des semaines à venir, au cours desquelles, a-t-il dit, les acteurs politiques devront prendre des décisions clefs sur l’organisation des élections transparentes, équitables et inclusives.  « Cela permettra de créer les conditions nécessaires pour que le pays cesse de dépendre des bailleurs de fonds et pour qu’il s’engage dans la voie d’une intégration régionale », a-t-il dit.  Sur le plan de la sécurité, le représentant a reconnu que des progrès avaient été enregistrés dans la professionnalisation des forces afghanes, en regrettant cependant le nombre élevé de victimes civiles dont fait état la MANUA.


M. LAWRENCE MANZI (Rwanda) s’est félicité du lancement de la cinquième et dernière étape de la transition sécuritaire, en exhortant l’OTAN et d’autres partenaires à continuer d’appuyer le pays afin de préserver les résultats engrangés au cours des dernières années.


Le représentant a souligné l’importance de tenir des élections libres et crédibles en 2014, en estimant qu’il serait positif de faire participer les groupes d’opposition, de la société civile et l’ensemble des parties prenantes.  Il s’est dit convaincu que des élections couronnées de succès seront essentielles pour assurer la stabilité et la paix durables dans le pays.  Le représentant s’est aussi dit préoccupé par la hausse du nombre des victimes civiles.  Sa délégation, a-t-il dit, condamne les actes terroristes qui prennent pour cibles des civils innocents.  Il a, par ailleurs, salué le Gouvernement afghan pour ses efforts en vue de combattre le fléau de la production de l’opium, et souligné, à cet égard, l’importance d’un appui international.


M. GÉRARD ARAUD (France) a félicité les autorités afghanes d’avoir pris en charge les responsabilités de sécurité du pays, le 18 juin 2013.  Il a indiqué que les forces de sécurité afghanes étaient désormais en situation de défendre elles-mêmes l’ensemble de la population afghane contre l’action des groupes terroristes armés, la coalition internationale n’intervenant désormais plus qu’en soutien de ces efforts.  Le représentant de la France a estimé que seul un véritable processus politique interafghan inclusif permettra de garantir l’émergence d’un Afghanistan stable et pacifié.  Il a assuré que la France était déterminée à soutenir ce processus comme elle l’a fait dans le passé, y compris en utilisant le levier que constitue le régime de sanctions du Conseil de sécurité.


L’Ambassadeur Araud a appelé à un dialogue conforme aux principes définis par les Afghans et entérinés par la communauté internationale à Bonn, le 5 décembre 2011, et par le Conseil de sécurité: le renoncement à la violence, la rupture des liens avec le terrorisme international et le respect de la Constitution afghane, notamment s’agissant des droits des femmes.


Le représentant de la France a émis l’espoir que l’ouverture officielle d’un bureau de représentation des Taliban à Doha pourra concourir à l’établissement d’un dialogue politique interafghan à même de faire progresser la paix.  Il s’est inquiété de l’augmentation du nombre de victimes civiles, en particulier des enfants, alors que les attaques contre les travailleurs humanitaires se sont multipliées.  Il a indiqué que la France et l’Afghanistan ont célébré l’an dernier 90 ans de relations diplomatiques et qu’une nouvelle étape s’est ouverte dans leurs relations bilatérales, fondée sur une coopération militaire et civile renforcée, encadrée par un traité d’amitié et de coopération.  M. Araud a précisé que l’aide française atteindra environ 300 millions d’euros pour la période 2012-2016, soit une hausse de 50% de l’enveloppe de coopération, afin d’aider ce pays à passer d’une économie de guerre à une économie de paix.


Par ailleurs, M. Araud a indiqué que les élections présidentielle du 5 avril 2014 et législatives de 2015 seront une étape importante pour la démocratie et le maintien d’un soutien à long terme à l’Afghanistan, conformément au cadre agréé à Tokyo.  Il a exhorté les autorités afghanes à organiser des élections crédibles, inclusives et transparentes et à accélérer l’adoption d’un cadre législatif adéquat, à définir des mesures énergiques contre la fraude et à garantir l’indépendance de la Commission électorale indépendante (IEC).  À l’instar du Secrétaire général, le représentant de la France les a exhortés à adopter sans tarder les lois électorale et structurelle et à nommer une personnalité consensuelle à la tête de la Commission électorale indépendante.  L’année 2014 verra la fin de l’engagement militaire de la communauté internationale sous forme de mission de combat, qui avait décidé en réponse aux attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, a déclaré M. Araud, qui a également souhaité que cette même année sera pour l’Afghanistan l’année de la transition politique et de l’enracinement de la démocratie.


M. KODJO MENAN (Togo) a estimé que l’Afghanistan demeurait sous l’emprise de la violence et de l’instabilité, tout en notant des progrès.  Il s’est dit également préoccupé par la question du sort des enfants en temps de conflit armé en Afghanistan.  Le représentant s’est félicité des efforts visant à renforcer les droits des femmes.  De même, il a salué les initiatives lancées pour contenir le fléau des stupéfiants dans plusieurs provinces.  Le représentant du Togo a souhaité que l’ouverture, le 18 juin à Doha, d’un bureau de représentation politique des Taliban, puisse donner un coup d’accélérateur au dialogue national et au processus de paix dans le pays.  


« La situation actuelle en Afghanistan est loin d’être stable et a même tendance à s’aggraver au fur et à mesure que les forces internationales se retirent », a fait remarquer M. ALEXANDER A. PANKIN (Fédération de Russie).  « Les statistiques sont effrayantes, avec une augmentation de 25% du nombre de victimes civiles, dont une large part est, selon l’UNICEF, des enfants », a-t-il souligné.  Pour la Fédération de Russie, a-t-il dit, les attaques qui sont perpétrées contre les institutions de l’État et les forces de la coalition témoignent d’une « volonté négative de la part des Taliban ».  Le représentant russe a illustré cette tendance par la dernière attaque, qui s’est produite, hier, contre une base aérienne proche de Kaboul.  Il s’est, par ailleurs, dit préoccupé par la multiplication des actes terroristes perpétrés dans le nord du pays, à proximité des États d’Asie centrale, qui sont, a-t-il rappelé, des partenaires de la Fédération de Russie au sein de la Communauté des États indépendants (CEI) et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).  Dans ce contexte, il a estimé qu’il ne faudrait pas accélérer le transfert de la sécurité aux forces afghanes « de manière artificielle ».  « Pour un retrait harmonieux de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), il faudrait continuer à s’assurer que les forces nationales soient prêtes à reprendre le flambeau, ce qui n’est pas le cas pour le moment », a-t-il insisté.


Le représentant a ensuite mis l’accent sur la nécessité de parvenir à une réconciliation nationale afin de rétablir paix dans le pays.  Il a estimé que le bureau de représentation politique des Taliban à Doha n’était une mesure positive en ce sens, « à condition que le rôle principal soit attribué à Kaboul et qu’un dialogue existe entre le Haut Conseil pour la paix et les représentants des groupes armés, a-t-il rappelé.  Il est également très important de suivre les actions des combattants et de veiller à ce qu’ils renoncent à tout contact avec Al-Qaida et autres groupes terroristes.  Enfin, M. Pankin a souligné que le régime des sanctions devrait être pleinement respecté, en particulier l’interdiction de voyage des personnes figurant sur la liste.  Il s’est dit par ailleurs très préoccupé par la production de pavot et le trafic des armes en Afghanistan qui, a-t-il précisé, sont liés à d’autres activités comme la corruption ou le blanchiment d’argent.  Les « barons de la drogue » doivent être inscrits sur la liste des personnes visées par des sanctions.


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a condamné les attentats perpétrés récemment à Kaboul et ailleurs dans le pays, en les qualifiant de répréhensibles et d’injustifiés.  Il a salué l’annonce faite, le 18 juin, par l’Afghanistan de s’engager dans la cinquième et dernière tranche de la transition.  Les autorités seront ainsi capables d’assumer efficacement leurs responsabilités en matière de sécurité après 2014 et sauront faire face à tout mouvement d’insurrection, a-t-il dit.  Le représentant du Royaume-Uni a salué l’ouverture du bureau de représentation politique des Taliban à Doha, tout en comprenant les inquiétudes légitimes des Afghans à cet égard.  Il est bon d’engager les Taliban dans le processus, ne serait-ce que pour les convaincre de déposer les armes, a-t-il estimé. 


Le Royaume-Uni, a-t-il assuré, appuie le Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan, ainsi que toute autre initiative en vue d’encourager le commerce et la coopération.


M. Lyall Grant a souligné l’importance des élections de 2014, qui ne sauraient être sous-estimées, en plaidant en faveur d’une réforme électorale essentielle.  La MANUA doit utiliser le dialogue avec le Gouvernement afghan pour exprimer les attentes de la communauté internationale à cet égard.  Avant de conclure, il s’est félicité des mesures positives concernant le renforcement des droits des femmes, tout en reconnaissant qu’il restait encore beaucoup à faire dans ce domaine, en particulier contre les violences faites aux femmes et pour la participation des femmes à la vie publique et politique du pays.


M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) a estimé que la diversité, l’ampleur et l’intensité des attaques menées par les Taliban et leurs appuis montrent la nécessité d’une action concertée pour isoler et déraciner le réseau terroriste auquel appartiennent Al-Qaida, Lashkar-e-Taiba et autres groupes terroristes.  Ces attaques montrent surtout que le plan de transition doit être fondé sur la situation sur le terrain plutôt que sur un calendrier prédéterminé.  Les forces afghanes auront encore besoin de la communauté internationale pour assurer la sécurité et relever le défi du terrorisme, a prévenu le représentant.  Il s’est ensuite félicité des résultats de la troisième Conférence ministérielle du Processus d’Istanbul, qui s’était tenue à Almaty en avril dernier, et à laquelle son Ministre des affaires étrangères avait participé. 


Après avoir appuyé pleinement le processus « Cœur de l’Asie », le représentant a rappelé que lors de la visite du Président Hamid Karzai en Inde, au mois de mai dernier, les deux pays avaient passé en revue les projets de développement que l’Inde finance avec plus de 2,5 milliards de dollars.  Le représentant a également assuré que l’Inde continuera d’apporter son appui au développement de l’Afghanistan après 2014, en vertu du Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo.  La stabilité de l’Afghanistan et son développement dépendent beaucoup, a souligné le représentant, des pays voisins et de la région tout entière.  C’est pourquoi, il a estimé qu’une interdépendance économique croissante contribuera à empêcher que les jeunes désœuvrés ne se livrent à l’insurrection et à des activités extrémistes et créer, ainsi, une zone de prospérité commune dans la région.


M. YASAR HALIT ÇEVIK (Turquie) s’est dit convaincu que les forces afghanes avaient la capacité de relever le défi de la responsabilité de la sécurité sur le territoire du pays.  Il a ensuite appuyé les efforts déployés en vue d’aboutir à un processus électoral inclusif, auquel participerait également la société civile, et a félicité toutes les parties qui agissent en ce sens en Afghanistan, y compris le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la MANUA.  Il a rappelé que la Turquie avait toujours appuyé un processus de transition dirigé par les Afghans, au sein duquel se trouvait le Haut Conseil pour la paix.


Un an après la Conférence de Tokyo, des progrès ont été réalisés par le Gouvernement afghan pour assurer la mise en œuvre des engagements qu’il avait pris, s’est félicité le représentant, qui a dit attendre avec intérêt la prochaine réunion de Kaboul dont l’objectif est d’examiner plus avant ces résultats.


S’agissant de la sécurité, le représentant s’est dit préoccupé par le nombre élevé d’attaques terroristes, qui ont causé des pertes civiles considérables.  En outre, les catastrophes naturelles et les épidémies sont également des menaces sur le plan humanitaire, a-t-il dit, en soulignant que les groupes les plus vulnérables de la société y étaient les plus exposés.  Il a, par ailleurs, déploré que les partenaires humanitaires de l’Afghanistan, ainsi que leurs personnels, continuent d’être menacés dans le pays. 


En ce qui concerne la sécurité et la coopération régionale, le représentant a souligné que la mise en œuvre du Processus d’Istanbul, sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan, se poursuivait, grâce notamment à l’appui technique des Nations Unies et de leurs institutions, ainsi qu’au soutien de la communauté internationale.  Il s’est félicité de l’adoption, lors de la Conférence ministérielle d’Almaty, des plans de mise en œuvre des six mesures de renforcement de la confiance.


M. IONNIS VRAILAS, de la délégation de l’Union européenne, s’est dit très inquiet en raison des attaques terroristes qui ont frappé les locaux de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le centre de Kaboul et ceux du Comité international de la Croix-Rouge à Jalalabad à la fin de mai.  Il a déploré des attaques contre des écoliers dans la province de Paktia début juin et un attentat près de la Cour suprême à Kaboul, la semaine dernière.  Il a salué l’annonce faite cette semaine par le Président Karzai concernant l’étape finale du processus de transition qui souligne les progrès réalisés et les compétences des forces de sécurité nationales afghanes pour assumer elles-mêmes la sécurité et la défense sur l’ensemble du territoire national.  Il s’est félicité que la date des prochaines élections présidentielle et provinciales soit déjà fixée pour le 5 avril 2014 et que des élections législatives auront lieu en 2015.  Il a exhorté le Gouvernement afghan à faire de la préparation de ces élections une priorité, en mettant en place un cadre juridique électoral en accord avec la Constitution.


Par ailleurs, le représentant a souligné l’importance du Cadre de Tokyo qui régit les relations entre l’Afghanistan et ses partenaires au développement.  Le représentant de l’Union européenne a rappelé que la mise en œuvre de réformes, en particulier des élections, de la transparence financière, de l’état de droit et de la protection des droits de l’homme –en particulier des droits des femmes– ainsi que la lutte contre la corruption restaient une priorité vitale pour parachever la transition et une transformation à long terme en Afghanistan.  Dans le contexte de la réunion de haut niveau, qui se tiendra le 3 juillet à Kaboul, pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des objectifs du Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo, le représentant de l’Union européenne a exhorté le Gouvernement afghan à mettre l’accent de manière urgente sur les points suivants: l’adoption d’un cadre juridique électoral qui permettra aux élections de se dérouler selon la loi; la régularisation du statut de la Commission électorale indépendante et la création d’un mécanisme crédible  de suivi des plaintes électorale.  Il a également estimé que le Président de la Cour suprême devrait être nommé en accord avec la Constitution et jugé urgent que la loi minière, d’une importance critique, soit enfin publiée.  Le Conseil de l’Union européenne avait décidé, le 27 mai dernier, d’étendre la mission de police de l’Union européenne en Afghanistan (EUPOL, Afghanistan) jusqu’au 31 décembre 2014 et d’allouer un montant de 108 millions d’euros pour la période allant du 1er juin 2013 au 31 décembre 2014, a-t-il rappelé avant de conclure.


M. KAZUYOSHI UMEMOTO (Japon) a insisté sur l’importance de la troisième réunion de haut niveau de juillet prochain, qui servira d’instrument transparent pour aider à la mise en œuvre des engagements mutuels pris à la Conférence de Tokyo en juillet dernier.  La confiance mutuelle est la clef, a-t-il rappelé.  Le Japon a déjà décaissé plus de 1,4 milliard de dollars au titre de l’aide à l’Afghanistan sur les 3 milliards de dollars promis lors de la Conférence de Tokyo.  Dans le même temps, certaines questions urgentes restent à régler.  Une architecture électorale de base, à savoir la Commission électorale et la loi électorale, doit être mise en place dès que possible pour la tenue des élections présidentielle et provinciales justes, crédibles et inclusives en avril 2014.  La corruption, a-t-il noté, continue aussi d’être une préoccupation majeure qui sape la légitimité de l’État. 


Pour que la communauté internationale respecte son engagement en vertu du Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo, il incombe au Gouvernement afghan de prendre des mesures constructives, y compris dans le cas de la « Banque de Kaboul », rapidement et équitablement.  La mise en œuvre de la loi sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes est un autre engagement clef du Gouvernement afghan ainsi que l’autonomisation des femmes.  En outre, la feuille de route pour un Afghanistan stable et prospère deviendra une réalité par l’implication constructive des États et des acteurs de la région.  Le Japon salue également l’ouverture d’un bureau de représentation politique des Taliban à Doha, au Qatar, et souhaite que cette mesure permette d’engager rapidement des pourparlers de paix en vue de mettre fin au conflit.  La ferme volonté politique et des efforts concrets de l’Afghanistan sont essentiels pour instaurer la paix et permettre à tous les Afghans d’en tirer les dividendes, a conclu le représentant. 


M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a déclaré que « nous sommes maintenant à un moment  crucial marqué par une vague de violents affrontements qui nous forcent à demeurer vigilants, tout en restant confiants dans la détermination des forces armées afghanes de relever le défi important du transfert des responsabilités en matière de sécurité.  Pour sa part, l’Italie entend, dès 2015, nouer un nouveau partenariat avec l’Afghanistan qui se concentrera principalement sur les activités de formation.  Concernant les préparatifs des prochaines élections, autre défi important, le représentant a tenu à rappeler les engagements mutuels pris à la Conférence de Tokyo, en juillet 2012.  La communauté internationale, en continuant à assurer une présence en Afghanistan, a-t-il indiqué, encouragera le Gouvernement de Kaboul à honorer, avec des résultats quantifiables, ses engagements dans les domaines de la gouvernance, de la lutte contre la corruption et de la protection des droits de l’homme. 


Saluant, comme une première étape de la stabilisation durable du pays, le fait que les Taliban aient ouvert un bureau de représentation politique à Doha, le délégué de l’Italie a toutefois tenu à souligner que les efforts qui seront entrepris ne doivent en aucun cas compromettre les acquis en matière de droits civils et de démocratie et encore moins s’apparenter à une sorte de concession au terrorisme.  Il a jugé tout aussi important la contribution des acteurs régionaux qu’il a appelés à jeter les bases pour assurer le succès du dialogue interafghan.  S’agissant précisément de la coopération régionale, le représentant a estimé qu’il était temps de passer à la mise en œuvre des plans d’action approuvés à la Réunion ministérielle d’Almaty, en avril dernier. 


M. GOLAMHOSSEIN DEHGHANI (République islamique d’Iran) a affirmé que l’Afghanistan traversait une période très importante de son histoire.  Il a espéré que les efforts du Gouvernement afghan et des Nations Unies permettront au processus de transition politique et sécuritaire d’aboutir au renforcement de la paix, de la stabilité et de la sécurité dans le pays et dans la région.  À cet égard, il a souligné que son pays appuyait les différents mécanismes régionaux, notamment le Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan.


Le délégué a indiqué que son pays avait poursuivi sa coopération bilatérale avec l’Afghanistan, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre les trafics de drogues, des projets économique et de développement, ainsi que dans les secteurs routier, ferroviaire, énergétique, minier, agricole et des minerais.


S’agissant de la situation des réfugiés, le représentant a rappelé qu’une réunion tripartite entre l’Iran, l’Afghanistan et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) avait eu lieu à Téhéran, du 15 au 16 juin dernier, en précisant que différents moyens d’assurer un retour en toute sécurité des réfugiés avaient été envisagés et que des accords y avaient été conclus.  Enfin, le représentant s’est félicité des initiatives prises par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et des autorités afghanes en vue d’éliminer les champs de culture du pavot.


« Au cours des 12 dernières années, l’Espagne a été, de manière continue, l’un des principaux pays contributeurs de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) », a souligné son représentant, M. FERNANDO ARIAS (Espagne).  « Nous sommes actuellement dans la phase de retrait de nos troupes, a-t-il dit, en précisant que 900 hommes se trouvaient encore en Afghanistan, notamment dans les provinces d’Hérat, de Badghis ou à Kaboul. »  Se félicitant de la manière dont progresse la transition dans le pays, il a assuré que son pays resterait engagé auprès des autorités afghanes dans des activités de conseil, de formation et d’appui des forces sécuritaires jusqu’à la fin de ce processus.


Le mois de juillet 2013 marquera la fin de sept années d’une « présence positive » de la coopération espagnole en Afghanistan, a rappelé le représentant.  Il a affirmé que cette coopération espagnole se poursuivra par le biais de projets multilatéraux.  « 2012 a été l’année de grands rendez-vous internationaux pour l’Afghanistan et 2013, celle du bilan de ces réalisations, a-t-il souligné, en précisant qu’elle jettera aussi les bases pour l’après-2014 ».


Dans le domaine de la coopération régionale, M. Arias s’est dit heureux de constater que la mise en œuvre du Processus d’Istanbul, qui promeut la paix et la stabilité régionales, continue d’avancer.  Le Gouvernement afghan, tandis que les bases de la viabilité économique et financière du pays sont posées, doit poursuivre la réalisation de ses engagements, a-t-il rappelé.  Le représentant de l’Espagne a estimé que les élections du 5 avril 2014 seraient une « preuve importante de la capacité d’organisation logistique » du Gouvernement.  Les autorités afghanes, a-t-il souligné, ont la responsabilité de garantir des élections transparentes, dont le résultat serait accepté par le peuple.  M. Arias a également salué le rôle central et impartial que l’ONU joue dans la promotion de la paix et de la stabilité et a appuyé tous les efforts visant à la réconciliation des Afghans, en dépit d’importantes résistances.


Mme INESE FREIMANE-DEKSNE (Lettonie) a mis l’accent sur la coopération régionale, qui est essentielle, a-t-elle dit, pour assurer la stabilité à long terme et le développement économique en Afghanistan.  Pour la représentante de la Lettonie, la mise en œuvre des plans de mesures de confiance entre l’Afghanistan et ses pays voisins constitue une base solide pour la poursuite de la coopération au niveau régional.  Mme Freimane-Deksne a affirmé que la Lettonie participait activement au processus « Cœur de l’Asie » et étudiait les possibilités de soutenir la mise en œuvre des mesures de confiance pour l’infrastructure régionale, dirigée conjointement par l’Azerbaïdjan et le Turkménistan. 


L’Afghanistan et l’Asie centrale sont situés sur d’anciennes routes commerciales, et leur implication dans les processus économiques et commerciaux internationaux est essentielle pour la sécurité, la stabilité et le développement de l’Afghanistan et de toute la région, a indiqué la représentante de la Lettonie, en soulignant que, dans cette perspective, les 11 et 12, son pays avait organisé un atelier annuel de haut niveau, ayant réuni plus de 220 représentants gouvernementaux, experts en politique étrangère et représentants d’entreprises de transport et logistique de pays d’Asie centrale et du Caucase du Sud, d’Afghanistan, des États-Unis, de la Fédération de Russie, d’Inde, du Pakistan, du Qatar et d’autres, ainsi que des représentants de l’ONU.


M. MASUD HUSAIN (Canada) s’est particulièrement inquiété de la sécurité des civils et des travailleurs humanitaires en Afghanistan.  Il a dit l’importance de la réunion que les hauts responsables tiendront le 3 juillet pour faire le bilan, un an après l’adoption du Cadre de Tokyo.  Mettant l’accent sur trois des engagements de ce cadre, le représentant du Canada a exhorté le Gouvernement afghan à se concentrer sur la pleine mise en œuvre de la loi sur l’élimination de la violence contre les femmes qui a fait, ces dernières semaines, l’objet de nombreuses discussions.  Il a souligné la nécessité pour le pays de pouvoir disposer de juges qui comprennent bien la loi et qui sont prêts à prononcer des sentences, en conformité avec l’esprit de cette loi.  Il est essentiel que le Gouvernement afghan fasse preuve de son engagement le plus sérieux à l’égard de la mise en place d’un processus électoral solide.  Il faudrait notamment, a-t-il précisé, parvenir à l’établissement d’un mécanisme crédible pour régler les éventuels litiges électoraux et la mise en place de lois qui prévoient la nomination de personnes compétentes auprès de cet organisme et de la Commission électorale indépendante.  L’application d’un processus d’examen des candidats, la préservation de la liberté et l’indépendance des médias et la participation de la société civile sont autant d’aspects qui doivent occuper une place prépondérante tout au long du processus, a insisté le représentant du Canada.  En outre, il a indiqué que le Canada s’orientera résolument dans la promotion de la responsabilité financière et la lutte contre la corruption en Afghanistan qui nuit à la croissance inclusive et à l’intérêt des donateurs.  


Par ailleurs, le représentant du Canada a déclaré qu’une réconciliation qui ne passerait pas par la consécration des droits des femmes, la promotion d’une démocratie constitutionnelle ou la lutte contre la corruption systématique ne saurait être considérée comme une véritable réconciliation.  Il a salué la détermination du peuple afghan, en se félicitant particulièrement de l’émergence d’organisations nationales de la jeune société civile, qui a de plus en plus confiance en ses capacités.  « Nous pouvons ainsi envisager l’avènement d’une solution de rechange aux seigneurs de la guerre et aux fondamentalistes, si, au sein de la communauté internationale, nous nous tenons aux côtés des institutions que la jeunesse afghane est en train d’édifier elle-même », a estimé M. Husain.


M. MIGUEL BERGER (Allemagne) a salué les progrès intervenus dans la prise en charge par les forces de sécurité afghanes de la responsabilité de la sécurité sur l’ensemble du pays.  Il a salué la déclaration, adoptée à Almaty, qui a imprimé un nouvel élan au Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionale.  Il a indiqué que l’Allemagne saluait l’adoption des plans de mise en œuvre de six mesures de confiance concernant les six domaines prioritaires approuvés en juin 2012 et que son pays attendait beaucoup de la prochaine réunion ministérielle prévue en Chine en 2014 sur cette question.  M. Berger s’est aussi félicité des progrès réalisés par le Gouvernement afghan dans la préparation de l’élection présidentielle du 5 avril 2014, tout en soulignant qu’il était urgent de réaliser d’autres avancées comme la nomination d’un président de la Commission électorale indépendante et la création d’un mécanisme crédible de suivi des plaintes électorales.


Le représentant a encouragé les autorités afghanes à prendre des mesures décisives pour permettre l’adoption d’une loi minière, qui est indispensable pour favoriser les investissements dans ce secteur.  Il a également estimé que le Président de la Cour suprême devrait être nommé en accord avec la Constitution.  Il a déclaré attendre avec intérêt la tenue de la réunion que les hauts responsables tiendront le 3 juillet pour faire le bilan un an après l’adoption du Cadre de Tokyo.  Il s’est félicité de l’annonce faite, le 18 juin, de l’ouverture d’un bureau de représentation politique des Taliban à Doha, au Qatar, en vue d’engager des pourparlers entre les Taliban et le Haut Conseil pour la paix afghan.  Il a fait remarquer que tout dépendait maintenant de la volonté des interlocuteurs afghans de s’engager vers de réelles négociations.  Il faudrait, a-t-il insisté, mettre en œuvre des engagements mutuels pris en vertu du Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo,  


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