16/4/2013
Conseil de sécurité
CS/10973

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Conseil de sécurité                                        

6947e séance – matin


LE SOUS-SECRÉTAIRE GÉNÉRAL AUX OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX SOULIGNE

LES PROGRÈS IMPORTANTS RÉALISÉS EN CÔTE D’IVOIRE


Le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, M. Edmond Mulet, a fait état, ce matin devant le Conseil de sécurité, des progrès importants enregistrés en Côte d’Ivoire, en particulier en ce qui concerne la situation en matière de sécurité.


« La Côte d’Ivoire a fait de grands progrès depuis la crise postélectorale et est ainsi entrée dans une nouvelle phase de consolidation de la paix obtenue au prix d’efforts considérables », a déclaré M. Mulet, qui présentait le rapport spécial* du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon.


Dans son rapport, qui contient les conclusions de la mission d’évaluation pluridisciplinaire en Côte d’Ivoire que M. Mulet a conduite du 4 au 16 février, le Secrétaire général évalue les progrès accomplis sur la voie de la stabilité à long terme du pays et formule des recommandations concernant les éventuelles modifications de la structure et des effectifs de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), les moyens de renforcer les mécanismes de coopération entre l’ONUCI et la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), et l’état de la mise en œuvre de la stratégie en matière de protection des civils.


« Les avancées réalisées au cours de ces deux dernières années montrent que la Côte d’Ivoire peut retrouver le rôle historique qu’elle joue comme point d’ancrage de la stabilité et de la prospérité dans la sous-région », écrit-il notamment, en se félicitant des avancées réalisées.


Néanmoins, souligne M. Ban dans son rapport, « la Côte d’Ivoire fait toujours face à des menaces graves auxquelles il faut remédier pour assurer durablement la stabilité ».  « Le désarmement et la réintégration des ex-combattants des deux camps politiques, qui demeurent essentiels pour dissiper une grave menace contre la paix durable dans le pays, seront une gageure », ajoute-t-il.


Pour M. Mulet, « l’instabilité récente dans l’ouest du pays le long de la frontière avec le Libéria illustre la fragilité de la situation ».


Le Sous-Secrétaire général précise que le rapport mentionne la décision prise par le Président de la Côte d’Ivoire, M. Alassane Ouattara, en vue de « faire face aux défis sécuritaires immédiats, pour accélérer le rétablissement économique et pour enclencher les processus délicats, tels que le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR), ainsi que la réforme du secteur de la sécurité ».


« Bien qu’il existe toujours des défis considérables, la situation sécuritaire dans la zone frontalière avec le Libéria a connu une amélioration sensible, à la suite des efforts au plus haut niveau, accompagnée d’une coopération fructueuse entre Abidjan et Monrovia à plusieurs niveaux, y compris pour le déploiement de leurs forces de sécurité nationales le long de la frontière », a-t-il expliqué, en ajoutant que l’amélioration des relations bilatérales entre la Côte d’Ivoire et le Ghana avait également eu un « impact positif », en particulier le long de leur frontière commune.


M. Mulet a rappelé, par ailleurs, que les élections locales se tiendront le dimanche 21 avril.  Les préparatifs sont en cours et l’ONUCI y fournit un appui limité, a-t-il dit.  La campagne électorale, qui s’est ouverte le 6 avril, est menée de manière « relativement pacifique », a-t-il précisé, en ajoutant que le parti présidentiel, le Rassemblement des Républicains (RDR), et celui de l’ancien Président Henri Konan Bédié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), avaient appelé leurs candidats à respecter le Code de bonne conduite.


De son côté, l’ancien parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien (FPI), a décidé de ne pas participer aux élections, en dépit des efforts l’encourageant à occuper un espace politique légitime, a-t-il dit.


Enfin, le Sous-Secrétaire général a réaffirmé la nécessité de traduire en justice ceux qui sont accusés d’avoir perpétré des crimes graves, « sans égard à leur statut ou à leur affiliation politique, pour mettre fin au cycle vicieux d’impunité et pour construire une culture de responsabilité ».


« Il faut aussi intensifier les efforts pour promouvoir la réconciliation au niveau des communautés et pour traiter les causes profondes du conflit dans le pays », a conclu M. Mulet.


Le Représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Nations Unies, M. Youssoufou Bamba, a détaillé les « progrès considérables » accomplis par son pays sur les plans de la stabilisation de la situation sécuritaire, du dialogue politique et de la réconciliation nationale, et de la reprise économique.


Pour son gouvernement, a-t-il assuré, le niveau actuel de l’effectif des troupes de l’ONUCI est « bon ».  M. Bamba a cependant indiqué que la Côte d’Ivoire souhaite que dans le cas où les réductions prévues seraient effectuées, le retrait des Casques bleus soit compensé par le déploiement de ressources qualitatives, telles que des drones de surveillance dans la zone frontalière entre la Côte d’Ivoire et le Libéria ».


Comme l’a rappelé M. Mulet dans son exposé, le Secrétaire général recommande, dans son rapport, de réduire l’effectif militaire autorisé de l’ONUCI, comme l’avait précédemment décidé le Conseil de sécurité, en rapatriant au moins un bataillon d’ici au 31 juillet 2013. 


Parallèlement, il recommande une réduction progressive de deux autres bataillons d’ici à la mi-2015.  Aucune réduction n’est recommandée pour la composante police de l’ONUCI, bien que des ajustements doivent être apportés dans les limites de l’actuel effectif maximum autorisé.


* S/2013/197


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