24/01/2013
Conseil de sécurité
CS/10898

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Conseil de sécurité

6909e séance – matin


LE CHEF DU BUREAU DES NATIONS UNIES AU BURUNDI SOULIGNE LES PROGRÈS

DU PAYS EN MATIÈRE DE CONSOLIDATION DE LA PAIX


Le Burundi souhaite un « nouveau cadre de coopération avec l’ONU », souligne son représentant


Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB), M. Parfait Onanga-Anyanga, a souligné, ce matin devant le Conseil de sécurité, les progrès réalisés par le pays en matière de consolidation de la paix, dans les domaines du processus démocratique, de la sécurité et de la stabilité, de la gouvernance et de l’infrastructure institutionnelle, de l’état de droit, des droits de l’homme et du développement économique et social.


« Jamais auparavant, le Burundi n’a connu une période aussi longue et ininterrompue d’expérience démocratique et de stabilité », a déclaré M. Onanga-Anyanga, qui présentait le rapport* du Secrétaire général sur le BNUB.


De son côté, le délégué du Burundi, M. Albert Shingiro, qui a invité la communauté internationale à tenir compte des « avancées significatives » obtenues dans son pays, a exprimé le souhait de son gouvernement de passer à un « nouveau cadre de coopération avec l’ONU en procédant à la transformation progressive du BNUB en une nouvelle équipe pays des Nations Unies au Burundi ». 


« Pour mener à bien cette transformation, une période d’un an est plus que suffisante », a-t-il déclaré, en notant que l’équipe pays « pourrait continuer à coopérer avec le Gouvernement du Burundi dans les secteurs clefs, notamment la gouvernance démocratique, la lutte contre la corruption, la réforme du secteur de la sécurité, la justice, la promotion et la protection des droits de l’homme ».


Dans son rapport, M. Ban Ki-moon recommande que le mandat du Bureau soit prorogé d’un an, conformément aux vues exprimées par le Gouvernement du Burundi dans la note verbale qu’il lui a adressée le 24 décembre 2012.


Dans le courant de l’année, le Secrétaire général a l’intention de déployer sur le terrain une mission en vue de déterminer l’action qui sera menée à l’avenir par les Nations Unies au Burundi, dont les résultats figureront dans son prochain rapport au Conseil. 


L’objectif, précise M. Ban dans son rapport, est de « transformer le BNUB en une équipe de pays des Nations Unies aussi rapidement que les conditions le permettront ».  Il a ainsi chargé son Représentant spécial de « continuer à aider le Gouvernement burundais à établir les critères attendus par le Conseil et, surtout, par les Burundais ».


Son Représentant spécial a expliqué devant le Conseil que le processus démocratique burundais se renforçait, « même si l’impact du boycott des élections de 2010 se fait toujours sentir ».  « La majorité des institutions les plus importantes ont continué de s’améliorer et de s’acquitter de leurs responsabilités avec une confiance et une efficacité accrues », a-t-il précisé.


M. Onanga-Anyanga a également mis l’accent sur le « niveau remarquable de sécurité et de stabilité » atteint dans le pays, en grande partie grâce au « succès de la réforme de l’armée burundaise » et à une « professionnalisation croissante ».


Il a néanmoins constaté que la réalisation d’un processus de justice transitionnelle répondant au double objectif de la réconciliation et de la justice demeurait « une tâche essentielle mais encore inachevée des Accords d’Arusha ».  « Le système judiciaire reste, lui aussi, confronté à des défis considérables », a-t-il par ailleurs estimé.


Concernant la gouvernance et le renforcement des institutions, les progrès ont été « considérables », et ont permis une « amélioration continue des mécanismes de lutte contre la corruption et de renforcement de la responsabilisation des institutions », a-t-il observé.


« La situation des droits de l’homme a montré des signes encourageants d’amélioration en 2012 par rapport aux deux années précédentes », a en outre souligné le Chef du BNUB, en évoquant une diminution significative du nombre d’exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, de meurtres pouvant être considérés comme ayant été politiquement motivés et de cas de tortures.


Enfin, en matière de développement économique et social, domaine auquel le Gouvernement burundais « accorde aujourd’hui la plus grande priorité », des « défis majeurs » persistent et nécessitent, selon lui, des « efforts concertés » de la part de la communauté internationale.


Ainsi, le représentant de la Suisse, qui préside la Formation de la Commission de consolidation de la paix (CCP) sur le Burundi, M. Paul Seger, a lancé un appel urgent à tous les donateurs pour qu’ils envisagent sérieusement d’augmenter la partie de leur aide au développement sous la forme d’un financement budgétaire. 


En effet, compte tenu de son environnement économique et financier difficile, a prévenu M. Seger, le Burundi risque de rencontrer des problèmes considérables pour couvrir ses dépenses budgétaires, même les plus essentielles. 


Dans son exposé, il a notamment rendu compte de son voyage récent à Bujumbura, du 14 au 16 janvier dernier, au cours duquel il a rencontré les principales parties prenantes, et dont l’objectif était à la fois de discuter de la forme que prendrait l’engagement de la formation au Burundi et d’effectuer un suivi de la Conférence de Genève.


Cette conférence, qui s’est tenue les 29 et 30 octobre 2012, et dont le but était de promouvoir le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté de deuxième génération du Burundi (CSLP-II), a été « couronnée de succès », s’est-il félicité.  Elle a constitué une « étape charnière vers le renforcement et l’institutionnalisation, sur la base du CSLP-II, du partenariat entre le Gouvernement du Burundi et l’ensemble de ses partenaires internationaux, anciens et nouveaux ».


Selon M. Seger, la Formation Burundi de la Commission de consolidation de la paix doit continuer à « concentrer ses efforts sur les dimensions de coopération précédentes, à savoir: le traitement du passé (réconciliation nationale et justice traditionnelle), l’élargissement de l’espace politique et de la culture démocratique (dialogue politique, retour des opposants en exil, élections 2015), l’état de droit (droits de l’homme et réforme de la justice) et la bonne gouvernance (lutte contre la corruption et promotion de la transparence) ».


La Commission de consolidation de la paix peut, dans l’ensemble de ces quatre domaines, où des progrès sont « indispensables », proposer une « importante plateforme de dialogue et d’échanges » de manière à soutenir les efforts d’autres acteurs tels que le BNUB ou le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).


M. Seger a estimé que l’année 2013 serait « décisive pour la consolidation de la paix en vue des élections de 2015 ».  « Un climat inclusif et ouvert sera crucial pour le retour vers une vraie démocratie multipartite », a-t-il dit.


Le délégué du Burundi a, quant à lui, assuré que son pays avait « enregistré des progrès significatifs dans le renforcement de la démocratie et le règlement des différends politiques à travers le dialogue inclusif ». 


Il a en particulier cité l’organisation des élections « justes, libres et démocratiques » en 2010, la promulgation d’une loi régissant l’opposition et la nomination, « sur une base consensuelle », des membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en vue du scrutin de 2015.


Dans le domaine de la sécurité et de la stabilité, le Gouvernement du Burundi, a poursuivi M. Shingiro, a « continué à œuvrer pour ses Forces de défense et de sécurité plus professionnelles ».  Le représentant burundais a également fait état des mesures prises pour renforcer la bonne gouvernance et les institutions nationales, la lutte contre la corruption, l’état de droit, le respect des droits de l’homme, l’intégration régionale et le développement économique et social du pays.


Enfin, le représentant a assuré que son gouvernement souhaitait un « engagement plus souple » de la part de la Commission de consolidation de la paix, en tenant compte du contexte du CSLP-II et de l’évolution de la situation au Burundi.


* S/2013/36


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