25/11/2013
Assemblée générale
AG/SHC/4093

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Troisième Commission

50e séance – matin


LA TROISIÈME COMMISSION RECOMMANDE D’ENVISAGER DE NOUVEAUX MOYENS D’ASSOCIER LES JEUNES AUX MÉCANISMES DE DÉCISION


L’urgence pour les États Membres d’envisager de nouveaux moyens d’associer les jeunes aux mécanismes de décision, a été mise en exergue, aujourd’hui dans l’une des trois résolutions approuvées, sans vote, par la Troisième Commission chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles dont les travaux s’achèvent dans deux jours.


Il s’agit notamment de mécanismes visant à « élaborer et à mettre en œuvre des politiques, des programmes et des initiatives, et à l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015 ».


Dans le projet de résolution sur les politiques et programmes mobilisant les jeunes*, l’Assemblée engagerait vivement les États Membres et les organismes des Nations Unies, à envisager, en consultation avec les organisations dirigées par des jeunes, de « nouveaux moyens d’associer de façon pleine, efficace, structurée et durable les jeunes et les organisations qu’ils dirigent aux mécanismes de décision ».


L’Assemblée accueillerait le Programme d’action quinquennal du Secrétaire général, dans lequel ce dernier considère que « travailler avec les femmes et les jeunes, et pour eux, fait partie des cinq impératifs et perspectives de notre époque ».


Dans le Programme d’action, le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, qui avait fait de la jeunesse l’une des grandes priorités de son second mandat, proposait de nommer un envoyé pour la jeunesse.  Désigné en février dernier, M. Ahmad Alhendawi, de la Jordanie, est chargé de mieux faire représenter les voix des jeunes au sein des Nations Unies.


Le Programme d’action quinquennal proposait, en outre, d’élaborer un plan d’action en faveur de la jeunesse associant l’ensemble des organismes des Nations Unies et de créer, dans le système des Nations Unies, un dispositif relatif au volontariat des jeunes.


À l’issue de l’adoption par consensus du projet de résolution, nombre de délégations ont fait des déclarations regrettant l’omission d’un paragraphe sur la famille et insistant sur le rôle capital de celle-ci. 


Dans le deuxième texte, relatif au renforcement de la coopération internationale dans le domaine des droits de l’homme**, l’Assemblée estimerait que, outre leurs responsabilités vis-à-vis de leur propre société, les États ont « collectivement le devoir de faire respecter les principes de la dignité humaine, de l’égalité et de l’équité à l’échelle de la planète ».


Elle demanderait aux États, entre autres, de prendre les mesures nécessaires pour renforcer la coopération bilatérale, régionale et internationale en vue de contrer les effets négatifs de crises mondiales consécutives qui s’aggravent mutuellement, telles que les crises financières et économiques, les crises alimentaires, les changements climatiques et les catastrophes naturelles, sur le plein exercice des droits de l’homme.


L’Assemblée se féliciterait, aux termes du troisième projet de résolution approuvé ce matin, de la tenue, le 28 mai 2013, de la deuxième réunion des États parties à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.


Elle saluerait en outre le fait que 93 États l’aient signée et que 41 l’aient ratifiée ou y aient adhéré.


L’Assemblée demanderait au Secrétaire général et à la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme de redoubler d’efforts intenses qu’ils déploient pour aider les États à devenir parties à cet instrument en vue de parvenir à l’adhésion universelle.


Un projet de résolution relatif au rapport du Conseil des droits de l’homme a en outre été présenté.


La Troisième Commission poursuivra ses travaux demain pour se prononcer sur d’autres projets de résolution.


* A/C.3/68/L.10/Rev.1

** A/C.3/68/L.37

*** A/C.3/68/L.44


DÉVELOPPEMENT SOCIAL


--    Développement social, y compris les questions relatives à la situation sociale dans le monde et aux jeunes, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille [point 27 b)]


Décision sur le projet de résolution A/C.3/68/L.10/Rev.1


Aux termes d’un projet de résolution sur les politiques et programmes mobilisant les jeunes (A/C.3/68/L.10/Rev.1), adopté par consensus, l’Assemblée générale engagerait vivement les États Membres et les organismes des Nations Unies à envisager, en consultation avec les organisations dirigées par des jeunes, de nouveaux moyens d’associer, de façon pleine, efficace, structurée et durable les jeunes et les organisations qu’ils dirigent aux mécanismes de décision, notamment ceux visant à élaborer et à mettre en œuvre des politiques, des programmes et des initiatives, et à l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.


Elle exhorterait les États Membres à réagir face aux taux élevés du chômage et du sous-emploi des jeunes ainsi qu’au nombre important de jeunes qui occupent des emplois précaires ou dans l’économie parallèle, en élaborant et en mettant en œuvre des politiques nationales ciblées et intégrées.


Elle demanderait aux États Membres qui le souhaitent d’examiner les indicateurs proposés par le Secrétaire général dans son rapport, en vue d’en choisir certains et de les adapter aux activités de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre du Programme d’action mondial pour la jeunesse.


Elle leur demanderait ainsi d’accorder une attention particulière aux jeunes femmes et aux groupes marginalisés, y compris les jeunes autochtones, les jeunes ruraux, les jeunes handicapés et les jeunes migrants, compte tenu du contexte national, social et économique de chaque pays.


L’Assemblée exhorterait les États Membres à prendre, dans le respect du droit international, des mesures efficaces visant à protéger les jeunes touchés par le terrorisme et l’incitation au terrorisme, ou exploités à cette fin.


Présentation du projet de résolution


Le Portugal, au nom des principaux auteurs, la République de Moldova et le Sénégal, a indiqué que les jeunes représentaient un quart de la population mondiale et que le texte soumis à l’examen de la Commission ne se concentrait pas sur une région en particulier mais tentait d’offrir une plate-forme utile pour le développement national, régional et international. 


Aujourd’hui, les jeunes se heurtent à des défis considérables pour trouver un emploi décent mais cette question est liée à d’autres grands dossiers, tel qu’énoncé dans le Programme mondial d’action pour les jeunes, dont les actions sont interdépendantes. 


Le projet de résolution rappelle fermement les problématiques sociales qui ont des effets directs sur les jeunes, comme l’éducation, la malnutrition et la faim, la pauvreté, l’abus des stupéfiants et l’accès à la santé.  Il a salué la participation d’un grand nombre de jeunes à la formulation de ce texte, ce qui revitalise les négociations.


La négociation sur le projet a été ardue car il touche au tissu de la société et à de nombreuses questions délicates.  Cependant, il représente un texte équilibré qu’il serait opportun d’adopter par consensus, a conclu le délégué.   


Déclaration d’ordre général


Le Bélarus a déclaré qu’il appréciait vivement la valeur des résolutions adoptées par consensus sur des questions sur lesquelles il existe effectivement un accord collectif ou presque.  Or, cette démarche risque de devenir préjudiciable lorsqu’on s’en sert pour occulter des sujets brûlants qu’il faudrait néanmoins aborder à titre prioritaire.


Le délégué a annoncé qu’il avait eu l’intention de demander à l’Assemblée de se prononcer sur un amendement proposé par son pays.  Les coauteurs ont en effet éludé cette proposition, ce qui a obligé le Bélarus à expliquer sa position devant la Commission.


Le représentant a indiqué que sa délégation et d’autres estimaient qu’il était urgent de résoudre la question relative à la famille.  Il est impossible de déclarer que les avancées dans la définition de la liberté sexuelle sont acceptables, a-t-il déclaré.  Il a exhorté à réfléchir aux valeurs autour de la famille et à respecter les différences.


Dans une première étape, il conviendrait d’être davantage à l’écoute et la Troisième Commission devrait entamer cet exercice, compte tenu des sujets complexes à son ordre du jour et qui touchent au tissu social même, a encore souligné le Bélarus.


Explications de vote à l’issue du vote


El Salvador, au nom de plusieurs pays, a indiqué que plus de la moitié de la population mondiale avait moins de 25 ans et que les droits des fillettes étaient souvent bafoués en raison de violences sexistes, portant ainsi atteinte à leurs droits procréatifs qui participent à la lutte contre les grossesses précoces, la mortalité maternelle et les maladies transmissibles.


Beaucoup de fillettes connaissent plus souvent la fistule obstétricale car elles accouchent à un âge précoce, a ajouté la délégation, faisant également état d’une hausse de la mortalité des nourrissons et des mutilations génitales féminines.  Défendant les droits procréatifs et sexuels, elle a indiqué que ceux-ci figuraient dans le projet de résolution. 


Les États-Unis ont relevé le caractère complexe du projet de résolution et mentionné quelques points les ayant déçus.  La représentante a mis l’accent sur l’information sur les droits reproductifs, très importants pour les jeunes.


Cependant, nombre de jeunes se heurtent à des obstacles.  Citant des statistiques sur la mortalité des jeunes filles des suites d’un accouchement ou de maladies sexuellement transmissibles, la déléguée a souligné que le respect des droits à la santé reproductive devrait être au cœur du projet de résolution.


L’observateur du Saint-Siège a rappelé que le pape François avait déclaré que l’emploi des jeunes était la question la plus vitale de l’époque.  Toutefois, l’absence d’un paragraphe traitant du rôle de la famille est une omission fâcheuse, a-t-il noté, en saluant l’effort du Bélarus d’inclure un amendement sur cette question cruciale. 


Il a estimé, par ailleurs, que le recours à l’avortement constituait une entrave grave à la vie humaine.  Il a rappelé à cet égard la position du Saint-Siège sur les droits génésiques et reproductifs lors de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), tenue au Caire. 


L’observateur a également rappelé qu’il incombait au premier chef aux parents, et non à l’État, d’inculquer des valeurs religieuses à leurs enfants et de décider du type d’éducation qu’ils désirent leur transmettre, conformément à leurs convictions.    


Le Brésil a affirmé que son gouvernement avait lancé un débat intergénérationnel au niveau national pour décider de ses politiques sur la jeunesse et que sa délégation s’était ralliée au consensus. 


La déléguée a estimé que les droits procréatifs et sexuels étaient essentiels et a salué la reconnaissance de la participation des jeunes dans le paragraphe 7 du dispositif du projet de résolution.  L’existence d’un mécanisme pour permettre aux jeunes de participer aux travaux des Nations Unies est fondamentale, a-t-elle ajouté, en appelant au renforcement de la participation des jeunes dans les différents organes onusiens.


Bahreïn, au nom des États arabes du Golfe, a indiqué que le Conseil de coopération du golfe œuvrait avec les parties prenantes pour appuyer la participation des jeunes au profit de l’avancement de leur situation.


Le Gabon, au nom du Groupe des États d’Afrique, a fait remarquer que la population de ce continent comptait près d’un milliard de personnes, dont 60% ont moins de 35 ans, un chiffre qui devrait doubler d’ici à 2050.  Or la majorité des jeunes africains se heurtent à de multiples défis, en matière d’éducation et d’emploi, sans compter qu’ils sont confrontés à la violence et aux conflits armés.


Comment offrir des débouchés à plus de 200 millions de jeunes pour leur offrir des vies décentes?  C’est la question qui se pose aux 54 États africains.  Selon le Gabon, « il est de mise d’investir dans la jeunesse ».  À cet égard, la Décennie pour le développement et l’autonomisation de la jeunesse, proclamée par les chefs d’État de l’Union africaine en 2009, est une occasion de faire progresser leur situation sur tout le continent.  En outre, la famille joue un rôle primordial dans l’éducation des jeunes en tant que cœur de la société.


Le Groupe des États d’Afrique aurait préféré un texte davantage axé sur des mesures portant sur les priorités du Programme d’action mondial pour la jeunesse: éducation, emploi, faim et pauvreté.  Il a néanmoins réitéré son plein appui au texte.


Le Nigéria a noté à quel point les jeunes importent dans les débats onusiens, pour tout ce qui touche à l’emploi, l’inclusion politique, la citoyenneté, l’éducation y compris la santé procréative.  Les investissements peuvent avoir des effets positifs sur la participation des jeunes dans le processus de prise de décisions, car 1,2 milliard de personnes doivent pouvoir sortir de la pauvreté. 


Sans l’inclusion d’un cinquième de la population mondiale, les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne seront pas réalisables.  Le Nigéria a ensuite remercié le Belarus d’avoir souligné l’importance de la famille.  Comme l’a dit Nelson Mandela, « un pays doit être jugé par la façon dont il traite ses jeunes ».


La République islamique d’Iran et le Qatar ont attaché une grande importance aux valeurs familiales.  Selon eux, le projet de résolution aurait pu être enrichi par un paragraphe sur la promotion de la famille et de ses valeurs chez les jeunes.


PROMOTION ET PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME


--    Questions relatives aux droits de l’homme, y compris les divers moyens de mieux assurer l’exercice effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales [point 69 b)]


Décision sur les projets de résolution A/C.3/68/L.37 et A/C.3/68/L.44


Par un projet de résolution consacré au renforcement de la coopération internationale dans le domaine des droits de l’homme (A/C.3/68/L.37), adopté sans vote, tel qu’oralement révisé, l’Assemblée générale exhorterait tous les acteurs intervenant sur la scène internationale à édifierun ordre international fondé sur l’ouverture, la justice, l’égalité et l’équité, la dignitéhumaine, la compréhension mutuelle ainsi que la promotion et le respect de ladiversité culturelle et des droits universels de chacun.


Elle les exhorterait également à rejeter toutes les doctrinesprônant l’exclusion qui sont fondées sur le racisme, la discrimination raciale, laxénophobie et l’intolérance qui y est associée.


L’Assemblée demanderait instammentaux États de prendre les mesures nécessaires pour renforcer la coopération bilatérale, régionale et internationale en vue de contrer les effets négatifs de crises mondiales consécutives qui s’aggravent mutuellement, telles que les crises financières et économiques, les crises alimentaires, les changements climatiques et les catastrophes naturelles, sur le plein exercice des droits de l’homme.


Déclaration après adoption


Les États-Unis ont reconnu l’importance du dialogue pour faire avancer les droits de l’homme.  Toutefois, le libellé sur la crise alimentaire mondiale continue est incorrect, car, comme cela est confirmé par les agences des Nations Unies, le monde n’est pas actuellement dans une situation de crise alimentaire.


Par un projet de résolution sur la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées (A/C.3/68/L.44), approuvé sans vote, l’Assemblée généralese féliciteraitque 93 États aient signé la Convention et que 41 l’aient ratifiéeou y aient adhéré.


Elle inviterait les États qui ne l’ont pas encore fait à envisager de lasigner, de la ratifier ou d’y adhérer à titre prioritaire ainsi qu’à envisager l’optionprévue aux articles 31 et 32 de la Convention concernant le Comité des disparitionsforcées.


L’Assemblée prendrait note avec intérêtde toutes les observations générales du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, notamment les plus récentes sur les enfants et les femmes victimes de disparitions forcées.


Présentation du projet de résolution


L’Argentine, au nom des principaux auteurs, a insisté pour que soit mis un terme à l’impunité et a rappelé que la Convention était le fruit de 25 années de discussions constantes et le premier instrument international juridiquement contraignant.


Son adoption comble un vide dans le droit international et son application rappelle que les disparitions forcées constituent un crime contre l’humanité.  Nul ne doit être détenu de façon secrète ni être soumis à une disparition forcée.   


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