11/10/2013
Assemblée générale
AG/SHC/4069

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Troisième Commission

9e et 10e séances – matin et après-midi


LE XXIe SIÈCLE DOIT ÊTRE LE « SIÈCLE DES FEMMES », ASSURE LA NOUVELLE DIRECTRICE EXÉCUTIVE CHARGÉE D’ONU-FEMMES


« L’heure de l’action a sonné! »  La nouvelle Directrice exécutive chargée de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, a ouvert, aujourd’hui, le débat de la Troisième Commission (questions sociales, humanitaires et culturelles) sur la promotion de la femme en appelant à des stratégies globales pour faire tomber les barrières qui empêchent les femmes d’utiliser leur plein potentiel.


« En agissant ensemble pour l’autonomisation, nous pouvons faire du XXIe siècle le siècle des femmes » et accomplir l’une des promesses de la Charte des Nations Unies: l’égalité des sexes, a-t-elle déclaré.


« Tous les processus intergouvernementaux ont un rôle critique à jouer pour faire de l’égalité des sexes une réalité », a souligné la Secrétaire générale adjointe, en invoquant la réflexion actuelle sur le programme de développement pour l’après-2015. 


« Beijing + 20 est un appel à l’accélération de la mise en œuvre des engagements pris il y a quasiment 20 ans », a expliqué Mme Mlambo-Ngcuka, qui a remplacé, cet été, Mme Michelle Bachelet à la tête d’ONU-Femmes.


Par ailleurs, la Secrétaire générale adjointe a indiqué que des actions étaient en cours pour dire « ça suffit » à la violence à l’égard des femmes et des filles car, selon elle, « tant que cette forme de violence existera, il ne pourra jamais y avoir d’égalité ».


« Nous avons besoin que vous teniez vos engagements », a, de son côté, instamment demandé aux États Membres la Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, Mme Nicole Ameline. 


Elle a ensuite transmis le vœu des membres du Comité pour qu’un objectif spécifique soit réservé à l’égalité des sexes, aux droits et à l’autonomisation des femmes dans le programme de développement pour l’après-2015.


Pour la Présidente du Comité, « il n’y a pas de développement sans les droits des femmes, et vice-versa ».


Partant de ce constat, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, entrée en vigueur en 1981 et ratifiée à ce jour par 187 États, est « une source de fierté et d’inspiration pour toute l’humanité », a affirmé Mme Ameline.


Le Comité et ONU-Femmes ont décidé, en juillet dernier, de la constitution d’un groupe de travail conjoint aux fins de coordination.


Dix-huit ans après la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, tenue en septembre 1995 à Beijing, les intervenants ont résolument plaidé en faveur d’un approfondissement de la coordination internationale pour bâtir sur les résultats obtenus et mettre fin, une fois pour toutes, aux multiples formes de violence à l’égard des femmes et des fillettes.


La Ministre de l’égalité des sexes et de la famille de la République de Corée, Mme Yoon Sun Cho, a mis l’accent sur la nécessité absolue pour la communauté internationale de faire cesser la violence sexuelle à l’égard des femmes dans les régions de conflit armé. 


Elle a rappelé la responsabilité des gouvernements d’enquêter et de poursuivre en justice ou de livrer pour jugement toute personne accusée de ces crimes, quelle qu’en soit la nationalité, comme le stipule la Déclaration adoptée le 11 avril 2011 à Londres par le G-8 sur la prévention des violences sexuelles dans les zones de conflit. 


Quant à la Ministre de la condition féminine du Canada, Mme K. Kellie Leitch, dont le pays a consacré plus de 13 milliards de dollars à l’élimination de la violence sexuelle, elle a jugé urgent de mettre fin aux mariages forcés.  Elle a ainsi rappelé que, selon les estimations, une fille sur trois dans les pays en développement était mariée avant l’âge de 18 ans. 


Mme Leitch a également annoncé que le Canada travaillait, avec ses partenaires, à l’adoption par l’Assemblée générale d’une résolution pionnière sur le mariage précoce et forcé des enfants.


Les lacunes dans la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing ont un effet négatif sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a observé, pour sa part, la Vice-Ministre des affaires étrangères de la Sierra Leone, Mme Ebun Jusu, qui a préconisé un renforcement de la coopération internationale et des partenariats mondiaux afin d’assurer un progrès constant en la matière.


La Troisième Commission poursuivra son débat sur la promotion de la femme lundi 14 octobre, à 10 heures. 


PROMOTION DE LA FEMME (A/68/121) [point 28]


--    Promotion de la femme (A/68/38, A/68/178, A/68/179, A/68/184 et A/68/340)


--    Suite donnée aux textes issus de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes et de la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale (A/68/175)


Déclaration liminaire, suivie d’une séance de questions


Mme PHUMZILE MLAMBO-NGCUKA, Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive chargée de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), qui s’adressait pour la première fois devant la Commission, a déclaré que l’objectif était de concrétiser les promesses de la Charte des Nations Unies à savoir atteindre l’égalité des sexes.  Des actions sont en cours pour dire « ça suffit » en ce qui concerne la violence à l’égard des femmes et des filles, a-t-elle déclaré.  Selon elle, tant que cette forme de violence existera, il ne pourra jamais y avoir d’égalité.


« En agissant ensemble pour l’autonomisation, nous pouvons faire du XXI siècle le siècle des femmes », a-t-elle proposé.  Dans ce but, l’éducation est un droit fondamental et le meilleur outil pour réduire la pauvreté au sein des familles.  « L’éducation est véritablement l’arme absolue pour atteindre nos objectifs et pourtant beaucoup d’enfants n’y ont pas accès », a-t-elle dit.


Mme Mlambo-Ngcuka a indiqué avoir lancé une nouvelle initiative conjointe avec l’Association mondiale des jeunes filles scouts pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des fillettes, l’une des violations des droits de l’homme aujourd’hui les plus courantes.  La compréhension du caractère intolérable de cette violence est très importante, dès le plus jeune âge, a souligné la Secrétaire générale adjointe.


Renvoyant aux rapports du Secrétaire général soumis au titre de la promotion de la femme, elle a indiqué qu’ONU-Femmes entendait œuvrer, en outre, en faveur des droits des travailleuses migrantes, souvent victimes de violations et de violence aux mains de plusieurs acteurs, y compris leurs employeurs.  Il faut intensifier l’application effective de tous les instruments en la matière, en particulier celle de la Convention nº 189 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les travailleuses et travailleurs domestiques. 


À la veille de la Journée internationale des femmes rurales, la Directrice exécutive chargée d’ONU-Femmes a salué l’action du Secrétaire général sur cette question et a plaidé pour la pleine participation des femmes rurales à la vie sociale, économique et politique.  Il est temps d’apporter des réformes juridiques pour que les femmes soient propriétaires des terres sur lesquelles elles travaillent et pour leur plein accès à l’éducation, à l’emploi, à la formation professionnelle, aux soins de santé et à l’assurance médicale, entre autres.


Ce faisant, il faudra aussi veiller à la préservation de l’environnement dans lequel elles vivent et travaillent, ainsi qu’à la réduction de leur fardeau de travail non rémunéré.


Les femmes occupent un cinquième des sièges parlementaires dans le monde mais les chiffres diffèrent d’une région à l’autre, de même que seules huit femmes sont chefs d’État ou de gouvernement, a-t-elle constaté.  Les quotas électoraux ont été adoptés par 64 pays dans les dernières décennies et se sont avérés très efficaces pour réduire le fossé.  L’accès au crédit est aussi une forme d’accès au pouvoir.


La Secrétaire générale adjointe a appelé à des stratégies globales pour faire tomber les barrières qui empêchent les femmes d’utiliser leur plein potentiel.  Beijing + 20 est un appel à l’accélération de la mise en œuvre des engagements pris il y a quasiment 20 ans, a-t-elle souligné.  L’heure de l’action a sonné, a-t-elle dit.


Il convient en conséquence de placer les droits des femmes et des filles au cœur de stratégies de lutte contre la pauvreté, de la promotion de la paix et de la sécurité et du développement durable, a-t-elle dit, en affirmant que l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes devaient être considérées comme des objectifs de tout nouveau cadre de développement.


Tous les processus intergouvernementaux ont un rôle critique à jouer pour faire de l’égalité des sexes une réalité, ce qui doit représenter un objectif commun à tous les niveaux.  Ensemble nous pourrons faire en sorte que le XXIe siècle soit le siècle des femmes fondé sur une vision d’égalité et de dignité pour tous, a-t-elle insisté.  


Séance de questions


À la représentante de la Suisse qui l’interrogeait sur l’intégration du Programme d’action de Beijing au programme de développement pour l’après-2015, la Directrice exécutive chargée d’ONU-Femmes a répondu que l’Entité était déjà engagée sur cette question.  ONU-Femmes a publié un document de position qui met en avant la raison pour laquelle la promotion de la femme doit figurer dans ce programme.  À cette fin, elle travaille en étroite collaboration avec les agences du système, les États Membres et la société civile.


Mme Mlambo-Ngcuka a ensuite reconnu que la participation effective des jeunes garçons et des hommes était un facteur essentiel pour préparer l’après-2015.  ONU-Femmes s’efforce d’identifier des personnalités masculines dans divers domaines qui peuvent s’exprimer au sujet de la violence contre les femmes.


Comme le Liechtenstein, elle a considéré qu’il fallait fixer des objectifs précis relatifs à la participation des femmes et, par exemple, identifier les candidates à la vie politique.


La représentante de la République islamique d’Iran a ensuite demandé à Mme Mlambo-Ngcuka comment elle entendait intégrer une approche fondée sur la famille « pour respecter les valeurs divines » dans le cadre d’ONU-Femmes.


La Directrice exécutive a assuré la représentante que son entité travaillait dans le cadre des normes internationales existantes pour les femmes et les jeunes filles, et avec le soutien d’organismes confessionnels, de chefs traditionnels et de chefs de famille, même s’il n’existe pas de solution unique.


Enfin, s’adressant au représentant de la Mauritanie, elle a reconnu que des progrès avaient été accomplis en milieu rural.  Toutefois, une femme sur trois sera victime de violences, ce qui est « une statistique très sombre ».  En marge de l’Assemblée générale, a-t-elle rappelé sur une note positive, des pays ont discuté au niveau présidentiel de la question de la mutilation génitale des femmes.  Il faut poursuivre les efforts, a-t-elle conclu.


Mme NICOLE AMELINE, Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, a rappelé, dans ses réponses, que l’impératif était d’aller vers l’universalisation de la Convention, en insistant sur la levée des ressources dans les semaines et les mois qui viennent.  Il est tout à fait clair que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes est la référence universelle sur les questions relatives aux droits des femmes.


La présence du Comité aux côtés de la Directrice exécutive chargée d’ONU-Femmes montre à quel point il est nécessaire de coordonner et d’opérationnaliser le système des Nations Unies sur la promotion de la femme.  Ne pas avoir d’objectifs spécifiques dans l’après-2015 ce serait passer à côté d’une nécessité impérative.


Le Comité a modernisé ses méthodes de travail et rationalisé son temps de réunion, dans le souci d’une gestion très économe.  Un certain nombre de propositions ont été appliquées comme la réduction du nombre de pages des rapports et le Comité va vers l’utilisation croissante des technologies de l’information.  La présence à New York est l’occasion d’être mieux associé à la Convention et à la mise en place d’outils numériques qui permettraient aux États d’avoir une appréhension pratique de préparation des rapports.


Le rôle du Comité est avant tout un rôle de conseil et il est évident qu’il faut être plus en contact avec les États Membres car cette année est cruciale pour la promotion de la femme, dans le cadre du futur programme de développement pour l’après-2015.  Enfin, il faut faire en sorte que les bonnes pratiques soient mieux diffusées et que les États bénéficient d’un éclairage pratique car les recommandations, tant de la Convention que du Comité, constituent une véritable feuille de route pour la lutte contre toutes les formes de stéréotypes qui constituent un frein à l’autonomisation de la femme et de la fille.


L’intérêt de la Convention est qu’il faille agir sur tous les aspects des droits et des libertés, a-t-elle ajouté.


En réponse à la Norvège, elle a indiqué que le Comité souhaitait combler le fossé dans l’application des dispositions de la Convention.  Il faut des résultats, a-t-elle affirmé, en demandant aux États d’aider également le Comité à plus d’efficacité sur le terrain. 


D’autre part, le retard dans l’examen des rapports est un problème partagé par tous les organes de traités, a-t-elle fait remarquer, en indiquant que la requête de travailler en deux chambres séparées était tout à fait raisonnable.  Le temps additionnel permettra notamment une instruction plus profonde et professionnelle de dossiers de communications dont le Comité est saisi.


Dialogue interactif avec la Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes


Les représentantes de l’Union européenne et du Royaume-Uni se sont dites vivement impressionnées par le travail des membres du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.  Elles ont appuyé les actions d’ONU-Femmes ainsi que la réflexion au sein du Groupe intergouvernemental à composition non limitée sur la réforme du système des organes conventionnels de l’ONU.


La Suisse, en revanche, s’est inquiétée du tournant pris par les discussions du Groupe intergouvernemental et a émis le désir que les différends soient aplanis.  Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes arrive-t-il à traiter toutes les communications reçues et quelles ressources seraient nécessaires pour s’acquitter de cette tâche?


La délégation britannique a souligné que la future politique du pays allait dans le sens de la transversalisation des questions de l’autonomisation de la femme et de l’égalité des sexes et s’est prononcée pour la ratification universelle de la Convention.


La Slovénie a annoncé, quant à elle, l’adoption récente d’une nouvelle loi dans le pays sur l’égalité à l’égard de la femme et la fillette.  Le délégué a salué les observations générales du Comité.


L’Union européenne a souhaité que le Comité soit proactif sur le programme de développement pour l’après-2015 et s’est demandée comment la question de l’égalité des sexes, surtout dans la prévention de la violence à l’égard des femmes et des filles, et dans les situations de conflit, pourrait être incluse dans le document.


Le Japon a demandé, pour sa part, que le Comité fasse état des progrès spécifiques réalisés par les pays et reflétés dans leurs rapports périodiques au Comité.


S’agissant des ressources financières du Comité et de la requête faite à l’Assemblée générale d’étendre la durée de ses réunions et de travailler en deux chambres, à titre exceptionnel, plusieurs délégations ont appuyé l’apport de ressources supplémentaires et d’une durée accrue de temps de réunion.


Ainsi, le Costa Rica a proposé de se faire l’ambassadeur du Comité auprès de l’Assemblée générale pour que le Comité puisse obtenir les ressources nécessaires à la bonne conduite de son mandat.


La Norvège a loué le large éventail des tâches du Comité et les efforts de rationalisation de ses méthodes de travail.  Concernant les rapports en souffrance, elle a remarqué que le temps de réunions du Comité était clairement insuffisant et qu’elle appuierait sa demande à l’Assemblée générale.


Le Mexique a également jugé très importantes les mesures de rationalisation des méthodes du Comité et a plaidé en faveur de la diffusion des dispositions de la Convention.  Les nouvelles ressources devront être assorties par d’autres, complémentaires pour aider le Comité à faire face à ses multiples responsabilités.


L’Argentine a réitéré son soutien indéfectible au Comité et a applaudi les progrès de celui-ci.  Il a appelé les membres du Comité à examiner de plus près la problématique des personnes âgées en se demandant dans quelles mesures les rapports périodiques incluaient la situation des femmes âgées, notamment en ce qui concerne la violence.  


Débat général


M. PETER THOMSON (Fidji), qui prenait la parole au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a affirmé que la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, ainsi que le Document final de la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale, constituaient le cadre d’action globale en vue de la pleine réalisation de l’égalité des sexes, des droits des femmes, de même que l’autonomisation des femmes et des filles.


En dépit de progrès significatifs, les femmes demeurent confrontées à des problèmes graves tels que l’extrême pauvreté, la violence et la discrimination, l’inégalité hommes-femmes, les conflits armés et les contraintes économiques, a déclaré M. Thomson, en relevant l’urgence d’y apporter une réponse urgente et appropriée. 


Il en est de même pour l’élimination de la pauvreté, une nécessité, a-t-il ajouté, pour garantir le développement durable et l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement.


Le Groupe des 77 et la Chine a lancé un appel à l’intensification des efforts à tous les niveaux pour s’attaquer à la question des statistiques alarmantes concernant le trafic des femmes mais également la propagation du VIH/sida. 


Par ailleurs, le Groupe a souligné l’importance pour ONU-Femmes de promouvoir une meilleure coordination au sein du système des Nations Unies en vue de lever les multiples obstacles qui empêchent l’autonomisation et la promotion des femmes.


M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie), s’exprimant au nom du Groupe des États d’Afrique, a souligné que l’Afrique avait déclaré 2010-2020 « Décennie des femmes africaines » et avait adopté des principes sur l’égalité des sexes dans tous les domaines.  Depuis la Conférence de Beijing, un certain nombre d’engagements ont été pris au niveau régional, dont la Déclaration solennelle sur l’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique, la politique concernant l’égalité des sexes de l’Union africaine et la campagne sur la violence contre les femmes.


Les pays africains, a poursuivi M. Alemu, ont fait beaucoup de progrès en ce qui concerne la participation politique des femmes et leur autonomisation économique grâce aux microcrédits.  Les femmes rurales représentent un quart de la population mondiale.  En Afrique, elles sont majoritaires et jouent un rôle clef pour l’élimination de la pauvreté et de la faim.  L’Afrique est convaincue qu’il faut leur permettre de participer au processus de prise de décisions à tous les niveaux.


Par ailleurs, le représentant a salué la campagne du Secrétaire général intitulée « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » et le « Réseau d’hommes influents » opposés à la violence contre les femmes partout dans le monde.  Le Groupe des États d’Afrique souhaite que la communauté internationale honore ses engagements en matière d’aide publique au développement pour permettre aux États de promouvoir les droits des femmes.  À ce sujet, il apprécie les initiatives visant à rendre plus accessible le traitement du VIH/sida.


De plus, a assuré M. Alemu, le Groupe des États d’Afrique s’engage à intensifier ses efforts en vue d’éliminer les mutilations génitales féminines et demande à la communauté internationale d’appuyer la résolution 67/146 adoptée l’année dernière par l’Assemblée générale.  Il considère que les mariages et les grossesses précoces mettent en danger la santé des jeunes filles, tandis que l’analphabétisme les marginalise et les rend, notamment, vulnérables à la traite des personnes.


M. RAJA REZA ZAIB SHAH (Malaisie) a brossé un tableau, au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), des mécanismes et structures mis en place par l’ASEAN depuis la tenue, en 1975, de la première Conférence des femmes leaders de la région, qui a été suivie de l’exécution, entre 2005 et 2010, de deux plans d’action sur l’égalité des sexes et en vue de l’application de la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard de la femme.


Ces plans ont été affinés au fil du temps et ont conduit, notamment, à la création de la Commission pour la protection et la promotion des droits des femmes et des enfants, le 7 avril 2010, et de la Commission intergouvernementale des droits de l’homme en 2009.


D’un autre côté, la région continue à améliorer sa coordination et son assistance aux États de l’ASEAN dans l’application de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Une déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard de la femme et de l’enfant a été adoptée le 9 octobre dernier à Bandar Seri Begawan (Brunéi Darussalam) à l’issue du vingt-troisième Sommet de l’ASEAN.


Cette déclaration renforce les moyens de lutte contre les vulnérabilités et l’émergence de nouvelles formes d’abus des femmes et des enfants dans les contextes de conflits, de migrations, de catastrophes, de situations d’urgence, de changements climatiques, de traite des personnes, d’abus à travers la cybercriminalité et de l’apatridie.


Il a souligné que l’esprit de la promotion de l’égalité des sexes devait faire partie intégrante des politiques et programmes de l’ASEAN.


M. GEORGE WILFRED TALBOT (Guyane), au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a dénoncé le coût que l’inégalité entre les sexes représente pour le développement humain.  Selon le rapport du développement humain des Caraïbes, les femmes sont particulièrement désavantagées s’agissant de la santé reproductive, de l’autonomisation et de l’activité économique.


L’Organisation internationale du Travail (OIT) estime par ailleurs qu’au niveau mondial, environ 4,5 millions de personnes, des femmes et des filles pour la plupart, sont forcées au travail et victimes d’exploitation sexuelle, tandis que 7 femmes sur 10 subissent des violences physiques et sexuelles de la part de leurs partenaires et que 30 à 50% des meurtres dans les Caraïbes résultent de la violence domestique.


La cinquante-septième session de la Commission de la promotion de la femme a montré que cette violence était une question complexe et que des groupes particuliers de femmes étaient exposés à des risques de violence, notamment dans les milieux ruraux ou les bidonvilles urbains.  D’autres formes de discrimination touchent également les femmes et filles handicapées, les femmes atteintes du VIH/sida, les veuves, les femmes autochtones et les migrantes, a-t-il été souligné.


Les approches pour remédier à toutes ces formes de violence doivent répondre aux besoins spécifiques de chacun de ces groupes.  Le représentant a fait un vibrant plaidoyer en vue de l’éducation des garçons et des hommes pour éviter les stéréotypes dont les femmes et les filles sont l’objet dans les Caraïbes.


Une étude conduite dans un millier de lycées de garçons et de filles dans six pays de la région révèle que les deux sexes pensent que la violence est un aspect normal de la masculinité, a-t-il souligné, encourageant à l’enseignement d’un modèle plus équilibré de la masculinité, susceptible d’aider à combattre la violence à laquelle les femmes des Caraïbes sont assujetties.       


M. IOANNIS VRAILAS, de l’Union européenne, a indiqué qu’aucune tradition, qu’aucune culture, qu’aucune défense d’un soi-disant honneur ne pouvait justifier les violences faites aux femmes.  « La promotion des droits des femmes est l’un des objectifs poursuivis par l’Union européenne », a-t-il dit, avant d’ajouter que l’Union européenne venait d’intensifier la coopération avec ONU Femmes afin de combattre la violence sexospécifique.


M. Vrailas a ensuite affirmé que le Plan d’action pour l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et le développement de l’Union européenne pour les années 2010-2015 intégrait de manière systématique l’égalité des genres dans les dialogues menés avec les pays partenaires.  Le délégué a souligné le rôle de l’Union européenne dans la protection des droits des femmes dans les pays en transition tels que la Libye, l’Égypte et le Yémen, ou dans d’autres parties du monde, comme la région des Grands Lacs, estimant que les périodes de transition fournissaient une occasion unique de renforcer la participation des femmes lors de la prise de décisions.


M. Vrailas a ensuite déclaré que l’Union européenne était engagée à faire en sorte que l’aide humanitaire qu’elle apportait prît davantage en considération les questions de genre, avant de se réjouir de l’inclusion d’une disposition spécifique relative aux femmes dans le Traité sur le commerce des armes récemment adopté.  Il a relevé qu’un rôle accru des femmes dans la vie économique avait un effet positif sur la productivité et la richesse produite, avant d’apporter son soutien à une mise en œuvre ferme de la Déclaration de Beijing.


« Près de la moitié des pays de l’Union ont adopté des plans d’action visant à l’application de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur le rôle des femmes dans la paix et la sécurité », a-t-il affirmé, avant de souligner la prévalence de la violence sexuelle dans les conflits et la nécessité de mettre un terme à l’impunité.


« L’Union européenne est très active dans son soutien à la Cour pénale internationale (CPI) », a-t-il affirmé, avant de fermement condamner les mutilations génitales des femmes et des jeunes filles, « véritables violations de leurs droits ». 


En conclusion, M. Vrailas a indiqué que le programme de développement en cours d’élaboration pour l’après-2015 devait mettre l’accent sur l’égalité entre les genres et la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes, conditions préalables, selon lui, à tout développement durable. 


Mme EBUN A. JUSU, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Sierra Leone a noté qu’en dépit des mesures positives prises tant aux niveaux national, régional qu’international pour promouvoir l’égalité des sexes, beaucoup restait à faire dans ce domaine et les femmes restent l’un des groupes les plus marginalisés de la société.


En collaboration avec toutes les parties prenantes, la Sierra Leone, a-t-elle indiqué, a développé un plan d’action stratégique national pour promouvoir l’égalité des sexes et la participation des femmes. 


Le Programme pour la prospérité a été lancé en juillet 2013 dans le cadre de la préparation du programme national de développement pour l’après-2015.  L’un des piliers de ce programme est d’intégrer l’égalité des sexes à l’ensemble de la législation, a-t-elle ajouté.


Mme Jusu a estimé, pour conclure, que les lacunes en matière de mise en œuvre du Programme d’action de Beijing avaient un effet négatif sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Ainsi, il est nécessaire de renforcer la coopération internationale et les partenariats mondiaux afin d’assurer un progrès constant en la matière.


M. OSCAR LEÓN GONZÁLEZ (Cuba), au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a réaffirmé l’importance de l’application de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, des textes issus de la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale et de l’application de la Convention et du Protocole s’y rapportant.


Il a encouragé à persévérer dans les efforts visant à l’émancipation de la femmes et des filles et à la parité, en mettant l’accent sur la participation de celles-ci dans tous les processus de prise de décisions et sur l’augmentation de leur représentation dans la fonction publique, y compris les plus hautes sphères de la vie politique et économique.


Il a ensuite fait état d’un éventail d’initiatives prises par la CELAC pour traduire les principes d’égalité dans la vie quotidienne, notamment à travers l’harmonisation et la promulgation de loi sur l’égalité des sexes, qui appuient les efforts tendant à l’élimination de la discrimination.


Il a réitéré le fait que les États membres de la CELAC appuyaient fermement l’établissement et le mandat d’ONU-Femmes et saluaient les progrès réalisés dans la mise en œuvre de son plan stratégique pour l’exercice biennal 2011-2013 ainsi que celui pour le prochain exercice.  Cependant, il a rappelé que les défis actuels constituaient une nouvelle réalité qu’ONU-Femmes devra relever par une action plus coordonnée et cohérente à tous les niveaux.   


M. WILFRIED EMVULA (Namibie), s’exprimant au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a fait remarquer que le Protocole de la SADC sur l’égalité des sexes et le développement avait défini 28 objectifs à réaliser d’ici à 2015. 


Si les pays de la région se sont engagés vis-à-vis de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, ils reconnaissent néanmoins qu’il existe des contradictions entre les lois coutumières et nationales et les engagements internationaux.  La représentation des femmes dans les postes décisionnels reste faible, tandis que l’analphabétisme et la pauvreté parmi les femmes et les filles constituent des obstacles de poids à la parité.


La violence sexiste, à l’égard des femmes et des filles, est un défi pour la région, a expliqué M. Emvula.  Le Protocole de la SADC enjoint les États à adopter une législation complète à ce sujet, y compris des mesures pour traiter les victimes et prévenir le harcèlement sexuel, et des sanctions dissuasives pour les auteurs. 


La SADC reconnaît l’importance du rôle joué par les média pour sensibiliser les communautés sur l’impact négatif d’une telle violence.  C’est la raison pour laquelle elle observe, chaque année à partir de la mi-novembre, « 16 jours d’activisme contre la violence sexiste ».


Mme K. KELLIE LEITCH, Ministre de la condition féminine du Canada a indiqué que son pays avait consacré plus de 13 milliards de dollars à l’élimination de la violence sexuelle et à la promotion d’une pleine participation des femmes dans les jeunes démocraties.  Sur le plan intérieur, elle a affirmé que son gouvernement veillait à augmenter la représentation féminine dans les métiers spécialisés où l’on compte peu de femmes.


Elle a ensuite souligné l’urgence de mettre fin aux mariages forcés, rappelant que, selon les estimations, une fille sur trois dans les pays en développement était mariée avant l’âge de 18 ans.  « Cette pratique revient à nier aux filles leurs droits, interrompt leurs études et met gravement en danger leur santé », a-t-elle déploré, avant d’affirmer que le Canada entendait jouer un rôle de premier plan dans ce dossier.


Elle a ensuite déclaré que son pays participait aux efforts menés au Conseil des droits de l’homme visant à la rédaction d’une résolution de procédure sur le mariage précoce et forcé des enfants.  « J’annonce avec un immense plaisir que le Canada travaille avec ses partenaires afin que l’Assemblée générale adopte cette année la toute première résolution sur le mariage précoce et forcé des enfants », a lancé Mme Leitch.


En conclusion, elle a affirmé que les résolutions du Conseil des droits de l’homme et de l’Assemblée générale éclaireront les travaux de fond de la communauté internationale, y compris en ce qui concerne les objectifs de développement après 2015.


Mme HAJIYA ZAINAB MAINA (Nigéria) a rappelé que son pays s’était engagé à accélérer la mise en œuvre nationale et régionale de résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.  À cet égard, le Nigéria progresse dans la mise en place de la résolution 1325 (2000) à la suite de l’atelier régional portant sur la résolution organisée à Dakar, au Sénégal, en avril 2013.


De même, le Nigéria insiste sur l’importance du respect de la résolution 1820 (2008) du Conseil de sécurité visant à mettre fin aux actes de violence sexuelle contre les femmes en situation de conflit.


La représentante a d’autre part rappelé que la promotion de la femme et son intégration restaient au cœur des politiques gouvernementales du Nigéria et que son pays maintenait un dialogue constant avec la société civile et les partenaires du développement.


L’autonomisation des femmes au plan socioéconomique, l’égalité des sexes, l’intégration des questions de genre gagnent en importance dans les programmes menés à l’échelle nationale et façonnent les processus de prise de décision à tous les niveaux de gouvernance. 


Enfin, la représentante a appelé l’ONU à maintenir son soutien aux États Membres pour la mise en œuvre de politiques nationales en faveur de l’autonomisation des femmes et de l’égalité des sexes, en leur offrant notamment une assistance technique.


Mme YOON SUN CHO, Ministre de l’égalité des sexes et de la famille de la République de Corée, a mis l’accent sur la nécessité absolue pour la communauté internationale de faire cesser l’élimination de la violence sexuelle à l’égard des femmes dans les régions de conflit armé. 


La Ministre coréenne a rappelé qu’en avril dernier, le G-8 avait adopté une déclaration sur la prévention de la violence sexuelle en temps de conflit, laquelle stipule qu’il est de la responsabilité des gouvernements d’enquêter et de traduire devant la justice tous les auteurs de ces crimes contre l’humanité, indépendamment de leur nationalité. 


S’interrogeant sur les raisons qui président à cet état de chose, elle a répondu que le monde n’avait pas proprement résolu les crimes du passé et n’avait pas procédé à une autoanalyse ou prononcé des excuses, comme dans le cas des « femmes de confort ».


Elle a évoqué les horreurs vécues par plus de 100 000 femmes de confort, dont 56 sont toujours de ce monde, certaines étant des petites filles lors de ces faits commis durant la Deuxième Guerre mondiale. Deux d’entre elles sont actuellement âgées de 88 ans et vivent hantées par le souvenir et les blessures indélébiles qu’elles ont subies, a-t-il dit.  Le Gouvernement coréen appuie les rescapées en leur fournissant les moyens de leur subsistance et des soins médicaux, sachant parfaitement que ces aides sont insuffisantes.


La Ministre a exhorté, sans le nommer, le gouvernement responsable à admettre sa responsabilité juridique et à prendre les mesures appropriées acceptables pour les victimes, tel que recommandées par les mécanismes de l’ONU relatifs aux droits de l’homme. 


M. E. AHAMED (Inde) a indiqué qu’en 2009, le Parlement indien avait fixé à 50% le nombre de sièges réservés aux femmes au sein des organes politiques locaux et a précisé que le pays comptait actuellement près de 1,5 million de femmes représentantes. 


Il a souligné que l’éducation était l’instrument le plus important pour faire avancer la « transformation économique et sociale » et que le recensement de 2011 avait indiqué que le taux d’alphabétisme des femmes s’était amélioré de 11,8% grâce, notamment, à l’adoption, en 2009, d’une loi sur le droit à l’éducation obligatoire et gratuite.  La scolarisation universelle étant pratiquement atteinte au niveau du primaire, le Gouvernement s’efforce à présent de rendre le cycle d’études secondaires plus accessibles aux filles, a-t-il précisé.


Le représentant a également souligné que la santé avait un rôle important à jouer en matière d’autonomisation des femmes et a expliqué que l’Inde avait établi un programme de volontaires formés dans ce domaine pour faire le lien entre les centres de soins et les villages du pays dans le but de faciliter l’accès à la vaccination et aux soins pour les nouveau-nés ainsi que pour améliorer la nutrition des femmes, entre autres.


Le Gouvernement envisage par ailleurs de créer une banque pour femmes, prévoyant de lui octroyer 200 millions de dollars en apport initial.  En outre, le système national de garantie d’emploi rural Mahatma Gandhi réserve « au moins » 50% des emplois aux femmes.


M. Ahamed a également insisté sur la nécessité de combattre le problème de l’exploitation et de la violence faite aux femmes.  Il a précisé que le Code pénal indien avait été révisé cette année dans le but d’élargir la définition d’agression et de harcèlement sexuels et responsabiliser davantage les fonctionnaires.  Une loi sur le harcèlement sexuel à l’encontre des femmes sur leur lieu de travail a par ailleurs été adoptée au mois de février 2013, a-t-il fait savoir.


Mme ANTONIA STRACHWITZ (Liechtenstein) a déclaré que la culture de l’impunité restait un des défis majeurs dans le domaine de la violence sexuelle contre les femmes.  Il s’agit d’une absence systématique de la reddition de comptes qui conduit ensuite à de nouvelles violences, a regretté la représentante.  Face à cette situation, la responsabilité première de protéger incombe aux États.  Ils doivent sensibiliser et bâtir la confiance envers leurs systèmes judiciaires nationaux et aussi faire en sorte qu’ils soient accessibles et efficaces, a-t-elle dit. 


Ils doivent aussi former les responsables pour apporter de l’aide aux victimes pour qu’elles reçoivent également protection et réparation, a-t-elle expliqué.  Elle a en outre dénoncé le fait que les femmes, en tant que parties prenantes dans les processus de paix et en tant que médiatrices, étaient souvent exclues du processus de prise de décisions.  À cet effet, les États doivent protéger les droits des femmes de participer sur un pied d’égalité et à tous les niveaux, même pendant les périodes de transition politique, a dit le représentant. 


« Le Liechtenstein espère des résultats concrets lors du débat public du Conseil de sécurité du 18 octobre prochain sur la justice transitionnelle », a-t-dit.  Par ailleurs, a-t-elle ajouté, les Nations Unies doivent montrer l’exemple et nommer plus de femmes comme chefs d’équipes de médiations ou dans d’autres processus de transition.  Elle a également dénoncé le fait que, 20 ans après, le Programme d’action de Beijing était toujours considéré comme négociable alors que ce processus aurait bénéficié aux groupes vulnérables, dont les migrants, les femmes handicapées ou les femmes autochtones. 


M. NIKOLAY RAKOVSKIY(Fédération de Russie) a réaffirmé son soutien à la Commission de la condition de la femme, « principal forum intergouvernemental pour un dialogue constructif entre tous les groupes régionaux ».  Il a jugé « inacceptable » toute tentative de discréditer la Commission.  En outre, les préparatifs de la Conférence mondiale sur les femmes de 2015 doivent se faire sur le même format que Beijing  + 10 et Beijing + 15.


Le représentant a souligné que les activités de terrain d’ONU-Femmes revêtaient un caractère universel et que la présence de la structure sur place n’était acceptable qu’avec l’accord des États intéressés.  Il a jugé indispensables l’égalité et l’indépendance économiques des femmes.  Il a partagé l’avis de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la place centrale de l’égalité des sexes dans l’affirmation du principe d’un travail digne pour tous et du plein emploi.


Mme CHRISTINE LOEW (Suisse) a affirmé que les efforts pour combattre la violence à l’égard des femmes et des filles devaient être multipliés par des mesures de prévention, de protection et de réaction.  En septembre, la Suisse a signé la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul).


La représentante suisse a salué les efforts déployés actuellement contre les mariages précoces et forcés et a indiqué que son pays était fier de compter parmi les 107 signataires de la résolution importante que le Conseil des droits de l’homme vient d’adopter en ce sens à Genève. 


La délégation suisse plaide également pour la réalisation de la santé et des droits reproductifs et sexuels.  Les femmes et les filles ont le droit de disposer de leur corps sans subir de contraintes ni de violences sexuelles.


La Suisse est, en outre, convaincue que l’autonomisation des femmes et des filles, qui représentent la moitié de la population mondiale, est une condition sine qua non et un moteur essentiel de la croissance économique et du développement durable.  Dans le cadre des discussions actuelles autour du programme de développement pour l’après-2015, la Suisse estime nécessaire de définir un objectif spécifique consacré à l’égalité des sexes et d’intégrer l’égalité des sexes comme thématique transversale dans tous les autres objectifs.


La représentante a d’autre part souhaité que les droits garantis par la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et son protocole facultatif soient pleinement respectés et a appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à signer et à ratifier ces instruments au plus vite.


Mme ERIKA MARTINEZ (Mexique) a plaidé en faveur de l’intégration de la problématique hommes-femmes dans le programme de développement pour l’après-2015.  Elle s’est félicitée du fait que la Commission de la condition de la femme avait, lors de sa dernière session, fait référence à la violence sexiste.  Elle a rappelé que son pays attachait une importance particulière à l’élimination de la violence sexiste dans les conflits armés. 


Préoccupée également par la violence à l’égard des travailleuses migrantes et par la traite des personnes, elle a salué l’adoption récente de la Déclaration du Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement.


La question de l’égalité des sexes est abordée de façon transversale dans le programme de développement du Mexique, a expliqué la représentante.  Un processus en profondeur vise à éliminer les stéréotypes et à encourager la participation des femmes dans la vie publique.  L’Institut national des femmes est d’ailleurs en train de préparer un plan d’action pour renforcer leur participation au niveau économique, en mettant l’accent sur les femmes autochtones entrepreneurs.


Aujourd’hui, 30 États mexicains sur 32 disposent d’une loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes, et tous possèdent « une loi sur l’accès des femmes à une vie libre de toute violence ».  De plus, 1 250 organes municipaux consacrés aux femmes ont été créés et pas moins de 27 entités fédératives ont inclus le féminicide dans les Codes pénaux.  Dans le même esprit, la Cour suprême mexicaine oblige les juges à promouvoir et à respecter le droit à l’égalité et à la non-discrimination.


M. CHU GUANG (Chine) a déclaré qu’il fallait saisir l’opportunité de l’examen, après 20 ans, de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing pour faire progresser le travail des Nations Unies en faveur des femmes.  La Chine, a-t-il ajouté, appuie les efforts de la communauté internationale en vue d’organiser des événements commémoratifs en 2015, qui permettront de renforcer la volonté politique à faire face aux défis rencontrés par les femmes.


Le représentant a également rappelé que l’année 2015 marquait la date butoir pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  À cet égard, le programme pour l’après-2015 doit pleinement prendre en compte la question de genre et il faut promouvoir énergiquement la participation des femmes au développement, a-t-il fait valoir.


Il faut en outre prêter une attention particulière à la situation des femmes rurales, qui jouent un rôle clef dans l’éradication de la pauvreté.  Des mesures efficaces doivent être prises pour éliminer la violence contre les femmes, a estimé la représentante chinoise. 


Tous les pays devraient par ailleurs protéger les droits et les intérêts des femmes migrantes, afin d’assurer leur dignité.  Les autorités chinoises s’efforcent de construire une société prospère et de moderniser le pays d’ici au milieu du XXIe siècle.  À ce titre, la participation des femmes chinoises aux affaires socioéconomiques apporte une contribution importante à la réalisation de ces objectifs, a-t-il conclu.


M. FRANCISCO A. CORTORREAL (République dominicaine) a indiqué que son pays renforçait ses efforts contre la violence à l’égard des femmes et des filles, y compris la violence familiale, conformément à la Constitution de 2010 qui consacre le droit à l’égalité sans discrimination fondée sur le sexe, le droit à l’intégrité physique, mentale et morale et le droit à une vie sans violence. 


La République dominicaine dispose ainsi d’une série de lois et d’institutions pour prévenir et lutter contre ce type de violence et pour en conseiller et traiter les victimes.


Le principal défi, a reconnu M. Cortorreal, est de faire en sorte que la problématique hommes-femmes figure dans tous les programmes éducatifs de la République dominicaine pour créer un nouveau système de valeurs.  Pour sa part, ONU-Femmes représente un instrument fondamental afin d’aider les États et le système des Nations Unies à assurer la promotion de la femme dans le monde entier.


À cet égard, la République dominicaine s’enorgueillit d’accueillir le Centre de formation mondial d’ONU-Femmes.  Du 14 au 18 octobre prochain, elle accueillera également la douzième conférence régionale sur les femmes d’Amérique latine et des Caraïbes qui mettra l’accent sur l’autonomisation des femmes dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et des communications.


Mme LIRONNE BAR-SADEH (Israël) a souligné que l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre était « particulièrement odieuse ».  Son pays, a-t-elle dit, soutient donc pleinement la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité et les autres résolutions qui en découlent.  « Nous saluons le déploiement de conseillers pour la problématique homme-femme et l’inclusion dans les mandats de maintien de la paix destinées à protéger les femmes et les filles contre les violences sexuelles. »


Israël appuie également, y compris financièrement, l’initiative « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » du Secrétaire général, a-t-elle ajouté.  « Pour chaque Malala, combien  de sans-noms ? », a ensuite demandé Mme Bard-Sadeh, qui a déploré que dans de nombreuses régions du monde, la violence à l’égard des femmes et filles relevait de la routine. 


Pour elle, la réponse se trouve dans l’éducation et l’émancipation économique.  Investir dans ces domaines « c’est investir dans l’édification de sociétés plus justes et prospères », a-t-elle assuré. 


En conclusion, la représentante a rappelé qu’il y a plus de 40 ans, Golda Meir devenait Premier Ministre d’Israël, faisant de ce pays le troisième à élire une femme à un tel poste de responsabilité.


M. DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) a déclaré que, 18 ans après l’adoption du Programme d’action de Beijing, beaucoup restait à faire pour achever sa pleine réalisation.  Des progrès significatifs ont été constatés s’agissant d’un certain nombre d’Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et ils ont contribué à améliorer la vie de milliards de personnes dans le monde en développement, a-t-il ajouté, en appelant à redoubler d’efforts pour poursuivre le progrès dans le domaine de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes.


M. Mashabane a indiqué que son gouvernement avait mis en place un cadre législatif visant à promouvoir, protéger et faire progresser les droits des femmes.  Cependant, les femmes d’Afrique du Sud, et en particulier les femmes noires, continuent de faire face de façon disproportionnée à de nombreux défis, dont la pauvreté et le chômage.


À cet égard, le Gouvernement sud-africain s’est engagé à adopter une loi sur la représentation paritaire des femmes au sein de l’administration publique et du secteur privé, en particulier au niveau de la prise de décisions.  Enfin, le représentant a évoqué les différentes mesures prises pour lutter contre la violence contre les femmes, notamment contre la violence sexuelle et domestique.


M. MIGUEL CAMILO RUIZ (Colombie) a réitéré sa position selon laquelle sans l’égalité des chances et l’autonomisation des femmes, il ne saurait y avoir de développement économique, social et culturel.  Il a salué le fait qu’une perspective sexospécifique ait été intégrée dans des résolutions spécifiquement consacrées à la femme. 


Il a également relevé l’approbation, par le Conseil économique et social (ECOSOC), de nombre de résolutions sur l’égalité des chances dans toutes les politiques et les programmes de l’ONU et de rapports intergouvernementaux.


Il a espéré que cette tendance irait en s’accentuant d’une manière transversale dans les grands débats de l’ONU sur d’autres questions et que des données ventilées par sexe seraient produites sur toutes les questions à l’ordre du jour mondial.


La Colombie a dépassé les quotas proposés, avec 44% de femmes occupant des postes élevés, 31% à la tête de ministères et 34% dans la magistrature.  Le représentant a déploré la violence à l’égard des femmes dans les situations de conflit armé. 


Le Gouvernement a signé avec les 32 gouvernements départementaux un accord national pour la défense des droits des femmes pour sceller son engagement visant à l’inclusion des femmes déplacées et victimes de la violence dans les plans et mesures sexospécifiques.  Sans minimiser la persistance de certains stéréotypes culturels et rôles traditionnels, il a indiqué toutefois que la Colombie avait jeté des bases solides pour l’émancipation de la femme et de la fille colombiennes.


Mme KOKI MULI GRIGNON (Kenya) a déclaré que son pays avait fait beaucoup de progrès en ce qui concerne la participation des femmes à la vie politique.  Lors des élections générales de mars dernier, il y a eu plus de femmes candidates que dans toute l’histoire du Kenya et davantage de femmes ont pu être élues dans les deux organes législatifs.  Sur les 18 ministères nouvellement créés, 6 sont dirigés par des femmes.


Pour éradiquer la violence sexiste, le Kenya a promulgué une loi spécifique en 2006 assortie d’un plan d’action, ainsi qu’une loi contre la traite des personnes en 2010 et la loi interdisant les mutilations génitales féminines en 2011.  Des directives sur la gestion du viol et de la violence sexuelle ont aussi été publiées et des mesures prises en vue de faciliter l’accès des victimes à la justice.


En Afrique, a souligné Mme Grignon les femmes les plus pauvres dépendent de l’agriculture pour survivre alors que la productivité agricole est en train de stagner, voire même de décliner.  Le Kenya a mis sur pied le Fonds UWEZO (qui signifie autonomisation en Kiswahili) pour aider ces femmes à investir dans des activités commerciales profitables.  En milieu rural, les Kenyanes peuvent également opérer des transferts via la téléphonie mobile ou Internet.


Mme SEWA LAMSAL ADHIKARI (Népal) a réaffirmé l’importance qu’elle accordait à la Déclaration et du Programme d’action de Beijing et aux résultats de la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale. 


Elle a estimé que les discussions en cours à l’issue de la dernière évaluation des Objectifs du Millénaire pour le développement et dans la perspective du programme de développement pour l’après-2015 permettraient d’aboutir à une feuille de route pour la pleine jouissance par les femmes de leurs droits et libertés fondamentales partout dans le monde.  Elle a souligné la nécessité de protéger et promouvoir les droits du travail, y compris des femmes qui constituent désormais 50% des migrants.


En outre, le Népal est État partie à 24 conventions relatives aux droits de l’homme et a ratifié la Convention de l’ASACR sur la prévention et l’élimination de la traite des femmes et des enfants aux fins de la prostitution de 2012.


La lutte contre l’impunité des violations des droits des femmes et des enfants fait partie des politiques prioritaires du Népal, qui a adopté une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la violence à l’égard des femmes, en particulier ses formes sexuelles. 


Un fonds d’aide aux victimes et des tribunaux spécifiques ont aussi été créés, de même qu’une commission nationale des droits de l’homme et une commission sur les femmes.  Le Gouvernement s’efforce aussi de modifier les mentalités patriarcales en luttant notamment contre les pratiques socioculturelles discriminatoires entre les générations, la distribution inégale du pouvoir au sein de la famille et la dépendance financière des femmes, autant de situations contribuant à l’exacerbation de la violence à l’égard des femmes et des filles.  Cependant, le manque de mise en œuvre des lois est regrettable, a-t-elle dit, en l’attribuant au manque de ressources financières. 


Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a déclaré que son gouvernement voyait les femmes comme des agents du changement et du développement.  Elle a énuméré une série de lois adoptées entre 2007 et 2012 qui garantissent l’égalité des droits et des opportunités entre les hommes et les femmes, notamment en ce qui concerne l’acquisition de terres en milieu rural et dans le domaine du travail.


Pour ce qui est de la participation à la vie politique, le Nicaragua compte 42%, 54% et 60% de femmes au sein des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, respectivement.  Le Ministère de la femme a été créé en février dernier pour promouvoir les droits et l’autonomisation des femmes.


De même, les femmes participent au processus de la prise de décisions dans le cadre des cabinets de la famille, de la communauté et de la vie, a poursuivi Mme de Chamorro.  La violence à caractère sexiste est définie dans le Code pénal nicaraguayen.


Mme MAYA DAGHER (Liban) a déclaré que son pays, qui avait été coauteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, avait consacré dans sa Constitution l’égalité dans les droits et obligations entre tous les citoyens sans distinction ni préférence.


C’est par le dialogue et la participation de la femme elle-même dans la mise en place du cadre juridique et légal du plein exercice de ses droits qu’il est possible de réaliser les objectifs convenus depuis Beijing en 1995, a-t-elle souligné.  Elle a précisé qu’au Liban et après trois ans de délibérations, un projet de loi sur la protection de la femme et de l’ensemble des membres de la famille contre la violence conjugale avait été voté en juillet dernier en commission parlementaire.


La représentante a également fait état de la mise en place de centres d’écoute et de soutien pour des femmes victimes de violence et de l’élaboration d’un contrat de travail unifié pour réglementer les droits et obligations des travailleurs et travailleuses migrantes.


Le droit de vote seul ne suffit pas, a poursuivi Mme Dagher, qui a souligné le caractère primordial de l’accès à l’information, de l’éducation civique et, surtout, de la protection du libre exercice du choix électoral.  Elle a enfin mis en garde contre les chiffres qui, comme expliqué dans le rapport du Secrétaire général sont parfois trompeurs car ils ne tiennent pas compte de la contribution de la femme dans certains secteurs de l’économie.


Elle a mis l’accent sur la promotion des droits des femmes dans les situations d’urgence en évoquant l’expérience de son pays qui accueille plus d’un million de réfugiés syriens dont plus de 70% de femme et d’enfants.  Cette situation d’actualité est l’illustration incontournable de l’urgence du débat, a-t-elle déclaré, en plaidant en faveur de l’inclusion de la promotion des droits de la femme dans l’élaboration des objectifs du développement pour l’après-2015.


Mme GRETA GUNNARSDÓTTIR (Islande) a mis l’accent sur l’importance de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme et de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, en s’inquiétant du nombre élevé de réserves à la Convention.  Elle a exhorté les États concernés, surtout ayant opposé des réserves incompatibles avec les buts et objectifs de cet instrument, à les retirer immédiatement.


L’année 2015 marquera le vingtième anniversaire de la quatrième Conférence sur les femmes et offrira l’occasion d’intensifier les efforts de mise en œuvre de ces documents, a-t-elle déclaré, en s’érigeant par ailleurs contre le fait qu’aucune femme n’ait jamais présidé ou assuré la médiation dans les négociations d’accords de paix sous l’égide de l’ONU.


En effet, depuis 1992, les femmes n’ont signé que 2% des traités de pays et seul 3% des Casques bleus sont des femmes.  Ces chiffres sont inacceptables, a-t-elle dit.  La représentante a rappelé que son pays avait été l’un des premiers États Membres à adopter un plan d’action national de mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité et a appuyé, d’autre part, les recommandations du Secrétaire général sur les moyens d’amélioration et de renforcement de l’ordre du jour sur les femmes, la paix et la sécurité.


À cet égard également, on peut faire mieux, a-t-elle estimé, en soulignant que la résolution 1325 (2000) avait marqué un tournant positif et qu’on ne voyait pas encore de progrès substantiels dans son application et ce, malgré d’autres résolutions tendant au renforcement de ses objectifs. 


M. PIERRE FAYE (Sénégal) a estimé que la participation des femmes à la sphère publique devrait d’abord, sans aucune restriction, favoriser l’exercice de leur droit de vote aux élections ainsi que leur éligibilité.  Malheureusement, a-t-il dit, « nous sommes encore loin des objectifs qui nous étaient fixés pour 2000, à savoir réserver 50% des postes de direction aux femmes ».


C’est pour inverser cette tendance que le Sénégal a adopté, en 2010, une loi sur la parité hommes-femmes dans toutes les instances électives et semi-électives aux niveaux national, régional et local.  Grâce à cette loi, s’est félicité M. Diallo, le pourcentage des femmes au Parlement est passé à 44,6% lors de la dernière élection législative de 2012, alors que la moyenne mondiale demeure à 21,2%.  Des femmes ont aussi été nommées au gouvernement, au Conseil économique et social et dans la police nationale.


M. RAJA REZA RAJA ZAIB SHAH (Malaisie) a dit que son pays était reconnu grâce au rôle des femmes dans le développement social, politique et économique du pays et aussi pour avoir formulé une politique nationale sur les femmes dès 1989.  Leurs réalisations ont été facilitées par des politiques inclusives et des plans d’action adoptés par le Gouvernement depuis l’indépendance en 1957 y compris le dixième « Plan Malaisie » allant de 2011 à 2015, a ajouté le représentant. 


L’objectif pour les trois prochaines années est de porter à 55% le taux des femmes dans la population active et à 30% dans les conseils d’administrations, a-t-il indiqué.  En milieu rural, le Gouvernement a développé des programmes générateurs de revenus et d’autres activités agricoles commerciales en faveur des femmes autochtones.  En outre, le programme « 1AZAM » qui vise à multiplier les sources de revenus des familles compte, en décembre 2012, 70 224 femmes sur les 106 947 membres. 


Avant de conclure, le représentant a rappelé les conférences et les sommets internationaux que la Malaisie avait organisés en vue d’obtenir un appui de haut niveau et l’engagement des gouvernements et des agences internationales à augmenter les ressources pour les projets de santé maternelle entre autres.


M. YUSRA KHAN (Indonésie) a déclaré que son pays se concentrait sur des domaines où il était prioritaire de résoudre les inégalités entre les hommes et les femmes.  Dans le cadre d’une politique de « tolérance zéro », plusieurs lois sont entrées en vigueur, en particulier pour éliminer la violence conjugale et la traite des personnes.  Un plan national d’action sur la prévention de la violence contre les enfants pour la période 2010-2014 protège les victimes et punit les auteurs.


Pour renforcer le rôle des femmes dans l’économie, le Gouvernement indonésien a facilité leur accès à des sources de financement, à travers des microcrédits ou des coopératives, et via Internet, et a développé des programmes de formation.  Dans la perspective des élections générales de 2014, a indiqué M. Khan, les femmes sont encouragées à faire entendre leur voix, que ce soit dans la société civile, au sein du Parlement ou des partis politiques.


Cette année, a annoncé le représentant, l’Indonésie coparrainera avec le Pakistan la résolution biannuelle sur la protection des travailleuses migrantes.


Mme. INGRID SABJA(Bolivie) a fait remarquer que 25 articles dans la Constitution bolivienne incorporaient le principe de l’égalité des sexes.  L’Assemblée constituante est composée à 34,5% de femmes, dont un grand nombre de femmes autochtones, tout comme au sein du Gouvernement du Président Evo Morales qui compte autant de femmes que d’hommes ministres.


Par ailleurs, a poursuivi la représentante, la Constitution garantit à tous le droit de vivre dans la dignité.  Les femmes ont ainsi accès à tous les niveaux d’éducation et à la sécurité sociale.  Sur les 173 378 Boliviens qui ont bénéficié de l’accès aux terres dans le cadre de la réforme agraire, 45% sont des femmes. 


En mars 2013, une loi a été approuvée pour garantir aux femmes une vie sans violence physique, sexuelle et/ou psychologique.  Enfin, pour de diminuer la mortalité maternelle et infantile, le Gouvernement a institué un bon « mère-enfant » qui a bénéficié à 338 242 mères et 544 147 enfants de moins de deux ans.


Mme TAIF MOHAMMED ALAMIRI (Émirats arabes unis) s’est félicitée des actions de son pays en matière d’égalité des chances, d’éducation des garçons et des filles et de lutte contre la pauvreté. 


Les Émirats arabes unis sont des chantres de l’éducation des filles, a-t-elle dit.  De même, les femmes occupent des postes de prise de décisions et dans des conseils d’administration des entreprises  Il y a environ 13 000 femmes entrepreneurs dans des domaines diverses, a-t-elle affirmé.


Le pays est le deuxième de la région imposant un quota de femmes à tous les niveaux de la fonction publique et du secteur privé, a ajouté la déléguée.  Mme Alamiri s’est ensuite penchée sur le fléau de la traite des personnes et de la violence à l’égard des femmes.  Un million de livres sterlings ont été versés par les Émirats arabes unis pour soutenir un projet britannique cet égard, a-t-elle expliqué.


Mme REEM AL-DERHAM (Qatar) a salué le rôle prépondérant d’ONU-Femmes qu’elle a jugé indispensable si l’on considère les efforts qu’il faut encore déployer en vue de la participation politique, économique et sociale de la femme dans tous les aspects de la vie publique et privée.


Le Qatar, a-t-elle dit, a notamment adhéré à la Déclaration mondiale visant à l’élimination de la violence à l’égard des femmes dans les situations de conflit, laquelle a été adoptée en septembre.  La représentante a enfin évoqué le sort des femmes vivant sous occupation étrangère, en particulier dans le Golan syrien et les territoires palestiniens.


Elle a souligné que les femmes syriennes pâtissaient, elles, du terrorisme d’État en Syrie et d’abus innommables de la part du Gouvernement et de son appareil répressif.  C’est ainsi que les femmes font l’objet de détentions arbitraires, de violences sexuelles et d’autres exactions qui relèvent, selon elle, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.  Elle a appelé toutes les parties au conflit en Syrie à s’abstenir de violence à l’égard des femmes et des filles. 


Mme. IRINA VELICHKO(Bélarus) a estimé que l’ONU devait utiliser activement son potentiel technique pour aider les États à faire progresser l’égalité des sexes sur leur territoire.  ONU-Femmes doit travailler avec les bureaux de pays du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  Quant à la Commission de la condition de la femme, le Bélarus considère qu’elle est le principal forum pour promouvoir les droits des femmes.


La Constitution du Bélarus, comme les Codes du mariage, de la famille, du travail, pénal et civil, garantissent l’égalité des sexes.  Le Bélarus, s’est enorgueillie la représentante, a rapidement réalisé l’Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à cette question.  Dans le domaine de l’emploi, a-t-elle poursuivi, le nombre de femmes au chômage a diminué.  Le Gouvernement a organisé des foires de l’emploi, des formations professionnelles, tout en encourageant les requalifications et le travail indépendant, et en accordant des subventions aux employeurs qui recrutent des femmes.


Par ailleurs, la politique familiale du Bélarus vise à concilier obligations professionnelles et familiales, avec des congés maternité généreux et des allocations familiales pour les enfants jusqu’à l’âge de trois ans. 


Le Bélarus mène des campagnes de sensibilisation pour décourager la violence familiale et gère des centres de crise à ce sujet.  Depuis 2012, un réseau de 19 organisations non gouvernementales mène un travail de prévention et d’aide aux victimes.  Enfin, a conclu la représentante, les femmes et les hommes ont le même accès à l’éducation supérieure et le nombre de femmes hautement qualifiées a augmenté.


Mme SUVIWATTANACHAI, qui s’exprimait au nom des jeunes délégués de la Thaïlande, a souligné l’importance de l’éducation, l’un des moteurs de l’émancipation des femmes, selon elle.  L’accent a été mis sur l’importance de faciliter l’accès de toutes les filles à l’éducation, en premier lieu dans les zones rurales. 


La représentante a ensuite indiqué que l’Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) numéro 3, portant sur la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme, avait été atteint en Thaïlande, et ce, 10 ans avant la date butoir.  « L’objectif est désormais de parvenir, d’ici à 2015, à garantir aux étudiants femmes et hommes un accès égal à l’enseignement secondaire », a-t-elle ajouté, notant que l’éducation était le meilleur moyen de préparer les filles aux exigences du monde du travail.


M. GHOLAMHOSSEIN DEHGHANI (Iran) a jugé impératif de reconnaître le rôle important de la famille en tant qu’institution pour promouvoir la dignité des femmes et réaliser leur autonomisation dans la société.  L’Iran encourage donc la Directrice exécutive d’ONU-Femmes à définir ses principes et ses objectifs à partir d’« une approche basée sur la famille et le respect des valeurs divines et morales, en accordant une attention spéciale aux particularités nationales, culturelles et religieuses de chaque nation ».


Aujourd’hui, les femmes iraniennes servent de modèles pour la région dans les domaines des sciences, de l’éducation , de la santé et du commerce, a assuré M. Dehghani.  Depuis près de 35 ans, la République islamique d’Iran s’efforce de promouvoir la participation des femmes dans la vie politique du pays.  Un texte de loi a récemment été introduit au Parlement pour prévenir la violence contre les femmes.  En outre, le nouveau Gouvernement a nommé des femmes au poste de porte-parole du ministère des affaires étrangères et en tant que vice-présidentes en charge des affaires des femmes et de la famille, des affaires juridiques et des affaires environnementales.


M. DANIJEL MEDAN (Croatie) a réaffirmé l’engagement de son pays à mettre en œuvre la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et à appuyer, à cette fin, les travaux de son comité.  « La Commission de la condition de la femme est le forum de choix où échanger les bonnes pratiques et élaborer des recommandations en faveur de l’émancipation des femmes », a-t-il poursuivi. 


Pour M. Medan, la violence contre les femmes et les filles, « qui ne connaît pas de frontière », pose les plus graves menaces à l’équilibre des sociétés.  Saluant la récente adoption du Traité sur le commerce des armes (TCA), dont son pays est signataire, il s’est réjoui de ce que cet instrument prévoit des dispositions sur la lutte contre violence sexuelle et sexiste.


« Durant les années 1990, le viol a été utilisé contre la Croatie comme méthode d’intimidation et de terreur », a aussi rappelé M. Medan, qui a plaidé pour une approche globale de la question de la violence sexuelle pendant les conflits.


M. DIYAR KHAN (Pakistan) s’est félicité du fait qu’au sein de l’architecture des Nations Unies, ONU-Femmes ait progressivement consolidé son rôle et ses activités et avait effectué des contributions importantes à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes dans le cadre d’un plan stratégique. 


En sa qualité de membre du conseil d’administration de cette entité, le Pakistan s’est enorgueilli d’avoir participé à la formulation du plan stratégique.  Au début de cette année, la jeune Ayesha Farooq est devenue la première femme pilote de combat dans la Pakistan Air Force, a-t-il dit.  Il a rappelé que le Pakistan avait eu la première femme premier ministre et présidente d’assemblée dans tout le monde musulman et que plusieurs Pakistanaises étaient également titulaires de mandats des procédures spéciales du Conseil des droits de l’ONU.


Il y a exactement un an, l’attentat lâche par des terroristes contre la jeune Malala Yusafzai a représenté le point de départ d’une campagne de mobilisation en faveur de l’éducation des fillettes.  Désormais, Malala est devenue le symbole du droit des filles à l’éducation et le symbole du courage des filles partout dans le monde, a-t-il dit, soulignant que son discours, ici-même il y a trois mois, avait démontré sa détermination à poursuivre sa mission.


Au niveau international, le Programme d’action de Beijing demeure le cadre de politique mondiale le plus complet en vue de la réalisation, pleine et entière, des droits fondamentaux des femmes, a-t-il considéré. 


Moins de deux ans avant la date butoir pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et l’évaluation de la mise en œuvre des documents issus de Beijing, il convient d’intensifier les efforts pour garantir la réalisation de ces engagements, a-t-il souligné en estimant vitale la coopération internationale soutenue et les partenariats globaux.


La communauté internationale devrait honorer les engagements au titre de l’aide publique au développement par des projets tendant à la promotion et à l’autonomisation des femmes dans des domaines comme l’éducation des femmes, la santé et la création d’emplois.     


Droits de réponse


En réponse à la déclaration faite ce matin par la République de Corée, le représentant du Japon a reconnu que son pays avait causé des souffrances à des nations asiatiques.  Assumant ces faits historiques, il a rappelé que son pays s’était excusé au sujet des « femmes de réconfort » après la Seconde Guerre mondiale.  Le Japon a traité de la question des réparations avec les pays concernés et mis en œuvre le paiement de dédommagements de bonne foi.  Le problème a été réglé juridiquement, a-t-il assuré, et le Japon a créé un fonds pour les femmes asiatiques, avec un paiement de 2,8 millions de yen par personne.  Il a regretté que les sentiments sincères du peuple japonais n’aient pas été reçus positivement par la République de Corée.


Le représentant de la République de Corée a évoqué la déclaration « émouvante » faite ce matin devant la Commission par la Ministre de l’égalité des chances de la République de Corée sur ce phénomène.  Il a trouvé inquiétant que le Japon continue de nier ses responsabilités légales face aux victimes de l’esclavage sexuel, malgré les appels répétés de la communauté internationale.  C’est un crime de guerre et un crime contre l’humanité, a-t-il rappelé.  La question n’a jamais été tranchée dans aucun traité bilatéral.


Le représentant du Japon a refusé d’entrer dans une joute verbale avec son homologue de la République de Corée.  La position de son pays sur cette thématique est telle qu’il l’a présentée.


Le représentant de la République de Corée a réitéré que la question n’a jamais été traitée dans l’Accord de 1965 entre les deux pays.  D’après lui, les auteurs n’ont jamais été jugés et le problème ne sera réglé que lorsque le Japon acceptera ses responsabilités juridiques conformément aux réglementations internationales en matière de droits de l’homme.


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