10/10/2013
Assemblée générale
AG/SHC/4068

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Troisième Commission

8e séance – matin


LES ÉTATS PRÔNENT LE RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE

ET RÉGIONALE FACE À LA DROGUE ET AU CRIME


Au deuxième et dernier jour de son débat sur le contrôle international des drogues et sur la prévention du crime et la justice pénale, la Troisième Commission (questions sociales, humanitaires et culturelles) a entendu, ce matin, les délégations demander le renforcement de la coopération internationale et régionale pour lutter contre ces problèmes.


Concerné au premier chef par le trafic illicite des drogues, l’Afghanistan a estimé que son élimination est « une tâche qui demande du temps et des efforts résolus de la part de tous les intéressés ».


Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’Afghanistan est resté, de loin, le principal pays d’origine des opiacés dans le monde.


Pour l’Iran, dont les frontières jouxtent les pays du Croissant d’Or, le défi ne peut être résolu sans s’attaquer aux causes profondes du problème en Afghanistan.


La nécessité d’améliorer de façon durable les conditions de vie dans les pays en développement a été mise en avant par plusieurs pays, dont l’Éthiopie et le Bangladesh.


S’agissant des stratégies viables de lutte contre les cultures illicites, comme celles du cocaïer, le Pérou a relevé que les programmes de développement alternatifs avaient amélioré la situation économique et sociale des familles de paysans.


Pour la République populaire démocratique lao, l’élimination de la culture de l’opium doit coïncider avec l’éradication de la pauvreté et la promotion du développement durable.


Dans le même esprit, Trinité-et-Tobago cible les jeunes dans ses efforts de lutte contre le commerce de la drogue en leur offrant des opportunités d’emploi et de soins.


D’autres intervenants ont insisté sur le principe de la responsabilité commune et partagée, comme le Yémen ou encore le Sénégal qui a averti que l’Afrique de l’Ouest était « en passe de devenir une plaque tournante du trafic de drogue ».


La région sahélo-saharienne et sa façade atlantique connaissent une recrudescence alarmante des activités du crime organisé avec des connexions avérées avec les réseaux terroristes, a renchéri le représentant du Maroc.


Par ailleurs, les participants ont appuyé les initiatives régionales et interrégionales de lutte contre la traite des personnes et les programmes d’assistance propres à renforcer leurs capacités.


Ils se sont souvent engagés à combattre les formes de criminalité en constante évolution, notamment la cybercriminalité.


La Troisième Commission se réunira demain, dès 10 heures, pour examiner la question de la promotion de la femme.


POINT 108: PRÉVENTION DU CRIME ET JUSTICE PÉNALE (A/68/125, A/68/127 ET A/68/128)


POINT 109: CONTRÔLE INTERNATIONAL DES DROGUES (A/68/126)


Suite et fin du débat général


M. AMINE BELHAJ (Maroc) a relevé que plusieurs régions du monde étaient devenues des lieux privilégiés pour le trafic de drogues, la criminalité transnationale organisée, la piraterie, le trafic d’armes et la corruption, notamment la région sahélo-saharienne et sa façade atlantique qui connaît une recrudescence alarmante des activités du crime organisé à l’aide de connexions avérées avec les réseaux terroristes.


Concernant le trafic de drogues et de psychotropes, le Maroc a considéré que les stratégies de mise en œuvre dans ce domaine devraient reposer sur trois piliers.  Il s’agit, d’abord, de diminuer la demande grâce à des programmes de prévention visant la toxicomanie.  Ensuite, il faut réduire l’offre des stupéfiants par un partage plus fluide des informations, des expériences et des meilleures pratiques.  Enfin, il convient de mettre en place de mesures favorisant le développement économique par le biais de cultures alternatives et de programmes de codéveloppement Nord-Sud et Sud-Sud.


Le représentant a ensuite décrit la stratégie multidimensionnelle et intégrée du Maroc sur la base d’un arsenal législatif développé par la Commission nationale des stupéfiants, l’Unité de coordination de la lutte antidrogue et de programmes de développement alternatif initiés par l’Agence pour la promotion et le développement des provinces du Nord (APDN).


Il a rappelé que, dans son Rapport 2012, l’Organe international de contrôle des stupéfiants avait indiqué que le Gouvernement marocain poursuivait ses efforts en matière de lutte contre la culture, la production et le trafic illicite de cannabis, contribuant ainsi à une baisse de l’ordre de 65% de la superficie totale consacrée à cette culture. 


Des saisies de plusieurs tonnes de cannabis sont régulièrement opérées par les autorités marocaines.  Le Maroc a par ailleurs renforcé l’Instance nationale de probité et de lutte contre la corruption (ICPC) et vient de lancer l’Initiative pour l’élaboration et la mise en place d’une stratégie nationale et d’un plan d’action en matière d’immigration.


M. ANDY RACHMIANTO (Indonésie) a réitéré l’engagement de son pays dans la prévention du crime international organisé, du blanchiment d’argent et des crimes économiques ainsi que de la cybercriminalité, des trafics illicites de propriétés culturelles, de ressources forestières et des pratiques de pêches illégales.  Il a ajouté qu’en tant qu’archipel, l’Indonésie était connue pour sa richesse marine mais que, malheureusement, elle était exposée aux crimes commis en mer ou au transit d’activités criminelles y compris les vols à main armée en mer, la traite de personnes et la pêche illégale. 


La lutte contre la corruption reste aussi une des priorités du Gouvernement de l’Indonésie, a déclaré le représentant.  Des mesures de prévention et des mécanismes juridiques ont été mis en place ainsi qu’une loi pour éradiquer la corruption, a-t-il affirmé.  S’agissant de la traite de personnes, l’Indonésie a adopté des lois et des mesures pour prévenir et détecter les crimes internationaux organisés commis dans le pays ou à partir de lui, a-t-il encore indiqué. 


Les efforts mondiaux pour combattre ce problème doivent aider à renforcer l’application de la loi contre les réseaux internationaux de trafiquants.  Il faut aussi donner une grande importance à la protection des victimes.  En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, le représentant de l’Indonésie a réaffirmé l’importance du respect des droits de l’homme et de l’état de droit.  À cet égard, l’Indonésie préconise la tolérance et la modération ainsi que le renforcement de la coopération régionale de lutte contre le terrorisme au sein de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). 


Pour ce qui est du contrôle international des drogues, le représentant a aussi suggéré le renforcement de la coopération à tous les niveaux.  Comme d’autres, l’Indonésie est également confrontée au nouveau défi des nouvelles substances psychoactives.


M. GHOLAMHOSSEIN DEHGHANI (République islamique Iran) a déclaré que son pays, du fait de sa position géographique, était confronté au fléau du trafic de stupéfiants.  La frontière de l’Iran borde en effet, sur 1 800 kilomètres, les pays du Croissant d’Or.  Plus de 10 000 membres des Forces de sécurité iraniennes ont péri dans leur lutte contre la drogue.  De plus, 30 000 troupes ont été mobilisées aux frontières de l’Afghanistan et du Pakistan, et d’importantes mesures ont été prises pour contenir les réseaux de trafiquants. 


L’Iran a également collaboré avec ses voisins au niveau régional, ainsi qu’avec les pays de la « route des Balkans ».  Deux centres d’échange de données sont également basés à Téhéran.


En juillet dernier, l’Iran a organisé un atelier régional sur le blanchiment d’argent, a expliqué M. Dehghani.  L’Initiative triangulaire impliquant l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan, et sa cellule d’analyse conjointe ont permis d’apporter une réponse stratégique au problème du trafic, en menant 15 opérations simultanées depuis la fin de l’année 2011.


L’Iran, a poursuivi son représentant, est d’avis que le défi de la drogue ne peut pas être résolu sans s’attaquer aux causes profondes du problème en Afghanistan.  Les partenaires internationaux et régionaux devraient concentrer leurs efforts sur la croissance et l’amélioration durables des conditions de vie dans ce pays.


M. KHALY ADAMA NDOUR (Sénégal) a déclaré que son pays, situé à la croisée du Sahel et de l’Atlantique, avait érigé au rang de priorité nationale la lutte contre le trafic de drogues et les crimes connexes.  « L’ampleur de ce fléau est telle que, sans mesures collectives hardies, nos efforts de développement économique et social seront annihilés et les équilibres nationaux encore fragiles de nos États mis en péril », a-t-il averti.


« L’Afrique de l’Ouest est en passe de devenir une plaque tournante du trafic de drogues », a insisté M. Ndour.  D’abord zone de transit dans les années 80, la sous-région est devenue un important marché local de consommation.  D’après les données de l’ONUDC, le monde compte 14 millions de cocaïnomanes, dont 8% en Afrique de l’Ouest.  En outre, le territoire africain est de plus en plus utilisé par les trafiquants comme zone de transbordement pour le détournement des précurseurs.


M. Ndour a salué en particulier le Plan d’action régional de lutte contre la criminalité transnationale organisée de la Communauté économique des États l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Initiative onusienne « Côte de l’Afrique de l’Ouest ».  Il a toutefois jugé urgent de renforcer les stratégies pour faire face au phénomène du trafic de drogue en s’attaquant, en particulier, aux causes sous-jacentes de la vulnérabilité de certains pays telles que la pauvreté et le sous-développement.   À cet égard, la fourniture d’une assistance technique, en vue de renforcer les capacités des pays les plus exposés, est également nécessaire.


M. RODNEY CHARLES (Trinité-et-Tobago) a indiqué que la société de son pays était frappée par des fléaux émanant de plusieurs formes d’activités criminelles, en particulier celles liées au commerce illégal des stupéfiants.  Le pays s’emploie à riposter efficacement et demeure fermement attaché à la prévention du crime et à la justice pénale. 


Trinité-et-Tobago collabore avec un certain nombre de partenaires extérieurs dans des initiatives relatives à la prévention du crime et dans des programmes de renforcement de son système judiciaire.  Ainsi, le Ministère de la sécurité nationale est impliqué dans des programmes de prévention axés sur la sécurité des citoyens, dont un avec l’appui financier de la Banque internationale de développement, lancé en 2008 pour réduire la criminalité et la violence dans des communautés pilotes ayant des « besoins élevés ».


Cette approche est conforme aux dispositions de la résolution 67/189 de l’Assemblée générale qui encourage les États Membres à l’adoption de plan d’action national et local de prévention du crime.


Trinité-et-Tobago cible particulièrement les jeunes dans ses efforts de lutte contre le commerce de la drogue en offrant des opportunités d’emploi et de soins aux jeunes à haut risque et par des programmes de réduction de la pauvreté et de développement social.


Des tribunaux de traitement de la toxicomanie ont été mis en place et des options de réinsertion sont offertes.  D’autre part, une nouvelle politique sur la drogue 2013 et son plan opérationnel pour la période 2013-2017 ont été formulés et sont en train d’être finalisés.


M. CHARLES THEMBANI NTWAAGAE (Botswana) a fait remarquer que beaucoup de pays, dont le sien, servaient de « terreaux fertiles » pour les trafiquants de toute sorte qui exploitent la vulnérabilité créée par la pauvreté, l’inégalité, le chômage et un manque général d’opportunités, notamment pour les femmes et les jeunes.  À cet égard, il a apprécié l’attention que le système des Nations Unies, y compris le Conseil des droits de l’homme, porte à cette question.


L’action du Botswana pour combattre la traite des personnes se fonde sur la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et des instruments régionaux tels que le Plan d’action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, et le Plan stratégique décennal de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC)sur le même sujet. 


M. Ntwaagae a souhaité que le rôle de l’ONUDC soit renforcé pour aider les pays à appliquer les quatre piliers du Plan d’action mondial des Nations Unies pour la lutte contre la traite des personnes.


M. TAHA HUSSEIN DAIFALLAH AL-AWADI (Yémen) a mis l’accent sur la responsabilité commune et partagée de tous les membres de la communauté internationale et des organisations, fonds et agences spécialisés dans la lutte contre la traite des personnes, le commerce des drogues, la corruption et la criminalité transnationale organisée.  Il a souligné qu’il était indispensable d’ériger en priorité le combat contre la corruption dans le contexte du développement, ce qui a été du reste concrétisé par la signature, en 2003 par le Yémen, de la Convention de l’ONU sur la corruption suivie de sa ratification deux ans plus tard.


Le pays a ensuite adopté des textes législatifs et établi un organe national de lutte contre la corruption.  Il a pris une série de mesures sur le traçage des avoirs et le renforcement des institutions de contrôle et de suivi.  Il a également lancé des campagnes de sensibilisation pour informer sur les méfaits de la corruption sur la société et le développement.


Le représentant a indiqué que son pays participait à un projet commun d’assistance technique au niveau de la région arabe et d’Afrique du Nord, par le truchement de l’ONUDC.  Le Yémen s’efforce également de consolider ses institutions en vue de la prévention, de la lutte et de la répression de la contrebande de stupéfiants par terre et par mer et a signé plusieurs conventions, accords et protocoles d’entente à cet égard.


Les services nationaux concernés mènent des campagnes de sensibilisation et de formation de leur personnel et du public pour alerter sur les effets préjudiciables des drogues pour les individus et la société toute entière.  D’un autre côté, la traite des personnes est un crime et une atteinte flagrante aux valeurs et aux principes relatifs aux droits de l’homme et à la dignité humaine, a-t-il affirmé, soulignant que le Gouvernement du Yémen prenait des mesures de sécurité robustes pour combattre ce fléau.   


Mme LISANDRA ASTIASARÁN ARIAS (Cuba) a déclaré que la prévention du crime continuait de figurer parmi les priorités majeures dans le contexte de la conjoncture internationale actuelle.  Tous les pays, indépendamment de leur pouvoir économique, de leur superficie ou du volume de leur population, sont vulnérables aux différentes manifestations de la criminalité, y compris à ses formes émergentes.  Pour les pays aux ressources limitées, le défi est de taille, car le combat contre la criminalité transnationale organisée passe d’abord par la lutte contre le sous-développement et l’instauration d’un ordre économique international plus juste, démocratique et équitable.


Aujourd’hui, aucun pays n’est en mesure de combattre, à lui seul, le terrorisme, le narcotrafic, la traite des personnes, les opérations de blanchiment de capitaux et la contrebande d’armes, a-t-elle dit.  Dès lors, la coopération internationale sur la base du plein respect de la souveraineté, des législations nationales et de l’intégrité territoriale des États est essentielle dans la prévention et la lutte efficaces contre la criminalité, comme le stipule la Convention de Palerme.


La représentante a souligné qu’il n’était pas du ressort du Conseil de sécurité de traiter de ces questions, et a mis l’accent sur les effets alarmants du trafic des stupéfiants.  Elle a réitéré la volonté de son pays de collaborer dans tout effort sérieux et cohérent pour en finir avec ce trafic.  Le problème ne saurait être résolu par des mesures imposées aux centres de production ou aux intermédiaires, a-t-elle estimé, ajoutant que la responsabilité fondamentale résidait dans les grands marchés de consommation des stupéfiants.


Elle a également rejeté l’établissement de listes unilatérales à l’encontre de pays accusés de commettre des violations liées à la criminalité transnationale organisée, dressées, selon elle, à des fins de manipulation politique par le Département d’État américain concernant le terrorisme, la traite des personnes et le trafic de drogues.


M. KANYA KHAMMOUNGKHOUN (République démocratique populaire lao) a rappelé que son pays, du fait de sa géographie, était considéré non seulement comme un pays d’origine, mais également comme un pays de transit et de destination pour la traite d’êtres humains.  Le représentant a ainsi indiqué que la République démocratique populaire lao n’épargnait aucun effort pour combattre de tels crimes atroces, et qu’il avait adopté de nombreuses mesures à cet effet.


Au plan régional, le Gouvernement de la République démocratique populaire lao s’attache à renforcer la coopération avec ses voisins régionaux et les agences internationales dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée.  À cet égard, le représentant a rappelé que son pays participait activement à la coordination des mécanismes régionaux et au Plan d’action régional visant à combattre la traite d’êtres humains.  S’exprimant ensuite sur le problème de la drogue, le représentant a souligné que la toxicomanie et le trafic de drogues avaient un impact énorme sur le développement et l’éradication de la pauvreté.


En retour, la pauvreté et le sous-développement conduisent les personnes démunies au trafic de drogues et à d’autres crimes.  Pour conclure, le représentant a évoqué la question spécifique de l’opium, indiquant que l’élimination de la culture de l’opium devait coïncider avec l’éradication de la pauvreté et la promotion du développement durable.


M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh) a rappelé que les crimes organisés transnationaux tels que la traite des êtres humains, le blanchiment d’argent, la corruption, le trafic et l’abus de drogues, étaient devenus une préoccupation mondiale.  « Les impacts négatifs de ces crimes ne se limitent pas seulement à l’intérieur des frontières nationales, nous en sommes tous affectés, et aucun pays ne peut y faire face seul », a relevé le représentant.


Parce que la traite des êtres humains apparaît comme « le crime transnational qui croît le plus à travers le monde », le Bangladesh a attiré l’attention sur le fait qu’il s’agit d’un problème entretenu par des facteurs sociaux, économiques, culturels et démographiques qu’il faut prendre en compte si on veut une lutte efficace.  « L’absence d’implication, d’opportunités de travail, d’éducation et d’une prise de conscience publique aggrave la situation », a insisté M. Momen.


Le représentant du Bangladesh a aussi dénoncé les restrictions et discriminations excessives imposées par les pays de destination des migrants, ce qui « pousse les gens dans les bras des trafiquants ».  Il a alors appelé les pays accueillant les migrants à « plus de coopération et de compréhension en facilitant l’immigration régulière », de manière à amener les gens à renoncer aux déplacements irréguliers qui les exposent à devenir les victimes de trafiquants humains.


En ce qui concerne le trafic et l’abus de drogues, M. Momen a expliqué que la position géographique du Bangladesh, avec ses longues frontières poreuses, rendait le pays vulnérable.  Néanmoins, le Bangladesh multiplie les efforts pour combattre ce fléau, tout comme il s’est engagé à instaurer une société sans corruption et à appliquer le principe de « zéro tolérance » face au terrorisme.


M. MILORAD ŠĆEPANOVIĆ (Monténégro) a annoncé que le Gouvernement de son pays avait placé la lutte contre les groupes criminels organisés, y compris les trafiquants de drogues, au sommet de sa liste de priorités, et accordait une attention particulière aux jeunes « qui doivent être protégés des effets néfastes des drogues ».


Le Monténégro a donc mis en place un certain nombre de mécanismes pour lutter contre la drogue.  M. Šćepanović a notamment cité le Conseil national pour la prévention de l’abus de drogue.  Mais pour lutter efficacement contre le fléau mondial que représente le trafic de drogues, « les efforts nationaux, bien que déterminants, ne sont pas suffisants.  Ils doivent être complétés par des actions concertées au niveau régional, et par la coopération internationale à tous les niveaux », a souligné le représentant du Monténégro.


L’ONUDC, a poursuivi M. Šćepanović, est un outil essentiel dans la coordination des efforts des États Membres dans la lutte contre le trafic de drogues.


M. W. HAWARIAT G. SELASSIE TESFAY (Éthiopie) a expliqué que la justice pénale de son pays accordait une attention particulière à la criminalité transnationale organisée, à la corruption et au terrorisme.  Malheureusement, dans la Corne de l’Afrique, le trafic illicite de drogue et les crimes connexes restent préoccupants. 


Les victimes de la traite sont exposées à des situations extrêmement dangereuses qui mettent en danger leur santé physique et mentale, a déploré le représentant, avant de souligner que l’Éthiopie avait lancé une vaste campagne médiatique pour sensibiliser la population à ce problème.


M. Tesfay a reconnu que la pauvreté, le chômage et l’absence d’opportunités socioéconomiques contribuaient à rendre les personnes vulnérables par rapport à la traite.  C’est la raison pour laquelle il faut s’efforcer de promouvoir le développement économique, la démocratisation et l’état de droit.  En outre, l’Éthiopie s’est engagée à prévenir et combattre la corruption avec une politique de « tolérance zéro ».


Mme SHAIMA ABDULWAHED NAJEM (Bahreïn) a affirmé que son pays avait pris des mesures législatives et adopté des plans et stratégies en vue de l’application concrète des conventions et instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme auxquels il est partie. 


Le Gouvernement s’est résolument impliqué, aux niveaux régional et international, dans la lutte contre la traite des personnes qui porte atteinte à la dignité des victimes et menace l’économie mondiale.  Elle a notamment cité le fait que son pays était l’un des membres fondateurs du Groupe d’amis sur la traite des personnes et avait créé une commission nationale contre ce fléau, qui travaille avec les organisations de la société civile et qui a mis au point un certain nombre de projets tendant à la protection et à l’assistance aux victimes. 


Une ligne téléphonique spéciale et un site Internet en plusieurs langues pour que les travailleurs migrants puissent communiquer leurs doléances ou solliciter une assistance ont également été ouverts.  La communauté internationale doit intervenir afin de protéger les victimes de la traite, surtout les femmes et les enfants, et agir pour en finir avec ce fléau en éliminant la demande, a-t-elle recommandé.   


Mme ANA PEÑA DOIG (Pérou) a indiqué que son pays soutenait les recommandations figurant dans le rapport du Secrétaire général sur la coopération internationale face au problème mondial de la drogue, en particulier celles relatives à la pleine application, par tous les États, des dispositions contenues dans les conventions sur les flux financiers illicites et le blanchiment d’argent provenant du trafic de drogues.


Elle a, en outre, appuyé l’encouragement du Secrétaire général à l’élaboration de programmes de développement alternatif conformément aux Principes directeurs internationaux sur le développement alternatif en vue de garantir la réduction des cultures illicites et d’améliorer les conditions sociales et économiques des populations des zones affectées. 


Elle a confirmé qu’au Pérou, les programmes de cultures alternatives avaient amélioré le sort des familles qui vivaient dans les zones de plantation de coca.  L’année dernière, les exportations de produits dérivés du développement alternatif ont augmenté de plus de 150 millions de dollars, s’est-elle félicitée.


Mme Peña Doig a aussi souligné la nécessité de fournir des ressources suffisantes à l’ONUDC pour qu’il s’acquitte durablement de son mandat et réponde effectivement à la demande croissante en matière d’assistance technique.  Elle a jugé, par ailleurs, qu’il convenait de préserver la fonction et les mandats des organes spécialisés dans les questions relatives aux drogues, après avoir pris note de la proposition d’accorder un rôle directeur à la Commission des stupéfiants dans le processus préparatoire de la session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le problème mondial de la drogue.  Elle a précisé que son pays présidait actuellement la Commission des stupéfiants à Vienne.   


M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a souligné que le problème de la drogue dans son pays était le résultat de trois décennies de conflit qui ont détruit ses institutions et son tissu social.  « Nous savons d’expérience que l’élimination des drogues illicites d’Afghanistan est une tâche qui demande du temps et des efforts résolus de la part de tous les intéressés », a-t-il ajouté.


Le terrorisme, l’insécurité et le fléau des stupéfiants sont indivisibles.  On voit bien que la culture et la production de stupéfiants sont prédominantes dans les régions les plus violentes, a fait remarquer M. Tanin.  Les autorités compétentes ont arrêté et traduit en justice des contrebandiers qui font sortir des tonnes de drogues d’Afghanistan tous les mois, et les efforts se poursuivent sans relâche, a-t-il assuré.  Tous les secteurs de la société, qu’il s’agisse des forces de sécurité, des chefs tribaux et religieux, des enseignants ou des groupes de femmes, demandent des mesures pour lutter contre les stupéfiants.


L’Afghanistan est cependant convaincu que la solution réelle au problème de la drogue requiert un effort régional et international intégré qui se concentre sur les trois aspects: production, trafic et consommation.  À cet égard, M. Tanin a souligné le principe de la responsabilité commune et partagée.  Les pays voisins de l’Afghanistan doivent jouer leur rôle pour mettre fin au trafic, y compris des précurseurs chimiques, et les partenaires internationaux doivent faire le nécessaire pour réduire la demande.  Enfin, l’Afghanistan travaille avec ses partenaires régionaux dans le cadre de l’Initiative du Pacte de Paris et remercie l’ONUDC pour son appui.


M. BRUNO SANTOS DE OLIVEIRA (Brésil) a rappelé que la criminalité était un phénomène ancien qui affectait tous les pays et toutes les régions.  En conséquence, la lutte contre ce fléau, notamment la criminalité transnationale organisée, requiert une intensification des efforts tendant à une coopération efficace, notamment la coopération Sud-Sud, et des actions englobant les dimensions de la prévention, de même que la promotion et la protection des droits de l’homme et du développement durable.


La Convention des Nations Unies sur la criminalité transnationale organisée demeure, dans ce contexte, le pivot de tous les efforts de lutte contre ces types de délits.  Il importe donc, au premier chef, d’atteindre une participation universelle à tous les traités internationaux, y compris par l’examen du mécanisme de la Convention et des protocoles s’y rapportant.


Le Brésil, a-t-il poursuivi, attache une importance majeure à la jeunesse dans le contexte de la prévention du crime, et a mis sur pied le Programme national sur la sécurité publique et la citoyenneté (PRONASCI) qui conjugue les stratégies traditionnelles avec des activités tendant à remédier aux causes profondes de la violence.  Ce programme renforce l’esprit civique des communautés en promouvant leur participation dans des initiatives publiques dans les zones affectées par la criminalité.


Il accorde en outre une attention spécifique à la protection des enfants dans des situations de vulnérabilité, en particulier dans des milieux de grande vulnérabilité sociale, et appuie la mise en œuvre et le développement du travail des unités de police de pacification dans l’État de Rio de Janeiro.   


Mme ALIA AL DHAHERI (Émirats arabes unis) a fait observer que, du fait de son rôle pivot en tant que place financière et commerciale dans la région du Moyen-Orient, qui accueille des ressortissants de quelque 200 nations de cultures et religions diverses, son pays avait veillé à instaurer une politique de tolérance et d’acceptation d’autrui. 


Les Émirats ont également œuvré au renforcement de la solidarité locale, régionale et internationale en offrant un environnement sûr, en luttant contre tous les crimes qui menacent la région, y compris le trafic de drogues, la cybercriminalité et la piraterie.


S’agissant du terrorisme, le pays a adhéré à toutes les conventions régionales et internationales sur ce fléau et signé des accords d’échange de renseignements.  Cette lutte s’accompagne d’une politique contre le blanchiment d’argent, en particulier dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.


Les Émirats ont aussi créé, l’année dernière, le premier Centre d’orientation contre l’extrémisme.  La traite des personnes figure également au centre des efforts des Émirats.  Des accords bilatéraux ont été signés avec certains pays pourvoyeurs de main-d’œuvre.  Le Groupe de contact de la piraterie au large des côtes somaliennes constitue un important moyen de prévention et de lutte contre cette forme de délit.  Les Émirats ont mis fin à des livraisons d’armes de destruction massive et leurs vecteurs par un système de contrôle strict de vérification, contrôle et d’inspection, a-t-elle conclu.    


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