9/10/2013
Assemblée générale
AG/SHC/4067

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Troisième Commission

6e et 7e séances – matin et après-midi


LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SUR LA DROGUE EN 2016

DOIT MARQUER UN TOURNANT, DÉCLARE LE DIRECTEUR EXÉCUTIF DE L’ONUDC


La mondialisation de la criminalité exige un changement

de tactique dans les politiques des États Membres, préconisent des délégations


Une évaluation des politiques de lutte contre toutes les formes de criminalité transnationale organisée s’impose à l’échelle mondiale pour convenir de nouvelles stratégies destinées à éliminer des réseaux chaque fois plus sophistiqués et souvent invisibles, a-t-il été souligné, aujourd’hui, au premier jour du débat, en Troisième Commission, sur le contrôle international de la drogue et la prévention du crime et la justice pénale.


Dans cette optique, les États devraient accorder la priorité aux préparatifs de l’examen de haut niveau de l’application de la Déclaration politique et du Plan d’action sur la coopération internationale en vue d’une stratégie intégrée équilibrée de lutte contre le problème mondial de la drogue, a déclaré le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), M. Yury Fedotov, dans une intervention par vidéoconférence où il présentait ses activités annuelles.


Cet examen est prévu lors de la session de 2014 de la Commission des stupéfiants à Vienne, et servira de processus préparatoire de la session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le problème mondial de la drogue qui aura lieu en 2016, conformément à sa résolution 67/193.


« Ces deux réunions constitueront des tournants dans la réalisation des objectifs fixés dans la Déclaration et le Plan d’action dont la date butoir est 2019 car aucun pays n’est protégé de la menace du trafic des drogues ou de la menace à la santé, au développement et à l’état de droit posée par les drogues illicites », a indiqué M. Fedotov devant la Troisième Commission, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles. 


S’agissant du budget, les prévisions de l’ONUDC pour l’exercice budgétaire 2014-2015 sont estimées à environ 693,9 millions de dollars, dont 45,6 millions du budget ordinaire et 648,3 millions au titre des apports extrabudgétaires.  M. Fedotov a exhorté, en outre, les États Membres, à résoudre le problème de la cohérence opérationnelle et stratégique de l’ONUDC.


Cela peut se faire dans le contexte des discussions du Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée sur l’amélioration de la gouvernance et de la situation financière de l’ONUDC, a proposé M. Fedotov.


« L’ONU est l’unique institution capable de mettre en œuvre des stratégies susceptibles d’aider à gagner la bataille contre la criminalité organisée.  Le défi actuel réside dans notre capacité de révision et de consolidation de notre concertation », a dit avec force le Mexique.


Pour la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Déclaration politique et le Plan d’action mentionnés constituent « un engagement de haut niveau et complet pour riposter contre le problème mondial de la drogue ».


L’évaluation récente des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) a révélé que la criminalité transnationale organisée et le trafic des stupéfiants constituaient des entraves majeures à la réalisation des OMD, a encore relevé la SADC.


« Le combat contre le crime est un combat en faveur du développement humain », a lancé la Jamaïque, au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), qui a soutenu le caractère indissociable de la promotion du développement et de la prévention du crime, en qualifiant d’« historique » l’adoption, en avril dernier, du Traité sur le commerce des armes (ATT), que le Costa Rica a recommandé de mettre d’ores et déjà en œuvre.


« La Corne de l’Afrique est inondée d’armes qu’elle ne produit pas », a affirmé la représentante du Kenya, pays récemment touché par une violente attaque terroriste qui l’a endeuillé.


Le Kenya a demandé à la communauté internationale de « faire plus » pour endiguer le flot d’armes légères et de petit calibre et éliminer les activités terroristes, ce qui devrait désormais être facilité par le Traité sur le commerce des armes (ATT).  La priorité doit être accordée à la lutte contre la pauvreté, a néanmoins ajouté sa délégation.


Plusieurs délégations, dont le Japon et l’Algérie, ont estimé que l’abus des précurseurs et des drogues synthétiques devenait un problème aigu qu’il convient d’endiguer par une action concertée et multidisciplinaire.


D’autres ont invité à prêter attention à la bonne gouvernance et à l’état de droit en préparant, par ailleurs, le treizième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, qui sera accueilli par le Qatar en 2015.


La Troisième Commission reprendra ses travaux jeudi, à 10 heures, pour achever son débat sur la prévention du crime et justice pénale et le contrôle international de la drogue.


POINT 108: PRÉVENTION DU CRIME ET JUSTICE PÉNALE ( A/68/125, A/68/127 ET A/68/128)


POINT 109: CONTRÔLE INTERNATIONAL DES DROGUES ( A/68/126 )


Déclaration liminaire du Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime


M. YURY FEDOTOV, Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et Directeur général des Nations Unies à Vienne, dans un discours diffusé par vidéo, a déclaré que la drogue, la criminalité, le trafic illégal, la corruption et le terrorisme représentaient les menaces les plus urgentes au développement et à la sécurité auxquels les États Membres sont confrontés.  Il a rappelé que l’ONUDC était l’entité phare du Secrétariat de l’ONU chargée d’assister les pays à faire face à ces menaces et défis et de promouvoir la justice et l’état de droit.


L’ONUDC est le gardien des conventions internationales sur la drogue, la criminalité transnationale organisée, y compris les protocoles s’y rapportant et relatifs à la lutte contre la traite humaine, le trafic des migrants et des armes, et la corruption.  « Nous sommes guidés par 16 instruments universels contre le terrorisme », a-t-il ajouté. 


Tous ces documents représentent un socle juridique solide pour la recherche ainsi que les opérations dans ces domaines et la réponse intégrée de la communauté internationale repose sur trois principaux piliers: normatif, opérationnel sur le terrain, et recherche et analyse tendant à faciliter les réponses stratégiques et l’identification des menaces émergentes.


En outre, l’ONUDC apporte une assistance technique aux États Membres dans l’application des dispositions des conventions, tandis que  les bureaux sur le terrain identifient les domaines exigeant une aide et assistent les pays dans le renforcement de leurs capacités pour y répondre.


La tâche de l’ONUDC comporte chaque fois plus d’efforts visant à riposter à une gamme de menaces émergentes, en particulier les crimes commis en mer, la cybercriminalité, le trafic frauduleux des médicaments et de la propriété culturelle, ainsi que la criminalité contre les animaux sauvages. 


Ce faisant, une approche intégrée encourage les initiatives entre pays ainsi qu’entre les régions, à travers une programmation fondée sur le partenariat avec les organisations multilatérales et la société civile.  Ces partenariats aident à la promotion de l’appropriation locale et à la responsabilité mutuelle.


Du point de vue budgétaire, M. Fedotov a noté l’accroissement des contributions volontaires à l’ONUDC au cours des dernières décennies, preuve de la confiance des donateurs ; néanmoins, plus de 90% de ces contributions sont réservées à des tâches spécifiques qui ne reflètent pas toujours les priorités des organes de décisions. 


Pour l’exercice biennal 2012-2013, le budget total s’élevait à 576,3 millions de dollars, dont 43 millions au titre du budget ordinaire, et 533,3 millions de dollars au titre des contributions extrabudgétaires, a-t-il précisé.  Les prévisions pour l’exercice 2014-2015 sont estimées à environ 693,9 millions de dollars, dont 45,6 millions au titre du budget ordinaire et 648,3 millions au titre des apports extrabudgétaires.


Il a appelé les États Membres à résoudre le problème de la cohérence opérationnelle et stratégique de l’ONUDC, dans le contexte des discussions du Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée sur l’amélioration de la gouvernance et de la situation financière de l’ONUDC.


Par ailleurs, l’Assemblée générale s’apprête aussi à adopter les Principes directeurs des Nations Unies sur le développement alternatif, tels que recommandés par la Commission sur les drogues.


Le Directeur exécutif de l’ONUDC a en outre annoncé que son Office se préparait également à l’examen de haut niveau par la Commission des stupéfiants (CND) à Vienne sur l’application de la Déclaration politique et du Plan d’action sur le problème mondial de la drogue, en 2014.  Cet examen sera suivi, en 2016, par une session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le contrôle international de la drogue, conformément à la résolution 67/193.


À cet égard, il a émis le vœu que la résolution charrette de cette session encourage les États Membres à participer et à appuyer ce processus.  Ces deux réunions constitueront des tournants dans la réalisation des objectifs fixés dans la Déclaration et le Plan d’action dont la date butoir est 2019 car aucun pays n’est protégé de la menace du trafic des drogues ou de la menace à la santé, au développement et à l’état de droit posée par les drogues illicites, a-t-il souligné, en admettant que les solutions ne sont pas aisées à trouver et à mettre en œuvre, d’où la nécessité d’un débat franc et visionnaire sur le problème mondial de la drogue.


M. Fedotov a indiqué, par ailleurs, qu’un autre événement au titre du mandat de l’ONUDC est la cinquième session de la Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption, qui aura lieu en novembre à Panama, et sera suivie, en 2015, par la sixième session en Russie.  D’autre part, le treizième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale se déroulera au Qatar en 2015.   


« Si nous voulons que les populations soient à l’abri des différentes formes de criminalités mentionnées, il incombe à la communauté internationale de poursuivre sa lutte de façon intégrée », a conclu M. Fedotov.


Débat général


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie), s’exprimant au nom de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a souligné que la coopération entre toutes les parties prenantes était nécessaire pour lutter contre la criminalité transnationale organisée.  Les efforts collectifs régionaux des 10 membres de l’ASEAN ont été renforcés lors de la dernière réunion de l’Association qui a eu lien en République démocratique populaire lao, du 15 au 19 septembre 2013.  Elle a adopté un programme de travail jusqu’en 2015 pour combattre les trafics en tous genres, dont la piraterie, le trafic des armes et la traite des êtres humains, de même, un groupe spécial sur la cybercriminalité a été créé.


En outre, l’ASEAN a renouvelé sa coopération avec ses « partenaires de dialogue », la Chine, le Japon et la République de Corée.  La Conférence ministérielle continuera à jouer son rôle proactif pour répondre aux nombreux problèmes posés par la criminalité transnationale organisée, a assuré M. Haniff.  La communauté de l’ASEAN devrait être réalisée d’ici à 2015, a-t-il rappelé, et l’intégration ne doit pas être freinée par la criminalité.


En matière de contrôle des drogues, « il vaut mieux prévenir que guérir », estime en essence l’ASEAN.  Les chefs des agences contre la drogue et le crime de la région se sont réunis au Brunéi Darussalam en septembre dernier pour faire le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la feuille de route sur la question.  En outre, les ministres des finances de l’ASEAN se réunissent régulièrement dans le cadre de l’Accord sur les douanes pour lutter contre le trafic des stupéfiants et des substances psychotropes.


Selon le représentant, les programmes de développement alternatifs doivent être renforcés et élargis, car ils permettent de régler des problèmes profonds liés à la culture de la drogue en milieu rural.  Quatre centres de formation, situés à Bangkok, Manille, Kuala Lumpur et Singapour, constituent une plateforme d’action pour les États membres de l’ASEAN. 


Enfin, l’ASEAN souhaite que l’ONUDC consolide la collecte et la dissémination de données sur les drogues et qu’elle continue à aider les États à analyser les tendances et les menaces posées par la criminalité transnationale.


M. COURTENAY RATTRAY (Jamaïque), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a affirmé que, du fait même de la nature évolutive de la criminalité transnationale organisée, aucune région n’était à l’abri des conséquences du crime et de la violence.  Il a rappelé, à cet égard, que la région des Caraïbes avait dû faire face à des dynamiques en la matière qui avaient menacé le progrès vers le développement durable et la création d’un environnement promouvant la croissance.


La CARICOM y a apporté une réponse avec la mise en place d’une stratégie de prévention du crime, adoptée en février 2013.  Le représentant a ensuite souligné que le crime et la corruption avaient un effet délétère en matière de développement, et que le combat contre le crime était par conséquent une lutte en faveur du développement humain.  La CARICOM soutient ainsi que la promotion du développement et la prévention du crime sont indissociables.


Le représentant a ensuite salué l’adoption du Traité sur le commerce des armes (ATT) en avril de cette année, qualifiant le texte d’« historique ».  Ce traité prévoit des mesures pour répondre aux problèmes liés à l’afflux d’armes légères et de petit calibre, qui contribuent de manière significative au cycle insidieux du crime, de la pauvreté et du sous-développement. 


La CARICOM souhaite en outre attirer l’attention de la communauté internationale sur le fait que les réseaux criminels, aujourd’hui, sont à certains égards dotés davantage de ressources, plus connectés les uns aux autres et plus informés que certains États.  Ces réseaux sont souvent à la pointe des nouvelles technologies qu’ils utilisent à leurs fins criminelles.  À cet égard, la CARICOM appelle à une attention toute particulière envers les pays en développement en position de vulnérabilité et qui ne possèdent pas les moyens de contrer ces activités criminelles.


M. ISMAEL ABRAÃO GASPAR MARTINS (Angola), qui s’exprimait au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a souligné que le fardeau de la criminalité persistait dans la région mais que, graduellement, il était mieux contrôlé par les autorités en dépit du caractère complexe d’un monde chaque fois numérisé et l’amélioration des plateformes de communication. 


Les politiques de prévention et de lutte ainsi que des stratégies plus efficaces aident les 14 États membres de la SADC à mieux se préparer à ces réalités en travaillant avec différents organes et institutions, localement et internationalement, pour répondre en amont aux délinquants et prévenir les activités criminelles.


L’énorme traite des personnes demeure une grande préoccupation dans la région, de même que le trafic des drogues qui continue à poser des menaces considérables, surtout lorsqu’elles ne sont pas confrontées de manière efficace à travers des efforts coordonnés.  À cet égard, le représentant a jugé essentielle la Déclaration politique sur le contrôle des drogues, qui constitue un engagement de haut niveau et complet pour riposter contre le problème mondial de la drogue.


Dans cet objectif, il importe de traduire les engagements pris en actions concrètes et efficaces, dans le contexte de la responsabilité commune et partagée de l’ensemble de la communauté internationale.  Il a rappelé, ainsi, que l’évaluation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avait révélé que la criminalité transnationale organisée et le trafic des stupéfiants constituaient des entraves majeures à la réalisation des OMD.    


En tant que représentant de l’Angola, il a indiqué que son gouvernement avait défini des stratégies qui se concentrent sur la lutte contre la drogue par la mise sur pied d’un organe à cet effet.  Les réformes du secteur de la santé ont été entamées en vue de la consolidation de la lutte contre la consommation de stupéfiants notamment par la sensibilisation et l’encouragement à un changement de comportement.  


M. IOANNIS VRAILAS, délégué de l’Union européenne, a déploré les liens croissants entre la criminalité transnationale organisée, la corruption et le terrorisme international, en particulier dans certains États fragiles où existe un vide en matière de gouvernance.  En plus du trafic de stupéfiants, les activités des groupes criminels se sont élargies pour inclure la cybercriminalité, le crime maritime et la contrefaçon.  La traite des êtres humains constitue l’une des manifestations les plus odieuses de la criminalité organisée.


L’Union européenne considère que la criminalité transnationale organisée doit être combattue de façon intégrée, aux niveaux national, régional et international.  Réaffirmant l’importance de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et des Protocoles s’y rapportant, M. Vrailas a appuyé la création d’un mécanisme efficace d’examen de ces instruments.  Les États membres de l’Union fournissent une assistance financière à l’ONUDC pour que l’Office aide les États à mettre en œuvre la Convention.


Pour sa part, a expliqué le délégué, l’Union européenne a développé un plan d’action avec des pays tiers pour lutter contre la criminalité transnationale pour la période 2014-2017.  Ses priorités concernent le trafic des stupéfiants et des armes à feu, l’immigration illégale, la cybercriminalité, les biens contrefaits et de mauvaise qualité qui présentent un danger pour la santé.  Pour ce qui est de la prévention, les États de l’Union prônent la promotion de l’inclusion sociale et une approche multidisciplinaire.


Par ailleurs, les États de l’Union européenne appuient le travail du Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée sur la prévention de la corruption.  En décembre dernier, a poursuivi M. Vrailas, l’Union a adopté sa stratégie de lutte contre les stupéfiants pour la période 2013-2020.  Cette stratégie vise « à améliorer le bien-être de la société et de l’individu, à protéger la santé publique, à offrir un niveau élevé de sécurité pour le public et à adopter une approché équilibrée, intégrée et concrète vis-à-vis du phénomène de la drogue », dans le respect de la dignité humaine.  Dans le même esprit, l’union a mis au point une stratégie ayant pour objectif d’éliminer la traite des êtres humains.


Mme IRINA VELICHKO (Bélarus), qui s’exprimait au nom de la Communauté d’États indépendants (CEI), que son pays préside, a affirmé qu’au niveau régional, la coopération s’était accrue entre les États de la CEI avec la constitution d’une base de données sur la criminalité sous toutes ses formes et que des conventions avaient été adoptées.


Le 5 décembre 2012 à Achkhabad, lors du Sommet des chefs d’État de la CEI, une déclaration a été adoptée sur l’intensification des efforts régionaux dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée.  Des unités spéciales sont mises sur pied pour combattre la contrebande des biens culturels, dans les zones frontalières et de la propriété intellectuelle.  Des bases de données ont été également créées et améliorées, tandis que des programmes conjoints sont mis en œuvre entre plusieurs pays de la région.


Un accord régional sur les armes et explosifs a également été signé à une date récente.  D’autre part, la lutte contre la corruption serait impossible sans une réglementation et une coordination sur les avoirs et les opérations financières et bancaires.  Un accord a été, d’ailleurs, signé en vue de la coopération entre les dirigeants des structures bancaires et financières.  Ce faisant, la priorité est accordée aux droits de l’homme, à la transparence et au respect de l’état de droit, a-t-elle conclu.


M. EVGENY ZAGAINOV (Fédération de Russie), s’exprimant d’abord au nom des États membres de l’Accord sur la sécurité collective, a proposé de renforcer le rôle de coordination de l’ONU et l’efficacité de ses programmes.  Il a dénoncé la production d’héroïne en Afghanistan comme étant « le principal facteur de déstabilisation de la région ».  À cet égard, le Pacte de Paris est une initiative très importante.  Tous les pays concernés par ce problème ont une responsabilité conjointe, a-t-il insisté en soulignant l’importance de la coopération dans la région eurasiatique.


Dans la lutte contre les stupéfiants, une approche équilibrée est nécessaire pour réduire la consommation, basée sur un meilleur développement social et la création d’emplois, a ajouté le représentant.  Afin d’enrayer le problème, il faut promouvoir le développement alternatif et « des choix de vie qui ne vont pas dans le sens de la production de stupéfiants », tout en tenant compte des dimensions démographique, économique et écologique.


Au nom de la Fédération de Russie, le représentant a plaidé en faveur d’une approche équilibrée et complète dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée.  Il a jugé indispensable d’avoir « une stratégie unique au sein des Nations Unies », notamment dans le cadre de la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale. 


En outre, il faut intensifier les efforts en vue de lutter contre la cybercriminalité et pour mettre au point une convention universelle sur cette question.  Il faut également soutenir le fonds d’affectation spéciale pour les victimes de la traite des êtres humaines et renforcer les capacités de recherche de l’ONUDC et son budget.


Le treizième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale devra aussi être l’occasion de renforcer toutes les formes de coopération avec les parties prenantes, y compris la société civile et les entreprises.  Face à la menace des opiacés afghans, il est indispensable de respecter les initiatives adoptées dans le cadre du Pacte de Paris. 


De même, il faut prendre des mesures d’urgence pour contrer les drogues de synthèse dont la production a augmenté de 40%.  Enfin, le représentant s’est félicité de la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer des mesures pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.


M. GEORG SPARBER (Liechtenstein) a indiqué que la lutte contre la corruption devait être l’une des priorités de la communauté internationale, estimant qu’il était désormais important de mettre en œuvre plus efficacement les normes internationale en la matière, en particulier la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC).


Il a affirmé que son pays était pleinement engagé a appliquer les dispositions relatives au recouvrement, au retour et la disposition d’avoirs.  « Dans le même temps, nous devons avoir un regard plus systématique sur les pratiques de corruption en tant qu’obstacles à la pleine jouissance des droits humains », a-t-il affirmé.


S’il a dit comprendre les préoccupations légitimes des États concernant les menaces terroristes, le délégué a déploré que certaines législations nationales adoptées pour les contrer pussent contredire certaines normes internationales.  « Ces normes et l’état de droit doivent être au fondement de notre lutte contre le terrorisme », a-t-il déclaré.  


Il s’est ensuite dit préoccupé face aux restrictions apportées aux droits humaines au nom de la lutte contre le terrorisme et le caractère excessif de certaines sanctions, notamment la déchéance de nationalité.  « Mon pays continuera de soumettre ces éléments à l’attention de la présente Commission », a conclu M. Sparber.


M. SHAMASH (Libye) a souligné que la lutte contre le trafic des drogues était une responsabilité partagée qui devait être reflétée dans l’accroissement de la coopération internationale et régionale.  Les crises économique et financière ont exacerbé cette situation.  Compte tenu de son emplacement géographique et de la fragilisation de ses structures institutionnelles, la Libye est confrontée à la migration irrégulière, avec nombre de migrants victimes de la criminalité transnationale organisée.  


Il a réaffirmé la disponibilité de son pays à s’attaquer à ce problème et a remercié l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui a offert une assistance technique ainsi que des conseils pour les abris et les refuges et pour aligner les institutions libyennes pertinentes avec les normes internationales agréées.


La Libye a abrité, en mars 2012, une Conférence ministérielle régionale sur la sécurité des frontières qui a adopté le Plan d’action de Tripoli sur la protection et le contrôle des frontières.  Une autre réunion des chefs de gouvernement de l’Algérie, de la Libye et de la Tunisie a également eu lieu en Libye afin d’étudier la manière de faire face à la situation qui prévaut dans le Sahel.


Le représentant a réitéré le droit du pays de récupérer les avoirs usurpés au peuple et qui servent à alimenter les conflits et l’instabilité politique dans la région.  Ces sommes d’argent ont souvent été déposées sous des pseudonymes et il est indispensable de résoudre ce problème par une réglementation et des enquêtes, a-t-il préconisé.  


La corruption représente également un défi de taille, d’autant que ses fruits servent également à l’acquisition illégale d’armes et autres moyens qui constituent une menace pour la paix et la sécurité de la région. 


Mme ANA MARIE L. HERNANDO (Philippines) a expliqué que son pays avait mis en place un réseau regroupant toutes les agences concourant à la lutte contre la traite des personnes, afin d’harmoniser les données recueillies s’agissant notamment des personnes impliquées dans un tel trafic.  


Soulignant la nécessité de partenariats forts et de la coopération pour combattre la criminalité organisée, elle a plaidé pour la mise en place d’une base de données partagée par les pays afin que les réseaux criminels ne puissent se jouer des frontières pour opérer à leur guise.  


« La coopération régionale et internationale devrait être renforcée grâce à des traités d’extradition et d’entraide judiciaire, notamment en ce qui concerne le transfert des personnes suspectées de crimes organisés sur le lieu de leur commission », a-t-elle affirmé.


La déléguée s’est ensuite félicitée de l’assistance technique fournie par l’ONUDC, avant d’apporter son soutien aux initiatives prises par l’Office afin d’apporter des réponses holistiques au trafic de drogues.


Mme LI XIAOMEI(Chine) a plaidé pour une mise en œuvre renforcée de la Convention contre la criminalité transnationale organisée et de la Convention contre la corruption, par le biais d’un mécanisme efficace d’évaluation qui bénéficierait d’un large soutien.  « Un tel mécanisme, qui serait basé sur les principes de respect de la souveraineté et de la non-ingérence dans les affaires d’un pays, devrait être financé par le budget de l’ONU », a-t-elle affirmé.


Le délégué chinois a demandé, en second, lieu l’approfondissement de la coopération internationale en ce qui concerne la lutte contre les stupéfiants, suggérant le renforcement des trois Traités internationaux principaux dans ce domaine.  Il a ensuite exprimé le souhait de voir parachevé le cadre légal international relatif à la lutte contre la cybercriminalité et le trafic illicite de biens culturels, appelant les États parties à la Convention contre la criminalité transnationale organisée à formuler des lignes conductrices afin de répondre à ces deux fléaux.


Enfin, le délégué de la Chine a détaillé les efforts inlassables de son pays contre la corruption et la criminalité, notamment la mise en œuvre de son Plan d’action contre la traite des personnes pour les années 2013-2020.  En conclusion, il a souligné la détermination de son pays à répondre aux nouveaux défis en matière de lutte contre les stupéfiants, en particulier les nouvelles substances psychoactives et le trafic de drogues sur Internet.


Mme AL DOSARI (Qatar) a estimé que les efforts déployés pour lutter contre la drogue et le crime ne faisaient que réaffirmer l’importance de la coopération à tous les niveaux.  Le Qatar a pris d’importantes mesures sur les plans législatif et éducatif pour combattre ces fléaux; il a créé des institutions compétentes, dont l’Organisation qatarie pour la protection humaine et l’Organisation pour la lutte contre la traite des êtres humains.


Le Qatar se prépare activement à accueillir à Doha, en avril 2015, le treizième Congrès des Nations Unies sur le crime et la justice pénale, en coopération avec l’ONUDC.  L’année prochaine, les groupes régionaux se réuniront pour élaborer l’ordre du jour du Congrès.  À ce sujet, la représentante a annoncé aux délégations la tenue d’une réunion demain, à 13 h 15, sur l’état de ces préparatifs.  Le Congrès de Doha devrait, selon elle, représenter « un bon en avant pour le renforcement de la coopération internationale ».


Mme LIRONNE BAR-SADEH (Israël) a indiqué que la politique d’Israël en matière de stupéfiants visait à faire en sorte que l’utilisation de drogues illicites ne fût pas considérée comme un mode de vie acceptable, tout en prévoyant une assistance pour ceux qui en ont le besoin, notamment les personnes toxicomanes qui bénéficient d’un programme d’échange de seringues.  Elle a ensuite affirmé que son pays avait développé un module d’entraînement unique en son genre à destination des professionnels de pays en développement pour lutter contre le trafic de drogues, l’ONUDC étant un partenaire essentiel de ce programme.


« L’engouement croissant pour les nouvelles substances psychoactives, particulièrement auprès des jeunes, est une source de vive préoccupation pour Israël », a-t-elle poursuivi, déplorant qu’elles fussent vendues dans plus de 3 500 magasins à travers le pays.  « Elles sont modifiées à une vitesse telle que les normes de régulation et nos efforts pour les mettre en œuvre accusent toujours un retard », a-t-elle relevé, avant d’indiquer que de nouveaux pouvoirs avaient été conférés aux autorités chargées du maintien de l’ordre pour saisir et détruire les substances considérées comme « substances dangereuses ».


En conclusion, la déléguée a indiqué que la lutte contre le blanchiment d’argent et la promotion de la coopération judiciaire étaient au cœur de la réponse de son pays au trafic de stupéfiants.


M. DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) a détaillé les efforts de son pays pour lutter contre le trafic de stupéfiants et la corruption, avant d’insister sur les proportions épidémiques prises par la contrebande de cornes de rhinocéros dans son pays.  « En 2013, près de 700 rhinocéros ont été tués pour leurs cornes », a-t-il déploré, avant de mentionner les mesures prises par son pays afin d’y remédier, en particulier une meilleure application des peines pour les contrebandiers et une coopération plus étroite avec les pays voisins.


Déplorant la disparition à une vitesse alarmante d’espèces protégées, le délégué a souhaité l’élaboration d’un nouveau protocole à la Convention de Palerme, qui sanctionnerait notamment le trafic illicite d’espèces en voie de disparition et de tout autre élément de la vie sauvage et mettrait en place des mécanismes pertinents afin de lutter contre l’impunité.  


M. Mashabane a ensuite indiqué que la criminalité transnationale organisée sapait les gains enregistrés par les pays dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), avant de souligner l’importance de la coopération technique internationale pour renforcer les capacités des États dans la lutte contre ce fléau.


En conclusion, il a exhorté la communauté internationale à doter l’ONUDC de ressources financières suffisantes, pérennes et prévisibles, afin qu’il puisse mettre en œuvre son mandat de manière efficace.


Mme KOKI MULI GRIGNON (Kenya) a déploré le fait que l’Afrique de l’Est et la Corne de l’Afrique ont vu augmenter le trafic illicite des stupéfiants destinés à l’Europe et à l’Asie.  La drogue met en danger la santé publique et la qualité de vie des habitants et a un effet négatif sur la stabilité politique, économique et sociale de nombreuses nations, a-t-elle dit.  Pour la représentante, il est impératif de changer de tactique et de s’interroger sur les raisons de cet accroissement dans la production et la consommation de drogues.


Le Kenya, a poursuivi Mme Grignon, est gravement préoccupé par la prolifération des armes légères et de petit calibre en Afrique.  La corne de l’Afrique est ainsi « inondée » d’armes qu’elle ne produit pas.  En septembre dernier, a-t-elle rappelé, le Kenya et les troupes de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) ont réussi à chasser Al-Chabab de Kismayo, en Somalie.  Malgré cela, le terrorisme continue de menacer la région, comme l’a récemment prouvé le terrible attentat de Nairobi. 


La communauté internationale doit faire plus pour endiguer le flot des armes légères et de petit calibre et éliminer les activités terroristes, a insisté Mme Grignon.  S’il elle s’est félicitée de l’adoption du Traité sur le commerce des armes (TCA), elle a néanmoins recommandé de s’attaquer à la pauvreté. 


Les témoignages d’anciens membres d’Al-Chabab révèlent qu’ils ont souvent été recrutés puis endoctrinés en échange de promesses d’argent ou d’un repas quotidien.  Pour sa part, le Kenya a identifié trois sources de financement pour Al-Chabab: le trafic illicite de l’ivoire, le détournement des transferts de fonds et celui de l’aide humanitaire.


Mme MARÍA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a réitéré la volonté de son pays de voir la région d’Amérique centrale exempte de criminalité et de drogues.  C’est la raison pour laquelle, a-t-elle dit, le Nicaragua continue de renforcer sa stratégie de sécurité régionale qui émane de la réalité et des besoins de la région.  En effet, sans être un pays producteur, consommateur de drogues ou pourvoyeur d’armes, le Nicaragua est pourtant victime de ces crimes simplement du fait de son emplacement géographique.  Il s’emploie, toutefois, et ce malgré une aide internationale bien limitée, à être le principal combattant de la région contre ces crimes.


La représentante a exhorté la communauté internationale à joindre le geste à la parole quant à ses engagements dans ce domaine.  Le Nicaragua a accompli des progrès dans la sécurité de ses ports et aéroports et a obtenu des résultats louables grâce à sa stratégie visant à lutter contre le narcotrafic et la criminalité organisée.


Cette stratégie permet d’empêcher, a-t-elle dit, la circulation chaque année de 300 tonnes de drogues sur le territoire national.  Ainsi, le modèle préventif, proactif et communautaire mis en place par la police nationale s’est vu décerner le prix de la meilleure expérience de sécurité citoyenne en Amérique centrale.  Le seul moyen de lutter contre la criminalité internationale est d’unir les efforts en renforçant des valeurs portées par des programmes concrets et communautaires sur le terrain, a-t-elle dit.


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a déclaré que son pays considérait comme une priorité la lutte contre la criminalité transnationale organisée, qui menace la stabilité et la sécurité des nations, tout en entravant leur développement social, politique et économique.  En 2012, l’index du « World Justice Project », qui évalue l’état de droit, a classé la Malaise au premier rang des pays à revenu intermédiaire, et au seizième rang général.  La Malaisie coopère avec ses voisins de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour renforcer la sécurité dans la région.


« La consommation et le trafic des stupéfiants sont notre ennemi numéro un », a poursuivi M. Haniff.  L’agence nationale antidrogue a un plan d’action pour la période 2011-2015, qui se base sur une approche en quatre temps: lutte contre les drogues illicites, traitement et réhabilitation, application de la loi et coopération internationale.  Enfin, la Malaisie est d’avis que les efforts de prévention sont la meilleure façon de lutter contre ce phénomène.


Mme YANERIT MORGAN (Mexique) a constaté que les politiques entreprises jusqu’à présent ne s’étaient pas avérées assez efficaces puisque la criminalité transnationale organisée et le commerce des stupéfiants prospéraient, démontrant ainsi que le problème mondial de la drogue continue d’être un défi pour la communauté internationale.


Une évaluation de ces politiques s’impose pour en déterminer l’efficacité, notamment face à la demande croissante de substances illicites.  Le Gouvernement mexicain aborde cette problématique par le biais d’une politique intégrée à partir de la problématique de la santé et de la prévention, sans négliger ses obligations relatives au respect et au renforcement de la primauté du droit, conformément à ses engagements internationaux.


Dans ce cadre, le Gouvernement œuvre également à la réduction de la violence sociale associée au problème des drogues et au renforcement de la coopération internationale en vue de la réduction des flux illicites d’armes et d’argent qui alimentent les réseaux criminels.


Dans cet esprit, il est prioritaire de poursuivre le débat international en vue d’aboutir à un consensus autour d’une nouvelle stratégie mondiale issue d’un débat ouvert et inclusif aux niveaux régional et mondial.  La session extraordinaire de l’Assemblée générale, prévue en 2016, devra déboucher sur un nouveau consensus international pour affronter un problème qui a mis à mal les actions des États et de la communauté internationale dans son ensemble.


En conséquence, la représentante a recommandé d’accentuer les efforts de préparation de cette session extraordinaire.  Le problème de la drogue, qui affecte des millions d’individus et de familles, devient, dans certains cas, une menace majeure contre la survie même des États, a-t-elle dit, en estimant que, par sa vocation universelle, l’ONU était l’unique institution capable de mettre en œuvre des stratégies susceptibles d’aider à gagner la bataille contre la criminalité organisée.  


M. GIADE AHMADU (Nigéria) a indiqué que son pays faisait de la lutte contre la production, la culture, la distribution, la possession, ainsi que l’usage illicite de drogues une priorité, en démontrant sa détermination à appliquer toutes les mesures dans le strict respect de la loi.  L’Agence nationale de lutte antidrogue du Nigéria, qu’il préside, a intégré des stratégies y compris le Plan directeur national de lutte contre la drogue mis en place par un comité interministériel, et qui représente la feuille de route du pays en matière de lutte contre le phénomène, a précisé M. Ahmadu.  Il a expliqué que ce Plan dont le Nigéria vient de lancer la troisième édition bénéficie du soutient conjoint de l’ONUDC et de l’Union européenne.


Grâce à des efforts soutenus au niveau de l’interdiction du système d’approvisionnement de la drogue, l’élimination des cultures et les poursuites judiciaires contre les trafiquants, des résultats prometteurs ont été réalisés par l’Agence nationale de lutte antidrogue, s’est félicité son président. 


Par ailleurs, a-t-il ajouté, l’Agence a pris des mesures importantes en matière de coopération interagences mais surtout de partage d’informations des services secrets, ce qui a permis des saisies importantes de drogues, ainsi que la destruction de près de 2 000 hectares de plantations de cannabis.  Dans la foulée, le Nigéria s’efforce de promouvoir la coopération judicaire internationale notamment l’extradition, l’assistance juridique mutuelle et le transfert des procédures de poursuites des individus, a expliqué M. Ahmadu.


S’étendant sur l’ampleur du phénomène dans son pays, il s’est inquiété de la découverte de laboratoires de production de métamphétamines, lesquels ont été fermés.  Autre source de préoccupation, les jeunes qui constituent une cible vulnérable puisqu’ils sont utilisés par les barons de la drogue comme des mules, avec le risque de les rendre dépendants de la drogue. 


Il a souligné que l’Agence, grâce à ses actions, avait réussi à faire condamner près de 1 720 personnes en 2012 et 1 237 autres, entre décembre 2012 et juillet 2013.  M. Ahmadu a rappelé que la lutte contre la drogue était une responsabilité partagée qui exigeait une coopération internationale.


M. VITALII KASAP (Ukraine) a souligné que son pays appuyait un ordre international fondé sur l’état de droit.  Il a apprécié l’assistance technique de l’ONUDC et les efforts des Nations Unies dans le cadre des changements structurels en cours pour améliorer son échafaudage normatif et opérationnel de lutte contre les différentes formes de criminalité.


Il a estimé que les États Membres devraient aussi œuvrer davantage à échanger leurs renseignements et données, à s’allier autour de programmes de partenariats et à mettre leurs ressources en commun.  Il a recommandé d’appuyer le travail de l’ONUDC sur les défis de la cybercriminalité et jugé important de débattre de cette question qui devient cruciale dans le monde numérisé actuel, compte tenu de l’utilisation croissante des nouvelles technologies par les réseaux criminels.  Il s’est félicité du lancement du processus préparatoire du treizième Congrès sur la prévention du crime et la justice pénale.


Le représentant ukrainien a soutenu, en outre, la coopération accrue dans le cadre du Plan d’action mondial pour la lutte contre la traite des personnes, qui est l’un des principaux problèmes sur lesquels planche l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sous la présidence ukrainienne.  


Il s’agit aussi d’examiner, en profondeur, le phénomène de la piraterie maritime, ses causes et conséquences, a-t-il suggéré.  Il a reconnu le rôle déterminant joué par la Commission des stupéfiants en indiquant que le Gouvernement ukrainien s’était basé sur les décisions de cet organe important pour concevoir sa stratégie de lutte contre les drogues.  


M. WILLIAM BROWNFIELD (États-Unis) a fait valoir que « tous les États ont l’obligation de protéger leurs citoyens des méfaits des crimes organisés ».  Malgré des opinions divergentes sur la tactique à employer, les objectifs sont partagés au niveau mondial.  Trouver des stratégies communes est un processus en évolution, a-t-il fait remarquer. 


Les États doivent réviser leurs engagements et explorer de nouvelles idées, notamment en vue de l’examen de haut niveau de l’application de la Déclaration politique et du Plan d’action sur la coopération internationale en vue d’une stratégie intégrée et équilibrée de lutte contre le problème de drogue, qui se tiendra à Vienne en 2014, et de la session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le problème de la drogue en 2016.


Au titre des enseignements tirés des expériences des dernières décennies, les États-Unis reconnaissent que la lutte contre le crime organisé ne relève pas de la seule responsabilité de ceux qui assurent le maintien de l’ordre, mais aussi des éducateurs et de la société civile.  Il faut en outre renforcer la justice pénale, « le maillon le plus faible qui détermine le reste ».  La persévérance et l’engagement politique sont essentiels pour un succès à long terme, a poursuivi le représentant.


Il n’est pas nécessaire d’emprisonner chaque personne qui enfreint la loi parce qu’il ou elle possède des drogues, mais il nous appartient de démanteler les grandes organisations criminelles qui tirent des bénéfices proches du produit intérieur brut (PIB) de certains pays et érodent la souveraineté des États-nations, a insisté le délégué américain.  Pour combattre la traite des êtres humains, la cybercriminalité, les crimes contre l’environnement et le blanchiment d’argent, la coopération internationale est essentielle.


Les États-Unis ont utilisé plus de 100 fois la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et les Protocoles s’y rapportant, a noté le représentant.  Il a également souligné l’importance de la Convention contre la corruption, avant de réitérer son appui à l’ONUDC. 


Enfin, il a salué les progrès réalisés pour réduire la consommation globale de drogues, mais s’est inquiété de l’abus de médicaments et de l’arrivée de nouvelles substances non contrôlées sur le marché.  En conclusion, « les États-Unis ne prétendent pas avoir le monopole des solutions et restent ouverts à toute proposition raisonnable ».


M. NAOTO HISAJIMA (Japon) a indiqué que la lutte contre la traite des personnes, dont les femmes et les jeunes filles sont les principales victimes, était l’une des priorités de son pays.  Il a ensuite fait part de sa conviction que l’édification d’une société « qui permettrait aux femmes de briller » devrait être l’un des buts poursuivis par la communauté internationale.  « À ce titre, mon gouvernement œuvre à un plan de lutte contre la traite articulé autour des quatre P: prévention; poursuite; protection et partenariat », a affirmé M. Hisajima.


Abordant la menace « aiguë » que constituent les nouvelles substances psycho-actives, le délégué du Japon a jugé important de renforcer le contrôle des précurseurs chimiques, qui sont les ingrédients indispensables à la confection de telles substances.  En ce qui concerne la lutte contre la cybercriminalité, M. Hisajima a déclaré que son pays veillait à faire avancer la coopération internationale dans ce domaine, en se basant sur les normes internationales existantes, dont la Convention de Budapest.


En conclusion, il a souligné la détermination du Japon à poursuivre ses efforts contre la criminalité transnationale organisée, tant au niveau international que sur le plan intérieur.


M. CHO YOUNG-MOO (République de Corée) a appelé à des efforts concertés pour répondre aux diverses formes de problèmes liés à la drogue et au crime dans un monde qui change rapidement.  Il a salué le rôle phare de l’ONUDC en tant que facilitateur de la coopération régionale et internationale qui œuvre à l’établissement de partenariats solides interinstitutions et au-delà du système de l’ONU.  


Il s’est félicité de l’examen de haut niveau de la Commission des stupéfiants en 2014 qui sera suivi de la session extraordinaire de l’Assemblée générale en 2016 sur le problème mondial de la drogue.  Il a mis en avant le principe de responsabilité commune et partagée entre les divers acteurs, inscrit dans la Déclaration et le Plan d’action et considéré que ces deux grandes réunions offriraient l’occasion d’évaluer les progrès accomplis au cours des cinq dernières années et a indiqué de nouvelles orientations pour de futurs efforts dans la lutte contre la drogue à l’échelle mondiale.


Le Gouvernement coréen s’est concentré sur sa coopération avec les services de police dans la région Asie-Pacifique.  La Corée a également versé des contributions au Programme mondial SMART et a lancé, cette année, un projet conjoint contre les nouvelles substances psychotropes avec le World Customs Organization Regional Intelligence Liaison Office Asia and the Pacific qui vise à favoriser l’échange de renseignement sur la détection de nouvelles drogues entre les 30 pays participants.  En vue de contrecarrer les réseaux de blanchiment d’argent, la communauté mondiale devrait se pencher sur les sources financières des délinquants par le traçage et la confiscation de tous les biens illégalement acquis, a-t-il préconisé. 


Mme KWEK POH HEOK (Singapour) a dit que la communauté internationale ne devrait pas faiblir dans la lutte contre l’abus de la drogue.  Singapour respecte les politiques et les stratégies adoptées par tous les pays en la matière, a souligné la représentante.  Elle a ajouté que son pays avait acquis ces dernières années une réputation de stabilité et de sûreté avec un des taux de criminalité les plus faibles au monde.  L’administration a pris des mesures draconiennes contre le crime.  En 2012, le taux de criminalité était de 581 pour 100 mille personnes.  La politique de la tolérance zéro a été maintenue. 


Pour y parvenir, a dit la représentante, une approche intégrée à volets multiples comprenant la loi, l’éducation, le traitement et la réhabilitation, et la prise en charge ainsi que la réintégration des anciens toxicomanes dans la société, a été mise en place.  Grâce à cette mesure, le nombre de consommateurs d’héroïne arrêtés est passé de 6 165 à 3 507 entre 1994 et 2012. 


En revanche, une augmentation des toxicomanes arrêtés a été constatée depuis trois ans.  C’est pourquoi, il est important de réviser régulièrement les lois et pratiques.  Fin 2012, la loi sur l’abus de drogues a été ainsi amendée.  Les sanctions ont été aussi renforcées contre le recrutement de jeunes ou de personnes vulnérables pour commettre des infractions relatives aux drogues. 


Mais les efforts devraient commencer par l’éducation préventive, a-t-elle poursuivi.  À cet égard, le bureau central des stupéfiants travaille activement avec les écoles et d’autres partenaires communautaires pour éduquer la jeunesse.  La représentante de Singapour a ajouté que son pays, qui n’est pas producteur de stupéfiants, est néanmoins une cible pour les tranferts de drogues.  En 2012, 85% des amphétamines saisies dans le pays étaient destinées à d’autres pays, a-t-elle révélé.  À cet égard, Singapour coopère étroitement avec les pays voisins notamment avec la Malaisie dans le cadre des opérations communes qui ont permis la saisie de drogues et l’arrestation de trafiquants.    


Mme ANUKUL(Thaïlande) a annoncé que, dans le cadre des discussions internationales sur le programme de développement durable pour l’après-2015, son pays organiserait à Bangkok, le mois prochain, une conférence internationale sur l’État de droit.  « L’objectif de cette réunion est de réfléchir à la corrélation entre État de droit et développement durable ». 


« Nous devons promouvoir l’intégration de ce principe central dans les processus de réalisation du développement durable », a-t-elle ajouté.  Elle a également plaidé pour l’intégration des problématiques de la prévention du crime, en particulier les assassinats de femmes et de jeunes filles, dans le programme post-OMD. 


Concernant la lutte contre le trafic de drogues, elle a assuré que la Thaïlande appuie les activités importantes de l’UNODC.  « Son rapport illustre clairement que le nouveau défi que constitue la consommation accrue de substances psychoactives exige la plus grande attention de notre part », a-t-elle notamment relevé. 


Mme INGRID SABJA DAZA (Bolivie) a souligné la responsabilité partagée de tous les pays, producteurs, de transit et consommateurs, dans la lutte contre la drogue, et a expliqué que la nouvelle politique autonome bolivienne avait permis de faire des saisies bien plus importantes que lorsque les services américains opéraient sur son territoire. 


Les services de police ont été déployés sur tout le territoire et pas uniquement dans les zones de Cochabamba, où seuls étaient pénalisés les producteurs de coca.  De cette manière, il a été possible de réduire les cultures de coca sans occasionner de morts ni de blessés.


Le processus de réduction des cultures excédentaires a été caractérisé par le dialogue et la concertation locale grâce, notamment, à la délimitation de zones licites de production.  D’autre part, aucune récolte de plante n’est tolérée dans les parcs nationaux et la réduction de la culture du coca se fait dans le plein respect de la Terre nourricière, c’est-à-dire sans recours aux pesticides qui affectent la nature et l’écosystème.  Ces efforts ont, du reste, été reconnus par les Nations Unies qui soulignent qu’entre 2011 et 2012, la Bolivie a réduit de 12% les surfaces cultivées.


Elle a plaidé pour la pratique ancestrale et millénaire de la culture et de la mastication de la feuille de coca et rappelé la réserve de son pays à la Convention unique sur les stupéfiants de 1961relative au droit de mastiquer la feuille de coca et de l’utiliser à des fins médicinales sur son territoire. 


La communauté internationale a réparé cette injustice contre une tradition ancestrale, a-t-elle ajouté, en indiquant que son pays avait repris sa place, en février dernier, en tant qu’État partie à cette Convention amendée par le Protocole de 1972.   


Mme VERONICA CALCINARI VAN DER VELDE (Venezuela) a fait valoir que la prévention du crime et la justice pénale avaient un lien direct avec le développement durable, la qualité de vie, la démocratie et le respect des droits de l’homme.  C’est la raison pour laquelle les pays doivent s’efforcer d’éliminer les inégalités et la pauvreté.  Pour sa part, le Venezuela a créé, avec succès, de nouvelles lois et missions sociales en matière de sécurité citoyenne pour prévenir la violence et la criminalité.


La représentante a prôné un renforcement de la coopération technique internationale et de l’échange d’informations pour combattre la criminalité transnationale organisée.  Son pays, a-t-elle ajouté, a comme objectif prioritaire la lutte contre le problème mondial de la drogue.  Pour la septième année consécutive, il n’a pas connu de cultures illicites.  Entre 2006 et 2009, 109 responsables de réseaux de trafic illicite de stupéfiants ont été arrêtés, dont 4 ont été extradés en Colombie et aux États-Unis.


En vertu de la loi contre les drogues du Venezuela, un fonds national a été créé pour financer la prévention, le traitement, la réhabilitation et l’intégration sociale pour les utilisateurs de substances licites et illicites. 


Le Gouvernement lutte également contre le détournement de produits chimiques précurseurs.  Toutefois, a conclu la déléguée, la responsabilité principale du problème mondial de la drogue revient aux grands centres de consommation.  Enfin, elle a souligné que l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) était le seul organe habilité à contrôler l’application des traités internationaux pertinents.


M. MIGUEL CAMILO RUIZ BLANCO (Colombie) a indiqué que la session extraordinaire de l’Assemblée générale contre la drogue devait servir à analyser l’efficacité des politiques des pays dans la lutte contre la drogue, en identifiant les limites et faiblesses des mesures entreprises.  L’expérience, les preuves scientifiques et les connaissances spécialisées doivent venir alimenter les discussions.


L’examen qui aura lieu au cours de la prochaine session de la Commission des stupéfiants sera une occasion remarquable pour un débat de qualité et un niveau de participation à la hauteur des enjeux de la session extraordinaire.


Il s’agira aussi de renouveler l’engagement et la volonté politiques à combattre le problème mondial de la drogue.  Les discussions actuelles sur le programme de développement pour l’après-2015 montrent que la meilleure architecture dans cette optique doit être équilibrée et ne doit pas trop mettre l’accent sur la sécurité au détriment des questions prioritaires du développement durable.


Il faudra, au contraire, se concentrer sur des objectifs concrets qui permettront des politiques solides répondant aux besoins clefs des populations.  Ainsi, la lutte contre la corruption à tous les niveaux constitue une des grandes priorités pour la Colombie.  L’Assemblée générale a un rôle très important à jouer dans la lutte contre la corruption et la Colombie proposera une résolution sur cette question.  


Mme IRINA VELICHKO (Bélarus) a mis l’accent sur la nécessité de renforcer le potentiel de l’ONUDC en cherchant de nouveaux donateurs.  Elle a salué les efforts entrepris par l’ONUDC pour lutter contre la traite des êtres humains et la cybercriminalité et a appelé les États à continuer à coopérer avec l’Office à cet égard. 


Le Bélarus, qui estime que la traite doit faire l’objet de davantage d’attention, va soumettre une résolution en ce sens à la Commission.  La représentante a noté avec préoccupation que la traite des personnes s’intensifiait aussi aux fins de greffes d’organes, de tissus et de cellules humains.


En mai dernier, le Directeur exécutif de l’ONUDC s’est rendu au Bélarus et de nouvelles perspectives de coopération ont été évoquées, s’est félicitée la déléguée.  Un programme national biennal 2013-2015 lutte contre l’ensemble des crimes et le pays a terminé le premier cycle d’examen par rapport à la Convention contre la criminalité transnationale organisée. 


La cybercriminalité est l’un des délits latents les plus importants actuellement, a-t-elle insisté, et des dizaines d’instructions ont été ouvertes concernant des délits de pornographie sur Internet.


M. KRISHNASSWAMY (Inde) a salué les mécanismes mis en place par l’ONU pour contrôler les nouvelles substances psychoactives et le détournement de produits chimiques précurseurs.  En mars dernier, l’Inde a adopté une réglementation en ce sens.  Par ailleurs, elle appuie l’Initiative du Pacte de Paris de l’ONUDC et apporte 200 000 dollars à l’application de sa Phase 4.


Après avoir noté avec préoccupation que le trafic des stupéfiants servait à financer le terrorisme et d’autres formes de criminalité transnationale organisée, M. Krishnasswamy a dit qu’il ne pouvait pas y avoir de tolérance pour « les États qui abritent, arment, entraînent ou financent des terroristes ».  L’Inde, qui a adopté des lois pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, est aussi membre du Groupe d’action financière.


Par ailleurs, l’Inde s’inquiète de l’augmentation de la traite des personnes au niveau mondial et de l’émergence de la cybercriminalité, de la fraude, des vols d’identité et de leurs liens avec d’autres activités criminelles et terroristes.  En conclusion, le représentant a souhaité un renforcement des capacités et de l’assistance techniques pour aider les pays à gérer ces phénomènes.


M. KAMEL CHIR(Algérie) s’est dit convaincu que le développement économique et social et la lutte contre la pauvreté sont la meilleure prévention contre la criminalité transnationale organisée.  « Nous devons à ce sujet promouvoir des politiques de développement alternatif intégral et durable dans les pays producteurs pour offrir une alternative économiquement viable aux cultivateurs », a-t-il estimé.  Il a souligné l’importance d’inclure le contrôle des drogues et la prévention du crime dans le programme de développement pour l’après-2015.


M. Chir a exprimé sa préoccupation par rapport aux défis auxquels font face actuellement certains États de la région du Sahel, dont les frontières, longues et poreuses, facilitent les activités des groupes terroristes, ainsi que le trafic d’armes, de drogues et de personnes.  Il a considéré que le moment était venu de disposer d’un mécanisme de mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée.


L’Algérie, classée comme pays de transit de par sa situation géographique, reste attachée à la mise en œuvre des trois conventions des Nations Unies en matière de lutte contre la drogue, a rappelé le représentant.  Pour lutter contre ce fléau, le Gouvernement a pris une série de mesures et mis en place plusieurs mécanismes à l’instar de l’Office algérien de lutte contre la drogue et la toxicomanie.  De plus, il est en train de développer une stratégie quinquennale de lutte contre ce fléau (2011-2015) qui se base sur le « triptyque prévention-soins-répression ».


« Nous restons également mobilisés dans notre lutte contre un autre défi majeur auquel fait face la communauté internationale aujourd’hui, en l’occurrence le phénomène de paiement des rançons aux groupes terroristes pour la libération d’otages », a ajouté M. Chir, en plaidant pour la criminalisation de cette pratique.


Mme MONIA AL SALEH (République arabe syrienne) a signalé que, jusqu’à une date récente, la traite des personnes était un phénomène inconnu dans son pays mais que le Gouvernement s’était néanmoins armé, en 2010, d’une législation spécifique contre ce type de trafic.


Cependant, elle a dénoncé la présence sur son territoire de mercenaires et de membres d’Al-Qaida issus de plus de 83 pays.  Ils se livrent au trafic d’armes et au blanchiment d’argent, ainsi qu’à la formation de mercenaires avec le soutien d’autres nations régionales et internationales qui s’ingèrent dans les questions souveraines de la Syrie pour servir leurs desseins expansionnistes.  Cette situation, a-t-il ajouté, a mis le problème de la traite humaine à l’ordre du jour syrien, notamment pour ce qui a trait au trafic d’enfants et de jeunes filles dans les camps de réfugiés situés dans les pays voisins.


La fuite des familles devant les crimes des mercenaires et des jihadistes a ouvert la voie aux réseaux de la traite des personnes pour alimenter, à leur tour, leurs crimes odieux.  Des enquêtes des autorités syriennes et le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont également révélé que beaucoup de Syriens avaient été poussés à vendre leurs organes à des entités illégales qui pénètrent clandestinement sur le territoire syrien.  Elle a exhorté les gouvernements des pays sur lesquels se trouvent les camps de réfugiés syriens à réagir à cette situation. 


La représentante a également mis le doigt sur la cybercriminalité qui ne connaît aucune frontière et a prié la communauté internationale de préparer des réponses à la hauteur de la sophistication des moyens technologiques utilisés par les réseaux criminels internationaux.  Elle a aussi exhorté les pays qui s’immiscent dans les affaires de la Syrie et recourent aux mercenaires à respecter leurs engagements en vertu du droit international, notamment en contribuant à traduire devant la justice ceux qui participent à la traite des personnes et à l’utilisation des mercenaires pour déstabiliser d’autres pays. 


Mme MARIYAM MIDHFA NAEEM (Maldives) a annoncé que son pays avait accédé, le 4 février de cette année, à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée.  Elle a indiqué que les forces de police de son pays collaboraient avec INTERPOL et que les Maldives avaient renforcé leur vigilance depuis l’émergence de réseaux de criminalité organisée ayant un lien avec les pirates somaliens.  Un projet de loi de lutte contre la piraterie a par ailleurs été présenté au Parlement.  


La représentante a également indiqué qu’en dépit du fait que son pays n’avait jamais été producteur de drogue, des quantités importantes de cocaïne avaient été rejetées sur les plages des Maldives ces dernières années.  Elle s’est ensuite félicitée des activités que mène l’ONUDC dans sa région, notamment de son programme régional pour la période 2013-2015.


Mme Naeem a, par ailleurs, vu dans la réinsertion le seul moyen de prévenir l’abus de stupéfiants.  Elle s’est inquiétée du fait que les gangs sont de plus en plus nombreux dans son pays et a précisé que nombre de leurs membres avaient reconnu avoir utilisé ou vendu des stupéfiants.  La corrélation entre l’usage et la vente de drogues et la violence des gangs aux Maldives est évidente, bien que le problème ait été exacerbé par la faiblesse des institutions démocratiques et la corruption, a-t-elle précisé.


Elle a indiqué qu’un tribunal spécial chargé de traiter tous les dossiers liés à la drogue avait été créé en 2012 et que la législation du pays assortit l’imposition de peine à des politiques de traitement pour les infractions les plus mineures.  


La représentante a aussi indiqué que son gouvernement espérait avoir lancé, d’ici à l’année prochaine, une stratégie de mise en œuvre de la Convention contre la corruption.  Les Maldives, a-t-elle ajouté, espèrent qu’en combattant la corruption, il sera possible de limiter la traite.  Elle a précisé que des demandes en main-d’œuvre non qualifiée avaient donné lieu à des abus au sein des industries locales ainsi qu’à des pratiques de recrutement « répugnantes » à l’étranger.


M. DIYAR KHAN (Pakistan) a jugé que la coopération à tous les niveaux était essentielle pour combattre la drogue et le crime.  Pour sa part, le Pakistan a promulgué une loi sur la prévention et le contrôle de la traite des êtres humains qui invite la société civile à participer à la réhabilitation les victimes.  En outre, le pays a adhéré à la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme et, dans le cadre de sa législation en la matière, il a créé une unité de contrôle au sein de la Banque nationale du Pakistan pour combattre le blanchiment d’argent.


Le Pakistan est également partie aux Conventions des Nations Unies sur le contrôle des drogues, a expliqué M. Khan.  Grâce à une stratégie qui allie l’application stricte de la loi et le développement de cultures alternatives, il a obtenu des résultats extraordinaires pour éliminer la culture de l’opium.


Toutefois, le Pakistan continue de souffrir en tant que pays de transit.  Il participe à la « stratégie arc-en-ciel » de l’ONUDC et à l’initiative de coopération triangulaire avec l’Afghanistan et l’Iran pour combattre le trafic des stupéfiants.  Le pays joue également un rôle actif dans le programme régional pour l’Afghanistan et les pays voisins, ainsi que dans le cadre de l’initiative du Pacte de Paris.


Mme GIZEM SUCUOĞLU(Turquie) a indiqué que la lutte contre la traite des êtres humains, « forme moderne de l’esclavage », devait se poursuivre de manière rigoureuse, tout en se concentrant sur la protection des victimes et de leurs droits.  Elle a ensuite détaillé le rôle de son pays dans la lutte contre le trafic de drogue, la Turquie apportant son soutien à de nombreux projets de l’ONUDC, dont l’Initiative du Pacte de Paris relative au commerce de l’opium afghan.


« Nous sommes également préoccupés par les nouvelles formes de criminalité transnationale organisée, telles que la cybercriminalité, la piraterie ou bien encore la production de médicaments contrefaits », a-t-elle affirmé, avant de souligner la contribution de son pays à la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes.  


La déléguée a ensuite plaidé pour l’adoption d’un instrument juridique efficace contre le trafic illicite de biens culturels.  Enfin, elle a demandé l’instauration d’un mécanisme d’évaluation robuste de la mise en œuvre de la Convention contre la criminalité transnationale organisée.


M. EDUARDO ULIBARRI-BILBAO (Costa Rica) a salué le dixième anniversaire, cette année, de l’entrée en vigueur de la Convention internationale sur la criminalité transnationale organisée et ses trois Protocoles et signalé que, cette année, huit pays l’avaient ratifiée ou y avaient adhéré, portant ainsi à 176 le nombre des États parties.  Le Costa Rica, quant à lui, a également adhéré aux 49 recommandations du Groupe d’action financière internationale et fait partie du Groupe d’action financière de l’Amérique latine.


Selon lui, il importe d’avancer vers des stratégies intégrées, équilibrées, multisectorielles et respectueuses de l’état de droit, en combinant les dimensions nationale, régionale et mondiale des actions envisagées sur la base d’une responsabilité partagée mais différenciée.  Dans ce cadre, il faudra aussi prendre dûment en compte les responsabilités fondamentales des grands consommateurs de drogues.


Quant aux centres financiers internationaux et aux pays fabricants d’armes, il leur incombe de briser le schéma économique du narcotrafic, de couper leurs conduits de financement et de blanchiment des capitaux, et de contrôler plus strictement les exportations et la contrebande d’armes légères et de petit calibre.


Il est en conséquence d’autant plus urgent de veiller à l’entrée en vigueur rapide du Traité sur le commerce des armes (ATT).  Il a précisé qu’à l’occasion de sa ratification, le 25 septembre dernier, la Présidente du Costa Rica avait exhorté à son application immédiate, sans attendre les 50 ratifications stipulées.


M. MOHAMED IBRAHIM ELBAHI (Soudan) a abondé dans le sens du rapport du Directeur exécutif de l’ONUDC sur la nécessité d’une action unifiée de la communauté internationale pour définir le terrorisme comme crime international et adopter des normes législatives pour le contrecarrer.  À cet égard, le représentant a recommandé un renforcement de l’assistance technique et financière aux pays en développement pour lutter contre la criminalité et le trafic de drogue, ainsi que la suppression de leur dette extérieure, la levée des sanctions et l’aide à la reconstruction des nations dans les situations postconflit.


Dans son combat contre le terrorisme, le blanchiment d’argent, la traite des personnes et la criminalité transnationale organisée en générale, le Soudan coopère dans le cadre d’accords avec les polices internationales comme INTERPOL et par des mesures de mises en œuvre des dispositions de la Convention internationale de ce type de criminalité et des protocoles s’y rapportant.  Cette coopération s’exprime aussi par un accord signé, en septembre dernier, entre les chefs d’État du Soudan et du Soudan du Sud.


Mme TAMATA KUPRADZE(Géorgie) a indiqué que son pays menait un processus de réforme judiciaire qui avait notamment permis aux procureurs d’assumer leurs fonctions de manière objective et impartiale.  Des mesures sont également prévues pour assurer la transparence du processus de sélection des jurés, ainsi que pour renforcer le principe d’égalité des moyens et réformer les procédures de jugement, a-t-elle fait savoir.


La représentante a aussi évoqué l’existence d’un groupe de travail spécial sur la justice juvénile dont la tâche, a-t-elle expliqué, vise à élargir les possibilités de peines alternatives et a aligner le système national avec les normes européennes et internationales.  Plusieurs organes étatiques ont, par ailleurs, appuyé l’idée d’adopter un code pénal spécial pour réglementer tous les aspects de la justice juvénile, a-t-elle ajouté.


La déléguée a également insisté sur l’importance de la lutte contre la corruption et a affirmé qu’au cours de la dernière décennie, et grâce à des réformes essentielles, la Géorgie avait réussi à débarrasser de ce fléau les secteurs de l’éducation, judiciaire et pénitentiaire, ainsi que la police et le secteur public dans son ensemble.  Elle a, par ailleurs, appelé à la création d’un mécanisme effectif et juridiquement contraignant pour combattre les flux illicites d’armes.


M. ARAYA DESTA (Érythrée) a indiqué que son pays était victime de la criminalité transnationale organisée, avant de détailler les mesures prises par son pays pour endiguer ce fléau, y compris des campagnes de sensibilisation sur la nature et les manifestations de cette criminalité et la fourniture d’une assistance aux victimes érythréennes, à l’intérieur et à l’extérieur du pays.


« L’engagement actif des communautés en Érythrée et l’étroite coopération avec le Soudan et l’Égypte ont permis des progrès dans la lutte contre la criminalité », a-t-il affirmé.  Relevant l’imbrication de cette question avec celle des migrations, il a expliqué que la récente tragédie de Lampedusa, qui a fait des victimes érythréennes, rappelait la nécessité de renforcer la coopération entre pays d’origine, de transit et de destination des migrants, afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.


M. Desta a ensuite expliqué que la traite des personnes n’était pas seulement motivée par l’appât du gain des réseaux criminels mais pouvait aussi viser à déstabiliser un pays en le privant de ses jeunes et de ses ressortissants les plus éduqués.  « C’est pourquoi mon pays a demandé aux Nations Unies de lancer une enquête impartiale sur les victimes érythréennes de la traite des personnes afin de leur rendre justice, ainsi qu’à un pays qui est l’objet d’une pernicieuse campagne de dénigrement », a-t-il affirmé, concluant qu’une telle enquête permettrait de juger ceux qui mettent leurs activités criminelles au service d’objectifs politiques. 


Mme VIVIANA RAQUEL ARENAS AGUILAR(Guatemala) a déclaré que son pays souffrait de la traite des personnes, du trafic illégal des migrants, du trafic sexuel et d’autres délits y relatifs.  Dans sa politique de lutte contre la violence, le Gouvernement met en place des mesures de prévention dans le respect de la loi et des droits de l’homme par le biais du Pacte pour la paix, la sécurité et la justice.  


D’un autre côté, l’apport des institutions judiciaires et du parquet dans la région a été considérable dans le traitement des disparitions forcées de migrants d’Amérique centrale, phénomène qui s’est amplifié au cours des dernières années et qui a un lien avec d’autres délits.  Elle a salué l’assistance technique de l’ONUDC sur la traite des personnes et le trafic illégal des migrants, ce qui a permis au pays d’améliorer ses capacités de démantèlement de grands réseaux criminels et de les traduire en justice.


Elle a remercié l’Assemblée générale et la communauté des donateurs pour leur appui à la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala dont le mandat a été reconduit jusqu’en septembre 2015.  Elle a clairement affirmé que « la guerre contre la drogue n’a pas donné les résultats escomptés et que l’on ne peut plus continuer ainsi en espérant des résultats différents », et le Guatemala a décidé de créer une Commission nationale susceptible de l’aider à trouver des formes plus efficaces de juguler la consommation, le trafic et la production de drogues.  


M. THANT SIN (Myanmar) a accueilli favorablement les rapports respectifs du Secrétaire général et du Directeur exécutif de l’ONUDC sur la situation de la drogue dans le monde et la mise en œuvre des mandats relatifs à la lutte contre ce fléau au cours de l’année écoulée.  Au-delà des progrès dans les efforts de cette lutte, M. Sin a fait remarquer qu’il était dans l’intérêt de la communauté internationale d’y accorder une attention particulière en vue d’éliminer le fléau des stupéfiants.


« Ma délégation voudrait souligner l’importance de l’examen de haut niveau de la Déclaration politique et du Plan d’action sur la coopération internationale en vue d’une stratégie intégrée et équilibrée de lutte contre le problème mondial de la drogue », a-t-il déclaré.


Le Myanmar estime que le trafic illicite des stupéfiants entraîne, inévitablement, le blanchiment d’argent et d’autres crimes graves tout en posant un défi socioéconomique majeur à l’humanité et menaçant le droit des populations à aspirer à une qualité de vie décente.  Conscient de ce danger, le Gouvernement du Myanmar a pris des mesures ayant conduit notamment à la destruction de milliers d’hectares de champs d’opium en 2012, soit trois fois plus que l’année précédente, a indiqué le délégué, expliquant que ces réalisations étaient la preuve du sérieux et de la détermination de son pays à combattre le phénomène. 


En outre, a-t-il annoncé, un plan national d’élimination du trafic et de la production de stupéfiants d’ici à 2014, dans 51 communes issues des États de Shan, Kachin et Chin.  Aux niveaux bilatéral et régional, le Myanmar travaille étroitement avec les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour débarrasser les pays qui la constitue de la drogue, a-t-il déclaré.


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