23/10/2013
Assemblée générale
AG/EF/3375

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Deuxième Commission                                        

18e & 19e séances – matin & après-midi


DEUXIÈME COMMISSION: LA MONDIALISATION ET L’INTERDÉPENDANCE QU’ELLE CRÉE ENTRE NATIONS DOIVENT ÊTRE SOUTENUES

PAR UN PARTENARIAT DE DÉVELOPPEMENT PLUS ÉQUITABLE


Les États Membres demandent une meilleure distribution des avantages

et des opportunités qu’offre une économie dont les mécanismes n’ont pas de frontières


La Commission économique et financière (Deuxième Commission) a débattu aujourd’hui de la question de la mondialisation et de l’interdépendance.  Dans le conteste de l’élaboration d’un programme de développement pour l’après-2015, la plupart des délégations ont plaidé pour une mondialisation qui tienne compte des préoccupations de tous les pays, développés ou non, étant donné que la mondialisation a créé une communauté de destin unique pour tous les pays et peuples du monde.


La représentante de l’Inde a ainsi peint le tableau d’un monde où « nous agissons ensemble, et nous échouons et réussissons ensemble ».  Elle a cependant regretté que les bienfaits de la mondialisation n’aient pas été partagés de façon équitable entre les différents pays.  « Les petits États insulaires en développement des Caraïbes paient le prix de la mondialisation, notamment des changements climatiques et des crises économiques », a pour sa part observé le représentant des Bahamas, qui s’exprimait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).  Il a demandé que le futur programme de développement pour l’après-2015 prévoie un cadre de partenariat mondial qui garantisse l’égalité de tous les pays. 


Pour rendre la mondialisation profitable à tous, le rôle majeur et central que jouent les Nations Unies a été évoqué au cours des échanges.  Dans ce contexte, le rapport du Secrétaire général sur la question stipule que le cadre institutionnel de suivi des activités de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social, dont fait partie le nouveau Forum politique de haut niveau, doit fonctionner correctement. 


La mondialisation et l’interdépendance qu’elle crée entre nations signifient aussi que la technologie et la science soient partagées dans l’optique de la mise en œuvre des objectifs de développement durable et, en même temps, que soient assurés le renforcement des capacités et la disponibilité de financements adéquats, a rappelé le représentant de l’Éthiopie qui prenait la parole au nom du Groupe des États d’Afrique.  Il a en outre appelé au lancement d’un processus de développement technologique à l’échelle internationale, semblable à celui dont l’établissement est en cours pour trouver des solutions à la question du financement du développement durable. 


Les échanges sur la question de la coopération pour le développement des pays à revenu intermédiaire ont permis aux délégations de reconnaître que les pays appartenant à ce groupe sont vulnérables à ce qu’elles ont appelé « le piège du statut de pays à revenu intermédiaire ».  Les États classés dans ce groupe perdent en effet leur compétitivité par rapport aux pays à faible revenu, mais n’ont ni les ressources d’investissement ni le mordant technologique nécessaire pour rattraper les pays à revenu élevé. 


Le représentant de Cuba, parlant au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a constaté que ces pays dont les niveaux de développement et de revenus varient, ont, entre eux, des intérêts différenciés et parfois divergents et sont confrontés à des inégalités particulières.  En plus, ils souffrent d’une situation de vulnérabilité économique consécutive à l’arrêt des contributions d’aide publique au développement (APD) dont ils bénéficiaient quand ils faisaient partie de la catégorie des pays les moins avancés (PMA).  Il a demandé que les pays à revenu intermédiaire ne soient pas perçus comme de nouveaux donateurs potentiels, et a invité la communauté internationale à ne pas ajouter d’obligations aux charges auxquelles ils font déjà face. 


Le représentant des Fidji, s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a plaidé pour que les pays à revenu intermédiaire continuent de bénéficier de l’APD, tout en précisant qu’une telle option ne devrait pas avoir de conséquences négatives sur l’APD versée aux PMA.  De nombreuses délégations ont par ailleurs souligné la place centrale que la culture pourrait jouer dans le programme de développement pour l’après-2015.


Les débats de la Commission se sont appuyés sur quatre rapports dont étaient saisies les délégations et qui portaient sur les thèmes: « le rôle des Nations Unies dans la promotion du développement à l’heure de la mondialisation et l’interdépendance »*; « science et technique au service du développement »**; « coopération pour le développement des pays à revenu intermédiaire »*** et « culture et développement »****.


En début de journée, la Deuxième Commission a achevé son débat portant sur la question des technologies de l’information et des communications (TIC) au service du développement.  La représentante de l’Organisation des Nations Unies pour la science, l’éducation et la culture (UNESCO) a saisi cette opportunité pour exhorter les pays à assurer la transition devant les mener de l’état de « sociétés de l’information » à celui de « sociétés du savoir », afin que les individus deviennent des agents de changement pour le développement économique et social de leurs sociétés.


La Deuxième Commission poursuivra ses travaux demain, jeudi 24 octobre, à partir de 10 heures.  Elle examinera le point de son ordre du jour relatif aux questions de politique macroéconomique.


* A/68/259

** A/68/227

*** A/68/265

**** A/68/266


LES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DES COMMUNICATIONS AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT (A/68/65–E/2013/11)


Suite et fin du débat général


M. NOR AZMAN TAIB (Malaisie) a relevé que le rôle que joue le secteur des technologies de l’information et des communications dans l’économie avait augmenté.  Il a noté que les TIC constituent des facteurs critiques en termes économiques et de développement, soulignant notamment les retombées qu’elles ont en matière d’emploi.  Il s’est félicité de la première réunion d’examen décennal de la mise en œuvre des recommandations du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), qui s’est tenue en février 2013.  Le Gouvernement malaisien tente d’être à la pointe dans le domaine des TIC en vue d’améliorer les conditions de vie de ses citoyens, a assuré le représentant.  Il a mentionné le plan d’initiative nationale relative à la fourniture du haut débit, ainsi que le nouveau programme de développement des TIC de communauté à communauté, qui sont mis en œuvre en Malaisie.  Il a dit que son gouvernement veillait à ce que tous ses citoyens aient accès aux télécommunications, notamment au haut débit, à travers des initiatives visant en particulier les jeunes.  Un million d’ordinateurs portables ont ainsi été distribués dans le pays, a annoncé le représentant.  La Malaisie, a-t-il ajouté, fournit aussi un appui au développement des capacités techniques dans d’autres pays dans le cadre de la coopération Sud-Sud.


M. PALITHA KOHONA (Sri Lanka) a dit que les TIC demeurent un outil essentiel qui pourrait aider son pays à devenir une plate-forme logistique dynamique dans la région d’Asie du Sud et du Sud-Est dans les domaines des transports, de l’aviation et dans les secteurs commerciaux et énergétiques.  Il a ajouté que la création d’un ministère des technologies de la communication et de l’information en 2010 au Sri Lanka témoignait d’une évolution majeure du pays en matière de TIC.  Il a indiqué que l’agence sri-lankaise des TIC (ICTA) a été la lauréate du prix du Sommet mondial 2009 -World Summit Award (WSA)- pour la récompenser de la création d’un logiciel destiné aux malvoyants, ainsi que pour les services fournis par le centre d’information du Gouvernement.  Il a parlé de la création de 669 télécentres à travers le Sri Lanka dont 40 sont situés dans la province du nord. 


M. Kohona a indiqué que 500 organisations gouvernementales sont interconnectées par le biais du projet du réseau gouvernemental Lanka (LGN), un système qui fournit aux usagers un réseau à large bande, et un service de courrier électronique et vocal.  Il a aussi cité le « Lanka Gate », qui fournit des informations électroniques sur le Sri Lanka, et qui est la première plate-forme électronique sri-lankaise permettant des transactions électroniques.  Il a indiqué que le Sri Lanka présidait la commission des TIC de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) depuis 2008.  M. Kohona a précisé que la capitale sri-lankaise, Colombo, accueillera du 23 au 26 octobre 2013 un congrès mondial sur le contenu numérique, en partenariat avec l’UNESCO, le PNUD, l’UNIDO et la Société Internet.  Le World Summit Award (WSA) est une initiative mondiale de suivi de la mise en œuvre du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) organisé par le Centre international pour les nouveaux medias (ICNM), basé à Salzbourg, en Autriche, a précisé le représentant.  


Mme SUZANNE BILELLO, de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a rappelé que le Secrétaire général a mandaté l’UNESCO, l’Union internationale des télécommunications (UIT) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à jouer un rôle de chefs de file dans la mise en œuvre des textes issus du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).  L’UNESCO et l’UIT organisent des réunions annuelles du Forum du SMSI, a déclaré Mme Bilello.  En février 2013, a ajouté la représentante, l’UNESCO a organisé à Paris une première réunion dans le cadre de l’examen décennal du SMSI (SMSI+10) qui a rassemblé 1 500 participants issus de gouvernements, de la société civile, des communautés techniques et scientifiques, du secteur privé et d’autres organisations intergouvernementales.  Mme Bilello a souligné l’importance que revêt pour toute personne la possibilité d’acquérir les capacités non seulement d’accéder à l’information mais aussi de transformer celle-ci en savoir.  La transformation des « sociétés de l’information » en des « sociétés du savoir » est une idée que promeut l’UNESCO, a-t-elle précisé, expliquant qu’il s’agissait de considérer les individus comme des agents de changement qui peuvent contribuer au développement économique et social de leurs sociétés. 


MONDIALISATION ET INTERDÉPENDANCE


Présentation de rapports


a) Rôle des Nations Unies dans la promotion du développement à l’heure de la mondialisation et de l’interdépendance A/68/259


Un programme de développement universel pour l’après-2015 devra faire en sorte que la mondialisation, facilitée par un système multilatéral inclusif, bénéficie à tout un chacun, pose comme principe le Secrétaire général dans ce rapport.  Il note que le panorama mondial en matière de développement a connu une évolution rapide qui, prédit-il, se poursuivra.  Étant donné que les possibilités, les défis et les risques de la mondialisation sont extrêmement interdépendants, il faudra disposer d’un cadre de développement novateur et plus ample pour les aborder, préconise M. Ban Ki-moon.


Le rapport analyse les relations entre la mondialisation, l’élimination de la pauvreté et le développement durable, en se fondant sur les trois dimensions du développement durable.  Le Secrétaire général y affirme qu’il convient de renforcer encore davantage le multilatéralisme pour relever et gérer efficacement des défis complexes.  M. Ban estime que l’ONU, en tant qu’instance inclusive s’agissant des questions de développement et de mondialisation, pourrait promouvoir davantage la coordination multilatérale, la cohérence et le respect du principe de responsabilité pour l’après-2015.  Le cadre institutionnel de suivi des activités de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social, dont le nouveau Forum politique de haut niveau, doit fonctionner correctement, souligne-t-il.


Le Secrétaire général propose de procéder à un repositionnement stratégique à plus long terme du système de l’ONU pour le développement.  À cet effet, il faudra repenser, ajuster et renforcer des domaines tels que les fonctions, le financement, les capacités, les partenariats, les arrangements opérationnels et la gouvernance, recommande M. Ban Ki-moon.


b) Science et technique au service du développement (A/68/227)


Dans ce rapport, le Secrétaire général rend compte des récents travaux menés par la Commission de la science et de la technique au service du développement, la Conférence desNations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et les autres organismes de l’ONU chargés d’aider les pays en développement dans leurs efforts pour accroîtreleurs capacités dans le domaine de la science et de la technique, acquérir de nouvelles technologies, s’approprier un savoir-faire technologique, appliquer des politiques en matière de science et de technique destinées à apporter des réponses aux problèmes de développement et à intégrer ces démarches dans leurs stratégies et plans nationaux de développement respectifs.


Ainsi, la Commission de la science et de la technique au service du développement a organisé des débats et une concertation sur les grandes orientations au cours de ses quinzième et seizième sessions.  Les participants ont échangé des idées et formulé des recommandations sur les divers thèmes prioritaires pendant les tables rondes intersessions et les sessions annuelles qui ont eu lieu en 2012 et 2013.


La Commission sert également de tribune pour coordonner l’action menée à l’échelle du système des Nations Unies en vue de donner suite aux textes issus du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).  Dans la période biennale actuelle (2012-2013), les travaux de la Commission sur ce suivi ont porté sur trois grands axes: la conduite de recherches et la rédaction de comptes rendus annuels sur la suite donnée aux textes issus du Sommet; la promotion du dialogue et la recherche d’un consensus sur la mise en œuvre des décisions prises au Sommet et les préparatifs pour le processus d’examen du Sommet qui aura lieu en 2015.


Les États Membres ont fait observer que si la science et la technique ne sont pas des fins en soi, elles représentent un moyen important de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Ils ont également noté qu’il est nécessaire de renforcer les capacités des pays en matière de technologie et d’innovation.  La connectivité et l’accès aux TIC sont des éléments décisifs, ce qui implique de réduire la fracture numérique en matière de téléphonie fixe et mobile et d’accès à Internet, est-il relevé par le Secrétaire général dans ce rapport.


Les États Membres ont constaté que dans une économie mondiale interdépendante, la coopération s’avère cruciale, en particulier dans les domaines qui mettent en jeu un transfert des technologies. Le secteur privé y occupe une place importante.  Les États Membres ont demandé que les inégalités et les questions de santé continuent d’occuper une place de choix dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il faut absolument s’attaquer aux inégalités si on désire parvenir à un développement durable.  La science et la technique doivent viser à vaincre les problèmes sanitaires mondiaux les plus urgents, comme le paludisme et le VIH/sida, préconise M. Ban dans ce document.


En ce qui concerne la CNUCED, qui est membre de l’Équipe spéciale des Nations Unies chargée du programme de développement pour l’après-2015, elle a été le principal auteur, avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), d’un mémoire thématique intitulé « Science, technique et innovation au service du développement durable dans le partenariat mondial pour le développement au-delà de 2015 ».


La CNUCED a également organisé, le 10 avril 2013, à Genève, un séminaire intitulé « Technologie, innovation et le programme en matière de développement durable au-delà de 2015 ».  La CNUCED a aussi publié la troisième édition du Rapport sur la technologie et l’innovation, consacrée à l’importante question du renforcement de la collaboration Sud-Sud pour la technologie et l’innovation dans le but d’accélérer la percée technologique de l’ensemble des pays en développement, ainsi qu’un rapport sur l’économie de l’information. 


c) Coopération pour le développement des pays à revenu intermédiaire (A/68/265)


Dans ce rapport M. Ban Ki-moon relève que les pays à revenu intermédiaire ont enregistré globalement une croissance robuste et ont progressé dans leur développement, malgré des différences existant dans les résultats obtenus.  L’histoire montre que les pays appartenant à ce groupe sont vulnérables à ce qu’on appelle la « trappe du revenu intermédiaire »: ils perdent leur compétitivité par rapport aux pays à faible revenu, mais n’ont pas le mordant technologique nécessaire pour rattraper les pays à revenu élevé, indique le rapport.  Le Secrétaire général note que les pays à revenu intermédiaire sont ceux dont le revenu national brut par habitant (RNB) se situe entre 1 036 dollars et 12 615 dollars, au 1er juillet 2013, selon la classification établie par la méthode Atlas de la Banque mondiale.  En 2013, 103 pays entraient dans cette catégorie.


La Banque mondiale ne reconnaît pas la notion onusienne de « pays les moins avancés » (PMA), et au contraire définit les pays à faible revenu en fonction de ses propres politiques de prêt, ajoute le Secrétaire général.  En ce sens, les pays à revenu intermédiaire sont définis uniquement par le revenu par habitant, contrairement aux pays les moins avancés, dans la définition desquels entrent également la vulnérabilité économique et environnementale et le niveau de développement humain.  Les pays à revenu intermédiaire comptent ainsi 74% de la population mondiale.


Le Secrétaire général propose que soit établi un système de classification plus poussé des pays à revenu intermédiaire en fonction de leur état de développement, qui pourrait être élaboré afin de mieux tenir compte du caractère multidimensionnel du développement.  On pourrait par exemple intégrer certains éléments de la méthode utilisée pour définir la catégorie des pays les moins avancés, qui repose sur le revenu, les indicateurs de développement humain et le degré de vulnérabilité économique et environnementale.


M. Ban note également l’importance de veiller à ce que l’amélioration de l’aide accordée aux pays à revenu intermédiaire n’ait pas pour effet d’évincer du programme de développement les pays à faible revenu, et en particulier les pays les moins avancés.  Il est important de veiller à ce qu’une situation mutuellement bénéfique, du fait des retombées positives et des effets de réseau, s’installe bien entre les diverses parties concernées.


d) Culture et développement (A/68/266)


Note du Secrétaire généraltransmettant le rapport établi par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). 


Ce rapport de l’UNESCO transmis à la Commission par le Secrétaire général relève qu’en l’an 2000, la culture était absente de l’équation du développement durable telle que définie dans la Déclaration du Millénaire et dans les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  En revanche, aujourd’hui le rôle de la culture dans la réalisation d’un développement équitable, durable et sans exclusion, est plus largement reconnu et mieux démontré. 


L’UNESCO indique dans ce rapport que les industries culturelles et créatives comptent parmi les secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale.  Elles représentent 3 à 4% du produit intérieur brut mondial (PIB).  De plus, le secteur du tourisme –dont 45% des activités sont culturels– représente 9% du PIB mondial et 6% du total des exportations des pays les moins avancés et 1 emploi sur 11 dans le monde.


Le rapport suggère que soit organisée une conférence des Nations Unies sur la culture et le développement dans le cadre des efforts de suivi et de mise en œuvre des priorités de développement pour l’après-2015.


Échanges de vues


Réagissant à la présentation sur les pays à revenu intermédiaire, le représentant du Suriname a proposé de trouver une nouvelle dénomination pour ce groupe de pays en tenant compte du fait que tous sont encore des pays en développement qui continuent d’avoir besoin d’un soutien pour continuer à se développer.  Si le Suriname a eu de la chance parce qu’il a des ressources naturelles et que les prix de ces matières premières sont élevés, a-t-il expliqué, sa croissance ne provient pas d’une production de biens à forte valeur ajoutée.  Le représentant a, par ailleurs, relevé l’utilité des indicateurs relatifs à l’accès à l’Internet.  En ce qui concerne le programme de développement pour l’après-2015, il a souhaité que les OMD servent de base à son élaboration.  Il a aussi demandé d’y inclure la culture.


Le représentant de l’UNESCO a confirmé la nécessité d’inclure des indicateurs relatifs à la culture dans le futur programme de développement pour l’après-2015.  Quant à la représentante de la CNUCED, elle a dit que l’accès à l’Internet est une question dont il faut effectivement tenir compte.  De son côté, le représentant du Groupe de la veille économique mondiale a insisté sur la nécessité de réduire la vulnérabilité des pays à revenu intermédiaire face aux chocs extérieurs, car ces pays ont des économies qui dépendent essentiellement des ressources naturelles.  Il a souhaité que l’on garde à l’esprit la proposition de changer le nom du groupe dont font partie ces pays et a, à cet égard, proposé l’appellation de « groupe de pays à développement moyen ».  Il a suggéré de maintenir la classification basée sur le niveau de revenu d’un pays, tout en redéfinissant les critères de ce classement en y intégrant d’autres variables afin d’y créer des sous-groupes. 


Enfin, le représentant du Département des affaires économiques et sociales (DAES) a invité les États Membres à surmonter les difficultés actuelles en poursuivant le travail normatif et analytique déjà mené dans différentes sections des Nations Unies.  Notre but principal est la promotion du développement, a-t-il insisté.


Débat général


M. PETER THOMSON (Fidji), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a prévenu que la mondialisation économique devrait être plus inclusive, afin que ses retombées puissent profiter à tous les pays du monde, et non pas seulement aux pays développés.  Il a invité les Nations Unies à promouvoir une coordination multilatérale qui contribuerait à créer une interaction positive avec les institutions internationales pertinentes.  Le représentant a ensuite relevé que la science et la technologie peuvent permettre de répondre aux grands défis mondiaux tels que l’éradication de la pauvreté ou la dégradation de l’environnement, entre autres.  Il a plaidé pour un transfert de technologies plus effectif en faveur des pays en développement, et il a proposé la mise en place d’un mécanisme de facilitation technologique à cet effet.


La culture représente un facteur important d’inclusion sociale et de lutte contre la pauvreté, a par ailleurs noté M. Thomson.  Il a demandé que la diversité culturelle, qu’il a présentée comme une source d’enrichissement pour l’humanité, soit respectée dans les faits.  Il a ensuite invité les Nations Unies à œuvrer à la promotion et la protection des connaissances culturelles de chaque composante de l’humanité.


M. Thomson a, en outre, rappelé que les pays à revenu intermédiaire représentent 74% de la population mondiale.  Il a ensuite souligné que le classement de ces pays se fait en fonction de leur produit intérieur brut (PIB), mais que cet indicateur ne donne pas une idée complète de leurs réalités, et que ces chiffres contribuent à masquer les disparités qui existent entre les différents pays à revenu intermédiaire et à l’intérieur de ceux-ci.  Il a plaidé pour que ces pays continuent de bénéficier de l’aide publique au développement (APD), tout en précisant que le versement de l’APD aux pays à revenu moyen ne devrait pas avoir de conséquences négatives sur celle versée en faveur du développement des pays les moins avancés (PMA).


M. ELLISTON RAHMING (Bahamas), qui s’exprimait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a fait remarquer que, du fait de leur petite taille et de leurs conditions géographiques et climatologiques, les pays de la CARICOM figurent parmi les plus vulnérables au monde.  Il a dès lors demandé de les placer au cœur du cadre de développement mondial.  Il a salué le rapport du Secrétaire général qui met en avant la nécessité de ne pas laisser les pays en développement en marge lors de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.  Ces pays paient le prix des effets de la mondialisation, comme les changements climatiques et les crises économiques, a-t-il observé.  Il a demandé que le futur programme de développement prévoie un cadre de partenariat mondial qui garantisse l’égalité de tous les pays.  Comme autre effet de la mondialisation qu’il faut traiter, il a parlé de la traite d’êtres humains, du blanchiment d’argent et du commerce illicite d’armes légères et de petit calibre.  Les pays de la CARICOM ont participé activement aux négociations sur le Traité relatif à ce commerce, a-t-il indiqué. 


Abordant la question de la vulnérabilité particulière des pays à revenu intermédiaire, M. Rahming a souligné que les progrès accomplis par ces pays peuvent être rapidement perdus.  Il a donné l’exemple de nombreux pays des Caraïbes qui, avant la crise financière mondiale, avaient réussi à stabiliser et même réduire leur niveau d’endettement.  Ces pays ont ensuite été touchés de manière disproportionnée par les crises mondiales du fait de leurs liens étroits avec les marchés financiers des États-Unis et d’Europe.  Les vulnérabilités particulières des petits États insulaires en développement (PEID) ne sont pas reflétées dans la classification économique de ces pays, a-t-il observé, notant avec satisfaction que le Secrétaire général avait tenu compte de ce problème dans son rapport.  Il a donc invité la communauté internationale à revoir cette classification dans le cadre de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.  Enfin, il a lancé un appel en faveur de la mise en place d’un régime commercial multilatéral plus équitable, qui pourrait se faire en réduisant, entre autres, les barrières commerciales entre pays en développement.  Il s’est inquiété en particulier des distorsions que créent les subventions commerciales versées aux compagnies multinationales impliquées dans la production et le commerce du rhum.  Ces subventions désavantagent les distilleries de la CARICOM, a-t-il expliqué.


M. AMAN HASSEN BAME (Éthiopie) s’est exprimé au nom du Groupe des États d’Afrique, et a rappelé que la Conférence Rio+20 avait souligné l’importance de la technologie dans l’optique de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, en même temps que celle que revêtent le renforcement des capacités et la disponibilité de financements adéquats.  Il a relevé que la technologie ne semble pas encore retenir l’attention de la communauté internationale dans le cadre du suivi des recommandations de Rio+20.  Dans ce contexte, il a appelé au lancement d’un processus de développement technologique, semblable à celui qui est en cours pour trouver des solutions à la question du financement du développement durable.  Il a ensuite soutenu que la technologie et la recherche sont au cœur de tout processus de développement, notamment dans les secteurs tels que l’éducation, la santé, l’agriculture, la sécurité alimentaire et les infrastructures.  Le fossé technologique entre pays riches et pays pauvres, a-t-il expliqué, renforce les inégalités et compromet les efforts visant à l’éradication de la pauvreté.  Il a invité la communauté internationale à soutenir et renforcer la coopération internationale en matière de recherche et de développement technologiques, y compris par la mise en place de mécanismes financiers adéquats.


Le représentant a par la suite noté que la coopération avec les pays à revenu intermédiaire doit avoir une place de choix dans les programmes de développement des Nations Unies, justifiant cette proposition par le fait que ces pays connaissent des situations diverses, notamment ceux qui sont sur le continent africain.  M. Bame a, par ailleurs, reconnu le potentiel de la culture comme facilitateur et catalyseur de la mise en œuvre des trois dimensions du développement durable, que sont les dimensions économique, sociale et environnementale.  Il a ainsi suggéré que la culture soit intégrée dans le futur programme de développement pour l’après-2015, soit en tant qu’objectif spécifique, soit comme thématique transversale.  Il a enfin souligné l’importance du respect de la diversité culturelle et la nécessité de mettre en place des mesures mondiales de protection des connaissances traditionnelles.


M. EMILIO GONZÁLEZ SOCA (Cuba), parlant au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a constaté que le groupe des pays à revenu intermédiaire représentait un large éventail de pays ayant des intérêts divers.  En ce qui concerne l’Amérique latine et les Caraïbes, il a mis l’accent sur les grands défis auxquels les pays de la région sont confrontés, et a cité à cet égard le niveau de pauvreté élevé et les inégalités actuelles.  Le programme de développement pour l’après-2015 devra prévoir un engagement des pays développés à respecter leurs promesses en matière d’APD et de coopération Nord-Sud, a-t-il demandé.  Il a souhaité que les pays à revenu intermédiaire ne soient pas perçus comme de nouveaux donateurs potentiels, invitant à ne pas ajouter d’obligations aux charges qu’ont déjà ces pays.  La coopération Sud-Sud ne doit pas remplacer la coopération Nord-Sud, a-t-il ajouté.


Le nouveau programme de développement devra garantir que les pays à revenu intermédiaire continueront de bénéficier de la coopération internationale, a demandé le représentant.  Ce programme doit pouvoir répondre aux besoins de tous les pays en développement, y compris les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID), a-t-il souligné.  Il a demandé que soit créé un programme d’action intégral pour la coopération avec les pays à revenu intermédiaire.  La CELAC reconnait que la création d’un mécanisme de coordination des Nations Unies pour la coopération avec les pays à revenu intermédiaire permettra d’améliorer les activités du système, a dit le représentant.  Enfin, il a souhaité que les agences, fonds et programmes de l’ONU, qui œuvrent en matière de développement, continuent à remplir leurs fonctions en tenant compte des défis qui se posent à tous les pays en développement, y compris ceux à revenu intermédiaire.


M. NORACHIT SINHASENI (Thaïlande), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a estimé qu’il était nécessaire de mettre en œuvre des politiques basées sur l’équité et le développement durable afin de faire des échanges commerciaux des facteurs de croissance et de développement.  Il a vanté les mérites de l’approche régionale adoptée par l’ASEAN et évoqué à ce titre la tenue en décembre prochain, à Bali en Indonésie, de la neuvième Conférence ministérielle de ce groupe d’États.  Cette conférence, a indiqué le représentant, permettra de hâter la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) grâce à une convergence des politiques des 10 pays membres de l’ASEAN. 


M. Sinhaseni a, en outre, appelé la communauté internationale à faciliter les transferts de technologies en direction des pays en développement dans la mesure où la science, la technologie et l’innovation sont des facteurs primordiaux du développement.  Il a également appelé à davantage de collaboration entre pays à revenus intermédiaires, afin que ces derniers parviennent à sortir de cette catégorie pour devenir des pays à revenus élevés et développés, et améliorer les conditions de vie de leur population.  Enfin, il a abordé la question des migrations internationales, corollaire de la globalisation économique et de l’interdépendance mondiale.  Il a estimé qu’il était essentiel de porter une attention particulière au sort des migrants en incluant cette problématique dans le programme de développement pour l’après-2015.


Mme SHRUTI CHOUDHRY (Inde) a noté que le monde vit une époque où « nous agissons ensemble, et nous échouons et réussissons ensemble » du fait de la mondialisation.  Elle a regretté cependant que les bienfaits de la mondialisation n’aient pas été partagés de façon équitable.  Elle a évoqué comme exemple la crise financière et économique de 2008, qui a eu des implications dans le monde entier, avec des effets désastreux dans les pays en développement notamment.  Elle a ensuite suggéré un renforcement du multilatéralisme, grâce à la réforme des institutions internationales, sous l’égide des Nations Unies.  Mme Choudhry a relevé que les migrations internationales en cours aujourd’hui sont l’une des manifestations de la mondialisation, et elle a proposé la mise en place d’un cadre international qui ferait que ces migrations soient bénéfiques pour tous.


La représentante a, en outre, proposé que le programme de développement pour l’après-2015 prenne en compte la nécessité d’assurer un transfert de technologies en faveur des pays en développement.  Évoquant la place de la culture dans le cadre du développement, Mme Choudhry a relevé qu’une approche du développement qui tienne compte de la diversité culturelle est plus à même de produire des résultats positifs dans le monde entier.  Elle a également invité la communauté internationale à adopter une « culture de la frugalité », précisant que c’est une invitation à l’adoption d’un mode de consommation durable des richesses offertes par la nature.


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a estimé que la gestion de la mondialisation devait tenir compte des besoins spécifiques des pays les plus vulnérables.  Il faut également garantir le rôle central des États dans la mondialisation, a-t-il souligné.  Il a expliqué que si la Malaisie avait profité de politiques d’investissements commerciaux libéraux, le pays avait cependant dû faire face aux conséquences négatives de la mondialisation au cours de la crise asiatique.  Il a souhaité que les mécanismes de la mondialisation soient mieux utilisés, bien dirigés, car on peut corriger les raisons créant les inégalités entre pays en développement et pays développés.  Il a plaidé en faveur d’un processus de décision au niveau international qui soit plus démocratique et ouvert.


La Malaisie a pour objectif de devenir un pays à revenu élevé d’ici à 2020, notamment grâce aux technologies et à l’innovation, a poursuivi M. Haniff.  Notre société, a-t-il souhaité, doit être créatrice et novatrice, et pas seulement consommatrice de technologies.  Il a indiqué que la Malaisie souhaitait intégrer la science dans sa politique de développement.  À cet égard, il a plaidé en faveur d’un transfert des technologies venant des pays développés.  Le représentant a aussi demandé la conclusion immédiate du Cycle de négociations commerciales de Doha.  M. Haniff a aussi fait valoir l’importance d’une croissance verte et participative.  Sa promotion implique une réforme du système financier international, afin qu’il soit plus réactif aux défis mondiaux, a-t-il estimé.


M. A.K. ABDUL MOMEN (Bangladesh) a déclaré que le concept de mondialisation est une manifestation de l’interdépendance entre peuples et nations.  Prenant en exemple son propre mode de vie, il a dit: « quand je me réveille le matin, je prends du thé du Sri Lanka ou du Bangladesh dans une tasse fabriquée au Royaume-Uni.  Je mange des céréales produites aux États-Unis et une banane de l’Équateur.  Je porte une chemise importée de Chine, je saisis au passage mon téléphone portable fabriqué en Corée; puis je monte dans ma voiture assemblée aux États-Unis, au Japon ou en Allemagne et je fais le plein du réservoir de ma voiture avec du carburant provenant d’Arabie saoudite ou du Qatar ».


La délégation du Bangladesh estime que pour promouvoir un développement viable à long terme, la mondialisation commande qu’aucun pays ne soit laissé à la traîne, a souligné M. Momen.  « Malheureusement, il en est autrement dans la réalité.  Le rapport du Secrétaire général sur la question montre que les pays les moins avancés (PMA) ne sont pas en mesure de tirer avantage de la situation économique mondiale actuelle », a-t-il regretté.  Le Bangladesh estime qu’il faut mettre un terme à cette situation.  Il invite donc les partenaires au développement à « respecter leurs engagements vis-à-vis des PMA en ce qui concerne l’accès au marché, la facilitation du commerce, l’adaptation aux changements climatiques et les migrations », entre autres questions, a indiqué M. Momen.  Il a aussi demandé que, dans ce contexte de la mondialisation, l’ONU « joue un rôle décisif pour s’assurer que le développement devienne effectif dans les pays à la traîne ».


Concernant les questions liées à la science et à la technique, les pays les plus pauvres, notamment les PMA, sont largement dépassés par les évolutions actuelles, a regretté le représentant du Bangladesh.  Pour que ces pays soient en mesure d’emprunter les « autoroutes de la technologie », ils ont besoin du soutien de la communauté mondiale, a plaidé M. Momen en rappelant que lors de la Conférence d’Istanbul sur les PMA, le principe de la mise en place d’une banque des technologies, ainsi que d’un mécanisme de soutien technologique aux PMA avait été adopté.  La délégation du Bangladesh est convaincue qu’une fois que la banque aura été mise sur pied et ses centres implantés dans les PMA, on assistera à un vrai sursaut, a conclu le représentant.


M. VÍCTOR MUÑOZ(Pérou) a noté que la culture est un élément clef du développement, car elle contribue à la modification des modes de consommation et guide les relations entre les hommes et la nature.  Il a appelé au respect de la diversité culturelle, et a souhaité que la culture puisse occuper une place de choix dans le programme de développement pour l’après-2015.  Le représentant a ensuite rappelé qu’en septembre dernier, les dirigeants d’Amérique latine, au cours d’une rencontre qu’ils ont eue avec la Directrice générale de l’UNESCO, ont créé un « Groupe des amis de la culture et du développement ».  C’est un acte qui marque leur reconnaissance de la culture en tant que moteur du développement et véhicule de paix et de tolérance mutuelle, a dit le représentant.  Il a souhaité que la Deuxième Commission puisse adopter une résolution spécifique sur la culture et le développement durable au cours de cette soixante-huitième session de l’Assemblée générale.


M. VADIM PISAREVICH (Bélarus) a rappelé les derniers évènements organisés sur la question des pays à revenu intermédiaire, comme la conférence internationale tenue en juin 2013 au Costa Rica, qui a donné lieu à l’adoption de la Déclaration de San José; ainsi que la conférence organisée en mai dernier dans la capitale du Bélarus.  Toutes ces réunions ont mis en évidence la nécessité de l’aide que doivent apporter à ces pays les institutions du système des Nations Unies, a-t-il noté.  Le niveau croissant d’inégalités internes est un problème que l’on rencontre dans les pays a revenu intermédiaire, a-t-il remarqué, expliquant que cela résultait des effets inégaux de la mondialisation.  Il a aussi noté la grande vulnérabilité des pays à revenu intermédiaire face à des facteurs externes, comme la crise financière mondiale.  Il a dit que le Bélarus appréciait que les organisations de l’ONU, notamment le FNUAP, aient tenté, ces dernières années, de mettre en évidence les problèmes qui se posent à ces pays.  Il a proposé l’adoption d’un plan d’action de l’ONU pour une meilleure collaboration avec les pays à revenu intermédiaire, comme cela est prévu dans la Déclaration de San José.  Le Bélarus estime qu’il est indispensable de fixer des critères clairs de coopération entre l’ONU et des pays aussi hétérogènes que les États qui font partie du groupe des pays à revenu intermédiaire.  L’élaboration d’un plan interinstitutions destiné à les soutenir pourrait être l’option la moins coûteuse, a-t-il estimé.


M. ZHAO XINLI (République populaire de Chine) s’alignant sur la déclaration faite par les Fidji au nom du Groupe de 77 et de la Chine, a salué le travail accompli par la Commission de la science et de la technique au service du développement depuis deux ans.  Mon pays poursuit le « Rêve chinois » de revitaliser la nation chinoise.  « Nous voyons l’innovation scientifique et technique comme un pilier stratégique et comme un concept pouvant permettre d’atteindre la productivité économique qui permettrait le renforcement de la situation de notre pays », a-t-il déclaré.  Partout dans le monde, nous sommes confrontés à des défis comme la faim et la pauvreté, la dégradation de l’environnement, la pénurie d’énergie et de ressources, ou encore la crise financière, a observé M. Zhao.  Face à cela, la communauté internationale devrait souligner l’importance de la science et de la technique et les mettre en tête des priorités du programme de développement pour l’après-2015.  Pour cela, nous devons promouvoir l’innovation scientifique et technologique comme outil du développement, a indiqué le représentant.  La communauté internationale doit améliorer la coordination de l’innovation scientifique, a-t-il ajouté.  « Nous soutenons la recommandation du Secrétaire général d’établir un mécanisme pour la science et la technique placé sous les auspices des Nations Unies », a souligné M. Zhao.  De plus, il faut mettre en place les moyens du renforcement des capacités des pays en développement dans ces domaines, a-t-il préconisé.  Enfin, le représentant a déclaré qu’il faut promouvoir une plus grande ouverture au niveau mondial, ainsi qu’une coopération gagnant-gagnant entre les États dans le domaine de la coopération scientifique et technologique. 


Mme SARAH LUNA (Mexique) a rappelé l’initiative sur l’inclusion, proposée par son pays au cours du débat de haut niveau de l’Assemblée générale, espérant que ce sujet serait un des éléments centraux du programme de développement pour l’après-2015.  Elle a souhaité voir une réduction des inégalités et de la pauvreté, plaidant également en faveur de la participation active des groupes les plus vulnérables à la définition des programmes et à la promotion du développement.  La création d’un outil de mesure multidimensionnel devrait permettre d’identifier les priorités de coopération avec les pays à revenu moyen en vue de l’élimination de la pauvreté et de l’amélioration de la gouvernance, a-t-elle dit.  La représentante a présenté ce genre de coopération comme un facteur multiplicateur permettant de mieux appuyer les efforts d’élimination de la pauvreté dans ces pays.  Elle a ensuite reconnu que la culture, la science, la technologie et l’innovation joueront un rôle fondamental dans la poursuite des objectifs de développement.  Le Mexique propose que 2015 soit déclarée Année internationale de la lumière et des technologies de la lumière, a annoncé la représentante.  Cette célébration permettrait de promouvoir les applications de ces technologies à la médecine, à l’agriculture, aux communications, à l’éducation, à l’astronomie et à l’architecture, a-t-elle précisé.


M. ABDOURAHMANE TRAORÉ(Sénégal) a déclaré que le développement intégral ne saurait se réaliser « sans une prise en compte optimale de la dimension culturelle qui donne un sens à la vie de l’Homme ».  La délégation du Sénégal estime que dans le contexte mondial actuel, caractérisé par des dysfonctionnements inquiétants aux niveaux économique et social, il est primordial de « repenser les paradigmes du développement dans la perspective de la préservation et de la promotion des cultures ».


Défendant l’idée de l’émergence et de la consolidation d’une véritable économie de la culture, le représentant du Sénégal a souhaité que le modèle des industries culturelles, qui sont déjà une réalité, particulièrement dans les pays développés où elles représentent une part importante du produit national brut, soit étendu au reste du monde, « tout en évitant le piège de la standardisation et de l’uniformisation de ses produits, facteurs de l’appauvrissement culturel ».  M. Traoré a aussi insisté sur le fait que le monde nouveau, « que nous voulons réaliser pour les générations futures, exige un état d’esprit novateur en vue de parachever le développement durable » dont les contours ont été définis à Rio de Janeiro au mois de juin de cette année.


M. EMMANUEL OKAFOR (Nigéria) a souhaité que les Nations Unies puissent jouer un rôle de premier plan dans la consolidation de la coopération internationale, notamment dans le contexte de la mondialisation.  Il a indiqué que la science et la technologie étaient importantes pour les pays en développement.  Il a, dans ce contexte, plaidé pour un meilleur transfert des technologies entre pays du Nord et du Sud, mais également entre pays du Sud dans le cadre de la coopération Sud-Sud.  Le représentant a, en outre, relevé qu’une culture nouvelle en matière de développement est essentielle pour renforcer les valeurs communes de l’humanité, tout en prenant en compte les particularités de chaque peuple.  Les pays industrialisés ont tiré profit de la mondialisation, a-t-il noté, regrettant que dans le cadre du système commercial actuel, les industries du Nord aient affaibli celles du Sud qui n’avaient pas les moyens de les concurrencer.  Il a souhaité que le Cycle de négociations commerciales de Doha puisse être conclu, afin de remédier à cette situation, et de favoriser l’essor d’un système commercial plus équitable.


M. MIGUEL CAMILO RUIZ (Colombie) a demandé que le programme de développement pour l’après-2015 reprenne les besoins de tous les pays en développement.  La réduction des inégalités et l’élimination de la pauvreté restent les principaux défis à relever, a-t-il souligné, en indiquant que ceci était particulièrement vrai concernant les pays à revenu intermédiaire.  S’il a reconnu les progrès enregistrés par ces pays, il a cependant expliqué que la majorité de leur population n’avait pas connu une amélioration de son bien-être.  Ces pays se sont retrouvés dans la « trappe du statut de pays à revenu intermédiaire», car dès qu’ils atteignent un certain niveau de développement ils perdent leur compétitivité par rapport aux pays à faible revenu.  Le développement n’est pas lié seulement à l’amélioration du niveau de vie, a observé le représentant.  Il a jugé fondamental de surmonter les problèmes structurels de développement qui limitent les transitions que peuvent opérer des pays pour devenir des économies plus inclusives.  Un grand nombre de pays à revenu intermédiaire a connu une baisse significative de l’APD, a-t-il aussi noté, plaidant pour un accès continu au système de coopération international. 


Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL(Argentine) a plaidé pour la mise en place de politiques adéquates en matière de coopération pour le développement.  Elle a indiqué que les classements des pays en fonction de critères exclusivement économiques ne reflètent pas du tout la réalité.  Elle a rappelé que l’Argentine a, de manière répétée, demandé que soient reconsidérées les méthodes de classement des pays en fonction de leur PIB, car le développement est un concept très complexe qui ne peut être réduit à la seule performance économique.  Elle a, en outre, expliqué que les pays à revenu intermédiaire, comme c’est le cas en Amérique latine, souffrent souvent de lacunes en matière de structures de production, en plus des inégalités persistantes qu’on y observe.  Elle a, de ce fait, invité la communauté internationale à reconsidérer la situation de ces pays, et elle a déploré le fait que le système international soit « inique » et utilise l’aide au développement comme une arme politique.


M. ABDULMONEM A.H. ESHANTA (Libye) a relevé que la mondialisation impliquait une interaction entre les États Membres à plusieurs niveaux, étant à la fois un moteur de croissance et un phénomène difficile à contrôler.  Il a relevé ses effets positifs, comme la diffusion des connaissances et des technologies, ainsi que ses effets négatifs, tels que ceux répandus par la crise financière mondiale.  Il a dès lors appelé à aider les pays en développement à augmenter leur résilience face à ces effets négatifs.  Il faut que la communauté internationale garantisse une cohérence entre la mondialisation et l’impératif du développement, a-t-il insisté.  Il a aussi noté que l’amélioration de l’accès à la science et à la technologie dont peuvent bénéficier les pays en développement exigeait la mise en place de partenariats de coopération.  La technologie étant cruciale pour le développement, il a demandé aux pays développés de fournir sur ce plan une aide aux pays en développement.  Il a aussi demandé que l’ONU apporte à ces pays le soutien nécessaire.  Il faut également intégrer les facteurs culturels dans les mesures de développement social, a conseillé le représentant de la Libye.


M. ANTON MOROZOV (Fédération de Russie) a indiqué que les défis d’aujourd’hui nous interpellent à utiliser la science et la technologie pour le développement durable.  Il a invité la communauté internationale à utiliser la science et la technologie pour réduire les inégalités à travers le monde.  Il a déclaré que la Fédération de Russie a mis en place des politiques visant à faire que le pays retrouve son statut de tête de proue de l’innovation technologique mondiale.  Il a noté que le magazine économique américain « Bloomberg » a classé la Fédération de Russie parmi les pays les plus innovants au monde.  Le représentant a ensuite annoncé que la Russie envisage de créer 25 millions d’emplois dans le secteur des technologies, avec, a-t-il ajouté, une attention particulière portée au domaine des technologies de gestion de l’environnement, afin notamment de réduire les gaspillages.  Il a suggéré que les Nations Unies puissent mobiliser les contributions de la communauté internationale en direction de la recherche technologique sur les problématiques les plus pertinentes.


M. SÉRGIO RODRIGUES DOS SANTOS (Brésil) a plaidé pour que l’architecture institutionnelle de la gouvernance globale permette de pallier aux lacunes de la globalisation.  « Cela passe notamment par une attention accrue aux besoins des pays en développement et par le renforcement de leur participation aux travaux des institutions mondiales », a-t-il ajouté.  « L’ONU a un rôle intégrateur central à jouer, par le biais du système des Nations Unies pour le développement, l’ECOSOC et par le Forum politique de haut niveau récemment créé », a noté M. Dos Santos.  Le délégué du Brésil a dit que le partage du savoir scientifique et technologique est l’un des meilleurs instruments de promotion du développement durable.  « L’innovation est également un moteur crucial de la croissance durable et inclusive », a-t-il ajouté, mettant en avant le programme « Science sans frontières » mis en œuvre au Brésil, et qui implique plusieurs universités du monde entier.  M. Dos Santos a considéré que, compte tenu de la position unique qu’ils occupent, les pays à revenu moyen sont les mieux placés pour réduire l’écart entre les économies industrialisées et les pays en développement.


M. THULAMI NYEMBE (Afrique du Sud) a plaidé en faveur d’une approche multilatérale de la mondialisation.  Il a demandé d’intégrer la science et la technologie au programme de développement pour l’après-2015.  L’humanité sera ainsi davantage en mesure de surmonter les obstacles rencontrés sur la voie du développement durable, a-t-il estimé.  C’est avec satisfaction qu’il a noté que le Secrétaire général appelle à renforcer les partenariats à cet égard.  Il a dit que son pays s’est engagé à promouvoir les principes qui sous-tendent la coopération Sud-Sud, avant d’appeler la communauté internationale à prendre des engagements renouvelés en matière de coopération.  Le représentant a regretté que les droits de propriété intellectuelle soient un obstacle pour les pays en développement.  L’Afrique du Sud a accueilli un des plus grands télescopes mondiaux, projet qui va ouvrir les portes aux pays africains dans ce domaine, a-t-il ensuite annoncé.  Le représentant a conclu son intervention en demandant aux Nations Unies de rester le pilier central du dialogue concernant la mondialisation et l’interdépendance, car elles sont le lieu où les pays en développement peuvent avoir une voix.


M. TARIK IZIRAREN (Maroc) a rappelé que le Document final de Rio+20 avait mis l’accent sur l’importance de la culture en faveur du développement.  Il a estimé que le programme de développement pour l’après-2015 devait consolider la contribution de la culture à la réalisation des objectifs de développement durable.  La culture est un des aspects essentiels de l’approche du développement centrée sur les personnes, a-t-il insisté.  Il a ajouté que l’éducation était un élément du développement culturel et un outil de stimulation de l’innovation en faveur de la croissance économique.  Le représentant a également noté que le dialogue culturel renforçait les relations pacifiques entre les peuples et les nations.  De plus, a-t-il observé, les partenariats de coopération au développement basés sur une culture partagée donnent de meilleurs résultats.  Il a appelé par ailleurs à gérer au mieux la révolution de la technologie de l’information de façon à renforcer le dialogue entre les cultures.  En ce qui concerne le Maroc, le représentant a indiqué qu’il avait lancé en 2005 une initiative de développement humain.  Le Maroc promeut également l’écotourisme comme outil de protection de l’environnement et d’élimination de la pauvreté, a-t-il dit.


M. CHITSAKA CHIPAZIWA (Zimbabwe) a déclaré que la mondialisation présente autant de défis que d’opportunités.  Mais ceux qui y gagnent sont les « pays les plus avancés sur le plan économique », a relevé M. Chipaziwa.  Pour le représentant du Zimbabwe, les disparités entre les pays développés et les pays en développement « attestent clairement des inégalités de la mondialisation » et doivent être corrigées.  Dans cette perspective, le Zimbabwe a émis la nécessité, pour les institutions de gouvernance mondiale, d’intégrer les représentants des pays en développement dans le processus de formulation des politiques mondiales et des plans d’action destinés à régler les crises socioéconomiques mondiales.  « Il doit y avoir des mécanismes et canaux adéquats à travers lesquels les pays en développement peuvent exprimer leurs préoccupations », a exigé le représentant du Zimbabwe.


Ne perdant pas de vue que le fossé numérique entre les pays développés et les pays en développement empêche l’intégration équitable des pays en développement dans l’économie mondiale, le Zimbabwe a souhaité que ce fossé numérique soit comblé, a-t-il rappelé.  Pour que la mondialisation profite à tous, la délégation du Zimbabwe appelle les pays développés à respecter scrupuleusement les engagements pris vis-à-vis des pays en développement.  « La crise de la dette extérieure doit être réglée d’une manière qui permette aux pays en développement de mettre en œuvre un développement durable et d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement », a estimé M. Chipaziwa.  De plus, il faut faire preuve de volonté politique pour mener à bien les négociations commerciales multilatérales du Cycle de Doha pour le développement, afin de « permettre aux pays en développement de tirer le maximum de bénéfices du commerce mondial », a insisté le représentant du Zimbabwe.  Il s’est dit persuadé que les pays en développement peuvent arriver à un meilleur taux de croissance s’ils bénéficient de prix justes et équitables pour leurs produits. 


M. YASUAKI MOMITA (Japon) a noté que dans le contexte de mondialisation effrénée que vit le monde, il est important de s’assurer que les changements qu’elle crée ne se fassent pas au détriment de certaines catégories de personnes.  En conséquence le rôle crucial des Nations Unies doit être réaffirmé en vue de garantir l’interdépendance entre la mondialisation, l’élimination de la pauvreté et le développement durable, et, ce, par le biais d’une coordination multilatérale, a préconisé M. Momita.


Soulignant le rôle crucial de la technologie dans les efforts visant à faire reculer le phénomène de la pauvreté, le Japon est prêt à développer et à favoriser le partage des connaissances et le transfert des technologies avec ses partenaires de la communauté internationale.  En retour, le Japon exhorte la communauté internationale à aider les pays en développement à intégrer les politiques nécessaires en matière de science, de technologie et d’innovation dans leurs stratégies respectives de développement national.  Il faut faciliter la diffusion et le transfert des technologies et des sciences dans le cadre d’accords équitables, transparents et mutuels, a dit le représentant.  Relevant l’importance des questions qui se posent aux pays à revenu intermédiaire, M. Momita a indiqué que le Japon, qui travaille avec eux de manière étroite, les encourage à mettre en œuvre les cadres de coopération Sud-Sud et triangulaire.  « Le rôle accru que peuvent jouer les pays à revenu intermédiaire devrait être pris en compte dans les discussions relatives au renouvellement du partenariat mondial qui sera inclus dans le programme de développement pour l’après-2015 », a-t-il conclu. 


M. FRANÇOIS GAVE (France) a estimé qu’une politique de développement « qui veut avoir une certaine envergure, une certaine stabilité, ou qui veut simplement être comprise et soutenue par sa population », doit passer par la culture.  Il a indiqué que la culture est un facteur de cohésion sociale et de construction d’une paix durable, faisant notamment observer que soutenir les initiatives multilingues, notamment pour les langues locales, concourt à intégrer les minorités en situation d’exclusion.  La culture est non seulement un facteur de la construction d’un état de droit, mais favorise également la construction de villes et de territoires durables, a souligné M. Gave.  Investir dans la culture et la créativité, s’est-il notamment expliqué, est un excellent moyen de dynamiser l’économie des villes et de renforcer l’attractivité des territoires.  M. Gave a en outre relevé qu’inclure un volet culturel dans des projets de développement environnemental contribue à leur succès en impliquant les bénéficiaires dans la protection de leur territoire.


Le représentant a également vu dans la culture un « énorme potentiel de croissance économique », faisant notamment observer que le secteur culturel représente un potentiel économique important pour les pays en développement et que le tourisme culturel représente par ailleurs 40% des recettes touristiques mondiales, tandis que les industries culturelles et créatives représentent, a-t-il relevé, 3,4% du PIB mondial.


M. Gave a ensuite expliqué que la France avait fait de la culture un des axes forts de sa politique de coopération, évoquant notamment les activités du programme Afrique et Caraïbes en création, qui vise à développer une économie de la culture dans de nombreux pays, ainsi que celles du fonds Solidarités francophones au Mali qui, a-t-il précisé, comporte un volet patrimonial consacré aux banques culturelles, qui sont des structures gérées par les communautés villageoises liant activités musicales, économiques et sociales.


M. MAHE TUPOUNIUA (Tonga) a déploré que les pays en développement ne puissent bénéficier suffisamment des fruits de la mondialisation et de l’interdépendance économique mondiale.  En raison de sa taille, l’État de Tonga, à l’instar des autres petits États insulaires en développement (PEID), ne peut réaliser les économies d’échelle adaptées aux échanges globalisés, a-t-il déploré.  À ce titre, Tonga a réaffirmé son engagement dans les initiatives du Forum des îles du Pacifique pour renforcer les mécanismes régionaux de gestion de la globalisation, a dit M. Tupouniua.  Il a par ailleurs attiré l’attention sur les conséquences qu’a la mondialisation sur la qualité des aliments à la disposition de la population du Tonga.  Il existe un lien entre le libre-échange et la nourriture malsaine et grasse que nous voyons sur nos marchés, a-t-il accusé.  Il a également abordé la question de l’impact environnemental de la mondialisation et a préconisé l’inclusion de la question des changements climatiques dans la réalisation des objectifs de développement durable.  Il a requis que l’on place les océans au cœur des priorités du programme de développement pour l’après-2015.


M. JEAN-FRANCIS R. ZINSOU (Bénin) a estimé que le développement ne peut se concevoir sans la culture, qui est à la fois le contenu et le contenant du développement.  Il a relevé que la prise en compte de la culture dans le développement des nations est un facteur essentiel de l’acceptation de la diversité culturelle et un facilitateur de dialogue entre les peuples.  Il a expliqué ensuite qu’au Bénin, la culture est intégrée dan les programmes éducatifs, afin de forger des citoyens qui s’intègrent aussi bien dans l’espace national que dans le monde.  Il a en outre plaidé pour la démocratisation des technologies de l’information et de la communication, afin que les pays en développement puissent combler leur lacune en matière numérique, et pouvoir pleinement apporter leur contribution culturelle au reste du monde dans le cadre du développement durable.


M. FARDAN (Bahreïn) a souligné le rôle de la culture dans le développement, en tant que patrimoine commun qui permet de profiter de toutes les identités nationales.  Il a cité, à cet égard, le Document final de Rio+20, qui met l’accent sur l’intégration de la culture dans le programme de développement des Nations Unies.  Le Bahreïn accorde une importance majeure à la culture, a-t-il dit, expliquant que le pays fait son possible pour conserver son patrimoine archéologique.  Le représentant a indiqué que le Ministère de la culture œuvre pour promouvoir toutes les activités culturelles.  La capitale du Bahreïn, Manama, a d’ailleurs été choisie comme capitale culturelle arabe en 2012, a-t-il indiqué.  Il a aussi cité la Déclaration de Manama, qui a mis l’accent sur la culture et son utilisation pour réaliser le développement durable.  Manama ayant été désignée cette année capitale touristique, le Bahreïn va promouvoir le tourisme culturel et sportif.  Nous avons aussi mis en place un centre régional arabe pour la conservation du patrimoine international, a indiqué le représentant.


M. NOEL-NELSON MESSONE (Gabon) a expliqué qu’une mondialisation non maîtrisée, qui ne tient pas compte des interdépendances, débouche sur des crises multiformes dont les pays pauvres et en développement sont les principales victimes.  « Le nouveau programme de développement pour l’après-2015 doit permettre de progresser vers une mondialisation à visage humain, où l’interdépendance entre les nations inspire plus de solidarité, d’équité et de partage des responsabilités », a préconisé le représentant du Gabon.  Tout comme l’éradication de la pauvreté, la création d’emplois décents et l’accès aux services de santé, la mondialisation représente « un défi qui appelle la compétence universelle des Nations Unies », a estimé M. Messone.


En tant que pays à revenu intermédiaire (PRI), le Gabon a déploré que la classification des PRI masque leurs problèmes et les exclut de certains mécanismes d’aide et de coopération, a dit le représentant.  Avec 74% de la population mondiale et 45% du produit mondial brut, les PRI ont réalisé ces dernières années une croissance et des progrès que la délégation du Gabon a salués.  Néanmoins, M. Messone a tenu à souligner que plusieurs de ces PRI sont encore confrontés aux « mêmes défis de développement que les pays les moins avancés (PMA) ».  C’est pourquoi le Gabon demande l’élaboration d’une classification des PRI selon leur situation de développement.


Sur l’utilité et l’impact des nouvelles technologies, la délégation du Gabon a souhaité que l’accès à ces nouvelles technologies ne soit pas laissé aux seuls mécanismes et solutions du marché.  Parce que l’accès à la technologie par les pays en développement est un enjeu crucial, le Gabon veut voir la science et la technologie figurer en bonne place parmi les priorités du programme de développement pour l’après-2015.


M. SAUL WEISLEDER (Costa Rica) s’est déclaré très préoccupé par l’absence de coopération avec les pays à revenu intermédiaire au sein du système des Nations Unies.  Cela a été mis en avant par le Secrétaire général en 2009, 2011 et 2013, a-t-il relevé. Il faut que cette situation cesse, a demandé le représentant.  Il a ensuite souligné la nécessité de débattre de manière adéquate des questions et défis auxquels ces pays sont confrontés.  Cela a notamment été le cas à la Conférence de haut niveau sur les pays à revenus moyens qui s’est tenue en juin dernier à San José (Costa Rica) et qui a donné naissance à la Déclaration de San José, axée sur le développement et le bien-être de ces pays dans le contexte du programme de développement pour l’après-2015, a souligné le représentant.


Dans le but de tenir comptes des préoccupations de ces pays, le Costa Rica est d’avis que la communauté internationale doit faire des avancées sur la situation des plus marginalisés dans le monde, s’engager prioritairement à éradiquer la pauvreté, et lutter efficacement contre les changements climatiques.  La communauté internationale doit également faire des progrès en ce qui concerne la formulation de cadres stratégiques qui définissent très précisément les principes de coopération avec les pays à revenu intermédiaire, et élaborer, au sein même des Nations Unies, un plan d’action interinstitutionnel pour ces pays.  Elle doit enfin créer un cadre transparent et ouvert qui n’affectera pas négativement le développement des pays les moins avancées, a plaidé le représentant.  


Mme ZHANG KANGMIN (Singapour) a rappelé que son pays, pour la troisième année consécutive, était classé au second rang de l’indice de compétitivité du Forum économique mondial.  « Notre politique de développement a consisté à mettre l’accent sur l’éducation et la formation, en vue de renforcer l’efficacité du marché du travail et de tirer le meilleur profit des avancées technologiques », a-t-elle expliqué.  Elle a ensuite indiqué que la science et la technique n’étaient pas seulement un moteur de croissance, mais également un moyen d’œuvrer à un développement durable.  « À Singapour, un pays qui ne dispose d’aucune ressource naturelle, nous avons élaboré de nouvelles technologies de retraitement des eaux usées pour en faire de l’eau potable », a-t-elle poursuivi en citant un exemple d’application technologique.


Mme Zang Kangmin a aussi indiqué que son pays était un exemple du rôle clef que la science et la technique peuvent jouer dans l’élimination de la pauvreté et la promotion d’un développement durable.  « À ce titre, mon pays souhaite que la science et la technique, de même que la culture, soient pris en compte dans l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015 », a dit Mme Zang Kangmin.  Enfin, elle a expliqué que le programme de coopération de Singapour avait permis au cours de ces 20 dernières années la formation de plus de 800 000 fonctionnaires provenant de 170 pays.


Mme DIANA AL-HADID (Jordanie) a noté le rôle de coordination joué par l’ONU pour définir des consensus et promouvoir les efforts en faveur du développement.  Les Nations Unies ont donc une place privilégiée dans les structures multilatérales, a-t-elle insisté, invitant l’ONU à poursuivre dans ce sens.  Elle a ensuite relevé que les pays à revenu intermédiaire constituent un moteur essentiel de l’économie internationale pour des questions comme les changements climatiques, la sécurité nutritionnelle, l’eau et le commerce international.  Elle a indiqué que son pays avait organisé une réunion, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), pour parler des priorités de développement.  La science et la technologie doivent être intégrées dans le programme de développement pour l’après-2015, ainsi que dans les politiques de développement nationale et régionale, a-t-elle souhaité.


M. TAGHI FERAMI (République islamique d’Iran) a appelé à gérer la mondialisation grâce à un multilatéralisme renforcé.  Il a estimé que les Nations Unies devaient jouer un rôle unique et central pour soutenir les efforts de développement menés par les pays.  Il faut que la mondialisation bénéficie à tous, dans un système multilatéral inclusif, a-t-il ajouté.  Il a demandé que la mondialisation respecte les principes de non-ingérence, de responsabilité commune mais différenciée, et de reddition des comptes.  La pauvreté reste un des principaux défis qui se pose dans le monde et il faut lutter contre le chômage par le biais de la création d’emplois décents, a ajouté le représentant.  Il a plaidé pour que les engagements pris au niveau mondial se traduisent par des engagements aux niveaux nationaux.  Le représentant a aussi appelé à davantage de cohérence politique dans un monde qui change rapidement, appelant de ses vœux des échanges francs et honnêtes sur le sujet de la mondialisation.


M. E. COURTENAY RATTRAY (Jamaïque) a constaté que le débat sur les besoins en développement des pays à revenu intermédiaire présente un défi particulier, ce label étant donné à des pays qui sont à différents stades de développement. Il a notamment estimé que l’utilisation du PIB, comme indicateur du niveau de développement de chaque pays, porte ombrage aux efforts visant à faire face aux défis « persistants, distincts et hétérogènes » auxquels font face les pays à revenu intermédiaire en matière de développement, à commencer par une pauvreté persistante et une iniquité qui ne cesse de s’élargir.


Le représentant a également jugé impératif de prendre en compte, dans le cadre de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015, les différents besoins de développement des pays à revenu intermédiaire sur la base de leurs écarts structurels différenciés.  Il faut, a-t-il souligné, une approche qui cesse d’observer les défis en matière de développement à travers le seul prisme du revenu par habitant.  Le développement doit au contraire prendre en considération tout un éventail de variables, à commencer par l’inégalité de la distribution des revenus, le niveau de pauvreté et le déficit de capacités, sans oublier les défis structurels et les écarts rencontrés dans le domaine de la productivité, de l’innovation et de l’éducation, entre autres.  M. Rattray a, par ailleurs, estimé que les contributions des industries culturelles et créatives au développement économique et à l’autonomisation économique individuelle avaient été largement sous-estimées.  Il a également jugé important de prendre en considération le rôle essentiel que joue la culture pour promouvoir un développement économique durable.


M. PHOLOGO GAUMAKWE (Botswana) a appelé à en faire davantage pour lutter contre la pauvreté dans les pays à revenu intermédiaire.  Il faut améliorer la coordination dans le système des Nations Unies, en mettant en place un plan qui répondrait aux besoins particuliers de ces pays, a-t-il demandé.  Il a noté que si certains des pays à revenu intermédiaire sont passés à la catégorie supérieure, ceux qui restent dans cette catégorie subissent une stagnation de leur croissance et parfois un déclin.  Certains ont ainsi dû revenir à la catégorie des pays à faible revenu.  Il a noté avec appréciation que le Secrétaire général appelle à la mise en place d’un plan d’action interinstitutions pour les pays à revenu intermédiaire.  Le programme de développement pour l’après-2015 doit tenir compte des spécificités propres aux pays à revenu intermédiaire, a-t-il aussi demandé.  


Mme AMIRA DALI (Tunisie) a constaté que le défi principal du programme de développement pour l’après-2015 est d’assurer que la mondialisation devienne une force positive pour tous les peuples.  Elle a relevé que l’accroissement des inégalités sociales et économiques a provoqué une augmentation notoire du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans le monde.  Elle a dit que le programme de développement pour l’après-2015 devait être axé sur l’être humain et se concentrer sur la lutte contre la pauvreté et le chômage.  La globalisation repose sur le principe de l’interdépendance, a-t-elle observé, remarquant que les régions sont liées par des flux intensifs de marchandises, de capital, de personnes et d’information.  Pour qu’elle puisse bénéficier à tous les acteurs, il faudra qu’elle soit inclusive et équitable, a-t-elle averti.  Elle a indiqué que la Tunisie avait mené des réformes, ces deux dernières années, pour stimuler l’emploi, la relance des investissements, le développement régional et l’assistance sociale et économique aux couches les plus démunies.  Elle a en même temps souligné les problèmes auxquels se heurte son pays dans son processus de transition.


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