17/10/2013
Assemblée générale
AG/EF/3372

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Deuxième Commission                                        

12e & 13e séances – matin & après-midi


DEUXIÈME COMMISSION: L’ÉRADICATION DE LA PAUVRETÉ DOIT ÊTRE INSCRITE COMME UNE PRIORITÉ

DANS LE PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT POUR L’APRÈS-2015


Les délégations préconisent la promotion de l’éducation et l’intégration des femmes

au monde du travail sur une base d’égalité avec les hommes, notamment en milieu rural


Malgré les progrès accomplis dans la réalisation du premier des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui prévoit de réduire la pauvreté extrême de moitié entre 2000 et 2015, plus de 1,2 milliard de personnes continuent de vivre avec moins de 1,25 dollar par jour à travers le monde, la plupart se trouvant en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.


Partant de cette constatation, une quarantaine de délégations de la Commission économique et financière (Deuxième Commission) ont lancé aujourd’hui des appels pressants pour que l’élimination de la pauvreté soit la priorité centrale du futur programme de développement pour l’après-2015, en mettant l’accent sur l’autonomisation des femmes, le développement agricole et les politiques en faveur de l’emploi.


L’Afrique étant la seule région du monde où le nombre de pauvres a augmenté entre 1990 et 2010, le représentant de l’Éthiopie, parlant au nom du Groupe des États d’Afrique, a invité la communauté internationale à accorder une attention particulière à ce continent.  L’économie de la plupart des pays africains est basée sur l’agriculture, a-t-il précisé, en plaidant pour que la priorité soit accordée à la lutte contre la pauvreté rurale.  Au Cap-Vert, par exemple, la pauvreté reste plus marquée dans les zones rurales, alors que le taux national de pauvreté a fortement chuté, a indiqué le représentant de ce pays.  L’Asie connaît des problèmes semblables à ceux observés en Afrique, a témoigné le représentant de la Thaïlande, qui a indiqué que dans son pays la majorité de la population touchée par la pauvreté vit en zone rurale. 


Face à ce constat, de nombreux intervenants ont relevé que le développement du secteur agricole dans ces pays permet non seulement d’y créer des opportunités d’emplois, mais aussi des débouchés pour les produits agricoles et autres.  Le soutien de la communauté internationale aux investissements dans le secteur agricole durable devrait donc être une priorité au niveau mondial, comme cela est déjà le cas pour la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a indiqué le représentant du Suriname qui a conseillé de renforcer les compétences de la population rurale, afin de lui donner ainsi plus de chances de trouver des emplois dans d’autres secteurs.


Parmi les questions abordées aujourd’hui, celle de l’emploi a retenu toute l’attention de la Commission.  Sachant que 1,49 milliard de personnes vivant dans des pays en développement sont dans une situation d’emploi vulnérable, beaucoup d’intervenants ont invité les gouvernements à promouvoir les microentreprises, ainsi que les petites et moyennes entreprises, qui sont créatrices d’emplois.  Les intervenants ont aussi fait valoir que des investissements dans le secteur éducatif permettent de mieux armer les jeunes face aux réalités du marché de l’emploi. 


L’égalité des genres et l’autonomisation des femmes ont aussi été jugées cruciales par les délégations en tant qu’outils de la lutte contre la pauvreté.  Des appels ont été lancés au cours du débat pour que la communauté internationale investisse davantage dans les femmes et les filles, une mesure qui aurait des effets multiplicateurs sur la société, a indiqué une délégation en faisant remarquer qu’une femme salariée réinvestissait en moyenne 90% de ses gains dans l’amélioration du bien-être de sa famille.  À cet égard, les pays où les femmes jouent un rôle actif et jouissent d’une égalité avec les hommes réussissent mieux dans la voie vers le développement durable, a noté la délégation de la Norvège.


Beaucoup d’intervenants ont insisté pour que la question du genre soit intégrée au programme de développement pour l’après-2015 en prévoyant la mise en place d’indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis.  « L’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes sont des objectifs en soi pour assurer le développement », a déclaré à cet égard la Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, qui présentait le rapport sur la participation des femmes au développement.  Elle a notamment souligné l’importance des dispositions sociales protégeant les femmes, comme par exemple la mise en place de lois instaurant un salaire minimum.


Mme Shamshad Akhtar, Sous-Secrétaire générale chargée du développement économique au Département des affaires économiques et sociales, a présenté ce matin le rapport du Secrétaire général sur la mise en valeur des ressources humaines, tandis que Mme Daniela Bas, Directrice de la Division des politiques sociales et du développement social du même département introduisait le rapport sur les activités relatives à la deuxième Décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté.  La deuxième Décennie pour l’élimination de la pauvreté (2008-2017), qui met l’accent sur l’emploi et le travail décents pour tous, constitue une importante plate-forme pour l’action nationale et la coopération internationale de lutte contre la pauvreté, indique le Secrétaire général dans son rapport.


La Deuxième Commission tiendra sa prochaine séance lundi 21 octobre, pour examiner le point de son ordre du jour intitulé « Groupe des pays en situation particulière ».

Élimination de la pauvreté et autres questions liées au développement 


Rapport du Secrétaire général intitulé « Activités relatives à la deuxième Décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté (2008-2017) » (A/68/183)


Dans ce rapport, le Secrétaire général examine les progrès et les défis auxquels est confrontée l’élimination de la pauvreté, et débat des priorités des politiques en la matière.  Il passe également en revue les dernières activités visant à mettre en œuvre le Plan d’action de la deuxième Décennie des Nations Unies et conclut en faisant une série de recommandations soumises pour examen à l’Assemblée générale.


Le Secrétaire général invite à maintenir l’élimination de la pauvreté au cœur d’un programme de développement transformatif au-delà de 2015.  Ce nouveau cadre doit s’appuyer sur les enseignements tirés de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et tenir compte de l’impact persistant de la crise financière et économique mondiale, des inégalités, de l’insécurité alimentaire et de la dégradation de l’environnement. 


Il recommande à l’Assemblée générale de reconnaître que le programme de développement de l’après-2015 doit se centrer sur l’élimination de l’extrême pauvreté, la création d’emplois, la promotion de la justice sociale fondée sur la voix du peuple, la promotion d’une croissance équitable et inclusive, et la durabilité environnementale.  L’Assemblée devrait dès lors encourager les États Membres à donner la priorité à la création d’emplois productifs et au travail décent, en particulier pour les jeunes, par le renforcement des compétences et du marché du travail, l’amélioration de la qualité des emplois et en étendant le soutien nécessaire aux groupes vulnérables.


L’Assemblée est aussi invitée à reconnaître que l’accès universel à la protection sociale de base est essentiel pour réduire la pauvreté.  Elle pourrait exhorter les États Membres à améliorer les systèmes de protection sociale existants et à élaborer et mettre en œuvre des protections sociales minimales, en accordant une attention particulière aux femmes, aux enfants, aux personnes âgées, et aux personnes handicapées.


En reconnaissant l’omniprésence de la pauvreté rurale et la prédominance des travailleurs pauvres dans le secteur agricole, l’Assemblée pourrait inviter les États Membres à mettre en œuvre des politiques visant à améliorer la productivité agricole, les moyens de subsistance, ainsi que la sécurité alimentaire et la nutrition, dans les communautés rurales pauvres.  Elle devrait aussi encourager les États Membres à promouvoir les micro, petites et moyennes entreprises, qui sont les sources les plus dynamiques de l’emploi, en facilitant l’accès des petits exploitants et des entrepreneurs au crédit, aux ressources, aux services techniques et de vulgarisation, à l’assurance et aux marchés.  En outre, elle inviterait les États Membres à promouvoir des modes durables de production et de consommation, ainsi que la protection et la gestion des ressources naturelles.  Enfin, elle inviterait le système des Nations Unies à renforcer la collaboration interinstitutions et la cohérence des politiques sur les questions de pauvreté et d’emploi, dans le cadre de la deuxième Décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté.


Rapport du Secrétaire général intitulé « Participation des femmes au développement » (A/68/271)


Dans ce rapport, le Secrétaire général défend l’idée que le travail décent, l’appui et la protection sociale à fournir aux femmes dispensant des soins gratuitement, jouent un rôle déterminant pour parvenir à l’égalité des sexes, à l’autonomisation des femmes, ainsi qu’à une croissance et à un développement partagés, équitables et durables.  Dans le contexte de la crise économique et financière mondiale, il note que ces éléments ont un effet multiplicateur sur un grand nombre d’objectifs de développement, comme la réduction de la pauvreté et l’amélioration de la condition des enfants.


Pour créer ou renforcer les conditions qui permettent aux femmes d’obtenir un travail décent, favorisent la reconnaissance, la réduction et la redistribution des tâches non payées dues à la fourniture de soins, et élargissent l’accès à la protection sociale et aux services sociaux, le Secrétaire général recommande aux États Membres d’envisager plusieurs mesures.  Il suggère tout d’abord d’investir plus largement et davantage dans une législation, des politiques, des budgets et des programmes visant l’égalité des sexes dans ces domaines importants.  Il leur faut aussi promouvoir un travail décent pour toutes les composantes de la société et renforcer la réglementation du marché du travail et les dispositions sociales pour créer des conditions plus équitables pour les femmes.


Le Secrétaire général propose aussi de défendre les droits des travailleuses en concevant et en appliquant des mesures législatives et des politiques qui garantissent leur travail et leurs droits fondamentaux au travail.  Il faut également que les États reconnaissent et soutiennent le travail non rémunéré consistant à s’occuper des autres, indique-t-il.  Il suggère de mettre en place un régime de protection sociale universel, global et soucieux de la problématique hommes-femmes qui repose sur des services sociaux accessibles et de qualité.


Recueillir, analyser et diffuser régulièrement des données et statistiques ventilées par sexe mesurant l’accès des femmes à un travail décent, à des soins gratuits et à une protection sociale et surveiller l’impact des mesures prises par les pouvoirs publics en la matière, est l’une des autres propositions du Secrétaire général.  Ce dernier recommande aussi de mener des enquêtes sur l’utilisation du temps et d’appuyer l’utilisation de comptes satellites pour déterminer la valeur des soins non rémunérés fournis par les femmes à l’économie, ainsi que des études régulières sur le temps de travail pour mesurer la charge de travail non rémunéré qui incombe aux femmes et aux filles.


Le Secrétaire général formule aussi des recommandations au système des Nations Unies et à d’autres organisations internationales, notamment pour qu’ils sensibilisent les États Membres pour qu’ils accroissent et suivent ce qu’ils investissent dans des politiques et des programmes visant l’égalité des sexes pour que les femmes aient mieux accès à un travail décent.


Rapport du Secrétaire Général sur la mise en valeur des ressources humaines (A/68/228)


Dans ce rapport le Secrétaire général relève que malgré les efforts de mise en valeur des ressources humaines, l’accès à l’éducation et à la formation, à des soins de santé adéquats, et à des services de base reste limité dans de nombreux pays en développement.  Il note qu’en raison de leur faiblesse, les marchés du travail sont incapables d’absorber la masse croissante de main d’œuvre peu qualifiée, alors que le chômage, le sous-emploi, l’exode des compétences et les inégalités entre les sexes continuent de sévir dans un grand nombre de ces pays.


Le Secrétaire général indique qu’il y a lieu de rechercher de nouveaux moyens de procéder à la mise en valeur des ressources humaines et de promouvoir de nouvelles avancées dans ce domaine.  Il propose qu’afin que la science, la technologie et l’innovation profitent à l’ensemble de la société, il faut que les systèmes existant dans ces domaines soient alignés sur les objectifs nationaux de développement, et pleinement intégrés dans les stratégies nationales de mise en valeur des ressources humaines et d’élimination de la pauvreté.


M. Ban souligne en outre qu’une utilisation efficace des sciences et des connaissances et innovations technologiques pour la mise en valeur des ressources humaines exige des politiques et des stratégies qui se renforcent mutuellement.  Il ajoute que les politiques en matière de sciences et de connaissances et innovations technologiques devraient tenir compte des caractéristiques spécifiques de l’économie dans les pays en développement, et notamment de la taille du secteur traditionnel, de l’importance des savoirs autochtones, mais aussi de l’accès limité à de la main-d’œuvre qualifiée et à des capitaux.


Le rapport relève aussi qu’il est impératif d’investir dans l’infrastructure et la formation dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) et de promouvoir l’utilisation stratégique de ce secteur pour accroître l’accès aux sciences et aux connaissances et innovations technologiques et garantir une forte convergence entre l’enseignement supérieur et la recherche scientifique et appliquée.


La constitution d’un réservoir de main-d’œuvre hautement qualifiée s’impose pour s’adapter à des conditions technologiques en évolution constante, indique M. Ban dans ce rapport.  Le Secrétaire général poursuit son analyse en précisant que l’augmentation de la participation des femmes, des jeunes et d’autres groupes défavorisés dans l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques, ainsi que la création de possibilités d’emploi est capitale non seulement pour atténuer la pauvreté et la marginalisation de ces groupes, mais aussi pour mettre efficacement à profit les talents existants afin de réaliser un développement durable.


Il conclut son exposé en notant que les initiatives de collaboration menées aux niveaux international et régional devraient viser à trouver un juste milieu entre chercher à encourager la participation des scientifiques et des étudiants aux réseaux internationaux du savoir et chercher à prévenir un « exode des compétences », cela afin d’accroître les avantages nets de la mobilité internationale.


Débat général


M. LUKE DAUNIVALU(Fidji), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a relevé que le défi de l’éradication de la pauvreté dans les pays en développement est difficile à relever du fait de la crise économique.  Il a rappelé que l’Examen quadriennal complet a reconnu que l’objectif ultime des programmes de développement devrait être l’éradication de la pauvreté.  Il a indiqué que cet objectif devrait également être au cœur du futur programme de développement pour l’après-2015, et que les leçons tirées de la mise en œuvre des programmes visant la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) devraient servir de guide pour les actions futures.  Pour éradiquer la pauvreté, le représentant a plaidé pour que la communauté internationale appuie les efforts nationaux des pays en développement.  Il a également suggéré des mesures telles que le respect des promesses relatives à l’aide publique au développement (APD), la restructuration de la dette des pays en développement, l’octroi de facilités pour leur accès aux marchés, et l’accélération des transferts de technologies en leur faveur.


Concernant la question des emplois, M. Daunivalu a regretté que 1,49 milliard de personnes, vivant dans les pays en développement, soient dans une situation d’emploi vulnérable.  Il a ensuite souligné que l’égalité des genres est importante dans le cadre du développement durable, et il a invité la communauté internationale à investir dans les femmes et les filles, une action qui aura un effet multiplicateur sur la société, a-t-il expliqué.  Il a souligné que malgré les avancées notoires accomplies en matière d’autonomisation des femmes à travers le monde, les femmes souffrent toujours de discrimination, d’exploitation et de violences sexuelles, entre autres, dans de nombreuses zones en développement.  Il a ensuite appelé au renforcement des opportunités d’emploi et de chances économiques pour tous, et plus particulièrement en faveur des femmes.  Il a souhaité que la question du genre soit intégrée au programme de développement pour l’après-2015. 


En ce qui concerne la valorisation des ressources humaines, le représentant a estimé que le développement des ressources humaines était un préalable pour éradiquer la pauvreté, notamment par la création d’emplois et partant, la promotion d’une meilleure inclusion sociale.  Il a indiqué que les gouvernements ont la responsabilité première de la définition et de la mise en œuvre de politiques visant le développement et la valorisation des ressources humaines.  Il a aussi invité la communauté internationale, y compris les Nations Unies, à soutenir ces efforts nationaux. 


M. RAYMOND HAROLD LANDVELD (Suriname), qui s’exprimait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a appelé à conserver l’élan pris vers l’élimination de la pauvreté et indiqué que la CARICOM suivait de près le processus lancé par la Conférence des Nations Unies sur le développement durable en 2012 (Conférence Rio+20), notamment en participant au Groupe de travail à composition non limitée.  Pour éliminer la pauvreté rurale, il a conseillé de soutenir les investissements dans le secteur agricole durable, de diversifier les économies rurales et de renforcer les compétences de la population rurale afin de leur permettre de trouver des emplois dans d’autres secteurs.  Le représentant a attiré l’attention sur la nécessité de coordonner les différents secteurs, comme l’éducation, la santé, le commerce, l’industrie et les infrastructures, aux plans communautaire, national, régional et international.  Il a parlé de la politique de la région des Caraïbes pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle 2011-2025, qui a été mise en place grâce au soutien de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 


Passant aux menaces qui pèsent sur le plan environnemental, le représentant a souligné la vulnérabilité des pays de la CARICOM, qui sont des petits États insulaires en développement (PEID).  Ces pays, qui sont déjà exposés aux chocs économiques du fait de la petite taille de leurs économies et de leur dépendance aux marchés extérieurs, ont été les plus touchés, en termes de pertes économiques, par les catastrophes naturelles.  Les mesures d’adaptation qu’ils doivent prendre pour pallier les effets des changements climatiques pèsent sur leurs budgets limités, a-t-il expliqué.  À cet égard, il a dit attendre avec intérêt que le Fonds vert pour le climat devienne opérationnel.


Sur la question des ressources humaines, le représentant a plaidé en faveur de schémas de protection sociale gérés efficacement et de dépenses publiques ciblées sur les objectifs sociaux.  Il a demandé de poursuivre les efforts visant à intégrer tous les segments de la société.  Il a aussi invité à promouvoir les microentreprises, ainsi que les petites et moyennes entreprises, qui sont créatrices d’emploi.  Pour parvenir au développement durable après 2015, il a appelé à renforcer le partenariat mondial en tenant compte des priorités nationales et de l’appropriation des stratégies de développement par les pays en développement.  Il a exhorté les pays développés à fournir des ressources supplémentaires à ces derniers et à alléger leur dette.  Enfin, il a demandé que soit soutenue l’initiative pour l’établissement d’un plancher de protection sociale.


M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie), au nom du Groupe des États d’Afrique, a regretté que près de 1,2 milliard de personnes vivent toujours dans l’extrême pauvreté, la plupart d’entre elles étant en Afrique.  Il a précisé que l’Afrique est la seule région du monde où le nombre de pauvres a augmenté entre 1990 et 2010, le continent comptant aujourd’hui le tiers des pauvres du monde.  Il a de ce fait invité la communauté internationale à accorder une attention particulière au continent africain, d’autant plus que les changements climatiques y contribuent à l’exacerbation de la pauvreté.  Le représentant a par la suite noté que l’économie de la plupart des pays africains est basée sur l’agriculture, et que de ce fait, ce secteur mérite une attention particulière.  Il a ajouté que dans ce contexte, l’élimination de la pauvreté rurale doit être une priorité.  Il a ensuite noté que le développement de l’Afrique ne peut se faire sans une transition qui verrait son économie connaître une transition vers l’industrialisation. 


Le représentant a par ailleurs déploré le niveau de chômage, notamment celui affectant les jeunes, qui sévit en Afrique.  Il a suggéré que des investissements soient faits dans le secteur éducatif, afin de renforcer les capacités des jeunes et leur permettre de faire face aux réalités du marché de l’emploi en ayant les connaissances et capacités adéquates.  Il a invité la communauté internationale à soutenir les efforts des pays africains dans leur lutte contre le chômage.  Il a enfin proposé des mesures telles que le renforcement des filets de sécurité sociaux, et la mise en place d’un programme de protection social inclusif et équitable dans tous les pays.  Il a aussi souhaité que l’éradication de la pauvreté soit au centre du prochain programme de développement pour l’après-2015.


S’exprimant au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. EK BENG MARK NEO (Singapour) a indiqué qu’en dépit de la croissance économique robuste en Asie, les disparités économiques y perduraient.  Si la mondialisation a apporté son lot d’opportunités économiques, elle a également renforcé les inégalités et creusé le fossé du développement, a-t-il constaté, considérant l’éradication de la pauvreté comme une priorité essentielle pour combler ce fossé et permettre un développement pérenne.  Le représentant a insisté en particulier sur l’autonomisation des communautés.  Tout en reconnaissant que l’aide financière permettait d’offrir aux plus pauvres un accès à l’alimentation, à un habitat, à la santé, à l’éducation ou à la sécurité, il a rappelé que pour extraire les personnes de la pauvreté, il était primordial de leur offrir les moyens de devenir autonomes économiquement.


« Si nous voulons enregistrer des progrès pérennes, nous devons nous assurer qu’il y a en premier lieu des opportunités économiques créées par la croissance, et en second lieu, que les individus sont équipés pour saisir ces opportunités », a-t-il déclaré, avant d’insister sur les efforts déployés au sein de l’ASEAN pour renforcer l’autonomisation en zone rurale, via la mise en œuvre de programmes spécifiques destinés à ces communautés rurales.  Il a notamment cité la mise en œuvre du Plan d’action de la communauté de sécurité de l’ASEAN (Blueprint) et l’adoption du Plan-cadre d’action sur le développement rural et l’éradication de la pauvreté, qui définit plusieurs priorités (croissance économique rurale et développement durable, sécurité alimentaire, couverture maladie et protection sociale, infrastructures et ressources humaines).


Reconnaissant en conclusion que l’éradication de la pauvreté est « souvent un problème lié à des facteurs internes », il a estimé que des progrès plus significatifs pouvaient être réalisés grâce à l’assistance de partenaires régionaux et internationaux.  « Les pays développés peuvent et devraient apporter un soutien fort aux pays en développement, et en particulier aux moins avancés », a-t-il déclaré en les appelant à tenir leurs engagements de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide au développement, dont 0,15% irait aux PMA.


M. ABDULMONEM A.H. ESHANTA (Libye) a invité la communauté internationale à soutenir les efforts nationaux et internationaux visant à fournir des emplois à tous, ceci en vue de réaliser le développement durable.  Parmi les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), celui qui concerne la promotion et l’autonomisation de la femme exige d’intégrer totalement la femme dans l’économie formelle, a-t-il dit.  Il a noté que les progrès en matière de promotion de la femme étaient entravés par les inégalités, le chômage et la hausse de la pauvreté.  Il a aussi regretté que les filles ne trouvent pas leur place dans la société.  Accorder toute l’attention nécessaire aux femmes et à l’emploi dans les pays en développement contribue à l’élimination de la pauvreté, a-t-il souligné.  Appelant à investir dans les secteurs sociaux et humains, il a demandé d’intégrer les technologies de l’information et des communications (TIC) dans les programmes de formation, afin d’augmenter les chances que peuvent avoir les personnes pauvres en matière d’emploi. 


M. CHRISTOPHE GRIMA (Malte) a estimé que l’éradication de la pauvreté devait rester la priorité de la communauté internationale, soulignant les disparités significatives qui persistent entre régions et pays, ainsi que les défis et les besoins spécifiques des pays en développement, plus particulièrement les moins avancés (PMA).  Rappelant que l’éradication de la pauvreté était « un problème à facettes multiples », il a passé en revue la variété des actions à entreprendre, en premier lieu pour favoriser l’autonomisation des individus, via un accès à une éducation décente, à une couverture maladie, à une bonne alimentation, à l’eau potable et à l’énergie.  « Un autre élément essentiel est la paix et la stabilité », a-t-il ajouté, avant de mettre en avant aussi les conséquences des catastrophes naturelles qui « peuvent complètement détruire des années de laborieux développement économique ».


Insistant par ailleurs sur l’importance de l’aide aux pays en développement, le représentant a estimé que trouver d’autres sources de financement étaient nécessaires pour répondre à des objectifs de plus en plus diversifiés.  « Malte a soutenu la première Décennie internationale pour l’éradication de la pauvreté, et fera de même en ce qui concerne la prochaine », a assuré le représentant en indiquant que sa délégation apportait son appui aux conclusions et recommandations de la Commission pour le développement social.


M. KHAM-INH KHITCHADETH (République démocratique populaire lao) a indiqué que le Gouvernement de son pays a établi, en 2010, un plan spécifique de développement comprenant 9 Objectifs du Millénaire pour le développement, en ajoutant un neuvième objectif à la liste de ceux énoncés par l’ONU, qui est relatif aux mines et autres engins explosifs enfouis dans les sols à travers le pays.  Il a indiqué que dans le troisième rapport gouvernemental sur la réalisation des OMD en République démocratique populaire lao, publié en septembre dernier, il est constaté que les succès accomplis sont appréciables, mais que des défis demeurent.  Il a ensuite déclaré que l’objectif de son pays est de réaliser les OMD à l’horizon 2015, et de pouvoir sortir de la classe des pays les moins avancés en 2020.


M. AHMED SAREER (Maldives) a indiqué que son pays avait atteint cinq des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), dont celui de l’élimination de la pauvreté.  Le taux de pauvreté est en effet passé de plus de 25% en 2000 à 8% en 2010 aux Maldives, a indiqué le représentant.  Pourtant, les Maldives souffrent encore de leur vulnérabilité en tant que petit État insulaire en développement pauvre en ressources, a dit le représentant.  Il a expliqué que les principales sources de revenus des Maldives étaient le tourisme et la pêche, qui sont des industries très exposées aux facteurs extérieurs.  Il a aussi parlé du danger que représente les changements climatiques pour un pays comme le sien, qui l’oblige à diversifier ses ressources et à investir dans la protection des ses côtes et de son littoral.  Il a demandé à la communauté internationale de soutenir les efforts déployés par son pays pour diversifier son économie, améliorer la compétitivité de son industrie, assurer la croissance, et promouvoir des activités économiques vertes et résilientes.


Le Gouvernement des Maldives a lancé un programme de développement, des micros, petites et moyennes entreprises, qui facilite l’obtention de prêts aux entreprises faisant partie de ces catégories ainsi qu’aux jeunes et aux femmes.  Dans l’objectif d’autonomiser celles-ci, dont le taux de chômage est le double de celui des hommes, le Gouvernement offre notamment une aide aux mères célibataires, a indiqué M. Sareer.  Enfin, soulignant le fait que les personnes qui vivent avec juste un peu plus de 1,25 dollar par jour sont devenues les nouveaux pauvres, du fait des inégalités persistantes, il a invité à adopter de nouveaux indicateurs de pauvreté dans le futur programme de développement pour l’après-2015.


M. M. KRISHNASSWAMY, Membre du Parlement de l’Inde, a fait part des efforts accomplis par son pays pour contribuer à l’élimination de la pauvreté.  Il a cependant rappelé qu’une personne sur six dans le monde vit encore dans l’extrême pauvreté.  L’élimination de la pauvreté exige de se concentrer sur cette priorité, qui doit figurer comme telle dans le programme de développement pour l’après-2015, a-t-il préconisé.  Pour arriver à éliminer la pauvreté, a-t-il indiqué, il faut parvenir à une croissance économique rapide et durable dans les pays en développement.  Il faut pour cela adopter des politiques inclusives, ainsi que des programmes d’éducation, de santé, d’emploi et de développement rural, a-t-il estimé.  Le député indien a également souhaité que soit mis en place un environnement économique équitable, propice au développement.  Il a indiqué que son pays comptait sur l’appui de ses partenaires au développement.  Il a aussi émis l’espoir que son pays puisse honorer ses engagements en termes d’aide publique au développement (APD).  Enfin, il a plaidé en faveur d’une coopération renforcée en matière de technologies vertes, afin de permettre aux pays en développement d’éliminer la pauvreté sans pour autant nuire à leur environnement.


Mme CHEN YINGZHU (Chine) a noté que l’éradication de la pauvreté est une question mondiale qui relève de la responsabilité de la communauté internationale.  Elle a plaidé pour que des efforts soient menés pour réaliser les OMD, notamment le premier d’entre eux, qui a trait à l’élimination de la pauvreté.  Elle a ainsi invité les pays développés à respecter leurs engagements en matière d’aide en faveur des pays en développement.  Ces derniers doivent prendre des mesures dynamiques pour élaborer des stratégies de réduction de la pauvreté et rattraper leur retard, a-t-elle aussi suggéré.  Elle a ensuite souhaité que le programme de développement pour l’après-2015 puisse se centrer sur l’éradication de la pauvreté, notamment en intégrant des cibles spécifiques et claires ayant trait à cette question.  La représentante a en outre plaidé pour l’amélioration de la gouvernance économique mondiale, et a demandé qu’un environnement plus favorable à l’éradication de la pauvreté en fasse partie.  Elle a poursuivi son intervention en rappelant que le Gouvernement de la République populaire de Chine avait mis en place, en 1978, une politique de lutte contre la pauvreté, notamment en milieu rural.  Elle a présenté les résultats de cette initiative qui montrent qu’aujourd’hui le niveau de la pauvreté rurale a baissé et n’est plus que de 3,5%, contrairement aux 30% qui prévalaient avant la mise en place de cette politique.  Elle a souligné que la Chine était prête à partager cette expérience à succès avec les pays en développement.


M. MAJID ALDREES (Arabie saoudite) a indiqué que son pays avait été parmi les premiers à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Nous avons aussi fourni une aide financière et en nature à de nombreux pays en développement à cet égard, a-t-il ajouté.  L’Arabie saoudite a créé un fonds au sein de la Banque islamique de développement pour trouver des solutions aux problèmes qui se posent aux pays en développement, en y versant plus d’un milliard de dollars, a dit le représentant.  Il a aussi parlé de l’aide technique fournie par l’Arabie saoudite à de nombreux pays, ainsi que des contributions versées par son pays à divers organes de l’ONU, comme le Programme alimentaire mondial (PAM).  Il a aussi indiqué que son pays avait contribué au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.  Près de 14 institutions internationales, à l’instar du FMI, ont aussi bénéficié du soutien de l’Arabie saoudite, a-t-il précisé.  En Arabie saoudite, a-t-il poursuivi, on a mis l’accent sur l’éducation et la santé, ce qui a permis la réalisation des OMD.  Il a mentionné que son pays avait bénéficié de l’aide technique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  En outre, a-t-il indiqué, les efforts déployés par l’Arabie saoudite ont aussi porté sur la participation des femmes à la vie publique, notamment au fonctionnement du Parlement.


M. GIORA BECHER (Israël) a indiqué que par le biais du Mashav, l’agence israélienne de coopération internationale, Israël était prêt à partager ses solutions en matière de lutte contre la pauvreté.  Il a ensuite donné en exemple le cas du Docteur Hanna Shapira, une gynécologue et obstétricienne israélienne qui a travaillé pendant plusieurs années à Vanuatu afin de faire baisser la mortalité infantile et maternelle.  Il a ensuite évoqué le cas d’une paysanne qui ne peut inscrire ses enfants à l’école faute de moyens.  Il a estimé qu’avec un téléphone portable, cette paysanne aurait pu s’informer sur les prix des produits alimentaires afin de pouvoir vendre les siens en s’assurant d’une marge bénéficiaire plus importante que celle dont elle bénéficie dans des transactions au cours desquelles elle est mal informée.  Il a noté que la technologie est un atout de choix contre la pauvreté, et il a souligné la disponibilité des scientifiques israéliens à partager leurs innovations technologiques, notamment en matière d’irrigation.  Il a déclaré que cette technologie a permis aux paysans du village de Kitui au Kenya de voir leur revenu grimper de 200%.  Le représentant a en outre plaidé pour l’autonomisation des femmes, et il a précisé que l’autonomisation économique de la femme profite à toute la société, car il a été constaté qu’une femme réinvestit en moyenne 90% de ses gains dans l’amélioration du bien-être de sa famille.


Mme TINE MØRCH SMITH (Norvège) a souligné que les pays où les femmes jouent un rôle actif et jouissent d’une égalité des chances avec les hommes, réussissent mieux dans la voie vers le développement durable.  Il faut intégrer l’égalité entre les sexes dans tous les objectifs de développement et prévoir des indicateurs à cet égard, a-t-elle préconisé.  Le nouveau cadre de développement doit être fondé sur les droits de la personne, a-t-elle estimé, chacun devant pouvoir jouir de ses droits, notamment le droit à la santé reproductive.  Elle a recommandé que chaque femme soit libre de prendre les décisions qui concernent sa fertilité et sa reproduction.  La représentante a aussi plaidé en faveur de l’amélioration de la santé des femmes, et a notamment mis l’accent sur la nécessité de mettre fin à la pratique des mutilations génitales féminines et de permettre un libre accès à l’avortement.  Enfin, elle a indiqué que la Norvège participait aux actions de coopération internationale visant le développement des pays en développement.


Mme TANCHARAOENPOL (Thaïlande) a estimé que l’éradication de la pauvreté devait être l’objectif central et la priorité du programme de développement pour l’après-2015.  Il a rappelé que son pays plaçait la protection sociale et la sécurité humaine au centre de ses politiques nationales de développement, en mettant en place différents programmes de protection sociale, notamment l’accès universel à une couverture médicale et une assurance maladie.


Passant en revue les efforts déployés pour éradiquer la pauvreté et la faim au plan national, il a expliqué que les individus étaient au cœur des politiques publiques thaïlandaises visant à leur faciliter l’accès à l’éducation, aux services gouvernementaux et à la santé publique et reproductive.  Soulignant qu’une majorité des Thaïlandais touchés par la pauvreté étaient des habitants des zones rurales, il a indiqué aussi que le développement du secteur agricole était une priorité, afin d’offrir aux gens des opportunités d’emplois, mais aussi des débouchés pour les produits, avec le renforcement des investissements vers les petites et moyennes entreprises et dans le secteur des infrastructures qui connectent la Thaïlande à l’économie globale.


Le représentant a également rappelé le lien entre éradication de la pauvreté et égalité des sexes.  « La protection et la promotion des droits des femmes est l’une de nos priorités », a-t-il insisté, en mettant en avant la création du « Fonds national de développement pour les femmes ».  Il a conclu son intervention en soulignant que la science, l’innovation et les technologies devaient jouer un rôle plus important pour promouvoir le programme de développement pour l’après-2015. 


M. DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) s’est félicité du consensus atteint sur la priorité à donner à l’élimination de la pauvreté dans le programme de développement pour l’après-2015.  La pénurie alimentaire, le manque d’accès aux soins de santé universels, à la protection sociale, à l’éducation et aux sources d’eau potable sont caractéristiques de la pauvreté, a-t-il noté.  Il a aussi constaté de grandes disparités entre les régions dans ce domaine.  Les dirigeants africains ont adopté le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), a-t-il rappelé, soulignant qu’il s’agissait d’un programme social et économique et d’une réponse régionale à la pauvreté.  Il a demandé aux partenaires du développement d’aider les pays de la région à se sortir de la pauvreté.  De leur côté, les pays en développement doivent investir dans un enseignement de qualité, a-t-il conseillé, suggérant de faciliter le passage du secondaire au tertiaire, tout en mettant en place des conditions qui limiteraient la fuite des cerveaux.  Le représentant a ensuite souligné que l’Afrique est un continent agraire soumis à des schémas météorologiques extrêmes qui affectent le rendement agricole.  L’impact des changements climatiques sur la biodiversité est également préoccupant, a-t-il ajouté, avant d’appeler à investir dans les techniques d’adaptation et d’atténuation aux effets du réchauffement de la planète dans les pays du Sud.


M. PETER SILBERBERG (Allemagne) a indiqué que l’Allemagne promeut le développement et l’expansion des systèmes de protection sociale qui aident à lutter contre l’appauvrissement des populations.  Il a aussi noté que son pays soutient le développement vert, qui est un développement censé aider les pauvres à avoir des revenus par la création d’emplois, notamment en zone rurale.  Il a en outre déclaré que l’objectif de la communauté internationale doit être l’éradication durable de la pauvreté, dans toutes ses dimensions, et en une génération, y compris l’extrême pauvreté.  Il a ajouté que la recherche de la paix et de la sécurité est intimement liée aux efforts d’éradication de la pauvreté, de promotion de la bonne gouvernance, du respect de l’état de droit et des droits de l’homme.


Mme SHARON YEO (Singapour) a salué les progrès réalisés au cours de cette dernière décennie en matière de lutte contre l’exclusion et la pauvreté, mais a déploré qu’il reste encore plus d’un milliard d’êtres humains vivant dans un état de pauvreté parfois absolue, appelant de ce fait la communauté internationale à faire de nouveaux efforts.


Réitérant le soutien de son pays aux initiatives et actions menées par les Nations Unies, elle a rappelé que Singapour était un pays pauvre il y a 50 ans, avant que son gouvernement et sa population ne transforme sa situation socioéconomique en misant sur la promotion de ses ressources humaines.  La représentante a donc mis en avant l’importance cruciale de l’éducation dans l’éradication de la pauvreté.  « En offrant les compétences et les connaissances nécessaires aux Singapouriens, l’éducation leur a assuré l’accès à un emploi et leur a ainsi permis de générer des revenus », a-t-elle déclaré, avant d’insister sur le volet social de cette politique qui a vu la mise en place, en parallèle, de programmes de protection sociale ou d’accès à la propriété pour les plus démunis.


Tout en reconnaissant que l’éradication de la pauvreté est « souvent un problème lié à des facteurs internes », la représentante a rappelé que l’élimination de la pauvreté passait aussi par le renforcement de l’assistance que peuvent apporter des partenaires régionaux et internationaux aux efforts déployés par un pays.  « Il y a beaucoup de bénéfices à tirer de la coopération régionale, dont l’échange de bonnes pratiques, la mobilisation de ressources, le partage de l’expertise technique ou la création d’opportunités économiques », a fait observer la représentante de Singapour.


M. ABDELMALEK ACHERGUI (Maroc) a invité la communauté internationale à soutenir les pays les plus touchés par la pauvreté.  Il a souligné qu’une croissance durable peut aider à éradiquer la pauvreté, et il a suggéré que les pays en développement mettent en place des politiques et approches appropriées pour faire face à ce phénomène à plusieurs facettes.  S’agissant de son propre pays, le Maroc, le représentant a relevé que les politiques mises en œuvre par le Gouvernement ont permis notamment de réduire la pauvreté, d’autonomiser les femmes et de valoriser les ressources humaines.  Les résultats positifs obtenus dans la lutte contre la pauvreté dans le monde et dans des pays distinctifs risquent d’être compromis par les crises économiques et financières et les changements climatiques, a-t-il mis en garde.  Il a également souhaité que le futur programme de développement pour l’après-2015 soit basé sur les trois piliers du développement, que sont ses composantes environnementale, économique et sociale.


M. ANTONIO PEDRO MONTEIRO LIMA (Cap-Vert) a relevé l’inégalité des progrès accomplis au cours de la première Décennie internationale de l’élimination de la pauvreté.  Il a aussi noté la fragilité des économies, qui persiste à l’heure actuelle, appelant à inverser la tendance à la baisse des ressources internationales d’aide au développement.  Les pays donateurs doivent appuyer les efforts des pays en développement en leur fournissant des ressources durables et prévisibles, a-t-il précisé, avant de les appeler à honorer leurs engagements en consacrant 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement (APD), comme promis.


Pour ce qui concerne le Cap-Vert, il a indiqué que le taux de pauvreté y avait fortement chuté en passant de 49% en 1990 à 21% en 2010, soit une réduction de moitié, comme le prévoit l’OMD nº 1.  Malgré tout, la pauvreté reste plus marquée dans les zones rurales, a-t-il noté.  Il a également signalé que la pauvreté touchait plus les jeunes, dont 32,1% sont au chômage.  Le Cap-Vert met en œuvre sa troisième stratégie de réduction de la pauvreté, qui est centrée sur la croissance économique et la mobilisation des ressources, a-t-il indiqué.  M. Monteiro Lima a enfin appelé la communauté internationale à s’attaquer à toutes les questions soulevées en 2008, lors de la crise financière mondiale, pour améliorer le système financier mondial.


M.AHMAD BIN MOHAMED AL-THANI (Qatar) a invité la communauté internationale à œuvrer pour la promotion du travail décent et productif, notamment en faveur des jeunes.  Il a ensuite relevé que le rôle des femmes est de première importance dans le développement.  Il a indiqué que le document « Vision du Qatar à l’horizon 2030 » prévoit qu’un accent sera mis, dans son pays, sur la promotion des droits des femmes et leur autonomisation.  Il a affirmé qu’en plus des lois qui les protègent contre les discriminations et inégalités, les femmes qataries vont bénéficier de mesures particulières visant leur autonomisation financière, leur alphabétisation, leur accès à tous les niveaux d’éducation et leur participation à la vie publique.


M. YASUATI MOMITA (Japon) a estimé que l’éradication de la pauvreté était « l’un des plus grands défis auquel le monde est confronté aujourd’hui ».  Après avoir salué les progrès réalisés en la matière, il a déploré que plus d’un milliard de personnes continuent de vivre avec moins de 1,25 dollar par jour, regrettant notamment l’irrégularité des progrès enregistrés.  « Face à cette discontinuité, le Japon a activement soutenu les régions d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud-Est les plus touchées », a-t-il indiqué, en souhaitant que l’éradication de la pauvreté reste « la priorité absolue et l’objectif central du programme de développement pour l’après-2015 ».  Il a estimé que ce dernier devrait aussi être axé sur les peuples, en intégrant les trois dimensions du développement durable –économique, social et environnementale.


« L’éradication de la pauvreté nécessitera de traiter une variété de problèmes, dont le manque d’emplois décents, de couverture maladie, d’éducation, ainsi que l’exclusion sociale, les changements climatiques et les catastrophes naturelles; c’est l’objectif de la sécurité humaine », a poursuivi le représentant.  Il a rappelé également qu’un développement « inclusif, équitable et pérenne ne pouvait être atteint sans l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes ».


M. ANTONIO COELHO RAMOS DA CRUZ (Angola) a indiqué que le Gouvernement angolais a mis en place un plan national de développement pour la période 2013-2017.  Ce plan, a-t-il noté, met l’accent sur la promotion de sources de rentrées de devises autres que les hydrocarbures dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.  Il a indiqué que des programmes éducatifs mis en place ont permis de former les jeunes Angolais, notamment au niveau universitaire, afin de les préparer à s’intégrer dans le monde de l’emploi.  Il a, en outre, soutenu que le Gouvernement angolais fournit des microcrédits aux jeunes et aux femmes afin de stimuler l’entrepreneuriat.  Il a en plus invité les donateurs à respecter leur promesse en matière d’aide publique au développement.


M. JEAN-FRANCIS ZINSOU, (Bénin), s’est exprimé au nom du Groupe des pays les moins avancés (PMA).  Il a déclaré que la plupart des PMA ne pourront pas réaliser l’Objectif du Millénaire pour le développement numéro 1 relatif à la réduction de moitié du niveau de la pauvreté entre 1990 et 2015.  Il a noté que les facteurs de vulnérabilité ont pris une telle importance qu’un nombre considérable de personnes vivant au seuil de la pauvreté pourraient d’ici peu retomber dans la pauvreté.  M. Zinsou a ajouté que les cibles des OMD liés à la santé, à l’eau, à l’assainissement et à l’emploi, ne peuvent pas être atteintes sans un changement de paradigme, puisque, a-t-il expliqué, les formes de croissance enregistrées ont favorisé l’accroissement des inégalités sociales.  Le représentant a ensuite estimé que l’engagement des gouvernements nationaux des PMA et de la communauté internationale doit cibler les domaines d’action qui auront le plus fort impact sur la situation des pauvres.  Il a, à cet effet, souligné que les interventions dans les domaines prioritaires d’action définis dans le Programme d’action d’Istanbul en faveur des PMA devraient faciliter la capacitation des pauvres afin qu’ils deviennent les acteurs effectifs de l’élimination de la pauvreté. 


M. Zinsou a, par ailleurs, relevé que l’emploi est le meilleur moyen de s’affranchir de la pauvreté et qu’il n’est pas possible de venir à bout de la pauvreté si l’économie ne génère pas de possibilités d’investir, de créer des emplois, et par là, des moyens d’existence durables.  Il a ainsi identifié l’agriculture comme un domaine à fort potentiel de création d’emplois.  Mais, a-t-il précisé, il faudrait au préalable passer par sa mécanisation et la transformation locale des produits agricoles au sein des PMA.  Le représentant a indiqué que le chômage des jeunes et l’autonomisation des femmes étaient deux thèmes prioritaires en vue du développement durable.  Il a, par la suite, estimé que des stratégies politiques appropriées doivent être adoptées pour promouvoir.la valorisation des ressources humaines et leur assurer un socle de protection sociale.  Il a en outre invité les donateurs à renforcer leur assistance pour la réalisation des objectifs de développement internationalement agréés.  Il a aussi rappelé que l’éradication de la pauvreté devrait être au centre du prochain programme de développement pour l’après-2015.  C’est un programme, a-t-il précisé, qui doit aussi viser la création d’emplois décents, la promotion de la justice sociale, la promotion d’une croissance équitable et inclusive, et la durabilité environnementale.


Mme DIANA ALI AL-HADID (Jordanie) a déclaré que l’élimination de la pauvreté demeure un défi clef à relever pour tous les pays alors que deux tiers des populations pauvres du monde habitent dans les zones rurales des pays en développement.  La pauvreté, a-t-elle dit, a un plus grand impact sur les femmes qui en souffrent de manière disproportionnée.  D’où l’importance d’accroître les efforts d’autonomisation de la femme en vue de réaliser des avancées rapides et substantielles dans le domaine de la réduction de la pauvreté.  La Jordanie a la ferme conviction que la microfinance, en tant qu’outil efficace en matière de réduction de la pauvreté, a montré sa capacité à toucher les populations les plus pauvres, a dit Mme Al-Hadid.  La représentante a également insisté sur le fait que l’éradication de la pauvreté est une condition essentielle à remplir pour la réalisation du développement durable.


Mme YIN PO MYAT (Myanmar) a souhaité que l’éradication de la pauvreté reste au centre du futur programme de développement pour l’après-2015.  Elle a relevé que le chômage, les inégalités sociales et les changements climatiques sont des sujets qui méritent une attention particulière de la part de la communauté internationale.  Elle a ajouté que l’emploi décent est un facteur important de réduction de la pauvreté.  Mme Myat a également indiqué que les pays en développement sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques, à la dégradation des écosystèmes et aux catastrophes naturelles, d’autant plus que ces phénomènes influent sur la vie des pauvres.  La représentante a noté que le développement rural et la lutte contre la pauvreté sont au cœur des programmes mis en place par le Gouvernement du Myanmar.  Elle a expliqué que ces programmes prévoient de faire passer le taux de pauvreté au Myanmar de 26%, ces dernières années, à 16% en 2015, en accord avec les OMD.  De plus, afin de pallier aux inégalités sociales, la représentante a indiqué que des mesures ont été prises afin de poursuivre le « développement équitable », et de créer des opportunités sociales et économiques équitables pour tous.


M. YOUSSOUFOU BAMBA (Côte d’Ivoire) a estimé que le seuil fixé pour définir la pauvreté extrême ne tenait pas compte de tous les facteurs de la pauvreté.  Il a expliqué ce qu’avait fait son pays pour éliminer la pauvreté, notamment en donnant une impulsion en faveur d’une croissance durable en vue de ramener le taux de pauvreté à 16% à l’horizon de 2015.  Concernant l’objectif d’éducation primaire pour tous, il a signalé qu’une progression remarquable avait eu lieu en Côte d’Ivoire, avec un taux atteignant 87,8% en 2012.  S’agissant de la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, M. Bamba a mentionné les progrès réalisés dans l’enseignement primaire des filles, tout en signalant une représentativité encore faible des femmes dans les postes électifs.  La question du genre se trouve toutefois au centre de la politique du Gouvernement, a-t-il assuré.  Il a aussi mentionné les efforts déployés pour mettre en place un système sanitaire au niveau national et pour couvrir les besoins essentiels de la population, notamment grâce au programme national de développement sanitaire pour 2012-2015, qui vise la réduction de la mortalité maternelle et néonatale.  Parmi les autres efforts de développement, M. Bamba a parlé du développement des infrastructures pour assurer la fourniture en eau potable.


M. SÉRGIO RODRIGUES DOS SANTOS (Brésil) a rappelé qu’à la Conférence Rio+20, qui a eu lieu en juin 2012, les États Membres avaient réaffirmé leur ferme engagement de libérer l’humanité de la pauvreté et la faim.  Il a reconnu que de nombreux succès sont à mettre à l’actif de la communauté internationale dans le cadre de l’éradication de la pauvreté, mais que beaucoup reste à faire dans ce domaine.  Il a ensuite noté que les pays à revenu moyen ont connu des progrès ces dernières années, mais que ce serait une erreur de la part des Nations Unies et des pays développés de croire que cette classe de pays n’a plus besoin de l’assistance de la communauté internationale pour venir à bout de la pauvreté.  M. Dos Santos a, par la suite, souligné que les emplois décents sont importants dans la lutte contre la pauvreté, et il a appelé la communauté internationale à soutenir la création d’emplois.  Il a dans ce contexte encouragé l’adoption du Pacte mondial pour l’emploi de l’Organisation mondiale du Travail (OIT).  Le représentant a également déploré les inégalités qui se manifestent, dans les pays en développement par un accès inégal aux soins de santé, à l’éducation et à certains services sociaux de base.  Le représentant a, en outre, évoqué les mesures de protection sociales mises en place au Brésil avec succès.


M. RAJA REZA BIN RAJA ZAIB SHAH (Malaisie) a salué les résultats avancés dans le rapport du Secrétaire général selon lesquels la proportion de personnes qui vivent dans la pauvreté extrême (soit avec moins de 1.25 dollars par jour) aurait baissée dans toutes les six régions en développement et cela en dépit de la récession économique et de la volatilité des prix.  Toutefois, en 2010, près de 1,2 milliard de personnes étaient toujours dans cette catégorie et la plupart d’entre elles vivaient en Afrique subsaharienne, a relevé le représentant.  Par conséquent la délégation de la Malaisie appuie les recommandations faites par le Secrétaire général pour que l’élimination de la pauvreté soit au cœur du cadre du programme de développement pour l’après-2015, a-t-il dit. 


Le représentant a fait part de l’expérience de la Malaisie dans ce domaine, en notant qu’elle a une des économies les plus dynamiques de sa région, ce qui se traduit, entre autres, par le fait qu’elle ait réussi à atteindre 7 des 8 OMD.  Il s’est dit confiant que la Malaisie pourra réaliser l’objectif relatif à l’élimination de la pauvreté d’ici à 2015.  En 2012, le taux de pauvreté moyen du pays était de 1,7%, et les revenus des ménages ont augmenté en moyenne de 7,2% entre 2009 et 2012.  Le représentant a imputé cette tendance positive au succès des politiques et programmes de lutte contre la pauvreté qui ont été mis en application au plan national.  À ce titre, il a cité le programme « e-Kashi system » qui est un système centralisé de banque de données nationales sur la pauvreté.  Ce système permet de concrètement mesurer l’impact des différents programmes de lutte contre la pauvreté en vue de pouvoir les adapter et renforcer, a-t-il expliqué.  Par ailleurs, la Malaisie a mis en place un programme de développement rural qui a permis à des centaines de milliers de familles rurales d’en bénéficier sur le plan social et économique.  Le troisième programme, dénommé « 1 AZAM », est dédié aux placements de professionnels sur les lieux de travail, à la création de PME et à la création d’autres opportunités dans l’agriculture.  Ce programme, qui a été mis en place en 2010, est à cheval entre l’aide directe et le développement d’opportunités économiques pour ses participants, de manière à leur permettre de devenir financièrement autosuffisants, a précisé M. Raja Zaib Shah.  Une autre priorité du dixième Plan de développement de la Malaisie est l’autonomisation des femmes pour leur permettre de participer plus activement et plus efficacement au développement socioéconomique du pays, a expliqué le représentant, avant de rappeler que son pays avait accueilli le Sommet mondial sur les femmes en mai 2013.


M. SAÚL WEISLEDER (Costa Rica) a fait état des lois adoptées dans son pays sur l’égalité homme-femme, la violence domestique, la pénalisation de la violence contre les femmes, le harcèlement sexuel, l’exploitation sexuelle et la traite des femmes.  Une nouvelle loi pénale punit en outre le trafic d’organes et le tourisme sexuel.  Pour accompagner ces dispositions législatives, le Gouvernement costaricien a adopté des politiques publiques, comme celle sur l’égalité du genre datant de 2007.  Le Costa Rica cherche ainsi à changer le regard porté sur les soins aux mineurs et aux adultes, responsabilité qui doit être vue comme un devoir social partagé et non comme une activité assignée seulement aux femmes, a expliqué le représentant.  Il a aussi mentionné les mesures prises en faveur des femmes concernant l’égalité des salaires, l’accès à l’éducation, la lutte contre la violence et la participation politique.  Le Gouvernement du Costa Rica a également mis en place un réseau de soins aux enfants et des centres de soins aux adultes, qui permettent de mieux répartir la charge de ces soins et d’améliorer le développement social.  Des politiques ont en outre été adoptées pour fournir des emplois décents aux femmes, a ajouté M. Weisleder.


Mme HAMID (Soudan) a remarqué que la sécurité alimentaire et le chômage sont les domaines d’action pour les pays en développement qui exigent le plus de coopération de la part de la communauté internationale.  Elle a demandé à celle-ci de respecter les engagements pris pour soutenir les activités menées en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les objectifs qui seront fixés pour le développement pour l’après-2015.  La représentante a aussi plaidé en faveur de l’égalité des chances, notamment pour que les femmes en bénéficient.  La réalisation des objectifs de développement exige la coopération et le respect des engagements pris par les pays développés, ainsi que la levée des sanctions imposées de manière injuste à certains pays, a-t-elle insisté.  Par ailleurs, elle a demandé de soutenir la promotion du commerce dans les pays en développement.  Les statistiques montrent une hausse de la pauvreté chez les femmes des pays en développement, a-t-elle regretté, avant d’appeler à faire davantage d’efforts pour autonomiser les femmes.  Il faut promouvoir la science et les technologies au niveau national avec l’aide de la communauté internationale, a-t-elle aussi préconisé.


Pour M. MUSTAFIZUR RAHMAN (Bangladesh), les trois questions de l’élimination de la pauvreté, du rôle des femmes dans le développement, et du développement des ressources humaines sont intrinsèquement liées et se renforcent mutuellement.  Il a mis l’accent sur le rôle que jouent les femmes dans le développement tant par le travail rémunéré que par l’accomplissement de tâches non rémunérées.  Conscient du fait que les femmes sont majoritaires parmi les personnes les plus pauvres à travers le monde, en particulier en milieu rural, il a souligné l’importance de la l’élimination de la pauvreté dans ce contexte.  Il faut donner aux femmes rurales les moyens de sortir de cette situation en garantissant leurs droits, mais aussi en leur offrant de vrais opportunités et choix tout en les associant aux processus de décisions concernant les politiques et programmes.  Le Bangladesh s’est engagé sur cette voie, a assuré le représentant, qui a rappelé que son pays avait d’ores et déjà réalisé les OMD 3 et 5. 


Il a également encouragé les investissements dans l’éducation et la formation technique qui sont tous deux les principaux vecteurs du développement des ressources humaines.  À ce titre, il a attiré l’attention sur les difficultés rencontrées par les pays les moins avancés (PMA) pour accéder et tirer profit des avancées technologiques, scientifiques et d’autres innovations.  Il a constaté à regret, qu’il reste encore beaucoup à faire avant de pouvoir dire que la pauvreté a été éliminée dans le monde, même s’il y eu des progrès substantiels dans ce domaine.  Ces acquis ne sont pas équitablement distribués, a-t-il relevé, et des régions comme l’Afrique subsaharienne restent toujours à la traîne.  Aujourd’hui, encore un huitième de la population mondiale connaît la faim.  Par conséquent il faut redoubler d’efforts pour pouvoir atteindre l’objectif « du plein emploi et du travail décent pour tous » d’ici à 2017.


Mme ADRIANNA PACHECO (État plurinational de Bolivie) a appelé les pays développés à respecter les engagements qu’ils ont pris envers les pays en développement, notamment celui de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement (APD).  Elle a noté que 1,3 milliard de personnes vivent dans la pauvreté dans le monde et qu’il y a 202 millions de chômeurs.  Elle a invité les États Membres à respecter le principe de responsabilité commune mais différenciée.  Il faut aussi que les pays développés changent leurs modèles de production économique et de consommation, a-t-elle recommandé.  La représentante a estimé que l’élimination de la pauvreté constitue un impératif éthique et politique pour la communauté internationale.  « C’est entre nos mains et dans notre conscience que repose la responsabilité du chemin à suivre », a-t-elle dit.  L’être humain et la nature sont au centre du développement, a-t-elle tenu à rappeler.  Elle a plaidé pour que l’élimination de la pauvreté soit la priorité du programme de développement pour l’après-2015, avant de préciser que des mesures ont été prises dans son pays pour y parvenir et que des progrès ont ainsi été réalisés.  Le sort de 10% des Boliviens s’est nettement amélioré, a-t-elle dit.


M. PHOLOGO J. GAUMAKWE (Botswana) a déclaré que les disparités régionales, les différents niveaux de vulnérabilité et les inégalités parmi les groupes clefs de population rendent l’éradication de la pauvreté encore plus urgente.  Pour ce faire, a-t-il affirmé, il faut développer des stratégies et des initiatives ayant pour objectifs d’accroître la participation des femmes et leur contribution pour une croissance économique qui soit inclusive et équitable.  L’emploi et le travail décents sont les clefs de la réduction de la pauvreté, a ajouté le représentant, qui a aussi dit qu’il faut également se concentrer sur le chômage des jeunes en vue de trouver des solutions à ce fléau.  M. Gaumakwe a indiqué que son pays pense que le monde dispose d’assez de ressources pouvant être mobilisées pour s’assurer que personne ne continue à vivre avec l’indignité de la pauvreté déshumanisante.  S’agissant du Botswana, le Gouvernement cible les membres vulnérables de la société notamment les personnes âgées, les habitants des régions éloignées, les démunis, les jeunes, les femmes et les enfants par le biais de diverses initiatives d’éradication de la pauvreté mises en œuvre avec l’équipe de pays des Nations Unies, a indiqué le représentant.


M. BHATTARAI (Népal) a relevé que la pauvreté et les inégalités alimentent les injustices déjà existantes.  Il a dit que la pauvreté a plusieurs dimensions qui nécessitent de ce fait une approche concertée afin d’adopter un programme globale pour en venir à bout.  Il a estimé que la pauvreté constitue une menace pour la prospérité et la paix, où qu’elle soit dans le monde.  Il a ensuite prôné la promotion d’un développement économique équitable, afin de prendre en compte les besoins des communautés les plus démunies.  La pauvreté devrait être au cœur du futur programme de développement pour l’après-2015, a plaidé le représentant.  Au plan national, il a relevé que le Népal comptait 42% de pauvres en 1995, et ce chiffre est maintenant de 23%.  Il a annoncé que l’objectif est de passer à 18% de pauvres en 2015, tout en luttant contre les inégalités sociales qui persistent dans le pays.  Il a, en outre, proposé que des mesures soient prises pour éradiquer la pauvreté, notamment l’accroissement de la productivité, l’amélioration des systèmes de répartition des richesses, et le ciblage des personnes les plus vulnérables.


M. VINICIUS PINHEIRO de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a dit que sur les 202 millions de chômeurs que compte le monde, 73 millions sont des jeunes.  Il a averti qu’il faudrait créer 600 millions de nouveaux emplois au cours des 15 prochaines années à travers le monde, pour faire face à la croissance de la population mondiale.  Il a estimé que l’emploi décent est la meilleure voie pour éradiquer la pauvreté.  Avoir un emploi n’est pas une garantie pour sortir de la pauvreté, a-t-il cependant noté, expliquant ensuite que 870 millions de travailleurs vivent avec moins de deux dollars par jour, alors que 400 millions de travailleurs vivent dans l’extrême pauvreté.  De plus, a souligné M. Pinheiro, 660 millions de travailleurs sont proches du seuil de pauvreté, d’où l’importance d’assurer la bonne qualité des emplois autant que leur nombre.  Il a cité des exemples récents qui ont démontré que les pays qui ont connu une croissance équitable sont ceux ayant mis en œuvre des politiques sociales telles que l’augmentation du salaire minimum, la mise en place de système de création d’emplois avec des contrats formels à l’embauche, le dialogue social, l’établissement de conventions collectives et la mise an place de mesures de protection sociale.  M. Pinheiro a par ailleurs mis en garde sur le risque pour le monde d’avoir une génération perdue, représentée notamment par les 1,2 milliard de jeunes qui ont entre 15 et 24 ans et représentant près de 17% de la population mondiale.  Il a aussi appelé à la mise en place de socles de protection sociale.


M. BERTRAND DE LOOZ KARAGEORGIADES, Ordre souverain militaire de Malte, a indiqué que l’Ordre de Malte avait pour objectif d’exercer la solidarité envers tous ceux qui sont menacés de précarité ou d’exclusion.  La lutte contre la pauvreté et l’exclusion, la reconnaissance et l’affirmation de la dignité de l’homme sont au cœur même des activités de l’Ordre depuis bientôt 900 ans, a-t-il dit, précisant qu’il exerçait sa mission sans distinction de race, d’origine ou de religion.  L’Ordre de Malte intervient dans plus de 120 pays, grâce au dévouement de 13 000 chevaliers et dames bénévoles, ainsi que de 80 000 bénévoles permanents, a précisé M. De Looz Karageorgiades.  Le représentant a donné l’exemple de programmes de lutte contre le sida menés par l’Ordre souverain militaire de Malte au Burkina Faso et au Cameroun.  « Notre mission, c’est l’homme », a-t-il conclu.  


M. AJAY MADIWALE, Comité international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a appelé à tenir compte de tous les défis que doivent relever les plus pauvres et à fixer des objectif d’élimination de la pauvreté pour l’après 2015.  Il a insisté sur l’importance de la résilience communautaire et sur l’accès aux services de base pour les pauvres, notamment l’assainissement et l’eau potable. Il a insisté pour que ces objectifs soient inscrits dans le programme de développement pour l’après-2015.  Le représentant a ensuite averti des conséquences qu’ont les catastrophes naturelles sur les populations en développement, citant à cet égard les inondations saisonnières, les sécheresses et les tempêtes, phénomènes qui érodent leur résilience.  Il a demandé que la réduction des risques de catastrophes devienne une activité principale dans la lutte contre la pauvreté et que cette question soit incluse dans les objectifs de développement durable.  Il a ensuite signalé ce qu’avait fait la Croix-Rouge en Espagne et au Royaume-Uni, et a lancé un appel en faveur des pauvres de ces pays, qui ont besoin  d’aide.  En Europe, a-t-il indiqué, le nombre de personnes dépendant de l’aide alimentaire a augmenté de 75% depuis le début de la crise économique mondiale.  De son côté, le CICR s’emploie à répondre aux besoins là où ils se trouvent.


M. CHRIS RICHTER, Organisation internationale des migrations, a indiqué que les migrations offrent des possibilités d’épanouissent pour les femmes, mais a averti que ces dernières peuvent également être victimes de violence et d’exploitation du fait de la situation de vulnérabilité dans laquelle elles se retrouvent.  Il a noté que les migrations sont un catalyseur du renforcement des capacités, et qu’elles offrent une ouverture à de nouvelles idées que les immigrés peuvent ensuite ramener dans leur communauté d’origine après avoir enrichi aussi leurs communautés d’accueil.  Il a évoqué la question de la fuite des cerveaux et a invité les États à mettre en place les politiques adéquates qui pourraient retenir leurs jeunes et leurs cadres éduqués pour y faire face.  Il a lancé un appel afin que le Programme de développement pour l’après-2015 face une différence par rapport avec tout ce qui a été fait précédemment, et il a souhaité que la question des migrations y soit intégrée.


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