16/10/2013
Assemblée générale
AG/EF/3371

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Deuxième Commission                                        

10e & 11e séances – matin & après-midi


DEUXIÈME COMMISSION: LA MAJORITÉ DES DÉLÉGATIONS EXIGENT LA TENUE D’UNE CONFÉRENCE

INTERNATIONALE SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT AVANT LA FIN DE L’ANNÉE 2015


La Commission économique et financière (Deuxième Commission) a débattu aujourd’hui des questions relatives au système financier international et au développement, et au suivi et à la mise en œuvre des textes issus de la Conférence internationale de 2002 sur le financement du développement et de la Conférence d’examen de 2008.


La plupart des délégations prenant part aux débats ont demandé que soit convoquée, avant la fin de l’année 2015, une conférence internationale sur le financement du développement, qui assurerait le suivi des engagements pris en la matière et qui se tiendrait avant le Sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu au mois de septembre 2015.  Le Sommet devra adopter les grandes lignes du programme de développement pour l’après-2015. 


La nécessité de cette conférence avait été relevée dans la Déclaration de Doha de 2008 sur le financement du développement, adoptée à l’issue de la Conférence internationale de suivi des recommandations sur le financement du développement, chargée d’examiner la mise en œuvre du Consensus de Monterrey.  Le représentant du Brésil a rappelé aujourd’hui qu’il avait été décidé à Doha que la date de la tenue d’une conférence sur le financement du développement devrait être arrêtée avant la fin de l’année 2013. 


Son homologue des Fidji, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a souhaité qu’une décision soit prise sur cette question d’ici à la fin de ce mois.  Le représentant du Brésil a également rappelé à l’Assemblée générale l’urgence de lancer un processus préparatoire à cet effet, et il a souhaité que l’une des résolutions de cette conférence prévoie la mise en place d’une commission pour le financement du développement, qui devrait être un organe subsidiaire du Conseil économique et social (ECOSOC).


La question de la mobilisation des ressources nécessaires au financement du développement était déjà au cœur des préoccupations de la communauté internationale à la Conférence internationale sur le financement du développement de Monterrey au Mexique en 2002.  Le Consensus de Monterrey, adopté à la fin des travaux de la Conférence, notait que les ressources à l’époque mobilisées étaient insuffisantes pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier pour atteindre l’Objectif lié à la réduction de la pauvreté au niveau mondial.  De ce fait, les délégations demandaient l’établissement d’un nouveau partenariat entre les pays développés et les pays en développement et, ce faisant, s’étaient déclarées attachées à la revitalisation du système des Nations Unies, pilier de l’action menée en vue de promouvoir la coopération internationale pour le développement et de mettre en place un système économique mondial qui soit avantageux pour tous.


Au cours du débat d’aujourd’hui, le représentant de l’Union européenne a précisé que l’Union européenne a consacré près de 45 milliards d’euros par an à l’aide au développement au cours des 10 dernières années, ce qui, a-t-il estimé, représente plus de la moitié de l’aide répertoriée par le Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  Il a jugé nécessaire d’adapter l’architecture de l’aide au développement aux nouvelles dynamiques de l’économie mondiale tout en estimant nécessaire de préserver les cadres politiques de Monterrey et de Doha après 2015 en les adaptant cependant aux nouveaux défis et circonstances.


Dans son intervention, la représentante de la Chine a exhorté les pays développés à faire des efforts pour honorer l’engagement qu’ils ont pris de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement, notamment aux pays africains.  Elle a demandé l’établissement d’un partenariat de développement plus équilibré que plus équitable et a souhaité, au vu des évolutions actuelles, une clarification de la relation entre « financement du développement » et « financement du développement durable ».  À cet égard, elle a espéré que le Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable s’appuiera sur le Consensus de Monterrey pour élaborer les options à prendre en compte dans l’élaboration d’une stratégie du financement du développement durable au cours de la période de l’après-2015.   


La prochaine réunion de la Deuxième Commission aura lieu jeudi, le 17 octobre, à 10 heures. 



Questions de politique macroéconomique: Système financier international et développement; et Suivi et mise en œuvre des textes issus de la Conférence internationale de 2002 sur le financement du développement et de la Conférence d’examen de 2008


Rapport du Secrétaire général sur le système financier international et développement (A/68/221)


Ce rapport présente un examen des tendances récentes des apports internationaux de capitaux officiels et privés aux pays en développement et de ce qui est fait actuellement pour renforcer le système financier international.  Le rapport présente les difficultés persistantes rencontrées dans les domaines de la réglementation financière, de la mise en place d’un filet de sécurité financière mondiale, de la surveillance multilatérale, de la coordination des politiques, de la gestion des flux de capitaux, de la réforme de la gouvernance des institutions financières internationales et de la restructuration de la dette souveraine.


Le Secrétaire général observe que les besoins estimatifs de financement pour le développement durable sont considérables, mais ne représentent qu’une fraction relativement faible de l’épargne mondiale annuelle.  Il relève la difficulté d’adopter un système financier qui oriente les investissements vers un développement durable. 


Il note aussi une nette augmentation des réserves de devises au cours des dernières décennies, constituant une forme d’épargne forcée qui empêche de déployer ces capitaux à des activités de développement et qui aggrave les déséquilibres et les risques mondiaux.  Pour résoudre ces problèmes, le Secrétaire général propose d’augmenter les émissions de droits de tirage spéciaux (DTS), de réduire les risques mondiaux et de renforcer le filet de sécurité financière à l’échelle mondiale.


Les apports de capitaux privés aux pays en développement demeurent instables et privilégient le court terme, observe par ailleurs le Secrétaire général.  Il invite à s’intéresser à la gestion de la balance des comptes et à améliorer les mesures prises pour réduire la volatilité de ces apports dans certains pays d’origine, la coordination internationale des politiques monétaires et la gestion des liquidités mondiales.  Il faut également inciter les banquiers et les investisseurs institutionnels à préférer des investissements à long terme.  Pour faciliter l’investissement dans le développement durable, il recommande de replacer la réglementation financière dans un cadre plus large, afin de réfléchir non seulement à la stabilité mais aussi à l’élargissement de l’accès au crédit et de veiller à ce que le secteur financier soit favorable à une croissance durable et stable à long terme.  Le Secrétaire général note aussi que l’aide publique au développement (APD) mondiale diminue depuis deux ans et risque de ne pas augmenter à moyen terme.  En même temps, la coopération Sud-Sud se développe rapidement, mais elle ne saurait remplacer l’aide traditionnelle. 


L’amélioration de la stabilité financière internationale suppose que l’on intensifie la surveillance multilatérale exercée par le FMI et que l’on renforce le filet de sécurité financière mondiale, observe le Secrétaire général.  Ces dernières années, le FMI a pris plusieurs mesures pour améliorer ses activités de surveillance, notamment en réfléchissant aux liens intersectoriels et transfrontières.  M. Ban recommande de mettre en œuvre une coopération plus étroite entre le FMI, les banques centrales nationales et les mécanismes régionaux et sous-régionaux.  En ce qui concerne la réforme de la gouvernance du FMI et du

Groupe de la Banque mondiale adoptée en 2010, afin de mettre en place une structure de gouvernance plus représentative, plus souple et plus responsable, de nombreux pays en développement estiment cependant que ces mesures sont encore très éloignées de l’objectif d’une représentation pleinement légitime de tous.


Enfin, M. Ban relève que la persistance de la crise de la dette dans la zone euro a une fois de plus mis en évidence les lacunes de l’architecture financière internationale en ce qui concerne le surendettement extérieur officiel.  Les pays qui ploient sous un endettement insupportable consacrent une proportion importante de leurs ressources publiques au service de la dette alors que ces ressources pourraient être consacrées à la réalisation des objectifs de développement.  L’incertitude qui entoure la restructuration de la dette souveraine augmente encore les risques par pays et les risques systémiques.  Il invite dès lors la communauté internationale à rechercher plus activement une méthode de règlement de la question de la dette souveraine fondée sur des règles convenues.


Rapport du Secrétaire général sur le suivi et la mise en œuvre du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha sur le financement du développement (A/68/357)


Dans ce rapport le Secrétaire général note que le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha sur le financement du développement soulignent que la mobilisation de l’épargne intérieure, privée et publique, est d’importance critique pour réaliser les objectifs communs de la croissance, de l’élimination de la pauvreté et du développement durable. 


Le Secrétaire général relève que l’épargne mondiale annuelle est de 17 000 milliards de dollars environ en 2012, alors qu’en même temps les capitaux mondiaux ont atteint environ 218 000 milliards de dollars en 2011.  Une redistribution de ce réservoir de capitaux mondiaux serait sans doute difficile mais une réorientation d’un faible pourcentage de ces capitaux, de 3% à 5%, vers un investissement dans le développement durable aurait un énorme impact, note M. Ban.


Le rapport indique qu’il existe un écart important entre les pays développés et les pays en développement s’agissant de la capacité de collecter les recettes publiques.  En 2008, le rapport des recettes publiques au produit intérieur brut (PIB) était de 34,5% dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) contre 17% dans les pays à faible revenu. 


Le Secrétaire général souligne par ailleurs que la reprise du commerce mondial après la crise financière s’est ralentie en 2012, et que les échanges mondiaux n’ont augmenté que de 2%, alors qu’ils augmentaient de 5,2% en 2011.  Il relève aussi que malgré l’engagement pris par les pays membres du Groupe des 20 (G-20) de résister au protectionnisme, bon nombre des restrictions commerciales introduites depuis octobre 2008 restent en place, et que 19% seulement d’entre elles ont à ce jour été éliminées.  L’achèvement des négociations commerciales multilatérales du Cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) aiderait à limiter encore les mesures protectionnistes et contribuerait de façon appréciable à une reprise plus rapide de l’économie mondiale et à une croissance plus équitable et plus inclusive, ajoute M. Ban.


Dans ce rapport M. Ban indique, en outre, que l’APD a diminué de 4% en termes réels en 2012 et a connu une baisse totale de 6% en termes réels depuis 2010, date où elle a atteint son maximum.  De ce fait, l’engagement du Forum de Busan de rendre l’aide plus prévisible ne sera sans doute pas honoré à la date cible de 2013, en grande partie en raison de coupes budgétaires dans les pays donateurs.


Le Secrétaire général précise ensuite que la coopération Sud-Sud, qui est en plein essor, complète le financement du développement, et il relève également que le poids de la dette est un obstacle majeur pour la croissance économique dans les pays en développement.  Le rapport appelle également à la réforme des institutions financières internationales, dans le but d’établir une gouvernance économique mondiale plus participative et plus efficace.


Débat général


M. PETER THOMSON (Fidji), qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé l’importance d’une réforme profonde du système financier international, notamment par la mise en place, au cours de cette soixante-huitième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, d’un comité d’experts chargé de ladite réforme.  Il a également noté l’importance, pour les institutions financières internationales, de pouvoir garantir la disponibilité de liquidités pour assurer une stabilité financière internationale en cas de crise économique mondiale.  Il a ensuite rappelé le besoin de mettre en place une approche inclusive, transparente et multinationale pour gérer les grandes questions et les défis internationaux.  Il a, dans ce contexte, souligné le rôle central que devraient jouer les Nations Unies pour trouver des solutions consensuelles aux problèmes de portée mondiale.  Il a précisé que la recherche de ces solutions appelle à une plus grande collaboration entre l’Assemblée générale et le Conseil économique et social (ECOSOC), ainsi que plus de coopération avec des groupes et organismes en charge de questions d’ordre international comme le G-20 et le Groupe des 15 (G-15).


Le représentant a, par ailleurs, souligné que dans le cadre de la réforme de l’architecture financière internationale, les pays en développement devraient désormais être représentés de manière plus équitable au sein des organes de réflexion et de prise de décisions des institutions concernées, et que le secteur financier devrait être plus transparent et jouer pleinement son rôle dans le programme de développement mondial.  Le représentant a, en outre, déclaré que l’annulation et la restructuration de la dette des pays en développement étaient de première importance afin de permettre à ces pays de mettre en place des mesures orientées vers la croissance.  M. Thomson a poursuivi son intervention en déplorant la baisse de l’aide publique au développement (APD), et il a souligné qu’elle demeure importante pour les pays les moins avancés (PMA).  Il a par ailleurs lancé un appel à la tenue d’une conférence internationale sur le financement du développement avant la fin de l’année 2015, afin que les conclusions de ladite assise puissent être intégrées dans le futur programme de développement pour l’après-2015.  Il a souhaité qu’une décision sur cette question soit prise avant la fin de ce mois. 


Mme MENISSA RAMBALLY (Sainte-Lucie), parlant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a invité la communauté internationale à offrir une réponse mondiale visant à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) aux pays en développement, notamment en y favorisant les investissements étrangers, l’allègement de la dette de ces pays et l’élimination des barrières commerciales, comme les subventions agricoles versées par les pays riches à leurs producteurs.  Alors que nous approchons de la date butoir de 2015, il faut nous concentrer sur les pays qui ont le plus de difficultés à atteindre les OMD, a-t-elle demandé.  Elle a parlé, à cet égard, des petits États vulnérables très endettés, qui ont souvent des ratios de dette par rapport au PIB proches de 100%.  Ce poids de la dette, combiné à un manque de capacité budgétaire, ralentit l’instauration d’un environnement propice à une croissance économique partagée, a dit Mme Rambally.  La représentante a appelé l’ONU et les instances financières internationales à adopter une approche plus systématique pour traiter les besoins financiers des pays en développement, notamment pour fournir à ces pays un meilleur accès au financement.


Les pays de la CARICOM ont décidé de se concentrer sur la coopération régionale, a poursuivi Mme Rambally, expliquant qu’il fallait explorer des voies innovantes dans ce domaine.  Il faut toutefois que ces efforts soient complétés par une réponse mondiale aux défis économiques et financiers existants, sur la base d’un partenariat avec les pays et les institutions internationales, a-t-elle prôné.  Si elle a noté les efforts accomplis par certains partenaires au développement pour atteindre, voire dépasser, l’objectif de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement (APD), elle a aussi remarqué que beaucoup n’avaient pas tenu leurs promesses dans ce domaine.  La représentante a ensuite demandé la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha.  Plaidant aussi pour une meilleure coopération internationale en matière fiscale, elle a salué la décision du Conseil économique et social (ECOSOC) de rendre annuelle sa réunion spéciale traitant de ce sujet. 


M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie), qui s’exprimait au nom du Groupe des États d’Afrique, a demandé que des mesures urgentes soient prises pour répondre aux difficultés rencontrées par les pays en développement sur la voie de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier les pays les moins avancés (PMA).  Il a indiqué que le Groupe des États d’Afrique accorde beaucoup d’importance, à cet égard, aux travaux du Comité intergouvernemental d’experts chargé de la question du financement du développement durable.  Les travaux de ce comité sont étroitement liés à ceux du Groupe de travail à composition non limitée sur les objectifs de développement durable, a-t-il remarqué.  En ce qui concerne l’Afrique, il a exprimé l’inquiétude que ressentent les pays de ce continent face au faible niveau des investissements directs étrangers (IED), notant que la plupart de ces investissements restent concentrés sur quelques pays.  Il a donc souhaité appeler un renversement de cette tendance.  M. Alemu a également souligné la nécessité pour les pays africains de mobiliser leurs propres ressources en faveur de leur développement.  Il a demandé à la communauté internationale de soutenir les efforts des pays qui cherchent à développer leurs capacités en matière de collecte des revenus publics.


M. Alemu a ensuite plaidé en faveur de la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha, expliquant qu’une bonne conclusion de ces pourparlers bénéficierait beaucoup aux pays pauvres.  Il a, en outre, appelé les pays donateurs à honorer leurs promesses en ce qui concerne l’aide publique au développement (APD), ainsi qu’à tenir les engagements relatifs à la mobilisation, sur une base annuelle, de 100 milliards de dollars destinés au Fonds vert pour le climat jusqu’à l’année 2020.  Le Fonds vert devrait être opérationnel d’ici à 2014, a-t-il rappelé.  Le représentant a, par ailleurs, exprimé les préoccupations africaines en ce qui concerne l’instabilité du système financier mondial, qui menace les acquis des pays d’Afrique en matière de développement.  Il a, dès lors, demandé que les pays africains soient aidés en ce qui concerne

l’amélioration de leur système fiscal afin qu’ils soient capables d’atténuer les effets de la crise économique mondiale.  Il faut également accroître l’assistance technique et les facilités de prêts à ces pays, a-t-il ajouté.  Enfin, il a souhaité que l’architecture et la gouvernance des institutions financières internationales soient rendues plus représentatives et responsables.


M. YUSRA KHAN (Indonésie) s’est exprimé au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).  Il a déploré la baisse des ressources destinées au financement du développement du fait de la crise économique mondiale.  Il a ensuite invité la communauté internationale à mettre en œuvre les recommandations contenues dans le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha sur le financement du développement.  Nous sommes d’avis qu’il faudrait tenir des discussions plus interactives sur la question du financement du développement, a-t-il déclaré, invitant ensuite l’Assemblée générale des Nations Unies à prendre une décision sur la tenue d’une conférence internationale sur le financement du développement au plus tard en 2015. 


Le représentant a souligné que le programme de développement pour l’après-2015 devrait se focaliser sur l’éradication de la pauvreté, et viser le développement durable.  Il a aussi évoqué des thèmes majeurs qui devraient en faire partie, notamment l’éducation, la santé, les questions liées à l’accès à l’eau et l’assainissement, l’inclusion des personnes handicapés dans le processus de développement et les questions liées à la promotion des infrastructures et aux transferts de technologies.  Il a parlé des programmes régionaux mis en œuvre en Asie du Sud-Est dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui ont pour point central le principe de connectivité intrarégionale visant à faciliter les échanges à l’intérieur de la région.


M. AMERICO BEVIGLIA ZAMPETTI, de la délégation de l’Union européenne (UE), a précisé que l’UE et ses États membres ont consacré près de 45 milliards d’euros par an à l’APD au cours des 10 dernières années, soit plus de la moitié de l’aide répertoriée par le Comité d’aide au développement de l’OCDE.  Il a dit que l’UE était le premier partenaire des pays en développement, et qu’elle « représentait le marché le plus ouvert aux produits de ces pays et était responsable de 71% de la réduction de la dette mondiale entre 2000 et 2011 ».  M. Beviglia Zampetti a jugé nécessaire « d’adapter l’architecture de l’aide publique au développement aux nouvelles circonstances pour trouver de nouveaux équilibres entre les sources de financement et tenir compte des nouvelles interdépendances, de la distribution des richesses et du rôle des donateurs émergents ».  Face à la multiplication des processus et instruments de financements internationaux, dont ceux associés au climat et à la biodiversité, le représentant de l’UE a salué les options proposées par le Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable en faveur d’une stratégie garantissant une mobilisation et une utilisation plus efficaces des ressources existantes.  Il a dit la volonté de l’UE de promouvoir des mécanismes innovants de financement afin d’assurer un financement prévisible du développement durable et des ressources pour la mise en œuvre des OMD.  Il a estimé nécessaire de préserver les cadres politiques de Monterrey et Doha pour l’après-2015 tout en les adaptant aux nouveaux défis et circonstances.  


Mettant l’accent sur « la nécessité d’une utilisation efficace des ressources disponibles », le représentant de l’UE a jugé opportun de rappeler que les débats sur l’efficacité de l’aide internationale initiés par le Consensus de Monterrey sont maintenant dirigés par le  Partenariat mondial pour l’efficacité de la coopération pour le développement, créé à Busan, en République de Corée, en 2011.  Il a indiqué que l’UE continuera d’appuyer les efforts de promotion d’un système commercial multilatéral de l’OMC, qui soit ouvert, non-discriminatoire et équitable.  Il a ajouté que l’UE continuera de promouvoir le programme de Doha pour le développement, dans l’optique de la 9e Conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Bali en décembre 2013, en mettant l’accent sur les conclusions d’un accord de facilitation du commerce et de dispositions spéciales en faveur des PMA.  À cet égard, le représentant a rappelé que l’UE « offrait aux pays en développement une large palette d’instruments pour mieux exploiter le potentiel du commerce aux fins d’une croissance inclusive et du développement durable. » Illustrant son propos il a cité le système généralisé de préférences, l’aide au commerce et les négociations ou conclusion d’accords de commerce régionaux et bilatéraux.     


Mme SARAH LUNA (Mexique) a appelé la Commission à suivre l’esprit de Monterrey pour s’assurer que le programme de développement pour l’après-2015 soit pleinement inclusif et orienté vers des mesures concrètes.  Tout en reconnaissant la responsabilité première de chaque pays en ce qui concerne son propre développement, elle a demandé aux pays donateurs d’honorer les promesses en termes d’APD qu’ils ont faites depuis le Consensus de Monterrey.  Elle a assuré que son pays était disposé à redoubler d’efforts pour soutenir les pays en développement, par le biais de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire.  Soulignant l’importance de cette coopération, au titre de laquelle les donateurs du Sud ont fourni une assistance à hauteur de 11,2 milliards de dollars en 2011, Mme Luna a recommandé d’adopter une méthodologie qui permette de mesurer ces flux et de s’assurer qu’ils aient le meilleur impact possible.


Traduisant ensuite le soutien du Mexique aux pays à revenu moyen, elle a expliqué qu’ils avaient toujours besoin de la coopération internationale et de celle des agences multilatérales, ainsi que de l’APD.  Elle a fait remarquer que la coopération dont ils bénéficient a un effet multiplicateur, car elle a des répercussions sur d’autres pays qui, eux, bénéficient de la coopération Sud-Sud ou triangulaire.  Ainsi, l’aide au développement destinée aux pays à revenu moyen a des incidences directes en matière de commerce et de transfert de technologies, a-t-elle précisé.  Mme Luna a enfin annoncé que le Mexique allait accueillir, en avril 2014, la première réunion ministérielle de l’Alliance mondiale pour une coopération efficace en faveur du développement.


M. ABDUL MOMEN (Bangladesh) a appelé à une réforme de l’architecture financière internationale de manière à ce qu’elle puisse aboutir à ce que la voix des PMA et des pays climatiquement vulnérables soient mieux entendue.  Il a noté que le Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, tenu à New York il y a deux semaines, a été l’occasion de rappeler combien le commerce international est un moteur du développement.  Or, a-t.il relevé, la part des 25 PMA dans le commerce international, qui était de 1% en 1971, n’a pas augmenté depuis cette date alors que le nombre de PMA est aujourd’hui de 49 et que leur population a doublé.  Il a jugé indispensable la création d’un mécanisme de financement du commerce coordonné par le FMI, la Banque mondiale et l’OMC.  Notant que les OMD engagent les pays développés à honorer l’engagement de consacrer 0,15% à 0,20% de leur PIB à l’aide accordée aux PMA en 2015 au plus tard, il s’est inquiété que cette part ait diminué, passant de 0,11% du PIB de ces pays à 0,10% entre 2011 et 2012.  Par ailleurs, il a souligné l’importance des transferts de fonds comme moteur du développement des pays les plus pauvres.  C’est pourquoi, a-t-il dit, le Bangladesh exhorte les participants au récent Dialogue de haut niveau sur les migrations à tenir leur engagement de réduire les coûts de ces transferts et de promouvoir un environnement international et un système financier qui répondent aux besoins des gens et de la planète.


M. VITALY MACKAY (Bélarus) a regretté le ralentissement qui s’est produit dans des échanges mondiaux et la baisse du niveau de l’aide publique au développement (APD).  Il a plaidé en faveur de l’élimination des barrières commerciales par la lutte contre le protectionnisme rampant qui nuit aux pays pauvres.  L’aide au développement doit être guidée par les obligations souscrites dans le Consensus de Monterrey, a-t-il dit, mettant l’accent sur la nécessité de respecter les engagements pris en matière d’APD et d’assistance technique.  La situation économique actuelle, bien que difficile, ne doit pas servir de prétexte aux pays développés pour qu’ils n’honorent pas leurs engagements, notamment en matière d’APD, a-t-il prévenu.  Le représentant a, par ailleurs, souhaité une plus grande coopération entre le Conseil économique et social (ECOSOC), le G-20, et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  La résolution adoptée récemment par l’Assemblée générale pour renforcer l’ECOSOC devrait permettre cette synergie, a-t-il remarqué.  Enfin, il a estimé que le financement du développement devait être une priorité urgente à traiter par le Forum politique de haut niveau sur le financement du développement.


M. AHMAD NASEEM WARRAICH (Pakistan) a relevé que la crise financière et économique mondiale de 2008 a démontré que la contagion est le revers de la médaille de la mondialisation.  Il a proposé que des mesures soient prises pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise.  Il a ainsi suggéré que la voix et la représentation des pays en développement soient rendues effectives au sein des institutions de Bretton Woods.  Le besoin d’équité, et non le poids économique, devrait guider la réforme de ces institutions, a-t-il précisé.  Il a souhaité l’établissement d’un système financier international qui puisse mobiliser et mettre à la disposition des pays qui en ont besoin les ressources nécessaires à la promotion du développement économique durable.  Il a poursuivi sa déclaration en plaidant pour le renforcement de la régulation et de la surveillance des systèmes financiers et bancaires, afin de « contrôler la finance irresponsable », et faire que cette dernière serve la vraie économie dans le but de créer des emplois et de faciliter la croissance économique. 


M. Warraich a par ailleurs rappelé que le développement est de la responsabilité première de chaque pays.  Il a également invité les donateurs à continuer à fournir l’APD nécessaire au financement des programmes qui permettraient un essor des pays en développement, notamment en respectant leur promesse d’attribuer 0,7% de leur PIB à la cause du financement du développement.  Il a en outre appelé à la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha, et à la mise en place d’un mécanisme de gestion de la question de la restructuration de la dette des pays en développement.  Il a enfin souhaité un renforcement du partenariat public-privé en vue de garantir des flux d’investissements durables vers les pays en développement, par le canal notamment des investissements directs étrangers (IED).


M. AL SUWAIDI (Émirats arabes unis) a souligné l’importance, pour la communauté internationale, d’honorer les recommandations du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha sur le financement du développement.  Il a également invité la communauté internationale à renforcer le financement du développement, et il s’est félicité de la mise en place du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable, en conformité avec les conclusions de la Conférence Rio+20.  Il a ensuite souligné que les Émirats arabes unis avaient maintenu les engagements pris dans le cadre du financement du développement en 2011.  Il a annoncé que 11 milliards de dollars ont ainsi été mobilisés dans le cadre de l’aide publique au développement, tandis que d’autres ressources ont été

engagées dans le cadre des investissements privés étrangers.  Le représentant a en outre relevé que l’assistance au développement fournie par les Émirats arabes unis s’est surtout déployée dans les pays arabes et africains, et dans les secteurs prioritaires tels que l’éducation, la santé, l’autonomisation des femmes, la sécurité, l’énergie durable, l’agriculture et l’irrigation.


M. GEIR. O. PEDERSEN (Norvège) a précisé que la Norvège consacre 5 milliards de dollars par an à l’aide au développement (APD).  Il a exprimé le souci de son pays de voir cette aide catalyser la mobilisation de financements privés et publics en faveur d’une croissance et d’un développement à long terme, dans un contexte de bonne gouvernance et de primauté du droit.  Il a mis l’accent sur la nécessaire diversification des sources d’aide, dont les investissements étranger et les transferts de fonds, tout en saluant la contribution des mécanismes de financements innovants débattus à Rio, tels que la taxation des transactions financières.  Il a aussi souligné l’importance pour les États et gouvernements de mobiliser des ressources nationales à tous les niveaux.  Il a expliqué que la Norvège, par le biais de ses programmes « Fiscalité pour le développement » et « Pétrole pour le développement » aidait des pays en développement à améliorer leurs capacités en matière de fiscalité.  Il s’est particulièrement réjoui qu’un partenaire de la Norvège a su tripler le montant des ressources tirées de ses activités minières entre 2007 et 2012 grâce à une modification du régime fiscal, ce qui lui a permis ainsi de tripler son budget de l’éducation pendant la même période.


M. Pedersen a exhorté la communauté internationale à gérer la question de la dette de manière plus équitable et prévisible et a ajouté que la Norvège continuera de promouvoir la nécessité de garantir des prêts et des emprunts plus responsables.  Il a salué les discussions en cours en faveur d’un nouveau mécanisme international de gestion de la dette en précisant que la Norvège coopérait étroitement avec la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) pour trouver des solutions en ce domaine.  Il a dit qu’il est important pour les partenaires au développement de respecter les engagements faits aux Sommets du Millénaire, à Monterrey, Doha, Busan et Rio en précisant que la Norvège souhaite débattre des propositions du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable. 


M. M. KRISHNASSWAMY, Membre du Parlement de l’Inde, a observé que les engagements en matière de mobilisation des ressources en faveur du développement ne semblaient pas correspondre à l’ambition collective, qui cherche à établir un programme transformateur pour l’après-2015.  Ce programme exige une stratégie intégrée et des flux de financement prévisibles, a-t-il souligné.  Il a estimé que l’aide publique au développement (APD) continuerait à jouer un rôle essentiel au cours de la période de l’après 2015, et noté que les pays les plus pauvres devaient pouvoir compter sur l’APD, qui leur reste indispensable.  Il faut honorer les promesses faites à ce titre et même aller au-delà, a-t-il demandé.  Il a aussi invité les États Membres et les autres partenaires au développement à consolider les acquis en matière d’allègement de la dette.


L’élimination des subventions agricoles reste fondamentale pour les pays en développement, a ajouté M. Krishnasswany en évoquant la question du commerce mondial.  Il a demandé que soient mieux réglementés les flux financiers et que la coordination politique en faveur du développement soit améliorée.  Il a également souligné la nécessité de réformer les institutions financières internationales afin de permettre aux pays en développement d’y être mieux représentés.  Le député au Parlement de l’Inde a estimé qu’il faut mettre l’accent sur la mobilisation des ressources, notamment par le biais du partenariat public-privé.  En ce qui concerne la coopération Sud-Sud, chacun doit pouvoir y participer de manière volontaire, a-t-il dit.  Il a appelé tous les États à respecter la souplesse de cette forme de coopération.  Il a aussi relevé l’importance que revêtent les envois de fonds des migrants dans leurs pays d’origine, car cet argent est une contribution financière qui vient s’ajouter à l’APD.


M. GORDON H. BRISTOL (Nigéria) a invité la communauté internationale à mettre l’accent sur les six piliers du Consensus de Monterrey adopté en 2002.  Il a exhorté les donateurs à respecter les engagements pris dans le cadre du financement du développement, et il a souhaité que de nouveaux mécanismes de financement soient également mis en place.  Il a ensuite estimé qu’il était important que la dette des pays les plus vulnérables soit allégée.  M. Bristol a aussi appelé à plus de coordination et de cohérence en ce qui concerne les mécanismes de gestion de la dette au niveau international.  Dans le cadre de la réforme de l’architecture financière internationale, le représentant a proposé l’amélioration de la représentativité et de la gouvernance au sein des institutions de Bretton Woods.  Il a lancé un appel en faveur de l’accès des produits des PMA aux marchés mondiaux en franchise de droits et hors quota, ceci conformément aux promesses faites à ces pays il y a 10 ans.  Il a demandé que des mesures soient prises pour aider les pays en développement à renforcer leur compétitivité.


M. Bristol a poursuivi son intervention en insistant sur l’importance de la mobilisation des ressources nationales pour la cause du développement.  Il a ainsi évoqué la nécessité de prendre certaines mesures, comme l’amélioration des systèmes fiscaux, et la lutte contre la corruption et la criminalité transfrontalière organisée.  Pour pallier la baisse de l’APD et des investissements directs étrangers, le représentant a plaidé pour la mobilisation des capitaux privés, ainsi qu’a la mise en place de politiques visant à faciliter davantage les transferts des migrants.  Il a enfin déploré les mesures protectionnistes prises par certains pays et a appelé à la conclusion du Cycle des négociations commerciales de Doha.


Mme LU MEI (Chine) a appelé à renforcer les fonctions « développement » et « réduction de la pauvreté » des institutions financières internationales pour combler le fossé perpétué entre le Nord et le Sud.  Il a invité la communauté internationale à porter une plus grande attention à la coopération Sud-Sud en aidant les pays en développement à développer leurs infrastructures.  La représentante de la Chine a exhorté les pays développés à faire des efforts pour honorer l’engagement de consacrer 0,7% de leur PIB à l’APD, notamment au profit des pays africains.  Mme Lu a appelé à un partenariat mondial de développement plus équilibré et plus équitable, tout en rappelant que la coopération Nord-Sud est au cœur de ce partenariat et que la coopération Sud-Sud est un supplément utile à ces efforts.  Elle a invité la communauté internationale à faire une évaluation complète des ressources dont les pays en développement ont besoin pour réaliser les objectifs de développement adoptés au niveau international et ceux du développement durable.  Elle a souhaité que soit mieux clarifiée la relation entre financement du développement et financement du développement durable.  Elle a espéré que le Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable s’appuiera sur le Consensus de Monterrey et sur le cadre du financement du développement pour soumettre le plus tôt possible les options à prendre en compte dans l’élaboration d’une stratégie de financement du développement durable.


Par ailleurs, la représentante de la Chine a souligné les efforts de transformation du modèle de développement économique de son pays, qui sont faits dans le but d’améliorer la qualité et l’efficacité de la croissance.  « Nous avons maintenu une politique fiscale proactive et une politique monétaire prudente » a-t-elle dit en se félicitant de la conduite d’ajustements structurels et de réformes qui ont permis d’améliorer la vie des Chinois.  Elle a précisé que la croissance annuelle chinoise devrait être de 7,5% en 2013, que les prix étaient généralement stables en Chine, alors que les revenus y augmentent aussi.  Elle a ajouté que les indicateurs macroéconomiques de la Chine montrent que les fondamentaux de l’économie chinoise sont solides et positifs.    


M. ARNAUDPESCHEUX(France) a appelé la communauté internationale à définir une stratégie ambitieuse pour renouveler le paradigme du développement.  Il a plaidé en faveur du maintien de l’APD, qui doit jouer un rôle central dans le financement du développement.  Toutefois, face à certains défis qui sont apparus et aux nouveaux modes de financement, le représentant a estimé qu’il fallait s’adapter à ces changements.  Il a indiqué que la France était favorable à l’élargissement du cercle des donateurs, notamment par le biais de la coopération Sud-Sud.  Le représentant a ensuite souligné l’importance de la mobilisation des ressources nationales au sein des pays en développement, notamment par le renforcement de leurs capacités fiscales et par la lutte contre les flux de fonds illicites.  La mobilisation du secteur privé est également indispensable, a-t-il ajouté, rappelant à cet égard que les flux d’investissements privés représentent la plus grande part des flux mondiaux.


Le représentant de la France a invité la communauté internationale à utiliser les modes de financement innovants, qui impliquent tous les secteurs.  Il a demandé un changement d’échelle dans ce domaine où rien n’est imposé mais où chaque État choisit l’option qui lui convient.  Il a salué les efforts déployés à cet égard par le Nigéria, pays qui assure la présidence du Groupe pilote chargé de cette question.  Il a soutenu les initiatives de la délégation du Nigeria, qui a l’intention de présenter un projet de résolution sur les financements innovants au cours de la session.  Le représentant de la France a, ensuite, demandé que l’aide au développement soit moins fragmentée, plus transparente et orientée vers les résultats.  La France veillera à mettre en avant une vision renouvelée au sein du Comité intergouvernemental d’experts sur le développement durable, a-t-il dit, avant de plaider en faveur d’une nouvelle conférence de suivi du Consensus de Monterrey.


M. MAMADOU MBODJ (Sénégal) a relevé que le maintien d’un cadre macroéconomique sain et stable est essentiel pour impulser et entretenir, dans la durée, une croissance économique significative.  Il a déploré la déficience des ressources qui, dans les pays en développement, est provoquée par l’accroissement de la dette extérieure, la faible mobilisation des ressources nationales et la baisse des flux de capitaux étrangers, notamment l’APD.  Le représentant a noté que malgré l’adoption du Consensus de Monterrey en 2002, son application n’a pas encore été à la hauteur des ambitions qui y sont contenues.  Il a ensuite appelé la communauté internationale à garantir une meilleure prévisibilité de l’APD, dont l’efficacité exige, a-t-il noté, un partenariat fondé sur les priorités nationales des pays et l’appui à leurs politiques locales de développement.  Il a, en outre, déploré les mesures protectionnistes appliquées par certains pays, et à exhorté la communauté internationale à conclure au plus vite le Cycle de négociations

commerciales de Doha.  Le représentant a par ailleurs plaidé pour la mise en place effective du Fonds vert pour le climat, et pour la réforme des institutions financières internationales.  Il a précisé qu’il faudrait également mettre en place les mécanismes convenus pour l’amélioration de la transparence dans les transactions internationales, et instaurer de nouveaux mécanismes de financement du développement.


M. HAJIME UEDA (Japon) a expliqué les mesures prises dans son pays pour relancer l’économie et garantir une croissance soutenue.  Cinq ans après le début de la crise financière mondiale, il a estimé que les institutions financières internationales avaient joué un rôle important pour y réagir.  Il a toutefois demandé que soient renforcées la crédibilité et l’efficacité de ces institutions, en réformant leur gouvernance.  Concernant la Banque mondiale, il a salué l’introduction des contributions qu’elle fait sous forme de prêt, faisant observer que ces ressources pouvaient être utilisées pour la transition dans les pays à revenu moyen.  Le représentant s’est ensuite prononcé en faveur de la première réunion ministérielle de l’Alliance mondiale pour une coopération efficace en faveur du développement, qui se tiendra à Mexico en avril prochain.  Il a également pris position en faveur de l’élaboration d’un plan de travail sur le financement du développement.  Le Japon pense qu’il faut prévoir un nouveau partenariat mondial qui sera inclus dans le programme de développement pour l’après-2015, a-t-il ajouté.


M. AL SADA (Qatar) a déclaré que le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha sur le financement du développement représentent les documents de base devant guider toute discussion en matière de financement du développement.  Il a aussi noté que l’absence de stabilité économique au niveau mondial appelle à redoubler d’efforts pour faire face aux défis de développement.  Il a relevé que malgré la reprise économique visible dans certains pays, les pays en développement souffraient toujours de la diminution des flux financiers et de niveau de l’aide publique au développement (APD).  Il a par ailleurs indiqué qu’au vu des nombreux défis auxquels le système financier international fait face, il est urgent de prendre des mesures incitatives pour assurer des investissements orientés sur le long terme en faveur des pays en développement.  Il a en outre salué l’essor de la coopération Sud-Sud, mais a précisé qu’elle ne pouvait remplacer la coopération Nord-Sud.  En matière de coopération, le Qatar est un partenaire important, a également estimé le représentant.


Mme POTELWA (Afrique du Sud) a souligné les difficultés auxquelles fait face le continent africain et notamment les sévères défis qui s’y posent pour réaliser les OMD.  Il a appelé à l’établissement de processus intergouvernementaux plus inclusifs sur le financement du développement et son suivi. Il a dit que l’Afrique du Sud appuie la tenue de consultations informelles, qu’elle estime importantes, pour prendre une décision finale sur la tenue d’une conférence de suivi de la mise en œuvre des engagements et recommandations du Consensus de Monterrey sur le financement du développement.  Il a dit que sa délégation souscrivait à l’exposé fait par le Secrétaire général dans le rapport A/68/221 selon lequel la réforme de la gouvernance du FMI et de la Banque mondiale est une étape importante pour parvenir à une structure de gouvernance plus représentative et responsable. Il a appelé à la conduite de réformes rapides pour permettre une représentation pleine et légitime des pays en développement au sein de ces institutions.  « Les flux de capitaux privés vers les pays en développement restent volatiles et orientés vers le court terme », a ensuite regretté le représentant de l’Afrique du Sud en appelant les pays qui sont à la source de ces flux à réduire la volatilité de ces capitaux, à coordonner leurs politiques monétaires et à améliorer la situation prévalant en termes de liquidités mondiales.  Il a jugé important de promouvoir un accès plus aisé aux financements. « En tant que membre du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable, l’Afrique du Sud accorde une grande importance à la mobilisation des ressources destinées à l’éradication de la pauvreté comme moyen de réaliser le développement durable », a conclu le représentant.


M. LEE YONGSOO (République de Corée) a jugé la mobilisation des ressources nationales essentielle pour le financement à long terme du développement durable.  L’aide publique au développement (APD) restera toutefois essentielle pour de nombreux pays en développement, a-t-il cependant reconnu.  Prévoyant que l’APD mondiale allait stagner à moyen terme, il a appelé à offrir cette aide en priorité à ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral et les États les plus vulnérables et fragiles.  Il a aussi apprécié la contribution au développement qu’apportent les financements innovants.  Il faudrait également prendre en compte le financement vert de manière plus systématique, a-t-il ajouté.  Le représentant a dit qu’un partenariat renforcé et renouvelé en faveur du développement est essentiel, y compris avec le secteur civil.  Ce partenariat devra contribuer à l’élaboration et à la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015, en offrant un cadre de suivi mondial et un mécanisme de responsabilisation, a-t-il préconisé.  Il a enfin salué la réunion sur la coopération efficace en faveur du développement qui se tiendra à Mexico en avril 2014.


M. SERGEY VASILIEV (Fédération de Russie) a relevé que l’amélioration de l’architecture financière internationale est un facteur clef pour une croissance équitable et un développement durable.  Il a rappelé qu’au cours du dernier Sommet du G-20, tenu en septembre dernier à Saint-Pétersbourg, en  Fédération de Russie, les dirigeants du monde ont discuté de nombreux sujets d’ordre économique parmi lesquels figuraient la réglementation du système financier international et la question de la dette.  Le représentant a ensuite déclaré que le groupe des BRICS (Brésil, Fédération de Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) pouvait jouer un rôle majeur dans la mise en place d’une nouvelle gouvernance financière internationale.  Il a annoncé la création future d’une banque de développement des BRICS dotée d’un capital de 50 milliards de dollars.


Mme MARIA RUBIALES (Nicaragua) a expliqué la crise du système financier capitaliste par la spéculation, qui vise l’obtention du maximum de gains possibles.  Les conséquences de la crise sont infinies, a-t-elle prévenu, invitant à la résoudre en recherchant des alternatives à l’ordre économique international actuel, qui est déficient.  Mme Rubiales a rappelé que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) étaient censés collaborer avec les organes des Nations Unies et les autres institutions spécialisées.  Elle a noté que ces entités jouaient plutôt un rôle d’institutions commerciales, ce qui va à l’encontre des principes et objectifs pour lesquels elles ont été créées.  Elle a dès lors appelé à réformer leurs structures pour y donner un poids égal à tous les pays.  Le système de réserves mondiales basé sur l’hégémonie d’une seule monnaie est instable et inadéquat, a-t-elle aussi estimé avant de proposer la création d’un conseil monétaire mondial chargé de coordonner les accords monétaires entre les blocs régionaux.  Le Nicaragua réaffirme le rôle indiscutable des Nations Unies et en particulier de l’Assemblée générale, en tant qu’enceinte universelle pouvant garantir la légitimité des décisions prises au niveau mondial, a-t-elle ajouté.  Enfin, elle a demandé la convocation d’une conférence de suivi sur le financement du développement.


M. GUILHERME DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a reconnu que le développement est d’abord une affaire nationale, mais il a ajouté que le relèvement mondial, à la suite de la crise économique mondiale de 2008, est de la responsabilité de la communauté internationale.  Il a indiqué que les pays développés et ceux en développement devraient prendre des mesures communes visant le relèvement de l’économie mondiale et la création d’emplois.  Il a également invité les pays développés à mettre en place des mesures de stimulus à court terme, afin de relancer la croissance.  M. de Aguiar Patriota a, d’autre part, déploré les politiques économiques menées par les pays développés, qui créent souvent les conditions provoquant la volatilité des capitaux.  Le représentant a par ailleurs appelé à la réforme des institutions de Bretton Woods, notamment, a-t-il expliqué, en y renforçant la représentativité des pays en développement.  Dans ce contexte, il a noté avec regret que les engagements pris pour la conduite de réformes sur la gouvernance et les quotas du Fonds monétaire international (FMI), qui avaient été pourtant adoptées en 2010, n’ont toujours pas été tenus.


Le représentant a ensuite déclaré que le futur programme de développement pour l’après-2015 devrait avoir comme objectif central l’éradication de la pauvreté, et qu’il devrait être appliqué en respectant le paradigme du développement durable, en tenant compte de ses composantes environnementale, sociale et économique.  Il a rappelé que la Conférence Rio+20 avait adopté des mesures en faveur du développement durable et du financement du développement.  Il a, à cet effet, salué la mise en place du Groupe intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable.  M. de Aguiar Patriota a également rappelé qu’il avait été décidé, à Doha, en 2008, que la date de la tenue d’une conférence sur le financement du développement devrait être arrêtée avant la fin de l’année 2013.  Il a souligné que l’une des résolutions de cette conférence serait la mise en place d’une commission pour le financement du développement, qui devrait être un organe subsidiaire du Conseil économique et social (ECOSOC).  Il a rappelé à l’Assemblée générale l’urgence de lancer un processus préparatoire à cet effet.  Il a ensuite dit que malgré le besoin d’explorer de nouveaux mécanismes de financement du développement, l’aide publique au développement gardait toute son importance. 


M. PHOLOGO J. GAUMAKWE (Botswana) a dans sa déclaration, mis l’accent sur les conséquences de la crise financière de 2008 sur les exportations et les revenus du Botswana.  Il a indiqué que la chute du prix des matières premières et la baisse de la demande ont réduit les revenus du Botswana depuis 2008, poussant le pays à ralentir la mise en œuvre de projets de développement vitaux.  Il a précisé que 10% du montant du budget botswanais était affecté au remboursement de la dette, alors que le chômage a frappé 39% des travailleurs du secteur minier et 37% du secteur des services.  Il a dit que le Botswana voulait éviter tout impact négatif de la crise sur les efforts menés par son gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté, d’accès aux services de base comme l’alimentation, l’eau, l’éducation, la santé et l’assainissement, mais aussi en ce qui concerne la lutte menée contre la désertification et les autres conséquences des changements climatiques.  M. Gaumakwe a souligné l’importance de l’investissement étranger direct (IED) comme moteur du financement du développement.  Il a précisé que le Gouvernement du Botswana a mis en place en 2009 une stratégie de rationalisation des activités de certaines entités paraétatiques et publiques, afin d’attirer ces investissements.  « Le résultat de cette rationalisation a été la création, le 1er avril 2012, d’un Centre de l’investissement et du commerce du Botswana (BITC) dont le but est de promouvoir les investissements », a-t-il précisé.      


M. Gaumakwe a par ailleurs indiqué que le Botswana partageait le point de vue du Secrétaire général, exprimé dans le paragraphe 32 du rapport A/68/265, dans lequel il dit: « On ne saurait trop souligner combien il importe d’entretenir la croissance dans les pays à revenu intermédiaire, de les transformer en pays créant une forte valeur ajoutée et de les mettre sur la voie du développement durable ».  Notant que sur les 101 pays à revenu intermédiaire existant en 1960, 13 seulement étaient passés, en 2008, dans la catégorie des pays à revenu élevé, le représentant du Botswana s’est aussi demandé s’il ne fallait pas traduire cette réalité comme étant le résultat d’un échec de la communauté internationale.  Face à ce constat, il a appelé à un financement du développement orienté vers les défis spécifiques auxquels font face les pays à revenu intermédiaire, et qui se situent essentiellement dans un certain nombre de secteurs, dont ceux des infrastructures de développement, des capacités et de la formation, de l’industrialisation, et de l’accès aux technologies.    


M. SAÚL WEISLEDER (Costa Rica) a invité les États Membres à prendre des décisions substantielles sur la mobilisation des ressources nationales et internationales en faveur du développement, quelles soient publiques ou privées.  Nous devons aussi trouver la meilleure façon d’attirer et de gérer au niveau national les investissements étrangers directs et les envois de fonds en provenance de l’étranger, en tirant parti des meilleures pratiques locales et mondiales, a-t-il préconisé.  Le représentant a aussi appelé de ses vœux la conclusion équitable du Cycle de négociations commerciales de Doha.  Il a jugé très pertinente la question de la coopération financière et technique, telle que prévue par le Consensus de Monterrey.  Le Costa Rica partage les aspirations mondiales visant une croissance économique inclusive et soutenue, a-t-il dit.


M. Weisleder s’est inquiété de la baisse du niveau de l’aide publique au développement au moment où l’on négocie le nouveau programme de développement pour l’après-2015.  Tout en reconnaissant que l’APD ne suffit pas à elle seule à assurer la promotion du développement durable des pays les moins avancés, il a souligné son importance cruciale pour les pays à revenu moyen et son rôle de catalyseur pour la mobilisation de financements privés.  Le représentant a, de ce fait, appelé les pays développés à honorer leurs engagements dans ce domaine et invité la communauté internationale à progresser dans la mise en œuvre du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha.  Enfin, il a dit attendre avec intérêt les discussions sur les formes innovantes de mobilisation de fonds pour le financement du développement.


Mme ADRIANNA PACHECO (Bolivie) a dressé la liste des causes structurelles de la crise mondiale que traverse le capitalisme.  Elle a ainsi parlé de l’excès de concentration des richesses entre les mains de quelques pays et petits groupes sociaux privilégiés.  La promotion d’un mode de consommation massive et excessive, ainsi que la concentration de capitaux dans des processus de spéculation financière pour générer des gains rapides et abondants, ont également été citées par la représentante parmi les causes de la crise mondiale.  La représentante a estimé que le développement économique ne devait pas être orienté par le marché, les capitaux et les gains.  Elle a proposé l’adoption d’un modèle économique orienté vers l’harmonie avec la Terre nourricière et la promotion du bien-être et bien-vivre des individus et des populations.


En ce qui concerne l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015, la représentante a invité les États Membres à suivre les principes du droit au développement et de la responsabilité commune mais différenciée.  Elle a, par ailleurs, plaidé en faveur d’une réforme de l’architecture financière internationale, afin d’y promouvoir la participation des pays en développement et d’édifier un système financier réellement orienté vers l’élimination de la pauvreté.  Elle a enfin demandé la mise en place d’un nouveau mécanisme intergouvernemental sur le financement du développement, ainsi que la convocation d’une conférence des Nations Unies de suivi de cette question.


M. DMYTRO KUSHNERUK (Ukraine) a souligné la nécessité de renforcer la cohérence dans les processus de mise en œuvre des résolutions de l’Assemblée générale et de l’ECOSOC sur les questions économiques.  Il a rappelé que le Sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu en septembre 2015 au Siège des Nations Unies devrait permettre d’établir le programme de développement pour l’après-2015.  Il est important que tous les États Membres partagent la même vision pour l’avenir, a-t-il proposé.  Il a également appelé la communauté internationale à la résolution des principales questions systémiques qui affectent l’économie mondiale.  Il a dans le même temps plaidé pour la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha, afin que le commerce puisse véritablement aider à promouvoir l’essor des pays en développement.  Le représentant a ensuite regretté que d’énormes sommes d’argent soient épargnées dans les banques à travers le monde, alors que ces fonds auraient pu servir à bâtir des infrastructures susceptibles de favoriser une stimulation de la croissance mondiale.


Mme NRITYA SUBRAMANIAM, Fonds monétaire international (FMI), a parlé de certaines réformes adoptées par le Fonds, notamment la « quatorzième révision générale des quotas », en date du 15 décembre 2010.  Une fois qu’elle sera approuvée et appliquée, cette réforme entraînera une hausse sans précédent de 100% des quotas de vote au sein du Fonds et reflètera ainsi l’évolution du poids de ses différents pays membres dans l’économie mondiale, a-t-elle expliqué.  Cette réforme découle d’un ensemble de réformes prônées en 2008, et entrées en vigueur en 2011, qui ont renforcé la représentation, au sein des organes de décision du FMI, d’économies dynamiques, dont beaucoup sont des pays émergents, en procédant à une augmentation des pourcentages des droits de vote de 54 pays membres, a indiqué Mme Subramaniam.  Cette réforme a aussi renforcé la participation de pays à faible revenu, dont les droits de vote ont presque triplé.


La quatorzième révision des quotas va faire passer de 238,5 milliards de droits de tirage spéciaux (DTS) à environ 477 milliards le montant des DTS.  Elle entrainera aussi un déplacement de 6% des parts de quotas, qui vont aller des parts des pays surreprésentés à celles des pays membres jusqu’ici sous-représentés au sein des organes de gouvernance et de prise de décisions.  En outre, 6% des quotas vont passer à des pays émergents et en développement, a ajouté la représentante.  Elle a aussi expliqué que la Chine deviendrait le troisième pays ayant le plus grand nombre de parts, donc de votes au sein du FMI et que quatre pays émergents (Brésil, Chine, Inde et Fédération de Russie) se retrouveraient parmi les 10 membres les plus influents du Fonds.  Une révision complète des quotas a été réalisée en janvier 2013, a-t-elle ajouté.  Elle a aussi parlé de la révision des règles de nomination des directeurs exécutifs du Fonds, qui doivent désormais être élus.


Mme AMBER BARTH, de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a indiqué que le taux de chômage mondial avait atteint 55,7%, précisant qu’il y aurait 202 millions de chômeurs en 2013 à travers le monde, dont 73 millions de jeunes.  Elle a ainsi illustré l’importance de la qualité et de la quantité des emplois, soulignant en outre que le grand problème de notre époque est la carence d’emplois pour les jeunes.  Le taux de chômage des jeunes est deux à trois fois supérieur aux taux de chômage moyen, a-t-elle précisé.  Elle a expliqué qu’il n’y aurait pas de développement durable sans création d’emplois décents.  Elle a aussi prévenu que le système financier international devait pouvoir soutenir une croissance économique inclusive et équitable, le développement durable, la création d’emplois et les efforts d’élimination de la pauvreté.


Mme Barth a estimé que le monde faisait face au défi, apparemment insurmontable, dans les conditions actuelles, de la création d’emplois productifs et décents.  Elle a constaté que les liens entre les salaires et la productivité étaient de moins en moins forts.  La baisse des revenus du travail dans le revenu national est une autre conséquence de la situation actuelle de l’emploi.  En outre, les flux de travailleurs et de capitaux transfrontaliers ont des conséquences sur l’emploi dans chaque pays, a-t-elle relevé.  Mme Barth a donc invité les décideurs politiques à intégrer les politiques macroéconomiques, financières et de création d’emplois, afin de favoriser la croissance et l’emploi.  Elle a proposé diverses mesures en ce sens, comme l’instauration d’un environnement propice aux affaires et l’adoption de réformes pour stimuler la création d’emplois.


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