9/10/2013
Assemblée générale
AG/DSI/3476

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Première Commission

5e séance – matin


PREMIÈRE COMMISSION: LES ÉTATS NON DOTÉS DE L’ARME NUCLÉAIRE REPROCHENT

AUX ÉTATS DOTÉS D’ENTRAVER LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE


L’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et l’abandon

du programme d’armement nucléaire de la République populaire démocratique de Corée également abordés


Il y a un fossé entre la prise en compte des conséquences humanitaires des armes nucléaires et la lenteur des progrès en matière de désarmement, a affirmé, lors de la troisième journée du débat général de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale), le représentant de l’Égypte, pays membre des États de la Coalition pour un nouvel ordre du jour, qui regroupe le Brésil, l’Irlande, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud.  La responsabilité de cette situation a été attribuée aux États dotés d’armes nucléaires, alors même que ces armes continuent de représenter une menace pour la survie de l’humanité. La communauté internationale comprend que la seule garantie contre leur utilisation est leur élimination complète, a déclaré le représentant égyptien.


Faisant écho à ces propos, le représentant du Brésil a reproché aux puissances nucléaires de continuer d’investir des sommes faramineuses pour moderniser leurs arsenaux nucléaires, instaurant de fait une menace permanente sur la paix et la sécurité dans le monde. Tant que ces pays détiendront de tels arsenaux, d’autres exigeront le droit de posséder leurs propres armes nucléaires, a-t-il estimé.


Répondant à ces critiques, la déléguée des États-Unis, dont le pays partage avec la Fédération de Russie, 90% de l’arsenal nucléaire mondial, a indiqué « que les conditions pour un monde sans armes nucléaires n’étaient pas réunies », insistant sur les progrès accomplis avec la Fédération de Russie pour la réduction de leurs stocks stratégiques.  Pour les États-Unis, ces stocks devraient être ramenés en 2018 à des niveaux inférieurs à ceux des années 1950, a-t-elle précisé.


En dépit de ces efforts, les pays non dotés ont souligné que les blocages et l’inaction à la Conférence du désarmement étaient de nature à entamer sa crédibilité.  À l’instar du Canada et de l’Afrique du Sud, des délégations ont insisté sur la nécessité de revitaliser les travaux de cet organe de négociation, dont le manque de progrès était une source d’exaspération pour les États Membres. Ces délégations ont par ailleurs souhaité des avancées significatives sur la question de l’interdiction de la production de matières fissiles à des fins militaires, en demandant, comme le Brésil, que le futur traité tienne compte également des stocks nucléaires préexistants.  Pour sa part, le représentant de l’Inde, autre puissance nucléaire, s’est déclaré à travailler à un tel instrument juridique contraignant, à condition que ce traité soit « conforme à ses intérêts de sécurité nationale ».


L’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient a été une autre priorité mise en avant lors de cette troisième journée de débat de la Première Commission.  Pour l’Égypte, les Philippines, la République de Corée, la Thaïlande ou encore le Venezuela, particulièrement attachés à la création de telles zones qui garantissent la non-prolifération, la Conférence prévue en 2012 à cet effet devrait se tenir dans les plus brefs délais.


Faisant porter la responsabilité de ce report à Israël, le représentant de l’Arabie saoudite a demandé qu’une telle conférence se tienne avant la fin de 2013.  Ces efforts doivent en outre permettre de renforcer l’universalisation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, a-t-il indiqué.


Les programmes de développement d’armes nucléaires et de missiles balistiques de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ont représenté un autre grave sujet de préoccupation pour un grand nombre d’intervenants ce matin, en particulier ceux de la République de Corée et de la Thaïlande.  Évoquant le danger qu’un tel arsenal faisait peser sur la péninsule coréenne et pour les pays de la région, ces délégations ont demandé l’abandon de ces programmes de manière complète, vérifiable et irréversible et exhorté les autorités nord-coréennes à appliquer le Traité sur la zone exempte d’armes nucléaires en Asie du Sud-Est et à adhérer au Protocole annexe au Traité, sans réserve et dans les plus brefs délais.  


La Première Commission continuera son débat général demain à 10 heures, en salle de conférence 3.


DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUS LES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR RELATIFS AU DÉSARMEMENT ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE


Déclarations


S’exprimant au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. MAUNG WAI (Myanmar) a rappelé le caractère prioritaire du désarmement nucléaire, appelant à la mise en œuvre complète du Plan d’action adopté lors de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2010, en particulier pour ce qui a trait à l’organisation d’une conférence sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient.


Saluant la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale consacrée au désarmement nucléaire qui s’est tenue le 26 septembre, le représentant a appelé à l’universalisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, avant d’annoncer la présentation de deux projets de résolution lors de cette session: l’un sur le « suivi de l’avis de la Cour internationale de Justice (CIJ )sur la licéité de la menace ou de l’emploi de la menace d’utiliser des armes nucléaires », l’autre sur le « désarmement nucléaire ».  Comme les années précédentes, ces deux textes sont destinés à souligner l’importance et le caractère prioritaire du désarmement nucléaire.


Rappelant par ailleurs l’existence d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie du Sud-Est établie par le Traité de Bangkok, le délégué a réitéré le soutien de son pays aux autres ZEAN existantes et appelé à la création d’une ZEAN au Moyen-Orient.  Il a également souligné le rôle central joué par la Convention sur les armes chimiques et celle sur les armes biologiques, avant d’appeler à la mise en œuvre du Plan d’action pour prévenir le trafic illicite d’armes légères et de petit calibre adopté en 2010.


M. MOOTAZ AHMADEIN KHALIL (Égypte), s’exprimant au nom de la coalition pour un nouvel ordre du jour international (Brésil, Irlande, Mexique, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Égypte), a annoncé que ce groupe d’États présentera un projet de résolution durant le débat thématique sur les armes nucléaires, en raison notamment de tout ce qu’il reste à faire pour parvenir à un monde sans armes nucléaires.  Le représentant a également observé le fossé qui se creuse entre la prise en compte des conséquences humanitaires des armes nucléaires et la lenteur des progrès en matière de désarmement nucléaire.  Pour lui, les États dotés de ces armes ont une responsabilité majeure dans cette situation alors même que ces armes continuent d’être une menace pour la survie de l’humanité.  Chacun comprend que la seule garantie contre leur utilisation est leur élimination complète, a-t-il affirmé.


M. Khalil a en outre déploré l’échec de la Conférence de 2012 visant à faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires, et a appelé à la tenue de cette Conférence sans délai, tout en se félicitant des efforts en cours, dont l’initiative égyptienne du 28 septembre dernier.


Le délégué a estimé que, loin de renforcer la paix et la sécurité internationales, la possession des armes nucléaires continue de menacer la vie des autres.  Dans un monde où on ne parvient pas à répondre aux besoins fondamentaux des peuples, les dépenses militaires sont totalement inacceptables, a-t-il précisé.  À son avis, les gouvernements devraient au contraire allouer les ressources nécessaires à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


Mme ELISSA GOLDBERG (Canada) a déploré la poursuite de l’inaction à la Conférence du désarmement, saluant la mise sur pied du Groupe de travail informel chargé d’élaborer un programme de travail pour sortir de l’impasse.  Le Canada attend également « avec intérêt » la création du Groupe d’experts gouvernementaux sur un traité interdisant la production de matières fissiles, souhaitant qu’il permette de faire des progrès dans le lancement des négociations.  Après s’être réjoui des « résultats probants » des dernières réunions des États parties aux Conventions sur les armes chimiques et biologiques, la représentante s’est inquiétée de la poursuite de la prolifération d’armes de destruction massive qui constitue « une grave menace pour la paix et la sécurité internationales ».


Elle a déploré la poursuite par la République islamique d’Iran de son programme d’enrichissement d’uranium illicite de matières nucléaires et son refus de coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  La déléguée canadienne a par ailleurs dénoncé le « mépris flagrant » de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) pour les obligations internationales, après l’essai nucléaire et le tir de missile balistique réalisés par celle-ci il y a quelques mois.  Enfin, elle a souligné que la communauté internationale ne pouvait fermer les yeux sur l’attaque chimique qui s’est déroulée à Damas le 21 août.  Saluant l’adhésion de la Syrie à la Convention sur les armes chimiques, elle a précisé que le Canada était vivement préoccupé par l’hypocrisie dont la Syrie a fait preuve dans le passé, appelant la communauté internationale à s’assurer qu’il ne s’agit pas « d’une manœuvre dilatoire ».


En conclusion, elle a estimé que ces situations montraient que les efforts destinés à contrer et réduire la prolifération d’armes de destruction massive ne pouvaient pas être relâchés.  « Si les mesures habituelles à cette fin ne sont pas efficaces, nous devrons trouver des méthodes novatrices », a-t-elle indiqué.


Mme ROSE E. GOTTEMOELLER (États-Unis) a déclaré que les conditions pour un monde sans armes nucléaires n’étaient pas réunies.  Toutefois, a-t-elle ajouté, « nous sommes tous capables de créer ces conditions ». Rappelant que demain seront commémorés les 50 ans de l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction partielle des essais nucléaires, la déléguée a estimé que si ce Traité a pu être conclu dans le contexte de la guerre froide, il serait possible d’avancer aujourd’hui  sur la réduction, la transparence et l’interdiction de la production des matières fissiles ou de l’usage des armes nucléaires.  Pour leur part, a-t-elle indiqué, les États-Unis ont accompli beaucoup de progrès ces 50 dernières années, adoptant notamment un programme de  réduction de leurs armes stratégiques, qui devrait porter leurs stocks d’ici à 2018, à un nombre inférieur à celui des années 1950.


Mme Gottemoeller a également souligné les progrès considérables accomplis par son pays en matière de coopération et de transparence avec ses partenaires, en particulier la Fédération de Russie.  Elle a cité dans ce cadre l’entrée en vigueur du nouveau Traité START, et l’Accord passé avec la Fédération de Russie pour l’élimination de 34 tonnes d’armes au plutonium.  Cela fait beaucoup, mais ne suffit pas, a-t-elle toutefois ajouté, indiquant que les États-Unis et la Fédération de Russie détenaient à eux seuls, 90% des armes nucléaires dans le monde et qu’il serait temps de dépasser l’esprit de la guerre froide.


Aujourd’hui les priorités des États-Unis sont en faveur d’une amorce immédiate des négociations sur le Traité interdisant la production de matières fissiles à la Conférence du désarmement, a-t-elle déclaré, précisant que son pays soutenait en outre la ratification du Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires.


La déléguée a par ailleurs estimé qu’il fallait continuer de travailler en particulier sur les questions relatives au cyberespace, à l’espace extra-atmosphérique au contrôle des armes conventionnelles et à l’exemption d’armes de destruction massive au Moyen-Orient, entre autres.


M. OH JOON (République de Corée) s’est félicité de l’adoption du Traité sur le commerce des armes qui renforce la régulation dans le domaine des armes conventionnelles, tout en regrettant la prolifération d’armes de destruction massive.  Déplorant l’usage d’armes chimiques en Syrie et le qualifiant de crime contre l’humanité, il a salué l’adhésion de la Syrie à la Convention sur les armes chimiques, appelant les autres pays qui ne l’ont pas encore fait à y adhérer.


Soulignant que les armes de destruction massive faisaient peser la plus grave menace sur l’humanité, il a appelé les États non dotés d’armes nucléaires à respecter leurs obligations de non-prolifération et les États dotés d’armes nucléaires à faire des progrès significatifs dans leur désarmement.


Le délégué a rappelé l’importance du TNP, appelant à la mise en œuvre complète du Plan d’action adopté lors de la Conférence d’examen de 2010, notamment pour ce qui a trait à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Qualifiant le Traité d’interdiction des essais nucléaires d’élément essentiel de ce régime, il a invité les pays qui ne l’ont pas fait à signer et ratifier cet instrument pour permettre son entrée en vigueur.  Évoquant aussi l’élaboration d’un traité sur l’interdiction de production de matières fissiles à des fins militaires, il a appelé la Conférence du désarmement à lancer des négociations en priorité, souhaitant que les travaux du Groupe d’experts gouvernementaux puissent poser les fondements de ces négociations.


Le représentant a estimé que le comportement des autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) constituait un grave sujet de préoccupation pour la communauté internationale du fait que celles-ci poursuivaient leurs programmes de développement d’armes nucléaires et de missiles balistiques.  Il a donc exhorté les autorités de ce pays à entendre les appels de la communauté internationale à respecter leurs obligations internationales, notamment les résolutions du Conseil de sécurité, et à abandonner immédiatement leurs programmes balistiques et nucléaires de manière complète, vérifiable et irréversible.


M. SALEUMXAY KOMMASITH (République démocratique populaire lao) a rappelé l’engagement de son pays en faveur d’une élimination complète des armes nucléaires, seul moyen d’offrir une garantie absolue contre l’usage ou la menace de l’usage de telles armes.  Le délégué a salué le succès de la deuxième session du Comité préparatoire de la Conférence d’examen du TNP de 2015 qui s’est tenue à Genève du 22 avril au 3 mai 2013, et a souligné qu’une adhésion universelle au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires serait de nature à contribuer à la promotion du désarmement et à la non-prolifération nucléaires.


Le représentant a par ailleurs insisté sur l’importance de créer des zones exemptes d’armes de destruction massive pour renforcer le désarmement et la non-prolifération nucléaires à l’échelle universelle, se prononçant en particulier sur l’importance de l’établissement d’une telle zone au Moyen-Orient.  Le délégué a souligné en outre la nécessité d’une pleine mise en œuvre du Traité sur la zone exempte d’armes nucléaires de l’Asie du Sud-Est et encouragé les États, qui en sont dotés, à adhérer au Protocole annexé au Traité, sans réserve et dans les plus brefs délais.


Il a souligné en conclusion, qu’en tant que pays gravement touché par les restes explosifs de guerre, notamment les armes à sous-munitions, son pays se félicitait de l’universalisation de la Convention sur les armes à sous-munitions, invitant tous les pays qui n’ont pas encore fait à y adhérer.


M. KINGSLEY MAMABOLO (Afrique du Sud) a déclaré que la signature par l’Afrique du Sud du Traité sur le commerce des armes montrait l’importance que son pays attachait à cette question.  Déplorant les difficultés persistantes sur les questions de désarmement, le représentant a estimé que les nombreux blocages à la Conférence du désarmement entamaient sa crédibilité.  Pour en sortir, il fallait, à son avis, revitaliser ses travaux, en raison notamment de l’exaspération ressentie devant cette situation par les États Membres de l’Organisation.


Le délégué a par ailleurs fait remarquer qu’en dépit de la place de choix accordée par la communauté internationale à la question du désarmement nucléaire, les progrès dans ce domaine semblaient plus lents que ceux accomplis dans le domaine du renforcement de la non-prolifération.  Pour l’Afrique du Sud, a-t-il affirmé, l’arme nucléaire n’apportait aucune sécurité, mais, au contraire, exacerbait l’insécurité.


Le délégué s’est également félicité de la prochaine tenue d’une conférence de suivi sur les conséquences humanitaires des armes nucléaires prévue en 2014 au Mexique.  Il s’est déclaré favorable au renforcement des Conventions sur les armes chimiques et biologiques et pour leur mise en œuvre.


M. NORACHIT SINHASENI (Thaïlande) a estimé que l’éradication totale et complète de toutes les armes de destruction massive était l’objectif principal de la communauté internationale, soulignant que le désarmement était essentiel pour assurer la sécurité et la stabilité dans le monde.  Saluant la tenue en septembre de la Réunion de haut niveau sur le désarmement nucléaire à l’Assemblée générale, il a appelé tous les États parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) à respecter leurs obligations de manière transparente, vérifiable et irréversible.  Il a également appelé les États dotés à adhérer au Protocole du Traité de Bangkok instaurant une zone exempte d’armes nucléaires en Asie du Sud-Est.


Le délégué a, par ailleurs, déploré l’impasse persistante au sein de la Conférence du désarmement, dont il a rappelé qu’elle était le seul organe de négociation multilatérale du désarmement.  Il a également apporté son soutien au Groupe de travail à composition non limitée chargé de formuler des propositions sur un programme de travail pour la Conférence du désarmement.


M. ANDREJ LOGAR (Slovénie) a déploré l’usage d’armes chimiques en Syrie et réitéré son soutien à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, souhaitant que ceux qui ont eu recours à de telles armes soient poursuivis et punis.


Il a par ailleurs salué l’adoption du Traité sur le commerce des armes et appelé tous les États qui ne l’ont pas encore fait à signer et ratifier le texte le plus rapidement possible.


Rappelant que son pays présidait la douzième Conférence des États parties à la Convention sur les mines antipersonnel, le délégué a indiqué qu’un projet de résolution visant à renforcer cette Convention avait été présenté, avec l’Algérie et le Cambodge.  Il a insisté aussi sur la nécessité de déployer plus d’efforts pour diminuer le nombre des victimes et de mieux adapter la Convention aux autres instruments juridiques contraignants existants.


Déplorant l’impasse de la Conférence du désarmement, M. Logar a réitéré le soutien de son pays à tous les efforts visant à relancer le mécanisme de désarmement, notamment le Groupe de travail à composition non limitée chargé de proposer un programme de travail. « Il faut proroger son mandat d’une année pour lui permettre de finir ces propositions », a-t-il affirmé.


M. D.B. VENKATESH VARMA (Inde) a déclaré que son pays était favorable à un désarmement nucléaire complet, conformément au Document final de la première session spéciale de l’Assemblée générale et au Plan d’action de Rajiv Gandhi de 1988 sur un monde non violent et exempt d’armes nucléaires.  Cette conviction est ancrée à la fois dans les principes philosophiques de l’Inde et sur le pragmatisme, a-t-il ajouté.  Pour autant, a-t-il poursuivi, cet objectif pourrait être atteint par étapes et dans le cadre d’un engagement universel et non discriminatoire.  L’Inde, a-t-il précisé, était favorable à un dialogue constructif et transparent entre tous les États dotés de l’arme nucléaire pour établir la confiance et réduire le rôle des armes nucléaires dans les relations internationales.  En tant que puissance nucléaire, l’Inde était disposée à travailler avec tous ses partenaires sur toutes ces questions, à commencer par l’élaboration d’un traité d’interdiction de la production de matières fissiles, à condition qu’il corresponde aux intérêts de son pays en matière de sécurité, a-t-il indiqué.


Le représentant a également affirmé l’attachement de son pays à la Convention sur les armes biologiques et à la Convention sur les armes chimiques, qualifiées d’exemples d’instruments non discriminatoires.  C’est en conformité avec elles, que l’Inde a procédé à la destruction de son stock d’armes chimiques en 2009, a-t-il précisé.


Par ailleurs, le délégué a indiqué que l’Inde était favorable à un renforcement du cadre international visant à faire de l’espace un endroit pacifique et à en prévenir la militarisation.


S’associant aux déclarations du Mouvement des pays non alignés et de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, M. JULIO C. DERY (Philippines) s’est félicité de la tenue en septembre de la Réunion de haut niveau sur le désarmement nucléaire, estimant qu’elle avait fourni une « excellente opportunité pour les États de réfléchir sur leur rôle et leurs obligations ».


Rappelant l’attachement de son pays au multilatéralisme dans le domaine du désarmement et à l’objectif d’élimination totale des armes nucléaires, le représentant a qualifié de « cruciale » la mise en œuvre du Programme d’action adopté lors de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2010, en particulier pour ce qui a trait à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Sur ce dernier point, il a appelé tous les acteurs concernés à poursuivre les consultations afin de s’assurer que la conférence initialement prévue en 2012 pour créer cette ZEAN se tienne au plus vite.


Revenant par ailleurs sur la deuxième Réunion préparatoire à la Conférence d’examen du Traité de sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2015, il a estimé que les questions liées à l’impact humanitaire des armes nucléaires étaient parmi les plus importantes, saluant la tenue cette année de la Conférence d’Oslo sur ce thème.


Évoquant l’impasse qui prévaut à la Conférence du désarmement, M. Dery a salué la création d’un Groupe de travail informel chargé de proposer un programme de travail capable de surmonter les difficultés et a défendu l’élargissement de la composition de la Conférence du désarmement comme moyen d’en revitaliser les travaux, conformément à la position du Groupe informel de 39 États observateurs siégeant dans cet organe.


M. ABDALLAH Y. AL MOUALLIMI (Arabie saoudite) a réitéré le soutien de son pays à l’établissement de zones exemptes d’armes nucléaires et exprimé son profond regret après le report de la Conférence prévue en 2012 pour l’instauration d’une telle zone au Moyen-Orient, appelant à son organisation avant la fin de l’année 2013 et attribuant la responsabilité de ce report à Israël.


Rappelant l’attachement de son pays au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), le représentant a souligné l’importance de parvenir à l’universalisation du Traité, invitant tous les pays qui ne l’ont pas fait à rejoindre le TNP et à placer leurs installations nucléaires sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  L’Arabie saoudite appelle particulièrement Israël à rejoindre le Traité, a-t-il précisé.


Abordant « la crise du programme nucléaire iranien », le délégué a estimé que celle-ci représentait l’un des plus graves défis à la paix et à la sécurité internationales, en particulier dans la région du Golfe.  L’Arabie saoudite soutient les efforts déployés par les membres permanents du Conseil de sécurité pour trouver une issue pacifique à cette crise, a-t-il indiqué, avant d’appeler la République islamique d’Iran à répondre à ces efforts et à mettre en œuvre les résolutions pertinentes du Conseil en coopérant avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).


Insistant sur le droit inaliénable des États à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, le représentant a encouragé les échanges et la coopération internationale dans ce domaine, appelant également à l’universalisation de la Convention sur la sûreté nucléaire.    


M. GUILHERME DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a estimé que le Traité sur la dénucléarisation des zones densément peuplées de la planète, ou le Traité de Tlatelolco, dont son pays était partie, nécessiterait une attention particulière de la part de la communauté internationale.  Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, le Brésil était favorable à l’intensification des efforts internationaux destinés à parvenir à une planète exempte d’armes nucléaires.


Déplorant les blocages et la lenteur des progrès accomplis sur la question, le délégué a mis en cause la responsabilité des États nucléaires pour cette situation, affirmant qu’ils continuaient de consacrer des sommes très importantes pour la modernisation de leurs arsenaux.  Tant que ces États continuent de posséder cette arme, d’autres voudront la posséder aussi, instaurant ainsi une menace permanente sur la paix et la sécurité dans le monde, a-t-il affirmé.  Un tel état de fait justifiait son interdiction et démantèlement, a estimé M. Patriota.


Le délégué a par ailleurs fait part de l’intention de son pays de rejoindre l’initiative russe visant à intégrer le non-déploiement d’armes dans l’espace extra-atmosphérique dans une résolution de l’Assemblée générale.  Il s’est également déclaré favorable à l’élaboration d’un traité sur l’interdiction de production de matières fissiles, qui prenne en considération les stocks préexistants, compte tenu du fait que les stocks actuels permettaient la production d’armes nucléaires pendant très longtemps.


En conclusion, le représentant a estimé que les termes du Traité sur le commerce des armes auraient pu être plus forts et efficaces s’ils avaient stipulé l’interdiction du transfert d’armes vers des acteurs non étatiques et non autorisés et exigé un certificat d’utilisation finale.


S’associant aux déclarations du Mouvement des pays non alignés, M. ALFREDO FERNANDO TORO-CARNEVALI (Venezuela) a déploré l’ampleur des arsenaux nucléaires existants, insistant sur la nécessité absolue de procéder à un désarmement général et complet.


Les puissances nucléaires doivent mener des négociations de bonne foi en vue de parvenir à l’élimination de leurs arsenaux, conformément au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), a-t-il souligné, avant de souscrire à l’appel lancé par le Mouvement des pays non alignés pour l’élaboration d’une convention internationale d’interdiction des armes nucléaires.


Il a appelé les pays dotés d’armes nucléaires à éliminer de leur doctrine militaire l’usage ou la menace d’usage des armes nucléaires à l’encontre de pays non dotés.  Nous réaffirmons la nécessité de disposer d’un instrument juridique universel contraignant offrant des garanties négatives de sécurité, a-t-il insisté.


Exprimant la conviction de son pays que l’établissement de zones exemptes d’armes nucléaires était de nature à renforcer le régime de non-prolifération, la paix et la sécurité, le représentant a regretté le report de la Conférence prévue en 2012 pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.


Rappelant l’attachement du Venezuela au multilatéralisme, il a invité la Conférence du désarmement à adopter un programme de travail permettant de lancer en priorité des négociations concernant le traité sur l’interdiction de production de matières fissiles à des fins militaires, la prévention d’une course aux armements dans l’espace extra-atmosphérique, les garanties négatives de sécurité offertes par les États dotés aux États non dotés, et l’élaboration d’une convention d’interdiction des armes nucléaires.


M. ABDOU SALAM DIALLO (Sénégal) a salué l’adoption du Traité sur le commerce des armes en avril dernier, ainsi que la tenue en 2012 de la deuxième Conférence chargée d’examiner les progrès accomplis dans l’exécution du Programme d’action pour lutter contre les armes légères et de petit calibre.


Rappelant l’objectif de parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires, le représentant s’est félicité de l’organisation le 26 septembre dernier de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale consacrée au désarmement nucléaire.  Il a réitéré le soutien de son pays à l’élaboration d’une convention sur l’interdiction des armes nucléaires, appelant la Conférence du désarmement à dépasser ses blocages pour lancer des négociations.  Considérant également que les zones exemptes d’armes nucléaires étaient des outils essentiels de la non-prolifération, il a appelé à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.


M. GYÖRGY MOLNÁR (Hongrie) a déclaré que l’adoption de la résolution sur le Traité sur le commerce des armes par l’Assemblée générale constituait une étape importante dans la lutte contre le trafic d’armes conventionnelles.  La Hongrie, a-t-il indiqué, a signé le Traité le 3 juin dernier et le processus de ratification suivait son cours.  Malheureusement, a-t-il déploré, les armes conventionnelles n’étaient pas le seul type d’armes utilisées dans les conflits armés, comme le démontrait l’exemple de la Syrie.  M. Molnar a salué l’adoption de la résolution 2118 du Conseil de sécurité sur le démantèlement des armes chimiques en Syrie qui devrait contribuer, à son avis, à la paix et à la sécurité dans ce pays.


La diplomatie multilatérale et le renforcement des organisations internationales constituaient les moyens les plus importants pour atténuer la menace que représentent les armes de destruction massive, a-t-il poursuivi, précisant que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires restait la pierre angulaire du régime de non-prolifération nucléaire, avant d’exprimer l’espoir que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires entrerait rapidement en vigueur.  Il s’est en outre prononcé pour l’ouverture rapide de négociations concernant le traité sur l’arrêt de la production de matières fissiles.  En conclusion, il a indiqué que son pays avait terminé, le mois dernier, le déminage de sa frontière avec la Croatie.


Mme LANA NUSSEIBEH (Émirats arabes unis) a exprimé les vives préoccupations de son pays sur l’absence de progrès de la part de la communauté internationale en matière de désarmement nucléaire et de non-prolifération, craignant la mise à mal des efforts de préservation durable de la paix et de la sécurité.  Elle a également fait part des inquiétudes de son pays face à l’incapacité de la Conférence du désarmement à aboutir à des résultats tangibles plusieurs années après sa création.


Mme Nusseibeh s’est également inquiétée suite aux essais nucléaires conduits par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) au début de l’année, qui selon elle, constituaient une menace claire à la paix et à la sécurité aux niveaux régional et international.


Soulignant la nécessité pour tous les États, dont l’Iran, de s’acquitter de leurs obligations dans le domaine nucléaire, la déléguée a exprimé la préoccupation de son pays devant les difficultés rencontrées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour établir la nature du programme nucléaire iranien.


S’agissant du Moyen-Orient, la déléguée a déploré la non-tenue en 2012 de la Conférence consacrée aux questions nucléaires dans la région, comme le recommandait le Document final de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2010.  À son avis, ce report était de nature à décrédibiliser le Traité.  En conclusion, elle a exhorté Israël, qui n’a pas encore ratifié ce Traité, à y adhérer dans les meilleurs délais afin d’aider le Moyen-Orient à se débarrasser des armes nucléaires.


Droits de réponse


Le représentant de la République populaire démocratique de Corée (RDDC) a affirmé que les États-Unis étaient à l’origine de la politique hostile contre son pays et qu’ils avaient introduit des armes nucléaires dans la péninsule coréenne.  Nous avons été obligés de développer un programme nucléaire pour assurer notre protection et défendre notre souveraineté, a-t-il déclaré, avant d’estimer que la stratégie de dissuasion des États-Unis prévoyait une attaque préventive contre la République populaire démocratique de Corée, y compris avec des armes nucléaires.  Cela montre que les États-Unis sont la source des tensions dans la région, a-t-il poursuivi, estimant que la dénucléarisation de la péninsule dépendait des États-Unis qui ont adopté une politique hostile à l’encontre de la RPDC.


Le représentant de la République arabe syrienne a reproché au représentant du Canada de ne pas suivre l’actualité et d’avoir manqué l’adhésion récente de son pays à la Convention sur les armes chimiques.  Nous appelons le Canada à prendre en compte notre coopération avec la communauté internationale et à ne pas faire partie de la minorité des pays qui refusent de se rallier à la paix.


Le représentant de la République islamique d’Iran a déploré que des intervenants aient utilisé le terme « Golfe arabe » alors qu’il n’existe qu’une seule appellation, celle de « Golfe persique ».


Le représentant de la République de Corée a regretté que la RPDC accuse les autres pour ses propres provocations.  Il a estimé que les tensions dans la région étaient nées des essais nucléaires de la RPDC, qualifiant de prétextes ridicules, les arguments tendant à en faire porter la responsabilité aux États-Unis.  L’alliance de mon pays avec les États-Unis est de nature défensive et son but est la dissuasion, a-t-il insisté.


Le représentant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a déploré les commentaires du représentant de la République de Corée. Soulignant que des forces armées américains avaient encore participé il y a quelques semaines à des manœuvres militaires dans la Péninsule de Corée, il a estimé que les États-Unis et la République de Corée exerçaient des pressions politiques qui nuisaient au dialogue et trahissaient un objectif d’agression.


Le représentant de la République de Corée a déclaré que tout le monde savait que les exercices militaires conjoints étaient défensifs et visaient à se préparer à des actions militaires de la République populaire démocratique de Corée.  Nos exercices sont défensifs et ont permis d’éviter la guerre, a-t-il insisté, avant d’appeler la RPDC à utiliser l’aide internationale qu’elle reçoit pour s’occuper de son peuple plutôt que pour développer son arsenal militaire.


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