12/12/2013
Assemblée générale
AG/11470

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante-huitième session                                  

66e séance plénière – après-midi


ASSEMBLÉE: PLAIDOYER POUR QUE LA RÉSILIENCE DES PAYS ET DES COMMUNAUTÉS SOIT AU CŒUR

DES EFFORTS CONTRE LES CATASTROPHES NATURELLES


Les catastrophes naturelles comptent parmi les principaux obstacles au développement, a prévenu aujourd’hui le représentant du Pakistan qui, avec d’autres, a souligné l’importance d’accorder une attention prioritaire à la résilience des pays et des communautés.


En 2012, 106 millions de personnes ont été affectées par des catastrophes naturelles qui ont causé plus de 138 milliards de dollars de dégâts, sans compter les conséquences dévastatrices du cyclone Haiyan aux Philippines.


Le concept de résilience revêt donc toute son importance, lequel englobe la réduction des risques de catastrophe, la gestion des risques environnementaux et le redressement rapide.  Les catastrophes naturelles comptant parmi les principaux obstacles au développement, il est urgent d’intensifier les efforts de préparation et de mieux comprendre les effets des changements climatiques, a dit le représentant du Pakistan.   Avec des capacités renforcées et les infrastructures qu’il faut, les communautés peuvent faire face aux catastrophes, a renchéri son homologue d’Israël.


La résilience englobe aussi la prévention des conflits, qui ont poussé, en 2012, quelque 28,8 millions de personnes à fuir leur maison, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré par l’Observatoire des situations de déplacement interne.


Conformément à l’approche de la résilience, les gouvernements et les acteurs de l’aide humanitaire et du développement sont appelés à mieux coopérer de manière à réduire et gérer le risque de crises, au lieu de réagir simplement à leur impact.


Le fossé entre les besoins et les ressources se creuse, a prévenu le représentant de l’Union européenne qui a prédit que cette tendance va continuer à cause de divers facteurs qui vont des changements climatiques à l’urbanisation rapide, en passant par la démographie galopante et la pression énergétique.  Il a donc jugé, à son tour, que le renforcement de la résilience doit être considéré comme une priorité et au niveau mondial, la suite à donner au Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015 sera essentielle.  Le Cadre d’action a pour titre « Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes ».


Plusieurs délégations ont plaidé pour que ce concept fasse dûment partie du programme de développement pour l’après-2015.  Avec d’autres délégations, dont celles de la Suisse et du Mexique, le représentant de l’Union européenne s’est aussi félicité de l’intention du Secrétaire général de convoquer, en 2016, à Istanbul, un Sommet mondial de l’action humanitaire.


À l’instar des représentants d’Israël et de la Fédération de Russie, les délégations ont mis en garde contre la politisation et la militarisation de l’action humanitaire.  Leur homologue de la Syrie a annoncé que son gouvernement avait pris des mesures pour assurer la mise en œuvre de la Déclaration présidentielle du Conseil de sécurité et autorisé l’ouverture, dans le pays, de trois bureaux des Nations Unies ainsi que l’acheminement de l’aide humanitaire par les points d’accès officiels. 


Le représentant du Bélarus a fait remarquer que la commémoration, en 2016, du trentième anniversaire de l’accident nucléaire de Tchernobyl coïncidera avec la fin du Plan d’action des Nations Unies.  Il a appelé les États Membres à réfléchir, dès maintenant, à l’élaboration d’un nouveau cadre de coopération internationale.


Les représentants de la Syrie et d’Israël ont exercé leur droit de réponse.


En début de séance, l’Assemblée générale a décidé de proroger jusqu’au 20 décembre la date de clôture de ses travaux.


L’Assemblée générale poursuivra ce débat demain, vendredi 13 décembre, à partir de 10 heures.



RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DES SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISATIONS DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE


Rapport du Secrétaire général sur la « sûreté et sécurité du personnel humanitaire et protection du personnel des Nations Unies » (A/68/489)


À l’heure actuelle, le système de gestion de la sécurité des Nations Unies dessert plus de 150 000 personnes disséminées dans 187 pays.  Quelque 30 000 membres du personnel sont en poste dans des villes sièges et plus de 120 000 dans d’autres lieux d’affectation. 


Le Secrétaire général indique que pendant les six premiers mois de 2013, des bâtiments de l’ONU ont été délibérément visés par deux attentats perpétrés par des extrémistes, l’un en Somalie et l’autre en Afghanistan.  Pendant ces six premiers mois, 15 membres du personnel ont été enlevés.  S’ils ont tous été relâchés, à l’exception d’un seul, 13 enlèvements se sont transformés en prises d’otages, dont une a duré deux mois.


Pendant toute l’année 2012, des incidents notables ont coûté la vie à 35 membres du personnel contre 70 en 2011.  La même année, c’est un total de 1 793 fonctionnaires qui ont été victimes d’incidents notables, 97% dans des lieux d’affectation hors Siège et 3% dans des villes sièges.  Ces incidents sont les actes de violence, les enlèvements, lesvols qualifiés, les effractions aux domiciles, les voies de fait, les actes d’intimidation, les harcèlements ou encore les accidents d’avion ou de la route.  Le personnel international a été victime de 35% des atteintes graves à la sécurité enregistrées et le personnel local de 65%.


Le Secrétaire général rappelle que le système de gestion de la sécurité repose sur le principe fondamental selon lequel la responsabilité de la sécurité et de la protection du personnel et des biens de l’Organisation incombe au premier chef au pays hôte.  Après l’entrée en vigueur, en avril 2012, de la politique sur les relations avec le pays hôte, le Département de la sûreté et de la sécurité s’est employé à renforcer la collaboration avec les États hôtes. 


En effet, l’ONU change de paradigme.  Il ne s’agit plus de se demander « quand partir », mais « comment rester » et l’un des principaux défis à relever est la nécessité de mettre en balance les risques de sécurité et les impératifs des programmes.


En 2012 sont entrées en vigueur les six nouvelles politiques que le Département a élaborées et qui touchent aux questions suivantes: sécurité des locaux; engins explosifs artisanaux; commissions d’enquête; formation et certification; manifestations spéciales organisées ou parrainées par des organismes du système de gestion de la sécurité des Nations Unies; et sécurité incendie et sociétés de sécurité privées armées.


En 2014, le Département prévoit de tester la version en ligne du modèle et des outils utilisés mais aussi de lancer un nouveau système de notification des incidents graves touchant à la sécurité.  L’ONU a ainsi été en mesure de mettre en place et d’utiliser un système de gestion de la sécurité très élaboré mais il reste beaucoup à faire pour améliorer la sécurité physique des locaux, reconnaît le Secrétaire général.


Rapport du Secrétaire général sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire fournie par les organismes des Nations Unies (A/68/84–E/2013/77)


Le rapport couvre la période qui va de juin 2012 à mai 2013.  Il indique que les besoins humanitaires exacerbés par les troubles civils, les violations des droits de l’homme et les conflits viennent rappeler le cadre d’intervention de plus en plus complexe et difficile dans lequel l’aide humanitaire doit être fournie et la nécessité d’une adhésion plus étroite aux principes humanitaires, de l’accès régulier aux populations touchées et d’une meilleure protection des civils.


Le nombre global de personnes déplacées du fait des conflits armés et de la violence généralisée était estimé à la fin de 2012 à 28,8 millions, en augmentation par rapport au nombre de 26,4 millions indiqué en 2011 et le chiffre le plus élevé jamais enregistré par l’Observatoire des situations de déplacement interne.  On estime à 2,1 millions le nombre de personnes déplacées qui ont été en mesure de rentrer chez elles en 2012; toutefois, environ 6,5 millions de personnes étaient nouvellement déplacées — près du double du nombre enregistré en 2011.


Quelque 17,7 millions de personnes déplacées bénéficiaient de la protection et/ou de l’aide du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à la fin de 2012.  Plus de 1,1 million de personnes sont devenues des réfugiés au cours de 2012, le nombre le plus élevé en plus d’une décennie.  Le nombre de réfugiés relevant du mandat du HCR s’élevait à 10,5 millions à la fin de 2012.


On a enregistré 310 catastrophes en 2012, qui ont coûté la vie à environ 9 300 personnes, touché 106 millions de personnes et causé plus de 138 milliards de dollars de dégâts.  La diminution sensible du nombre de personnes touchées par rapport à 2011 peut s’expliquer en partie par l’absence d’une « méga » catastrophe naturelle en 2012.


Malgré la diminution du nombre de morts et blessés, environ 32,4 millions de personnes dans 82 pays étaient nouvellement déplacées par les catastrophes naturelles, soit plus du double du chiffre de 2011.  C’était aussi la troisième année consécutive au cours de laquelle les pertes causées par les catastrophes économiques dépassaient les 100 milliards de dollars.


En 2012, au moins 100 pays, ainsi que des organisations du secteur privé et des particuliers, ont contribué au total 12,7 milliards de dollars pour le financement au sein et en dehors de la procédure d’appel global.  Ce chiffre traduit, par rapport aux années précédentes, une baisse globale qui peut s’expliquer par l’absence d’une « méga » catastrophe naturelle.  Le financement par le biais de la procédure d’appel global en termes absolus et en proportion des besoins consolidés d’appel global était similaire à celui de 2011: un montant de 5,6 milliards de dollars financé sur les 8,9 milliards de dollars demandés (63%) au cours des deux années.


L’environnement de travail des organisations humanitaires a considérablement évolué: les organisations humanitaires ont opéré un important changement de perspective en reconnaissant le rôle accru des gouvernements touchés, des armées, des communautés locales, des organisations régionales et des pays voisins.  Le nombre d’ONG intervenant dans ces situations a aussi augmenté.


Ces changements exigent du système humanitaire international qu’il continue d’adapter les approches actuelles en vue de mieux coopérer avec tous ces acteurs.  Le défi n’est pas de faire simplement quelque chose de nouveau, mais de tirer les enseignements des expériences passées et de les appliquer de manière à améliorer l’efficacité.


Il faudra investir davantage dans la recherche et le développement en vue d’adapter les idées et les technologies à des buts humanitaires.  Les gouvernements, les acteurs de l’aide humanitaire et du développement doivent aussi mieux coopérer de manière à réduire et gérer le risque de crises, au lieu de réagir simplement à leur impact, conformément à l’approche axée sur la « résilience ».  Cette résilience englobe la réduction des risques de catastrophe; la gestion des risques environnementaux, le redressement rapide et la prévention des conflits.  Mais, reconnaît le Secrétaire général, les méthodes d’action des communautés de l’action humanitaire et du développement ne sont pas souvent suffisamment coordonnées.


En conséquence, les analyses des risques et de la vulnérabilité doivent être plus étroitement intégrées aux niveaux stratégique et opérationnel et les processus de planification doivent être plus étroitement liés à des objectifs communs pour gérer le risque de crise.  En outre, une attention plus grande doit être portée au renforcement des capacités des administrations nationales et infranationales et des communautés de faire face aux risques.  Enfin, il faut renforcer l’investissement dans la gestion des risques en utilisant plusieurs canaux de financement: ressources nationales, ressources de développement et aides humanitaires.


Pour partager les connaissances et les meilleures pratiques, le Secrétaire général a appelé à la tenue d’un Sommet mondial sur l’action humanitaire en 2015.


Rapport du Secrétaire général sur le Fonds central pour les interventions d’urgence (A/68/87)


Dans ce rapport, le Secrétaire général indique que pendant l’exercice allant du 1er janvier au 31 décembre 2012, la Coordonnatrice des secours d’urgence a alloué 485 millions de dollars du Fonds central pour les interventions d’urgence, un montant record, afin de mener à bien des activités urgentes d’importance vitale dans 49 pays et territoires.


Il précise que 15 institutions humanitaires ont reçu des dotations directes du Fonds pour faire face aux crises qui ont éclaté dans le monde.  Depuis l’adoption de la résolution 66/119 par l’Assemblée générale en décembre 2011, la composante prêts du Fonds a été ramenée de 50 à 30 millions de dollars et le solde, au-delà de cette somme (intérêts inclus), a été affecté à la composante subventions en janvier 2012. 


Au cours de la période considérée, le Fonds a totalisé pour plus de 427,6 millions de dollars d’annonces de contributions et de contributions provenant de 75 États Membres, un gouvernement régional et 3 donateurs privés.  Le secrétariat du Fonds continue de réaliser des progrès importants dans l’application du plan d’action qu’il avait élaboré pour donner suite à l’évaluation quinquennale indépendante de ses activités.



Rapport du Secrétaire général sur la coopération internationale en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles: de la phase des secours à celle de l’aide au développement (A/68/89)


Dans ce rapport, le Secrétaire général revient sur l’approche de la résilience.  Il prie instamment les États Membres, l’ONU et les organisations humanitaires et de développement d’inscrire la gestion des risques et le renforcement de la résilience face aux catastrophes au programme de développement de l’après-2015 et de favoriser la complémentarité et la cohérence de ce programme et du plan-cadre de réduction des risques de catastrophe de l’après-2015.


Rapport du Secrétaire général sur l’assistance au peuple palestinien (A/68/76–E/2013/65)


Ce rapport, qui porte sur la période allant de mai 2012 à avril 2013, contient une évaluation de l’assistance reçue par le peuple palestinien, des besoins restant à satisfaire et des propositions pour y répondre.  Il y est rendu compte des efforts déployés par les organismes des Nations Unies, en coopération avec l’Autorité palestinienne, les donateurs et la société civile, pour venir en aide à la population et aux institutions palestiniennes.


Le Secrétaire général indique que pendant la période considérée, l’Autorité palestinienne a poursuivi la mise en œuvre de son plan national de développement pour 2011-2013.  L’ONU a accru son appui à ces efforts par l’intermédiaire de son plan d’intervention à moyen terme et de sa collaboration avec l’Autorité palestinienne pour élaborer un plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement.  L’accent est mis sur six domaines stratégiques, à savoir la gouvernance, les droits de l’homme et l’état de droit; l’éducation et la culture; les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et l’emploi; les services médicaux; la protection sociale; et les infrastructures, l’eau et l’assainissement.


Le Secrétaire général fait savoir que l’ONU s’est engagée au titre des programmes de développement en cours ou planifiés dans l’État de Palestine pour plus de 2,9 milliards de dollars, dont le financement à hauteur de 1,2 milliard était assuré en avril 2012.  Cela vient en complément de la programmation humanitaire associée à l’appel global pour 2013 sollicitant un montant de 401,6 millions de dollars.


Malgré de modestes améliorations, le taux élevé de chômage et l’insécurité alimentaire persistant à Gaza, l’intensification des démolitions, le maintien du bouclage et les restrictions imposées à la libre circulation des personnes et des biens entravent la réalisation de progrès durables, dénonce le Secrétaire général.


Rapport du Secrétaire général sur la recherche d’une efficacité optimale dans l’action internationale entreprise pour étudier et atténuer le plus possible les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl (A/68/498)


Ce rapport présente les activités entreprises par les fonds, les programmes et les institutions spécialisées des Nations Unies pour promouvoir le relèvement des régions touchées par la catastrophe de Tchernobyl.  Il souligne l’importance de la coopération interinstitutions qui s’est mise en place, décrit le rôle du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui assure la coordination des activités interinstitutions menées dans le cadre de la Décennie du relèvement et du développement durable des régions touchées (2006-2016), et met en exergue la volonté de l’ONU de continuer de répondre aux besoins des populations touchées.


Le Secrétaire général précise par ailleurs que le Plan d’action des Nations Unies pour Tchernobyl à l’horizon 2016 touchant pratiquement à sa fin, le PNUD, en tant que chef de file des activités qui s’y rapportent, s’est dit prêt, au cours des années qui restent, à ouvrir le dialogue avec les organismes compétents des Nations Unies et les États Membres en vue de définir l’avenir de la coopération interinstitutions, que ce soit pour Tchernobyl ou d’autres catastrophes provoquées par l’homme.


Le trentième anniversaire de l’accident de Tchernobyl, qui coïncide avec la fin du Plan d’action des Nations Unies pourrait être l’occasion d’entamer une réflexion sur les résultats obtenus et d’achever l’institutionnalisation des pratiques de gestion des conséquences humaines des catastrophes nucléaires.


AIDE AU SURVIVANTS DU GÉNOCIDE DE 1994 AU RWANDA, EN PARTICULIER AUX ORPHELINS, AUX VEUVES ET AUX VICTIMES DE VIOLENCE SEXUELLE


Rapport du Secrétaire général sur la question (A/68/497)


Dans ce rapport, le Secrétaire général souligne que le Rwanda a accompli des progrès remarquables dans la promotion de la paix et de la stabilité depuis 1994, comme en témoigne l’amélioration des résultats économiques.


Cependant, le pays continue de se heurter à des difficultés pour préserver ses acquis et atteindre tous les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015 dont le Gouvernement rwandais a fait une priorité.  Il s’efforce d’ailleurs de rendre l’aide plus efficace et d’améliorer la coordination parmi les partenaires du développement.


Après que le Rwanda a été choisi en 2007 comme l’un des huit pays pilotes pour l’initiative « Unis dans l’action », le deuxième Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement a été mis en œuvre, ce qui a permis à l’Organisation de renforcer l’appui qu’il offre au Rwanda et de mener une action à la fois plus cohérente et plus efficace.  Une nouvelle initiative, le Plan d’aide au développement des Nations Unis pour la période 2013-2018, a été approuvée par le Gouvernement rwandais et l’équipe de pays des Nations Unies et alignée sur la deuxième stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté, qui couvre la même période.


Dans le cadre du système des Nations Unies, l’aide aux survivants du génocide vise, entre autres, à améliorer l’accès à une justice de haute qualité pour tous et à des programmes de protection des témoins.  Le Secrétaire général juge qu’il faut aider Commission nationale de lutte contre le génocide, dépositaire des textes des jugements des gacaca, à établir un système de classement numérisé afin que ces dossiers puissent être consultés ultérieurement.


Il sera également indispensable d’apporter un appui à l’Unité de recherche des fugitifs du génocide rwandais relevant du Ministère de la justice, ainsi qu’à la Chambre spéciale pour les crimes contre l’humanité.


Déclarations


M. CLAUS SØRENSEN, Union européenne, a constaté que cette année encore, la communauté humanitaire avait dû travailler dans des circonstances particulièrement difficiles, et a rappelé que trois crises: la Syrie, le cyclone Haiyan aux Philippines et maintenant la République centrafricaine avaient été déclarées « niveau-3 », alors que plusieurs autres urgences complexes étaient venues s’ajouter à celles qui existent déjà et aux crises chroniques.  Les besoins humanitaires sont encore plus importants et le fossé entre les besoins et les ressources se creuse, s’est alarmé le représentant.  Or, a-t-il prévenu, cette tendance va continuer à cause de divers facteurs qui vont des changements climatiques à l’urbanisation rapide, en passant par la démographie galopante et la pression énergétique. 


Le système humanitaire international est désormais surexploité, a-t-il dit, avant d’exprimer la conviction de l’Union européenne que, malgré tous les efforts déjà consentis, il existe encore une marge pour améliorer ensemble l’efficacité du système.  Il a demandé que l’on poursuivre la mise en œuvre du « programme de transformation » du Groupe de travail du Comité permanent interorganisations (IASC), en mettant l’accent sur une meilleure gestion de l’information et des efforts communs de plaidoyer.  L’Union européenne veut voir des équipes humanitaires fortes et dotées d’une vision, ainsi que des évaluations conjointes et coordonnées des besoins.  Le processus de décision humanitaire, a insisté le représentant, doit pouvoir se fonder sur des données fiables, sur des faits et une analyse solide de la réaction.  Il est également important d’encourager des réponses ciblées intégrant les besoins spécifiques des différents groupes vulnérables.


Il ne faut pas seulement améliorer le système, a estimé le représentant.  Il faut aussi l’adapter à un monde en mutation.  Il s’est félicité de l’engagement du Secrétaire général à rendre le système humanitaire actuel plus efficace.  Il a souhaité que le Sommet mondial de 2015 y contribuera, ajoutant que les consultations préalables devraient être les plus inclusives possibles et s’assurer de la participation des populations affectées, de la société civile et du secteur privé.


L’Union européenne, a-t-il poursuivi, considère comme une priorité le renforcement de la résilience.  Il a souligné que les politiques de réduction des risques de catastrophe, y compris de préparation, relèvent d’abord de la souveraineté des États, appuyés par la communauté internationale et les partenaires humanitaires, a déclaré le représentant, qui a rappelé que, si la croissance économique pouvait aider à prévenir les catastrophes, d’autres facteurs tels que la bonne gouvernance et l’état de droit étaient également des facteurs importants.  Au niveau mondial, le travail à venir sur la suite à donner au Cadre de Hyogo après 2015 sera essentiel à cet égard, a estimé le représentant.


M. Sorensen s’est attardé sur la situation en Syrie pour dénoncer les obstacles imposés aux agents humanitaires et les attaques dont ils sont victimes.  L’Union européenne invite vivement toutes les parties à ces conflits à garantir un accès rapide et sans entrave.  Tout refus représenterait une violation du droit international humanitaire, a ajouté le représentant, qui a prôné un meilleur établissement des responsabilités individuelles dans le cas de telles violations, qu’il a fermement condamnées.   Il a conclu en rappelant que l’Union européenne reste le plus gros donateur humanitaire au monde, ajoutant que, même au cœur de la crise financière, cet engagement humanitaire est resté intact.


Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. DATO PADUKA ABDUL GHAFAR ISMAIL (Brunéi-Darussalam) a indiqué que sa région avait accompli de grands progrès en matière de réduction des vulnérabilités et de coopération régionale pour une réponse efficace aux catastrophes, depuis la signature, il y a quatre ans, de l’Accord sur la gestion des catastrophes et les réponses d’urgence.  Il a mentionné les projets mis en œuvre, notamment pour l’évaluation des risques, l’alerte précoce, la prévention, l’atténuation et le rétablissement.  Il s’est félicité en particulier de la mise en route du Centre de coordination de l’ASEAN pour l’assistance en matière de gestion des catastrophes.  Ce Centre vient de jouer un rôle important, en fournissant des informations sur le typhon Haiyan.  Le Centre a envoyé une équipe sur le terrain avant l’arrivée du typhon pour mettre en place des moyens de communication à Tacloban et surveiller la situation, avant de fournir des générateurs et autres matériel de secours.  Ce Centre a également répondu à sept catastrophes importantes dans la région, au cours de l’année écoulée.


Le représentant s’est félicité que l’initiative d’assistance humanitaire et de secours en cas de catastrophe de l’ASEAN prenne de l’ampleur.  Il a assuré que l’ASEAN était prête à travailler avec des partenaires extérieurs.  La région a mené des exercices afin d’améliorer son niveau de préparation et ses capacités, a-t-il ajouté.  Il a estimé que, pour sa région, la réduction des risques de catastrophes est une part intégrante du développement durable en ce qu’elle permet de conserver les acquis.  Il a dès lors demandé l’intégration de la notion dans le programme de développement pour l’après-2015.  Ces efforts peuvent apporter beaucoup à tous les niveaux de la société, notamment aux jeunes, aux femmes et aux personnes handicapées, a-t-il fait remarquer, avant d’encourager ces personnes à participer aux débats sur les futurs cadres de réduction des risques.  Il a appelé à la cohérence entre les discussions post-2015 du Cadre de Hyogo, les objectifs de développement durable et le programme de développement pour l’après-2015.


M. VALENTIN RYBAKOV (Bélarus) a parlé de la coopération internationale visant à limiter les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, rappelant que l’on en commémorera le trentième anniversaire dans 866 jours.  Il a affirmé que son pays a consacré depuis 1991 près de 20 milliards de dollars aux suites de cette catastrophe.  Il a rappelé que le Bélarus a adopté une stratégie pour les régions affectées, qui s’articule autour du potentiel économique, y compris l’introduction de technologies avancées dans les domaines agricole et des forêts.


Malgré tout, la question de Tchernobyl restera à l’ordre du jour, a déclaré M. Rybakov, qui a dit apprécier la contribution de la communauté internationale, et notamment des Nations Unies, pour la réhabilitation des régions affectées.  La proclamation par l’Assemblée générale de la Décennie du relèvement et du développement durable des régions touchées et le Plan d’action pour Tchernobyl ont démontré la solidarité des Nations Unies, a-t-il ajouté, en citant notamment le rôle du PNUD, qui assure la coordination des agences onusiennes.  Il a également fait remarquer que la trentième anniversaire de l’accident nucléaire coïncidera avec la fin du Plan d’action, ce qui signifie qu’il faut d’ici à 2016 décider de la manière dont la coopération internationale se poursuivra.  Le Bélarus propose donc de réfléchir dès maintenant sur un nouveau cadre de coopération internationale et, à cette fin, il a pris l’initiative d’organiser une manifestation spéciale en 2014.  M. Rybakov y a souhaité une participation active de tous les partenaires: États Membres et agences de l’ONU.


Après avoir salué et remercié l’ensemble de la communauté internationale de son appui financier au peuple palestinien, M. RIYAD MANSOUR, Observateur permanent de l’État de Palestine, a indiqué que la volonté et les efforts de la communauté internationale ont été sapés par l’occupation israélienne, rendant ainsi irréalisables la stabilité économique et le développement durable du territoire occupé.  Depuis 1967, l’économie palestinienne a été prise en otage par Israël qui a constamment refusé aux Palestiniens l’accès aux ressources et aux moyens.  Ceci a eu pour conséquence de détériorer les conditions de vie du peuple palestinien qui souffre depuis 46 ans d’une occupation devant laquelle la communauté

internationale reste impuissante.  Par conséquent, Israël se considère comme étant au-dessus de la loi et persiste dans les violations du droit international et de la Charte des Nations Unies.  Ces violations ont fait que les Palestiniens sont privés de 40% des terres en Cisjordanie et de 82% des ressources en eaux, a constaté l’observateur. 


Mais en dépit de cette situation et avec l’appui de la communauté internationale, « nous avons développé des institutions, formulé des politiques conduisant à des réalisations significatives en matière économique et sociale et mis en place un plan national pour la réforme et le développement », a ajouté M. Mansour qui a révélé que selon une étude récente de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) est passé de 6% à 10% entre 2010 et 2011.  Mais, a prévenu l’observateur, le taux de chômage a augmenté à 28% aggravant ainsi la pauvreté. 


Les problèmes structurels ont été exacerbés par les restrictions multiples imposées par Israël: 540 000 colons vivent dans 150 colonies.  Le nombre des barrages militaires israéliens et autres obstacles au déplacement a augmenté, conduisant à l’isolement des Palestiniens dans des « bantoustans » éloignés des marchés nationaux et internationaux.


Le secteur industriel souffre de la flambée des prix à la location ou à l’achat, sans compter la faiblesse des infrastructures.  À Gaza, les exploitants agricoles n’ont pas accès à 35% des terres.  Les secteurs de la télécommunication et de la technologie constituent un autre exemple de l’impact de l’occupation israélienne sur l’économie palestinienne, a dit l’observateur, une occupation qui empêche les opérateurs de téléphonie mobile de planter leurs antennes dans plus de 65% du Territoire occupé.  Toujours à Gaza, le produit intérieur brut a chuté de 40%.


La pauvreté et le chômage, en particulier parmi les jeunes, mettent le Gouvernement dans une situation délicate qui voit 1,5 million de Palestiniens confrontés à l’insécurité alimentaire.  En 2013, le taux de pauvreté devrait dépasser de 18% les 2 % annoncés si aucune aide n’est offerte.  La dette privée du Gouvernement étant de 570 millions de dollars, le Gouvernement accusera un déficit de 700 millions de dollars, à la fin de cette année.  Avant de conclure, il a cité Nelson Mandela qui disait: la liberté du peuple sud-africain ne sera complète que lorsque le peuple palestinien sera libéré.


M. LIU JIEYI (Chine) a relevé que l’année 2013 avait été une année record en termes de demande d’aide humanitaire.  Il a dénoncé le fait que les pays en développement reçoivent une aide humanitaire insuffisante et a appelé l’ONU et ses partenaires à renforcer la coordination et la coopération entre les acteurs humanitaires afin d’améliorer l’efficacité de l’aide et la rapidité du temps de réaction.  Il a aussi insisté sur l’importance d’éviter la politisation et la militarisation de l’aide humanitaire et a appelé au renforcement des capacités grâce au transfert de technologies.  Il a insisté pour que la communauté internationale renforce l’aide technique et financière aux pays en développement afin de les aider à renforcer leur capacité de gestion et de prévention des catastrophes.


Il faut s’attaquer aux racines des crises humanitaires, a-t-il dit, en se félicitant de l’intention du Secrétaire général de convoquer un Sommet mondial sur l’action humanitaire.  Le représentant a passé en revue plusieurs des mesures lancées dans son pays pour faire face aux catastrophes.  Trente symposiums ont été organisés sur la prévention et la préparation.  Une « réforme radicale » du système de prévention des catastrophes est également prévue.  La Chine accorde par ailleurs une aide technique à plusieurs pays au monde, comme en témoignent les médecins et les hôpitaux de campagne qu’elle a déployés après le passage du typhon Haiyan aux Philippines.


M. DMITRY I. MAKSIMYCHEV(Fédération de Russie) a appelé à une coordination de la communauté internationale face aux catastrophes humanitaires, d’origine naturelle ou humaine.  Il a rappelé que les principes de l’assistance humanitaire sont régis par la résolution 46/182 de l’Assemblée générale et s’est prononcé pour leur strict respect, y compris celui de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États.  Il a dénoncé la manipulation de l’aide humanitaire à des fins politiques, notamment en ce qui concerne les conflits armés.  De tels actes ne font qu’aggraver les souffrances de la population, et la situation en général, a-t-il fait observer.


Le représentant s’est félicité de l’organisation prochaine d’un Sommet mondial de l’action humanitaire, en répétant qu’il devrait réaffirmer les principes de la résolution 46/182.  La préparation du Sommet doit se faire de manière ouverte, a-t-il ajouté.  Il a souhaité un renforcement du potentiel humanitaire à l’échelon  national et local, appelant notamment au renforcement des systèmes d’alerte précoce et de préparation aux catastrophes.  Il a énuméré les pays qui ont bénéficié cette année de l’aide humanitaire de son pays pour un montant total de 45 millions de dollars.  Faisant observer que les opérations d’urgence des Nations Unies utilisaient souvent des moyens militaires, il a jugé essentiel de conserver le caractère civil de l’aide humanitaire et de n’utiliser les moyens militaires qu’en dernier recours.  La coordination de l’aide doit revenir à des organismes civils, a-t-il insisté.  Le représentant a remercié les différentes organisations et agences qui continuent de lutter contre les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, tout en rappelant le rôle joué par le Ministère russe de l’action d’urgence (EMERCOM).


M. DAVID ROET (Israël) a dit que 2013 a été une année de tragédies du point de vue humanitaire.  Trop de personnes ont souffert dans le monde, a-t-il ajouté mais paraphrasant le Dalaï Lama, il a dit: quelles que soient la difficulté et la douleur de l’expérience, la vraie catastrophe est la perte de l’espoir.  Le représentant a invoqué la « loi juive » pour expliquer la présence en première ligne de son pays lors des crises humanitaires.  Il a reconnu l’importance de l’innovation et des technologies mais s’est attardé sur le système de purification d’eau que son pays a installé aux Philippines pour dire son attachement à l’approche de la résilience.  Avec les capacités renforcées et les infrastructures qu’il faut, les communautés peuvent faire face aux catastrophes.


L’obstacle à la bonne volonté est la politisation, a prévenu le représentant, en dénonçant « une délégation » qui a choisi de se concentrer sur les accusations politiques contre Israël plutôt que sur les nombreux efforts humanitaires de ce dernier.  Israël, a-t-il dit, a un réel intérêt dans le bien-être de ses voisins, comme en témoignent les biens et les matériaux de construction qu’il achemine à Gaza.  Mais, a-t-il dénoncé, comme tout remerciement, ces efforts ont été accueillis par des bombes, des attaques et des plans hostiles dont le tunnel de 2 km construit par le Hamas et qui vient d’être découvert.


Les tonnes de ciment qui ont servi à construire ce tunnel auraient pu servir, a estimé le représentant, à ériger des écoles et des hôpitaux.  Mon pays, a conclu le représentant, est attaché aux pourparlers avec les Palestiniens, conscient que les deux parties doivent faire face des « concessions douloureuses ».   Appelant la communauté internationale à résister à la tentation d’oublier les efforts humanitaires d’Israël, il a demandé aux Palestiniens de promouvoir une culture de la paix.


M. BASHAR JA’AFARI(République arabe syrienne) a indiqué que la crise humanitaire qui sévit dans son pays est le fait d’un complot « externe expansionniste flagrant », dont les auteurs, a-t-il accusé, ont falsifié les préceptes de l’Islam dans le but d’inciter des jeunes à mettre en péril la sécurité du pays.  Il a dénoncé la vague de destructions apportée par des groupes terroristes externes appuyés, a-t-il affirmé, par des pays voisins.  Ces groupes, qui sont appuyés par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, prennent pour cible les convois d’aide humanitaire, s’est-il insurgé.  Alors que ces régimes déplorent la situation humanitaire des Syriens et proposent des projets de résolution qui invitent les États Membres à prendre le Gouvernement syrien pour ennemi, ils continuent de refuser de financer les activités humanitaires de l’ONU mais de dépenser des milliards pour armer les groupuscules terroristes, a dénoncé la délégation syrienne. 


Le représentant a accusé les militants Takfiri qui, a-t-il affirmé, sont financés par ces pays, d’avoir déjà « égorgé » de nombreux civils à Homs et ailleurs depuis le début de la semaine.  Il a cité un article publié le 8 décembre dans la revue The Independent pour appuyer ses dires.  Le représentant a dénoncé le fait que pour la première fois dans l’histoire de l’Islam, les Syriens se sont vus empêcher d’accomplir leur pèlerinage du Hajj.  Il a aussi dénoncé les mesures coercitives unilatérales qui ont été imposées à son pays par les États-Unis et la Ligue des États arabes, précisant que cela avait provoqué une détérioration de l’état sanitaire du pays et la réapparition de maladies telles que la poliomyélite.  Pour le représentant, la crise humanitaire syrienne a été fabriquée à des fins politiques dans le but de diaboliser le Gouvernement syrien.


Il a assuré que son gouvernement continue de coordonner ses activités avec l’OCHA et a annoncé que des mesures ont été prises pour assurer la mise en œuvre de la déclaration présidentielle que le Conseil de sécurité a publiée le 2 octobre.  L’ouverture dans le pays de trois bureaux des Nations Unies a été acceptée et le Gouvernement a autorisé l’acheminement de l’aide humanitaire par les points d’accès officiels, et aussi vers la ville d’Al-Hasakah, a-t-il précisé.  Le Gouvernement syrien procède par ailleurs à l’élaboration du plan des besoins humanitaires pour 2014, a aussi annoncé le représentant en s’inquiétant des problèmes de financement.


M. BRUNO FIGUEORA FISCHER (Mexique) a salué le travail fondamental d’OCHA.  Estimant que le dispositif mis en place il y a 22 ans avait évolué de manière extraordinaire, il a convenu avec le Secrétaire général que ce système a besoin d’innovations.  Un système efficace exige un accord sur un certain nombre de caractéristiques, a expliqué M. Fischer, qui a estimé que le Sommet mondial sera une excellente occasion de faire le point.  Il a fait observer qu’on parle dans de nombreux forums de l’évolution de l’assistance humanitaire en mettant trop l’accent sur les aspects financiers.  Toutefois, a-t-il ajouté, les apports à l’action humanitaire ne sont ni uniquement ni même principalement financières.  Le Mexique, s’est-il expliqué, prône une approche qui accorde de l’importance au partage des pratiques exemplaires.  L’Amérique latine et les Caraïbes ont d’ailleurs mis en place une coopération régionale qui cherche à construire un espace humanitaire cohérent, coordonné et adapté aux besoins. 


La différence entre une intervention efficace et opportune et une intervention tardive et mal adaptée réside souvent dans la connaissance des réalités et des besoins locaux, a fait observer le représentant, qui a estimé qu’une intervention serait d’autant plus efficace qu’elle sera appuyée par les autorités et les différents acteurs locaux.  M. Fischer a expliqué que le Gouvernement mexicain se concentrait sur des actions de préparation et de prévention des catastrophes, utilisant technologie et systèmes d’alerte précoce avec l’appui des populations locales, et en association stratégique avec le secteur privé et la communauté scientifique.  Les situations d’urgence humanitaire exigent des solutions fondées sur une meilleure organisation et la communauté internationale peut améliorer ses capacités, a conclu M. Fischer.


M. RAJA REZA BIN RAJA ZAIB SHAH(Malaisie) s’est félicité des progrès réalisés depuis l’adoption de la résolution 46/182 de décembre 1991 et a souligné la nécessité de renforcer la capacité de réponse, ainsi que de développer un système humanitaire plus inclusif.  Il a parlé des efforts menés par son pays pour renforcer ses propres capacités et a encouragé les États Membres à travailler étroitement avec le secteur privé, les institutions nationales, le monde universitaire et les ONG.   Dans le rapport du Secrétaire général sur le Fonds central pour les interventions d'urgence, M. Raja Zaib Shaha noté que le Coordonnateur des secours d’urgence avait alloué des fonds à 49 pays et territoires, ce qui représente le montant le plus élevé dans toute l’histoire du Fonds.  Il a aussi relevé les 19 recommandations formulées dans le rapport afin que les différents intervenants humanitaires améliorent leur efficacité, leur coordination et l’utilisation du Fonds. 


En ce qui concerne le rapport du Secrétaire général sur l’assistance au peuple palestinien, il s’est inquiété de la baisse du budget de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), ce qui affecte la capacité de cette agence de mener à bien sa mission.  Il a indiqué que la Malaisie avait contribué au budget de l’UNRWA à hauteur de 1,2 million de dollars en 2012 et qu’elle abrite l’un des centres du réseau d’entrepôt de fournitures humanitaires des Nations Unies auquel il contribue chaque année à hauteur de 1 million de dollars.   


M. PAUL SEGER(Suisse) a dit partager l’analyse et les recommandations du rapport du Secrétaire général.  Concernant la gestion des risques et la réduction des vulnérabilités, le représentant a rappelé que le typhon Haiyan avait montré qu’une grande solidarité internationale était nécessaire face à de telles catastrophes, Toutefois, a-t-il ajouté, l’action préventive permet d’en limiter l’impact sur les populations: la prévention paie car elle permet de sauver des vies et offre une meilleure utilisation des ressources économiques.  Et pourtant, a regretté le représentant, les ressources consacrées à la préparation et la prévention des catastrophes restent insuffisantes.  Il a rappelé que la prévention suppose un vrai leadership politique et que des partenariats sont indispensables, y compris avec des bailleurs non traditionnels comme le secteur privé. Enfin, a-t-il ajouté, l’aide humanitaire et l’aide au développement doivent aller de pair pour renforcer la résilience des communautés.


Le représentant a rappelé que l’accès rapide et sans entrave aux victimes constitue un fondement de l’aide humanitaire.  Il est donc primordial que les acteurs humanitaires puissent discuter avec toutes les parties en conflit pour accéder à tous ceux qui en ont besoin, a déclaré le représentant, pour qui les mesures de lutte contre le terrorisme ne doivent pas entraver l’accès humanitaire.  Il s’est dit très préoccupé par le nombre d’attaques contre le personnel humanitaire, et notamment contre le personnel médical et ses installations.  Il a estimé que l’action humanitaire ne devrait jamais être imposée par la force, ajoutant qu’il fallait établir une distinction claire entre l’action humanitaire et l’action militaire.   Il a salué le projet du sommet mondial sur l’action humanitaire et a jugé déterminant le processus de préparation de la rencontre.  Il a jugé crucial de mobiliser à cette fin les principaux pôles d’expertise humanitaire: États Membres, populations affectées, organisations internationales, ONG, Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, experts, monde universitaire et secteur privé.


M. CHAYAPAN BAMRUNGPHONG (Thaïlande) a, à l’instar du Secrétaire général, estimé que la gestion des risques et le renforcement de la résilience des communautés doivent figurer dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a annoncé que la Thaïlande et la Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes (SIPC) accueilleront, en juin 2014, la sixième Conférence ministérielle régionale sur la réduction du risque de catastrophes pour débattre du Cadre d’action de Hyogo post-2015.


M. Bamrungphong s’est inquiété de la baisse notable dans le financement de l’aide humanitaire alors que depuis 2011, la Thaïlande a triplé ses contributions annuelles pour atteindre un million de dollars, le mois dernier.  Le Gouvernement thaïlandais a versé une première tranche de 200 000 dollars pour l’aide aux Philippines.  La Thaïlande a également décidé de maintenir à 20 000 dollars sa contribution au Fonds central pour les interventions d’urgence, a dit le représentant, en insistant sur le rôle accru de la société civile et du secteur privé, dans l’aide humanitaire.  En juin 2014, a-t-il dit, la Thaïlande accueillera un séminaire sur le renforcement de la résilience de la chaîne logistique de la région de l’ASEAN.


M. MASOOD KHAN (Pakistan) a souligné que l’Asie avait été le continent le plus frappé par les catastrophes naturelles, cette année.  Il a parlé des pertes en vies humaines et des dégâts subis par les Philippines, un pays confronté à des défis de reconstruction gigantesques.  Les catastrophes naturelles, a-t-il insisté, sont parmi les principaux obstacles au développement.  Il est donc urgent d’intensifier les efforts de préparation et de mieux comprendre les effets des changements climatiques.  Au Pakistan, la tâche « gigantesque » de la reconstruction n’aurait pas été possible sans l’aide internationale, a dit le représentant.  Un des enseignements tirés est, a-t-il dit, la nécessité d’établir la confiance entre les donateurs, les acteurs humanitaires et les États touchés.  La sûreté et la sécurité des agents humanitaires doivent en outre être assurées, a-t-il ajouté, en disant apprécier les efforts d’innovation, dont les outils d’évaluation développés par OCHA.  À son tour, il a rejeté toute politisation de l’aide humanitaire.  Il a aussi prévenu que son pays craint l’arrivée de nouveaux réfugiés afghans après le départ de la Force internationale. 


Mme PHILIPPA JANE KING(Australie) a souhaité que le système des Nations Unies offre une assistance bien coordonnée à la population des Philippines.  Elle a en outre rappelé que la moitié de la population de la République centrafricaine avait elle aussi besoin d’assistance tout comme quelque 9,3 millions de personnes en Syrie.  Elle a rappelé l’action de son pays au Conseil de sécurité pour tenter d’obtenir la levée des obstacles à l’assistance humanitaire en Syrie.  Elle a insisté sur le fait que l’accès humanitaire ne devrait jamais être refusé de manière arbitraire et s’est dite heureuse que la résolution qui doit être adoptée demain reconnaisse la protection des populations concernées et du personnel humanitaire comme des éléments essentiels de l’assistance.  Elle a dénoncé les violences sexuelles en période de conflit et a mis l’accent sur les besoins spécifiques des personnes handicapées.


Il est essentiel de continuer à améliorer le système de l’assistance humanitaire et de mettre l’accent sur la réduction des risques, a déclaré la représentante, qui a demandé des efforts pour assurer la poursuite des dispositions du Cadre de Hyogo pour l’après-2015.  Elle a également estimé que le Sommet mondial sera un moment important pour faire le point.


Droit de réponse


La représentante de la Syrie a souligné qu’Israël est une puissance occupante dont les activités font l’objet de nombreuses résolutions des Nations Unies.  Ce que cette délégation a dit au sujet de l’acheminement de l’aide en Syrie est un tissu de mensonges, à l’exception de l’aide apportée aux groupes terroristes, a-t-elle accusé.  Il aurait été plus approprié pour Israël de cesser ses activités terroristes dans les territoires occupés, avant de se prononcer sur la situation en Syrie.


Il est temps que la Syrie entende certaines vérités, a réagi le représentant d’Israël, pour qui « il ne faut pas être Sherlock Holmes » pour se rendre compte que le Gouvernement syrien est responsable de la mort de 220 000 personnes et qu’il utilise des armes chimiques contre son propre peuple.  Il a accusé les autorités syriennes de tenter d’affamer les membres de l’opposition pour briser leur volonté de se battre.  Il les a aussi accusées de bloquer l’accès de centaines de milliers de leurs compatriotes à l’aide humanitaire.


À ces « faux-semblants et mensonges », la représentante de la Syrie a répondu en disant voir des larmes de crocodile pour le peuple syrien.  Elle a dénoncé la situation dans le Golan syrien qui, a–t-elle rappelé, est occupé depuis 40 ans.  La représentante a réclamé la pleine mise en œuvre de toutes les résolutions adoptées en la matière.


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