4/12/2013
Assemblée générale
AG/11462

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Assemblée générale                                        

Soixante-huitième session                                  

59e séance plénière - matin


L’ASSEMBLÉE RETIRE LA GUINÉE ÉQUATORIALE ET LE VANUATU DE LA CATÉGORIE DES PAYS LES MOINS AVANCÉS (PMA)

ET POURSUIT L’EXAMEN DE LA REVITALISATION DE SES TRAVAUX


L’Assemblée générale a retiré, aujourd’hui, la Guinée équatoriale et le Vanuatu de la catégorie des pays les moins avancés (PMA).  Elle a aussi discuté de la revitalisation de ses travaux, après avoir adopté trois résolutions recommandées par sa Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires.


L’Assemblée a pris acte* de la décision du Conseil économique et social (ECOSOC) tendant à ce que la Guinée équatoriale et le Vanuatu soient retirés de la catégorie des PMA et a décidé de ménager pour la première, à titre exceptionnel, une nouvelle période préparatoire de six mois avant le début de la période préparatoire de trois ans conduisant à son retrait, et pour le second, une période d’un an.  En attendant, elle a invité ces deux pays à élaborer une stratégie nationale de transition sans heurt, avec l’aide des organismes des Nations Unies et en collaboration avec leurs partenaires commerciaux et de développement bilatéraux et multilatéraux.


Au nombre de 49, les PMA sont caractérisés par un revenu moyen par habitant de moins de 700 dollars, la faiblesse de leurs capacités humaines et une grande vulnérabilité économique.  Un PMA est candidat à la gradation –retrait de la catégorie- lorsque le revenu moyen par habitant dépasse les 900 dollars.


Le représentant de la Guinée équatoriale est revenu aujourd’hui sur la réticence des PMA à sortir de cette catégorie.  Il a invoqué leur absence dans les grandes décisions économiques et les disparités entre les critères de retrait et les conditions réelles des pays.


La décision n’a pas été facile, a souligné le représentant du Bénin, au nom des PMA.  Il a rappelé les objectifs du Programme d’action d’Istanbul de 2011 visant la gradation de la moitié des PMA à l’horizon 2020.  Mais, a-t-il prévenu, le non-respect des engagements des partenaires de développement hypothéquerait ces gradations.  Depuis la création de la catégorie en 1971, trois pays en sont sortis: le Botswana en 1994, Cabo Verde en 2007 et les Maldives en 2011, a rappelé le représentant de la Guinée équatoriale.


L’Assemblée générale a aussi discuté de la revitalisation de ses travaux.  Cette année, son débat général a vu défiler plus de 110 chefs d’État et de gouvernement.  Aucun autre organe sur la planète ne peut attirer la même foule ni bénéficier de la même légitimité, s’est enorgueilli le Président de l’Assemblée.


Cette Assemblée générale, a-t-il dit, s’occupe de questions qui nous touchent tous.  Elle nous coud avec le fil de l’universalité.  Quand nous nous réunissions pour adopter une résolution comme la Déclaration du Millénaire, notre travail n’a pas seulement un poids moral mais aussi le pouvoir d’influencer le cours des politiques nationales et internationales, de changer le monde.  Cette occasion se présente à nouveau avec l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.


Il a encouragé tous les États Membres à être ouverts, transparents et surtout, efficaces au sein du Groupe de travail spécial sur la revitalisation des travaux de l’Assemblée qui a des mandats qui vont du rôle de l’Assemblée, à ses méthodes de travail, en passant par la sélection du Secrétaire général et le renforcement du Bureau du Président de l’Assemblée. 


La revitalisation des travaux de l’Assemblée, a commenté le représentant de l’Algérie, au nom du Mouvement des non-alignés, est un processus politique et non procédural, qui vise à renforcer son rôle d’organe le plus représentatif du système des Nations Unies.  C’est la non-mise en œuvre des résolutions de l’Assemblée qui est l’obstacle principal à sa revitalisation, a dénoncé, avec d’autres, le représentant de l’Égypte.  Il a voulu que l’on donne au Groupe de travail ad hoc le tableau actualisé des résolutions sur la revitalisation des travaux à l’issue de chaque session pour évaluer les progrès.


Le représentant algérien a demandé au Conseil de sécurité de respecter toutes les dispositions de la Charte et dénoncé, une nouvelle fois, les tentatives permanentes de ce dernier d’empiéter sur des domaines qui relèvent des fonctions et pouvoirs de l’Assemblée générale ou de l’ECOSOC, ce que n’autorise pas l’Article 24 de la Charte.


S’agissant des méthodes de travail, son homologue du Japon a relevé que l’Assemblée a actuellement à son ordre du jour 170 points et qu’elle adopte environ 300 résolutions et décisions par an.  Il faut rationaliser le travail, a-t-il dit, après que son homologue de l’Union européenne est revenu sur la proposition de regrouper des points et d’en examiner certains tous les deux ou trois ans.  Il n’a pas été le seul à demander au Président de l’Assemblée un meilleur calendrier pour les réunions de haut niveau.  Le nombre de ces réunions devrait être limité pendant le débat général, a commenté le représentant de la Fédération de Russie qui, avec d’autres, a proposé qu’elles soient réparties durant toute l’année. 


Aux appels de plusieurs délégations pour que l’Assemblée ait son mot à dire dans la sélection des secrétaires généraux, la représentante des États-Unis a répondu que le processus est « clairement explicité » dans la Charte de l’ONU.  Pour ce qui est du renforcement du Bureau du Président de l’Assemblée, le représentant de la Malaisie a, avec d’autres, plaidé pour une ponction plus importante dans le budget ordinaire de l’ONU pour briser la dépendance du Bureau vis-à-vis des contributions volontaires du Fonds d’affectation spéciale.  Il a dit attendre avec intérêt la proposition du Secrétaire général pour le budget 2014-2015.


Justement aujourd’hui, l’Assemblée a adopté trois résolutions** recommandées par sa Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires.


Demain à partir de 10 heures, l’Assemblée générale a prévu d’examiner les recommandations de sa Première Commission chargée des questions de désarmement et de sécurité internationale. 


* A/68/L.20

 **A/68/610; A/68/611; A/68/612


RAPPORT DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL: PROJET DE RÉSOLUTION (A/68/L.20)


Déclarations


Commentant la résolution sur le retrait de son pays de la catégorie des pays les moins avancés (PMA), M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) a appelé la communauté internationale à garder à l’esprit que les PMA sont « le maillon faible » du monde et qu’ils représentent un énorme défi, dont la lutte contre la pauvreté.  Il a dénoncé le fait que malgré la vulnérabilité de ces pays, l’appui international ait été insuffisant contrairement aux engagements pris.  Le représentant a réclamé un engagement international plus efficace et plus important.  Les politiques adoptées, a-t-il dit, doivent viser à lutter contre les vulnérabilités des PMA tout en prenant en considération les spécificités de chacun d’entre eux.


M. Ndong Mba a fait observer que seuls trois pays ont été retirés de la catégorie des PMA depuis 1971, à savoir le Botswana en 1994, le Cabo Verde en 2007 et les Maldives en 2011, qui seront suivis prochainement de son propre pays et de Vanuatu.  Cette situation doit conduire à réfléchir aux critères du retrait.  Il a expliqué la réticence des PMA à sortir de cette catégorie par le fait qu’ils n’ont pas voix au chapitre dans les grandes décisions économiques.  Il a, par exemple, parlé des disparités entre les critères de retrait et les conditions réelles dans les PMA.  L’existence même de ces pays tient au manque de solidarité et d’appui de la communauté internationale, a-t-il tranché.  Le représentant a vu dans la mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul une nouvelle occasion d’aider tous les PMA et de leur permettre de décider de leur propre processus de développement.


La découverte de gisements de pétrole en 1994 a permis à la Guinée équatoriale de prendre les rênes de son propre développement, s’est réjoui le représentant, en passant en revue les différentes initiatives en matière d’infrastructures dont les aéroports, les routes, les écoles, les hôpitaux, sans oublier les efforts d’industrialisation et la centrale électrique de Djibloho.  Le représentant a assuré que son gouvernement déploie tous les efforts possibles pour faire de la Guinée équatoriale un pays émergent d’ici à 2020.


Il a souligné l’importance de la coopération Sud-Sud et la nécessité d’établir des stratégies de développement sur les plans bilatéral et multilatéral.  Il s’est aussi enorgueilli du fait que de récentes études aient montré que la Guinée équatoriale est actuellement le pays africain qui investit le plus dans la santé et qui est une destination privilégiée pour les investisseurs.


Pour garantir une transition sans heurt, après le retrait de la catégorie des PMA, M. Ndong Mba a insisté sur l’importance pour l’ONU et les partenaires au développement de mettre en place un programme d’accompagnement qui prenne en compte les particularités de la Guinée équatoriale.  Il a appelé l’ONU à visiter le pays afin d’effectuer, aux côtés du Gouvernement, une évaluation approfondie du contexte général.  Quand on parle du retrait de la catégorie des PMA, le succès ne se mesure pas au nombre de pays concernés mais à la viabilité de leur développement et à la consolidation de leur économie, a tenu à souligner le représentant.


Au nom des PMA, M. GRÉGOIRE L. HOUDE, (Bénin) a indiqué que la gradation de la Guinée équatoriale et de Vanuatu représente un acte symbolique d’une grande portée pour les 49 PMA.  Cette décision est l’aboutissement d’un long processus de négociation ayant impliqué plusieurs acteurs.  Elle n’a pas été facile, a-t-il insisté, en parlant de ces deux pays tributaires d’une seule ressource, le pétrole.  Il a donc insisté sur la nécessité pour les partenaires au développement de continuer d’accompagner et de soutenir ces pays dans leur phase de transition.  La décision prise aujourd’hui, a-t-il également indiqué, témoigne aussi de la volonté des PMA de concrétiser les objectifs du Programme d’action d’Istanbul visant la gradation de la moitié des PMA à l’horizon 2020.  Pour cela, il faut que les engagements des partenaires soient tenus.  Le non-respect de ces engagements annihilerait les efforts que déploient les PMA dans le contexte difficile actuel et hypothéquerait la gradation de la moitié d’entre eux.


APPLICATION DES RÉSOLUTIONS DE L’ONU ET REVITALISATION DES TRAVAUX DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE


Déclarations


M. JOHN ASHE, Président de l’Assemblée générale, a rappelé sa déclaration du 14 juin dans laquelle il soulignait la nécessité pour toute organisation de changer et de s’adapter au risque de perdre toute pertinence.  Le point à l’ordre du jour, s’est-il réjoui, nous permet d’examiner le travail de l’Assemblée et de chercher les moyens de la renforcer tous ensemble pour en faire un organe absolument pertinent au sein du système des Nations Unies.  Voilà une chance qu’il ne faut pas gaspiller, a-t-il prévenu.  Il a encouragé tous les États Membres à être ouverts, transparents et surtout, efficaces.  Il leur a demandé d’appuyer les deux coprésidents du Groupe de travail sur la revitalisation des travaux de l’Assemblée générale, pour des résultats ambitieux.


Le Groupe de travail, a-t-il rappelé, a un certain nombre de mandats spécifiques qui vont du rôle de l’Assemblée, à ses méthodes de travail, en passant par la sélection et la nomination du Secrétaire général et d’autres responsables de l’ONU, et par le renforcement de la mémoire institutionnelle du Bureau du Président de l’Assemblée générale.


Si l’on a vu des progrès, la non-mise en œuvre des résolutions de l’Assemblée, dont celle sur la revitalisation de ses travaux, est une source de préoccupation.  Le Président s’est dit convaincu de l’engagement des deux coprésidents du Groupe de travail.  Quant à la résolution 67/297 qui assigne au Président de l’Assemblée des responsabilités spécifiques, M. Ashe a argué de son zèle dans l’utilisation du temps, les relations avec le Bureau de l’Assemblée et l’interaction avec les présidents des autres organes de l’ONU.


La question de la revitalisation des travaux de l’Assemblée est là depuis longtemps, a-t-il rappelé.  La place prééminente de cet organe parmi les fora politiques internationaux a peut-être pour meilleure illustration le débat général annuel et la participation à un haut niveau des États Membres.  Cette année, a rappelé le Président, le débat général a vu défiler plus de 110 chefs d’État et de gouvernement.  Aucun autre organe sur la planète ne peut attirer la même foule ni bénéficier de la même légitimité.


Le Président a aussi cité comme autres succès de la session qui vient de commencer, l’adoption de la résolution sur le renforcement de l’ECOSOC, l’inauguration du Forum politique de haut niveau, la première Réunion de haut niveau sur le désarmement nucléaire ou encore le document qui ouvre la voie à un programme de développement durable universel et commun pour l’après-2015.


Cette Assemblée générale, a-t-il dit, s’occupe de questions qui nous touchent tous.  Elle nous coud ensemble avec le fil de l’universalité.  Quand nous nous réunissions pour adopter une résolution comme la Déclaration du Millénaire, notre travail n’a pas seulement un poids moral mais aussi le pouvoir d’influencer le cours des politiques nationales et internationales, de changer le monde.  Cette occasion se présente à nouveau avec l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.


C’est dans cet esprit, a rappelé le Président, que trois débats thématiques de haut niveau et trois réunions de haut niveau seront convoqués sur des questions d’intérêt immédiat et directement liées au programme de développement pour l’après-2015.  Le Président a promis de publier le calendrier de ces débats et réunions dans les tous prochains jours.


Notre but, a-t-il conclu, n’est pas seulement de changer l’Assemblée générale.  Il est de changer le monde dans lequel nous vivons.  Mais nous devons commencer ici et aujourd’hui, avec le travail qui est sur la table et les engagements que nous avons déjà pris, a conclu le Président.


M. LARBI DJACTA (Algérie), au nom du Mouvement des pays non alignés, a salué l’adoption en août dernier de la résolution 67/297 qui établit un Groupe de travail ad hoc pour discuter de la revitalisation de l’Assemblée générale.  Pour le Mouvement des pays non alignés, la revitalisation de l’Assemblée est un processus politique et procédural, qui vise à renforcer le rôle de l’Assemblée en tant qu’organe le plus représentatif du système des Nations Unies.  De ce fait, la revitalisation doit être menée de manière inclusive et efficace.


Le représentant a affirmé, à cet égard, que le Conseil de sécurité doit pleinement respecter toutes les dispositions de la Charte.  Il a exprimé une nouvelle fois la préoccupation du Mouvement face aux tentatives permanentes du Conseil d’empiéter sur des domaines qui relèvent des fonctions et pouvoirs de l’Assemblée générale ou de l’ECOSOC, ce que n’autorise pas l’Article 24 de la Charte.  Le Mouvement réitère de même sa demande au Conseil de présenter annuellement à l’Assemblée générale un rapport plus exhaustif et plus analytique sur ses travaux, y compris sur les domaines dans lesquels il n’a pas réussi à agir.  M. Djacta a dénoncé le fait que jamais depuis l’adoption de la résolution 58/126, par laquelle l’Assemblée générale invitait le Conseil à lui présenter périodiquement des rapports sur des sujets spécifiques intéressant la communauté internationale, un seul rapport de ce type n’a été présenté.


Le Mouvement estime que les travaux du Comité spécial de la Charte sur le renforcement du rôle de l’Organisation peuvent jouer un rôle utile et appuie les deux propositions qui y sont discutées portant sur la création d’un groupe de travail à composition non limitée pour étudier la bonne mise en œuvre de la Charte concernant les relations fonctionnelles entre les organes des Nations Unies et sur le document de travail relatif au renforcement du rôle et de l’efficacité de l’Organisation.


M. Djacta a affirmé que le rôle et l’autorité de l’Assemblée avaient immensément contribué à la promotion des buts et objectifs de la Charte.  Il a insisté sur le caractère intergouvernemental des Nations Unies et rappelé la nécessité de consulter les États Membres sur les initiatives prises en leur nom, ainsi que le droit de tous les États Membres à exprimer à tout moment leur position devant l’Assemblée générale.  C’est l’Assemblée générale qui a l’autorité pour fixer le cadre et les objectifs du système des Nations Unies, y compris les agences et programmes, a-t-il affirmé.  Elle doit demeurer l’organe principal qui examine le travail, affecte ou réaffecte les ressources humaines ou financières.  Le Mouvement des pays non alignés, a-t-il prévenu, s’opposera à toute action visant à saper le rôle dominant de l’Assemblée générale ou à mettre en cause sa crédibilité.


Il est clair que si les prérogatives du Président de l’Assemblée générale n’ont pas changé son rôle a évolué, a fait observer M. Djacta.  Par conséquent, les activités du Bureau de l’Assemblée générale ont augmenté de manière spectaculaire ces dernières années et le Président de l’Assemblée générale doit désormais être présent durant toute l’année, maintenant que le travail de l’Assemblée n’est plus limité à la période d’automne.  Les services de l’Assemblée générale doivent donc être dotés des ressources nécessaires à leurs activités.


M. Djacta a rappelé que parmi les prérogatives de l’Assemblée générale figure celle, essentielle, de la nomination du Secrétaire général.  Le Mouvement des pays non alignés souligne la nécessité d’une participation plus active de l’Assemblée lors de la sélection et la nomination des futurs secrétaires généraux.  Le Mouvement estime aussi que la non-application des résolutions de l’Assemblée générale, y compris celles qui concernent sa propre revitalisation, pourrait nuire au crédit de l’Assemblée.  Il rappelle que les États Membres sont les premiers responsables de cette mise en œuvre et que la résolution 67/297 demande au Groupe de travail spécial de poursuivre le processus d’examen de la mise en œuvre des différentes résolutions ayant trait à la revitalisation de l’Assemblée générale.


M. IOANNIS VRAILAS, Union européenne, a réaffirmé l’attachement de l’Union européenne à un multilatéralisme efficace centré sur les Nations Unies.  Le renforcement du rôle des Nations Unies, fondé sur un financement viable et efficace correspondant aux capacités de paiement des États reste la priorité de l’Union européenne.  À cette fin, l’Union européenne est engagée en faveur de la revitalisation du rôle et de l’autorité de l’Assemblée générale, en tant que seul organe intergouvernemental universel et du fait de ses importantes responsabilités.  Pour l’Union européenne, cette revitalisation ne peut être garantie que si l’Assemblée générale prend des mesures pertinentes sur des questions intéressant la communauté internationale dans son ensemble et si ces dernières produisent des résultats.  L’Union européenne et ses États membres se félicitent de l’adoption de la résolution 67/297 qui prévoit notamment la possibilité pour l’Assemblée générale de faire de la société civile un partenaire interactif.


M. Vrailas a, à son tour, insisté sur l’importance qu’il y a à appliquer l’ensemble des résolutions de l’Assemblée générale, y compris celles qui concernent sa revitalisation.  Celle-ci, a estimé le représentant, est clairement liée à la réforme d’ensemble des Nations Unies.  L’Union européenne se félicite du système de rotation des présidents des grandes commissions pour les cinq prochaines années, salue les efforts du Président de l’Assemblée générale dans ce domaine et espère que de nouvelles discussions au sein du Groupe de travail ad hoc permettront de traiter cette question et d’autres en profondeur.  La revitalisation de l’Assemblée générale a déjà produit des résultats positifs, a estimé M. Vrailas, qui a cité comme exemple les débats thématiques, dont il a souhaité la poursuite.


Par ailleurs, l’Union européenne reconnaît l’importance des interactions entre l’Assemblée générale et les organisations internationales ou organisations régionales.  Elle apprécie la pratique des réunions informelles du Secrétaire général sur ses activités et priorités et estime que l’Assemblée générale bénéficierait d’informations sur les réunions entre son Président et ceux du Conseil de sécurité, de l’ECOSOC et des organes subsidiaires.  En ce sens, les réunions périodiques du Président de l’Assemblée générale sur ses activités sont appréciées.  L’Union européenne estime que l’amélioration de la coopération et une plus grande transparence restent des objectifs importants.  L’Union européenne se félicite également de l’adoption de la résolution 68/1 qui traite des relations entre l’Assemblée générale et l’ECOSOC.


M. Vrailas a insisté sur la nécessité de poursuivre la rationalisation des méthodes de travail de l’Assemblée générale et de ses grandes commissions.  En ce sens, il est important que les États Membres fassent preuve de bonne volonté et de coopération, a ajouté le représentant.  L’Union européenne estime qu’il serait bon d’examiner la possibilité de traiter de certains thèmes tous les deux ou trois ans, ou encore de les diviser ou de les retirer.  Il serait aussi souhaitable que les présidents et bureaux des grandes commissions standardisent leurs méthodes de travail et utilisent pleinement les « e-services » qui ont eu un effet positif sur le travail de l’Assemblée générale, tout en permettant d’économiser de très importantes ressources.  Enfin, l’Union européenne attend du Président de l’Assemblée générale qu’il joue un rôle actif dans le renforcement de la coordination de l’agenda des réunions de haut niveau, pour en optimiser le nombre et la répartition pendant l’année, tout en gardant à l’esprit la nécessité de préserver l’intégrité du débat général.  M. Vrailas a conclu en mettant l’accent sur le rôle important que joue le Groupe de travail ad hoc sur la revitalisation de l’Assemblée générale, dont il a espéré recevoir rapidement un programme de travail.


M. MOOTAZ AHMADEIN KHALIL (Égypte) a estimé qu’il faut faire davantage pour permettre à l’Assemblée générale de jouer le rôle de chef de file qui lui incombe en matière de gouvernance politique, économique et sociale.  Il a constaté que des progrès ont été réalisés en ce qui concerne les méthodes de travail de l’Assemblée mais, qu’en revanche, peu d’avancées ont été réalisées s’agissant de son rôle et de son autorité.  La question de la sélection et de la nomination du Secrétaire général demeure au point mort et le budget modeste dont dispose le Bureau du Président de l’Assemblée générale continue d’être un obstacle de taille à son renforcement.


M. Khalil a également vu dans l’empiètement continu du Conseil de sécurité sur le rôle et les fonctions de l’Assemblée générale un autre obstacle de taille à surmonter.  Il a jugé nécessaire d’établir une relation complémentaire entre les deux principaux organes de l’ONU, qui respecte leur mandat respectif.  Le représentant a aussi constaté que la non-mise en œuvre des résolutions de l’Assemblée générale est l’obstacle principal à sa revitalisation et a un impact négatif sur sa crédibilité.  À moins de brandir l’autorité nécessaire pour mettre en œuvre ses propres résolutions, l’Assemblée générale se verra dans l’incapacité de réagir aux défis émergents et aux préoccupations de la communauté internationale, a-t-il prévenu.


Le représentant a suggéré de donner au Groupe de travail ad hoc le tableau actualisé des résolutions de l’Assemblée générale relatives à la revitalisation afin de lui permettre d’en assurer la mise en œuvre.  Ce tableau devrait être mis à jour à l’issue de chaque session afin d’évaluer l’ampleur des progrès réalisés, a-t-il ajouté.  M. Khalil a fait observer que plusieurs délégations avaient, par le passé, proposé le regroupement, l’examen biennal et/ou triennal de certaines questions à l’ordre du jour, mais que rien n’avait été fait en la matière.  Il a exhorté les États Membres à présenter au Groupe de travail ad hoc ou au Bureau des propositions.  Il a aussi pointé du doigt le fait que les allocations budgétaires du Bureau du Président de l’Assemblée générale n’avaient pas augmenté depuis 1998.


M. OSCAR LEÓN GONZÁLEZ (Cuba) a estimé que la revitalisation de l’Assemblée générale doit permettre de renforcer son indépendance de manière à ne pas limiter la liberté des États Membres à débattre de certaines questions.  L’Assemblée générale doit répondre réellement aux intérêts collectifs de ses Membres d’où l’importance, a-t-il insisté, de renforcer son rôle directeur.  Il a dénoncé la non-application de nombre des résolutions de l’Assemblée générale, et ce, en raison de manque de volonté politique des délégations, a-t-il argué.  Le représentant a également souligné qu’il faut mettre immédiatement fin à la tendance croissante de transmettre au Conseil de sécurité des questions qui figurent à l’ordre du jour de l’Assemblée générale.


La revitalisation de l’Assemblée générale n’est pas une question technique, mais une question politique, a par ailleurs fait observer le représentant de Cuba.  Il a aussi jugé nécessaire de strictement contrôler l’application des résolutions relatives à la revitalisation de l’Assemblée générale et d’avancer sur le plan de la mise en œuvre pratique du processus de réforme.  Il est donc nécessaire de réformer le Conseil et de transformer l’Assemblée générale en l’organe central des débats, a-t-il notamment préconisé.


M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) a déclaré qu’il appuyait les initiatives réalistes destinées à renforcer le rôle de l’Assemblée générale et à rationaliser son ordre du jour surchargé.  Ceci inclut l’examen tous les deux ou trois ans seulement de certains sujets ou encore l’élimination de certains points de l’ordre du jour.  Il est nécessaire d’alléger l’ordre du jour de l’Assemblée générale pendant la période du débat général, car les chefs d’État et de gouvernement et autres dirigeants ont des agendas très chargés.  De ce fait, le nombre des réunions de haut niveau pendant le débat général devrait être limité et celles-ci devraient être réparties sur toute la durée de l’Assemblée générale.  Le représentant a en outre rappelé le soutien de la Fédération de Russie au processus de sélection et de nomination du Secrétaire général, par l’Assemblée générale sur la base d’une recommandation du Conseil de sécurité.  Il a en outre noté que le processus de sélection des présidents de commissions est en cours de révision, ajoutant que l’Assemblée générale devrait prendre en compte l’ensemble des propositions présentées.  Toutes les questions qui ont des incidences financières doivent être examinées par la Cinquième Commission et par le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB), a tranché le représentant.


M. WANG MIN (Chine) a déclaré que, face aux défis mondiaux en mutation, la communauté internationale attend que les Nations Unies jouent leur rôle.  L’Assemblée générale est le principal organe délibérant et un certain nombre d’États, notamment d’États en développement, souhaitent que le rôle de l’Assemblée générale soit renforcé.  La Chine appuie le renforcement des délibérations politiques de l’Assemblée générale, qui doit donner la priorité aux questions qui concernent les intérêts de tous les États et notamment ceux en développement.  L’Assemblée générale doit ainsi jouer un rôle croissant dans la promotion du développement durable, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et dans le programme de développement pour l’après-2015.


Les différents organes doivent se partager le travail conformément à la Charte et l’Assemblée générale doit renforcer sa coopération avec le Conseil, a estimé le représentant.  La Chine soutient le renforcement de l’efficacité de l’Assemblée générale, qui dépend largement du taux de mise en œuvre réelle de ses résolutions, a poursuivi le représentant, qui a appelé les États à agir en ce sens.  Il a demandé que le Bureau de l’Assemblée générale soit doté des ressources financières et humaines nécessaires et a rappelé que la Chine avait contribué au Fonds d’affectation spéciale créé à cette fin.  La Chine appuie fermement le Président de l’Assemblée générale dans ses efforts pour revitaliser l’Assemblée générale et apportera son soutien aux travaux du Groupe de travail spécial.


M. BHAGWANT SINGH BISHNOI (Inde) a déploré le fait qu’après 20 années de débats, seuls des changements « négligeables » ont été apportés aux méthodes de travail de l’Assemblée générale, à ses normes et à sa structure.  Il a souligné que l’Assemblée ne pourra être revitalisée que lorsqu’elle sera respectée « dans l’esprit et dans la lettre ».  C’est à l’Assemblée de tracer la voie en ce qui concerne la définition de l’agenda international et le rétablissement du rôle central de l’ONU s’agissant du règlement des questions transnationales.  M. Bishnoi a appelé à la création d’une relation de respect entre les mandats respectifs de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, estimant notamment que le Conseil de sécurité doit s’abstenir d’empiéter sur celui de l’Assemblée générale, en formulant des interprétations « extrêmement élargies et permissives » de ce qui constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales.  Il a également estimé que l’Assemblée générale doit intervenir davantage au cours du processus de sélection du Secrétaire général.  Le représentant a aussi insisté sur la nécessité de moderniser les procédures d’élection au sein de l’Assemblée.


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a indiqué que nous devons accorder à l’Assemblée générale le rôle et l’autorité qu’elle mérite.  Il faut donc, a-t-il dit, continuer d’identifier les raisons réelles pour lesquelles il faut à tout prix la revitaliser.  Il a d’emblée estimé que la non-application des résolutions est le principal obstacle au renforcement du rôle et de l’efficacité de l’Assemblée générale.  Le représentant a, en conséquence, salué le travail du Groupe de travail spécial qui, a-t-il dit, est une première étape de l’objectif ultime d’une pleine mise en œuvre des résolutions de l’Assemblée.  Nous ne pouvons, a-t-il poursuivi, répéter assez la nécessité pour tous les organes principaux de l’ONU, en particulier l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, de respecter leur mandat respectif.


S’agissant de la charge de travail, le représentant s’est dit tout à fait prêt à discuter des propositions visant le regroupement des questions à l’ordre du jour ou les examens biennaux ou triennaux.  Il a toutefois prévenu qu’il faut l’accord de tous pour les mettre en œuvre et appelé les tenants de ces propositions à prêcher par l’exemple.  Se montrant tout aussi favorable à la convocation aux débats thématiques et aux réunions de haut niveau, il a tout de même voulu plus de coordination pour éviter ou au moins minimiser les problèmes de calendrier, en particulier pendant le débat général, en proposant d’en prévoir, par exemple, au début de l’année.


Commentant aussi les élections dans les grandes commissions, le représentant a insisté pour qu’elles aient lieu au moins trois mois avant la session suivante pour pouvoir bien planifier et bien préparer le travail.  Il s’est dit prêt à discuter plus avant du mode de rotation des présidents et bureaux de ces grandes commissions.  Là encore, il a souligné l’importance qu’il y a à s’assurer de l’adhésion de tous les États Membres.


S’il s’est félicité du Fonds d’affectation spéciale pour le Bureau du Président de l’Assemblée générale, le représentant a préféré plaider pour une ponction plus importante dans le budget ordinaire de l’ONU pour briser la dépendance du Bureau vis-à-vis des contributions volontaires.  Il a dit attendre avec intérêt la proposition du Secrétaire général pour le budget 2014-2015.  Il a conclu en soulignant le rôle de l’Assemblée dans la sélection et la nomination du Secrétaire général de l’ONU.


M. ALFREDO FERNANDO TORO-CARNEVALI (Venezuela) a déclaré que la revitalisation de l’Assemblée générale implique son renforcement en tant que tribune privilégiée du dialogue et de la coopération pour résoudre les problèmes qui affectent le développement économique et social des peuples et les questions relatives à la paix et la sécurité internationales.  C’est pourquoi il faut promouvoir les prérogatives et le mandat de l’Assemblée générale, y compris pour l’examen de toutes les questions budgétaires et administratives.  L’Assemblée générale est le seul organe autorisé à assigner ou réaffecter des ressources financières et humaines, a ajouté le représentant.  Il a par ailleurs estimé qu’il fallait garantir l’efficacité du Bureau de l’Assemblée générale, en lui fournissant les ressources humaines et financières nécessaires.  Des efforts ont été faits, a-t-il reconnu, mais il faut explorer d’autres voies pour renforcer le Bureau.


L’Assemblée générale doit continuer de fonctionner comme espace politique au sein duquel tous les États Membres ont le droit d’attirer l’attention sur des questions qui les intéressent et qui concernent cet organe.  L’Assemblée générale doit en outre conserver son indépendance à l’égard des autres organes, a affirmé le représentant, pour qui il faut inverser la tendance actuelle du Conseil de sécurité à se charger de l’examen de questions qui ne relèvent pas de ses compétences.


M. KAZUYOSHI UMEMOTO (Japon) a appuyé la proposition qui a été faite au cours de la précédente session de tenir à une date plus avancée l’élection des nouveaux membres du Conseil de sécurité et du Conseil économique et social afin de permettre à ces derniers de disposer de davantage de temps pour se préparer à leurs nouvelles fonctions.  Il a commenté la « rigidité » de la liste des orateurs au débat général, faisant notamment observer que dans certains pays tels que le sien, le chef d’État joue un rôle essentiellement cérémonial et que le principal mandat politique revient au chef du gouvernement.  M. Umemoto a estimé que lorsqu’un chef de gouvernement, comme celui du Japon, intervient devant l’Assemblée générale, une certaine souplesse doit être appliquée s’agissant de son ordre de passage.  Il a également fait part des préoccupations que lui inspire le fait que les pays membres d’une organisation régionale peuvent intervenir directement après le représentant attitré.  Les États Membres qui n’en font pas partie devraient avoir la priorité, a-t-il plaidé.


Le représentant a fait observer que 170 points sont actuellement inscrits à l’ordre du jour de l’Assemblée générale et qu’elle adopte environ 300 résolutions et décisions par an.  Il faut, a-t-il dit, discuter davantage de la manière de rationaliser et de classer par ordre de priorité ces points.  Il a insisté sur l’importance de respecter le temps de parole imparti et a encouragé les délégations à distribuer leurs discours écrits et à en faire un résumé oral.


Mme ROSEMARY A. DICARLO (États-Unis) a voulu que le travail de l’Assemblée générale soit plus ciblé et plus pertinent.  Le nombre des points inscrits à l’ordre du jour, les résolutions adoptées et les rapports demandés au Secrétaire général ne cessent de croître, a-t-elle fait observer.  L’Assemblée, a-t-elle préconisé, doit donc rationaliser son travail.  Certains débats de haut niveau pourraient être avancés au début de l’année.  Ne reculons, a-t-elle encouragé, devant aucun effort pour faire de l’Assemblée un organe plus agile et plus réactif.  Après avoir reconnu l’égalité des mandats que la Charte consacre, s’agissant de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, la représentante a aussi souligné que le processus de sélection du Secrétaire général est clairement explicité dans la même Charte.


Mme NOUR ZARROUK BOUMIZA (Tunisie) a déclaré que la revitalisation du rôle de l’Assemblée générale est une partie intégrante de la réforme d’ensemble des Nations Unies.  Tout en réaffirmant l’importance d’une telle revitalisation, la Tunisie estime que des questions d’intérêt commun pour la communauté internationale doivent être portées à l’ordre du jour de l’Assemblée, qui doit évoluer avec son temps.  La Tunisie appuie donc les débats interactifs.  Le renforcement du rôle de l’Assemblée générale, a poursuivi la représentante, exige que l’on reconnaisse son rôle dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Le rôle dévolu par la Charte au Conseil de sécurité n’est pas absolu et les deux organes doivent coopérer.  Elle en a profité pour demander que le rapport annuel du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale soit plus analytique.


S’agissant des méthodes de travail, la représentante a voulu des progrès.  Elle a plaidé pour que les présidents des grandes commissions soient élus plus tôt et pour la standardisation des méthodes de travail de ces commissions.  Elle a, à son tour, souhaité une augmentation des ressources affectées au Bureau du Président de l’Assemblée générale.


M.AHMAD NASEEM WARRAICH (Pakistan) a dénoncé l’absence de mise en œuvre des résolutions de l’Assemblée générale, situation qu’il a imputée d’une part au manque de volonté politique et, d’autre part, au manque de ressources du Bureau du Président.  Il a appelé le Secrétariat à imposer un délai pour la mise en œuvre de chaque résolution et à répertorier tout retard en la matière.  Le représentant a aussi insisté sur la nécessité de renforcer la complémentarité des principaux organes de l’ONU.  Il a estimé que le processus d’élection du Secrétaire général doit être plus inclusif et a également appuyé l’examen biennal ou triennal de certains points inscrits à l’ordre du jour de l’Assemblée générale.  Il a vu dans l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015 une occasion unique de renforcer l’Assemblée générale.  Il a également dit l’importance de réformer le Conseil de sécurité.


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