20/11/2013
Communiqué de presse
AG/11457

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                        

Soixante-huitième session                                  

54e et 55e séances plénières

matin et après-midi


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SE FÉLICITE DES AVANCÉES DU PROCESSUS DE TRANSITION EN AFGHANISTAN


L’Assemblée générale a adopté cet après-midi par consensus sa longue résolution annuelle* sur la situation en Afghanistan, dans laquelle elle se félicite des avancées du processus de transition dans le pays.


Le projet de résolution a été présenté par l’Allemagne, dont le représentant a estimé que, grâce à une forte direction afghane, la transition avait fait durant l’année écoulée de remarquables progrès, notamment dans les domaines de la sécurité, de la politique et de l’économie.  En même temps, a ajouté le représentant, le partenariat à long terme entre l’Afghanistan et la communauté internationale évolue d’une manière qui doit renforcer leur relation.


L’Assemblée générale se félicite aussi, dans la résolution, que les Forces nationales de sécurité afghanes exercent la responsabilité principale de la sécurité dans tout le pays depuis le 18 juin 2013, date qu’elle considère comme un « jalon historique ».  En même temps, elle souligne la détermination de la communauté internationale à soutenir les forces durant la période de transition, et au-delà de 2014.


Le représentant de la Fédération de Russie a reproché à la présence envisagée par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) après 2014, de manquer de clarté.  Il a averti que toute présence future en Afghanistan devra recevoir une base juridique internationale.  Son homologue de l’Allemagne a précisé que son pays avait offert de continuer à coopérer avec l’Afghanistan dans le domaine de la sécurité, sur la base de la Déclaration du Sommet de Chicago et, a-t-il souhaité, d’une résolution du Conseil de sécurité.  Le représentant de l’Afghanistan a annoncé que la Loya Jirga nationale examinera demain l’accord de partenariat stratégique signé le 2 mai avec les États-Unis. 


Dans sa résolution, l’Assemblée générale note des progrès considérables dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Le représentant de l’Allemagne a insisté sur l’engagement à long terme de la communauté internationale, qui a promis 16 milliards de dollars d’assistance jusqu’en 2015 et des niveaux comparables durant la décennie suivante. 


La bonne gouvernance, l’état de droit et les droits de l’homme sont le socle de la stabilité et de la prospérité de l’Afghanistan, souligne l’Assemblée générale, dans sa résolution, qui met notamment l’accent sur le respect des droits de la femme.  La poursuite de l’assistance internationale est aussi assujettie à la bonne tenue d’élections présidentielle et provinciales de 2014, ont prévenu les représentants des États-Unis et de l’Union européenne, conformément à la résolution.  


S’agissant de l’importance de la coopération régionale, également soulignée dans la résolution, le représentant du Pakistan a affirmé que son pays peut exercer une certaine influence sur les Taliban, mais ne peut pas les contrôler.  Au nom de l’Organisation de Shanghai pour la coopération, le représentant du Tadjikistan a invité l’Afghanistan à devenir partie prenante au processus de coopération régionale multidimensionnelle pour contribuer à faire de l’Asie centrale « une région de paix durable, de prospérité et d’harmonie ».


Dans la matinée, l’Assemblée générale avait tenu une brève séance sur l’application et le suivi des textes issus des grandes conférences des Nations Unies dans les domaines économique et social.


L’Assemblée se réunira demain à partir de 10 heures pour examiner plus avant le rapport du Conseil de sécurité.


* A/68/L.11


APPLICATION ET SUIVI INTÉGRÉS ET COORDONNÉS DES TEXTES ISSUS DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET ORGANISÉES PAR LES NATIONS UNIES DANS LES DOMAINES ÉCONOMIQUE ET SOCIAL ET DANS LES DOMAINES CONNEXES


Rapport du Secrétaire général sur les travaux préparatoires de la session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée au suivi du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement au-delà de 2014 (A/68/493).


Le rapport indique l’état d’avancement des mesures prises par les diverses entités intéressées pour préparer la session extraordinaire.


Note du Secrétariat sur la sécurité humaine (A/68/230)


La note précise que le Secrétaire général présentera à l’Assemblée générale pour examen son rapport sur la sécurité humaine en février 2014.


Rapport du Secrétaire général sur les activités de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes) (A/68/120)


Le rapport dresse un bilan d’ONU-Femmes depuis sa création par l’Assemblée générale dans sa résolution 64/289.  Il décrit les avancées réalisées dans ses trois domaines de compétence, l’impact de ses activités et les principaux obstacles rencontrés et qui restent à surmonter pour renforcer son action.


Déclarations


M. HADI POERNOMO (Indonésie) s’est dit fermement convaincu de l’obligation des États d’assurer la promotion des droits à l’eau et à l’assainissement en mettant en place les bonnes politiques et législations qui respectent la parité homme-femme, les groupes vulnérables et la lutte contre la discrimination.  Le représentant a appuyé l’intégration de cette question dans le programme de développement pour l’après-2015. 


Après avoir salué l’idée de convoquer une session extraordinaire sur le Programme d’action du Caire, le représentant est passé au rapport sur ONU-Femmes et a plaidé, là aussi, pour l’intégration de la parité homme-femme et l’autonomisation de la femme dans le programme de développement pour l’après-2015.  S’agissant du Plan stratégique d’ONU-Femmes pour la période 2014-2017, il a voulu qu’il aille au-delà des indicateurs et qu’il identifie les actions à mener pour répondre aux nombreux défis auxquels font face les pays s’agissant des priorités du développement.


Le représentant a dit soutenir les efforts pour renforcer la capacité des Nations Unies à mettre en œuvre les mandats et à assurer une mise en œuvre efficace de tous leurs programmes.  Les efforts de réforme doivent refléter le caractère unique de l’ONU et, à cet égard, les efforts pour promouvoir une plus grande redevabilité au sein du système des Nations Unies, y compris grâce à ses organes de contrôle internes et externes, doivent être constamment soutenus et renforcés pour toutes les parties prenantes.


La transparence budgétaire et la redevabilité sont vues de plus en plus, a insisté le représentant, comme la condition préalable d’une bonne gouvernance.  Pour soutenir cette bonne gouvernance, le représentant a jugé important de pouvoir disposer de données exactes, grâce aux technologies de l’information.


Le représentant a d’ailleurs expliqué les efforts en la matière dans son pays déployés.  Le « e-audit » a réussi, a-t-il affirmé, à prévenir « systématiquement » la corruption, faisant ainsi avancer le « rêve indonésien » de la tolérance zéro et d’un pays débarrassé de la corruption.


Le représentant a donc appelé à la pleine mise en œuvre de la résolution 66/209 de l’Assemblée générale sur la promotion de l’efficacité, de la redevabilité et de la transparence de l’administration publique grâce au renforcement des institutions supérieures de contrôle des finances publiques.  Cette résolution est aussi cruciale pour renforcer la coopération entre les Nations Unies et l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (INTOSAI).


M. TED STRICKLAND (États-Unis) a rappelé que le Programme d’action du Caire, adopté en 1994 par 179 gouvernements et réitéré dans de nombreuses négociations intergouvernementales ultérieures, reconnaît que les États doivent être en mesure d’exercer leur droit à disposer des normes les plus élevées en matière de santé sexuelle et reproductive.   Le Programme d’action discute des droits, politiques et programmes qui doivent permettre d’offrir à chacun, et notamment aux femmes et aux enfants, les conditions qui leur permettent de gérer par eux-mêmes les questions liées à leur sexualité et à leur santé génésique.


Pourtant, 19 ans après le Caire, de nombreuses personnes, notamment les pauvres, les femmes, les personnes handicapées ou encore les personnes déplacées, souvent marginalisées, ne jouissent pas de ces droits, a constaté M. Strickland, qui a estimé que l’agenda de la Conférence est pertinent dans les discussions en cours sur le programme de développement pour l’après-2015.  Nous devons continuer à aller de l’avant pour ne pas perdre les acquis du Programme d’action du fait de difficultés récurrentes, parmi lesquelles la mortalité et la morbidité liées à la santé reproductive.  Rappelant que plus de 40% de la population mondiale a moins de 25 ans, le représentant a estimé qu’il fallait assurer à cette jeunesse une transition vers l’âge adulte en toute sécurité, en leur évitant des épreuves qui pourraient menacer leur avenir, comme les mariages précoces et forcés.  Il a demandé qu’on garantisse à ces jeunes l’accès à l’éducation sexuelle et à des services de santé, notamment de santé reproductive, et s’est prononcé pour un enseignement qualitatif égal pour les garçons et les filles au moins jusqu’à la fin des études secondaires. 


Les États-Unis se sont fixé comme priorité que les femmes et les filles disposent partout de la liberté de choisir leur propre sexualité, pour qu’elles puissent vivre en bonne santé dans des familles saines, a déclaré M. Strickland.  Les États-Unis, a-t-il conclu, sont déterminés à collaborer avec tous les États Membres pour garantir un examen fructueux de la mise en œuvre du Programme d’action du Caire.


LA SITUATION EN AFGHANISTAN


Rapport du Secrétaire général (A/67/981)


Le rapport trimestriel le plus récent du Secrétaire général sur l’Afghanistan est daté du 6 septembre 2013 et a été présenté au Conseil de sécurité le 17 septembre.  Le Secrétaire général y insiste sur l’importance que revêtent les élections présidentielle et provinciales de 2014 et sur la nécessité de la réconciliation pour assurer le succès de la transition et les perspectives du pays à long terme. 


Il estime que le degré d’ouverture de l’élection présidentielle, qui marquera le premier transfert pacifique et démocratique du pouvoir en Afghanistan, sera le meilleur garant de la légitimité au niveau interne, lequel sera au cœur de la poursuite de l’engagement de la communauté internationale.  Le rapport juge indispensable que l’aide internationale puisse bénéficier d’une prévisibilité à long terme.


Le Secrétaire général juge également essentiel d’éviter toute impression de vide sur le plan de la sécurité ou de la gouvernance, dont pourraient profiter des groupes criminels organisés se livrant au trafic de stupéfiants et une pléthore de groupes armés illégaux cherchant à exercer leur influence.  Le rapport estime en effet que les troubles et les affrontements ne peuvent pas tous être imputés aux Taliban, aux groupes terroristes transnationaux liés à Al-Qaida et aux autres groupes armés hostiles au Gouvernement.


En matière de sécurité, le rapport prend note du lancement de la cinquième et dernière phase de la transition en matière de sécurité durant l’été, qui confirme la volonté de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) de mettre fin à ses opérations l’an prochain.  Le Secrétaire général estime que les Forces de sécurité afghanes, qui ont désormais pris la direction des opérations dans l’ensemble du pays, ont fait preuve d’une capacité et d’une détermination accrues à assumer leurs responsabilités même si les lacunes et les défaillances apparaissent avec plus d’acuité.  Il constate que la sécurité continue d’être problématique dans plusieurs régions essentiellement rurales, notamment dans le nord du pays.


Le rapport met l’accent sur l’importance de poursuivre les progrès dans le domaine des droits de la personne, y compris les droits de la femme, avec l’application effective de la loi sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et le maintien du statut de la Commission afghane indépendante des droits de l’homme.


Le Secrétaire général estime que les mesures de confiance entre pays de la région, notamment dans le cadre du processus d’Istanbul, sont critiques pour instaurer une stabilité à long terme dans la région.  Il constate en outre un financement du Plan d’action humanitaire commun de 2013 meilleur que les années précédentes, mais s’inquiète de l’augmentation du nombre des déplacés internes.


Déclarations


M. Zahir TANIN (Afghanistan) a mis l’accent sur les « progrès énormes » réalisés par l’Afghanistan grâce à une Constitution démocratique et à la volonté du peuple afghan. Il a estimé que le nouvel Afghanistan, né il y a 12 ans, est redevenu le foyer de tous les groupes ethniques, faisant état du retour de millions de personnes.


Le représentant a mis en valeur les progrès économiques et sociaux.  Aujourd’hui 90% de la population a accès aux soins de santé, la mortalité maternelle et infantile a fortement diminué, la durée de vie a augmenté et des millions d’enfants, filles et garçons, vont à l’école, a-t-il déclaré, avant de mettre aussi en avant les progrès dans le domaine des droits civils et politiques.


L’Afghanistan progresse sur la base du principe de l’appropriation nationale et d’une souveraineté renforcée, a déclaré M. Tanin, qui a rappelé que, demain, la Loya Jirga délibérera sur le partenariat stratégique signé le 2 mai avec les États-Unis.


Dans quatre mois les Afghans se rendront aux urnes pour élire leur président et leurs représentants régionaux, a rappelé le représentant, qui a affirmé que tout était fait pour que le processus électoral soit transparent et démocratique.  M. Tanin a rappelé qu’à la fin de 2014, les forces internationales quitteront l’Afghanistan, mais que les Forces armées nationales afghanes assurent déjà la sécurité dans tout le pays depuis la mi-juin 2013.  L’Afghanistan étudie actuellement le rôle de l’OTAN dans le pays au-delà de 2014 mais la formation et l’entrainement des forces afghanes resteront une nécessité.


Le Gouvernement afghan poursuit ses efforts en vue d’un règlement politique, de la réconciliation et d’une paix durable, a déclaré M. Tanin, qui a rappelé les efforts consentis par son gouvernement pour discuter avec les Taliban.  Il s’est dit confiant dans une solution politique malgré les difficultés.  La paix et la sécurité en Afghanistan sont indissociables de la paix dans la région, a ajouté le représentant, qui a rappelé l’attachement de son pays au Processus d’Istanbul, estimant que ce dernier avait bien progressé, notamment grâce à des réunions de haut niveau avec les dirigeants de plusieurs pays voisins.


Passer d’une économie très dépendante de l’aide internationale à une économie autosuffisante est au centre du projet national, a déclaré M. Tanin, qui a demandé une plus grande cohérence et une plus grande responsabilité dans l’assistance internationale, laquelle doit se conformer à la stratégie nationale de développement et se focaliser sur l’aide budgétaire.


M. Tanin a déclaré que l’amélioration de la bonne gouvernance a été au centre des efforts de son pays et a résumé les progrès effectués durant l’année écoulée.  Il a insisté sur le lien entre le trafic de stupéfiants, la criminalité internationale et le terrorisme et sur la menace qu’ils représentent pour l’état de droit.  Tout en affirmant l’engagement de son pays à lutter contre le trafic des stupéfiants, il a insisté sur la dimension multiple du problème, qui inclut la production, mais aussi le trafic et la consommation de drogue, d’où une responsabilité conjointe.


M. Tanin a répété l’engagement de son pays en faveur des droits du peuple afghan, y compris les femmes et les enfants, affirmant que ceux-ci jouissent aujourd’hui de plus de droits que jamais par le passé.  Il a insisté notamment sur les progrès obtenus concernant les droits de la femme.  Dénonçant comme inacceptable chaque cas de violence contre les femmes, il a affirmé que le nombre des poursuites avait fortement augmenté.


Le projet de résolution dont est saisie aujourd’hui l’Assemblée générale, a-t-il estimé, est une manifestation des perspectives de succès rendues possibles par les énormes sacrifices consentis par le peuple afghan et par l’assistance essentielle apportée par nos partenaires internationaux.


M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a jugé important que les prochaines élections présidentielle et provinciales soient inclusives et transparentes et qu’elles aboutissent à des résultats légitimes.  Il s’est dit encouragé par les progrès dans la préparation des élections et a souligné l’importance de prendre les mesures qui s’imposent pour assurer la sécurité des électeurs et des officiels, lutter contre les fraudes et promouvoir la participation des femmes.  L’observation nationale et internationale des élections sera également importante pour la transparence et la crédibilité du processus électoral.  La volonté du Gouvernement de faciliter cette observation est très appréciée, a dit le représentant. 


L’Union européenne, a-t-il rappelé, apporte une aide financière et technique aux institutions de supervision des élections et à la sensibilisation des électeurs, à travers le programme d’assistance électoral du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). 


S’agissant des droits de l’homme, en particulier la situation des femmes et des enfants, l’Union européenne, a dit le représentant, se félicite de l’engagement du Gouvernement afghan à mettre en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité et toutes les résolutions qui ont suivi sur les femmes, la paix et la sécurité.  Il est significatif que la résolution adoptée aujourd’hui contienne un message clair selon lequel l’engagement de tous les États Membres à réaliser la pleine et égale participation des femmes dans toutes les sphères de la vie afghane est toujours aussi fort.  Il est clair que la situation des femmes continue de mériter notre attention car elle reste une énorme préoccupation, a insisté le représentant.


Il a encouragé l’Afghanistan à accorder l’attention requise à la mise en œuvre progressive de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, du Plan d’action national sur les femmes et de la loi contre la violence faite aux femmes.  La publication d’un rapport sur cette mise en œuvre nous permettra de juger des progrès, a-t-il souligné.


Le représentant a jugé tout aussi important que la résolution d’aujourd’hui reconnaisse les risques encourus par les défenseurs des droits de l’homme en Afghanistan.  L’Union européenne, a-t-il dit, souligne l’importance du fait que le Gouvernement afghan ait confirmé son engagement à faire en sorte que la Commission indépendante des droits de l’homme de l’Afghanistan maintienne sa note « A ».


Le représentant a ensuite salué le taux de croissance « impressionnant » de l’Afghanistan, au cours de la dernière décennie même s’il vient de ralentir considérablement parce que, a-t-il prévenu, les investisseurs attendent de voir les résultats des élections et du processus de transition.  Il est essentiel que le Gouvernement prenne toutes les mesures possibles pour améliorer le climat des affaires et des investissements.  À court terme, le Gouvernement doit faire preuve de leadership et faire en sorte que les lois sur le Code minier, la loi sur la TVA et celle contre le blanchiment d’argent soient adoptées avant la fin de l’actuelle administration, a-t-il indiqué.


Pour faire avancer le Processus d’Istanbul, il est essentiel, a conclu le représentant, que les pays du « Cœur de l’Asie » produisent des résultats concrets, par la mise en œuvre des mesures d’établissement de la confiance.  L’Union européenne illustre parfaitement, a-t-il ajouté, comment le renforcement des liens économiques peut devenir la base d’une coopération accrue dans les domaines politique et de la sécurité. 


M. SIRODJIDIN M. ASLOV (Tadjikistan), intervenant au nom de l’Organisation de Shanghai pour la coopération (OSC), a indiqué que l’Afghanistan avait obtenu, l’an dernier, le statut d’observateur au sein de l’OSC.  Il a souligné que la réconciliation nationale est une composante importante de tout règlement de la situation en Afghanistan, processus qui, a-t-il souligné, doit être caractérisé par l’appropriation nationale.  Le représentant a appelé les insurgés à déposer les armes, à reconnaître la Constitution et à rompre tout lien avec Al-Qaida et autres organisations terroristes.


Le représentant s’est en effet inquiété des problèmes de sécurité qui persistent dans le pays et a averti que la production et le trafic de drogues sapent les gains réalisés jusqu’à présent en matière de sécurité.  La lutte contre ce trafic est le cœur de la stabilité en Afghanistan et doit être une partie intégrante de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, a insisté le représentant.  Il a invité l’Afghanistan à devenir partie prenante au processus de coopération régionale multidimensionnelle et fait savoir que l’OSC entend intensifier la coopération afin de faire de la région, « une région de paix durable, de prospérité et d’harmonie ».  Il a appelé l’Afghanistan à participer aux efforts déployés par l’OSC contre le terrorisme et la drogue.


M. WANG MIN (Chine) s’est félicité des progrès enregistrés dans la reconstruction de l’Afghanistan, alors même que la période de transition entre dans une phase cruciale et qu’elle exige toujours des efforts de la part du peuple afghan et de la communauté internationale.  Le peuple afghan, a-t-il ajouté, doit pouvoir choisir sa propre voie du développement.  Il doit, a insisté le représentant, être à la tête des efforts pour la paix, la stabilité et le développement durable, et dans ce cadre, il revient à la communauté internationale de contribuer à l’édification d’« un Afghanistan dirigé par les Afghans ».  La promotion de la paix exige un appui international soutenu et les parties concernées doivent honorer leurs engagements.


M. GARY FRANCIS QUINLAN (Australie) a évoqué l’annonce, il y a cinq mois, par le Président Karzai, du « Milestone 2013 » qui, a-t-il expliqué, marque le lancement de l’étape finale de la transition à l’issue de laquelle les Forces de sécurité afghanes assumeront le rôle de chef de file en matière de sécurité.  Dans ce cadre, la présence australienne dans la province d’Uruzgan prendra fin le mois prochain.  Cela marquera un changement mais pas la fin de l’engagement de l’Australie en Afghanistan, a promis M. Quinlan qui a fait savoir qu’en 2014, 400 soldats australiens offriront, à Kaboul et à Kandahar, des formations et des conseils, entre autres collaborations.


Le représentant a appelé le Gouvernement afghan à redoubler d’efforts pour faire progresser les priorités identifiées lors de la Conférence de Tokyo et qui, a-t-il souligné, sont essentielles pour réaliser l’objectif d’autonomisation de l’Afghanistan et encourager la communauté internationale à continuer d’appuyer le pays.  Il a fait observer qu’avec le retrait des forces internationales, la croissance économique et la création de revenus seront essentielles aux capacités institutionnelles et à la stabilité à long terme.  Il a encouragé les autorités afghanes à continuer de mettre en œuvre leur réforme économique et à maximiser la croissance économique, en encourageant la participation des femmes.  La participation de ces dernières aux élections de 2014 doit également être maximisée, a-t-il ajouté, avant de réclamer la pleine mise en œuvre de la loi sur l’élimination de la violence faite aux femmes et le Plan national d’action pour les femmes, la paix et la sécurité.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé que 2014 sera un point critique pour le pays et toute la région.  Tout en soulignant les efforts entrepris par le Gouvernement afghan dans la lutte contre le terrorisme, il a estimé qu’il n’y avait pas de perspectives d’amélioration dans ce domaine, affirmant que la « trace afghane » se retrouve de plus en plus dans les activités d’extrémistes dans les pays d’Asie centrale.


On a souvent l’impression que ceux qui participent à la coalition internationale forcent « de manière infondée » le processus de transition sans examiner réellement la situation concrète dans les régions de l’Afghanistan, a affirmé M. Churkin, pour qui la réduction des forces internationales devrait être compensée par le renforcement des forces afghanes.  Il a estimé que les plans de la communauté internationale concernant l’avenir de la coopération militaire manquaient de clarté, s’agissant notamment de leur base juridique.  Une présence militaire résiduelle à long terme est « inadmissible » pour la Fédération de Russie, a déclaré le représentant, car elle pourrait exercer une influence sur les pays de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) et devenir un élément perturbateur dans la région.  Toute future mission de l’OTAN dans la région devra être fondée sur une base juridique internationale, a poursuivi M. Churkin.


Le représentant a salué les efforts des Forces nationales afghanes dans leur lutte contre le trafic de drogue et a rappelé la préoccupation de son pays, du fait des liens de ce trafic avec la criminalité internationale et le terrorisme.  Il a estimé que l’Afghanistan ne pourrait réussir seul et a rappelé que l’OTSC pouvait apporter son appui dans ce domaine.  Il a en effet insisté sur le développement des relations entre l’Afghanistan et cette organisation régionale actuellement présidée par la Fédération de Russie.


M. Churkin a aussi fait part de sa préoccupation face au nombre de victimes civiles du fait d’un recours disproportionné à la force et notamment les drones.  Il s’est félicité des discussions entre parties afghanes, qui ne pourront toutefois réussir que si le processus est dirigé par Kaboul et que si tout lien avec Al-Qaida est coupé.  La Mission d’assistance des Nations Unies reste le principal coordonnateur des efforts internationaux dans le pays, a dit M. Churkin, qui a souhaité qu’elle respecte son mandat et sa neutralité lors des scrutins de 2014. 


La Fédération de Russie, a-t-il conclu, estime que le Processus d’Istanbul est un simple forum de dialogue et d’idées.  Le partenariat entre la Fédération de Russie et l’Afghanistan répond aux intérêts des deux pays et permet de stabiliser et de développer l’ensemble de la région.


M. TALAIBEK KYDYROV (Kirghizistan) a indiqué que son gouvernement privilégie la coopération avec l’Afghanistan, évoquant notamment la rencontre, le mois de septembre dernier, des Présidents afghan et kirghize, ainsi que l’ouverture récente d’une ambassade kirghize à Kaboul.  Il a fait observer qu’avec le retrait des forces internationales, le Centre de transit de Manas, au Kirghizistan, perdra son utilité.  Il a annoncé la création prochaine, à Bichkek, d’un Centre régional pour le développement de la région et de l’Afghanistan.  Il a aussi évoqué la Conférence « Afghanistan 2014, perspectives d’évolution de la situation » à l’issue de laquelle les États ont été appelés à respecter le principe de non-ingérence.


Le représentant s’est inquiété de la hausse de la production de drogue en Afghanistan, qui représente, a-t-il souligné, une menace grave à la stabilité de l’Afghanistan et de la région.  Il a fait savoir qu’en dépit de sa politique de lutte contre les stupéfiants, le Kirghizistan n’avait pas réussi à barrer l’accès des drogues afghanes sur son territoire.  Il a appelé la communauté internationale à agir ensemble contre ce fléau.  Il s’est, à son tour, félicité de la perspective des élections de 2014, avant de rappeler que son pays participe à un projet électrique en faveur de l’Afghanistan et appuie un accord sur le transport transfrontière, dont un projet ferroviaire pour relier plusieurs pays de la région.


M. JEFFREY SALIM WAHEED (Maldives) s’est félicité des efforts déployés pour renforcer les Forces de sécurité afghanes, tout en notant avec préoccupation que la Mission de l’ONU a recensé un plus grand nombre d’incidents menaçant la sécurité dans le pays.  Il a appelé la communauté internationale à faire en sorte que les forces afghanes soient suffisamment équipées pour assumer leurs responsabilités, avant le retrait progressif des forces internationales.  Le représentant a salué les efforts déployés par la Mission de l’ONU pour améliorer son efficacité et en dépit d’une réduction de 18,7% de son financement en 2014.  Il a également relevé que le Programme de lutte antimines pour l’Afghanistan a averti que les dernières coupes budgétaires menacent l’objectif de déminer entièrement l’Afghanistan dans les délais impartis.  En cette période des plus critiques, a-t-il souligné, l’appui de la communauté internationale ne doit pas faiblir. 


M. WAHEED s’est ensuite inquiété du fait que selon le dernier rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la production d’opium en Afghanistan a atteint un nouveau record.  Il a également fait observer que la tenue, en 2014, des élections présidentielle et provinciales demeurent un élément clef du processus de transition et s’est félicité de l’adoption, par les autorités afghanes, d’un cadre juridique en la matière.  Il a aussi salué la publication du premier rapport afghan sur la mise en œuvre de la Convention sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes. 


M. SHIN DONG-IK (République de Corée) a dit que l’Afghanistan est aujourd’hui à la croisée des chemins après le début du retrait des forces internationales et au moment où les forces afghanes prennent en main la sécurité du pays.  Malgré les progrès, a-t-il estimé, la paix et la sécurité restent des objets de préoccupation.  Pour le représentant, les élections présidentielle et provinciales seront un pas décisif et il est essentiel que la Mission de l’ONU y apporte tout son appui.  Le représentant a espéré des progrès dans les pourparlers interafghans pour réaliser une paix durable dans le pays.  Il a appelé le Gouvernement afghan à renforcer ses efforts de protection et de promotion des droits de l’homme.  L’appui constant de la communauté est critique, a-t-il dit, à son tour, soulignant que la résolution d’aujourd’hui illustre en réalité la volonté politique de la communauté internationale à aider le peuple afghan.  La République de Corée, a-t-il rappelé, s’est engagée à débloquer en faveur de l’Afghanistan une somme de 500 millions de dollars d’ici à 2015.


M. MASOOD KHAN (Pakistan) a souligné que le retrait militaire ne doit pas devenir synonyme de quasi-abandon.  Pour garantir le succès du processus de transition, les Forces de sécurité afghanes doivent assumer entièrement leurs responsabilités et la reconstruction économique doit prendre de l’essor.  Il ne doit y avoir aucun vide sur les plans politiques, stratégique, sécuritaire et économique, a-t-il souligné.  Le représentant a dit l’importance des élections de 2014, se félicitant notamment de la publication, aujourd’hui par la Commission électorale indépendante, de la liste finale des candidats.  Il a aussi réclamé la reprise des pourparlers dans le cadre de l’initiative de Doha.


M. Khan a dit craindre que le retrait des forces internationales n’ait des répercussions sur l’économie afghane laquelle, a-t-il fait observer, est perçue comme une économie de guerre renforcée par une présence internationale « massive ».  Il s’est dit préoccupé du fait que les engagements pris en matière d’investissement et de reconstruction ne se soient pas encore matérialisés.  La crainte la plus forte du Pakistan est qu’un ralentissement économique après 2014 ne pousse un plus grand nombre de gens à fuir au Pakistan, a indiqué M. Khan, qui a précisé que son pays n’est plus capable d’absorber des réfugiés.  Près de trois millions de sans papiers sont déjà au Pakistan qui a accueilli plus de cinq millions de réfugiés au cours de ces 35 dernières années.  Notre décision de prolonger les autorisations de séjour jusqu’à la fin 2015 démontre clairement notre engagement à aider les Afghans en situation de détresse, a ajouté le représentant, qui a néanmoins dit l’importance de poursuivre les politiques de retour volontaire.


Évoquant ensuite la « relation symbiotique » qui unit son pays à l’Afghanistan, le représentant a appelé les États Membres à avoir des attentes réalistes à l’égard du Pakistan qui peut certes exercer une certaine influence mais qui ne peut pas contrôler les Taliban.  Le représentant a indiqué que son gouvernement avait libéré 46 Taliban, y compris le mollah Baradar, et offert un passage sécurisé à ceux qui sont considérés comme utiles au processus de réconciliation.  Il a encouragé les Taliban à regagner la table des négociations.


M. Khan a ensuite parlé de plusieurs projets destinés à renforcer le commerce régional, dont les corridors énergétiques et de communication.  Il a appelé à la réalisation, dans le domaine de l’énergie, des projets CASA-1000 et TAPI.  Il a aussi rappelé que son gouvernement avait débloqué plus de 400 millions de dollars pour la reconstruction de l’Afghanistan.


Le représentant a souligné la nécessité de sécuriser les frontières, estimant notamment qu’une visite du Ministre de l’intérieur afghan permettrait de répondre à la question de la gestion des frontières.  Il s’est également inquiété du fait que selon le dernier rapport de l’ONUDC, la production d’opium a augmenté de 36% cette année.  Il a jugé nécessaire d’y apporter une réponse intégrée et a appelé l’ONU à continuer de jouer un rôle important en la matière.  M. Khan a aussi dit l’importance de mieux calibrer, l’année prochaine, le mandat de la MANUA, en fonction de l’évolution de la situation.


Mme HIND ABDULAZIZ ALOWAIS (Émirats arabes unis) a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de l’Afghanistan dont la situation dans ce pays touche à la sécurité et à la stabilité de toute la région, y compris les Émirats arabes unis.  Elle a jugé important que la communauté internationale apporte la formation et les financements nécessaires au renforcement des forces afghanes.  Elle a condamné les attaques terroristes et extrémistes, avant de rappeler que dans le contexte du Processus d’Istanbul, son pays et la Turquie président un Groupe de travail sur la mise en œuvre des mesures contre le terrorisme.  Dans ce cadre, les Émirats arabes unis ont organisé des débats fructueux sur la voie à suivre. 


La représentante a rappelé que son pays a versé depuis 2011 une somme de 25,8 millions de dollars à la lutte antimines; les opérations de déminage à Kandahar ayant permis de nettoyer 50% des zones dangereuses, de créer plus de 1 000 emplois et de développer l’agriculture et les infrastructures.  Toujours en 2011, les Émirats arabes unis ont créé une Commission pour le développement en faveur de l’Afghanistan et sont fiers de dire qu’entre 2009 à 2011, l’aide émiratie a atteint les 267,3 millions de dollars.  Les Émirats arabes unis ont également travaillé avec d’autres États et organisations comme la Fondation Bill et Melinda Gates pour la vaccination des enfants.  Une somme de 33 millions de dollars a d’ailleurs été versée, entre 2011 et 2013, pour financer les campagnes de vaccination.


La représentante a souligné que la coopération régionale est une des clefs pour assurer la sécurité, la stabilité et la croissance économique en Afghanistan.  Elle a appelé au renforcement des mesures de confiance et à l’intensification du dialogue, en particulier entre l’Afghanistan et le Pakistan.  Avant de conclure, la représentante a rappelé que pendant la Conférence ministérielle d’Almaty, au Kazakhstan, les Émirats arabes unis ont annoncé un projet de 20 millions de dollars pour former des imams à l’Islam modéré et assurer ainsi le respect des droits du peuple afghan.


M. MOTOHIDE YOSHIKAWA (Japon) a appelé la MANUA à jouer un rôle de plus en plus important en 2014 et au-delà afin d’appuyer les efforts du Gouvernement afghan en matière de développement et de paix.  Il a voulu que les prochaines élections présidentielle et provinciales donnent une forte légitimité au nouveau gouvernement.  Il a insisté sur l’importance de la transparence du processus électoral dont les résultats doivent refléter la volonté de l’ensemble de la population.  Le Gouvernement, a-t-il insisté, doit encourager la pleine participation de tous les électeurs.  Le représentant a donc salué les efforts déployés par le Gouvernement afghan pour favoriser les inscriptions sur les listes électorales, adopter un cadre électoral juridique et créer les institutions clefs.  Il a toutefois noté que la participation des électeurs dépendra de la situation en matière de sécurité.


M. Yoshikawa a attiré l’attention sur la nécessité, pour le prochain gouvernement, d’honorer les engagements pris lors de la Conférence de Tokyo, notamment dans les domaines de la gouvernance, de l’état de droit, du respect des droits de l’homme et de la gestion du trésor public.  Le représentant a rappelé que depuis 2002, le Japon a débloqué 5 milliards de dollars pour les efforts de développement en Afghanistan.  Il a insisté sur l’importance de l’appropriation nationale et de la coopération régionale.  Il a salué le dialogue « intensif » entre le Pakistan et l’Afghanistan.


Mme ROSEMARY A. DICARLO (États-Unis) a déclaré que le texte de la résolution reflète l’engagement de la communauté internationale en faveur de l’Afghanistan, y compris au delà de 2014.  Les conditions de vie des Afghans se sont considérablement améliorées depuis 2001, a estimé la représentante, qui a notamment cité la scolarisation des filles, l’allongement de la durée de vie, un meilleur accès aux soins de santé ou encore la vitalité de la vie médiatique.  Nous en sommes à un stade critique pour le pays, a déclaré Mme DiCarlo, qui a rappelé que les forces afghanes avaient désormais pris le contrôle de la sécurité dans tout le pays, tout en précisant que les États-Unis resteront engagés auprès des Forces de sécurité afghanes.


Un élément essentiel de 2014 sera le transfert démocratique du pouvoir présidentiel, a estimé Mme DiCarlo, qui a rappelé que la poursuite de l’assistance internationale était assujettie à la bonne tenue du scrutin, auquel il est aussi essentiel que la société civile dans son ensemble participe activement.  Elle s’est félicitée de l’appui des Nations Unies à l’organisation de ce scrutin.  La transition ne peut réussir que si le Gouvernement afghan s’engage en faveur de l’état de droit, de la bonne gouvernance, du développement économique et de la lutte contre le trafic de drogue, a encore déclaré la représentante, qui s’est également prononcée en faveur d’une plus grande coopération économique régionale, afin de garantir la stabilité en Asie centrale.


M. ASOKE KUMAR MUKERJI (Inde) a rappelé que l’Afghanistan vit en ce moment une période cruciale de sa transition avec des défis sécuritaires, politiques et économiques.  Il a indiqué que les progrès dans la préparation technique de l’élection présidentielle de 2014 sont un témoignage du degré de motivation du peuple afghan dans sa quête d’une transition sans heurt.  Il a précisé que la clef du succès sera des élections acceptées par le peuple afghan.  Il s’agirait là d’une autre étape significative de la reconstruction politique.  Des efforts, a-t-il estimé, qui doivent être dirigés et contrôlés par les Afghans eux-mêmes.  « La raison pour laquelle nous parlons de processus contrôlés par les Afghans, a-t-il précisé, est que nous voulons insister sur le fait que le destin de l’Afghanistan est entre les mains du peuple afghan, et que cela devrait symboliser la distance parcourue dans le processus de transition et de transformation », a dit M. Mukerji.  Il a souhaité que la communauté internationale soutienne les autorités afghanes et qu’elle résiste à toute tentative de faire échouer le processus.


Il a reconnu que la situation sécuritaire en Afghanistan reste fragile, en rappelant l’attentat contre le consulat indien à Jalalabad le 3 août dernier, qui a fait de nombreuses victimes dont 10 enfants.  Il a ensuite noté que la plupart des attaques terroristes en Afghanistan sont fomentées hors des frontières du pays, notamment par des groupes proches du groupe terroriste Al-Qaida et ses affiliés.  Il a de ce fait préconisé que les processus d’inscription et de suppression des noms d’individus et de groupes dans les listes du Comité des sanctions contre Al-Qaida et les Taliban, reste proactif et vigilant.  Il a appelé à des actions concertées pour isoler et détruire le « syndicat du terrorisme qui inclut des éléments des Taliban, Al-Qaida, Lashkar-e-Taiba et d’autres groupes terroristes et extrémistes ». 


Le représentant a estimé qu’il était temps pour la communauté internationale de réexaminer le rôle qu’elle joue en Afghanistan, notamment en discutant de la question du renouvellement du mandat de la MANUA.  Il a salué le rôle joué par la Mission au cours de la dernière décennie et a relevé qu’au vu de la maturité du processus politique en Afghanistan, il serait souhaitable que la MANUA soutienne davantage les institutions politiques du pays et non plus le processus politique lui-même.  La MANUA devrait aussi renforcer son assistance humanitaire et au développement.  L’évaluation de la MANUA, a-t-il dit, devrait tenir compte des problèmes de cohérence dans l’exécution du mandat, et de la duplication des ressources et du coût élevé des programmes des Nations Unies dans le pays.


M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a indiqué que l’élection d’un nouveau chef d’État au terme d’un processus démocratique constituerait un tournant dans les futures relations de l’Afghanistan avec la communauté internationale.  Il a exhorté les Nations Unies à renforcer leur appui aux institutions afghanes pour qu’elles s’approprient progressivement le développement du pays.  Il a exprimé le souhait de l’Italie de voir les autorités de Kaboul prendre les mesures qu’il faut pour garantir un processus électoral inclusif, transparent et crédible.  Il a insisté sur le fait que la sécurité est la condition préalable des élections présidentielle et provinciales, en précisant que cette responsabilité relève des Forces de sécurité afghanes, lesquelles, a-t-il déclaré, avaient accompli des progrès significatifs.  M. Cardi a réitéré sa conviction que la stabilisation de l’Afghanistan dépend, entre autres, de la réconciliation nationale.  Il a dit être certain que le réchauffement récent des relations entre l’Afghanistan et le Pakistan laissait présager une évolution positive du dialogue interafghan et de la coopération régionale.


M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran) a pris note des progrès réalisés par l’Afghanistan durant les années écoulées et des défis que le pays doit encore relever.  Il a estimé qu’avec les élections présidentielle et provinciales d’une part, le retrait des forces étrangères du pays d’autre part, 2014 serait une année cruciale pour l’avenir du pays.  Affirmant le soutien de son pays aux efforts de paix et de réconciliation du Gouvernement afghan, il a appelé la communauté internationale à soutenir le scrutin, qu’il a jugé essentiel pour la stabilité politique et l’unité du pays.  Il a également souhaité une participation active du peuple afghan et a insisté sur le respect de la Constitution et du caractère national du processus de réconciliation, qui doit pouvoir progresser à l’abri de toute pression ou interférence extérieure, sans donner non plus l’impression de récompenser les politiques extrémistes et les auteurs d’actes de terrorisme.  Pour leur part, les Nations Unies devraient continuer de jouer un rôle actif dans le pays après 2014, a encore estimé le représentant.


La sécurité est une condition préalable au succès de tous les efforts consentis en Afghanistan, a déclaré M. Khazaee qui a souhaité que le retrait complet des forces étrangères soit suivi d’un soutien de la communauté internationale en équipement et formation pour faire face aux menaces existantes.  Le représentant a insisté sur le lien entre le terrorisme, la criminalité internationale et le trafic de drogue, tous éléments qui contribuent à l’instabilité.  À cet égard, il a demandé le maintien du soutien international aux initiatives tripartites de son pays, de l’Afghanistan et du Pakistan contre le narcotrafic, affirmant que l’Iran avait perdu 4 000 membres de ses forces de sécurité, ces dernières années, dans ce combat, et qu’il y consacre chaque année 600 millions de dollars.  L’Iran ne peut maintenir cet effort sans l’appui de la communauté internationale, y compris sous la forme de technologies de pointe pour le contrôle des frontières, a-t-il affirmé.


M. Khazaee a rappelé que son pays accueille encore 1,5 million de réfugiés afghans, qui reçoivent une assistance essentielle, notamment des soins de santé gratuits ou une éducation, malgré les sanctions économiques et financières qui lui sont imposées de manière unilatérale.  Il a rappelé qu’il était nécessaire de garantir aux réfugiés la satisfaction d’un minimum de besoins en Afghanistan pour renforcer le flux des retours volontaires.  En attendant, l’Iran demande à la communauté internationale de lui allouer des moyens pour subvenir aux besoins des réfugiés afghans sur son territoire.


Quant aux engagements souscrits ces dernières années lors des conférences internationales sur l’Afghanistan, ils doivent être respectés, a déclaré M. Khazee, qui a cité différentes contributions de son pays.  Il a en outre mis l’accent sur la coopération économique régionale, y compris dans le cadre du « Cœur de l’Asie » et du Processus d’Istanbul.  L’Afghanistan passe par une phase importante de son histoire et le peuple afghan mérite notre aide pour prendre son destin en charge, a conclu le représentant, qui a souhaité une adoption unanime du projet de résolution. 


M. RAJA REZA RAJA ZAIB SHAH (Malaisie) a souligné les défis auxquels l’Afghanistan doit faire face en 2014, à savoir l’organisation d’élections présidentielle et provinciales et le retrait complet de la FIAS.  Dans ce contexte, il a estimé que s’il revenait en premier lieu aux Afghans eux-mêmes de faire des progrès; la communauté internationale devant maintenir son appui et son assistance pour s’assurer que les objectifs de la Décennie (2015-2024) de la transformation soient atteints.  Elle doit également apporter tout le soutien nécessaire aux Forces nationales de sécurité, avant tout retrait de la FIAS en 2014, a-t-il ajouté. 


Après avoir déploré la situation en matière de sécurité qui continue de prévaloir dans ce pays et condamné la violence perpétrée contre des civils, notamment des femmes et des enfants, le représentant a appelé les forces afghanes à éviter et prévenir tout dommage collatéral dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.  Il est vital, a-t-il poursuivi, que les auteurs d’abus contre les civils soient rendus responsables de leurs actes et que la communauté internationale ne donne pas au peuple afghan des raisons de se détourner du processus de transition.


Pour le représentant, ce processus gagnerait de la participation des femmes dans les sphères politique et économique.  Dans ce contexte, il a condamné les attaques dont sont victimes les femmes afghanes ayant des postes à responsabilité, tout en appelant le Gouvernement à assurer leur protection.  La Malaisie sait que changer les habitudes prend du temps et qu’il faut tenir compter des contextes culturels et religieux.  Elle est également prête à partager son expérience en matière de promotion des droits de la femme, a assuré son représentant. 


Mme SIMONA MIRELA MICULESCU (Roumanie) a estimé qu’au cours de la décennie écoulée, le peuple afghan avait réalisé des progrès considérables, sur les plans politique, économique, du développement et de la sécurité, avec le soutien de la communauté internationale.  La Roumanie est fière d’y avoir contribué, a déclaré la représentante, qui a présenté une série de programmes et activités menés par son pays, de la formation des militaires et des policiers afghans à un programme pilote pour les diplomates afghans.  La Roumanie, a ajouté la représentante, s’est en outre engagée à participer militairement à la FIAS jusqu’à la fin de 2014 et a fait part de sa disposition à entraîner et conseiller les Forces armées afghanes dans le cadre de la mission que l’OTAN dirigera après 2014.  Mme Miculescu a estimé que son pays avait retenu de l’engagement de la communauté internationale en Afghanistan l’importance de la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales et s’est félicitée de la collaboration entre les représentants spéciaux des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’OTAN dans leur soutien aux autorités afghanes dans le domaines de la paix et de la sécurité, mais aussi de l’état de droit, de la démocratie, des droits de l’homme et du développement social et économique.


M. FRANTIŠEK RUŽIČKA (Slovaquie) a mis l’accent sur l’appropriation nationale, la dynamique du processus et l’attente des bonnes nouvelles, le développement économique, et la coopération régionale.  S’agissant de l’appropriation nationale, il a exhorté le Gouvernement afghan à poursuivre son processus de transition, de stabilisation, de paix et de réconciliation nationale.  Pour ce qui est de la dynamique du processus, le représentant a dit que ce nous voulons, ce sont de bonnes nouvelles, à savoir des histoires positives qui encouragent les Afghans à ne pas retourner en arrière et à ne pas s’écarter du chemin de la stabilité, de la sécurité et des libertés.  Non qu’il faille ignorer les attaques, la fragilité de la situation en matière de sécurité et les menaces non militaires, a dit le représentant.  Mais il faut aussi mettre l’accent sur les bonnes pratiques et les progrès pour mobiliser les investisseurs, les politiciens et surtout les le peuple afghan. 


Pour ce qui est du développement économique, M. Ružička a rappelé que l’Afghanistan a des milliards de milliards de dollars de ressources minières.  Alors, a-t-il demandé à la communauté internationale et surtout aux dirigeants afghans, quel chemin faudra-t-il choisir après 2014, le chemin des années et peut-être des décennies de guerre, ou celui de la stabilité et de la prospérité? Le représentant a ensuite salué tous les efforts en cours pour renforcer la coopération  régionale.  Il a dit la volonté de la Slovaquie de continuer à fournir des moyens à la FIAS et a précisé que son pays avait l’intention de participer à la mission de l’OTAN après 2014, dans les domaines de la formation, des conseils et de l’assistance.  Au-delà de l’assistance militaire, l’Afghanistan reste aussi une priorité de l’aide publique au développement slovaque, a encore dit M. Ružička.


Mme EDITA HRDÁ (République tchèque) a reconnu la remarquable transformation de l’Afghanistan pendant la dernière décennie.  Elle a souligné les nombreux défis qui restent avant que le pays ne parvienne à la stabilité et à la prospérité.  Elle a rappelé que de 2008 à 2013, son pays a aidé à la mise en place, dans la province de Logar, d’un institut d’agronomie.  L’engagement multidimensionnel des militaires, policiers et experts civils tchèques a été le plus complexe et le plus difficile dans l’histoire de la République tchèque. 


À la lumière de la transition en cours et du renforcement des capacités des Forces de sécurité nationales, la République tchèque a graduellement réduit son personnel militaire mais elle maintiendra un appui au-delà de 2014.  Le Gouvernement a déjà approuvé une contribution budgétaire qui viendra compléter l’aide publique au développement tchèque pour la période 2014-2017.  Le maintien de l’aide internationale dépend des Afghans, a prévenu la représentante.  La mise en œuvre des engagements du Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo reste la clef.  Il est très important que l’effort de réforme de l’Afghanistan reprenne rapidement et s’intensifie après les élections.  Il est tout aussi important que l’Afghanistan continue ses efforts pour protéger les droits de l’homme et les droits de la femme.


L’élection présidentielle de 2014 présente une opportunité pour les dirigeants afghans de montrer leur attachement aux principes annoncés dans la Constitution du pays.  Ces élections devraient représenter une étape majeure vers la vision d’un avenir pacifique pour toutes les communautés afghanes.  La représentante a espéré une large participation aux élections et à dit compter sur les Forces de sécurité afghanes pour les sécuriser.


M. Y. HALIT ÇEVIK (Turquie) a salué les signaux positifs venant de l’Afghanistan durant l’année passée.  Les forces de sécurité ont pleinement assuré leur rôle de leadership et les préparatifs des élections sont en cours, conformément au calendrier.  En dépit de ces signes positifs, des défis politiques, économiques et sécuritaires majeurs demeurent, a reconnu le représentant.  La situation sécuritaire reste volatile avec des coûts humains inacceptables alors que les catastrophes naturelles, les maladies, la pauvreté et l’augmentation du nombre des déplacés posent des graves menaces humanitaires.  Nous devons rester en contact avec ces réalités du terrain, a exhorté le représentant. 


Alors que la présence internationale a commencé à se réduire, l’importance de la coopération régionale pour parvenir à la stabilité, la sécurité et la prospérité est de plus en plus reconnue.  En fait, a-t-il expliqué, l’appropriation régionale et la viabilité des efforts sont liées.  Le représentant s’est réjoui de l’élan du Processus d’Istanbul, un élément reconnu par l’Assemblée générale.  Il a attribué ce succès à l’appropriation et à la solidarité régionales, à l’appui technique des organes des Nations Unies et à l’intérêt de la communauté internationale.  Il s’est félicité de la proposition de la Chine d’accueillir la prochaine réunion ministérielle du Processus d’Istanbul.  Il a également salué le rôle constructif de l’OCS.  Il a souligné que c’est la connectivité qui facilitera le développement économique, la stabilité et l’autosuffisance en Afghanistan et qui aidera à créer un climat des affaires favorable aux investissements.  La Turquie attache une importance particulière aux projets de transport routier et ferroviaire et au renforcement des capacités de l’aviation civile, a-t-il dit.


*   ***   *


À l’intention des organes d’information • Document non officiel