09/10/2013
Assemblée générale
AG/11440

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-huitième session

32e séance plénière - matin


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: PROMESSE D’UNE STRATÉGIE « COHÉRENTE » POUR L’APRÈS-2015

QUI PRENNE EN COMPTE LES TROIS PILIERS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE


Les conclusions de la manifestation spéciale que l’Assemblée générale a tenue, le 25 septembre dernier, sur le bilan de l’action entreprise pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont enfin connues.  Dans le « Document final » que l’Assemblée a adopté, ce matin, les chefs d’État et de gouvernementdécident de redoubler d’efforts pour atteindre les OMD d’ici à 2015 et après cette date, de mettre en œuvre une stratégie cohérente qui prenne en compte de « façon équilibrée » les trois piliers du développement durable à savoir, la croissance économique, la justice sociale et la protection de l’environnement.


Le « Document final » est un appel à l’action, s’est félicité le Président de l’Assemblée générale, M. John Ashe.  Mais, a-t-il tempéré, ce n’est que le premier pas dans toute une série d’efforts exigeant que nous travaillions ensemble pour réaliser les OMD qui nécessitent encore une collaboration renforcée et des sources de financement fiables.


« Nous sommes déterminés à élaborer un programme ambitieux, à terminer ce qui doit l’être, et à relever les nouveaux défis », promettent les chefs d’État et de gouvernement dans leur « Document final ».  Sachant que l’élimination de la pauvreté et la promotion du développement durable sont indissociablement liées, ils soulignent donc que, pour l’après-2015, il faut mettre en œuvre une stratégie « cohérente » qui prenne en compte « de façon équilibrée » les trois piliers du développement durable que sont la croissance économique, la justice sociale et la protection de l’environnement.


Ce qui suppose, disent-ils, « un cadre unique et une seule série d’objectifs universels et applicables à tous, mais qui tiennent compte des différents contextes nationaux et respectent les priorités nationales ».  Le principe de la responsabilité commune mais différenciée est d’ailleurs dûment souligné.  Avec ses 21 millions d’hectares de massif forestier, le Cameroun, par la voix de son représentant, a en effet estimé que les détenteurs de ces « biens publics mondiaux » devraient obtenir un juste prix pour en assurer le gardiennage, l’entretien, la conservation et la régénérescence.  


S’il a aussi appuyé le principe de responsabilité commune mais différenciée, le représentant de l’Union européenne a argué qu’il est explicitement lié à la dégradation de l’environnement et qu’il ne saurait être applicable à l’ensemble des questions à prendre en compte dans le programme de développement pour l’après-2015.


« Nous devons voir dans l’an 2015 le début d’une ère nouvelle, qui sera celle où nous éliminerons la misère noire, protégerons l’environnement et offrirons à chacun la chance de s’épanouir économiquement », dit le Secrétaire général dans son rapport sur l’activité de l’Organisation, dont l’Assemblée générale a aussi discuté aujourd’hui.


D’ailleurs, dans leur « Document final », les chefs d’État et de gouvernement décident d’entamer, au début de la prochaine session de l’Assemblée générale, les négociations qui doivent déboucher sur le nouveau programme à soumettre à leur approbation à un sommet en 2015.


Compte tenu des limites de temps, une alerte a été lancée par le représentant du Népal.  On risque, a-t-il dit, de se retrouver avec un programme qui ne reflète pas les réalités.  Les exemples abondent, s’est-il expliqué, de ces programmes décennaux dont la mise en œuvre a été retardée parce que pendant au moins cinq ans, on a cherché à savoir comment les adapter aux réalités nationales.  Son homologue de la Mongolie a, par exemple, souligné que pour son pays la priorité est l’accès à l’eau.  Il a réclamé une convention des Nations Unies sur la gestion des ressources en eau.


Sur recommandation* de sa Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires, l’Assemblée générale a décidé que les Comores, la Guinée-Bissau, la République centrafricaine, Sao Tomé-et-Principe et la Somalie seront autorisées à voter jusqu’à la fin de la session, arguant que le non-paiement du montant prévu par l’Article 19 de la Charte est dû à des circonstances indépendantes de leur volonté.


L’Assemblée générale se réunira à nouveau lundi 14 octobre, à partir de 10 heures, pour examiner les rapports des Tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie.


* A/68/504


SUITE DONNÉE AUX TEXTES ISSUS DU SOMMET DU MILLÉNAIRE


Adoption du « Document final de la manifestation spéciale consacrée au bilan de l’action entreprise pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement » : projet de résolution (A/68/L.4)


Dans ce document, les chefs d’État et de gouvernement et chefs de délégation réaffirment leur attachement aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et décident de redoubler d’efforts pour les atteindre d’ici à 2015, notamment les objectifs concernant la pauvreté et la faim, l’accès universel à l’enseignement primaire, la mortalité des enfants de moins de cinq ans, l’accès universel à la médecine procréative, notamment la santé maternelle, la protection de l’environnement et l’accès à l’eau et aux services d’assainissement.


Les chefs d’État et de gouvernement promettent ainsi de privilégier les démarches intersectorielles qui ont un effet multiplicateur, conscients que la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles contribuent à la réalisation de tous les objectifs.


Dans ce contexte, ils soulignent la place centrale d’un partenariat mondial renforcé pour le développement.  Ils soulignent que les efforts des pays doivent être appuyés par une aide internationale et s’inscrire dans un environnement international propice et qu’il sera crucial de mobiliser et d’utiliser efficacement l’ensemble des ressources disponibles, publiques et privées, nationales et internationales.


Ils insistent sur la nécessité d’accélérer les progrès pour atteindre la cible de 0,7% du revenu national brut des pays développés consacré à l’aide publique au développement d’ici à 2015, dont 0,15% à 0,20% aux pays les moins avancés.


S’agissant du programme de développement pour l’après-2015, ils se disent déterminés à élaborer un programme ambitieux fondé sur les bases jetées par les Objectifs du Millénaire, à terminer ce qui doit l’être et à relever les nouveaux défis.  Dans ce contexte, ils réaffirment l’ensemble des principes énoncés dans la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, et notamment le septième, selon lequel les États ont des responsabilités communes mais différenciées.


Sachant que l’élimination de la pauvreté et la promotion du développement durable sont indissociablement liées, ils soulignent qu’il faut mettre en œuvre une stratégie cohérente qui prenne en compte de façon équilibrée les trois piliers du développement durable, ce qui suppose l’élaboration d’un cadre unique et d’une seule série d’objectifs qui soient universels et applicables à tous les pays, mais tiennent compte des différents contextes nationaux et respectent les politiques et priorités nationales, et concourent à la promotion de la paix et de la sécurité, de la gouvernance démocratique, de la primauté du droit, de l’égalité des sexes et du respect des droits de l’homme pour tous.


Les chefs d’État et de gouvernement décident donc d’entamer, au début de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale, des négociations intergouvernementales qui déboucheront sur l’adoption du programme de développement pour l’après-2015.


Ils appellent de leurs vœux un processus intergouvernemental transparent qui rassemble les contributions de toutes les parties prenantes, y compris la société civile, les institutions scientifiques et académiques, les parlements, les autorités locales et le secteur privé.  Ils demandent d’ailleurs au Secrétaire général de résumer l’ensemble des contributions qui auront été reçues et de leur présenter un rapport de synthèse avant la fin de 2014.


La phase finale des travaux intergouvernementaux, disent-ils, aboutira à un sommet des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra en septembre 2015 et au cours duquel sera adopté le programme de développement pour l’après-2015.


Déclarations


Le représentant de Fidji, intervenant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a insisté sur l’importance d’ancrer les objectifs de développement durable dans les OMD et de respecter strictement le principe de responsabilité commune et différenciée.


« Il faut réaliser la promesse des OMD », a souligné le représentant de l’Irlande, au nom des deux cofacilitateurs de la manifestation spéciale.  Il a insisté sur le fait que le Document final exige qu’une attention particulière soit accordée aux OMD qui n’ont pas encore été réalisés.


Le représentant de l’Union européenne s’est félicité de l’accent mis sur le Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha comme cadre de référence principal en matière de financement du développement.  S’il a, lui aussi, appuyé le principe de responsabilité commune et différenciée, il a toutefois fait observer que ce dernier est explicitement lié à la dégradation de l’environnement et a argué que tout accord sur la pertinence de ce principe ne saurait être interprété comme permettant son application à l’ensemble des questions qui doivent être prises en compte dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015.


La représentante des États-Unis a salué l’engagement manifesté par la communauté internationale contre la pauvreté, tout en mettant l’accent sur la nécessité de respecter les contraintes budgétaires.


À son tour, le représentant du Japon a jugé nécessaire d’établir un programme de travail très clair pour l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.  Il a notamment voulu que les modalités relatives à la tenue du sommet prévu en septembre 2015 soient négociées de la manière la plus neutre possible.


Son homologue de l’Égypte a vu dans la lutte contre la pauvreté un « défi planétaire » qu’il faut néanmoins relever pour pouvoir réaliser le développement durable.


RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR L’ACTIVITÉ DE L’ORGANISATION


Ce rapport paru sous la cote (A/68/1)présente l’activité de l’ONU dans un chapitre 2 subdivisé en huit parties relatives à la promotion d’une croissance économique soutenue et du développement durable; au maintien de la paix et de la sécurité internationales; au développement de l’Afrique; à la protection des droits de l’homme; à la coordination des opérations d’assistance humanitaire; à la justice et au droit international; au désarmement; et au contrôle des drogues, à la prévention du crime et à la lutte contre le terrorisme international.  


Les chapitres 1, 3, 4, concernent l’introduction, le renforcement de l’Organisation et la conclusion.  Le rapport présente en annexe des tableaux statistiques sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les cibles et les indicateurs.


Le Secrétaire général fait en effet observer que « dans 1 000 jours, la plus vaste et heureuse campagne contre la pauvreté de l’histoire, celle des OMD, prendra fin ».  « Mais loin de la fin, nous devons voir dans l’an 2015 le début d’une ère nouvelle, qui sera celle où nous éliminerons la misère noire, protégerons l’environnement et offrirons à chacun la chance de s’épanouir économiquement. »


Le Secrétaire général appelle les États Membres à accélérer la marche vers la réalisation des OMD, faisant notamment observer qu’à moins de réagir « résolument », près d’un milliard de personnes seront encore vouées à la misère noire en 2015.


Il invite également les États Membres à repenser les relations entre objectifs et à l’intérieur d’un même objectif au motif qu’« échouer à atteindre certaines cibles, c’est compromettre les chances d’en atteindre d’autres ».  « Ne pas réaliser l’égalité des sexes, c’est remettre en cause la réalisation d’autres objectifs tributaires de l’autonomisation des femmes et de l’accès à l’éducation, à l’emploi, à la santé et à la prise de décisions » s’explique-t-il.


« Manquer d’installations d’assainissement adéquates, c’est s’exposer gravement à la maladie comme est, hélas, venue le prouver l’épidémie de choléra en Haïti.  Ne pas préserver et protéger ses ressources naturelles, c’est hypothéquer la réalisation des objectifs du Millénaire d’intérêt social, économique et environnemental, et laisser gagner du terrain la pauvreté, la dégradation des ressources, la déforestation, la désertification et l’appauvrissement de la diversité biologique. »


Pour le Secrétaire général, le programme de développement pour l’après-2015 offre une « occasion inédite » de relever les défis nouveaux et d’aller au-devant de ceux que l’avenir nous réserve « tout en œuvrant plus efficacement à atteindre nos objectifs actuels ».  Le Secrétaire général juge nécessaire que celui-ci s’ordonne autour du développement durable, ayant pour finalité de stimuler la prospérité tout en s’attaquant aux menaces que les changements climatiques et la dégradation de l’environnement font peser sur l’humanité.


« Il doit ériger la création d’emplois en priorité.  Il doit regarder la paix, la sécurité et l’élimination de la violence comme essentielles », enchaîne M. Ban Ki-moon, pour qui la mise en œuvre de ce programme appelle un « nouveau partenariat mondial » et exige de « repenser fondamentalement » le mode de fonctionnement de l’économie et l’organisation de la société, dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud.


Le Secrétaire général appelle également les États Membres à mobiliser la volonté politique nécessaire à la conclusion d’un accord universel sur le climat.  S’agissant de la question du maintien de la paix, il constate que le cadre normatif de la protection des civils, notamment les notions de « responsabilité de protéger » et de « protection responsable », continue d’alimenter des débats parfois purement stériles ».


« Nous ne pouvons permettre de laisser l’exercice des pires violences sur la personne de civils se banaliser au point d’en perdre notre force d’indignation et notre volonté d’agir », avertit-il.  Il déplore qu’en dépit de tous les engagements pris en matière de protection des droits de l’homme « nous ayons déçu trop de monde », pointant notamment le doigt sur les situations au Mali, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo ou en Syrie.


Pour ce qui du désarmement, le Secrétaire général s’inquiète de l’impasse dans laquelle se trouve la Conférence du désarmement. « L’Organisation, souligne-t-il, ne peut pas véritablement asseoir la légalité dans le domaine du désarmement alors que l’unique instance multilatérale de négociation au monde échoue à convenir d’un programme de travail ». 


Il se félicite naturellement de ce que l’Assemblée générale ait, le 2 avril 2013, approuvé à une très large majorité le Traité sur le commerce des armes, voyant là un « succès diplomatique inoubliable ».


Déclarations


M. DATO ABDUL GHAFAR ISMAIL (Brunéi Darussalam), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a assuré que les pays de la région étaient mobilisés pour rendre la croissance économique plus durable et plus inclusive.  « Nos initiatives visent à appuyer les groupes les plus vulnérables et à renforcer les compétences entrepreneuriales des jeunes », a-t-il indiqué.  Concernant les questions de sécurité, il a considéré que le Traité sur le commerce des armes, une fois entré en vigueur, serait un instrument essentiel pour établir des relations interétatiques stables et faire avancer les efforts de désarmement.  Sur ce dernier point, il a déclaré que les pays de l’ASEAN continueront d’œuvrer à la réalisation d’un monde exempt d’armes nucléaires, conformément aux objectifs et principes de la zone exempte d’armes nucléaires de l’Asie du Sud-Est


M. SATISH CHANDRA MISRA (Inde) a voulu que l’élimination de l’extrême pauvreté reste l’objectif majeur du programme de développement pour l’après-2015.  S’agissant des changements climatiques, il a affirmé que l’Inde tient fermement à des objectifs ambitieux en accord avec les principes et les dispositions de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).  S’agissant des partenariats pour le développement, il a dit la disposition de son pays à élargir sa coopération avec l’Afrique, les pays les moins avancés (PMA) et les pays en développement sans littoral dans le cadre de la coopération Sud-Sud et du Forum Inde-Afrique.  En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, le représentant a dénoncé l’hésitation de certains pays qui freinent l’adoption de la Convention générale sur le terrorisme international.  Il a ensuite dit la fierté de son pays de participer aux missions de maintien de la paix des Nations Unies.  Il a aussi salué les initiatives de modernisation et de réforme de l’ONU et a rappelé l’urgence qu’il y a à réformer le Conseil de sécurité.


M. OCH OD (Mongolie) a indiqué que si le monde ne prend pas des actions immédiates contre l’extrême pauvreté, plus d’un milliard d’individus resteront dans cet état en 2015.  Il a salué les différentes initiatives du Secrétaire général dont « L’éducation avant tout », avant d’énumérer les réalisations de son pays dans le domaine de l’éducation, particulièrement la lutte contre l’illettrisme et l’éducation à la démocratie.  Il a aussi souligné l’importance du partenariat entre les différents acteurs internationaux, dont la société civile.  Il a mis l’accent sur la vulnérabilité de son pays aux changements climatiques et aux problèmes environnementaux.  Il a appelé à des efforts supplémentaires dont la mise en œuvre des recommandations de la Conférence Rio+20 y compris la gestion de l’eau et l’énergie verte.  À ce titre, il a proposé l’élaboration d’une convention des Nations Unies sur la gestion des ressources en eau.  Au sujet du maintien de la paix, le représentant a rappelé que 5 000 Casques bleus mongols ont servi sous le drapeau de l’ONU, durant la dernière décennie.  S’agissant des armes nucléaires, il a rappelé la proposition de son pays de lancer un dialogue, à Oulan-Bator, sur la sécurité dans le nord-est de l’Asie, tout en espérant que les pays de la région répondront favorablement à cette initiative.    


M. LIU JIEYI (Chine) a déclaré que les Nations Unies continuent de jouer un rôle important dans la promotion du développement durable et de la paix, cela « en privilégiant le désarmement multilatérale et la non-prolifération ».  « Il convient de répondre ensemble aux défis qui se posent dans ces domaines qui sont liés entre eux, comme nous l’enseignent les opérations de maintien de la paix. »  Le représentant a assuré que la Chine était prête à fournir « dans la mesure de ses moyens » un appui technique aux équipes de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) qui supervise la destruction des armes chimiques en Syrie.  Mais la finalité doit être la recherche d’une solution politique, a dit le représentant en plaçant beaucoup d’espoir dans la Conférence de Genève II.  La reconstruction du pays doit passer par le dialogue, a-t-il insisté.  Concernant la mise en œuvre des OMD et l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015, il a souhaité que l’accent soit mis sur les besoins spécifiques des pays en développement.  Les déséquilibres entre le Nord et le Sud n’ont pas encore disparus, a-t-il dit, avant de plaider pour une mise en place progressive de la réforme du Conseil de sécurité, dont le but est de renforcer la participation au processus de prise de décisions « du monde en développement ». 


M. KAZUYOSHI UMEMOTO (Japon) a d’abord condamné les violences perpétrées en République populaire démocratique de Corée (RPDC) et a annoncé que, cette année encore, sa délégation, aux côtés de l’Union européenne, soumettrait un projet de résolution sur la situation des droits de l’homme en RPDC afin d’interpeller la communauté internationale sur la grave question des enlèvements.  Le représentant a salué les travaux menés par l’ONU dans le domaine de la consolidation de la paix, l’accent devant être mis, selon lui, sur le lien entre maintien de la paix et développement.  « Il faut, a-t-il estimé, renforcer la coordination entre les organisations pertinentes et les donateurs. »  Sur la Syrie, il a exhorté le régime de Bashar Al-Assad à respecter les obligations prévues par la résolution 2118 du Conseil de sécurité et à éliminer son arsenal d’armes chimiques dans les délais fixés par l’OIAC.


Il a ajouté que le démantèlement de cet arsenal n’était pas une fin en soi, la communauté internationale devant continuer à rechercher une solution politique à la crise syrienne.  « Le Japon participera activement à cet effort lors de Genève II, la conférence qui se penchera sur le processus de transition en Syrie », a-t-il assuré.  S’agissant du programme de développement pour l’après-2015, le représentant a jugé essentiel que la question de la sécurité humaine y figure en bonne place.  Il a ainsi annoncé la tenue d’une conférence, en 2015, sur le thème de la réduction des risques de catastrophes naturelles, à Sendai, l’une des localités les plus durement touchées par le tsunami de 2011.


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a estimé que lors de la définition des objectifs de développement pour l’après-2015, une attention toute particulière devra être accordée à la situation des pays les moins avancés (PMA).  Ces objectifs ne devront pas être imposés comme une condition ou une nouvelle obligation faite aux pays en développement mais être universellement applicables à l’ensemble des États Membres, y compris les pays développés, a-t-il prévenu.  Il a souligné l’importance du principe de responsabilité commune mais différenciée et mis en garde contre la possibilité que les objectifs de développement durable mettent à mal la réalisation des OMD d’ici à 2015.  S’ils sont correctement définis, ces objectifs doivent au contraire accélérer la poursuite du travail entamé sous l’égide des OMD, a-t-il commenté.


Après avoir appelé à la résolution de la crise syrienne, grâce à un processus politique inclusif, M. Haniff a appuyé les efforts de médiation qui sont déployés pour trouver une issue pacifique et durable aux différends dans le monde.  Il a estimé que l’application du principe de modération est un « outil essentiel » pour la résolution de conflit, la réconciliation nationale, l’édification de la paix ou encore l’élaboration des dispositifs de partage de pouvoir.  Il a ajouté que la Malaisie se tient prête à fournir un appui en matière de renforcement des capacités par l’intermédiaire du Programme malaysien de coopération technique qui a déjà permis, a-t-il précisé, de former 4 000 personnes dans 14 pays postconflit.


Le représentant s’est ensuite inquiété de l’impasse dans laquelle se trouve la Conférence du désarmement et a jugé nécessaire de prendre en compte les nouvelles perspectives que pourraient apporter certains universitaires, intellectuels et ONG, entre autres.  Il a ensuite annoncé que la Malaisie a signé, le 26 septembre 2013, le Traité sur le commerce des armes.


M. Haniff a également estimé qu’en cette période de disette, la bonne formation du personnel de l’ONU permettrait d’aider cette dernière à faire face aux défis qui se font jour.  Il s’est félicité des programmes UMOJA et les normes IPSAS (Normes comptables internationales pour le secteur public).  Le représentant a ensuite appelé à l’achèvement du plan-cadre d’équipement en temps voulu et dans la limite des contraintes budgétaires.  Il a estimé que celui-ci doit améliorer l’efficacité de l’ONU en modernisant la communication et en améliorant les conditions de travail du personnel de l’ONU.


M. MATEO ESTREME (Argentine) a salué l’état d’avancement des OMD, notant que « les États sont et ont été les principaux catalyseurs de cet effort mondial ».  Il a ajouté que l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015 « ne doit pas nous écarter du travail urgent de mettre pleinement en œuvre les OMD avant la date butoir ».  Le représentant a également souligné que le programme post-OMD devrait comporter des cibles clairement définies afin de renforcer la lutte contre la pauvreté, « qui doit rester notre objectif central pour 2030 ».  Il a estimé que, pour inverser la tendance actuelle, marquée par le creusement des inégalités entre Nord et Sud et à l’intérieur des pays, il n’existe pas de modèle unique.  « Pour réaliser un développement durable réellement inclusif, on ne peut compter que sur la volonté politique des pays d’assumer leurs responsabilités au nom des engagements pris au niveau international », a-t-il dit.  Après avoir plaidé pour une amélioration de l’accès des pays en développement aux marchés, s’agissant en particulier des exportations agricoles, il a considéré que le financement du programme pour l’après-2015 « dépendra de la nature des objectifs que nous définirons ensemble ». 


S’agissant de la crise syrienne, il a déploré le fait que le Conseil de sécurité ait mis plus de deux ans à tomber d’accord sur une résolution contraignante.  « Comme l’a rappelé lors du débat général notre Présidente, le droit de veto est presque toujours un obstacle à la paix », a-t-il lancé, souhaitant que la communauté internationale s’appuie sur l’unité récente du Conseil sur la situation humanitaire en Syrie pour avancer sur la voie d’une solution négociée et politique « répondant aux aspirations légitimes du peuple syrien ».  « Il faut lancer le mécanisme de transition politique prévu par le Communiqué de Genève », a-t-il dit dans une allusion à la tenue, mi-novembre, de la Conférence dite « Genève II ».


M. MICHELTOMMO MONTHE (Cameroun) a dit que sur les questions de paix et de sécurité internationales, la prévention, la consolidation et la médiation sont les voies les plus indiquées pour éviter que les situations de conflit ne dégénèrent ou ne s’enlisent de manière incontrôlable.  Sur les questions politiques, le représentant a déclaré que la République centrafricaine mérite une attention particulière.  S’agissant de la promotion d’une croissance économique soutenue et du développement durable, il a estimé que les changements climatiques constituent une question majeure de notre temps.  Il a ajouté que la contribution du Cameroun au progrès économique et social durable réside, entre autres, dans la gestion écologiquement rationnelle des 21 millions d’hectares de massif forestier du grand bassin du Congo.  S’il faut que toute cette richesse soit des biens publics mondiaux, le partenariat devrait permettre aux détenteurs d’en jouir légitimement et d’obtenir un juste prix pour en assurer le gardiennage, l’entretien, la conservation et la régénérescence. 


Concernant le développement de l’Afrique, est-il encore besoin de redire que notre continent a, ces dernières années, réaffirmé son leadership dans la définition de l’avenir et de la place qu’il veut dans le concert des nations, a demandé le représentant.  Sur la promotion et la protection des droits de l’homme, le Cameroun est très engagé dans ce domaine comme le témoignent les progrès réalisés par le Gouvernement, notamment dans la formulation des législations appropriées en faveur des personnes vulnérables.  Sur le renforcement de l’ONU, le représentant a souligné que ces dernières années, la stabilité et la prévisibilité de l’ensemble du cadre stratégique, du budget, des outils de contrôle des Nations Unies ont été mises à rude épreuve en raison des difficultés financières mondiales.  Le Secrétaire général a été contraint de faire plus avec moins, a-t-il dit tout en souhaitant que les projets tels qu’UMOJA ou les normes IPSAS rentrent dans une habitude et une culture pérenne de gestion « si l’ONU veut survivre à l’ère de l’informatique ».  Avant de terminer, il a demandé au Secrétaire général d’avancer « en pleine consultation et avec une grande écoute des États Membres dans leur entièreté ».


M. DURGA PRASAD BHATTARAI (Népal) a affirmé qu’il n’existe pas d’alternative à une ONU « robuste et réformée ».  Il a vu dans le programme des OMD « l’effort de développement le plus réussi de toute l’histoire de l’ONU », se félicitant notamment du fait que cet effort ait permis, selon lui, de rapprocher l’ONU des populations des pays du Sud.  Il a souligné que le programme de développement pour l’après-2015 ne doit pas trahir le milliard de personnes qui vivent dans une pauvreté abjecte.  Ce programme doit faire figurer l’humanité au centre des efforts.


M. Bhattarai a fait observer que les États Membres ont à peine 100 semaines pour élaborer le programme de développement pour l’après-2015.  Si on y soustrait les week-ends et les jours fériés, cette période se voit réduite d’un tiers, a-t-il insisté.  Il a averti que compte tenu de cette limite de temps, on risque de ne pas pouvoir prendre en compte l’ensemble des positions et d’élaborer un programme moins inclusif ou qui ne sache pas refléter les réalités.  On risque surtout un décalage entre son application au niveau international et son application au niveau national, s’est inquiété le représentant.  Il a mis l’accent sur les exemples abondants de ces programmes décennaux dont la mise en œuvre a été retardée parce que pendant au moins cinq ans, on a cherché à savoir comment les adapter à la réalité nationale.


M. Bhattarai a jugé essentiel de déployer des efforts parallèles pour intégrer les cadres nationaux dès l’étape de planification du programme pour l’après-2015 tout en favorisant la participation, les partenariats, l’appropriation et l’engagement.  Il a appelé le Président de l’Assemblée générale à planifier les réunions et autres activités prévues, à cet égard, de manière judicieuse, en mettant l’accent sur la justice et l’équilibre entre « les questions, pays, thèmes et régions », afin de faire en sorte que les efforts nationaux et internationaux soient déployés, dès l’étape de planification, sans oublier les mécanismes de financement qu’il faut.


M. MASOOD KHAN (Pakistan) a déclaré que sous la direction du Secrétaire général de l’ONU, les Nations Unies ont fait des progrès substantiels dans la réalisation des OMD.  Mais, a alerté le représentant, le système économique mondial est resté inerte, une situation qui exige des Nations Unies qu’elles appuient les efforts des pays en développement s’agissant des OMD.  Il en est de même pour les changements climatiques et la menace terroriste contre lesquels les Nations Unies ont un rôle important à jouer aux côtés des États Membres, a dit le représentant.  S’agissant de la lutte contre l’extrême pauvreté, nous devons trouver des financements innovants si nous ne voulons pas échouer, a-t-il averti. 


Il a regretté que l’ordre du jour du Conseil de sécurité reste dominé par les crises en Afrique et s’est réjoui que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ait pu faire ses preuves dans certains conflits.  Concernant la Syrie et le conflit israélo-palestinien, le représentant a souhaité que les initiatives actuelles du Conseil de sécurité et plus particulièrement celle des États-Unis s’agissant du conflit israélo-palestinien, soient couronnées de succès.  S’agissant du Pakistan, il a rappelé la rencontre entre les Premiers Ministres pakistanais et indien, en septembre dernier, en vue de régler tous les différends entre les deux pays, y compris celui du Jammu-et-Cachemire.  En Afghanistan, les Nations Unies doivent aider le Pakistan dans le rapatriement des trois millions de réfugiés afghans, a-t-il rappelé.  Concernant l’impasse du désarmement nucléaire, il a rappelé la position de son pays qui est dictée par ses intérêts sécuritaires et par le fait que le pays est déjà doté de la technologie nucléaire.  Il a enfin demandé la levée de toutes les barrières à l’accès à l’énergie et à la technologie nucléaire à des fins pacifiques.  Avant de terminer, il a déclaré que la réforme des Nations Unies doit refléter la volonté de tous, y compris le Conseil de sécurité dont la composition doit être représentative de tous les États Membres.     


M. OSAMA ABDELKHALEK MAHMOUD(Égypte) a déclaré d’emblée que l’aide publique au développement (APD) « demeure une source vitale du développement ».  Il s’est donc inquiété de la diminution de son volume entre 2011 et 2012.  « Les pays africains doivent être en mesure de réaliser le développement durable et, dans cette perspective, le maintien de la paix doit prendre en compte les spécificités de chaque État et lier sécurité et développement. »  « La communauté internationale ne saurait imposer de modèle unique sur le théâtre de ses opérations », a-t-il souligné.  Le représentant s’est dit préoccupé par le traitement à l’ONU de l’évolution de la situation dans son pays.  « La situation en Égypte est une affaire interne qui ne menace ni la paix ni la sécurité internationales, comme le reconnaît d’ailleurs le Secrétaire général de l’ONU. » 


En mai 2014 au plus tard, se tiendront des élections générales incluant tous les partis politiques, y compris ceux ayant renoncé au terrorisme et à la violence, a-t-il poursuivi.  Se référant directement au rapport de M. Ban Ki-moon, il a regretté que ce document n’ait pas traité, cette année, de questions telles que « la lutte contre les violences à l’égard des femmes en période de conflit ».  Il a également relevé que le Secrétaire général n’appelle pas dans son rapport à l’organisation rapide d’une conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  « L’universalisation du TNP est le fondement du désarmement nucléaire au plan international », a-t-il averti, avant d’insister sur le fait que le Traité sur le commerce des armes devra être appliqué « de manière équilibrée et dans le respect du droit à l’autodéfense des États tel que défini dans la Charte des Nations Unies ».


Droit de réponse


Le représentant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a rejeté les « allégations erronées » du Japon.  La question de l’enlèvement des Japonais a été entièrement résolue grâce aux efforts sincères de mon gouvernement, a souligné le représentant.  Au lieu de revenir sur des questions qui ont déjà été réglées, le Japon ferait mieux de répondre aux graves violations des droits de l’homme qu’il a commises pendant la Deuxième Guerre mondiale.  Le représentant a aussi souligné que son pays avait été contraint de se doter d’une force de frappe nucléaire afin de faire face aux menaces des États-Unis.


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