07/10/2013
Assemblée générale
AG/11438

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Assemblée générale                                        

Soixante-huitième session                                  

29e & 30e séances plénières

matin & après-midi


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: LE RESPECT DES ENGAGEMENTS DU CONSENSUS DE MONTERREY AU CENTRE DE LA PREMIÈRE

JOURNÉE DU DIALOGUE DE HAUT NIVEAU SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT


L’Assemblée générale a tenu aujourd’hui son Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, qui est le sixième du genre, et dont c’était la première journée des débats.  Le Dialogue aura été marqué aujourd’hui par le rappel, par de nombreuses délégations, des engagements pris par la communauté internationale, il y a 11 ans, lors de l’adoption du Consensus de Monterrey sur le financement du développement.  Ce texte, adopté à l’issue des travaux de la Conférence internationale sur le financement du développement, tenue sous l’égide des Nations Unies dans la ville de Monterrey, au Mexique, en mars 2002, représente la feuille de route de l’assistance financière au développement, dont les grandes lignes ont été réaffirmées dans la Déclaration de Doha sur le financement du développement, adoptée en 2008 à Doha, au Qatar.


Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a exhorté ce matin les participants à raviver « l’esprit de Monterrey » pour l’inscrire dans une nouvelle ère importante, celle du programme de développement pour l’après-2015 qui en matière de promotion du développement durable, du bien-être social et de la lutte contre la pauvreté, devrait prendre le relais des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Invitant la communauté internationale à placer la durabilité au cœur du processus du financement du développement, M. Ban Ki-moon a souligné que « des investissements intelligents peuvent conduire à des changements positifs dans la vie des sociétés ».


Le Président de la soixante-huitième session de l’Assemblée générale, M. John Ashe, a également suggéré que, dans le cadre de la définition et du financement du nouveau programme de développement mondial, les États Membres prennent pour référence les accords internationaux pertinents, notamment le Consensus de Monterrey, et les recommandations de la Conférence internationale de suivi sur le financement du développement, tenue à Doha. 


En matière d’aide au développement « l’Union européenne demeure le plus important partenaire commercial des pays en développement », a indiqué le représentant de l’Union européenne, qui a noté aussi que l’Union européenne a annulé 71% de la dette que lui devaient ces pays entre 2000 et 2011.  Il a, en outre, insisté sur la mise en place d’un nouveau cadre de financement du développement marqué par l’adoption de « bonnes mesures politiques » qui sont, a-t-il précisé, « plus importantes que l’argent ».  Il a ensuite souligné l’importance de la notion de responsabilité partagée entre pays développés et pays en développement.  Évoquant cette responsabilité partagée, le représentant de la Suède, pays dont le montant de l’aide publique au développement (APD) est largement au dessus du taux de 0,7% du produit intérieur brut (PIB) promis, s’est étonné du fait que les flux de capitaux illicites provenant des pays en développement soient beaucoup plus importants que le volume mondial de l’APD.  Il est dans l’intérêt de tous de mener une lutte efficace contre ces flux afin de réorienter ces ressources illicitement transférées vers des investissements nécessaires au développement de leurs pays d’origine, a-t-il préconisé.


Pour le représentant du Bénin, porte-parole des pays les moins avancés (PMA), les PMA ont accompli des progrès en termes de promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de l’instauration de l’état de droit.  Il a proposé la mise en place d’un mécanisme mondial de reddition de comptes, avec une participation universelle, pour s’assurer de l’exécution des engagements pris par toutes les parties prenantes, pays en développement ou développés.


Pour le Groupe des 77 et la Chine, dont le représentant de Fidji s’est fait le porte-parole, il est important de mettre en place ce mécanisme de suivi du financement du développement au sein des Nations Unies.  Le mécanisme serait un organe subsidiaire placé auprès de la Commission sur le financement du développement du Conseil économique et social (ECOSOC).  À cet égard, le Vice-Président de l’ECOSOC a indiqué que les États Membres devraient établir un cadre capable de poser des bases solides pour garantir le financement du développement partout dans le monde. 


Prenant la parole à son tour le représentant de la Fédération de Russie a rappelé que le récent Sommet du G-20 de Saint-Pétersbourg avait adopté une stratégie de développement visant à mobiliser des ressources pour le financement du développement.  Il a en outre plaidé pour la création d’un système financier international plus équitable et a proposé un élargissement des partenariats existants dans le cadre du financement du développement.


Au nom du Groupe des États d’Afrique, la délégation de l’Éthiopie a, pour sa part, invité les partenaires au développement à s’engager à mobiliser sur une base annuelle et ce, jusqu’en 2020 comme prévu, les 100 milliards de dollars nécessaires à l’alimentation en ressources du Fonds vert pour le climat qui doit aider les pays en développement à s’adapter aux effets des changements climatiques.  Investir 57 000 milliards de dollars dans les infrastructures d’ici à 2030 serait le premier pas à accomplir, en plus des investissements nécessaires pour faire face aux changements climatiques, a souligné pour sa part le Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).  Il a également proposé d’utiliser davantage les sources privées de mobilisation de fonds et à conclure le Cycle de négociations commerciales de Doha, afin de mettre le commerce au service du financement du développement.  D’autres mesures innovantes de financement du développement ont été suggérées, comme les taxes sur les billets d’avion, celles sur les transactions financières internationales, la baisse des coûts des transferts de migrants ou encore la création d’une écotaxe prélevée sur le commerce des hydrocarbures.


Dans l’après-midi, une table ronde, tenue parallèlement au débat plénier, a eu lieu sur « Les répercussions de la crise financière et économique mondiale sur la réforme du système monétaire et financier international et ses incidences sur le développement ».  Le Dialogue sur le financement du développement se poursuivra demain, mardi 8 octobre, avec la suite du débat plénier et l’organisation de deux tables rondes, suivies d’un débat interactif informel.


DIALOGUE DE HAUT NIVEAU SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT


Déclarations d’ouverture


Lançant le Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, M. JOHN ASHE, Président de la soixante-huitième session de l’Assemblée générale, a invité les participants à examiner en particulier les mesures qui ont été prises pour faire face aux vulnérabilités du secteur financier.  Il a souhaité que le débat soit notamment orienté vers les possibilités à explorer en vue de mieux utiliser les ressources nationales pour financer le développement.  Le Président de l’Assemblée a noté les résultats importants enregistrés depuis la Déclaration du Millénaire de 2000, qui a fixé les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), et l’adoption du Processus de Monterrey de 2002, qui devait fournir un cadre de financement pour atteindre les OMD.


Il reste moins de 825 jours avant la date butoir pour la réalisation des OMD et nous travaillons à la conception du programme de développement pour l’après-2015 qui intègre les objectifs de développement durable, a rappelé M. Ashe.  Pour ce faire, il a conseillé aux délégations de tenir compte des défis émergents, dans un contexte mondial marqué par la fragilité du système financier international.  Parmi les conséquences de l’état actuel de l’économie mondiale, il a noté le taux très élevé de chômage et le rythme lent de réduction de la pauvreté.  Si l’aide publique au développement (APD) a augmenté dans certains pays, les obstacles sont encore importants pour atteindre l’engagement qui avait été pris par les pays développés de consacrer de 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB) à l’APD, a relevé M. Ashe.


Le programme de développement pour l’après-2015 doit être assorti d’une stratégie de financement innovante, a-t-il insisté.  Il a suggéré que l’on se base à cet égard sur les accords internationaux pertinents, notamment le Consensus de Monterrey, adopté à l’issue de la Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Monterrey, au Mexique en 2002; et les recommandations de la Conférence internationale de suivi sur le financement du développement, qui a eu lieu à Doha, au Qatar.  Nous devrons répondre aux défis actuels, comme notamment ceux posés par les changements climatiques, a ajouté M. Ashe, avant d’inviter les délégations à réfléchir aux moyens d’intégrer les trois dimensions du développement durable dans un cadre de financement unique.  Si la réalisation de tous les engagements en matière d’APD est essentielle, il faut aussi trouver d’autres sources de financement, a-t-il expliqué, souhaitant qu’un petit pourcentage de l’économie mondiale soit réorienté vers le développement durable.  Outre le développement de nouvelles sources de financement, la coopération Sud-Sud devra, elle aussi, être renforcée, a-t-il ajouté. 


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, a rappelé qu’en 2002, les dirigeants du monde se sont réunis à Monterrey, au Mexique, et y ont établi le Consensus de Monterrey sur le financement du développement.  Alors que nous nous approchons de la date butoir de 2015, nous devons nous mobiliser pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a plaidé M. Ban.  Il a relevé que dans le même temps, le monde est focalisé sur le programme de développement pour l’après-2015, avec le développement durable comme base.  Il a souligné que le financement de ce nouveau programme serait d’un niveau important, et qu’il devrait engager les financements publics et privés.


M. Ban a ensuite fait part de sa préoccupation face au déclin récent du niveau de l’aide publique au développement (APD), et il a encouragé tous les pays à tenir leurs engagements et à respecter les promesses faites en matière d’aide au développement, y compris en respectant les principes et actions mis en place dans le cadre du Partenariat de Busan, qui découle du Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide.  Le Secrétaire général a en outre relevé que le financement du développement par des ressources publiques internationales ne sera pas possible, et il a préconisé que le secteur privé joue un rôle plus vital en la matière.  Il a, dans ce contexte, suggéré l’élargissement de l’assiette fiscale de chaque pays au plan national, ainsi que l’amélioration de la gouvernance. 


Sur le plan international, le Secrétaire général a souligné l’importance d’éliminer les transactions financières illégales, de renforcer la régulation sur les paradis fiscaux et de promouvoir les recouvrements des avoirs illicitement transférés.  Il a également relevé que la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire avaient connu une croissance visible, notamment dans le cadre du financement d’infrastructures.  


« Alors que nous nous tournons vers l’avenir », a poursuivi M. Ban, « nous devons placer la durabilité au cœur du processus du financement du développement. »  Le Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable a un rôle important à jouer pour suggérer au monde les options les plus favorables à l’adoption d’une stratégie visant à faciliter la mobilisation et l’utilisation des ressources, a déclaré le Secrétaire général.  Il a ajouté que le succès dans la réalisation des OMD doit faire comprendre à la communauté internationale que des investissements intelligents peuvent conduire à des changements positifs dans la vie des familles, des communautés et des sociétés.  Un engagement financier solide en faveur de la solidarité humaine fait aujourd’hui devrait pouvoir améliorer la prospérité et la sécurité de demain, a-t-il déclaré.  Ensemble, utilisons l’esprit de Monterrey pour l’investir dans une nouvelle période, et travaillons ensemble pour une planète plus durable et une vie de dignité pour tous, a conclu le Secrétaire général.   


M. MASOOD KHAN (Pakistan), intervenant en sa capacité de Vice-Président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), s’est inquiété de l’insuffisance et de l’inégalité des progrès réalisés en matière de réalisation des OMD, ainsi que des insuffisances de l’architecture financière mondiale.  Il a appelé les États Membres à établir un cadre capable d’établir des bases solides pour garantir le financement du développement partout dans le monde.  Il a précisé que celui-ci doit reposer sur les acquis de l’OMD no 8, pour ensuite souligner l’importance de maintenir et de respecter les engagements déjà pris tout en sachant s’adapter à l’évolution de la situation dans le monde.  M. Khan a par ailleurs estimé que l’APD demeure une source de financement essentielle et s’est inquiété des répercussions qu’a la baisse récente des ressources d’aide publique au développement sur les pays les plus pauvres.  La coopération internationale en matière fiscale est essentielle, a-t-il souligné.


M. Khan a également jugé nécessaire de mettre l’accent sur la canalisation de flux privés de capitaux vers les programmes de développement et d’établir un environnement financier mondial plus stable.  Il a également dit qu’il est important de favoriser les investissements à long terme dans l’infrastructure et les technologies à faible émission de carbone, entre autres.  Il a ensuite fait savoir que l’Assemblée générale avait demandé à l’ECOSOC d’appuyer le dialogue sur le financement du développement en renforçant notamment les échanges et dialogues qui existent déjà avec la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), et en débattant des résultats atteints par la Conférence internationale pour le financement du développement.  Il a souligné que le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha demeurent des références, et il a appelé les États Membres à maintenir la cohérence entre le financement du développement et les objectifs de développement durable.


M. MUKHISA KITUYI, Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a tiré la sonnette d’alarme en ce qui concerne le tarissement des sources de financement du développement, dû notamment à la diminution des montants de l’aide publique au développement (APD) et à l’augmentation des dettes des pays.  Il a aussi relevé la baisse de la croissance des exportations et celle des investissements étrangers directs allant vers les pays en développement.  Seuls les envois de fonds de l’étranger ont augmenté, a-t-il dit, tout en invitant cependant les pays et les individus à mieux les canaliser en les mettant au service d’investissements productifs.


Parallèlement à cela, les besoins augmentent, et le programme de développement pour l’après-2015 nécessitera un financement particulier, a prévenu M. Kituyi.  Il a expliqué que la réalisation des OMD passerait par des investissements majeurs, notamment dans le domaine de l’agriculture.  La FAO, a-t-il souligné, estime que 10 milliards de dollars par an seront nécessaires pour répondre aux besoins agricoles de l’Afrique subsaharienne en 2050.  En outre, le Secrétaire général de la CNUCED a averti qu’il faudrait investir 57 000 milliards de dollars dans les infrastructures d’ici à 2030, et ce sans compter les investissements nécessaires pour faire face aux changements climatiques.


M. Kituyi a donc appelé la communauté internationale à établir un cadre stratégique de financement du développement basé sur trois éléments: la mobilisation des ressources, leur canalisation vers les secteurs prioritaires et leur orientation vers des projets de développement sur le terrain.  Les ressources publiques de financement du développement doivent augmenter, et il faut utiliser davantage les sources privées de mobilisation de fonds, a-t-il préconisé.  La bonne nouvelle, a-t-il ajouté, c’est que les capitaux sont disponibles, comme c’est le cas avec les ressources des fonds souverains, dont une part pourrait être canalisée vers les pays en développement.  Enfin, a dit M. Kituyi, s’attaquer aux causes sous-jacentes de la crise actuelle exige une réforme du système financier mondial, notamment en vue de réglementer les flux de capitaux spéculatifs et prévenir les déséquilibres mondiaux.


Déclarations


M. CHRIS BACK (Australie) a fait observer que les investissements étrangers directs (IED) étaient passés de 150 milliards de dollars en 2000 à 650 milliards de dollars en 2011, tandis que l’aide publique au développement (APD) a augmenté de 80 milliards à 130 milliards de dollars entre 2000 et 2010.  Il a relevé que l’APD demeure le plus important flux de financement international dans 43 pays, mais que son importance a décru dans de nombreux autres États.  Dans de nombreux pays en développement, a-t-il constaté, notamment en Asie et en Afrique dont l’économie est en plein essor, d’autres sources de financement sont plus effectives pour promouvoir la croissance, a estimé M. Back.


M. Back a souligné que le commerce demeure un moteur important du développement et a soutenu que la croissance économique des pays en développement peut connaître un coup d’accélérateur grâce au commerce.  Il a ensuite annoncé que l’Australie consacrera le Sommet du G-20 qu’elle accueillera en 2014 à la libéralisation des échanges commerciaux au niveau international.  Le représentant a par ailleurs relevé que l’aide privée au développement, qui transite par l’intermédiaire de fondations, d’ONG et de dons d’entreprise, augmente plus rapidement que l’APD.  Il a également estimé nécessaire de faire de la coopération Sud-Sud une partie à part entière du financement du programme de développement pour l’après-2015.  Il a ensuite souligné la nécessité de faire de la création d’environnements propices à l’essor d’un secteur privé robuste une part importante des stratégies de financement du développement.  La mobilisation en elle-même est importante mais ne suffira pas, a insisté M. Back, et il importe à présent d’examiner dans quelles mesures les pays pauvres peuvent réussir à attirer et avoir accès à des flux financiers internationaux.


M. PETER THOMSON (Fidji), qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé que le paragraphe 90 de la Déclaration de Doha sur le financement du développement et la résolution 67/199 de l’Assemblée générale des Nations Unies prescrivaient la tenue de discussions informelles, au cours de l’année 2013, en vue de décider d’une date pour la prochaine conférence sur le financement du développement, qui aurait lieu après celle de 2008, tenue à Doha, au Qatar.  M. Thomson a ainsi invité le Président de l’Assemblée générale à bien vouloir désigner des cofacilitateurs à ce propos.  Il a souligné que cette conférence devrait avoir lieu avant la réunion des chefs d’État et de gouvernement de septembre 2015, censée débattre du programme de développement pour l’après-2015, afin d’y apporter des contributions.  Il a ensuite appelé à la mise en place d’un mécanisme de suivi du financement du développement, au sein des Nations Unies, qui serait notamment un organe subsidiaire placé auprès de la Commission sur le financement du développement du Conseil économique et social (ECOSOC).  Il a expliqué que cet organe subsidiaire devrait pallier le fossé existant entre les politiques de développement et la mise en œuvre des engagements y afférant. 


M. Thomson a annoncé que le Groupe des 77 et la Chine allait soumettre quatre résolutions à l’Assemblée générale, par le biais de la Deuxième Commission, chargée des questions économiques et financières.  Ces résolutions, a-t-il précisé, porteront sur le commerce international, le système financier international et le développement, la durabilité de la dette extérieure et le développement, et enfin sur les produits de base.  Il a poursuivi son intervention en relevant que la crise financière et économique mondiale actuelle ne devrait pas constituer une excuse pour les partenaires au développement pour ne pas s’acquitter de leurs obligations internationales concernant le financement du développement et la coopération technique pour le développement.  Le représentant a ensuite jugé ironique que l’aide publique au développement (APD) continue de diminuer alors que les dirigeants ont réaffirmé récemment leur volonté de réaliser les OMD avant la date butoir de 2015, et d’élaborer un programme de développement pour l’après-2015 qui placerait l’éradication de la pauvreté au centre de ses préoccupations. 


M. Thomson a déploré le fait que, pour la seconde année consécutive, l’APD a diminué, et a constaté que les pays développés n’ont pas toujours respecté la promesse qu’ils avaient faite de consacrer 0,7% de leur PIB à l’APD, dont 0,15 à 0,2% iraient aux programmes de développement des pays les moins avancés (PMA).  Il a également plaidé afin que le Fonds vert pour le climat soit opérationnel avant la fin de 2014, et que ses ressources puissent atteindre 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020.  Il a précisé que ce Fonds devrait aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques.  Il a ensuite suggéré la mise en place de nouveaux mécanismes de financement du développement qui devraient, a-t-il ajouté, constituer un complément et non pas un substitut à l’APD.  Dans ce contexte, M. Thomson a souligné que les coûts des transferts de fonds de migrants devraient être revus à la baisse.  Il a par ailleurs rappelé que le poids de la dette plombait le développement des pays pauvres, et il a proposé la mise en place d’un mécanisme de restructuration de la dette qui soit équitable, efficace et durable.  Le représentant a aussi appelé à la conclusion du Cycle des négociations commerciales de Doha, qui pourrait notamment avoir lieu au cours de la neuvième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tient en décembre prochain en Indonésie.


M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie), au nom du Groupe des États d’Afrique, a déclaré que dans quelques jours, les ministres des finances, les gouverneurs des banques centrales, les dirigeants du secteur privé et des universitaires seront réunis à Washington, D.C., à l’occasion de la réunion annuelle du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.  « Nous estimons que ce sera une occasion pour les décideurs politiques de prendre des mesures concrètes pour accélérer la relance de l’économie mondiale et pour poser la base d’une plus grande volonté de participation au financement efficace du développement », a dit M. Alemu.  Concernant les pays à faible revenu, « afin d’atténuer les effets du ralentissement économique mondial, il est essentiel qu’ils continuent à reconstruire leurs marges de manœuvre budgétaires pour maintenir la croissance et préserver les dépenses dans les secteurs sociaux et l’investissement public », a indiqué le représentant pour qui « cela devrait être l’une des recommandations de ce Dialogue de haut niveau de l’Assemblée générale.


M. Alemu a aussi rappelé le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha, s’agissant des défis qui se posent au financement du développement, en particulier dans les pays en développement.  Il a estimé que les efforts déployés pour réaliser pleinement ces accords conclus et les engagements pris devraient être intensifiés si l’on veut que les pays en développement puissent atteindre leurs objectifs de développement d’une manière durable.  Il est essentiel que les partenaires de développement respectent les engagements pris à Monterrey et à Doha si nous voulons embarquer pour un voyage prometteur en 2015, a observé le représentant.  En ce qui concerne le défi posé par les changements climatiques, il a dit qu’il était nécessaire d’établir un cadre juridique contraignant sur le climat avec des objectifs précis à atteindre jusqu’en 2015.  En outre, les partenaires de développement doivent s’engager, comme promis, à mobiliser 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2020 en faveur du Fonds vert pour le climat afin d’aider les pays en développement à s’adapter aux effets des changements climatiques et à en réduire les retombées, a dit M. Alemu.  Concernant l’éradication de l’extrême pauvreté d’une manière durable, celle-ci ne peut se concevoir sans l’expansion de l’industrie manufacturière et de l’industrialisation, qui apporteraient de la valeur ajoutée aux produits et ressources naturelles des pays en développement, a-t-il estimé.  À cet effet, les pays africains devraient être appuyés dans leurs efforts de transformation structurelle. 


« En Afrique, précisément, a ajouté le représentant, nous avons besoin de promouvoir une croissance rapide et inclusive pour améliorer notre compétitivité sur les marchés internationaux.  Nous avons également besoin de renforcer nos capacités de production nationales et d’améliorer et développer des services sociaux de qualité de base. »  S’attaquer aux problèmes de l’approvisionnement devra également être une priorité, a dit M. Alemu qui a terminé son intervention en espérant que « la communauté internationale se tiendra aux côtés des États africains pour soutenir leurs initiatives régionales, comme le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), et en particulier le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) ». 


M. DELANO BART (Saint-Kitts-et-Nevis), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), s’est inquiété du manque de reconnaissance, de la part de la communauté internationale, de la vulnérabilité et du fort endettement des petites économies des petits États insulaires de cette région.  Cela est dû au niveau de leur revenu annuel par habitant, qui les classe dans la catégorie des pays à revenu moyen, voire même élevé, alors qu’en fait beaucoup de ces pays ont un taux d’endettement par rapport à leur PIB qui peut atteindre 100%.  Dans son rapport sur le système financier international et le développement, le Secrétaire général note que la forte dépendance des pays des Caraïbes au tourisme et la diminution des conditions préférentielles en matière de commerce ont obligé le Belize, la Grenade, la Jamaïque et Saint-Kitts-et-Nevis à restructurer des parts entières de leurs dettes.  M. Bart a donc demandé à la communauté internationale d’adopter une approche plus systématique pour répondre aux besoins des pays en développement classés dans la catégorie des pays à revenu moyen.  L’objectif est de leur offrir un meilleur accès aux facilités de financement, a-t-il précisé.


Le représentant a souligné l’importance du soutien de la communauté internationale pour compléter les efforts des pays en développement, saluant à cet égard ceux déployés par certains partenaires de développement qui ont fait en sorte que l’objectif qu’ils s’étaient fixés d’allouer 0,7% de leur PIB à l’APD soit atteint et parfois même dépassé.  M. Bart s’est cependant inquiété qu’en la matière, nombre de partenaires au développement n’aient pas pu joindre l’acte à la parole.  Il a souhaité que des approches novatrices soient adoptées dans ce domaine, se félicitant de la création du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable.  M. Bart a aussi souligné le rôle du commerce international dans le renforcement des capacités nationales de financement.  Il a appelé les États Membres à conclure les négociations du Cycle de Doha, engagées il y a plus de 10 ans.  M. Bart a également souhaité une coopération internationale en matière fiscale dans le cadre du financement du développement.  La CARICOM se félicite à cet égard de la décision récente de l’ECOSOC de rendre annuelles les réunions du Conseil sur la coopération internationale en matière fiscale, a-t-il dit, souhaitant même qu’il devienne un organe subsidiaire de l’ECOSOC.


Mme LOIS MICHELE YOUNG (Belize), qui s’exprimait au nom de l’Alliance des petits États insulaires en développement, a dénoncé la persistance de la pauvreté, de l’inégalité des revenus et des modes de consommation non durables au niveau mondial, entre autres maux.  Elle a ensuite appelé les partenaires de développement à respecter leurs engagements afin de garantir la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade et du Plan d’action de Maurice en faveur des petits États insulaires en développement.


La représentante a ensuite appelé à ce que le programme de développement pour l’après-2015 soit axé sur la réforme et sur l’élaboration d’une stratégie capable de faire le lien entre les objectifs de développement définis aux niveaux national et international.  Elle a appelé les États Membres à mettre l’accent sur l’élimination de la pauvreté, sur la promotion de l’égalité et sur la protection de l’environnement, entre autres, mais également à promouvoir les modes de consommation et de production durables.  Il faut aussi assurer la résilience des pays et des populations face aux changements climatiques, a-t-elle recommandé.  Mme Young a aussi jugé essentiel d’adopter de meilleures décisions politiques en matière de développement, estimant notamment que les fonds publics devaient être mieux utilisés afin de pouvoir mobiliser plus de ressources de financement privées.  Elle a également estimé qu’il est important d’établir des mécanismes de financement novateurs et a préconisé, à ce titre, l’imposition d’une taxe sur les transactions financières spéculatives qui causent directement l’instabilité des marchés.  La représentante du Belize a aussi réclamé la levée de certaines subventions, qu’elle a jugées « intenables », ainsi que la promotion d’investissements plus « sensés ».  Elle a ensuite engagé les institutions financières internationales à adopter des mesures qui soient plus adaptées aux réalités budgétaires de chacun de leur pays membres.


La représentante du Belize a ensuite appelé la communauté internationale à tenir toutes ses promesses, notamment en vue du financement des mesures du futur programme de développement pour l’après-2015.  Alors que les pays développés se sont engagés à verser 0,7% de leur PIB à l’APD, on observe que dans la réalité, la majorité d’entre eux n’en ont versé que 0,29%, a relevé avec regret la représentante.  Elle a également réclamé l’élaboration d’une stratégie de financement efficace pour les petits États insulaires en développement qui mette notamment l’accent sur le développement humain.  Elle a aussi jugé nécessaire de simplifier l’accès aux financements internationaux et de créer un mécanisme consacré au financement du développement des petits États insulaires, notamment en vue de soutenir la promotion des énergies propres.


M. JEAN-FRANCIS ZINSOU (Bénin), s’exprimant au nom des pays les moins avancés (PMA), a axé son propos sur le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha sur le financement du développement en tant qu’instruments du financement de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Ces deux cadres ont consacré l’engagement des pays développés à fournir une partie de leur PIB à l’aide publique au développement (APD) aux pays en développement et aux PMA, a rappelé le représentant.


Concernant les promesses faites sur l’accès hors droits de douane et hors quotas aux marchés en faveur des produits originaires des PMA, afin de trouver une solution durable au problème de la dette de ces pays en développement, M. Zinsou a regretté la faiblesse des progrès réalisés dans ces domaines.  À l’inverse, a noté le représentant du Bénin, les PMA ont accompli des progrès sur les questions de la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de l’instauration de l’état de droit.  Ces avancées n’ont cependant pas permis une réduction significative du fossé béant qui existe dans les PMA entre l’épargne et l’investissement nécessaire à la promotion d’une croissance durable. 


Dans l’attente du rapport du Secrétaire général sur la question, M. Zinsou a exhorté la communauté internationale à prendre des mesures pour promouvoir les investissements dans les PMA tout en assurant leur distribution équitable de sorte à contribuer, entre autres, à la croissance économique et à la création d’emplois.  S’agissant de l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations commerciales menées dans le cadre du Cycle de Doha, il a indiqué que c’était un revers considérable pour le système commercial international et qu’il fallait faire preuve de plus de volonté politique pour régler la question.  Par conséquent, le Bénin appelle toutes les parties prenantes à chercher un consensus sur les mesures à prendre en faveur des PMA lors de la prochaine réunion de Bali, notamment en ce qui concerne l’accès des produits de ces pays aux marchés sans droits de douane ni quotas.  Mettant en avant la vulnérabilité des PMA, dont un bon nombre ne seront pas en mesure de réaliser les OMD, M. Zinsou a proposé la mise en place d’un mécanisme mondial de reddition de comptes, avec une participation universelle, pour assurer l’exécution des engagements pris par toutes les parties prenantes.


M. THOMAS MAYR-HARTING, de la délégation de l’Union européenne, a indiqué qu’au cours des 10 dernières années, les États membres de l’Union européenne (UE) s’étaient engagés à verser près de 45 milliards d’euros sous forme d’aide publique au développement (APD), et que l’Union européenne demeure « le plus important partenaire commercial des pays en développement ».  Les pays de l’Union européenne ont par ailleurs annulé 71% de la dette qui leur était due au niveau mondial entre 2000 et 2011, a-t-il aussi fait savoir.


Tout en convenant que le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha demeurent « un cadre conceptuel important », le représentant a ensuite estimé « qu’au vu de l’évolution considérable qu’a connue le monde ces 10 dernières années », il importe de « savoir adapter ce cadre aux nouvelles circonstances ».  M. Mayr-Harting a engagé les États Membres à accorder une attention particulière à la situation des pays les moins développés, aux économies enclavées, ainsi qu’aux petits États insulaires en développement.  Le représentant de l’Union européenne a également appelé à l’élaboration d’un cadre axé sur les politiques, « car les bonnes mesures politiques sont plus importantes que l’argent », et a suggéré que ce cadre soit capable de couvrir l’ensemble des sources de financement, qu’elles soient nationales, internationales, publiques ou privées.  Ce cadre devra également établir des mécanismes de financement novateurs et permettre de lutter contre les flux illicites de fonds et l’évasion fiscale, a indiqué M. Mayr-Harting.  Le cadre devra être intégré, afin de pouvoir pleinement profiter des différentes synergies créées par les objectifs politiques.  Il devra être suffisamment souple et sera axé sur une mise en œuvre effective de ses mesures au niveau national, a ajouté M. Mayr-Harting qui a également souligné l’importance de la notion de responsabilités partagées.


M. ARUN JAITLEY (Inde) a rappelé que les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avaient été inégaux.  « Plusieurs de ces Objectifs ne seront pas atteints », a-t-il prévenu, indiquant que l’une des raisons essentielles de cet échec était à rechercher dans les lacunes en matière de financement du développement.  Il a ensuite souligné l’impact délétère qu’ont eu les crises économiques successives sur la capacité des pays en développement à financer leurs stratégies de développement, avant de déplorer l’écart entre les promesses d’aide au développement formulées et le décaissement effectif des ressources par les pays qui les avaient promises.  « L’écart entre les engagements pris et la réalité, qui était de 167 milliards de dollars en 2011, a encore augmenté en 2012 », a indiqué M. Jaitley, avant de déplorer la baisse en termes réels de l’aide aux pays les moins développés.  Il a ensuite pointé les tendances protectionnistes observables dans les pays développés, qui entravent l’accès des produits en provenance des pays en développement aux marchés mondiaux.


« Afin que le programme de développement pour l’après-2015 soit couronné de succès, nous devons forger un partenariat international renforcé qui prévoit notamment des moyens suffisants pour sa mise en œuvre par les pays en développement », a préconisé le délégué de l’Inde, indiquant que la concrétisation de l’engagement pris par les pays développés de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide au développement devait être le point de départ d’un tel partenariat.  Il a aussi expliqué que la réforme des institutions financières internationales devait être un élément essentiel dudit partenariat, afin que les pays en développement puissent véritablement y faire entendre leurs voix.  M. Jaitley a ensuite recommandé que la coopération Sud-Sud échappe aux normes qui enserrent la coopération Nord-Sud.  « La garantie d’un financement du développement pérenne et renforcé afin d’appuyer les priorités des pays en développement est plus nécessaire que jamais et le restera dans la période suivant l’année 2015 », a conclu M. Jaitley.


M. MAHADHI JUMA MAALIM (République-Unie de Tanzanie) a souligné que les moyens de mise en œuvre revêtent une importance capitale tant pour la réalisation des OMD que pour le prochain programme de développement.  Il s’est notamment inquiété du fait qu’à ce jour, seuls cinq pays soient effectivement parvenus à consacrer 0,7% de leur PIB à l’APD.  Le représentant a ensuite salué les mesures adoptées par de nombreux pays en développement pour promouvoir la mobilisation de leurs ressources domestiques, tout en faisant observer que celles-ci ne suffisent pas pour subvenir à leurs besoins, d’où l’importance, a-t-il souligné, de continuer d’avoir recours à des sources de financement sur le plan international, notamment aux investissements étrangers directs (IED).


M. Maalim a ensuite indiqué que la République-Unie de Tanzanie avait réussi à élargir son assiette fiscale, ce qui lui avait permis de récolter, entre juillet 2011 et mars 2012, 3 milliards de dollars.  Il a fait savoir que la mise en œuvre de la politique nationale de microfinance permet à des millions de Tanzaniens d’avoir accès à des services financiers, par l’intermédiaire de leurs téléphones portables notamment.  Un mécanisme est également en cours d’élaboration pour réduire le temps nécessaire à l’établissement ou la création d’une entreprise dans le pays, ce qui a aussi pour but d’attirer davantage d’investissements.  Le représentant a aussi insisté sur l’importance d’investir dans l’agriculture par l’intermédiaire de partenariats durables, y voyant un moyen de combattre la pauvreté tout en assurant la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.


M. VLADIMIR SERGEEV (Fédération de Russie) a relevé que les cadres conceptuels pour le financement du développement sont contenus dans le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha.  Il a souhaité que les bailleurs de fonds puissent garantir leurs engagements en matière de financement du développement, et que le protectionnisme soit combattu.  Le représentant a en outre plaidé pour un système financier international plus équitable.  Il a aussi souhaité que des mesures soient prises contre l’évasion fiscale dans les pays en développement, et que ces derniers puissent mettre en œuvre des politiques macroéconomiques plus efficaces.  Il a, d’autre part, suggéré l’élargissement des partenariats existant dans le cadre du financement du développement, et il a rappelé que le Sommet du G-20, tenu en septembre dernier à Saint-Pétersbourg en Fédération de Russie avait adopté une stratégie de développement visant à mobiliser des ressources pour le financement du développement.  La Fédération de Russie renforce constamment sa contribution à l’aide au développement, a-t-il noté.  Il a indiqué que son pays avait consacré 460 millions de dollars à cette cause en 2012, et que la Fédération de Russie comptait respecter la promesse de consacrer 0,7% de son PIB à l’APD si les conditions économiques et sociales étaient favorables.


M. YOUSEF SULTAN LARAM (Qatar) a noté les engagements pris par certains pays en matière d’aide publique au développement (APD), d’un côté, ainsi que ceux pris par les pays en développement pour alléger leur dette et lutter contre la corruption, de l’autre.  Certains pays se sont même engagés à augmenter le niveau de leur APD en dépit de la crise économique actuelle, a-t-il noté avec appréciation.  Le Ministre adjoint qatarien a cependant remarqué que les effets de la crise se font sentir de manière plus forte dans les pays en développement, notamment à cause de la baisse des exportations de ces pays, du gel des crédits, et de la création d’un nouveau cycle de la dette.


M. Laram a plaidé en faveur de la création de nouveaux mécanismes de financement du développement et de la libéralisation des termes du commerce mondial.  Il a déploré l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations du Cycle de Doha, avant de lancer aux États Membres un appel à les achever.  Il a aussi prôné la réforme du système financier international.  Le Ministre adjoint a également demandé la mise en œuvre des mesures décidées au Sommet de Johannesburg, pour faire de l’investissement un moteur de la croissance.  Enfin, il a assuré que le Qatar, par le biais de son programme de coopération internationale, « avait prouvé qu’il est un partenaire fiable en matière d’aide au développement ».


M. GUILHERME DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a rappelé que l’une des résolutions majeures de la Conférence Rio+20 avait été l’engagement pris par tous les États Membres et les Nations Unies d’intégrer la croissance, l’inclusion sociale et la durabilité environnementale dans le programme de développement durable.  Il a appelé au renforcement du cadre de suivi du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha, ceci à travers une approche du développement plus intégrée visant à accroitre la coordination entre les nombreuses structures de financement existantes.  Il a exprimé l’inquiétude du Brésil face à la fragmentation et la « verticalisation » des mécanismes de financement, et a à cet égard invité à la mise en place d’un processus ouvert de consultation et de discussions entre tous les États Membres et d’autres acteurs, ceci à travers un processus de négociations intergouvernementales. 


Le représentant a ensuite relevé que depuis Monterrey, des pays en développement, y compris le Brésil, ont fait d’énormes efforts pour mobiliser des fonds nationaux dans le cadre de la promotion du développement.  Il a aussi relevé que les ressources investies dans le cadre des programmes sociaux devraient être considérées comme de l’investissement, et non pas être comptabilisées comme des dépenses inhérentes à la dette publique.  Il a précisé que la justice sociale et le développement durable sont de la responsabilité de tous, que ce soient les gouvernements ou les entreprises, la communauté internationale ou les individus.  Nous avons besoin d’une gouvernance économique et financière qui respecte l’espace politique et les lois nationales, a-t-il plaidé, tout en rappelant qu’il incombe à chaque gouvernement de mobiliser des ressources pour le développement de son pays.


Le représentant a souligné que l’APD devrait continuer de jouer un rôle majeur dans l’éradication de la pauvreté et de la faim.  Il a regretté que les ressources de l’APD ne cessent de baisser depuis deux ans, et a déploré les méthodes biaisées de calcul de l’ADP utilisées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui inclut les prêts financiers comme faisant partie de l’aide publique au développement.  Il a ensuite appelé les pays développés à respecter leur promesse de consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut à l’APD, dont 0,15 à 0,20% seraient spécifiquement alloués aux pays les moins avancés (PMA).  Il a également noté l’importance des investissements directs étrangers et des ressources privées, et il a plaidé en faveur de la mise en place de nouvelles formes innovantes de mobilisation de ressources de financement du développement telles que la Facilité internationale d’achat de médicaments UNITAID et l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI).  Il a enfin noté que l’éradication des la pauvreté d’ici à 2030 était possible si les ressources adéquates sont mobilisées.


M. DESRA PERCAYA (Indonésie) a constaté qu’en dépit de la persistance de problèmes systémiques au sein de l’économie mondiale, des signes « réassurants » de redressement économique commencent à se faire jour alors même que la croissance des économies émergentes a connu un léger ralentissement.  Il a imputé cette situation à la volatilité financière mondiale, et au manque de transparence au sein de la gouvernance économique mondiale, et a lancé un appel pour que les intentions des uns et des autres soient communiquées plus clairement.  Il a dit qu’il est important que soit reconnu le rôle de la coopération internationale en matière de financement du développement et a estimé que celle-ci doit se fonder sur les enseignements tirés des expériences du passé.  Il est important que les engagements déjà pris soient honorés, a souligné M. Percaya.  Il a aussi souligné la nécessité de réformer l’architecture financière internationale et a ensuite insisté sur l’importance des sources de financement innovantes du développement et du commerce équitable.  Le représentant a ensuite jugé nécessaire de convoquer une conférence de suivi sur le financement du développement avant que ne soit achevée la définition du programme de développement pour l’après-2015.


M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh) a appelé à la mise en œuvre « dans l’urgence » du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha sur le financement du développement.  Il a insisté sur l’importance que revêtent les échanges commerciaux et a regretté la persistance d’obstacles qui continuent d’entraver le commerce international, notamment l’octroi de subventions agricoles par les pays développés à leurs producteurs et exportateurs, et l’imposition de restrictions sanitaires trop strictes à l’entrée des produits originaires des pays en développement sur les marchés des pays riches.  Le représentant a ensuite fait observer qu’en 1975, le monde comptait 25 PMA, et que leur part commerciale tournait autour de 1%.  Aujourd’hui, a-t-il relevé, la planète compte 49 PMA, mais leur part dans le commerce international tourne toujours autour de 1%.  M. Momen a insisté sur l’importance d’octroyer une aide commerciale à ces pays et d’y favoriser le transfert de technologie, sinon, a-t-il averti, l’objectif qui est de faire sortir la moitié de ces pays de la catégorie des PMA ne pourra pas être réalisé.


Le représentant a par ailleurs regretté que le montant de l’aide accordée aux PMA ait enregistré une baisse, et il a critiqué la mauvaise qualité de cette aide.  M. Momen a ensuite exhorté les partenaires au développement à atténuer les impacts des changements climatiques sur les PMA, faisant notamment observer qu’un tiers de la superficie du Bangladesh disparaitrait si le niveau des eaux de la mer monte d’un mètre.  Le représentant a également évoqué l’importance des envois de fonds en matière de financement du développement et a appelé à l’adoption de mesures destinées à les rendre plus efficaces et moins coûteux.


M. ELMAHDI S. ELMAJERBI (Libye) a noté que la crise économique et financière mondiale avait affecté négativement la mise en œuvre du Consensus de Monterrey.  Il a prôné la mise en place d’un système économique mondial basé sur la justice et l’équité, système auquel doivent participer les pays en développement.  Notant que les taux élevés de chômage entravent la mobilisation des ressources locales, il a demandé que soient prises des mesures coordonnées pour faciliter la création d’emplois.  Il a aussi regretté l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations du Cycle de Doha et a appelé les États Membres à les conclure, de manière à créer un système commercial juste qui permette aux pays en développement de mobiliser des ressources à travers leurs activités commerciales.  Le représentant a aussi rappelé que la Conférence des Nations Unies sur le développement durable « Rio+20 » avait recommandé la création d’un comité financier sur les ressources du développement, et a espéré qu’il s’acquittait au mieux de sa mission.


Mme PAIK JI-AH (République de Corée) a estimé que dans l’optique de l’éradication de la pauvreté, la communauté internationale devrait mobiliser des ressources publiques, privées, aussi bien aux niveaux national qu’international, et veiller a ce que l’APD soit plus consistante, plus stable et plus prévisible.  Elle a rappelé que chaque pays est responsable, au premier chef, de son propre développement, et que l’expérience de la République de Corée démontrait que la mobilisation des ressources nationales était de première importance dans le cadre de la promotion du développement.  Elle a ensuite noté que de nombreux pays en développement ont la possibilité d’augmenter considérablement leurs ressources nationales par le biais des mesures fiscales adéquates, tout en veillant à lutter contre la corruption, l’évasion fiscale et les transactions financières illégales. 


La représentante a par ailleurs rappelé que l’APD reste d’une importance majeure pour le financement du développement dans les pays les plus démunis, notamment les PMA.  Elle a regretté la baisse de l’APD au cours des deux dernières années et a indiqué que la République de Corée était engagée à augmenter le volume de son APD.  Ce volume a augmenté de 17% en 2012, s’est-elle félicitée, annonçant également que son pays a étendu la taxe sur les billets d’avion jusqu’en 2017, dans le cadre des mesures innovantes de financement du développement.  Elle a souhaité que d’autres sources de financement soient établies, et a notamment cité à cet égard le Fonds vert pour le climat.  Mme Paik a en outre noté qu’un nouveau programme de développement devrait inciter à l’établissement d’un nouveau partenariat pour le développement, afin de mobiliser les fonds nécessaires à sa mise en œuvre.  Elle a plaidé pour que ce partenariat soit inclusif et empreint d’innovation et de créativité.  Elle a également souhaité que le quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide, qui a eu lieu à Busan, en République de Corée, en juin 2012, puisse aider au renouvellement de ce partenariat mondial pour le développement.


M. MOOTAZ AHMADEIN KHALIL (Égypte) a rappelé les défis urgents à relever en matière de développement, comme il a été décidé à la Conférence Rio+20.  Il s’est félicité, à cet égard, de la création du Comité intergouvernemental d’experts chargé d’élaborer une stratégie de financement du développement durable.  Les pays en développement s’efforcent de mobiliser leurs ressources locales pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en suivant leurs priorités nationales, a-t-il assuré.  Le représentant a estimé qu’il faut aussi créer un environnement mondial qui reflète l’importance vitale du développement dans les préoccupations internationales.  Les pays développés doivent commencer par honorer leurs engagements, a-t-il souligné, notamment en consacrant 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement (APD).


Indiquant que son pays suivait de près les initiatives menées pour trouver des financements innovants, le représentant de l’Égypte a souhaité que ces mécanismes viennent en complément de l’APD et ne soient pas considérés comme un substitut à cette source d’aide.  Il a également souhaité la création d’un mécanisme d’approche globale en ce qui concerne la question de la dette.  Il faut aussi favoriser le retour des capitaux illicitement transférés des pays du Sud vers des pays riches ou des paradis fiscaux, cet effort permettant aussi de lutter contre la corruption, a-t-il préconisé.  Le représentant a également plaidé en faveur de la réforme du système financier international, avec une représentation plus juste des pays en développement y soit assurée.  Enfin, il a demandé la convocation d’une conférence pour examiner les obstacles à l’exécution des engagements pris par le passé en matière de financement du développement.


M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a indiqué que l’aide publique au développement (APD) offerte par son pays à des États en développement était restée relativement stable malgré les crises récentes et allait même de nouveau augmenter.  Il a souligné l’importance cruciale de l’APD pour le financement du développement, tout en reconnaissant la tendance à la baisse de cette aide, qui au final, ne permet pas de faire face à une demande croissante.  L’efficacité du développement et la coordination entre donateurs sont des éléments essentiels pour rentabiliser au mieux l’APD, a-t-il fait valoir.  Les sources de financement externe du développement, comme la coopération Sud-Sud et les capitaux privés, fournissent des flux plus importants de ressources financières, a poursuivi M. McLay.


Il a aussi vanté les mérites des nouveaux partenariats existant dans ce domaine, et a notamment cité ceux créés avec le secteur privé, qui permettent de suppléer aux manquements des mécanismes traditionnels de financement.  La Nouvelle-Zélande a utilisé l’APD pour développer des partenariats dans le domaine de l’énergie renouvelable, a-t-il indiqué.  Il a aussi mentionné le partenariat triangulaire créé entre son pays, la Chine et les Îles Cook, partenariat qui a permis d’améliorer le système d’approvisionnement en eau dans ces îles.  Le représentant a également plaidé en faveur d’une mobilisation plus efficace des ressources nationales au sein des pays en développement, notamment par le biais des impôts et par la création d’un environnement propice aux investissements étrangers.


M. FRANTIŠEK RUŽIČKA (Slovaquie) a rappelé que la Conférence Rio+20 avait exigé une approche créative du financement du développement durable, sujet complexe dont est chargé un c nouvellement formé.  « Nous devons attirer l’attention sur les nouvelles formes de financement, notamment les sources publiques de mobilisation de fonds, comme la taxation sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2), a-t-il dit.  Le représentant a plaidé en faveur d’un financement à grande échelle qui nécessite un partenariat public-privé plus important.  Les gouvernements des pays en développement peuvent créer les conditions nécessaires à la croissance nationale et au soutien dont ont besoin les petites et moyennes entreprises (PME), a-t-il estimé.  Les acteurs privés peuvent aussi contribuer à ces efforts en créant plus d’emplois, a estimé le représentant.  La Slovaquie, qui était bénéficiaire de l’APD, est aujourd’hui passée dans la catégorie des donateurs, s’est-il réjoui.  Il a expliqué que son pays avait vécu une période de transition pendant laquelle « nous avons appris à baser nos projets sur nos propres sources de financement ».


Mme TERRI ROBL (États-Unis) a indiqué que son pays avait versé près de 30 milliards de dollars au titre de l’APD en 2012.  Nous avons aussi mobilisé des sommes très importantes pour lutter contre les maladies, contre l’insécurité alimentaire et pour pallier la pauvreté énergétique des pays en développement, a-t-elle ajouté.  Mais l’APD n’est qu’une partie de ce que nous pouvons faire, a-t-elle estimé.  Notant la baisse du nombre de pays qui fournissent une telle aide, la représentante a aussi observé que plusieurs États avaient choisi de limiter le recours à l’aide publique étrangère pour la mise en œuvre de leurs projets.  Elle a en effet relevé la tendance au recours à des sources de financement privées.  Sur la scène internationale, des pays qui dépendaient de l’APD sont devenus des piliers du financement du développement, s’est réjouie la représentante.  Elle a dit attendre avec intérêt les discussions du Comité d’experts chargé d’examiner les formes de financement innovantes, ainsi que celles qui se déroulent au sein de plusieurs autres forums, comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Elle a enfin lancé un appel pour que l’on optimise les différents types d’aide au développement.


M. FRANÇOIS GAVÉ (France) a exprimé son attachement au maintien de l’aide publique fournie par les donateurs traditionnels.  Avec l’apparition de nouveaux flux financiers, il a noté que parallèlement certains défis s’étaient accentués, comme ceux posés par la nécessité de lutter contre les effets des changements climatiques.  La France promeut un élargissement du cercle de donateurs, a-t-il dit.  Il a expliqué qu’il est important de mieux mobiliser les ressources nationales qui doivent être placées au centre du financement du développement.  Une telle appropriation passe par un renforcement des capacités nationales, a-t-il prévenu.  Il a aussi souligné l’importance de la transparence des systèmes fiscaux nationaux.  Il a, en outre, plaidé en faveur de la mobilisation du secteur privé dans le financement du développement et prôné un recours aux modes de financement innovants.  Le représentant a enfin renouvelé l’engagement de la France en faveur d’une aide moins fragmentée, plus transparente et axée sur les résultats. 


M. ERIK RINGBORG (Suède) a noté que l’aide publique au développement (APD) restait une source cruciale de financement du développement, en particulier pour les pays les moins avancés (PMA).  Il a encouragé les États Membres à intensifier leurs efforts afin d’atteindre l’objectif d’allouer 0,7% de leur PIB à cette aide.  D’un autre côté, il a estimé que la mobilisation des ressources nationales était l’élément le plus important de ce financement.  Chaque pays doit assumer la responsabilité de son propre développement, a-t-il souligné, rappelant le consensus atteint sur ce point.  Ceci implique qu’un gouvernement soit responsable à l’égard de ses citoyens, et que les pays soient dotés d’un système fiscal efficace, a souligné M. Ringborg.  C’est pourquoi la Suède encourage les Nations Unies à soutenir le renforcement des capacités des pays, a indiqué le représentant.


M. Ringborg a ensuite averti que les flux de capitaux illicites provenant des pays en développement étaient beaucoup plus importants que le volume de l’APD mondiale.  Il a expliqué qu’il est dans l’intérêt de tous qu’une lutte efficace soit menée contre ces flux afin de réorienter ces ressources illicitement transférées vers des investissements nécessaires au développement de leurs pays d’origine.  Il faut aussi lutter de manière plus forte et plus efficace contre la corruption, a-t-il ajouté, soulignant à cet égard le rôle que doivent jouer les Nations Unies et les institutions financières internationales.  Il a également encouragé ces organes à mieux coordonner leurs efforts pour améliorer la gouvernance mondiale.  M. Ringborg a ajouté qu’il faut renforcer les efforts menés au niveau régional, notamment à travers la coopération Sud-Sud, ainsi que le rôle de la société civile dans le développement, du fait de sa capacité à orienter les politiques et faciliter la mobilisation des ressources.  


M. HEIKO THOMS (Allemagne) a déclaré que dans les prochaines années il faudra veiller à rationaliser tous les processus et mécanismes nationaux de développement, en particulier dans la période de l’après-2015.  Cette mobilisation des moyens nationaux est d’autant plus importante qu’elle a été rappelée dans le processus de Monterrey, a dit le représentant.  L’Allemagne, en ce qui la concerne, est disposée à aider ses partenaires à mobiliser ces fonds, y compris par le biais d’une fiscalité adaptée.  Parallèlement, tous les pays doivent se tenir prêts à aider ceux qui ne sont pas en mesure de mobiliser des fonds nationaux substantiels, a encore déclaré le représentant, ajoutant que sa délégation est prête à formuler des recommandations en ce sens.


M. WANG MIN (Chine), s’associant à la déclaration faite par la délégation de Fidji au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a ajouté que la communauté internationale devrait adopter un point de vue holistique et de long terme sur le financement du développement.  Pour la Chine, les Nations Unies devraient jouer un rôle plus important en ce sens.  Les États pourraient, dans ce cadre, mettre en œuvre une coopération internationale fructueuse pour les uns et les autres.  Les pays en développement devraient pour leur part renforcer la coopération Sud-Sud de manière à compléter la coopération Nord-Sud.  Quant aux institutions financières internationales, elles pourraient assister les pays en développement et leur octroyer les financements dont ils ont besoin.  La Chine, en tant que bailleur de fonds, est également favorable à une meilleure gouvernance internationale qui tienne compte des disparités économiques, tout en renforçant la solidité du système.  Il convient dans ce contexte d’annuler la dette des pays en développement et de renforcer leurs capacités à accéder aux marchés internationaux, a plaidé le représentant.


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a jugé « inadéquats » les progrès réalisés par la communauté internationale dans sa réponse aux questions de développement.  Critiquant la réduction des montants de l’aide publique aux pays en développement pour la deuxième année consécutive, M. Haniff a précisé qu’elle est essentielle pour les pays pauvres et en particulier pour les pays les moins avancés (PMA) qui doivent réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


L’investissement étranger direct (IED) mis en évidence par le Consensus de Monterrey revêt une grande importance pour la Malaisie, car l’IED renforce son marché de capitaux et oriente les efforts de développement nationaux, a indiqué M. Haniff.  Dans le même temps, la situation de crise économique prévalant en Europe et aux États-Unis reste préoccupante, car pouvant affecter par ricochet les économies émergentes, et partant, mettre à mal les progrès réalisés dans les pays en situation de vulnérabilité, a-t-il relevé.  Le représentant de la Malaisie, considérant le commerce international comme un moteur de développement, a émis le vœu que les relations commerciales de son pays  avec les États Membres de l’ONU soient accrues.  En prélude à la Conférence ministérielle de l’OMC, prévue à Bali en décembre prochain, il a  souhaité une rapide conclusion du Cycle de Doha afin que soient réduites les mesures protectionnistes et que les échanges commerciaux contribuent de manière significative a une croissance plus équitable et inclusive.


M. MAURICO ESCANERO (Mexique) s’est réjoui des initiatives prises pour assurer le suivi de la Conférence de Monterrey.  « L’esprit de Monterrey doit inspirer nos réflexions, afin de parvenir à des mesures concrètes », a-t-il souhaité.  Il a rappelé les trois piliers sur lesquels repose ce consensus: un programme de développement holistique; la convergence des efforts de tous les acteurs et le rôle indispensable que doivent jouer les Nations Unies pour relancer ces efforts.  Il a insisté sur le renforcement de la coopération internationale en faveur du développement, à laquelle son pays participe activement.  Reconnaissant que chaque pays doit s’approprier son développement, il a estimé que la communauté internationale avait les moyens de soutenir ces efforts et a appelé les pays donateurs à respecter leurs engagements.


Le représentant du Mexique a dit que son pays était prêt à redoubler d’efforts pour aider les pays dont le niveau de développement est inférieur au sien, notamment par le biais de la coopération triangulaire.  Il s’est félicité de la création récente d’une agence mexicaine de coopération internationale.  Il a aussi rappelé que les pays à revenu moyen avaient besoin de la coopération internationale et des flux d’aide au développement.  À cet égard, il a annoncé la convocation, par le Mexique, de la première réunion, en avril 2014, de l’Alliance mondiale pour une coopération efficace pour le développement. 


Mme DIANA ALI AL-HADID (Jordanie) a déclaré que les défis complexes du développement, auxquels fait face la communauté internationale, ont révélé la faiblesse du système financier international en ce qui concerne le maintien de la stabilité financière et la mobilisation des ressources financières pour le développement.  La situation existante nécessite, en conséquence, de nouvelles politiques et des cadres internationaux qui s’accordent avec le principe fondamental de la participation inclusive et qui soutiennent un partenariat mondial renouvelé pour le développement, a-t-elle ajouté.  Identifier des mécanismes de financement innovants susceptibles de compléter les sources traditionnelles de ressources pour le financement et promouvoir l’efficacité de l’aide sont des éléments essentiels de tous les efforts à déployer et impliquent l’adoption d’une approche concertée, cohérente et coordonnée par les gouvernements, les organisations régionales et multinationales et d’autres parties prenantes, a rappelé la représentante.  En outre, améliorer l’accès au financement aide à promouvoir une croissance plus inclusive, accélère le développement économique, et soutient la lutte contre l’exclusion et l’inégalité.  Le programme de développement pour l’après-2015 devrait clairement spécifier les moyens de la mise en œuvre des actions à entreprendre, y compris ceux concernant le financement du développement, a noté Mme Al-Hadid pour qui « il ne fait aucun doute que le commerce reste la force dynamique de la croissance de l’économie mondiale ».  À ce titre, a-t-elle estimé, il est important de faire des progrès dans le renforcement du système commercial multilatéral, en définissant des étapes correspondantes à l’état de l’architecture financière et monétaire multilatérale.  Elle a émis l’espoir que les négociations sur le commerce mondial menées dans le cadre du Cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avanceront lors de la neuvième Conférence ministérielle de Bali en décembre 2013.


M. MATEO ESTREME (Argentine) a fait valoir que, selon une étude menée par le « South Center », 33 pays en développement ont prévu des réductions budgétaires pour 2013-2015, ce qui devrait les ramener en dessous de la période de référence 2006-2007.  Il a plaidé pour que l’accès aux ressources de financement par le secteur public soit amélioré.  Les carences structurelles des pays en développement sont étroitement liées à la pauvreté, a-t-il remarqué, invitant de ce fait les gouvernements de ces pays à mettre l’accent sur l’accroissement des sources de revenus en faveur du public et donc sur l’offre d’emplois décents.  Les projets en matière d’infrastructure sont des sources de création d’emplois, a-t-il noté.  Il a donc invité à utiliser au mieux les ressources qui sont consacrées à ces projets.  Le représentant a ensuite appelé les pays donateurs à respecter les engagements pris dans le cadre de l’APD.  Il faut aussi réfléchir à la recapitalisation des banques, a-t-il aussi conseillé.  L’Argentine pense que la mobilisation des ressources nationales doit se faire en utilisant la fiscalité positive et en luttant contre la fraude fiscale.  De son côté, le secteur privé doit jouer un rôle complémentaire, mais les politiques de développement ne doivent cependant pas être soumises aux conditions imposées par le seul secteur privé, a-t-il prévenu.


M. FREDY TRUJILLO (Équateur) a déclaré qu’il faut défendre les conclusions de Doha et de Monterrey, en tant qu’accords obtenus à minima.  Cependant, en attendant l’avènement d’une nouvelle architecture financière internationale, on peut avancer sur l’établissement de mécanismes innovants pour le financement du développement, comme par exemple avec l’émission de droits de tirages spéciaux par le Fonds monétaire international (FMI).  Pour l’Équateur, cette solution constitue une option politique et économique viable pour le financement du développement durable qui, en plus accorde de la cohérence au système financier mondial.  Le principe d’une taxe environnementale –écotaxe- portant sur les exportations de pétrole et tout autre produit similaire, dite « taxe Daly-Correa » est également à envisager, a encore plaidé le représentant.


Parallèlement, il faut se saisir des conclusions du rapport de la Commission sur la restructuration du système financier, présidée par M. Joseph Stiglitz en 2008, et rétablir urgemment le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), a dit le représentant.  Il faut enfin renforcer les accords régionaux globaux, en tant qu’instruments d’intégration dans les espaces économiques et monétaires souverains.  Ce renforcement permet à l’Amérique du Sud de travailler à la création de sa propre architecture financière qui comprend les éléments de base que sont: une banque de développement, une unité de compte, et un fonds de réserve, a précisé le représentant de l’Équateur. 


M. SAHEBZADA A. KHAN (Pakistan) s’est inquiété du fait que le niveau actuel de l’APD ne correspond pas aux engagements pris en la matière et que nombre de pays en développement subissent toujours le fardeau de la dette.  Les bienfaits du commerce international et des flux de capitaux échappent toujours aux pays les mois avancés (PMA), tandis que l’accès au financement du développement est devenu un défi de taille pour les pays en développement à cause de la conjoncture économique actuelle, a-t-il notamment déploré. 


Le représentant a insisté sur la nécessité d’adopter des politiques sociopolitiques nationales idoines, et de mobiliser les ressources domestiques.  Il a aussi souligné l’importance de la bonne gouvernance.  Il a également estimé essentiel de créer une économie mondiale axée sur l’équité.  M. Khan a d’autre part jugé nécessaire d’adopter des mesures destinées à aider le secteur privé à aller au-delà des échéances à court terme et à dépasser son aversion de la prise de risques, notamment dans les domaines de l’infrastructure, de l’innovation et du financement des petites et moyennes entreprises.  Il s’est ensuite félicité du lancement des travaux du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable.


Mme HELEN BECK (Îles Salomon) s’est félicitée du lancement du Cadre d’assistance au développement pour le Pacifique 2013-2017, qui concerne 14 pays et territoires du Pacifique.  Elle a expliqué qu’on ne pouvait pas appliquer le même modèle de développement à tous les pays, insistant pour que le financement du développement soit aligné sur les stratégies nationales de développement de chaque État.  La représentante s’est réjouie que soit prévue, l’an prochain, la Conférence des Nations Unies sur les petits États insulaires en développement (PEID), qui aura lieu à Samoa, en vue d’examiner les difficultés particulières que rencontrent ces petits pays.  L’aide publique au développement (APD) doit rester prévisible et suffisante pour permettre aux PMA et aux PEID de décoller sur le plan économique, a-t-elle fait remarquer.


La représentante a exprimé la préoccupation de sa délégation concernant les limites du financement des programmes d’aide dans le domaine des changements climatiques.  Elle a ensuite plaidé en faveur d’une réforme des systèmes financier et économique internationaux.  Observant par ailleurs la part importante que revêt le commerce dans le développement, elle a regretté que les PEID n’aient pas un accès sans quotas aux marchés internationaux.  Elle a enfin fait une série de propositions pour le financement du développement au-delà de 2015, suggérant notamment qu’il soit tenu compte du déplacement des travailleurs migrants et des envois de fonds qu’ils effectuent de l’étranger.  Il faut aussi éliminer les mesures ayant des effets de distorsion sur le commerce, a-t-elle dit. 


Mme MENISSA RAMBALLY (Sainte Lucie) a déclaré que la communauté internationale se trouve à la croisée des chemins, alors qu’elle se prépare à élaborer le programme de développement pour l’après-2015.  Il faut donc se pencher sur toutes les solutions possibles, si l’on veut vraiment que les pays atteignent tous les Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-elle préconisé.  Cela implique que la prise en compte des besoins des pays à revenu intermédiaire et des petits États insulaires en développement ait lieu.  Sainte-Lucie est d’avis que le Consensus de Monterrey fournit un cadre pertinent pour le financement du développement et, dans ce contexte, appelle à sa mise en œuvre et au respect des engagements pris dans ce cadre, a conclu la représentante.


M. JUN YAMAZAKI (Japon) a estimé « qu’il fallait aller au-delà de Monterrey et de Doha ».  Pour réfléchir à l’amélioration du paysage fiscal et économique qui est en train d’évoluer dans le monde d’aujourd’hui, il a conseillé de se baser sur l’APD et d’autres sources de mobilisation financière.  Il a également souhaité que tous les acteurs du développement soient impliqués dans le financement du développement.  Le Japon estime que les pays donateurs doivent rester fermement engagés dans la fourniture de l’APD et d’autres types d’aide, tout en obtenant une action coordonnée de la part des autres acteurs.


Le financement n’est pas une fin en soi, mais un moyen de parvenir au développement, a poursuivi M. Yamazaki en soulignant la nécessité d’accorder plus d’attention à l’efficacité de l’utilisation des ressources.  « Le Japon a promis de consacrer 500 millions de dollars à la lutte contre les problèmes sanitaires en Afrique », a-t-il indiqué, mentionnant aussi les programmes de formation que son pays compte mettre en œuvre au profit de 120 000 personnes travaillant dans le domaine de la santé sur le continent africain.  M. Yamazaki a aussi parlé de la cinquième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, qui a eu lieu au mois de juin dernier.  L’aide apportée par le Japon à l’Afrique devrait être utilisée de manière stratégique, a-t-il préconisé.


M. KHALY ADAMA NDOUR (Sénégal) a estimé que l’émergence de nouveaux défis qui compliquent la mise en œuvre du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha, offrait une occasion à l’Assemblée générale d’examiner de nouvelles stratégies de financement du développement.  « Cela devient un impératif à concrétiser d’autant plus que nous voulons atteindre les OMD, et promouvoir une croissance inclusive, durable et équitable, dans l’objectif de parvenir à notre priorité fondamentale d’éradiquer la pauvreté et de réaliser le développement durable », a-t-il ajouté.  Le représentant a estimé que, dans le contexte actuel de faible mobilisation des ressources nationales et des flux de capitaux étrangers, la communauté internationale devrait jouer un rôle plus déterminant dans l’application des engagements pris en matière d’APD.  M Ndour a estimé que l’accent doit être mis sur les priorités nationales et les politiques locales de développement.  Il a également souhaité une bonne conclusion du Cycle des négociations commerciales de Doha ainsi que « la matérialisation » de l’aide au commerce.


M. ÖZGÜR PEHLIVAN (Turquie) a demandé que davantage de ressources soient allouées à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a noté que la crise financière et économique mondiale et les mesures d’austérité qui ont suivi avaient eu des conséquences sociales et économiques dramatiques sur les pays en développement.  Cette crise s’est transformée en une crise de l’emploi et de la croissance, à la fois dans les pays développés et les pays en développement, a constaté le représentant.  Il a donc demandé aux gouvernements d’adopter des politiques favorisant la croissance.  Les institutions ayant des capacités de prêt à long terme et les banques régionales devraient être renforcées grâce à des injections de capitaux, a-t-il suggéré.  Il a aussi souligné le caractère essentiel de l’APD et d’autres types d’aide.  Le représentant a cependant invité la communauté internationale à aller au-delà de l’aide bilatérale.  Comme outils permettant d’appuyer la croissance économique des pays, il a notamment prôné d’investir dans les infrastructures et le microfinancement.  Le représentant de la Turquie a ensuite mentionné l’aide importante fournie par son pays en matière de développement, qu’elle soit de type public ou privé.


M. MIGUEL CAMILO RUIZ (Colombie), a souscrit à la déclaration du Groupe des 77 et la Chine, faite par Fidji, et a ajouté que l’adoption du Consensus de Monterrey et de l’Accord de Doha exige aujourd’hui leur pleine mise en œuvre et le respect des engagements pris dans ces cadres.  Dans ce contexte, la Colombie est favorable à la mise en place d’un mécanisme de suivi adéquat au sein du système des Nations Unies, qui pourrait prendre la forme d’un organe subsidiaire de l’ECOSOC, a dit M. Ruiz.  Cet organe serait chargé de faire le lien entre la formulation des politiques et le respect des engagements pris, a dit le représentant.  Il est par ailleurs essentiel aujourd’hui d’inverser la courbe de diminution, en termes réels, de l’aide publique au développement (APD), tout en approfondissant la coopération technique internationale, a encore plaidé le représentant. 


La Colombie est, en outre, d’avis qu’il faut adopter un train de mesures pour alléger les dettes souveraines des États, estimant que les mesures actuelles sont insuffisantes.  En raison du rôle moteur du commerce dans les économies en développement, le représentant a jugé primordial que des progrès soient faits dans les négociations du Cycle de négociations commerciales de Doha, lors de la prochaine réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tiendra à Bali, en Indonésie, et que soit créé un mécanisme de suivi sur le principe d’un traitement différencié en faveur des pays en développement dans le système commercial multilatéral.  Pour la Colombie, dans le contexte du programme de développement pour l’après-2015, il faut mettre en place une dynamique mondiale basée sur l’Objectif du Millénaire pour le développement nº 8, et mobiliser toutes les ressources possibles tout en les canalisant efficacement, a conclu M. Ruiz. 


M. LIZWI NKOMBELA (Afrique du Sud) a souligné les problèmes causés par la volatilité des flux commerciaux, ainsi que par les crises mondiales actuelles et les difficultés liées aux changements climatiques.  Il a invité la communauté internationale à tenir compte des fragilités et des déséquilibres systémiques dans l’examen de la question du financement du développement.  Il a aussi suggéré d’envisager une réforme des institutions financières internationales.  Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour honorer les obligations prises par le passé au titre du financement du développement, a poursuivi le représentant qui a appelé à aider en particulier le continent africain.  Il a aussi souhaité que le processus intergouvernemental chargé d’examiner ces questions soit plus inclusif.  En ce qui concerne le Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, il a proposé de le tenir tous les deux ans.  L’Afrique du Sud fait partie du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable et accorde beaucoup d’importance à la mobilisation des ressources pour atteindre le développement durable et éliminer la pauvreté, a-t-il dit en concluant son intervention.


M. VICTOR OVALLES-SANTOS (Venezuela) souscrivant à la déclaration du Groupe des 77 et la Chine, a lancé un appel pour la tenue d’une conférence de suivi de la mise en œuvre des recommandations des Conférences de Monterrey et de Doha sur le financement du développement.  Il est important que cette conférence se tienne, a déclaré le représentant, appelant le Président de l’Assemblée générale à donner mandat à des facilitateurs à cette fin.  Il a également estimé qu’un organe de suivi devrait être créé au sein du système des Nations Unies.  Cet organe pourrait prendre la forme d’une commission pour le financement du développement, placée sous l’égide de l’ECOSOC, a encore plaidé le représentant.  Une révision des accords de Bretton Woods est en outre envisageable, a-t-il poursuivi, appelant tous les acteurs du grand Sud à tenir un dialogue sur la réforme du système financier mondial. 


M. SACHA S. LLORENTY SOLÍZ (Bolivie) a observé que ce sont les pays en développement qui paient la facture du capitalisme, qui est « un système où il y aura toujours quelques gagnants et beaucoup de perdants, y compris d’ailleurs la Terre elle-même ».  Il a parlé de la dégradation de la civilisation capitaliste qui met en danger notre vie même sur cette Terre.  La Bolivie s’est fixée comme objectif le « bien vivre », c’est-à-dire la promotion d’une économie tournée vers la vie qui est une alternative à l’exploitation de l’homme et de la nature par l’homme, a dit le représentant.  Il a expliqué que les pays à revenu intermédiaire doivent encore mettre en place les conditions permettant leur développement.  Nous devons utiliser aux mieux nos matières premières, a-t-il reconnu, en promettant un mode de production écologique.  L’industrie propre coûte cependant beaucoup plus que l’industrie traditionnelle, a-t-il noté, expliquant la difficulté pour les pays en développement d’assumer ce coût.  Il a par ailleurs demandé que soient encouragés les pays en développement afin qu’ils participent à un système financier mondial propice à leur développement.  Il a enfin exigé le respect des décisions souveraines des pays, afin de mettre fin à toute forme de colonialisme.


Mme ASTRIDE NAZAIRE (Haïti) a souligné qu’en matière de financement du développement, Haïti avait exploré des voies nouvelles, comme la coopération Sud-Sud.  « Nous avons également activement promu l’affectation non traditionnelle, et innovante, d’une partie des ressources fournies par les transferts des expatriés, grâce auxquels Haïti est sur le point d’accéder à l’éducation primaire pour tous et d’achever l’OMD nº 2 », a souligné Mme Nazaire.  La représentante a toutefois noté que, compte tenu du caractère encore limité des mécanismes alternatifs, « et d’un accès quasi fermé aux principaux marchés de capitaux », « l’APD reste critique pour des pays comme Haïti ».  Après avoir évoqué l’aide apportée par le Plan d’urgence du Président des États-Unis pour la lutte contre le sida(PEPFAR) et l’ONUSIDA, qui a permis de réduire de plus de moitié le taux de prévalence du VIH en Haïti, elle a jugé que toute réduction de l’APD risquait de fragiliser les acquis.  Elle a invité les États Membres à s’inspirer des efforts entrepris ces dernières années par le système de l’ONU pour rationaliser ses cadres de coopération, ainsi que de l’action de ses agences, fonds et programmes sur le terrain.


Table ronde 1: « Les répercussions de la crise financière et économique mondiale sur la réforme du système monétaire et financier international et ses incidences sur le développement ».


« Le système financier continue d’être très vulnérable, même si les perspectives pour 2014 se sont améliorées », a affirmé le Représentant permanent du Venezuela auprès des Nations Unies, M. Samuel Moncada, qui présidait cette table ronde.


Les politiques monétaires non conventionnelles dans les pays développés, a-t-il fait rappelé, avaient des répercussions qui pouvaient être préjudiciables aux pays en développement.  Il a ensuite souligné l’importance de lisser davantage la volatilité des capitaux, avant de mentionner les mesures prises depuis 2008 par la communauté internationale, dont Bâle III.  « La réglementation Bâle III pourrait néanmoins réduire la disponibilité des financements à long terme », a-t-il indiqué.  L’extension du cadre de régulation au-delà du système bancaire est cruciale, a-t-il estimé.  En conclusion, il a émis l’espoir que cette table ronde permettra de mieux cerner les effets des politiques monétaires non conventionnelles sur les pays en développement, ainsi que les spécificités des pays à prendre en compte dans l’élaboration des politiques de financement nationales et internationales.


M. RUPERT THORNE, Secrétaire général adjoint au sein de la Banque des Règlements internationaux, a jugé crucial de remédier aux vulnérabilités des banques, en souhaitant qu’une coopération transfrontalière accrue, afin de diminuer la volatilité des capitaux.  Il a ensuite détaillé les progrès accomplis dans cette voie, en particulier une résilience renforcée des banques grâce à Bâle III et la réduction de l’excessive variation des actifs à risque qui sont échangés entre banques.  M. Thorne a en outre souligné les efforts entrepris pour faire en sorte que la faillite des acteurs privés financiers les plus importants n’entraîne pas de récession économique.  Il a cité, à cet égard, la supervision accrue des institutions financières internationales afin de réduire les risques systémiques.


Soulignant la nécessité de favoriser des marchés financiers liquides, il a rappelé les faiblesses structurelles des marchés des dérivés, dévoilées par la crise, et détaillé les efforts en cours pour réformer ces marchés et les rendre plus transparents.  Concernant le financement du développement à long terme, il a indiqué que l’élément clef était la restauration de la confiance sur les marchés internationaux.  « Les investisseurs institutionnels seront amenés à jouer un rôle essentiel dans le financement à long terme du développement », a-t-il conclu.


M. EDUARDO GÁLVEZ (Chili) a énuméré les crises financières qui se sont succédées, au cours de ces deux dernières décennies, et les réponses qu’a fournies la communauté internationale.  « Les inégalités économiques se sont accrues avec les récessions qui se sont succédées », a-t-il affirmé, en évoquant les mouvements de protestation dans le monde contre la montée des inégalités, notamment les « Indignés » en Espagne.  Il a également évoqué l’essai de Stéphane Hessel, « Indignez-vous ».  Rappelant que le centre de gravité des grands débats économiques s’était déplacé vers le G-20, il a fait observer que l’ordre du jour de ce dernier était chargé, ce qui pouvait parfois mettre au second plan la question des inégalités.


M. Gálvez a ensuite plaidé pour un nouvel élan politique afin d’humaniser la mondialisation.  Il a notamment avancé l’idée de la tenue d’une conférence sur le financement durable, avant de souhaiter que le programme de développement pour l’après-2015 mette l’accent sur la promotion de politiques sociales inclusives.


M. AXEL BERTUCH-SAMUELS, Fonds monétaire international (FMI), a insisté sur les avancées enregistrées dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Les sources privées, a-t-il dit, joueront un rôle toujours plus important à l’avenir dans le financement du développement.  « Il faudrait continuer à œuvrer pour la réduction des risques systémiques engendrés par le secteur bancaire », a-t-il préconsié, avant d’indiquer que la réglementation récemment mise en place ne pourra être couronnée de succès que si elle s’accompagne d’une supervision efficace.  M. Bertuch-Samuels a aussi passé en revue les actions du FMI depuis 2008 visant à répondre à la crise, en particulier la simplification de ses prêts.  « Le FMI peut désormais mieux évaluer les risques de contagion de la crise dans un pays vers un autre », a-t-il assuré.


Il a ensuite rappelé que les prêts consentis aux pays en développement n’étaient assortis d’aucun taux d’intérêt, et ce, jusqu’à 2014. « En 2010, le FMI a crée un fonds qui a supprimé la dette d’Haïti », a-t-il dit, en précisant que 50 pays recevaient des financements à long terme du FMI.  Le FMI procède actuellement à une réforme des quotes-parts du FMI, afin de mieux protéger les droits de vote des pays les plus pauvres, a-t-il ajouté.  Il a suggéré que les capacités nationales de collecte de l’impôt soient renforcées afin de contribuer au financement du développement.


Ms. YUEFEN LI, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement(CNUCED), a rappelé que les pays à faible revenu subissaient de plein fouet le ralentissement de la demande mondiale.  Elle a jugé difficile de mettre en œuvre des mesures destinées à mieux réglementer les marchés internationaux des capitaux, en notant l’incompatibilité d’intérêts particuliers avec ces mesures.  « Des acteurs du système financier continuent de prendre des risques excessifs et d’alimenter des bulles spéculatives », a-t-elle déploré.  La crise a révélé la nécessité de revoir les modalités de restructuration des dettes souveraines, a-t-elle poursuivi, en souhaitant qu’un mécanisme international en la matière soit mis en place.  La CNUCED, a-t-elle rappelé, avait lancé en 2009 une initiative de promotion de financements responsables, qui souligne notamment la responsabilité particulière des créanciers.  En conclusion, elle a insisté sur une plus grande régulation des mouvements de capitaux et la mise en place des mécanismes permettant un règlement des crises plus efficace.


Mr. MANUEL F. MONTES, Centre Sud, a indiqué qu’une réforme financière systémique se faisait attendre et qu’une crise encore plus importante qu’en 2008 ne pouvait être écartée à l’avenir.  Il a souligné les vulnérabilités du système financier, en particulier l’opacité qui continue de le caractériser et la prise de risques inconsidérés qu’il encourage.  M. Montes a, en conséquence, vigoureusement plaidé pour une régulation renforcée des marchés financiers.  Il a émis le vœu que des mécanismes de restructuration de la dette soient rapidement mis en place. Les Nations Unies, a-t-il estimé, sont bien positionnées pour faire avancer les réformes visant à une amélioration et un renforcement du système financier international.


Lors du débat interactif qui a suivi la présentation des panélistes, le délégué des Organisations non gouvernementales a déploré la mainmise de la finance sur l’économie, faisant écho à la représentante de la société civile qui a plaidé pour un nouveau paradigme mondial, au sein duquel le secteur financier aurait un rôle plus restreint.  « Les États sont responsables du bon climat des affaires dans leur pays », a, pour sa part, rappelé le représentant du secteur privé.


Le représentant de l’Allemagne, soulignant le rôle clef du groupe de la Banque mondiale lors de la crise de 2008, a plaidé pour un rôle accru à l’avenir des banques multilatérales de développement, notamment régionales, et une supervision renforcée du secteur financier international.  « Le FMI pourrait jouer un rôle particulier dans cette supervision », a-t-il estimé.  Son homologue del’Union européenne a appuyé les mesures visant à renforcer la crédibilité du FMI et de la Banque mondiale, tout en appelant de ses vœux le renforcement de la coopération entre ces derniers et les Nations Unies.  Le délégué de Maurice a, quant à lui, pointé la divergence qui existe entre les modalités de l’élaboration des normes internationales et leur mise en œuvre différenciée d’une part par les pays en développement et d’autre part par les pays développés.


« Nous sommes entrés dans une autre phase de la crise », a, pour sa part, affirmé le délégué de l’Équateur, qui a déploré le « démantèlement » des mécanismes de protection sociale observé dans de nombreux pays.  Le délégué de la Jamaïque a insisté sur la nécessité d’attirer les investissements vers le secteur productif.  « C’est la question primordiale », a-t-il déclaré, alors que son homologue de Saint-Kitts-et-Nevis a rappelé la fragilité des économies des pays de la région des Caraïbes.


Répondant aux commentaires des délégations, M. Bertuch-Samuels a rappelé que la distinction entre ressources privées et publiques n’en était pas une puisque les ressources publiques étaient prélevées auprès du secteur privé par le biais de la fiscalité.  Mme Li a, quant à elle, insisté sur la nécessaire prévention des crises financières, alors que M. Montes a indiqué que la nouvelle phase de la crise dont a parlé le délégué de l’Équateur avait un impact particulièrement délétère pour les pays en développement.


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