30/04/2012
Assemblée générale
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Célébration de la Journée internationale du jazz


LE COMITÉ DE L’INFORMATION CÉLÈBRE LA TOUTE PREMIÈRE JOURNÉE INTERNATIONALE DU JAZZ « OUTIL ÉDUCATIF ET FORCE DE DIALOGUE »


« Désapprendre l'intolérance: le jazz comme outil éducatif et force de dialogue ».  C’est sur ce thème que la toute première Journée internationale du Jazz a été célébrée cet après-midi au Siège de l’ONU, par le Comité de l’information de l’Assemblée générale.  La Journée s’est terminée par un concert organisé par la Mission permanente des États-Unis auprès des Nations Unies.


Mais avant cela, diplomates, musiciens et spécialistes du jazz ont été conviés à une table ronde ponctuée par des airs chantés et joués.  La manifestation, qui était organisée en partenariat avec l’initiative « Impact universitaire » et la Mission permanente de l’Inde auprès des Nations Unies, s’est achevée avec la projection du documentaire « Finding Carlton », de Susheel Kurien, sur l’histoire universelle du jazz et la migration de ce genre musical vers l’Inde.


Après quelques minutes de musique interprétée en direct, les invités ont vanté les mérites du jazz: l’ouverture, le dialogue, la compréhension, la liberté, l’harmonie, l’unité et l’improvisation.


Commentant cette « séance quelque peu inhabituelle », le Président du Comité de l’information, Eduardo Ulibarri, a estimé que la musique permet d’atteindre un des objectifs des Nations Unies qui est de faire tomber les obstacles et de jeter des ponts entre les peuples.  « Le jazz a été défini comme une musique ouverte pour des esprits ouverts, mais il peut aussi contribuer à ouvrir les esprits fermés », a-t-il dit à propos d’une musique qui est « né d’une réalité historique, l’esclavage, et s’est mué en un outil d’inclusion. »


Pour le Président du Comité, le jazz est « une métaphore de la tolérance et de l’unité dans la diversité ».  « Le jazz, c’est un rythme suave, syncopé, historique mais moderne ».  « C’est aussi l’Afrique, le Brésil, Cuba, l’Inde, Israël, la Palestine, et bien entendu les États-Unis, son berceau », a ajouté le diplomate costaricien.


« Le jazz est un vecteur de communication et de dialogue », a posé comme principe de base M. Manjeev Singh Puri, Représentant permanent par intérim de l’Inde auprès des Nations Unies.  Il a rappelé que le jazz avait voyagé par mer et par route pour arriver à Calcutta, dans les années 30.  Les grands thèmes des films de Bollywood ont les mêmes connotations que le jazz, a-t-il affirmé, en rappelant que la musique traditionnelle indienne laisse également une grande place à l’improvisation.


Plusieurs années après que Duke Ellington eut lancé l’histoire du jazz, l’émergence de cette musique à Calcutta démontre que « c’est un art universel », a commenté Mme Rosemary DiCarlo, Représentante permanente adjointe des États-Unis auprès des Nations Unies, pour qui le jazz a été enrichi par les musiques du monde entier. 


Le producteur du « Finding Carlton », M. Susheel Kurien, s’est dit frappé par le lien de confiance et de complicité entre les musiciens de jazz.  Il a d’ailleurs proposé non sans humour de faire du jazz la septième langue officielle des Nations Unies.


Les musiciens ont voulu montrer que le jazz est véritablement une « langue universelle » à mettre aux côtés des six langues officielles de l’ONU.  Grace Kelly, jeune compositrice et saxophoniste, s’est exprimée en chinois, la langue de ses ancêtres, avant d’improviser au saxophone sur la chanson « Let there be peace on earth ».


« Le jazz n’est pas un divertissement, c’est un art », a lancé en espagnol M. José Masso, producteur depuis 36 ans de l’émission «ConSalsa !» sur WBUR FM 90.9, à Boston.  Il a prôné le recours aux nouvelles technologies pour faire partager cette musique.


En russe, Alexandra Yabrov, gérante du Scullers Jazz Club, à Boston, a retracé l’origine de sa passion pour le jazz, dès son enfance dans l’ex-Union soviétique.  Son club de jazz accueille chaque soir un public très différent, a-t-elle dit pour illustrer le fait que « le jazz a toujours été un vecteur de communication entre des gens différents ». 


Chanteur, trompettiste, joueur de santour et compositeur américano-iraquien, Amir Elsaffar, a tenu lui aussi à intervenir dans la langue de ses ancêtres, l’arabe.  Il s’est présenté comme l’inventeur, en 2006, d’une musique alliant les accents du maqâm à ceux du jazz américain, les deux styles communiquant en toute harmonie.  Il l’a prouvé par un chant et un morceau de trompette.


En français, Aminata Annie Soumare, jeune chanteuse d’origine malienne, a rappelé avec fierté que le jazz est un dérivé des rythmes et musiques africains. Roland Schatz, pianiste concertiste, fondateur et administrateur de l’Institut international de recherche Media Tenor, dont le siège se trouve en Suisse, a dit que « le troisième pouvoir de la musique est que l’harmonie mène à l’harmonie ».


C’est en novembre 2011 que la Conférence générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a proclamé le 30 avril Journée internationale du jazz. 


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