22/06/2012
Couverture des réunions
ENV/DEV/1300

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Conférence des Nations Unies

sur le développement durable « Rio+20 »

3e et 4e séances plénières                                  

matin et après-midi


RIO+20: DES DÉLÉGATIONS SOULIGNENT L’URGENCE DE FAIRE FACE AUX BESOINS DES PETITS

ÉTATS INSULAIRES, PREMIÈRES VICTIMES D’UN MODÈLE DE CONSOMMATION NON DURABLE


RIO DE JANEIRO, BRÉSIL, 21 juin -- La deuxième journée de débat de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) a été l’occasion d’entendre, aujourd’hui, plus de 80 délégations –dont une trentaine de chefs d’État et de gouvernement– mettre l’accent sur les opportunités et défis du développement durable.


De nombreux représentants de petits États insulaires en développement (PEID) ont souligné les difficultés particulières de cette catégorie de pays, qui est la plus menacée par les conséquences des changements climatiques et de l’émission des gaz à effet de serre.  « Le développement durable n’a aucun sens si certains pays disparaissent de la planète du fait de l’élévation du niveau de la mer, et si ceux qui polluent ne veulent pas entendre nos appels », a estimé le Président des États fédérés de Micronésie, M. Emanuel Mori.


Au nom du principe de « responsabilité commune mais différenciée », une dizaine de représentants des PEID ont demandé à la communauté internationale de les aider à faire face à leurs défis particuliers et d’être associés à tous les mécanismes de définition et de suivi des objectifs de développement durable (ODD).  Ils ont espéré que le troisième Sommet mondial des PEID, prévu dans la région du Pacifique en 2014, permettra de répondre à problèmes urgents, tout en alertant sur les risques que pose la montée des températures pour la faune marine, pilier de leur économie bleue.  Ils ont souligné l’importance d’investir dans les énergies renouvelables, l’écotourisme et la gestion durable des océans. 


Même si un grand nombre d’intervenants se sont félicités de la finalisation, mardi 19 juin, par les États Membres d’un projet de document destiné à mettre en place les lignes directrices pour un développement économique responsable, viable et respectueux de l’environnement, d’aucuns ont regretté le manque d’ambition du texte.  Si nous sommes déçus, nous ne voulons pas non plus sombrer dans le défaitisme, a dit le Ministre de la coopération et du développement de la Belgique, M. Paul Magnette, en estimant qu’il faudrait, dès la prochaine Assemblée générale de l’ONU, donner un contenu à cet accord, notamment au sujet des modes de production et de consommation durables.


Plus critique, le Président cubain, M. Raúl Castro Ruz, a dénoncé la paralysie des négociations et l’absence d’un accord permettant de mettre un frein aux changements climatiques, en regrettant que l’on privilégie la course aux armements –budget mondial de 1 700 milliards de dollars- aux objectifs de développement durable.  Dénonçant, quant à lui, la dictature des marchés et le capitalisme destructeur qui engendrent la pauvreté et ravagent la nature, le Président bolivien, Evo Morales, a estimé que la croissance verte était un nouveau modèle colonialiste qui n’avait d’autre but que d’amener les peuples et gouvernements anti-impérialistes et anticapitalistes à justifier les pillages et la destruction de civilisations millénaires.  Il s’est étonné que les plus grands pollueurs s’activent aujourd’hui à imposer des normes environnementales contraignantes aux pays en développement dont la part dans les émissions de gaz à effet de serre est infime.  


S’agissant des opportunités, il a été rappelé que depuis 1992, « 500 millions de personnes sont sortis de la pauvreté, la durée de vie moyenne a augmenté de quatre ans et la mortalité infantile a été réduite d’un tiers ».  En écho aux attentes des PEID, le Premier Ministre de la Norvège, M. Jens Stoltenberg, a jugé essentiel d’évaluer le coût de la pollution et de faire payer les pollueurs, en estimant qu’une telle démarche aura le triple avantage de réduire les émissions de CO2, d’inciter au développement de technologies propres et de générer des revenus en faveur du développement durable.  


Dans le domaine des innovations, le Président de l’Équateur a cité l’initiative « Yasuni ITT » qui vise à laisser inexploitées les réserves de pétrole du pays pour éviter les émissions de plus de 80 milliards de tonnes de dioxyde de carbone.  M. Rafael Correa a demandé une compensation pour les 846 millions de barils de pétrole -estimés à 14 milliards de revenus- qui resteront sous terre, pour financer des mesures de protection de l’environnement, la recherche et la lutte contre la pauvreté.  L’initiative de huit États insulaires du Pacifique, signataires de l’Accord de Nauru concernant la coopération dans la gestion des pêches d’intérêt commun, interdit depuis janvier 2011, la pêche sur 4,5 millions de kilomètres carrés dans les eaux océaniques afin de lutter contre la diminution des stocks de thon, a également été citée par le Premier Ministre des Îles Salomon, M. Gordon Darcy Lilo.  En outre, le Premier Ministre de l’Inde, M. Manmohan Singh, a cité les efforts de son pays visant à réduire de 25% les émissions de carbone entre 2005 et 2020.


De nombreuses délégations ont souligné la nécessité de réconcilier les besoins en énergie avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en appuyant l’initiative du Secrétaire général intitulée « Énergie durable pour tous ».  Dans ce domaine, le Premier Ministre de la Fédération de Russie, M. Dmitry Medvedev, a souligné l’importance de parvenir à un accord énergétique entre les grands pays du monde, visant la création de mécanismes d’échange des pratiques optimales pour une croissance économique verte.  


La Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) devrait conclure demain soir, 22 juin, sa troisième journée de débat, avant de procéder à l’adoption de son projet de document final qui propose une large gamme d’initiatives, dont l’établissement d’objectifs de développement durable (ODD), sur le modèle des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il reconnait la notion d’« économie verte », indispensable pour réaliser de tels objectifs et propose de renforcer le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), de promouvoir les mesures de suivi de la responsabilité des entreprises, d’aller au-delà du produit intérieur brut (PIB) pour évaluer le bien-être d’un pays, développer une stratégie pour le financement du développement durable ou encore adopter un cadre de production et de consommation durables.



CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE (RIO+20)


Suite du débat général


M. DONALD RABINDRANAUTH RAMOTAR, Président du Guyana, a affirmé que l’on ne pouvait pas quitter Rio, à la fin de cette semaine, en se contentant d’adresser des messages simplistes d’inspiration.  Il faut convenir, a-t-il dit, de mesures concrètes spécifiques et pertinentes pour faire face aux réalités d’aujourd’hui.  « Pour ce faire, nous avons besoin à la fois d’une vision audacieuse et d’un accord sur des actions spécifiques qui correspondent à l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés », a-t-il dit.  Une vision audacieuse doit se fonder sur un ensemble de grande qualité d’objectifs de développement durable, ainsi que cela a été discuté ces derniers jours.  Cette vision audacieuse doit se traduire en actions concrètes, en pratiques qui utilisent de manière durable le capital naturel de notre planète et les sources d’énergie pour le bénéfice de tous, a-t-il ajouté.


Le Président du Guyana a également mis l’accent sur le problème du financement, précisant que la communauté internationale avait reconnu que les pays développés aujourd’hui devaient y apporter leur contribution.  Il est nécessaire, a-t-il estimé, de trouver des investissements adéquats.  En traitant du problème du financement, il faut être clair sur les conditions particulières qui existent entre les pays, en particulier celles qui s’appliquent aux petites nations très endettées à revenu intermédiaire.


LE PRINCE ALBERT II de Monaco a invité à prendre les engagements forts et concrets qui s’imposent pour atteindre les objectifs de développement durable.  Un colloque scientifique international, coorganisé récemment à Monaco, a mis en évidence que les changements climatiques ne peuvent rester sans incidence sur la santé humaine, a-t-il indiqué.  Il s’est inquiété des effets croissants de l’altération du climat sur la santé humaine et averti que l’homme en est directement menacé.  « Aujourd’hui, il faut montrer notre capacité à œuvrer pour le bien commun », a dit le Prince Albert II, en invitant à se souvenir de l’esprit de coopération qui avait présidé à Rio en 1992 et qui avait abouti aux succès du Sommet de la Terre.  Il a cependant relevé que le bilan est aujourd’hui contrasté, l’état général de la planète s’étant encore détérioré.  Son père, le Prince Rainier, avait déjà relevé l’hypocrisie dans la mise en œuvre des textes sur l’environnement, a-t-il rappelé.


Le Prince Albert II a souhaité que la Conférence Rio+20 puisse établir un équilibre entre les trois piliers du développement durable -économique, social et environnemental-, en commençant par renforcer le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).  Sa transformation en centre spécialisé des Nations Unies doit permettre de renforcer la synergie entre les accords intergouvernementaux sur l’environnement et de coordonner les activités des Nations Unies dans ce domaine.  Le Prince Albert II a également plaidé en faveur de la mise en place d’une économie verte pour s’engager dans une économie responsable créatrice d’emplois et porteuse du développement.  Il a lancé un appel aux autres États pour s’engager dans une transition énergétique.  À Monaco, nous avons réduit de 18% les émissions de gaz à effet de serre et pensons atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, a fait valoir le Prince Albert II.  Enfin, il a défendu la gestion durable des océans, en soulignant leur rôle précieux de régulateur environnemental.  Monaco est un État tourné vers la mer, a-t-il rappelé, avant d’insister sur la nécessité de garantir une mise en œuvre efficace de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer dont nous célébrons, cette année, le trentième anniversaire de son ouverture à la signature.


« Nous avons débattu, nous avons délibéré, mais l’heure est maintenant venue de passer à l’action », a déclaré d’emblée M. JUAN MANUEL SANTOS CALDERÓN, Président de la Colombie.  Il s’est félicité de l’engagement en faveur de l’élaboration d’un mandat pour déterminer les objectifs du développement durable, lequel permettra, a-t-il expliqué, de définir les besoins et de lancer les mesures nécessaires.  Il faut maintenant, a-t-il précisé, indiquer la phase technique et prendre des décisions politiques au plus haut niveau, en se fondant sur les observations des experts. 


Le Président de la Colombie a ensuite évoqué les importantes ressources hydriques et foncières que compte son pays, mais a également parlé de la fragilité de la Colombie face aux effets des changements climatiques.  Des initiatives ambitieuses ont été lancées au plan national pour assurer, entre autres, une gestion intégrée de l’eau et établir un système de protection de la biodiversité.  Le Président colombien a indiqué que la Colombie possédait une zone protégée de 17,6millions d’hectares.  En dépit des divergences de vues, il existe une « volonté manifeste » d’arriver à un mode de développement en harmonie avec les intérêts sociaux et économiques de la planète, a assuré le Président Calderón.


M. EVO MORALES AYMA, Président de la Bolivie, a souligné qu’il faudrait mettre fin à la faim, et non pas à l’homme.  Il est important, a-t-il dit, de penser en profondeur aux générations futures.  Le Président bolivien a dénoncé la dictature des marchés et le capitaliste destructeur qui engendrent la pauvreté et ravagent la nature.  Il a déploré le fait que soient imposées aux pays en développement des mesures de protection de l’environnement, alors même que les pays développés détruisent l’environnement.  Les pays du Nord s’enrichissent dans cette « orgie de sources de vie », a-t-il déclaré.  Une civilisation de deux ou trois siècles ne doit pas détruire une civilisation millénaire de peuples autochtones qui vivent en harmonie avec la nature, a-t-il estimé.


M. Morales a mis l’accent sur la nécessité de défendre les droits de la Terre nourricière des peuples autochtones et des plus démunis pour qu’ils puissent sortir de la pauvreté.  « Il est important de récupérer nos ressources naturelles, des ressources qui appartiennent à nos peuples et qui ne doivent pas faire l’objet de transactions commerciales », a-t-il également affirmé.  « Il faut en finir avec les modèles de pillage et les systèmes prédateurs », a-t-il poursuivi.  « Le capitalisme, a-t-il estimé, n’est pas une solution ».  Le Chef de l’État bolivien a notamment considéré que la croissance verte était un nouveau modèle colonialiste visant à soumettre les peuples et les gouvernements anti-impérialistes et anticapitalistes.


M. RAFAEL CORREA, Président de l’Équateur, a rappelé que si nous sommes tous responsables des dégâts causés à la planète, certains pays en sont plus responsables que d’autres.  À l’aide d’un graphique représentant la consommation de CO2 de chaque pays, il a expliqué que les pays pauvres, comme l’Éthiopie, sont les moins émetteurs de gaz à effet de serre, tandis que les riches en consomment le plus.  Les 20 pays les plus pauvres produisent moins de 1% des émissions de gaz à effet de serre, a-t-il précisé.  La mode est de sauver des banques à renfort de milliards de dollars, a fait remarquer M. Correa, qui a souhaité que l’on cherche plutôt à sauver l’environnement en y injectant quelques milliards de dollars.


M. Correa a appelé à changer la logique économique en vigueur.  Il ne faut pas se limiter à échanger des marchandises, il faut aussi accepter de transférer les moyens de leur utilisation, a-t-il préconisé, en citant le cas du bassin de l’Amazone.  Les mesures incitatives offertes par le Protocole de Kyoto se sont révélées insuffisantes et injustes, a-t-il estimé.  En ce qui concerne le reboisement par exemple, on n’a pas prévu d’offrir une compensation aux pays qui avaient préservé leurs forêts.  Il a proposé de se mettre d’accord sur un concept global et intégral qui reprenne tout ce qui a été consenti jusqu’à présent, un concept des « émissions nettes évitées ». 


Le Président de l’Équateur s’est ensuite prévalu de l’initiative « Yasuni ITT » qui vise à laisser inexploitées les réserves importantes de pétrole du pays pour éviter les émissions de plus de 80 milliards de dioxyde de carbone.  Les 846 millions de barils de pétrole qui restent ainsi sous terre nous obligent à renoncer à 14 milliards de dollars, a-t-il expliqué, en rappelant que l’Équateur est encore confronté à une forte pauvreté.  C’est pourquoi, nous en appelons à la responsabilité commune mais différenciée.  « Nous ne demandons pas la charité, a-t-il précisé, mais nous voulons utiliser des fonds qui sont issus de l’application du principe de responsabilité commune mais différenciée pour prendre des mesures de protection de l’environnement, comme le reboisement et la recherche technologique.


L’Équateur a proposé une « déclaration universelle des droits de la nature », qui n’a cependant pas été reprise dans le document final, a indiqué Rafael Correa.  Ce principe, qui figure dans la Constitution de l’Équateur, prévoit que toute personne peut exiger d’une autorité publique le respect de la nature.  Le problème est de nature politique, a-t-il conclu, lançant un appel à changer le système actuel pour donner la suprématie à la nature sur le capital.


M. EMANUEL MORI, Président des États fédérés de Micronésie, a évoqué les menaces que posent, pour les petits États insulaires en développement, l’élévation du niveau de la mer, laquelle, a-t-il souligné, risque de les rendre inhabitables.  Des générations entières sont en péril, s’est alarmé M. Mori, qui a pointé du doigt « ceux qui choisissent de polluer au détriment des plus vulnérables ».  Le développement durable, a-t-il affirmé, n’a plus aucun sens si certains d’entre nous sont effacés de la terre car personne n’aura répondu à ce cri d’alarme. 


Le Président Mori a ensuite évoqué l’échec de la Conférence de Copenhague et le peu de progrès réalisés, depuis lors, par d’autres réunions sur les changements climatiques.  Il a également insisté sur l’importance que revêt l’investissement, notamment, dans l’énergie renouvelable, l’écotourisme et la bonne gestion des océans.  Il a aussi cité les mérites de la notion de l’économie bleue qui, a-t-il expliqué, encourage une utilisation renouvelable des ressources marines.  Il a exhorté les États Membres à y souscrire, au motif que « la protection à elle seule ne suffit pas ».  En matière d’assistance à l’aide au développement, a poursuivi M. Mori, il importe d’accorder une attention particulière aux énergies renouvelables et abordables.  Les dirigeants doivent garder à l’esprit l’urgence des mesures qui s’imposent.  Pour les habitants des États insulaires, c’est sans doute là notre seule chance, a-t-il averti.


M. ALI BONGO ONDIMBA, Président du Gabon, a affirmé que les promesses faites en 1992, lors du Sommet de la Terre, ne s’étaient pas concrétisées.  Le Chef de l’État gabonais a expliqué qu’il avait été élu en 2009 sur la base d’un programme reposant sur le développement durable.  Depuis le Sommet de la Terre, le Gabon s’est efforcé de créer un cadre institutionnel pour le développement durable.  Au niveau législatif, une loi a été adoptée pour que les plans de gestion durable deviennent obligatoires pour toutes les concessions forestières.  Une législation sur les moyens de mise en œuvre a été instaurée et prévoit notamment la création d’un registre de crédits de développement durable.  Si le Gabon a fait, depuis 20 ans, des efforts précieux, il reste encore beaucoup à faire, a-t-il concédé.


Le Président du Gabon a mis l’accent sur la nécessité de « renouveler notre engagement politique à agir en faveur du développement durable ».  « Il ne faut pas poursuivre sur la voie des engagements non honorés lorsque tant de monde se tourne vers nous », a-t-il dit.  Le Président Bongo a également plaidé en faveur d’une transformation du Programme des Nations Unies pour l’environnement, afin qu’il devienne une organisation à part entière, dont le siège serait à Nairobi.  Il a lancé un « appel à tous » en vue d’agir de manière déterminée tout en ayant à l’esprit une vision, dans un souci de solidarité internationale, et en respectant le principe de responsabilité commune.


M. MICHEL JOSEPH MARTELLY, Président d’Haïti, a indiqué que les contributions de son pays aux émissions de gaz à effet de serre étaient insignifiantes.  Haïti est exposé aux catastrophes naturelles de grande ampleur et à de grands défis économiques, sans disposer des ressources nécessaires pour y faire face, a-t-il indiqué.  L’environnement d’Haïti, qui est un petit État insulaire et montagneux, est dévasté et c’est pourquoi, a-t-il dit, il faudrait créer des forêts et gérer l’espace différemment.  Comment parler de développement durable avec les réalités démographiques actuelles et un État institutionnellement faible? a-t-il demandé.  Les conditions dans lesquelles vit une grande partie du peuple haïtien sont très difficiles et elles se sont aggravées avec le tremblement de terre de 2010, a rappelé le Président haïtien.


Le Président Martelly a assuré s’être investi dans le redressement du pays, notamment par le biais d’une politique créatrice d’emplois.  La politique du Gouvernement haïtien favorise aussi l’épanouissement de la classe moyenne dans le but de parvenir à une croissance plus juste.  « Nous avons aussi entrepris d’élargir l’accès aux services sociaux, notamment pour les personnes handicapées et les femmes, a-t-il ajouté.  En matière d’éducation, nous avons pu, en un an, envoyer plus d’un million d’enfants à l’école.  Mais où allons-nous trouver les ressources pour le développement durable? a-t-il demandé, en faisant remarquer que les promesses faites à ce titre n’étaient pas tenues.  Le Président Martelly a rappelé l’importance du principe de responsabilité commune mais différenciée qui, a-t-il souligné, implique une meilleure répartition de l’effort à fournir.  Peu de pays, comme Haïti, ont les moyens de passer à une économie verte, a-t-il fait observer, avant de dire qu’il voulait des mesures concrètes pour assurer avec succès le suivi de Rio+20.


Mme ISATOU NJIE-SAIDY, Vice-Présidente de la Gambie, intervenant au nom du Président Al Hadji Yahya Jammeh, a appelé les participants à la Conférence Rio+20 à aller au-delà de la rhétorique afin de déboucher sur des mesures concrètes et efficaces.  Il ne suffit pas de rappeler que les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter si on ne trouve pas une solution rapide pour faire face aux changements climatiques, a-t-elle dit.


La représentante a ensuite expliqué que la Gambie entendait veiller à une distribution équitable de ses ressources sur le plan national et mettait l’accent sur la mise en œuvre de son programme d’économie verte.  Elle a par ailleurs fustigé le fait que la majorité des ressources allouées à la recherche scientifique concernaient le domaine militaire.  Comment assurer le développement durable lorsque les grandes puissances font la promotion de l’hégémonie et de la politique de « deux poids, deux mesures? » s’est alarmée Mme NJIE-SAIDY.  Les armes nucléaires sont une menace au développement durable, a-t-elle déclaré.  C’est pourquoi, elle a exhorté les pays « les plus puissants » à allouer leurs ressources à la lutte contre le paludisme, par exemple, au lieu de financer la construction de « superbombes ».  « Il faut instaurer une économie de l’amour car c’est ainsi que nous serons protégés des missiles », a-t-elle affirmé en conclusion.


M. ROSEN PLEVNELIEV, Président de la Bulgarie, a rappelé qu’un milliard de personnes dans le monde continuaient de souffrir de malnutrition et que le monde a créé « le plus grand dépotoir de l’histoire de l’humanité ».  « Nous avons besoin d’un document final clair, tangible qui prévoie de prendre des mesures internationales et nationales dans des délais clairement fixés », a-t-il insisté.  L’élaboration de ce cadre doit être un processus inclusif aux niveaux local, national et international.  Le Président de la Bulgarie a souhaité que les Nations Unies s’impliquent davantage dans l’examen des processus de mise en œuvre de ces engagements, en travaillant si possible avec les structures existantes.  Nous devons faire preuve de courage et de leadership, a demandé M. Plevneliev.  Il faut que tous les pays développés et les pays en développement agissent, chacun apportant une contribution proportionnelle à ses capacités.  Il faut également que le secteur privé y joue un rôle de manière responsable.


Le Président s’est félicité de l’initiative sur l’éducation et le développement durable, lancée hier par l’UNESCO.  Le développement durable doit être réalisé de manière progressive et sur la base des principes établis au niveau international.  La Bulgarie a une très faible dette,  grâce à une rigueur budgétaire, a-t-il assuré.  Pour son pays, l’efficience énergétique est une de nos plus grandes priorités.  Avant de conclure, il a prôné l’intégration des prochaines générations aux efforts de développement pour garantir une meilleure croissance économique.


M. SUSILO BAMBANG YUDHOYONO, Président de l’Indonésie, a tout d’abord rappelé qu’en 2009 l’Indonésie avait annoncé qu’elle réduirait de 26% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.  Un moratoire a également été appliqué sur l’exploitation forestière, une décision sans précédent, a-t-il affirmé, dans un pays doté d’une importante couverture forestière.  Il a également parlé de la politique de protection de la biodiversité marine lancée par plusieurs pays de sa région dans le but de promouvoir l’économie bleue.  Dans chaque problème, a-t-il soutenu, il y a une occasion à saisir.  La multitude des problèmes sociaux et économiques actuels sont autant d’occasions à saisir, a-t-il précisé.  On peut faire mentir, a-t-il soutenu, le mythe selon lequel le développement mène à la déforestation ou à l’augmentation des émissions de gaz ou encore à celle de l’inégalité. 


Le Président Yudhoyono n’en a pas moins estimé que la croissance à elle seule ne suffit pas et risque de contribuer à la marginalisation de certaines personnes.  L’Indonésie, a-t-il expliqué, a donc misé sur une croissance à la fois équitable et durable.  Il a également indiqué avoir modifié la politique de développement du pays afin de privilégier, entre autres, l’emploi et les pauvres.  Le grand paradoxe, a-t-il poursuivi, est qu’à un moment qui nécessite un important leadership, nous n’agissons pas.  Au moment où nous avons besoin de travailler en étroite coopération et solidairement, a-t-il fait remarquer, nous sommes de plus en plus divisés et nous nous replions sur nous-mêmes.  À un moment nécessitant une grande vision, a-t-il encore déploré, on pense petit.


M. GURBANGULY BERDIMUHAMEDOV, Président du Turkménistan, a déclaré que son pays a mis en œuvre des programmes de développement qui mettent l’accent sur de nouveaux systèmes de production afin de préserver l’environnement.  Des mesures sont prises pour réduire les émissions de carbone, grâce à l’utilisation d’énergies propres, a-t-il ajouté.  Le Président a également signalé que son pays s’était doté d’une stratégie nationale sur les changements climatiques qui prévoit de passer à des modes de production respectueux de l’environnement.  « Nous accordons aussi une grande importance au domaine énergétique, le Turkménistan étant un grand producteur et exportateur d’hydrocarbures », a-t-il dit.  La question de la sécurité environnementale est une question clef pour son pays, a fait remarquer le Président turkmène.  Il a souhaité qu’un consensus soit obtenu dans ce domaine et qu’un nouveau mécanisme du système des Nations Unies soit créé pour établir un dialogue transparent sur l’énergie.  Cela permettrait, a-t-il précisé, de débattre des sources d’énergies renouvelables.


M. Berdimuhamedov a souhaité que les pays concernés unissent leurs efforts pour préserver la région de la mer Caspienne, qui est un des principaux centres mondiaux d’extraction d’hydrocarbures.  Le Président du Turkménistan a également attiré l’attention sur la nécessité d’organiser le sauvetage de la mer d’Aral qui, a-t-il dit, est une zone sinistrée.  Il a proposé de définir des mesures de protection de cette mer qui seraient mises en œuvre par le biais d’une structure des Nations Unies.  Il a aussi souhaité que les Nations Unies disposent d’un centre spécialisé qui serait chargé de lutter contre les changements climatiques.  Il a enfin appelé à une plus grande coordination des mécanismes régionaux, nationaux et internationaux dans le développement et la protection de l’environnement.  « Nous souhaitons, a-t-il ajouté avant de conclure, que des décisions concrètes soient prises à cet effet, qui prévoient la mobilisation de ressources pour la protection de la planète ».


M. JORGE CARLOS DE ALMEIDA FONSECA, Président du Cap-Vert, a indiqué que son pays était extrêmement vulnérable aux effets des changements climatiques.  Des mesures ont donc été adoptées pour privilégier l’équilibre environnemental et protéger la biodiversité.  Une politique de lutte contre la désertification a été lancée par le Gouvernement, qui a également pris des mesures en faveur de la protection des espèces et la promotion des énergies propres.  D’ici à 2020, a-t-il poursuivi, le Cap-Vert a pour ambition d’utiliser les sources d’énergies renouvelables à 100%.  Le Président Fonseca a également souligné la vulnérabilité des États insulaires qui se trouvent, a-t-il affirmé, dans une situation à la limite de la survie.  « Nos perspectives sont sombres, a-t-il prévenu.  Pour faire face à ce défi, a-t-il recommandé, tous les pays doivent faire preuve d’audace pour réduire l’impact des modes de production et de consommation actuels et pour pallier le manque de ressources ainsi qu’aux inégalités dans le monde.


M. Fonseca a estimé que le projet de document final de la Conférence Rio+20 était encore loin de répondre aux attentes.  Il faut, a-t-il insisté, disposer de ressources prévisibles afin de pouvoir agir. Par le biais de la démocratisation des sociétés, nous pourrons progresser vers une véritable culture de protection de la planète, a-t-il assuré. Le Président du Cap-Vert a également plaidé en faveur de l’adoption de nouveaux modèles de gouvernance fondés sur la durabilité environnementale.


M. RAÚL CASTRO RUZ, Président de Cuba, a déclaré que ce qui était perçu comme alarmiste il y a peu, est aujourd’hui accepté comme irréfutable.  Il s’est inquiété des conséquences de l’augmentation exponentielle des émissions de Co2 depuis 1990 alors que la hausse des températures met en péril l’existence même de nombreux États.  Il a fait remarquer que les îles des Caraïbes figurent parmi les premières victimes des inégalités économiques et sociales imposées par un modèle de consommation non durable.  La pauvreté, la faim et les inégalités s’intensifient en raison du néolibéralisme, a-t-il dit, en fustigeant les « guerres impérialistes menées en 2003 en Iraq et, plus récemment, en Afrique du Nord pour contrôler, en réalité, les ressources naturelles de ces pays. 


Une nouvelle tentative de répartition du monde aura des conséquences terribles, a-t-il prévenu en dénonçant l’augmentation exponentielle du budget mondial de l’armement qui, a-t-il fait observer, a doublé depuis 1994 pour atteindre 1 700 milliards de dollars en 2011.  Au nom des principes de développement durable, le Président de Cuba a appelé à la destruction des arsenaux nucléaires, en espérant que le bon sens et l’intelligence humaine remplaceront l’irrationalité et la barbarie.


M. DANNY FAURE, Vice-Président des Seychelles, a relevé les difficultés particulières que rencontrent les petits États insulaires en développement dans la lutte contre les changements climatiques, la protection de l’environnement et les efforts pour parvenir au développement durable.  Ces États dépendent de l’état de l’environnement marin et de ses ressources, a-t-il souligné, en énumérant les nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés, en particulier à cause du blanchiment du corail, de la pollution, de la surpêche et, plus récemment, de la piraterie.  Il a lancé un appel pour que la communauté internationale continue d’aider les pays de la région à assurer aux navires un passage dans l’océan Indien.  « Aux Seychelles, nous continuons d’investir dans la protection de l’environnement, a-t-il assuré, afin de protéger 60% des zones terrestres et 30% de notre zone maritime qui constituent des réserves de biodiversité ».


Les changements climatiques et les catastrophes naturelles sont les plus grands défis que les petits États insulaires en développement doivent relever, a poursuivi M. Faure.  « Nous ne pouvons pas attendre que les engagements pris en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques soient remplis (CCNUCC), a-t-il prévenu, avant d’indiquer que son pays avait mis en place un programme de travail pour protéger les côtes de l’océan Indien occidental.  Les Seychelles ont besoin d’un plus grand appui de la part des organisations régionales, a-t-il dit.  « Nous avons tous de grands espoirs pour le succès de la Conférence Rio+20 et c’est pourquoi, nous devons établir un nouveau paradigme pour renforcer la base du développement durable », a-t-il conclu. 


M. MOHAMED GHARIB BILAL, Vice-Président de la République-Unie de Tanzanie, a indiqué que son pays accordait une attention particulière au développement de ses infrastructures économiques et urbaines, ainsi qu’au renforcement des capacités de son secteur privé.  Il a exhorté la communauté internationale à continuer d’appuyer les pays pauvres.  Il a également estimé que le développement durable devrait être inclusif et centré sur l’être humain.  Le Vice-Président de la Tanzanie a ensuite salué l’accord sur une vision commune en matière de développement durable.


M. IGOR LUKŠIĆ, Premier Ministre du Monténégro, a déclaré que les citoyens du monde attendent des dirigeants les moyens d’améliorer la qualité de vie et, en particulier, celle de l’environnement.  Quelle que soit la complexité de l’énigme consistant à concilier développement économique et protection de l’environnement, elle est essentielle pour l’avenir de nos pays.  Les économies verte et bleue sont des notions auxquelles nous sommes attachés, a-t-il dit, en citant les efforts du Monténégro pour promouvoir un environnement de nature à dynamiser l’industrie du tourisme.


M. PEDRO PASSOS COELHO, Premier Ministre du Portugal, a approuvé l’initiative visant à établir un forum de haut niveau qui servira de leadership pour l’intégration des trois dimensions –économique, social et écologique- du développement durable.  Il a affirmé que son pays comptait désormais un nombre croissant d’entreprises qui travaillent dans les domaines des énergies renouvelables et de la gestion de l’eau.  Elles créent des emplois et sont renommées au niveau mondial, a-t-il dit. 


M. JENS STOLTENBERG, Premier Ministre de la Norvège, a salué les succès rencontrés depuis 1992, en citant 500 millions de personnes sorties de la pauvreté, une augmentation de la durée de vie moyenne de 4 ans, de 6 ans pour les pays les moins avancés, alors que la mortalité infantile a été réduite d’un tiers. Il y a deux fois plus de gouvernements démocratiques qu’en 1992.  Face aux inégalités croissantes et à la concentration des richesses aux mains de quelques-uns, M. Stoltenberg a estimé que les opportunités étaient aussi nombreuses que les défis en matière de développement durable.  Il a jugé urgent de réduire la pauvreté et d’assurer une croissance économique durable en rappelant que l’accès universel à l’énergie était essentiel. 


« Pour cela, a-t-il ajouté, nous avons besoin de trouver les moyens de réconcilier les besoins en énergie avec la nécessité de réduire les émissions.  Nous devons aussi faire tous les efforts nécessaires pour traduite en réalité l’initiative du Secrétaire général, intitulée « Énergie durable pour tous ».  M. Stoltenberg a souligné qu’il était essentiel d’évaluer le coût de la pollution et de faire payer les pollueurs, en estimant qu’une telle démarche aura le triple avantage de réduire les émissions, d’inciter au développement de technologies propres et de générer des revenus en faveur du développement durable.  Par ailleurs, il a appelé à renforcer les capacités des pays en développement, à respecter les droits des populations autochtones et à s’entendre sur des objectifs de développement durable concrets et mesurables.   


Mme PORTIA SIMPSON MILLER, Premier Ministre de la Jamaïque, s’est félicitée de l’intérêt accordé aux besoins des petits États insulaires en développement lors de cette Conférence.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de se servir des trois piliers du développement durable pour lutter contre la pauvreté et les inégalités sociales, améliorer les niveaux de vie et renforcer la résistance des pays aux crises économiques et aux catastrophes naturelles.  Le PIB n’est pas une mesure suffisante pour le développement humain, a-t-elle également considéré, en notant qu’il masquait les inégalités.  Le Premier Ministre a, en outre, appelé la communauté internationale à instaurer et à concevoir des instruments financiers plus souples et plus créatifs afin, notamment, de contrecarrer les effets de la dette et les risques financiers.  « Notre quête mondiale doit être liée à l’élimination de la pauvreté », a-t-elle ajouté.  Elle a par ailleurs estimé que les efforts entrepris en faveur du développement durable devaient l’être en conformité avec la Charte des Nations Unies.


M. TILLMAN THOMAS, Premier Ministre de la Grenade, a déclaré que la Grenade était un paradis écologique que son peuple voulait préserver.  Il a salué le succès des négociations qui ont su intégrer une vision de l’indispensable éradication de la pauvreté.  Même si la Conférence Rio+20 est mondiale et ambitieuse, elle ne peut résoudre tous les problèmes, a-t-il dit.  Le Premier Ministre de la Grenade a exhorté chacun à jouer son rôle eu égard au principe de responsabilité commune mais différenciée.  Son pays, a-t-il assuré, est déterminé à protéger 25% de ses côtes d’ici à 2020.  Rappelant que la troisième Conférence mondiale des petits États insulaires en développement (PEID) se tiendra en 2014, M. Thomas a espéré que cet événement sera l’occasion de répondre aux attentes et besoins particuliers de ce groupe de pays.   


M. DMITRY MEDVEDEV, Premier Ministre de la Fédération de Russie, a affirmé que son pays avait enregistré des succès significatifs dans l’éradication de la pauvreté.  Face à la crise économique, des ressources importantes sont investies, notamment dans le cadre du Fonds monétaire international (FMI).  Il est important, selon lui, d’établir des modèles de consommation plus durables pour éviter les menaces critiques sur l’environnement.  Concernant la croissance verte, chaque État doit suivre son propre plan, a-t-il dit.  Des mécanismes d’échange des pratiques optimales doivent être mis en place.  De même, il est essentiel de parvenir à un accord énergétique entre les grands pays du monde, la Fédération de Russie ayant, dans ce domaine, un rôle particulier à jouer.  Le Premier Ministre a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité d’assurer la sécurité agricole.


M. ABDELILAH BENKIRANE, Premier Ministre du Maroc, s’est demandé ce qui avait été fait de tangible pour résoudre la situation actuelle.  Pourquoi ne met-on pas en œuvre les objectifs sur lesquels on s’est mis d’accord? s’est-il interrogé.  Il a cependant encouragé à garder l’espoir, en souhaitant qu’il quitte la Conférence en gardant à l’esprit le besoin de justice.  « Nous devons pouvoir assurer l’éducation de nos enfants et préserver notre santé », a-t-il rappelé.  Il a fustigé ceux qui ont fait fortune en détruisant l’environnement.  Le Premier Ministre a constaté que le « printemps arabe » avait démontré le besoin urgent d’assurer une justice sociale.  « Au Maroc, nous avons pu surmonter cette crise en adoptant une nouvelle Constitution et en organisant des élections, ce qui nous permet de rétablir un équilibre », a-t-il assuré.  Soulignant la nécessité d’établir une véritable solidarité internationale, le Premier Ministre a relevé qu’aujourd’hui, à un moment donné, les gens ne se limitent plus à vivre dans leur pays d’origine mais s’installent dans un autre pays.  Il a appelé tous les États à coopérer, en particulier les plus puissants.  « Nous naviguerons ensemble ou alors nous coulerons ensemble», a-t-il averti.


M. HAMAD BIN JASSIM BIN JABR AL-THANI, Premier Ministre du Qatar, s’est dit extrêmement déçu par les réalisations enregistrées jusqu’à présent par la communauté internationale en matière de développement durable.  « Celles-ci ne sont pas à la hauteur des ambitions souhaitées », a-t-il dit, en ajoutant que son pays ne se réjouissait pas d’être considéré comme un de ceux dont le taux d’émissions de gaz à effet de serre est le plus élevé.  Rappelant que les crises économique et financière mondiales avaient eu une incidence considérable sur le déclin de la croissance et que cette situation devait se poursuivre jusqu’en 2013, il a également fait remarquer que cela risquait de ralentir davantage le processus de développement partout dans le monde.  En outre, a-t-il poursuivi, tous les indicateurs montrent que la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en ce qui concerne la lutte contre la faim et la pauvreté est devenue quasi-impossible, en particulier pour l’Afrique subsaharienne.  Dans ce contexte, il a émis l’espoir qu’une formule plus ambitieuse soit adoptée pour les objectifs de développement Durable (ODD).


Le Premier Ministre du Qatar a ensuite estimé que le monde était confronté à d’importantes difficultés dans ce contexte d’incertitude économique.  Il a notamment cité, au titre de ces défis, le mépris des lois et des règlements des activités financières, la disparité entre les pays développés et en développement lorsqu’il s’agit des subventions aux produits agricoles, la réduction de l’aide publique au développement (APD) envers les pays les plus pauvres, ou encore les défis posés par l’élaboration de stratégies et d’un climat d’investissements qui permettent d’attirer les capitaux internationaux.  Le Qatar a adopté des objectifs ambitieux et établi des partenariats internationaux pour le développement dans le cadre de son plan national stratégique jusqu’en 2030, a-t-il souligné.  Le Premier Ministre a plaidé par ailleurs en faveur d’une plus grande coopération entre les États arides et potentiellement à risques pour prévenir les catastrophes naturelles, en particulier les sécheresses très sévères.


M. GORDON DARCY LILO, Premier Ministre des Îles Salomon, a déclaré qu’une meilleure distribution des ressources était une approche indispensable pour lutter contre la pauvreté.  Il s’est inquiété des conséquences de la surpêche et des activités d’extraction non durables.  Le Premier Ministre s’est félicité du succès des négociations qui se sont accordées sur la mise en œuvre de trois processus: l’établissement d’objectif développement durable, l’établissement d’un cadre institutionnel pour le développement durable, et la mise à disposition de moyens de traduire en actions ces engagements réalistes.  Il a souligné l’urgence de s’assurer que les petits États insulaires en développement soient représentés, comme il se doit, dans les instances de définition et de mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Il a salué la tenue de la troisième Conférence mondiale sur les PEID, dans la région du Pacifique, en 2014.  Il s’est inquiété des conséquences de l’augmentation des températures sur l’acidité accrue des océans qui menace le corail et la faune marine.  Rappelant que l’océan Pacifique fournit un quart du thon dans le monde, il a souligné l’initiative de huit petits États insulaires en développement de préserver 4,5 millions de km2 de haute mer de la pêche.  


M. ARTURO CORRALES ÁLVAREZ, Ministre des affaires étrangères du Honduras, s’est félicité de la contribution de plus de 50 000 personnes du monde entier et des différents secteurs de la société à la Conférence Rio+20.  Chacun a apporté à la fois ses connaissances, ses rêves et ses préoccupations, a-t-il constaté.  Le Ministre a ensuite rappelé que le Honduras a souffert de l’ouragan Mitch.  Il a appelé à assumer une responsabilité commune mais différenciée, en relevant que le coût du développement durable pour les pays en développement est bien supérieur à celui des pays développés.  Le Honduras, situé entre deux océans, a une biodiversité exceptionnelle, a-t-il assuré.  Le Ministre a cité une loi qui vise à garantir l’utilisation de l’eau pour la santé, l’alimentation et le développement.  Parmi les mesures prises pour préserver la biodiversité, il a indiqué que les eaux des Caraïbes avaient été transformées en sanctuaire pour les requins.  « La Conférence Rio+20 est un commencement et nous devons continuer à travailler pour préciser davantage ce que nous allons décider ici », a-t-il dit.


M. URMAS PAET, Ministre des affaires étrangères de l’Estonie, a expliqué que, dès les premières années qui ont suivi son indépendance en 1991, l’Estonie avait appliqué les principes du développement durable adoptés au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro, en 1992.  Trois ans après ce Sommet, par exemple, l’Estonie a, sous l’impulsion d’un jeune mouvement écologique, adopté des lois spéciales sur de nombreux aspects du développement durable.  Aujourd’hui, ce plan -baptisé « Estonie 21 »- a notamment démontré que l’utilisation innovante des technologies de l’information et de la communication (TIC) pouvait contribuer au développement durable, s’est-il félicité.


Le Ministre estonien des affaires étrangères a ensuite présenté plusieurs projets concernant les transports qui respectent l’environnement, notamment une initiative lancée en partenariat avec la société Mitsubishi et qui privilégie l’utilisation de véhicules électriques par les travailleurs sociaux des autorités locales dans l’ensemble du pays.  Il a également mis l’accent sur l’importance des forêts en Estonie, dont la superficie couvre à présent la moitié du territoire, et qui constituent l’une des plus grandes ressources économiques du pays, a-t-il dit.  Rappelant que le développement durable ne pouvait être atteint sans le respect des droits de l’homme - comme le prévoit le projet de document final de Rio+20, le Ministre a souligné que l’Estonie aurait toutefois souhaité des engagements plus fermes de la part des dirigeants du monde participant à la Conférence.


M. FRANC BOGOVIČ, Ministre des affaires étrangères de la Slovénie, a affirmé que son pays avait mis en œuvre les principes d’Action 21, tant au plan national qu’au plan régional.  Il ensuite engagé les États Membres à trouver de nouveaux paradigmes de développement qui ne se fondent pas uniquement sur « les logiques de la croissance à tout prix ».  La Slovénie, a-t-il indiqué, privilégie les stratégies de développement qui placent le développement durable comme objectif prioritaire.  Une économie verte, a-t-il soutenu, pourra régler de nombreux problèmes qui perdurent, notamment en préservant l’environnement tout en veillant au bien-être social et économique.  M. Bogovič a également plaidé pour une action décisive et une meilleure coordination au niveau des institutions.  Le projet de document final fournit des lignes directrices pour décider du renforcement du PNUE, mais est-ce que cela suffit à faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés? s’est-il interrogé.  Pour rétablir la santé de notre planète, a-t-il affirmé, nous devons tous agir sans tarder.


M. DEVANAND VIRAHSAWMY, Ministre de l’environnement et du développement durable de Maurice, a invité à placer l’être humain au cœur du processus de développement durable.  Il a rappelé les effets des changements climatiques sur le développement, comme la diminution du rendement des récoltes et l’élévation du niveau de la mer, qui font que des millions de personnes sont en danger.  Le Gouvernement de Maurice a lancé le programme « îles durables » en 2008, a-t-il dit.  C’est une stratégie qui vise à créer des emplois verts, à pratiquer une agriculture durable et à améliorer l’efficience énergétique, tout en développant la résistance aux changements climatiques.  Ce programme cherche notamment à augmenter la part des énergies durables dans la consommation énergétique. 


Le Gouvernement mauricien a également mis en place un groupe de haut niveau qui va aider à définir toutes les politiques relatives à l’eau et à l’énergie.  En ce qui concerne l’alimentation, le Ministre a fait remarquer que son pays était confronté à des problèmes liés à l’irrigation et à la faible fertilité des sols.  Le développement économique de Maurice, petit État insulaire en développement, est étroitement lié à la gestion durable de l’environnement et, en particulier, des océans, a-t-il poursuivi.  La pêche et le secteur touristique constituent le potentiel économique du pays.  « Nous comptons sur le soutien de la communauté internationale pour nous aider à poursuivre nos efforts de développement durable, a-t-il dit.  Il faut aussi que les institutions financières internationales modifient leur politique en appuyant les projets de développement durable dans les pays en développement, en particulier insulaires.


M. ERKKI TUOMIOJA, Ministre des affaires étrangères de la Finlande, a fait remarquer que la prise de conscience de la manière dont nous traitons notre environnement était relativement récente, en précisant cependant que, pendant de nombreuses années, les pays avaient trouvé des moyens efficaces pour extraire les ressources naturelles de notre planète.  Il a émis l’espoir que le document final qui sera adopté, au cours de la Conférence Rio+20, constituera un nouvel élan pour assurer un avenir plus durable.  « Aujourd’hui, le monde est de plus en plus interdépendant et aucun pays - qu’il soit une grande puissance ou un petit État insulaire, ne peut nier l’état de développement de notre monde », a-t-il dit.  Plutôt que de voir cette situation comme un obstacle, il a invité tous les pays à y voir une chance.


Pour le Ministre finlandais des affaires étrangères, un avenir durable passe aussi par des règles multilatérales convenues et par des moyens permettant de mettre en œuvre ces mesures.  « La Conférence Rio+20 est essentielle pour les Nations Unies et pour leur capacité à relever les défis à cet égard », a-t-il estimé.  Notant que la question des objectifs du développement durable avait fait l’objet d’un vaste débat, il s’est dit convaincu que ceux-ci pourraient fournir de nouveaux moyens afin de mieux prendre en compte le développement durable, ainsi que le capital naturel et social.


M. MOHAMMAD JAVED MALIK, Secrétaire fédéral au Ministère des changements climatiques du Pakistan, a appelé les États Membres à redoubler d’efforts pour promouvoir le développement durable.  Il a plus particulièrement insisté sur la nécessité de mettre sur pied un nouveau modèle de développement économique.  Il ne faut pas uniquement créer des emplois mais également assurer la viabilité des ressources naturelles, a-t-il notamment souligné.  M. Malik a estimé que les technologies doivent être accessibles et abordables pour permettre aux pays en développement de mettre en œuvre efficacement des politiques économiques vertes.  Il s’est ensuite félicité de l’élan positif manifesté par la communauté internationale en faveur des objectifs du développement durable.  Le Pakistan a plaidé en faveur du renforcement du PNUE afin d’en faire une organisation spécialisée de l’ONU.  Le Ministre s’est dit confiant que la mise en œuvre du projet de document final permettra de créer un environnement sain pour les générations présentes et à venir.


M. FATMIR MEDIU, Ministre de l’environnement, des forêts et de la gestion de l’eau de l’Albanie, a affirmé que son pays, en tant que futur membre de l’Union européenne, avait entrepris des réformes complètes et ambitieuses.  Des investissements ont notamment été réalisés dans le domaine de l’énergie renouvelable.  L’Albanie, a-t-il dit, citant une évaluation faite par la Banque mondiale, atteint un niveau de développement très élevé.  De même, a-t-il assuré, les émissions de gaz à effet de serre sont, en Albanie, 100 fois plus faibles que la moyenne européenne.  Dans le cadre de la transition vers une économie verte, l’Albanie investit dans les technologies et dans l’information environnementale, a-t-il ajouté.  Le Ministre a également souligné que l’Albanie travaillait avec ses voisins en vue d’élaborer des politiques communes pour protéger la biodiversité.  La Conférence Rio+20, a-t-il estimé, est une occasion d’agir fermement.  « La planète nous appelle, et il faut lui répondre », a-t-il déclaré, en plaidant en faveur de la définition d’objectifs clairs qu’il conviendra de réaliser.


M. PIERRE MOUKOKO MBONJO, Ministre des relations extérieures du Cameroun, a d’abord rappelé l’héritage laissé par le Sommet de la Terre par le biais des trois Conventions des Nations Unies dites « Conventions de Rio ».  Il a cependant déploré le fait que l’une de ces Conventions, à savoir la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, ne bénéfice pas encore de toute l’attention voulue de la part de la communauté internationale.  Le Ministre a ensuite mis l’accent sur plusieurs préoccupations et difficultés environnementales pour son pays.  Dans la zone soudano-sahélienne, il a cité des difficultés liées à l’augmentation des températures, à la baisse de la pluviométrie, ainsi qu’à l’assèchement accéléré du lac Tchad.  « En une vingtaine d’années, la ceinture de production de certaines cultures, comme le maïs par exemple, s’est déplacée de plus de 300 kilomètres vers le sud, exposant le pays à un important déficit de la production agricole », a-t-il dit. 


Le Ministre a plaidé pour le renforcement de la coopération multilatérale et pour la création d’une organisation internationale autonome, dotée d’un mandat distinct et de ressources appropriées afin de s’occuper des questions de développement durable, de permettre des synergies entre les conventions existantes et de mieux articuler les efforts en faveur de l’économie verte.  Avant de conclure, il a invité la communauté internationale à prendre un engagement ferme en faveur des pays en développement, en particulier envers ceux du bassin du Congo qui consacrent de lourdes ressources à la conservation de l’une des plus importantes réserves naturelles.


 « Le consensus obtenu à Rio+20 peut être comparé à un pansement stérile que l’on utilise pour arrêter une hémorragie causée par une blessure », a lancé M. HERMAN HUMBERTO ROSA CHAVEZ, Ministre de l’environnement et des ressources naturelles d’El Salvador. Il a déploré que « l’esprit de Rio 92 » soit affaibli.  Le Ministre a exhorté la communauté internationale à faciliter la coopération ainsi que l’appui financier et non financier de l’adaptation aux changements climatiques.  M. Rosa Chavez a ensuite expliqué que son pays avait récemment fait l’expérience de bouleversements climatiques extrêmes et a indiqué que El Salvador s’était désormais doté d’un système de suivi qui, a-t-il affirmé, compte parmi les plus avancés d’Amérique latine. Le Gouvernement salvadorien a adopté une politique nationale qui vise à inverser la dégradation de l’environnement.  Il a par ailleurs pris des mesures pour faire face au problème du chômage chez les jeunes.  Mais une solidarité internationale est nécessaire pour progresser vers un développement durable capable d’assurer un avenir durable pour tous, a-t-il estimé.  C’est pourquoi, a plaidé M. Rosa Chavez, il faudrait retrouver l’esprit de Rio 1992.  Le moment n’est pas de renoncer à nos engagements, mais au contraire de les respecter, sans conditions et sans retard car c’est notre avenir commun qui est en jeu, a-t-il soutenu avant de conclure.


M. RIYAD AL-MALIKI,Ministre des affaires étrangères de la Palestine, a affirmé que le développement durable était impossible pour les Palestiniens qui vivent sous occupation étrangère.  Il a mis l’accent sur le fait que le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination était un droit légal.  Il a exprimé l’engagement de la Palestine à la mise en œuvre des engagements pris en faveur du développement durable.  Il faut, a-t-il estimé, développer des partenariats entre pays développés et pays en développement.  Il est nécessaire également, a-t-il ajouté, de libéraliser le commerce international afin de garantir une part équitable aux pays en développement.  Il a fait état d’une escalade grave des activités liées à l’implantation des colonies de peuplement israéliennes dans les territoires palestiniens, surtout à Jérusalem-Est, lesquelles, a-t-il soutenu, constituent une grave entrave à la paix.  Ces colonies de peuplement, a-t-il dit, compromettent la réalisation d’une solution à deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.


M. MOUSTAFA HUSSEIN KAMEL, Ministre de l’environnement de l’Égypte, a tenu à rappeler que les peuples sous occupation étrangère, en particulier le peuple palestinien, devraient aussi avoir la possibilité de jouir de leur droit aux trois piliers - économique, social et environnemental- du développement durable, et que le Sommet de la Terre avait déjà souligné cette nécessité, en 1992.  Il s’est ensuite dit convaincu que les principes adoptés à cette date, à Rio, ainsi que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et le Protocole de Kyoto constituaient des socles pour le développement durable. 


En matière de changements climatiques, le Ministre s’est dit particulièrement préoccupé par les problèmes que rencontrent les pays d’Afrique en raison de l’érosion de leur sol ou de la désertification.  Il a, à cet égard, souligné la nécessité d’appuyer le plan-cadre stratégique décennal visant à renforcer la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification jusqu’en 2018, et a également dit appuyer tout objectif international visant à lutter contre la désertification.  Avant de conclure, il a estimé que le Programme des Nations Unies pour l’environnement devrait fournir davantage d’assistance technique aux pays en développement et qu’il faudrait également plus d’efficacité dans la coopération entre le PNUE et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).


M. JACOB ZUMA, Président de l’Afrique du Sud, a estimé que le monde n’avait pas rendu justice à l’esprit du Sommet Planète Terre de Rio 1992.  Le Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg avait mis l’accent sur la nécessité de changer les modes non durables de consommation et de production.  La Conférence Rio+20, a-t-il poursuivi, doit être l’occasion de se mettre d’accord sur le meilleur moyen d’accélérer la réalisation du développement durable.  Tandis que le débat sur les objectifs du développement durable progresse, il ne devrait pas viser à affaiblir les efforts en faveur de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


Les objectifs du développement durable, a-t-il précisé, doivent au contraire s’intégrer et compléter les Objectifs du Millénaire pour le développement et servir de référence commune dans le monde afin de permettre à tous de réaliser le développement durable.  Le Président Zuma, abordant la question de l’élargissement du mandat du Programme des Nations Unies pour l’environnement, a souhaité que cette institution dispose d’un financement prévisible et qu’il existe une meilleure synergie entre les différents secrétariats résultant des instruments juridiques multilatéraux relatifs à l’environnement.  Pour le Président de l’Afrique du Sud, la Conférence Rio+20 doit parvenir à un accord qui souligne l’engagement de la communauté internationale à assurer un développement durable pour tous.


M. MICHAEL CHILUFYA SATA, Président de la Zambie, a indiqué que son pays avait mis en place des programmes de développement au cours des dernières années, malgré un manque de moyens financiers.  Le pays a ainsi connu une croissance moyenne de 6,5% sur les 10 dernières années, ce qui a permis de le faire passer dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire.  Cela n’empêche pas pour autant une grande partie de la population de vivre dans une grande pauvreté, a déploré le Président. 


Il a assuré que la Zambie s’était battue pour trouver un équilibre entre croissance économique, développement social et durabilité de l’environnement.  « Nous avons mis l’accent sur l’atténuation de la pauvreté, notamment sur la sécurité alimentaire », a-t-il dit.  Il s’est félicité de la finalisation du projet de document élaboré au cours des négociations qui ont précédé la Conférence Rio+20, regrettant cependant le côté trop vague de la définition des moyens de mise en œuvre pour la réalisation des objectifs fixés.  La Zambie continuera à mettre en œuvre sa stratégie de développement durable et intégrera l’économie verte dans les différents secteurs, comme prévu dans le document de Rio+20, s’il est adopté, a-t-il dit.  « J’espère que la Conférence Rio+20 permettra de se diriger vers l’avenir que nous voulons tous », a-t-il ajouté.  Enfin, il a invité les participants à la Conférence mondiale sur l’écotourisme, qui se tiendra prochainement à Livingston, en Zambie.


M. GOODLUCK EBELE JONATHAN, Président du Nigéria, a estimé que la promotion d’une économie verte devait être conforme aux objectifs nationaux des pays et devait aussi accorder une attention particulière à la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a ensuite mis l’accent sur les obstacles qui existent en matière de développement durable, en particulier pour l’Afrique, en raison de crises énergétique et alimentaire, d’une moindre résistance aux catastrophes naturelles ou aux effets des changements climatiques. 


Pour illustrer les conséquences des changements climatiques pour le continent africain, il a notamment cité l’exemple du lac Tchad, qui était le sixième plus grand lac au monde, et dont la superficie est passée en quelques années de 25 000 mètres carrés à moins de 2 000 mètres carrés.  « Si rien n’est fait, à « Rio+40 », les jeunes africains se demanderont quelle est l’importance des sommets de Rio pour leur continent », a-t-il prévenu.  Soulignant le fait que son pays s’était déjà engagé à hauteur de 5 millions de dollars pour aider à sauver ce lac, il a estimé que les efforts devaient aller au-delà des pays limitrophes.  De manière plus globale, le Président du Nigéria a, par ailleurs, souligné que Rio+20 ne pourrait être couronné de succès que dans la mesure où la question des moyens de mise en œuvre des décisions serait traitée, notamment la question du financement de la dette, du commerce extérieur et du renforcement des capacités des technologies des pays en développement.


M. ILKILILOU DHOININE, Président des Comores, a constaté que malgré certains progrès, la planète était encore en proie à de nombreux défis d’une « gravité exceptionnelle », en faisant notamment référence aux effets des changements climatiques, au sous-développement et aux menaces à la paix dans le monde.  Il a fait part de la fragilité des écosystèmes des petits pays insulaires en développement et a indiqué que les Comores avaient connu d’importantes intempéries au mois d’avril dernier, lesquelles avaient provoqué d’importantes pertes en vies humaines.


Le Président Dhoinine a souhaité que la Conférence Rio+20 soit le sommet de la raison et de l’action, et l’occasion de donner un nouvel élan d’espoir à travers la réaffirmation d’un engagement politique.  Il a souscrit à la proposition de renforcer le PNUE, avant de plaider en faveur du transfert de technologies et d’une aide aux plus pauvres.  Il a vu dans l’économie verte une transition indispensable vers le développement durable.  Il faut, a-t-il souligné, définir et mettre en place des règlements plus incitatifs en faveur d’une utilisation plus efficiente des ressources et privilégier l’innovation dans la création d’énergies renouvelables.  Cela revient tout simplement à redonner la place à la vie, a-t-il dit.


M. CHRISTOPHER LOEAK, Président des Îles Marshall, s’est inquiété de l’exclusion de certains États insulaires qui n’ont pas pu participer à cette réunion mondiale essentielle.  Si chaque pays a la responsabilité de garantir un développement durable pour son peuple, il a estimé que c’est un défi qu’il faut relever ensemble.  « Beaucoup considèrent les Îles Marshall comme un petit État insulaire, mais nous sommes un grand État océanique dont les ressources les plus précieuses sont tirées de la pêche », a déclaré le Président Loeak.  Plus de la moitié de la réserve mondiale de thon se trouve dans les eaux territoriales des Îles Marshall et c’est pourquoi, le Gouvernement a pris des mesures pour réduire la surpêche, a-t-il dit.  Les Îles Marshall ont également interdit la coupe des nageoires de requin et créé ainsi un sanctuaire pour les requins.


L’intégrité territoriale des pays à basse altitude est menacée, a ensuite rappelé M. Loeak, avant d’inviter la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour y faire face.  Il a aussi souligné le fait que la vulnérabilité de ces États s’est aggravée au cours des 20 dernières années en raison notamment des changements climatiques, ainsi que d’un manque d’appui extérieur.  Il faut appuyer directement les projets mis en œuvre sur le terrain, a-t-il recommandé.  M. Loeak a en outre demandé de transformer le secteur de l’énergie pour donner la priorité aux énergies renouvelables.  À cet égard, le Président a parlé d’une nouvelle technique en cours d’élaboration, qui consiste à utiliser la température du fond des océans pour générer de l’électricité. 


M. ANDRY NIRINA RAJOELINA, Président de Madagascar, a estimé que Rio+20 devrait être la Conférence de tous les espoirs, pour tous les pays, qu’ils soient développés, émergents ou en développement.  Dans ce contexte, il a estimé qu’une vraie politique de coopération Sud-Sud devrait être un levier pour répondre aux attentes pour le développement durable dans les pays émergents et en développement.  « Une vraie politique axée sur la stabilité régionale, ainsi que sur l’économie verte, avec une préoccupation particulière concernant la sécurité alimentaire et l’optimisation des ressources minières, halieutiques, énergétiques, et forestières au profit de la population sont plus que des engagements: ce sont des devoirs », a-t-il dit. 


En matière de développement, il a noté que Madagascar attachait une valeur particulière à l’aspect humain du développement mais que la préoccupation majeure concernait aussi la gestion durable de l’environnement, de l’optimisation de l’eau et du lancement d’une politique nouvelle d’énergies renouvelables.  Faisant remarquer que les agriculteurs constituent 80% de la population de son pays, le Président de la transition a également mis l’accent sur le rôle que joue l’éducation pour atteindre les objectifs de développement durable.  En ce qui concerne Madagascar, le maintien d’un climat social favorable à la production passe aussi par la stabilité politique.  C’est la  raison pour laquelle, il a insisté sur la « nécessité absolue d’organiser, en priorité, les élections libres et transparentes dans les meilleurs délais ».


M. LEONEL FERNÁNDEZ REYNA, Président de la République dominicaine, a estimé que le projet de document final n’était pas à la hauteur de la nécessité urgente de « réparer la planète ».  Il a rappelé que la crise financière internationale avait entraîné l’augmentation du prix des matières premières et des denrées alimentaires au détriment de la majeure partie de la population mondiale.  Il a fustigé l’absence de volonté des pays développés, incapables de consacrer 0,7% de leur PIB aux objectifs de développement.  Alors que la planète fait face à la pire crise économique, financière et environnementale de son histoire, « nous pouvons faire de ces défis une grande opportunité », a dit le Président dominicain, en estimant que se présentait aujourd’hui l’occasion de promouvoir une réelle justice sociale.


M. Reyna a ajouté que la République dominicaine avait, depuis 1997, planté 108 millions d’arbres en permettant ainsi de faire passer le taux de couverture végétale de 27 à 40%.  Il a également cité 64 initiatives dominicaines qui ont permis de réduire les émissions de carbone de 1,4 million de tonnes.  Le Président s’est demandé comment il serait possible de nourrir dix milliards d’habitants dans 50 ans, alors que l’on n’arrive pas à en nourrir sept milliards aujourd’hui.  C’est pourquoi, il a jugé indispensable l’établissement d’un organisme international de nature à garantir un réel développement durable.   


M. SAI MAUK KHAM, Vice-Président du Myanmar, a indiqué que son pays s’était engagé dans une phase de développement économique tout en œuvrant pour la préservation de l’environnement.  Il a estimé que Rio+20 devrait inclure des mesures pratiques pour arriver à une transition vers l’économie verte aux niveaux mondial et national.  Avec l’augmentation de la population mondiale, qui devrait passer de sept milliards aujourd’hui à environ neuf milliards d’ici à 2050, l’augmentation de la consommation des ressources et des biens matériels aura de graves implications sur la planète, a-t-il averti.  Il devrait y avoir, selon lui, des approches et des modèles de développement différents selon les pays, en se basant sur le contexte et les priorités nationales de chaque pays.


Le Myanmar est entré dans une période de transition vers la démocratie, a poursuivi son Président.  Le nouveau Gouvernement a entrepris des réformes et des progrès considérables ont déjà été obtenus dans les domaines politique, économique, social et administratif.  Le Gouvernement a également garanti la participation de tous les acteurs impliqués dans le processus politique avant d’organiser des élections libres cette année, a-t-il expliqué.  Enfin, il a exprimé son espoir que le document final de Rio+20 reflète le résultat des discussions de toutes les parties prenantes.


M. GERVAIS RUFYIKIRI, Vice-Président du Burundi, a présenté plusieurs avancées significatives réalisées par son pays en matière de développement social et économique.  En ce qui concerne l’agriculture, qui occupe plus de 95% de la population burundaise, le budget national alloué au secteur a été revu à la hausse d’année en année depuis 2010, a-t-il expliqué.  Le taux d’accès à l’eau potable au Burundi est aujourd’hui de 70%, tandis que l’accès à l’éducation a connu un accroissement progressif de 10% pour le taux de passage de l’école primaire à l’école secondaire.


Malgré ces progrès, le Vice-Président a toutefois cité plusieurs défis de taille auxquels son pays doit faire face, notamment en vue de garantir une croissance économique soutenue afin d’assurer une sécurité alimentaire pour tous et de lutter contre la pauvreté, d’augmenter aussi la productivité agricole et de réaliser les trois objectifs des Nations Unies sur la politique de l’énergie durable pour tous.  Notant que la mise en œuvre de ces programmes ambitieux était handicapée par des moyens très limités, en particulier en cette période postconflit, il a invité les pays à prendre part à la Conférence des partenaires du Burundi prévue à Genève, en Suisse, les 28 et 29 octobre prochains et qui aura comme objectif la recherche d’appuis pour la mise en œuvre du prochain cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté du Burundi.


M. MANMOHAN SINGH, Premier Ministre de l’Inde, a estimé nécessaire de recourir à l’imagination pour évaluer le coût de notre modèle de consommation pour les générations futures.  L’éradication de la pauvreté doit rester la principale priorité pour les pays en développement, a dit M. Singh, en précisant que la détérioration des terres et de l’eau menaçait déjà le bien-être de millions de personnes.  « Nous menons une mission solaire nationale ambitieuse qui constitue une option cruciale pour notre sécurité énergétique », a-t-il également dit. 


Le Premier Ministre a souligné l’utilité d’aides ciblées pour aider les petits producteurs à couvrir les coûts de la pollution au niveau local.  Il s’est dit ravi que le texte négocié réaffirme les principes de responsabilité commune mais différenciée et celui de l’équité.  Illustrant les efforts de l’Inde, il a cité une diminution des émissions de carbone indiennes de 25% par rapport à son niveau de PIB, en accord avec un objectif de diminution nette des émissions de 25% entre 2005 et 2020.


M. NAJIB MIKATI, Premier Ministre du Liban, a rappelé que certains pays arabes étaient actuellement le théâtre de très grands changements.  Le Liban est un modèle d’équilibre entre le développement durable et la croissance économique, alors que c’est un pays sorti d’un conflit, a-t-il fait remarquer.  Il a indiqué que le Liban avait adopté dernièrement des lois et pris des engagements pour mettre en œuvre des mesures favorisant le développement durable.  Il a notamment parlé d’un plan d’action en sept points qui consiste en une réforme globale des secteurs économique, social et politique.  Des pays comme le Liban ont besoin de temps et d’aide technique et financière pour parvenir au développement durable, a-t-il ajouté, avant d’inviter à bien se préparer pour la période de l’après 2015.


Pour relever les défis actuels, M. Mikati a proposé de revoir le paradigme économique mondial pour garantir que l’économie appuie les politiques nationales de développement.  Mais l’économie verte par elle-même ne peut pas corriger tous les défauts actuels du système économique, a-t-il prévenu.  Il a plaidé en faveur d’une réforme des institutions notamment du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dont on devrait, selon lui, revoir le mandat et en faire un conseil indépendant.  Le Liban propose aussi d’établir un tribunal international pour l’environnement, qui serait amené à juger les cas de marée noire.  Enfin, il a dénoncé le refus de la part d’Israël d’accepter la légitimité internationale, l’accusant de continuer d’occuper des parties du territoire libanais et de refuser d’appliquer la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité.  Aucun développement durable ne pourra avoir lieu en l’absence d’une paix juste et durable, a-t-il averti.  Il a aussi réaffirmé le droit des Palestiniens à l’autodétermination et au retour à ses terres natales.


M. DENZIL DOUGLAS, Premier Ministre de Saint-Kitts-Et-Nevis, a indiqué que la stabilité de son pays, le plus petit de l’hémisphère nord, était aujourd’hui menacée de manière disproportionnée par des crises économique, sociale et environnementale externes.  Il a dit que le développement durable était victime d’une inertie politique mondiale.  Il a jugé indispensable la création de modèles de consommation alternatifs de nature à préserver l’environnement.  Il faut nous concentrer sur l’économie verte et la lutte contre la pauvreté et renforcer l’efficacité énergétique au nom de nos peuples, a-t-il ajouté. 


Notant que la gouvernance environnementale exigeait la contribution de tous, il a appelé la communauté internationale à cesser d’exclure la République chinoise de Taïwan des débats des institutions internationales pertinentes en matière de développement durable.  Il a souhaité que le troisième sommet mondial des petits États insulaires en développement, en 2014, soit l’occasion de s’entendre sur les objectifs de développement post-2015 de ces pays.  Il a demandé la mise en place de cadres institutionnels effectifs à tous les niveaux pour faciliter la mise en œuvre des engagements pris à Rio en souhaitant que les petits États insulaires en développement obtiennent les moyens de faire face aux conséquences environnementales et aux déséquilibres dont ils ne sont pas responsables. 


M. RECEP TAYYIP ERDOĞAN, Premier Ministre de la Turquie, a dressé la longue liste des maux provoqués par l’homme, pointant notamment du doigt l’appât du gain qui pousse d’aucun à surconsommer alors que d’autres manquent de tout, ainsi que l’égocentrisme.  Le moment est venu d’identifier des solutions pour l’humanité, a affirmé le Premier Ministre turc.


M. Erdoğan a plus particulièrement parlé de la situation des Palestiniens ainsi que des peuples de Syrie et d’Afghanistan.  Un monde où la conscience mondiale prévaut sera plus vivable pour les générations à venir, a souligné le Premier Ministre, qui a dit espérer que Rio+20 contribuera à l’élaboration d’un tel « monde de conscience ».


Mme JULIA GILLARS, Premier Ministre de l’Australie, a considéré que Rio+20 devrait définir des objectifs de développement durable car, « en nous fixant des objectifs, nous nous imposons une tâche pratique et empirique », a-t-elle dit.  Pour les mettre en œuvre, elle a aussi mis l’accent sur la nécessité d’allouer les ressources « avec rigueur » et, ensuite, de réévaluer les progrès accomplis sur la base des résultats obtenus et non sur des intentions.  « C’est ainsi que nous pourrons fixer la base la plus solide de succès à long terme », a-t-elle ajouté.


Notant que des progrès substantiels avaient pu être réalisés, notamment en ce qui concerne l’objectif de réduction de moitié de la pauvreté d’ici à 2015, le Premier Ministre a appelé la communauté internationale à demeurer déterminée et à établir des objectifs mondiaux face à des défis mondiaux.  L’Australie continuera, à cet égard, à jouer son rôle en faveur de la promotion et de la poursuite des Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-elle affirmé, en précisant que son pays augmenterait son programme d’aide de 60% au cours des cinq prochaines années.  Avant de conclure, elle a mis l’accent sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la santé des océans et à une « économie bleue ».  Enfin, Mme Gillars a aussi insisté sur la participation active des femmes et des peuples autochtones à l’élaboration des politiques de développement.


M. JEANNOT KOUADIO-AHOUSSOU, Premier Ministre de la Côte d’Ivoire, a appelé à la solidarité internationale pour le respect des ressources naturelles disponibles, tout en mettant en œuvre, à l’échelle mondiale, une réelle et indispensable solidarité pour un développement partagé, dans le respect de la diversité sociale et culturelle.  Il faut reconnaître que 10 ans après Johannesburg, la lutte contre la pauvreté et l’identification de modes de consommation et de production durables restent un vœu pieux, alors que le fossé entre pays développés et pays en développement s’est encore creusé, a-t-il dit.  Si nous ne changeons pas nos modes de consommation d’ici à 2030, deux planètes ne suffiront pas à satisfaire nos besoins, a prévenu le Premier Ministre de la Côte d’Ivoire, avant d’insister sur le fait que l’économie verte constituait le vecteur de la mise en œuvre du développement durable.


Le Premier Ministre a fait état des efforts de la Côte d’Ivoire en matière de recherches sur les technologies et les emplois verts.  Il a appuyé les positions du Groupe des 77 et la Chine et de l’Union européenne consistant à transformer le Programme des Nations Unies pour l’environnement en agence spécialisée des Nations Unies, avec une plate-forme plus forte pour les gouvernements, et ce, afin d’établir des programmes environnementaux globaux.  Il a formé le vœu que la transition vers une économie verte, dans le contexte du développement durable, soit supportée par un cadre institutionnel approprié, avec des fonctions claires qui évitent les chevauchements paralysants et en améliorent la mise en œuvre et la visibilité.  Dans cette même dynamique, a-t-il dit, la Côte d’Ivoire souscrit aux résolutions du Forum mondial de l’eau tenu à Marseille, en mars 2012, et souhaite adhérer à la Convention de l’ONU de 1997 sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau à des fins autres que la navigation.


Mme DORIS LEUTHARD, Premier Ministre de la Suisse, a estimé que la participation du groupe des ONG aux délibérations devrait être améliorée, de même que celle du secteur privé.  De nombreux entrepreneurs ont déjà démontré leurs engagements en prenant part au Pacte mondial par exemple, a-t-elle notamment fait observer.


Mme Leuthard a ensuite indiqué que la Suisse avait pris des mesures concrètes pour promouvoir le développement durable, notion consacrée par la Constitution suisse depuis 1999.  Elle a appelé à la mise en place d’un mécanisme de coopération efficace, avant de se féliciter de la décision de renforcer le PNUE.  Si l’adoption de politiques économiques vertes est essentielle pour l’avenir, il faudrait prendre en compte tous les aspects permettant de lutter efficacement contre la pauvreté et avancer dans la voie du développement durable, a par ailleurs estimé le Premier Ministre, qui a insisté sur la nécessité de préciser clairement la voie à suivre.  Elle a estimé que les « petites mesures » réalisées jusqu’à présent restaient insuffisantes.  Il faudrait, a-t-elle souligné, reconnaître le droit des femmes et encourager la mise en œuvre de politiques de santé génésique.


M. SOMSAVAT LENGSAVAD, Vice-Premier Ministre de la République démocratique populaire lao, a considéré que l’intégration des trois piliers du développement durable – l’économique, le social et l’environnement – demeurait « totalement inefficace » en raison, entre autres, de l’impact de crises croissantes dans les domaines économique et financier, énergétique ou en raison de catastrophes naturelles.  « Environ 20% de la population mondiale vit sous le seuil de pauvreté et l’environnement est encore confronté à des pratiques de développement irresponsables », a-t-il déploré. 


Depuis deux décennies, la République démocratique populaire lao a mis en place des politiques et des stratégies à court ou à long terme en faveur du développement durable, s’est-il félicité.  Une attention particulière a été accordée à la préservation de l’environnement et celle-ci a notamment été incluse dans un plan national quinquennal de développement socioéconomique qui vise à promouvoir le potentiel des ressources naturelles du pays, en particulier l’agriculture, l’énergie hydroélectrique et les ressources minières.  En outre, le Vice-Premier Ministre a insisté sur la valeur des forêts pour le développement de son pays.  La République démocratique populaire lao entend ainsi étendre la part de leur superficie sur le territoire national de 65 à 70% entre 2015 et 2020.


M. NICK CLEGG, Vice-Premier Ministre du Royaume-Uni, a estimé que le secteur vert représentait 5 000 milliards de dollars par an.  Il a précisé que le Royaume-Uni allait consacrer 150 millions de livres sterling au programme d’adaptation des petits exploitants agricoles du Fonds international pour le développement agricole (FIDA).  Le Royaume-Uni, a-t-il dit, est heureux d’accueillir cette année les Jeux olympiques les plus verts de l’histoire.  Il a jugé indispensable de parvenir à un accord sur des objectifs de développement durable cohérents, sur la base des Objectifs du Millénaire pour le développement, pour la période post-2015.  « Nous devons mieux comprendre la croissance économique et le développement en mettant en place un système de mesures plus large et plus complet qui permette de mesurer le capital naturel.  Dans le domaine de la gouvernance, il a jugé indispensable de renforcer le Conseil économique et social (ECOSOC) et le PNUE.  Quelles que soient les décisions prises, M. Clegg a rappelé que ce sera la volonté politique qui sera déterminante pour mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre de la Conférence Rio+20. 


M. NGUYEN THIEN NHAN, Vice-Premier Ministre adjoint du Viet Nam, a déclaré que son Gouvernement avait pris des mesures pour mettre en œuvre, dans la limite de ses capacités et ressources, Action 21, ce qui a permis de faire passer le taux de pauvreté de 85% en 1993 à 12% l’an dernier.  Il a également évoqué les avancées réalisées en matière d’éducation, d’accès à l’eau potable, et d’espérance de vie.  Le Viet Nam figure maintenant en deuxième place dans l’indice « Planète heureuse » (IPH)/«  Happy Planet Index », s’est-il félicité.


M. Nguyen a ensuite engagé l’ONU à définir des objectifs du développement durable (ODD) pour 2020 et 2023 assortis d’un mécanisme de contrôle et de suivi.  Les ODD doivent être universels, mais adaptés aux conditions de chaque pays, a-t-il cependant précisé.   Il a vu dans l’économie verte une stratégie importante pour mettre en œuvre les trois piliers –économique, social et environnemental- du développement durable.  Pour les pays à faibles revenus, a-t-il ajouté, l’économie verte n’est plus une option mais une nécessité.  À cet égard, il a souhaité qu’une conférence mondiale sur l’économie verte soit organisée.  Alertant sur l’élévation du niveau de la mer, qui affecte de nombreux pays, M. Nguyen a appelé à la création d’un programme de l’ONU pour y faire face de manière efficace.  Les rizières au Viet Nam qui assurent la sécurité alimentaire de la population, a-t-il prévenu, sont menacées de destruction en raison de ce phénomène.


Rappelant que son pays est un petit territoire enclavé, M. VLADIMIR PESHEVSKI, Premier Ministre adjoint chargé des affaires économiques de l’ex-République yougoslave de Macédoine, a d’abord tenu à souligner qu’il convenait de dégager une compréhension commune lorsqu’on parle du « partage équitable du fardeau » des défis liés au développement durable.  Il a ensuite mis l’accent sur le rôle crucial joué par l’énergie dans les processus de développement.  À cet égard, la Macédoine a déjà identifié plusieurs sources de production d’énergies propres et a décidé d’inclure cette question dans sa politique nationale de développement durable, a-t-il expliqué.  Celle–ci définit notamment les principaux secteurs qui contribueront au développement durable dans ce domaine et sont conformes aux objectifs de l’Union européenne en la matière, a-t-il précisé. 


Au niveau décisionnel national, la Macédoine a également créé un Conseil de haut niveau pour le développement durable, incluant une large participation des ONG, et tente aussi de promouvoir davantage les partenariats public-privé.  Pour la Macédoine, la transition vers une économie verte nécessitera des investissements importants dans l’éducation, dans la recherche et dans les technologies.  C’est pourquoi la communauté internationale doit tenir compte du niveau de développement technologique des petits États, a rappelé son Premier Ministre adjoint.  Avant de conclure, il a souhaité réaffirmer l’engagement politique de son pays en faveur des principes adoptés, en 1992, à Rio.  « Tous les objectifs n’ont pas été atteints en matière de développement durable mais les progrès sont notables et vont dans la bonne direction », a-t-il estimé. 


Mme AMTHAL AL AHMAD AL JABER AL SABAH, Vice-Premier Ministre du Koweït, a espéré que la Conférence Rio+20 permettrait de mettre en œuvre la feuille de route qui sera adoptée et de préserver les richesses de notre planète pour les générations futures.  Le Koweït réaffirme l’importance des mécanismes du développement durable adoptés au Sommet de la Terre de 1992 et des conférences qui ont suivi, a-t-elle dit.  Elle a assuré du soutien de son pays envers les nations sœurs.  Le Prince du Koweït a lancé une initiative qui vise à consacrer un milliard de dollars, dont le Koweït a fourni la moitié, au financement des petites et moyennes entreprises dans les pays arabes.  « Nous avons toujours contribué de manière active aux projets de développement dans le monde entier », a-t-elle ajouté, grâce au fonds koweïtien pour le développement économique.  Le Vice-Premier Ministre a aussi plaidé en faveur du transfert des technologies vers les pays en développement.  Elle a également indiqué que son pays a créé des parcs nationaux qui recouvrent une superficie plus grande que ce qui est suggérée par l’ONU.  « Nous faisons aussi en sorte d’atteindre un niveau zéro de rejet d’émissions de gaz à effet de serre. »


M. DJOOMART OTORBAYEV, Premier Ministre adjoint du Kirghizistan, a indiqué que les glaciers représentaient 4% du territoire de son pays.  Il a parlé des pressions auxquelles font face les forêts montagneuses ainsi que de la dégradation des sols, pour signaler ensuite que la vie dans les montagnes coûtait 50% de plus en énergie.  Le Ministre a plaidé pour l’utilisation rationnelle des glaciers et des écosystèmes naturels, tout en insistant sur la nécessité d’assurer le bon développement de l’infrastructure.  Il a précisé que 98% de l’électricité du pays était produite par des stations hydrauliques et que le Kirghizistan entendait effectuer des investissements verts dans ce secteur.  Il a ensuite plaidé pour le lancement d’un processus de promotion et d’appui des pays montagneux endettés et en développement pour les aider à alléger leur dette en échange d’une économie verte.


« Que nous est-il arrivé? » a lancé à la tribune de la conférence M. EDMUNDS SPRŪDŽS, Ministre de la protection de l’environnement et du développement régional de la Lettonie.  « Notre civilisation a toujours été en mesure de réfléchir pour ses générations futures et je refuse de croire que nous sommes devenus plus ignorants ou plus égoïstes que les générations précédentes.  C’est pourquoi je vous exhorte à fixer des objectifs plus ambitieux », a-t-il dit.  Le Ministre a ensuite estimé que les actions entreprises par plusieurs petits pays ou par des pays de taille moyenne démontraient qu’il ne faudrait pas nécessairement choisir entre, d’une part, la croissance économique et la qualité de vie de sa population, et, d’autre part, le développement durable. 


M. Sprūdžs a illustré son propos par l’exemple de la Lettonie qui a connu une crise économique grave après des années de « boum économique ».  À la suite de cette crise, le pays a été contraint par le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne à prendre des mesures draconiennes.  Le nombre de personnes sans emploi avait en effet triplé et cela plaçait la Lettonie au rang des pays européens les plus frappés par le chômage.  Malgré cette situation économique, la Lettonie a continué à miser sur le développement durable et sur l’environnement et ce choix a été salué, au début de cette année, par les universités américaines de Yale et Columbia, qui l’ont classé au deuxième rang des pays les plus verts au monde dans son index de performance environnementale (IPE).  M. Sprūdžs a estimé que son pays offrait à la communauté internationale non seulement un espoir mais aussi la preuve qu’en travaillant, on peut réussir. 


Mme ISABELLA TEIXEIRA, Ministre de l’environnement du Brésil, a rappelé que les principes de Rio étaient les fondements sur lesquels nous bâtissons aujourd’hui.  Reconnaissant qu’il fallait, en 2012, accepter un certain pessimisme, elle a espéré que la Conférence de Rio+20 allait permettre d’arriver à un document final qui représente un progrès significatif vers le développement durable.  Ce document ne répond pas à toutes les aspirations du Brésil et d’autres pays, mais il contient les meilleurs engagements sur lesquels nous pouvons nous mettre d’accord, a-t-elle estimé.  « Rio+20 sera considéré comme un moment phare dans l’histoire des Nations Unies », a-t-elle prédit, se félicitant de la transparence qui a prévalu tout au long des discussions. 


La Ministre de l’environnement brésilienne a enfin expliqué que les outils dont nous avons besoin aujourd’hui pour réaliser les changements nécessaires existaient.  Ils peuvent nous permettre d’aboutir à des modèles durables de développement, a-t-elle assuré.  Elle a également plaidé en faveur du renforcement des institutions nationales afin qu’elles soient mieux en mesure de mettre en œuvre les mesures visant un développement durable.


M. O.K. MOKAILA, Ministre de l’environnement du Botswana, a rappelé qu’au cours d’un sommet organisé par son pays, le mois dernier, les dirigeants africains avaient réaffirmé leur engagement en faveur du développement durable en Afrique.  Il a estimé que le processus d’évaluation économique des ressources économiques ne devait pas viser à dilapider la nature.  Nous devons au contraire investir pour préserver l’environnement pour les générations futures, a-t-il argué.  L’économie verte est un outil pour le développement durable et non pas une solution magique aux problèmes auxquels le monde est confronté aujourd’hui, a fait remarquer le Ministre.  M. Mokaila a par ailleurs estimé que les pays sans littoral comme le sien devraient bénéficier d’un appui particulier.  Il a également souhaité la mise en œuvre d’un cadre de vérification des engagements pris et a dit appuyer le renforcement du PNUE.  La Conférence Rio+20, a-t-il affirmé, doit lancer un processus de négociation en vue de définir les objectifs du développement durable.


M. BRAHIM OULD M’BARECK OULD MOHAMED EL MOCTAR, Ministre du développement rural de la Mauritanie, a précisé que son pays avait adopté un plan national dont les axes prioritaires misent sur les libertés individuelles, l’éducation, la formation professionnelle et technique et les soins de santé.  Il a souligné que son pays avait également respecté la vingtaine d’accords de protection de l’environnement qu’il a ratifiés et que son plan national de développement vise la création d’un ministère de l’environnement et du développement durable, ainsi que l’adoption d’une politique de développement durable d’ici à 2016 et la création d’un conseil national du développement durable.


M. GILAD ERDAN, Ministre de la protection de l’environnement d’Israël, a rappelé qu’un milliard de personnes n’avaient pas accès à une source sûre d’eau potable et qu’un milliard souffraient de la faim.  « Nous avons défini un cadre d’économie verte qui vise à assurer la compatibilité de la croissance économique avec le développement durable », a-t-il dit, invitant à intégrer ces objectifs dans les travaux de toutes les institutions des Nations Unies chargées des questions économiques.  Indiquant que son pays, pauvre en ressources naturelles, avait dû investir dans l’innovation technologique, le Ministre a fait part des progrès ainsi accomplis dans le domaine agricole, Israël ayant notamment pu réduire de 50% la consommation d’eau douce dans ce domaine.  « Nous avons en effet la technologie d’irrigation la plus efficace du monde, s’est-il vanté, mentionnant la mise au point d’une technique avancée de désalinisation de l’eau de mer », a-t-il déclaré.


Israël a partagé ses connaissances dans ce domaine par le biais de son agence de coopération au développement et compte étendre encore cette aide, y compris avec ses voisins, a assuré le Ministre.  Évoquant les discours prononcés par les représentants des pays voisins d’Israël, il a déploré que ces derniers aient choisi de politiser ce débat.  Il a précisé que l’accord intérimaire israélo-palestinien prévoyait que les deux parties développent des sources d’eau supplémentaires.  Israël apporte 60% d’eau en plus que ce que prévoit l’accord et envisage d’apporter un gros volume d’eau dans la bande de Gaza, alors qu’il ne reçoit en retour que des attaques à la roquette, a-t-il dit.  M. Erdan a lancé un appel à ses voisins palestiniens afin qu’ils mettent en œuvre les 28 projets en eau prévus.


M. BEN KNAPEN, Ministre des affaires européennes et de la coopération internationale des Pays-Bas, a rappelé combien la nature était sous pression alors qu’il faudrait répondre aux besoins de la population mondiale atteignant neuf milliards de personnes en 2050.  Il a rappelé que si la nature est négligée par un seul pays, les conséquences de cette négligence peuvent être ressenties n’importe où dans le monde.  Il a souligné l’importance des trois piliers –économique, social et environnemental- du développement durable, en souhaitant que nos objectifs ambitieux pour une économie verte se concrétisent.  Parce que l’importation de l’énergie est impossible sans émissions de CO2, nous nous sommes tournés vers les énergies solaire et éolienne, a indiqué M. Knapen.  Il a également rappelé que les Pays-Bas avaient établi une plate-forme nationale pour Rio+20 afin d’organiser des discussions avec la société civile et le secteur privé dans le cadre de la préparation de la Conférence Rio+20.  Comme pour le football, nous devons marquer des buts pour réussir, a souligné M. Knapen.


M. MOHAMMAD YASMIN UMAR, Ministre de l’énergie de Brunei Darussalam, a indiqué que son pays s’était engagé dans différentes initiatives en matière de réalisation du développement durable.  Un plan vise notamment à faire face aux effets des changements climatiques, et la gestion durable de forêts est également privilégiée.  Le Brunei s’est également engagé dans le domaine de l’énergie renouvelable.  Le plan Vision 2025 appelle notamment à l’instauration d’une économie dynamique et durable dans le pays. 


M. Umar a également parlé des efforts déployés dans le domaine de l’éducation et de la formation des ressources humaines.  Le Brunei Darussalam entend en outre réduire de 45% ses dépenses énergétiques d’ici à 2030, et un système d’énergie solaire portable a été mis sur pied.  Le Ministre a également souligné l’importance de la sensibilisation du public à l’utilisation d’énergies renouvelables, entre autres.


M. RAYMOND N’TUNGAMULONGO TSHIBANDA, Ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la francophonie de la République démocratique du Congo, a regretté que les engagements de la communauté internationale n’aient pas été respectés, notamment celui des pays du Nord de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide au développement.  Il en est de même pour les négociations sur une convention internationale sur les forêts qui n’ont jamais abouti.  Il a demandé que l’ONU joue pleinement son rôle et qu’elle engage tous les acteurs à s’acquitter de leurs obligations, notamment l’obligation de consommer de manière responsable.  Près de sept milliards de personnes doivent préserver la planète par une action ambitieuse, a-t-il lancé, en appelant à conserver la biodiversité, garantir la sécurité alimentaire, prendre des mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques et s’y adapter, prévenir la dégradation des terres, tout en respectant la diversité naturelle.


Il ne doit pas y avoir d’approche unique pour relever ces défis, a prévenu M. Tshibanda.  Le Ministre a expliqué que pour éliminer la pauvreté dans le cadre d’une économie verte, les efforts des pays en développement doivent être soutenus par la concrétisation des promesses d’un appui financier, notamment en accordant des mesures tarifaires préférentielles, en augmentant le niveau de l’aide au développement et en transférant les technologies.  Mais la responsabilité ultime incombe à nos États, a-t-il reconnu.  M. Tshibanda a ainsi indiqué que, dans les pays de la région, un cadre de gestion des forêts avait été mis en place et que la RDC prenait une part active à la préservation de l’environnement en Afrique centrale.  « Malheureusement, les conflits armés dans la région sapent les efforts de notre peuple qui lutte pour relever le défi de la faim, de la pauvreté et de la protection de l’environnement », a-t-il regretté.  Avant de conclure, il a appelé à transformer les organes de l’ONU chargés de ces questions, comme l’ECOSOC, la Commission du développement durable et le PNUE. 


M. PHIL HOGAN, Ministre de l’environnement de l’Irlande, s’est dit satisfait du consensus sur le projet de document final qui aura, a-t-il dit, une influence sur les politiques visant à améliorer le bien-être de nos populations.  Il a exprimé la volonté de l’Irlande de promouvoir l’économie verte.  Il a indiqué que l’Irlande était le septième pays contributeur en matière d’aide publique au développement.  Le Ministre irlandais de l’environnement s’est félicité du projet de document final qui, a-t-il affirmé, met l’accent sur les besoins alimentaires.  Il a cependant reconnu qu’il ne répondait pas pleinement aux attentes en ce qui concerne la réforme des institutions. 


M. SERGEI MARTYNOV, Ministre des affaires étrangères du Bélarus, a indiqué que son gouvernement avait adopté des politiques qui intègrent les préoccupations en matière d’environnement.  L’ensemble de ces activités, a-t-il assuré, ont permis de renforcer l’efficacité énergétique et de réduire le coût matériel de l’économie.  Le Ministre a ensuite estimé que seuls les États responsables peuvent véritablement régler les problèmes économiques pour le bien-être des citoyens et assurer la réalisation du développement durable.  En revanche, a-t-il ajouté, la solidarité concertée de tous les États permettra à tous de s’engager sur la voie d’un développement véritablement durable.  M. Martynov a, en outre, estimé nécessaire de s’assurer que les différentes mesures lancées en matière de développement durable ne saperont pas les efforts existants et ne provoqueront pas non plus la dépendance technologique des pays en développement.  Il a également appelé au respect du principe de responsabilité commune mais différenciée.  Pour le Ministre, l’adoption du projet de document final de Rio+20 doit traduire la transition vers le développement durable pour tous.


M. TESFAI GHERESELASIE SEBHATU, Ministre des terres de l’eau et de l’environnement de l’Érythrée, a relevé que près de 24 000 personnes perdaient la vie chaque jour à cause de la malnutrition.  Il a indiqué que le Gouvernement érythréen faisait son possible pour éliminer la faim et éviter de dépendre de l’aide alimentaire étrangère, même s’il reste encore beaucoup à faire pour garantir la sécurité alimentaire dans le pays.  Le Ministre a aussi souligné que le pays avait beaucoup progressé pour éliminer la pratique des mutilations génitales féminines qui sont désormais interdites. 


En ce qui concerne l’éducation, il a assuré qu’elle était gratuite et a mentionné les progrès accomplis en matière d’égalité entre les sexes.  L’Érythrée a intégré sa gestion de l’environnement dans sa stratégie nationale pour le développement, a-t-il ajouté, avant de parler des efforts de reforestation.  Le pays, a-t-il expliqué, a planté 90 millions d’arbres et lancé des projets pour installer des structures d’eau potable.


M. PAUL MAGNETTE, Ministre de la coopération et du développement de la Belgique, s’est dit déçu par l’accord sur le projet de document final de la Conférence Rio+20 parce qu’il pensait que le souffle né à Rio en 1992 était toujours vivace.  « Nous sommes très loin du compte alors que nous savions ce qui est nécessaire », a-t-il fait observer. « Nous savons, a-t-il souligné, qu’il y a une urgence de rompre avec la logique de développement dévoreuse de ressources et que nous avons besoin de garantir à l’ensemble des peuples de la planète une sécurité alimentaire, un emploi décent et une protection sociale ».  Il faut renforcer les capacités des femmes dont la participation est indispensable au développement durable. 


Le Ministre a également exhorté les pays développés à veiller à ce que nos politiques soient cohérentes et à ce que les bénéfices obtenus grâce à nos aides au développement ne soient pas anéantis par nos politiques agricoles ou commerciales contreproductives.  Il faudrait trouver des financements innovants du développement, en mettant l’accent sur une nécessaire taxation sur les transactions financières, a-t-il insisté. « Si nous sommes déçus, nous ne voulons pas sombrer dans le défaitisme, car nous savons que les regrets sont stériles et les lamentations inutiles. » Il faut maintenant donner un contenu à cet accord et y travailler dès la prochaine session de l’Assemblée générale de l’ONU, en mettant l’accent notamment sur la nécessité de lancer un programme-cadre décennal sur les modes de production et de consommation durable, a préconisé M. Magnette. 


M. ALPHA BOCAR NASO, Ministre de l’énergie, de l’eau et de l’environnement du Mali, a estimé que les résultats de Rio+20 permettront de mettre en place un processus qui mènera à des progrès notables, notamment en faveur du renforcement des capacités et du transfert de technologies.  Il s’est inquiété de la prolifération des menaces à l’échelle planétaire et a plaidé pour l’établissement d’une stratégie mondiale pour sauver « ce qui est encore possible ».  La Conférence Rio+20, a-t-il souligné, doit donner lieu à une action politique renouvelée et forte.  M. Naso a ensuite parlé des défis que doit affronter le Mali et a indiqué que son gouvernement avait lancé une véritable politique de réforme institutionnelle pour y faire face.


Le Ministre du Mali a par ailleurs vu dans l’économie verte une réponse audacieuse au double défi que sont le développement durable et la pauvreté.  Il a ensuite exhorté les pays développés à s’engager davantage au nom du principe de responsabilité commune et différenciée afin de limiter les risques d’un « péril écologique ».  Il a également appelé à la transformation du PNUE en une institution spécialisée.


M. EDUARD STAVYTSKYI, Ministre de l’écologie et des ressources naturelles de l’Ukraine, a apprécié que le projet de document final de la Conférence Rio+20 comprenne des engagements volontaires des gouvernements pour assurer une approche complète du développement durable.  Il a estimé que les objectifs fixés devaient viser d’assurer la gouvernance des ressources naturelles.  Il s’est dit favorable au renforcement du Programme des Nations Unies pour l’environnement et à l’idée d’en faire une organisation mondiale de l’environnement. 


Le Ministre a aussi appelé à soutenir la proposition faite par l’Ukraine ainsi que d’autres pays de créer un conseil de sécurité de l’environnement ou de déléguer le mandat de la sécurité environnementale au Conseil de sécurité actuel, et de créer un tribunal international de l’environnement et une banque internationale de l’environnement.  Le Ministre a aussi jugé souhaitable d’approuver un cadre sur 10 ans pour la consommation durable.  En ce qui concerne les marchés agricoles mondiaux, l’Ukraine est prête à apporter sa contribution pour lutter contre les crises alimentaires à l’avenir, a-t-il dit pour illustrer la coopération internationale dont fait preuve le Gouvernement.  Son pays a adopté une loi sur les grands principes de la politique environnementale de l’État jusqu’à 2020, a-t-il également indiqué, précisant que le Gouvernement ukrainien avait donné la priorité aux questions sociales.  Il a enfin assuré vouloir continuer à être un partenaire dans le développement durable.


M. AMARA KONNEH, Ministre des finances du Libéria, a déclaré que le peuple du Libéria, malgré le conflit passé, était déterminé à reconstruire le pays.  « Nous fournissons des services de santé et d’éducation qui n’existaient plus depuis deux décennies », a dit M. Konneh.  Il a expliqué que le Libéria combinait des sources d’énergie renouvelables et non renouvelables pour atteindre ses objectifs de développement durable et inclusif.  Il a dit que la plupart des secteurs de l’économie du Libéria, notamment la pêche et l’agriculture, étaient affectés négativement par les changements climatiques.


Le Ministre a indiqué qu’une récente évaluation de la vulnérabilité menée par l’agence de protection de l’environnement du Libéria montrait le risque d’une perte de 50% de la biodiversité du pays en raison des changements climatiques.  Il a jugé indispensable un soutien de la communauté internationale pour aider le Libéria à faire face aux conséquences des changements climatiques.  Il a fait état de la mise en place d’un programme de développement économique et social intitulé « Vision 2030 » dont l’objectif est de faire du Libéria un pays à revenu intermédiaire en 18 ans.


M. WOLFGANG WALDNER, Secrétaire d’État aux affaires étrangères de l’Autriche, a souligné la nécessité de protéger les plus défavorisés, si l’on ne souhaite pas que les efforts entrepris en faveur du développement soient anéantis.  Il s’est félicité de la finalisation du projet de document final dont l’adoption aura lieu demain.  « Ma délégation aurait cependant espéré qu’il fixe des objectifs plus précis, a-t-il cependant fait savoir.  M. Waldner a ensuite parlé des mesures prises par son gouvernement pour préserver l’environnement.  En 2012, a-t-il notamment indiqué, les énergies renouvelables ont permis d’économiser de nombreuses tonnes de CO2.  Le Secrétaire d’État de l’Autriche a estimé que les questions de l’énergie, de l’eau et de la sécurité alimentaire devraient être abordées dans le cadre des objectifs du développement durable.


Mme HANI SHERRY AYITTEY, Ministre de l’environnement, de la science et de la technologie du Ghana, a regretté que les espoirs qu’avait représentés le Sommet de la Terre de Rio, en 1992, ne se soient pas concrétisés.  En ce qui concerne l’économie verte, elle a estimé que les pays devaient avoir une meilleure compréhension de cette notion et que le système des Nations Unies devait entreprendre les mesures nécessaires afin de dégager ses potentiels réels.  Elle a souligné que le Ghana avait entrepris une étude de ce type destinée à évaluer les opportunités et les niveaux de risques dans différents secteurs. 


Rappelant que le potentiel énergétique de l’Afrique, et en particulier du Ghana, avec ses ressources en gaz naturel, sont considérables, la Ministre a ensuite fait remarquer les graves difficultés auxquelles doivent faire face les pays africains en matière d’énergie.  Un investissement annuel de 43 milliards de dollars serait nécessaire afin de garantir un accès à l’énergie pour plus de 75% des Africains, a-t-elle ainsi fait remarquer.  Elle a estimé que le développement durable ne pourrait être réalisé sans une institution disposant de ressources véritables.  « Le défi du développement durable est encore plus difficile face à la fragmentation des ressources et aux différents mandats des institutions chargées de ces questions », a-t-elle conclu.


M. JUAN RAFAEL ELVIRA QUESADA, Ministre de l’environnement et des ressources naturelles du Mexique, a jugé équilibré le projet de document final tout en regrettant son manque d’ambition.  Illustrant les efforts de son pays en matière de développement durable, il a fait état des investissements visant à permettre l’utilisation durable de différents types de forêts.  Par le biais de partenariats public-privé, le Mexique a consacré 300 millions de dollars au développement de l’énergie éolienne.  Grâce à la participation de 5 000 entreprises mexicaines, seront réduites de 70 millions de tonnes métriques en trois ans les émissions de CO2, a dit M. Quesada.


Mme MAMIA ELBANNA ZAYANI, Ministre de l’environnement de la Tunisie, a indiqué que la révolution tunisienne était une claire illustration de la situation de la non-durabilité des 20 dernières années, notamment dans le domaine du social.  Elle a insisté sur le principe de solidarité et a vu dans Rio+20 une occasion sans pareil pour s’orienter dans cette voie.  Elle a appuyé le principe de responsabilité commune mais différenciée et a par ailleurs estimé que l’économie verte devait être source de création d’emplois, pour les jeunes notamment. 


La Ministre a aussi appuyé la création d’un forum de haut niveau sur le développement durable, capable d’appuyer le Conseil économique et social de l’ONU, ainsi que le renforcement du Programme des Nations Unies pour l’environnement.  Mme Zayani a également estimé que l’établissement de tout centre pour l’économie verte devrait être appuyé par la création de centres régionaux.  Il faut, a-t-elle insisté, arriver à un nouveau paradigme pour le développement.


M. ABDOUL RAZAZ SALEH, Ministre de l’eau et de l’environnement du Yémen, a estimé que les engagements qui avaient été pris en 1992, à Rio de Janeiro, ne pourraient être pleinement mis en œuvre qu’avec la coopération de tous.  Il est nécessaire, a-t-il dit, d’établir un développement durable équilibré.  Le Yémen, a-t-il assuré, est engagé à prendre toutes les mesures nécessaires pour appliquer les trois « Conventions de Rio », adoptées lors du Sommet Planète Terre en 1992.  Au plan national, il a expliqué que le Yémen cherchait à impliquer toutes les parties prenantes en faveur du développement durable, en particulier les mouvements sociaux, la société civile et le secteur privé. 


En matière d’environnement, le Ministre a particulièrement insisté sur les difficultés liées aux ressources en eau, qui sont très rares dans son pays et qui doivent, en outre, faire face aux conséquences des changements climatiques.  En ce qui concerne la transition vers l’économie verte, le Ministre yéménite n’a pas caché ses craintes que celle-ci entraîne des conditions supplémentaires pour les pays pauvres ou entrave encore leur accès aux marchés.  « Nous devons amender nos politiques et nos lois et faire de nombreux investissements pour améliorer la situation du pays.  À cette fin, le Yémen a besoin de l’appui de la communauté internationale », a-t-il précisé.


M. GINMARDO KROMOSOETO, Ministre de l’environnement, de la planification des terres et de la gestion forestière du Suriname, s’est dit déçu de l’accroissement du fossé entre pays en développement et pays développés.  Il a dit que le Suriname était parmi les pays les plus verts du globe avec une couverture forestière de plus de 90%.  « Par la loi, nous avons protégé 15% de notre territoire », a-t-il dit.  « Nous prenons aussi des mesures importantes pour replanter nos mangroves, afin de protéger nos côtes les plus vulnérables. »  Il a dit la volonté du Gouvernement du Suriname d’incorporer les principes de la durabilité dans ses efforts de développement, par le biais de l’utilisation durable de ses ressources naturelles.  Il a regretté que les efforts du Suriname soient entravés par des acteurs internationaux, dont les moyens financiers encouragent des ONG nationales à prendre des positions contraires à l’intérêt national.  Évoquant les conséquences des changements climatiques, il a souligné que le Suriname venait d’être touché pour la première fois par un ouragan.


M. MOHAMMAD KHADDOUR (République arabe syrienne) a indiqué que son pays avait été un des premiers États à avoir lutté pour la protection de l’environnement.  La Syrie a introduit cet objectif dans ses plans quinquennaux, a-t-il assuré.  Les défis auxquels doit faire face la Syrie, comme la sécheresse et la rareté de l’eau, ont eu des incidences sur les différents secteurs de l’économie, a-t-il expliqué.  Le représentant a aussi regretté que l’occupation par Israël des territoires arabes appauvrisse les ressources naturelles de la Syrie.  Le représentant syrien a signalé un vol de plus de 1,5 milliard de mètres cubes d’eau dans le Golan syrien occupé, ainsi qu’une tentative d’enfouir des déchets toxiques dans cette région.  Il a aussi dénoncé les pressions et les sanctions économiques illégales qui entravent la réalisation du développement durable en Syrie, en dénonçant l’embargo européen et américain qui empêche la Syrie d’obtenir les technologies de pointe. 


En outre, a ajouté le représentant syrien, le vol des engrais en grande quantité pour la fabrication d’explosifs a eu un impact négatif énorme sur la production agricole.  Cela n’a pas empêché la Syrie d’avoir une attitude ferme pour réaliser les objectifs de développement, a assuré le délégué syrien, en indiquant que son gouvernement avait promulgué des lois en 2012 pour protéger l’environnement et réaliser le développement durable.  M. Khaddour a ensuite plaidé en faveur d’une aide internationale accrue en faveur du développement.  L’économie verte ne doit pas se substituer aux programmes de développement, a-t-il prévenu.  Il a enfin appelé Israël à respecter les résolutions internationales, notamment en ce qui concerne le Golan syrien occupé.  


M. DIMITRI ALEXANDRAKIS (Grèce) a émis l’espoir que la Conférence Rio+20 s’achèvera avec des résultats concrets, en particulier en ce qui concerne les principes d’équité entre les générations et de précaution.  Il a souligné que son pays attachait aussi une grande importance à l’éducation en matière de développement durable.


Sur le plan international, la Grèce souhaite un renforcement du cadre institutionnel du développement durable, notamment par la transformation du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en une institution spécialisée pour le développement.  Il a aussi estimé que la gestion intégrée des zones côtières et la protection des mers régionales pouvaient constituer des domaines pour lesquels la coopération devrait être renforcée.  Cette coopération pourrait se traduire par les efforts entrepris par les pays de la région méditerranéenne en faveur du Plan d’action pour la Méditerranée (PAM) ou de la Composante méditerranéenne de l’Initiative Eaude l’Union européenne,que préside la Grèce depuis 2003.


Mme EGLY PANTELAKIS, Représentante du Ministère de l’agriculture de Chypre, a mis l’accent sur la nécessité de préserver les ressources en eau et de changer nos modes consommation non durables.  Le développement durable ne pourra être réalisé que par le biais d’un respect total des principes de la démocratie et des droits de l’homme, a-t-elle insisté.  L’appropriation du développement par les États souverains est aussi une clef de la réussite du développement durable, a-t-elle ajouté.  « Si nous échouons nous serons jugés par les générations futures », a-t-elle prévenu, en rappelant que « notre travail ne s’arrête pas avec cette Conférence et devra s’intensifier une fois de retour dans nos capitales respectives ».


Mme PALESA MOKETE (Lesotho) a appelé à saisir l’occasion que présente Rio+20 pour consolider les gains de la Conférence de 1992 et du Sommet de Johannesburg.  Il faut simplifier les trois piliers du développement durable et reconnaître les liens entre eux, a-t-elle dit.  Pour un pays comme le Lesotho où 80% de la population vit dans les zones rurales ou montagnardes, le développement durable des montagnes constitue un élément essentiel.  Ce sont des ressources hydriques importantes, a-t-elle expliqué.  Elle a aussi indiqué que près de 80% du pays connaissaient une dégradation qui entraîne notamment des problèmes de malnutrition et de santé. 


Le Gouvernement du Lesotho continue de mettre en œuvre des projets de développement durable, notamment pour la gestion de l’eau et des terres, a-t-elle indiqué.  Sur le plan international, le principe de la responsabilité commune mais différenciée est essentiel au développement durable, a-t-elle souligné, invitant les pays développés à offrir un financement suffisant pour soutenir les efforts des pays en développement, à leur transférer les technologies, à soutenir leurs programmes nationaux et à faire participer les institutions financières internationales. 


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