20/07/2012
Conseil économique et social
ECOSOC/6540

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social                              

Session de fond de 2012                                    

38e et 39e séances – matin & après-midi


L’ECOSOC APPELLE AU RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE D’URGENCE FOURNIE PAR L’ONU


Le Conseil économique et social a achevé, aujourd’hui, le segment des travaux de sa session de fond de 2012 consacré aux affaires humanitaires, en adoptant sans vote une résolution qui appelle au renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies.


Par cette résolution, l’ECOSOC prie instamment les États Membres d’évaluer les progrès qu’ils ont accomplis dans le renforcement de leur niveau de préparation aux interventions humanitaires, afin de redoubler d’efforts en vue d’élaborer, actualiser et renforcer les mesures de préparation aux catastrophes et de réduction des risques à tous les niveaux.  Il demande également au Coordonnateur des secours d’urgence de continuer de diriger les initiatives visant à renforcer la coordination de l’aide humanitaire et de renforcer la concertation avec les États Membres sur le fonctionnement, les activités et les délibérations du Comité permanent interorganisations.


Le système des Nations Unies et les autres acteurs concernés sont en outre priés de continuer de renforcer les mécanismes de coordination de l’action humanitaire, en particulier sur le terrain, à améliorer le partenariat et la coordination avec les autorités nationales et locales, et à utiliser les mécanismes de coordination nationaux et locaux.  En outre, le système des Nations Unies est encouragé à continuer d’aider les pays en développement à renforcer les capacités locales et nationales en matière de collecte et d’analyse de données.


Pour leur part, les États Membres devraient continuer à améliorer la collecte et l’analyse des données et à faciliter les échanges d’informations avec les organismes humanitaires des Nations Unies, « en vue de soutenir la planification des interventions d’urgence et d’améliorer l’efficacité des interventions humanitaires axées sur les besoins ».  L’ONU devrait, quant à elle, continuer à chercher des solutions propres à renforcer sa capacité de recruter et de déployer rapidement et avec flexibilité du personnel humanitaire de haut niveau, compétent et expérimenté, « la considération dominante étant la nécessité de s’attacher aux services de personnes possédant les hautes qualités de travail, de compétence et d’intégrité ».


Les États Membres engagent également le Groupe des Nations Unies pour le développement à renforcer le système des coordonnateurs résidents sur lequel s’appuie le système des coordonnateurs humanitaires, afin de garantir la mise en œuvre pleine et entière du cadre de gestion et de responsabilisation du système des Nations Unies pour le développement et du système des coordonnateurs résidents.


Enfin, toujours par la présente résolution, l’ECOSOC engage les États Membres, le secteur privé, la société civile et les autres entités compétentes à verser des contributions aux mécanismes de financement des opérations humanitaires, notamment les procédures d’appel global et d’appel éclair, le Fonds central pour les interventions d’urgence et autres fonds, et à envisager De les augmenter et de les diversifier.  Les contributions faites au titre de l’aide humanitaire, réaffirme l’ECOSOC, ne devraient pas l’être au détriment des ressources affectées à la coopération internationale pour le développement.


Lors du débat consacré aux affaires humanitaires, qui était entamé le 18 juillet dernier*, les délégations, à l’instar de celle de la Nouvelle-Zélande, ont été nombreuses à exprimer leur soutien aux efforts du Comité permanent interorganisations pour renforcer la coordination, le leadership et la responsabilité.  Le délégué du Kenya a estimé, pour sa part, que le système des coordonnateurs résidents était « la clef de la réponse humanitaire », en les appelant toutefois à une plus grande collaboration afin que les réponses d’urgence et les actions en faveur du développement soient mieux intégrées.


Dans ses remarques de clôture, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Valerie Amos, s’est notamment félicitée que la résolution souligne l’importance de renforcer les capacités des pays dans la collecte de données.


Le matin, l’ECOSOC avait organisé une table ronde sur le thème « Des partenariats pour une aide humanitaire efficace à l’appui de l’action menée à l’échelle nationale, régionale et internationale ».


L’animatrice du débat, Mme Valerie Amos, avait fait observer que les besoins humanitaires avaient presque doublé au cours de ces dernières années et a indiqué qu’il était « vital que l’on fasse appel à toutes les ressources qui existent, à toutes les compétences et à toutes les capacités, de manière originale et avec souplesse ».


L’ECOSOC reprendra ses travaux lundi 23 juillet, à partir de 10 heures.


*ECOSOC/6538


ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE, AIDE HUMANITAIRE ET SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE (A/67/89–E/2012/77, E/2012/85 et E/2012/L.11)


Table ronde sur le thème « Des partenariats pour une aide humanitaire efficace à l’appui de l’action menée à l’échelle nationale, régionale et internationale »


M. FERNANDO ARIAS GONZALEZ (Espagne), Vice-Président du Conseil économique et social, a estimé que le thème de cette table ronde reflétait parfaitement, aujourd’hui, l’augmentation croissante du nombre d’acteurs actifs sur le terrain de l’aide humanitaire.  Il a également relevé que le rapport du Secrétaire général sur le « Renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies » A/67/89–E/2012/77, dont est saisi le Conseil économique et social dans le cadre de ses travaux, contenait plusieurs exemples de partenariats ayant remporté de francs succès.


De son côté, Mme VALERIE AMOS, Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, a observé que les besoins humanitaires avaient presque doublé au cours de ces dernières années.  C’est pourquoi, il est vital que l’on fasse appel à toutes les ressources qui existent, à toutes les compétences et à toutes les capacités, de manière originale et avec souplesse, a-t-elle dit.  Les partenariats doivent être établis solidement.  Il est important, a-t-elle dit, de voir aussi comment les partenaires peuvent travailler avec les gouvernements en vue de renforcer la résilience.


M. DAVID DROGA, Président exécutif de l’agence « Droga5 », a présenté plusieurs exemples de campagnes publicitaires qui ont été, selon lui, des exemples fructueux de partenariats entre le secteur privé, le monde de la publicité et celui de l’action humanitaire.  « Aujourd’hui, il ne suffit pas d’avoir une célébrité qui défend votre cause pour voir le public s’engager et soutenir cette cause.  En outre, l’importance de votre message ne garantit rien.  Il faut être créatif, comprendre le consommateur et utiliser la technologie », a-t-il dit. 


Il a d’abord illustré son propos en citant la campagne « The Tap Project », créée pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) (http://www.tapproject.org).  Il a expliqué qu’en partant d’une idée simple, basée sur la situation de 5 000 enfants qui meurent chaque jour dans le monde, la campagne visait à sensibiliser les consommateurs, en particulier dans les restaurants de la ville, de payer un dollar pour l’eau du robinet qui leur était servie.


M. Droga a ensuite présenté deux autres campagnes.  La première, lancée conjointement par le secteur public et une société de téléphonie mobile et baptisée « The Million Project » (http://www.millionnyc.com/), visait à lutter contre l’absentéisme au sein du système scolaire public, à New York, en offrant aux élèves un téléphone portable en fonction des progrès réalisés et des résultats scolaires obtenus.  « Pendant des années, d’importantes sommes d’argent avaient été dépensées par l’éducation publique pour convaincre les enfants de l’importance de l’école.  Les résultats d’un tel partenariat ont été réels en termes de fréquentation scolaire et de progrès des élèves », a-t-il expliqué.


Enfin, la dernière initiative de partenariat publicitaire présentée, ce matin, a été la campagne « The Livestrong Project », destinée à soutenir les malades du cancer ou leurs proches (http://www.livestrong.org/).  Elle impliquait une technologie qui, durant le Tour de France, permettait à un véhicule d’inscrire des messages de soutien sur le macadam des routes du Tour.  Près de 36 000 messages avaient été diffusés.  « Même le plus petit message peut devenir grand si vous comprenez que le contexte dans lequel vous racontez une histoire est aussi important que ce que vous dites », a souligné le publicitaire. 


M. BEKELE GELETA, Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a ensuite expliqué que les partenariats avec le secteur privé étaient relativement récents.  Il est ensuite revenu sur la manière dont se sont développées les sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.  Il a fait remarquer que la façon dont elles s’étaient développées constituait un exemple de partenariat avec les gouvernements qui a fonctionné.  Les 187 sociétés sont des auxiliaires des gouvernements fondées sur le respect de l’indépendance, de l’impartialité et de la neutralité de l’aide humanitaire, a-t-il souligné.  M. Geleta a ensuite mis l’accent sur l’importance de la coopération et de la coordination au sein du mouvement mais aussi avec tous les participants aux activités humanitaires.


Débat interactif


Plus d’une vingtaine de représentants d’États Membres et du public au sens large ont ensuite questionné les panélistes de cette table ronde, qu’animait la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Mme Valerie Amos.  Des questions ont en effet été posées au Bureau de la coordination des affaires humanitaires, par le biais de sa page « Facebook » (http://www.facebook.com/UNOCHA) et de son compte « Twitter » (http://twitter.com/UNOCHA).


Répondant à une question sur Twitter, M. Droga a estimé que tous les partenariats étaient les bienvenus.  « Plus vous êtes nombreux, plus vous pouvez agir », a-t-il dit, en souhaitant que l’aide ne repose pas seulement sur le gouvernement, ni sur une organisation en particulier. 


« Plus il y a d’humanité et de simplicité sur le site Internet, plus vous aurez du succès », a-t-il ajouté, en répondant à une question de la représentante de la République dominicaine sur la créativité du message.  M. Droga a invité les participants à aller directement au cœur de la question.  


Si la représentante de l’Allemagne a demandé des précisions sur la palette de technologies utilisables, celle de l’Italie a demandé des précisions sur les moyens d’agir dans des pays où il n’existe pas de grande liberté de parole.  De son côté, le représentant du Kenya a souhaité plus d’efforts pour renforcer les partenariats à tous les niveaux en souhaitant que l’on s’appuie sur l’expérience des récentes catastrophes pour mieux répondre aux besoins des populations.  Il a demandé de préciser les partenariats que le CICR envisage d’utiliser pour assurer une meilleure efficacité de son action humanitaire.  Il a également demandé comment examiner la valeur ajoutée qu’apporte la participation des célébrités à des activités humanitaires. 


Pour sa part, le représentant de l’Espagne a demandé d’indiquer les moyens permettant de s’adapter aux exigences et attentes les plus extravagantes des entreprises.  La représentante du Royaume-Uni a voulu savoir ce qui était fait pour maintenir l’intérêt pour les causes et crises qui s’étendent dans le temps, comme la sécheresse ou la faim au Sahel.  


Notant qu’il est moins coûteux de renforcer la résilience que d’apporter des secours, le représentant du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a jugé essentiel que des partenariats soient créés pour renforcer la résilience. 


M. Droga a estimé que la technologie était un égalisateur permettant à tout le monde de se faire entendre, de se rapprocher et de travailler ensemble.  Il a rappelé que la philosophie des médias sociaux n’était pas de faire de l’argent, mais de répondre aux besoins des communautés, de rassembler et d’être entendu.  Répondant à la question de la représentante de l’Italie, il a estimé qu’un message sincère trouvera toujours, comme l’eau, les moyens de s’insérer partout. 


M. Droga a estimé qu’il faudrait demander plus d’engagements aux célébrités en leur expliquant qu’on attendait plus d’elles que le fait de prendre simplement des photos avec elles.  Il a également jugé essentiel que le secteur privé soit plus transparent dans sa participation à l’action humanitaire.


S’agissant de la question sur la perception de l’ONU, M. Droga a indiqué que l’ONU était souvent le bouc émissaire, parce qu’on entend plus souvent parler de catastrophes que de progrès.  Pour éviter que l’on oublie une crise, il faut créer des programmes durables et éduquer le grand public en expliquant que le don, qui est certes crucial, ne suffit pas pour y mettre fin.  Il faut obtenir davantage qu’un don financier, a-t-il ajouté, en souhaitant que les gens utilisent leurs réseaux sociaux pour transmettre le message.


Si le représentant de l’Algérie a demandé de préciser les principaux obstacles à la mise en place de partenariats, celui des États-Unis a souhaité que l’on identifie les meilleurs partenaires. 


Face aux nombre croissant de catastrophes naturelles, le représentant de l’Union européenne a jugé nécessaire d’établir une base d’acteurs humanitaires et de donateurs plus large, pour renforcer l’espace humanitaire.  Tout en invitant Mme Amos à développer un secteur humanitaire plus inclusif et plus diversifié en misant sur les avantages comparatifs des différents acteurs.  Il a demandé d’indiquer la voie à suivre pour éviter une fragmentation du système humanitaire, tout en assurant une plus grande diversité


Le représentant de l’Indonésie a présenté l’expérience de son pays en matière de renforcement des partenariats pour réduire l’impact des catastrophes naturelles.  Il a dit que l’Indonésie, comme l’Inde et le Mexique était un des premiers pays à avoir développé un partenariat basé sur des réseaux privés d’ingénierie et de construction.  Il a indiqué qu’en collaboration avec les États-Unis, l’Indonésie a développé un système de surveillance et de préparation aux catastrophes. 


Le représentant de la Suisse a salué un processus de réforme du secteur humanitaire qui a permis d’élargir la base des acteurs humanitaires.  Tout en rappelant qu’il incombait en premier lieu aux gouvernements des pays touchés de faire face à une catastrophe ou crise, il a estimé qu’il était important de passer de la phase de l’assistance à la coopération humanitaire. 


Le représentant de la Suède a demandé à Mme Amos d’indiquer les mesures qui allaient être mises en œuvre pour élargir davantage le champ d’intervention humanitaire et comment les États Membres pouvaient appuyer ces éventuelles initiatives.


La représentante de la République de Corée a annoncé la tenue, dans son pays, d’un forum sur les exercices de secours et de coordination qui sera un bon exemple de partenariats aux fins de l’amélioration du secours humanitaire.  Avez-vous de bons exemples de partenariats avec les ONG régionales? a-t-elle demandé.


Répondant à cette deuxième série de questions, M. Geleta a souligné l’importance des données et de l’information.  Notant la réalité du fossé numérique entre le Nord et le Sud, il a précisé que 80 bureaux de la Croix-Rouge ne sont pas suffisamment connectés.  En réponse à une question sur Twitter, le représentant du FNUAP, rappelant que le Fonds avait établi à ce jour une centaine de partenariats avec le secteur privé, a souligné qu’il était essentiel pour le secteur privé souhaitant travailler conjointement avec les Nations Unies de s’appuyer sur les priorités des pays hôtes. 


« Il est essentiel que nous puissions intervenir où nous voulons, quand nous voulons et au profit de qui nous voulons », a insisté le représentant du CICR.   


Au nom de l’efficacité de l’action humanitaire, il est important de passer de la phase d’assistance à celle de la coopération et du partenariat le plus rapidement possible, a conclu Mme Amos.  Il est indispensable, a-t-elle dit, d’entendre les critiques adressées au système des Nations Unies.


Conclusion du débat général


M. OLEKSANDRNAKONECHNYI (Ukraine) a apporté son soutien aux recommandations formulées par le Secrétaire général dans son rapport sur les moyens de renforcer la coordination de l’assistance humanitaire d’urgence des Nations Unies.  Il a souligné l’importance « vitale » de créer un système humanitaire international reposant « sur des relations plus fortes aux niveaux mondial, régional et national ».  Dans cette perspective, il a salué le « programme transformateur » du Comité permanent interorganisations axé sur le renforcement de la réponse humanitaire internationale.  Insistant ensuite sur « l’importance absolue de préserver les principes fondamentaux de l’assistance humanitaire -humanité, neutralité, impartialité et indépendance », le représentant a souligné qu’un « accès rapide et sans obstacle aux zones d’urgence était « une condition préalable à l’efficacité » de la réponse humanitaire.


« Les mécanismes de financement existants, notamment le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF), les fonds humanitaires communs et ceux des réponses d’urgence, a estimé le représentant du Royaume-Uni, ont prouvé leur efficacité dans la réduction des risques liés aux opérations d’urgence. »  Sa délégation, a-t-il ajouté, se rallie à l’appel du Secrétaire général, demandant aux donateurs « plus de constance et de prédictibilité » dans leurs financements humanitaires.


Soulignant enfin l’importance de la résilience des pays affectés par des catastrophes naturelles ou des crises humanitaires, le représentant de l’Ukraine a défendu la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (SIPC) des Nations Unies, la qualifiant de « cadre mondial des activités destinées à assurer la résilience de la communauté internationale ».  Il a conclu en souhaitant que la quatrième session du Dispositif mondial pour la réduction des risques de catastrophes, qui se tiendra en 2013, et la Conférence internationale sur la prévention des risques, prévue au Japon en 2014, soient les points d’orgue d’un processus de renforcement de la réduction et la prévention des risques à l’échelle mondiale.


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a rappelé que son pays avait fait face à de grandes difficultés sur le plan humanitaire au cours de ces dernières années, notamment lors du tremblement de terre de 2005 et des inondations de 2010 et 2011.  Il a exprimé sa reconnaissance au système de l’ONU et à la communauté internationale pour l’aide fournie à ces occasions.  Il existe au Pakistan une autorité nationale de gestion des catastrophes et des autorités similaires au niveau des provinces, a-t-il dit.  L’expérience de son pays tirée des évènements passés confirme que l’État touché doit jouer le premier rôle dans l’identification et la coordination de la fourniture de l’aide humanitaire.


M. Tarar a aussi insisté sur l’importance du renforcement des capacités nationales afin de mieux préparer les pays vulnérables à faire face à d’éventuelles urgences humanitaires.  Les intervenants humanitaires doivent, par ailleurs, être responsabilisés concernant leurs actions sur le terrain, tandis que l’ONU doit faire son possible pour que l’argent soit dépensé à bon escient.  De plus, le représentant a estimé que les intervenants humanitaires devraient travailler dans le cadre strict des accords avec le pays hôte.  Le représentant a également insisté sur la sécurité dans laquelle doivent travailler les humanitaires et condamné toutes les attaques ciblant ce personnel.  Enfin, M. Tarar a invité la Coordonnatrice des secours d’urgence à consulter tous les États Membres sur la question des travaux du Groupe de travail du Comité permanent interorganisations, de même qu’en ce qui concerne la réforme du système humanitaire de l’ONU.


M. MASNI ERIZA (Indonésie) a reconnu l’importance cruciale d’établir et de renforcer les partenariats dans les efforts visant à réduire les risques de catastrophe.  L’Indonésie a pris plusieurs mesures en ce sens dont la plateforme nationale qui réunit plusieurs parties prenantes et qui est déclinée dans les provinces les plus vulnérables.  L’Indonésie a aussi mis en place le partenariat pour les ressources qui engage des entreprises de construction et d’ingénierie.  L’Indonésie, a poursuivi le représentant, a appris de son expérience qu’il faut renforcer les capacités des communautés locales qui se trouvent souvent en première ligne lorsque les catastrophes frappent un pays.  Les autorités indonésiennes attendent donc beaucoup de la cinquième Conférence ministérielle sur la prévention des catastrophes, qui se tiendra en Indonésie, en octobre prochain.


Tout en soulignant l’importance de l’aide humanitaire internationale, le représentant a estimé qu’elle devrait s’aligner sur les priorités décidées par les pays touchés eux-mêmes et respecter scrupuleusement les principes de neutralité, d’humanité et d’impartialité.  Elle doit, a insisté le représentant, respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et le leadership du pays affecté.  La coordination avec les autorités nationales est cruciale parce que l’action internationale a pour vocation de compléter l’action nationale, a insisté le représentant.  S’agissant des décisions fondées sur les données, il est important, a-t-il commenté, de s’assurer que le pays affecté a effectivement les moyens de collecter des données fiables.  Là encore, a-t-il dit, le renforcement des capacités est essentiel. 


M. KAZUO KODAMA (Japon) a souligné la nécessité de bien comprendre les vrais besoins des personnes touchées par une crise humanitaire pour fournir une assistance humanitaire efficace.  Le Japon lui-même a tiré de nombreuses leçons du grand tremblement de terre de l’an dernier, a-t-il témoigné.  Il a souligné à cet égard l’importance d’augmenter le niveau de préparation aux niveaux communautaire et local, qui n’est pas seulement d’ordre technique.  Il faut s’interroger sur la capacité de résilience d’infrastructures techniques si celles-ci dépendent d’infrastructures de base comme les réseaux de transport et de communication.  Le Japon est aussi convaincu de l’importance des partenariats pour améliorer la fourniture de l’aide, ayant lui-même mis en place des partenariats pour la réduction des risques dans la région Asie-Pacifique.


M. Kodama a jugé tout aussi important de veiller à élargir l’éventail de donateurs.  Une coordination est également nécessaire entre l’aide à moyen terme et l’aide à long terme, a-t-il ajouté, prenant note à cet égard de la demande du Secrétaire général qui recommande aux États Membres de créer des instruments financiers souples permettant de répondre aux besoins pendant la période de transition entre les secours d’urgence et le redressement.  Le Japon a déjà fourni 8 millions de dollars pour l’assistance humanitaire en Syrie, a poursuivi M. Kodama, avant de s’inquiéter aussi des situations au Soudan et au Soudan du Sud pour lesquelles il contribue aussi à l’aide.  Il a ensuite parlé de la Conférence ministérielle mondiale sur la réduction des risques de catastrophe qui s’est tenue au Japon ce mois-ci, au cours de laquelle les participants ont notamment reconnu le rôle des femmes dans ce domaine.  Il a enfin annoncé que son pays était prêt à accueillir la troisième Conférence mondiale de l’ONU sur la réduction des risques de catastrophe prévue en 2015.


M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a mentionné les situations humanitaires difficiles en Syrie, au Soudan, dans la République démocratique du Congo et dans la région du Sahel.  Il faut faire preuve d’un leadership solide et décisif, a-t-il expliqué, en apportant l’appui de son pays aux efforts visant à nommer aux postes de leadership dans le domaine de l’aide humanitaire les personnes possédant les compétences, l’expérience et la formation requises.  Il a ensuite salué les efforts du Comité permanent interorganisations en vue de communiquer plus directement avec les États Membres au sujet du Programme de transformation et de ses progrès.  Les tentatives de réforme ne seront jugées fructueuses que si nous prouvons qu’elles entraînent des résultats positifs dans la vie des plus vulnérables, a-t-il déclaré.  Enfin, le représentant du Canada a indiqué que, pour maximiser l’efficacité de l’action humanitaire, il faudrait améliorer la coordination et renforcer les partenariats entre les divers groupes d’organisations.  L’aide humanitaire ne peut pas régler à elle seule la situation au Sahel, a-t-il poursuivi, avant de plaider pour une coopération accrue avec le secteur privé, les États Membres et les organisations non gouvernementales.  En conclusion, il a revendiqué un accès libre, sécuritaire et sans entrave pour les acteurs humanitaires. 


M. ALAN COELHO DE SÉLLOS(Brésil) a indiqué que son pays s’associait à la déclaration de l’Algérie, faite au nom du Groupe des 77 et de la Chine.  Le renforcement des partenariats va contribuer à l’efficacité dans le domaine humanitaire, a-t-il ajouté.  Le représentant a ensuite rappelé les dialogues qui avaient lieu entre les partenaires humanitaires, avec la participation du Bureau de la coordination des affaires humanitaires.  L’objectif doit être de renforcer la capacité des Nations Unies à relever les défis humanitaires contemporains, a-t-il expliqué.  Le représentant a souligné combien l’assistance humanitaire était liée à la sécurité humanitaire, une question elle-même très articulée à celle du développement durable. 


À cet égard, le Brésil se félicite des résultats de la Conférence Rio+20.  Il est de la plus grande importance que les États Membres appuient les initiatives de coopération humanitaire pour les peuples qui souffrent, a dit le représentant.  Pour le Brésil, il est essentiel d’assurer des liens entre l’aide humanitaire et le développement durable.  À cet égard, le représentant a cité plusieurs initiatives prises en ce sens, en souhaitant toutefois qu’il faudrait faire plus.  Le Brésil plaide pour une plus grande participation des pays en développement, qui sont les plus vulnérables.  Évoquant la question du financement, le représentant a indiqué que son pays faisait son possible en la matière.  Avant de conclure, il a appelé au respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme.


M. DER KOGDA (Burkina Faso) a indiqué que son pays était confronté depuis 2012 à un afflux massif de populations maliennes, consécutif à la crise qui sévit dans le nord du Mali, et qui a aggravé une situation alimentaire déjà difficile.  Face à cette situation, le Gouvernement du Burkina Faso a élaboré un plan de réponse qui vise à apporter une assistance humanitaire d’urgence, a-t-il expliqué, indiquant qu’au plan sanitaire les différents sites de regroupement de réfugiés maliens ont été pris en compte dans le système national de santé, avec un renforcement du personnel.  Il a précisé que 1 722 enfants scolarisés ou en âge d’être scolarisés ont été recensés et que des mesures ont été prises afin de permettre aux enfants et jeunes réfugiés de poursuivre leurs cursus scolaires au Burkina Faso.  Il a ensuite invité l’ensemble des partenaires à rester toujours engagés avant de saluer la déclaration commune « AGIR Sahel » qui pose les bases d’un nouveau partenariat entre les différents acteurs afin de renforcer la résilience du Sahel dans le long terme.


Mme WOINSHET TADESSE (Éthiopie) a indiqué que 3,2 millions de personnes recevaient une aide d’urgence dans les zones de l’Éthiopie touchées par la sécheresse.  Aucun incident sécuritaire n’a empêché le bon acheminement de l’aide humanitaire dans le pays, a-t-elle poursuivi, ne mentionnant que des incidents de basse intensité et sporadiques dans la partie orientale du pays.  Elle a précisé qu’un nombre croissant d’acteurs humanitaires ont entamé des opérations en Éthiopie et que 1,2 million de personnes ont reçu une aide alimentaire d’urgence, et ce, sans interruption.  Mon pays a mis en place des plateformes nationales et régionales d’appui pour les organisations humanitaires, a-t-elle déclaré.  Elle a déploré qu’en dépit des efforts « intenses et remarquables » de son gouvernement, le rapport du Secrétaire général signale l’Éthiopie comme un pays où l’acheminement de l’assistance humanitaire connaît de sérieuses difficultés.  Ce constat n’est basé sur aucune information factuelle et ne reflète pas la réalité sur le terrain, a-t-elle conclu.


Mme KARIN KAUP(Estonie) a remercié tout le personnel humanitaire des efforts qu’il accomplit, souvent dans des conditions difficiles.  La représentante a rappelé que 1,5 million de personnes vivaient dans des situations fragiles ou vulnérables, les femmes et les enfants étant les premières victimes des conflits armés.  Elle a par ailleurs affirmé que l’Estonie condamnait toute forme de violence sexiste ou commise contre les enfants.  Il incombe à l’État de faire en sorte que l’aide humanitaire puisse intervenir dans ses frontières, a-t-elle affirmé.  La représentante de l’Estonie a par ailleurs appelé au respect du droit international pour que le déplacement des personnels humanitaires ne soit pas entravé.


M. MACHARIA KAMAU (Kenya) a fait siennes les recommandations formulées par le Secrétaire général dans son rapport sur les moyens de renforcer la coordination de l’assistance humanitaire d’urgence des Nations Unies, en saluant en particulier le choix de se concentrer sur deux problèmes prioritaires: le développement des systèmes de collecte d’informations pour assurer l’efficacité des prises de décisions et le renforcement des partenariats.


Qualifiant de « division artificielle » le débat sur la question de savoir si la résilience et la réduction des risques appartiennent ou non à l’assistance humanitaire, le représentant a estimé que « les besoins sur le terrain doivent dicter la continuité des actions, de l’absence de préparation à la prévention, de la reconstruction au développement ».  « Investir pour construire des capacités à tous les niveaux est crucial dans la réponse humanitaire », a-t-il ajouté, en insistant encore sur la nécessité de développer et de prédisposer des capacités locales pour garantir une réponse plus rapide aux urgences.


Pour le représentant du Kenya, c’est en effet en se concentrant avant tout sur le renforcement des communautés locales que la communauté internationale développera la résilience et la réduction des risques.  « Le développement humain renforcera la préparation et la prévention, mais nous devons leur fournir des outils pour leur permettre de renforcer leur agriculture, d’accéder aux marchés et de développer les infrastructures », a-t-il insisté, avant de défendre des investissements qui assurent à ces communautés « des transferts de connaissances et des formations appropriées ».  En conclusion, M. Kamau a estimé que le système des coordonnateurs résidents était « la clef de la réponse humanitaire », en les appelant toutefois à mieux coopérer pour que les réponses d’urgence et les actions en faveur du développement soient mieux intégrées.


Mme MONIA ALSALEH (Syrie) a indiqué que son gouvernement avait appuyé les efforts du Bureau de coordination des affaires humanitaires en vue d’apporter une aide d’urgence aux populations touchées par la crise actuelle en Syrie.  Le Gouvernement syrien a également facilité l’accès des organisations non gouvernementales, a-t-elle ajouté, en déplorant dans un second temps que le rapport du Secrétaire général ait préféré passer sous silence les efforts de son pays.  « Nous aurions également souhaité, a-t-elle dit, que le rapport mentionne les raisons qui justifient la fourniture d’une aide humanitaire et qui découlent des sanctions économiques unilatérales infligées par certains États à la Syrie ».  Elle a affirmé que l’embargo qui frappe la Syrie était en contradiction avec le plan Annan, en soulignant son impact négatif sur la population syrienne, comme la hausse des prix et l’insécurité alimentaire.  En conclusion, elle a déploré que le rapport ne détaille pas les effets de l’occupation israélienne dans les territoires occupés de la Palestine et du Golan.


M. STEPHENIEKNIGHT (Nouvelle-Zélande) a rappelé que le coût des catastrophes avait beaucoup augmenté l’année dernière, même si le nombre de catastrophes lui-même a diminué.  Les conséquences des changements climatiques et la fréquence accrue des catastrophes naturelles soulignent la nécessité d’une coordination et d’une collaboration plus étroite entre ceux qui œuvrent dans les secteurs de l’aide humanitaire, du développement, ainsi que dans les domaines politiques et de sécurité.  Pour la Nouvelle-Zélande, un changement est nécessaire pour que le système humanitaire soit plus inclusif et intègre de nouveaux acteurs grâce à des partenariats plus efficaces aux niveaux mondial, régional et national, pour garantir une coordination efficace.  Le représentant a rappelé que son pays était engagé au service des principes humanitaires fondamentaux d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance.  « Nous estimons qu’au moment où des partenariats sont mis en œuvre avec de nouveaux acteurs, il nous faut adhérer à de tels principes, a-t-il poursuivi.  Enfin, il a affirmé que la Nouvelle-Zélande voulait se joindre aux autres délégations pour exprimer son fort soutien aux efforts du Comité permanent interorganisations pour renforcer la coordination, le leadership et la responsabilité par le biais du programme transformateur.


M. JONATHAN VIERA (Équateur) a indiqué que le Secrétariat national de la gestion des risques de catastrophe de l’Équateur prévoyait la systématisation des données afin d’informer la prise de décisions par le biais de nouvelles technologies.  Ce Secrétariat national a mis au point des normes d’assistance, a précisé le représentant, en soulignant par ailleurs que l’échange d’informations était un mécanisme essentiel pour bâtir de bonnes pratiques.  La Constitution de l’Équateur confère un rôle essentiel aux droits des hommes, des femmes et de la nature, a-t-il poursuivi.  Pour conclure, le représentant a souligné que son pays mettait l’accent sur la planification mais aussi sur l’intégration régionale par le biais de la solidarité.


M. BERTRAND DE LOOZ KARAGEORGIADES (Ordre militaire souverain de Malte) a indiqué que l’Ordre avait pris bonne note du rapport du Secrétaire général sur le renforcement de l’aide humanitaire d’urgence.  Il a, en particulier, noté l’emphase placée sur la nécessité d’élargir et d’approfondir les partenariats en prévision des interventions humanitaires.  Si l’Ordre, qui célébrera ses 900 ans l’an prochain, a demandé à prendre la parole, c’est à cause de sa vocation première et pour informer le Conseil de ses activités dans le domaine qui nous concerne, a-t-il affirmé.  Le représentant a ensuite rappelé que l’Ordre militaire souverain de Malte continuait à être fidèle à sa mission originelle, aider les malades, les pauvres et les déshérités, quelles que soient leur race, leur religion ou leur origine. 


M. de Looz Karageordiades a par ailleurs évoqué les activités de l’Ordre, en rappelant par exemple qu’en France, plus de 13 000 volontaires permanents contribuaient à une large palette d’intervention dans les centres médicaux sociaux spécialisés dans la réhabilitation neurologique dans des domaines tels que l’eau, l’assainissement et l’hygiène au Pakistan, au Sri Lanka, au Cambodge, en Bolivie, au Japon, en République démocratique du Congo et aux Philippines.  En conclusion, le représentant a cité le Grand Maître de l’Ordre.  Pour ce dernier, l’implication croissante des médias de masse, d’entreprises multinationales, de compagnies de sécurité privée, et d’acteurs non étatiques, ayant souvent des objectifs différents, a posé le problème majeur de la cohabitation, de la coopération et, parfois, de l’intégration sur le terrain de ces divers acteurs.  Le Grand Maître estime par ailleurs que les règles et conventions du droit international humanitaire ne sont plus observées et, malheureusement, aucune ligne directrice générale n’a encore été développée, car chaque crise est unique, a-t-il dit, avant de conclure.


M. MARWAN JILANA (Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) a souligné qu’il faudrait renforcer l’assistance humanitaire.  Il a par ailleurs indiqué que la résilience était nécessaire au développement durable.  La résilience est un outil qui a pour objet de renforcer les liens entre le travail humanitaire et le développement, a-t-il poursuivi, avant d’exhorter les États Membres à travailler avec les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à réviser et renforcer leurs lois sur les catastrophes.


M. PIERRE DORBES (Comité international de la Croix-Rouge, -CICR) a affirmé qu’aujourd’hui, l’accès aux soins de santé et leur fourniture faisaient l’objet de menaces diverses dans de nombreux pays.  Il a cité quelques exemples récents, notamment les hôpitaux bombardés en Somalie, les ambulances qui avaient été prises pour cible en Lybie et en Syrie, ou encore le cas de blessés contraints d’attendre dans des véhicules retenus à des points de contrôle en Afghanistan.  M. Dorbes a indiqué que conscient de cette réalité, le CICR avait réalisé une étude menée dans 16 pays pendant deux années et demi, étude qui a mis à jour toute une série de menaces systématiques contre les soins de santé et la sécurité du personnel médical.  Le CICR recense et analyse les faits afin de mener une action humanitaire mieux ciblée sur le terrain, a-t-il ajouté. 


M. Dorbes a par ailleurs dit que le CICR avait décidé de lancer une initiative sur quatre ans intitulée « Les soins de santé en danger », qui a pour but de définir et de mettre en œuvre des mesures concrètes pour renforcer la sécurité des soins de santé tant sur le plan de leur fourniture que de leur accès dans les conflits armés et les situations d’urgence.  Pour le CICR, il est indispensable de nouer des partenariats avec d’autres entités influentes.  En collaboration avec des partenaires tels que les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le CICR a entamé des consultations auprès des États afin de faire participer des experts des gouvernements et experts indépendants du monde entier à 10 ateliers organisés en 2012 et 2013, a indiqué le représentant.  Ces ateliers permettront de recommander des mesures pratiques pouvant être prises au niveau national pour s’attaquer à différents problèmes, a-t-il ajouté.


Mme AMY MUEDIN (Organisation internationale pour les migrations, -OMI) a indiqué que les efforts humanitaires devraient bénéficier aux populations touchées par une catastrophe et se dégager des lourdeurs administratives.  Elle a indiqué qu’à la fin 2011, on comptait plus de 42 millions de personnes déplacées.  La meilleure assistance humanitaire qui puisse être fournie est celle qui résulte d’une coordination efficace entre les acteurs gouvernementaux, non gouvernementaux et onusiens, a-t-elle rappelé.  L’OMI, a-t-elle indiqué, est membre du Comité permanent interorganisations et coopère, à ce titre, avec tous ses partenaires pour apporter une aide humanitaire d’urgence efficace.  Enfin, elle a exhorté les acteurs humanitaires et du développement à renforcer leur coopération afin d’assurer que les stratégies de développement prennent le relais de l’aide humanitaire d’urgence.


M. AKHIL IYER (UNICEF) a rappelé la nécessité de pouvoir sortir des crises, en soulignant par ailleurs que la résilience était une notion utile qui permettait de lier les programmes humanitaires et de développement.  Il a indiqué que le Comité permanent interorganisations avait beaucoup œuvré, l’année dernière, avec toutes les situations d’urgence survenues dans le monde.  L’UNICEF continue d’appuyer la mise en œuvre efficace du programme transformateur du Comité, qui continue d’améliorer la coordination.  Le représentant a toutefois dit que le programme transformateur du Comité permanent interorganisations ne servirait à rien sans partenariat avec les États Membres, en ajoutant qu’un élément clef de ce programme transformateur était la responsabilisation.  Il a conclu que le renforcement de la capacité des gouvernements et de la société civile aux niveaux national, sous-national et communautaire était un élément important de la stratégie programmatique d’ensemble de l’UNICEF, qui place la préparation aux situations d’urgence ainsi que la capacité à y répondre parmi les priorités les plus importantes.


M. DORIS KLEFFNER, Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a indiqué que pour le HCR, l’évènement le plus important, a été les 34,4 millions de personnes dont il a dû s’occuper, l’année dernière, soit une augmentation constante du nombre de réfugiés au cours de cette dernière décennie.  Il s’est donc dit préoccupé face à l’insuffisance des fonds et a parlé de l’Initiative sur les solutions de transition (TSI), mise en place par le HCR, le PNUD et la Banque mondiale, pour libérer les personnes déplacées de leur dépendance à l’aide humanitaire, en améliorant leurs conditions.  L’Initiative a déjà été lancée en Colombie et à l’est du Soudan, a-t-il indiqué.


Après avoir donné quelques indications sur les efforts du HCR visant à fonder ses décisions sur des données fiables, le représentant a ensuite indiqué que le HCR a adopté une série de priorités stratégiques axées sur les opérations et dont les résultats sont ventilés.  Le HCR a aussi donné la priorité à la coordination interinstitutions et accordé son appui aux collègues qui sont en train de tester le programme transformateur sur le terrain. 


Conclusion du débat consacré aux affaires humanitaires


Dans ses remarques de clôture, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence a fait une synthèse des principaux enseignements tirés de ce débat consacré aux affaires humanitaires.  Faisant fond sur l’initiative kényane d’un accès public aux données, elle a souligné la nécessité de disposer de données fiables pour décider d’une intervention humanitaire.  Elle a ensuite rappelé la nécessité de resserrer les partenariats pour améliorer l’efficacité de l’aide humanitaire.  Enfin, elle s’est félicitée de l’adoption de la résolution, qui souligne notamment l’importance de renforcer les capacités des pays dans la collecte de données et appelle le système des Nations Unies et les États Membres à appuyer les efforts nationaux, par le biais des partenariats.


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