02/07/2012
Conseil économique et social
ECOSOC/6522

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social                               

Session de fond de 2012                                    

13e & 14e séances – matin & après-midi                      


CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL: À L’OUVERTURE DE LA SESSION DE FOND DE 2012 LES DÉLÉGATIONS DÉBATTENT

DE LA QUESTION DE L’EMPLOI DES JEUNES, JUGÉE PRIORITAIRE


La session de fond du Conseil économique et social (ECOSOC) de l’année 2012, qui se tient au Siège de l’ONU jusqu’au 27 juillet, s’est ouverte ce matin dans un climat caractérisé à la fois par les incidences des récentes crises qui ont affecté l’économie mondiale et la promotion du développement, et par les espoirs que suscitent les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les engagements pour l’après-2015 pris lors de la Conférence Rio+20, qui s’est achevée il y a 10 jours.


Lançant ce matin le débat de haut niveau de l’ECOSOC, qui se tient jusqu’au 9 juillet, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a souligné les résultats positifs atteints dans la réalisation des OMD avant même la date butoir de 2015, comme, par exemple, la réduction de moitié du nombre de personnes vivant à travers le monde en dessous du seuil de pauvreté.  Mais il a demandé aux États Membres et aux autres acteurs de l’économie mondiale, dont le secteur privé, de ne pas relâcher les efforts actuellement déployés, car il y aura encore, en 2015, un milliard de personnes vivant dans l’extrême pauvreté.  Ban Ki-moon a invité en particulier les participants à cette session de fond de l’ECOSOC à s’attaquer de front à la crise de l’emploi par le biais d’investissements productifs, de politiques ciblées et d’interventions coordonnées.  L’attention doit se porter sur le sort des 205 millions de chômeurs dénombrés à travers le monde, a confirmé M. Miloš Koterec, de la Slovaquie, Président de l’ECOSOC.


Une augmentation du chômage semble inévitable au cours des années à venir et, selon les chiffres donnés par l’Organisation internationale du Travail (OIT), ce phénomène touchera bientôt 76 millions de jeunes dans le monde.  Cette catégorie de la population est particulièrement touchée par les incidences de l’échec des politiques menées jusqu’ici, sachant que les taux de chômage, dans certains pays, dépassent 50% de la population en âge de travailler, a indiqué le Directeur général de l’OIT, M. Juan Somavia, qui quittera ses fonctions cet été.  Il a aussi alerté les participants aux travaux de l’ECOSOC sur le fait qu’environ 80% des personnes vivant à travers le monde n’ont pas de sécurité sociale.


Le Président de l’ECOSOC a confirmé que ce sont les populations les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes, qui souffrent le plus de l’absence de croissance durable et de l’incapacité à créer des emplois décents.  M. Koterec a donc lancé un appel pour que les efforts soient accélérés dans ces deux domaines.


La Secrétaire générale de la Confédération internationale des syndicats a regretté, à cet égard, ce qu’elle a qualifié de « manque de volonté politique du G-20 », qui s’est réuni récemment à Los Cabos, au Mexique.  Tout en reconnaissant les bonnes intentions exprimées lors de ce sommet, elle a noté qu’aucune décision n’y avait été prise en vue du lancement d’une action coordonnée en matière de création d’emplois.


Du côté du secteur privé, le Président de l’Organisation internationale des employeurs (OIE) a fait remarquer que, si les employeurs n’ont pas de baguette magique pour résoudre les problèmes actuels, ils sont cependant bien placés pour identifier les facteurs décisifs qui déterminent les chances qu’ont les efforts entrepris dans ce domaine d’aboutir.  « L’assistance au développement doit encourager le développement d’entreprises robustes afin de leur permettre de fonctionner efficacement », a-t-il dit.


Intervenant au nom des jeunes, la Cofondatrice de la société californienne « LightSail Energy », a fait remarquer que, paradoxalement, la génération actuelle de jeunes est la mieux éduquée de l’histoire, mais qu’elle est aussi curieusement celle qui connait un taux de chômage parmi les plus élevés.  Elle a attiré l’attention sur le fait que le contexte en place ne favorise pas le soutien aux jeunes ayant la capacité d’innover et de se lancer dans les affaires.


Avec le lancement du débat de haut niveau, qui réunit plus de 50 hauts représentants d’États Membres, l’ECOSOC a débuté son Examen ministériel annuel en entendant les « présentations nationales volontaires » de la Fédération de Russie, de l’Algérie, du Brésil, de l’Équateur et de l’Ukraine.  Ces exposés permettent aux États de présenter les progrès accomplis au plan national dans la mise en œuvre des OMD et des objectifs de développement convenus sur le plan international.  Les intervenants ont également, ce matin, évoqué la question de la réforme de l’ECOSOC, qui découle de ce qui vient d’être décidé à la Conférence Rio+20 sur le développement durable.  À Rio, les États Membres se sont en effet mis d’accord pour renforcer le rôle de l’ECOSOC en vue d’en faire le principal organe de suivi des conférences et sommets tenus en matière de développement, a rappelé le Président de cet organe.  Pour les modalités pratiques, M. Koterec a invité les délégations à étaler à l’avenir la session de fond sur toute l’année et à examiner les possibilités de mieux aligner les travaux de l’ECOSOC avec ceux de ses organes subsidiaires.


Après deux journées consacrées à l’Examen ministériel annuel, qui a pour objectif de trouver un accord sur des politiques permettant de développer les capacités productives et de promouvoir une croissance économique inclusive et durable dans les pays en développement, le débat de haut niveau se poursuivra avec la tenue du Forum de coopération pour le développement, les 5 et 6 juillet. 


En début de séance, l’ECOSOC a adopté l’ordre du jour provisoire* de sa session de fond ainsi que son programme de travail**.  Le Conseil a également approuvé la liste*** des ONG qui ont demandé à prendre la parole lors de la session.  En outre, il a entendu les représentants des différentes régions du monde et de la société civile présenter les messages politiques issus des réunions préparatoires de l’Examen ministériel annuel.


Le Conseil économique et social poursuivra ses travaux demain, mardi 3 juillet, à partir de 10 heures.


*E/2012/100      **E/2012/L.5      ***E/2012/82


DÉBAT DE HAUT NIVEAU


Déclarations d’ouverture


Ouvrant ce matin les travaux de la session de fond de 2012 du Conseil économique et social (ECOSOC), M. MILOŠ KOTEREC, Président du Conseil économique et social, a dit s’attendre à une session « fascinante et positive ».  Il a rappelé qu’il y a 66 ans, l’ECOSOC tenait sa première session et que l’un des thèmes discutés à cette occasion avait été l’emploi.  Bien des choses ont évolué depuis 1946, a-t-il dit, mais de nombreux défis demeurent identiques.  « Le travail est l’une des fondations de la vie », a-t-il ajouté, faisant remarquer qu’aujourd’hui le monde comprenait 205 millions de chômeurs et que les causes de la crise de l’emploi « étaient aussi variées que les emplois eux-mêmes, qui cependant se font rares ». 


« De Beijing à Bangalore, nous avons néanmoins pu constater la force de transformation de la croissance économique et de la création d’emplois », a poursuivi le Président de l’ECOSOC.  « Sans leurs effets, des progrès solides pour un certain nombre d’Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) n’auraient pas été possibles », a-t-il ajouté.  Rappelant que ce sont principalement les populations les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes, qui souffrent le plus de l’absence de croissance durable et de l’incapacité à créer des emplois décents, M. Koterec a appelé à accélérer les efforts dans ces deux domaines.  Il a souligné que l’ECOSOC ciblait, par exemple, de plus en plus l’emploi des jeunes.  Plus de 1 000 jeunes ont ainsi participé, cette année, à la conférence pour les partenariats et au Forum des jeunes de l’ECOSOC, s’est-il félicité.  Il a aussi mis l’accent sur les difficultés régionales auxquelles sont confrontés les pays dans ces domaines, citant, à titre d’illustration, les difficultés liées à la création de petites et moyennes entreprises en Afrique.


Le Président de l’ECOSOC a ensuite tenu à saluer les décisions et les engagements pris à Rio, lors de la récente Conférence des Nations Unies sur le développement durable, qui s’est tenue du 20 au 22 juin dernier.  Parmi ceux-ci, il a cité la volonté de renforcer le rôle du Conseil économique et social (ECOSOC) en vue d’en faire le principal organe de suivi des conférences et sommets tenus en la matière.  La Conférence Rio+20 a également reconnu de manière univoque le rôle fondamental du Conseil dans l’intégration des trois dimensions du développement durable qui sont économique, sociale et l’environnementale, s’est-il réjoui.  Rappelant le rôle de l’ECOSOC, il a cependant mis en garde contre toute tentative de créer des nouvelles structures, des « supers structures » ou des « structures parallèles », et a plutôt recommandé le renforcement du système actuel.  Il a, à cet égard, invité les pays à imaginer une session de fond qui, par exemple, serait étalée tout au long de l’année; à examiner différentes possibilités pour mieux aligner les travaux de l’ECOSOC et ceux de ses organes subsidiaires, et à faire preuve de plus d’audace dans la manière d’envisager les méthodes de travail et l’ordre du jour de tout l’appareil de l’ECOSOC. 


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a souligné que, vu l’état précaire dans lequel se trouve l’économie mondiale, la population mondiale, et en particulier les jeunes, sont inquiets en ce qui concerne l’emploi.  Les mesures à court terme n’ont pas résolu les dysfonctionnements sous-jacents du système économique, a-t-il indiqué, expliquant que la reprise est non seulement une question d’ajustement macroéconomique, mais aussi une question de développement.  Une semaine après la clôture de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable « Rio+20 », que le Secrétaire général a qualifiée de « victoire pour la coopération multilatérale », il a appelé les États Membres à poursuivre leurs efforts et à garder cet élan.  Les emplois décents sont une des grandes priorités, a-t-il dit, car il faut permettre aux citadins comme aux populations rurales, aux pauvres et aux marginalisés, de bénéficier d’un revenu prévisible et stable.


Après avoir rendu hommage au Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), M. Juan Somavia, qui quittera ce poste cet été, le Secrétaire général a invité les participants à cette session de l’ECOSOC à s’attaquer de front à la crise de l’emploi par le biais d’investissements productifs, de politiques ciblées, et d’interventions coordonnées.  Nous lançons aujourd’hui le rapport « Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) 2012 », qui dresse un tableau complet de la réalisation de ces objectifs, a indiqué M. Ban.  Il a souligné les résultats positifs atteints depuis l’adoption des OMD, comme par exemple, la réduction de moitié du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, avant même la date butoir de 2015.  Il a aussi mentionné la parité, qui a été atteinte dans les écoles primaires, et les progrès effectués en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement.


Mais nous ne devons pas relâcher nos efforts, a prévenu le Secrétaire général, rappelant qu’on prévoit qu’il y aura encore, en 2015, 600 millions de personnes sans accès à de bonnes sources d’eau potable et un milliard de personnes vivant dans l’extrême pauvreté.  Des mères continueront de mourir lors de leur accouchement et des enfants de maladies que l’on aurait pu prévenir, a-t-il regretté.  Les pertes en biodiversité et les émissions de gaz à effet de serre continueront à poser une menace importante sur les populations et les écosystèmes, a-t-il ajouté. 


À Rio, les gouvernements ont renouvelé et renforcé leurs engagements politiques en faveur du développement durable.  Ils ont jeté les bases de « l’avenir que nous voulons », a dit le Secrétaire général.  M. Ban a rappelé que les gouvernements avaient décidé, à l’issue de la Conférence Rio+20, de définir des objectifs de développement durable, qui prendront le relai des OMD après 2015.  Les Nations Unies sont prêtes à soutenir les États à élaborer ces objectifs, a assuré le Secrétaire général, avant d’insister sur la nécessité de se concentrer sur l’élimination de la pauvreté et sur la promotion d’un développement économique et social inclusif, tout en soutenant la préservation d’un environnement durable. 


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, a estimé qu’il était essentiel, à la suite de la crise économique et financière mondiale, que les travaux de ce segment de haut niveau de la session de l’ECOSOC se concentrent sur la capacité productive, l’emploi et le travail décent.  Estimant que la crise de l’emploi, qui touche surtout les femmes, les jeunes et les groupes désavantagés, représente l’un des plus grands défis posé aux peuples et gouvernements de la planète, il a rappelé que les prévisions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) suggéraient, au cours des années à venir, une augmentation du chômage et que celui-ci toucherait environ 76 millions de jeunes dans le monde, a-t-il alerté. 


M. Al-Nasser a souligné que, dans le contexte actuel, l’Assemblée générale avait tenu plusieurs débats de haut niveau sur ces questions.  Parmi les principaux messages envoyés par ces événements, il a mis l’accent sur le fait que les pays en développement continuent de ressentir de plein fouet les effets de cette crise.  « La transition vers un paradigme de développement durable ne se fera que si nous travaillons ensemble à ces questions en nous concentrant sur les possibilités de réussite pour tous », a-t-il dit.  Dans ce contexte, il a encouragé une coopération étroite et « travail d’arrache-pied » entre l’ECOSOC et l’Assemblée générale afin, a-t-il ajouté, de s’attaquer à ces questions de façon urgente. 


Notant que la croissance économique et le plein emploi sont des éléments essentiels pour le développement, il a cependant estimé que plusieurs questions demeuraient sans réponse.  Comment mettre en place des filets de protection sociale en ces temps difficiles?  Comment s’attaquer aux défis posés par la crise de l’emploi?  Comment rendre la croissance plus inclusive et équitable?  Pour le Président de l’Assemblée générale, la force du Conseil économique et social a toujours reposé sur sa large représentation et sur la possibilité, pour les petits pays, d’y exprimer leur position et d’y rechercher aussi des solutions à ces questions.  Dans ce contexte, il a salué les efforts réalisés par l’ECOSOC et son Bureau afin que ses travaux soient encore plus fructueux et positifs. 


Rappelant qu’un consensus s’était dégagé, à Rio, lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, au sujet de la responsabilité partagée, il a appelé tous les pays à jouer chacun leur rôle.  « Rio+20 a créé les bases de réflexion de l’ordre du jour du développement aux Nations Unies après 2015 », a-t-il souligné, ajoutant que l’ECOSOC était également bien placé pour promouvoir l’intégration des trois grands piliers du développement durable et pour créer des partenariats avec les universités, la société civile ou les entreprises.


Déclarations liminaires


M. ERKKI TUOMIOJA, Ministre des affaires étrangères de la Finlande, s’exprimant au nom du Président de la Finlande, a expliqué la nécessité d’assurer une croissance économique forte et équilibrée, tout en prévenant que la croissance à elle seule ne suffisait pas.  Nous devons faire face à plusieurs crises qui touchent l’environnement, comme les pertes en biodiversité et la dégradation des ressources naturelles, a-t-il rappelé, soulignant qu’il ne reste plus que quelques décennies pour y faire face.  Si nous avons réalisé des progrès importants à Rio, nous avons aussi gardé beaucoup de travail à accomplir pour l’avenir, a-t-il observé.  Il a demandé aux gouvernements comme aux acteurs de la société civile de commencer à travailler sur la définition des objectifs de développement durable qui seront essentiels dans le cadre de l’après-2015.  En ce qui concerne le renforcement de l’ECOSOC, il a voulu que soit créé « un forum politique de haut niveau » comme le Document final de Rio+20 le prévoit.


L’Union européenne a travaillé activement en faveur de l’économie verte, en cherchant à renforcer le bien-être et la justice sociale tout en assurant l’utilisation durable des ressources naturelles, a poursuivi M. Tuomioja.  L’économie verte doit être socialement inclusive et utiliser les ressources de manière efficace, a-t-il insisté, ajoutant que c’est une condition nécessaire à une croissance soutenue.  Le Ministre a prévenu que la promotion de l’économie verte exigera des stratégies nationales qui tiennent compte des caractéristiques de chaque pays.  L’économie verte n’est pas en contradiction des objectifs sociaux et de développement, a-t-il ajouté, donnant en exemple le modèle nordique, qui a montré qu’il était possible d’avoir un système social solide accompagné d’une responsabilité écologique et d’une compétitivité économique.


En ce moment l’économie mondiale n’est pas en mesure de créer suffisamment d’emplois décents, a-t-il poursuivi, s’inquiétant de la part importante de jeunes et de femmes parmi les chômeurs, ainsi que du grand nombre de pauvres qui travaillent dans le secteur informel.  Il a demandé que le secteur privé soit impliqué dans les politiques sociales.  Le Ministre a aussi suggéré que les investissements « verts » soient rendus attrayants pour le secteur privé.  Il a également plaidé en faveur du renforcement de l’état de droit et de la participation pleine et entière des femmes dans l’économie.  Enfin, il a rappelé la nécessité, pour les pays les moins avancés (PMA) qui veulent quitter cette catégorie, de développer leurs capacités productives et leurs infrastructures.


Pour M. JUAN SOMAVIA, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), le krach financier mondial de 2008 a montré les défaillances du marché, d’un modèle de croissance et d’une certaine forme de mondialisation.  Les jeunes sont particulièrement touchés par les impacts de l’échec des politiques menées jusqu’ici, avec des taux de chômage qui dans certains pays dépassent 50% de la population en âge de travailler.  Les signes de mécontentement social sont très clairs, et ils nous montrent que l’emploi est la première priorité des gens.  Le début de la fin de ce cycle de mondialisation est brusquement arrivé, mais un nouveau modèle juste, durable et inclusif n’a malheureusement pas encore été inventé, a regretté M. Somavia. 


Personne ne peut dire où va l’économie mondiale, qui en est responsable, et qui pourrait en faire une économie plus juste et plus stable.  C’est un moment propice pour les Nations Unies, qui devraient prendre le leadership politique de la création d’un nouveau paradigme.  Nous avons besoin d’un contrat social mondial, d’un consensus mondial qui soit créé autour d’un nouveau chemin pour la promotion de la croissance et d’une nouvelle forme de mondialisation, a estimé M. Somavia.  Nous devons combiner la force des marchés, la responsabilité des entreprises, les compétences des employeurs, les mesures incitatives et réglementaires, les politiques publiques, auxquels il faut ajouter le pouvoir du dialogue social et la participation de la société civile, a-t-il préconisé.  Par ailleurs, environ 80% de personnes à travers le monde n’ont pas de sécurité sociale, a noté le Directeur général de l’OIT.  Le temps est venu pour tous d’avoir une couverture en matière de protection sociale, a-t-il préconisé.  Le mois dernier, une nouvelle norme internationale du travail a été adoptée à l’unanimité à l’OIT pour permettre aux États de définir une stratégie nationale de protection sociale.  Nous espérons que la recommandation de l’OIT, de l’année 2012, donnera une impulsion aux grandes initiatives nationales et internationales en la matière.


M. TAN SRI DATO’ AZMAN SHAH HARON, Président de l’Organisation internationale des employeurs (OIE), a fait remarquer que la communauté internationale devait, à présent, assurer la prochaine phase du développement mondial face à une crise prolongée de l’emploi, en particulier de l’emploi des jeunes.  « Les employeurs n’ont pas de baguette magique mais ils sont bien placés pour identifier les facteurs décisifs qui nous disent si les efforts entrepris dans ce domaine peuvent aboutir ou échouer », a-t-il souligné, appelant les Nations Unies à reconnaître la façon dont un secteur privé « robuste » peut contribuer au développement.  « L’assistance au développement doit encourager le développement d’entreprises robustes qui doivent fonctionner avec efficacité et de manière efficace sur le marché », a-t-il dit. 


Le Président de l’OIE a ensuite mis l’accent dans la planification du développement, sur celui des sociétés et la nécessité pour les gouvernements d’encourager le secteur privé, de façon à ce qu’il soit plus facile de faire des affaires et d’investir.  Il a souligné qu’un rapport de la Banque mondiale sur le monde des affaires contenait, à cet égard, des pratiques optimales qui devraient permettre d’améliorer la pertinence et l’efficacité des mesures régissant la création d’entreprises ou les rapports entre le secteur privé et le secteur public et l’administration.  Ce rapport peut être utilisé pour formuler des politiques dans un plus grand nombre de pays, a-t-il suggéré, appelant les entités du système des Nations Unies à soutenir les conclusions et recommandations du rapport afin que soient adoptées des mesures qui augmentent les capacités du monde des affaires à recruter et à investir. 


Il s’est, en outre, félicité de l’émergence de signes encourageants pour le secteur privé dans le système des Nations Unies, en particulier l’attention portée à la productivité au cours des travaux de ce segment de haut niveau de la session de fond de l’ECOSOC.  Il a fait remarquer que l’amélioration de la productivité avait été un facteur clef pour le développement des sociétés de l’Asie.  Il a également noté qu’il existait des opportunités importantes pour l’Organisation internationale du Travail de mieux soutenir l’ECOSOC en ce qui concerne –entre autres- la compétitivité, la productivité, l’emploi, l’encouragement du développement du secteur privé et l’économie de marché.


Mme SHARAN BURROW, Secrétaire générale de la Confédération internationale des syndicats, s’est alarmée des inégalités croissantes dans le monde et du manque d’engagement des gouvernements à y remédier.  Si le G-20, qui s’est réuni récemment à Los Cabos, au Mexique, a parlé de création d’emploi, aucune décision n’a été prise en vue d’une action coordonnée, a-t-elle remarqué, soulignant le manque de volonté politique.  Reconnaissant cependant les bonnes intentions exprimées par le G-20, elle a demandé aux dirigeants de chaque pays de les mettre en application.  Mais ces dirigeants sont bloqués par l’état actuel des marchés, a-t-elle expliqué, appelant à prendre des mesures en profondeur qui compenseraient les dégâts causés par le secteur privé.


La déclaration des B-20 (organisations patronales des pays membres du G-20) a demandé que des investissements soient faits dans l’économie verte, a-t-elle indiqué.  Mme Burrow a ainsi plaidé en faveur d’investissements coordonnés et de l’augmentation des programmes de formation, surtout dans les secteurs qui emploient beaucoup de femmes et de jeunes.  Les syndicats ont aussi demandé que soit financé le renforcement du plancher de protection sociale dans les pays les plus pauvres.  Le dialogue entre le G-20 et le B-20 représente un pas en avant, a reconnu Mme Burrow, indiquant que la Confédération internationale des syndicats allait travailler à l’élaboration d’une vision commune des besoins règlementaires nécessaires pour régir l’emploi dans le secteur informel.  Elle s’est cependant inquiétée du ralentissement de l’économie mondiale, de la réduction de la demande et de l’augmentation des inégalités.


Mme Burrow a indiqué que deux tiers de la population mondiale estiment que les prochaines générations vivront moins bien que les générations actuelles, et que seulement 11% des travailleurs disent que leur situation en termes de revenus s’est améliorée ces dernières années.  Mme Burrow a regretté que « Rio+20 » n’ait pas lancé un appel en faveur d’une action immédiate en matière d’emploi, se déclarant désolée que l’optimisme des chefs d’État ne se soit pas traduit par de véritables négociations entre eux.  Pour parvenir à un environnement stable d’ici à 2015, elle a proposé de mettre l’accent sur les planchers de protection sociale, le salaire minimum et une répartition égale des revenus.  Elle a aussi suggéré de mettre en place une taxation des transactions financières.  Enfin, elle s’est dite surprise que le Qatar présente son initiative de protection sociale, alors que l’on sait que 90% des travailleurs dans ce pays sont des migrants étrangers et que le Qatar n’admet pas le principe de libre association.


Intervenant au nom des jeunes, Mme DANIELLE FONG, Cofondatrice de la société californienne « LightSail Energy », a fait remarquer que la génération actuelle de jeunes était la mieux éduquée de l’histoire, mais également celle qui connaissait un taux de chômage parmi les plus élevés.  Elle a parlé de son expérience professionnelle et de son arrivée sur le marché de l’emploi.  Ayant mis au point une nouvelle méthode de stockage et d’utilisation des énergies renouvelables, elle a souligné les difficultés auxquelles elle a été confrontée, car la réglementation n’était pas adaptée à ce nouveau domaine et à toutes les opportunités qu’il offre.  De manière générale les choses ne sont pas en place pour soutenir des jeunes gens ayant la capacité d’inventer et de se lancer dans les affaires dans des secteurs innovants.  Elle a plaidé pour l’amélioration des échanges entre jeunes par le soutien aux réseaux qui existent en la matière.  « Il faut donner aux jeunes la possibilité de se déplacer, de voyager, d’aller ailleurs pour apprendre, partager, se connecter, créer des réseaux », a-t-elle souligné.  Elle a cité comme exemple les opportunités qui existent en matière d’apprentissage.  Elle a ensuite invité les participants à la session de l’ECOSOC à tirer bénéfices de certaines expériences, comme celles que représentent les systèmes de paiements par téléphones cellulaires qui ont été mis au point au Kenya, ou les expériences de développement des énergies renouvelables qui ont été mises au point dans les pays nordiques.  Ce sont des exemples d’entreprenariat et de création d’emplois à encourager, a-t-elle indiqué.


Messages politiques issus des réunions préparatoires de l’Examen ministériel annuel


M. JOE NAKANO, Vice-Ministre parlementaire chargé des affaires étrangères du Japon, a indiqué que des progrès avaient été accomplis en matière d’emploi et de travail décent dans la région Asie-Pacifique, permettant à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté.  Il a signalé notamment une plus grande prise de conscience des droits des travailleurs migrants.  Mais cela n’a pas empêché les inégalités de se creuser, et 37% des travailleurs vivent encore avec moins de deux dollars par jour, a-t-il reconnu.  La région va être confrontée à de grands problèmes d’emploi dans les 10 ans à venir, du fait d’une augmentation de la population et des taux de chômage, a relevé le Vice-Ministre.  Comme solution, il a été évoqué la nécessité de permettre aux jeunes de mieux se former pour qu’ils aient accès aux emplois verts et aux emplois dans le secteur électronique.  Il faut concevoir des modèles de croissance plus inclusifs, afin de créer un cercle vertueux qui conduira à l’augmentation des salaires et des niveaux de vie, a-t-il recommandé.  Il est aussi apparu nécessaire de mieux soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et d’augmenter les investissements dans les infrastructures, a conclu M. Nakano.


Présentant les conclusions de la réunion préparatoire de la région de l’Afrique concernant la promotion de l’emploi, M. AHMED SHIDE, Ministre d’État chargé des finances et du développement économique de l’Éthiopie, a indiqué que la croissance forte constatée dans les pays du continent africain n’a cependant pas été suffisante pour y assurer un développement durable.  Il nous faut un ensemble cohérent de politiques pour assurer des gains de productivité, a-t-il expliqué.  La réunion préparatoire a également constaté que les jeunes sont mieux instruits que les autres tranches de la population, a-t-il indiqué.  Par ailleurs, si les pays peuvent apprendre les uns des autres, les possibilités de partage des connaissances demeurent limitées, a regretté le Ministre éthiopien.  En ce qui concerne le financement des petites et moyennes entreprises, a-t-il dit, il s’est amélioré, mais reste encore insuffisant en raison d’infrastructures financières inadéquates.  Les PME devraient aussi recevoir un soutien qui leur permettrait de se développer en milieu rural, a-t-il relevé.  Enfin, il est aussi apparu qu’en Afrique, la formation professionnelle ne devait pas se limiter au secteur formel et qu’il fallait intégrer l’apprentissage informel, a souligné M. Shide. 


En ce qui concerne la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, M. EDUARDO BRENTA, Ministre du travail et de la sécurité sociale de l’Uruguay, a souligné les inégalités sociales qui persistent dans la région, ainsi que l’important chômage des jeunes.  La région a cependant entrepris de créer des emplois, de lutter contre le chômage, d’augmenter la couverture sociale et de lutter contre la pauvreté, a-t-il assuré.  La réunion préparatoire a appelé à poursuivre les politiques les plus propices au développement économique et à la protection sociale, a indiqué M. Brenta.  Les différences entre secteurs et régions en matière de productivité traduisent le poids du secteur informel en Amérique latine et dans les Caraïbes, a-t-il constaté.  Le Ministre a ajouté que la réunion a aussi noté que les PME latino-américaines et caribéennes sont peu orientées vers l’exportation, et n’ont pas le même dynamisme que les grandes entreprises.  S’agissant des jeunes, il faut définir des politiques d’urgence pour leur permettre de se former, a-t-il ajouté.  La mise en place de programmes de transfert de fonds aux familles, sous condition de scolarisation des enfants, s’est révélée à cet égard très nécessaire.  En outre, il est apparu utile de créer des organisations consacrées à l’emploi des jeunes, a indiqué M. Brenta, qui a ajouté que la réunion avait aussi proposé de créer un panel de haut niveau sur l’emploi des jeunes.


M. FARUK CELIK, Ministre du travail et de la sécurité sociale de la Turquie, a parlé de la situation de l’emploi des jeunes dans les pays européens.  Fin 2011, le taux de chômage dans les 27 pays de l’Union européenne avait atteint la barre des 22,1%, soit l’un des niveaux les plus élevés, a-t-il souligné.  Dans certains pays, ce taux a même dépassé le seuil des 25%, a-t-il poursuivi, ce qui pose un risque pour la stabilité des sociétés.  Il a rappelé que c’était un taux de chômage très élevé qui avait amené un jeune Tunisien à s’immoler par le feu, peu de temps avant le « printemps arabe ».


M. Celik a également souligné que les pays européens avaient identifié plusieurs mesures sur lesquelles mettre l’accent, notamment l’élaboration de programmes facilitant la transition de l’école vers le marché du travail, la nécessité de garantir des allocations d’attente ou d’adopter des programmes développant les compétences et la mise à la disposition des jeunes de stages professionnels.  Il a insisté sur l’importance de placer l’emploi au cœur du développement économique et a ensuite cité plusieurs initiatives prises par son pays, la Turquie, pour parvenir à une hausse de l’emploi des jeunes.  Cinquante et un pour cent de la population turque est âgée de moins de 30 ans, a-t-il fait remarquer.  « Cette population est perçue comme une opportunité pour la Turquie de mettre en œuvre des mesures économiques, des mesures de protection sociale et des initiatives visant à favoriser l’emploi », a-t-il dit, ajoutant que la crise et ses impacts appellent aussi à la prise de mesures mondiales donnant la priorité à l’emploi des jeunes.


Message politique issu de l’évènement sur les « partenariats pour des emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour les jeunes »


M. DAVID ARKLESS, Président de la Division en charge des affaires gouvernementales et d’entreprises du Groupe Manpower, a expliqué que l’évènement organisé sur les partenariats pour des emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour les jeunes s’était concentré sur les partenariats innovants qui peuvent fournir des emplois décents aux jeunes.  Le taux de chômage des jeunes atteint en moyenne 18% et monte à plus de 40% dans certains pays en développement, a-t-il souligné, avant d’appeler les gouvernements à s’atteler à résoudre ce problème majeur.  Après avoir présenté une courte vidéo résumant l’évènement, M. Arkless a rappelé que Manpower avait promis qu’il donnerait du travail à un million de jeunes dans l’année suivant la tenue de cette rencontre.  Mais, jugeant insuffisant cet engagement, a-t-il indiqué, Manpower par la suite a obtenu d’autres promesses qui devraient se matérialiser au cours des cinq prochaines années.  Ainsi, Manpower a demandé aux entreprises avec lesquelles il travaille d’offrir un travail à 300 millions de personnes, d’en former 70 millions, de créer 20 millions de nouveaux emplois, et d’aider 75 millions de jeunes à entrer sur le marché du travail.


EXAMEN MINISTÉRIEL ANNUEL


Présentation nationale volontaire de la Fédération de Russie (E/2012/52)


M. VITALY KOLBANOV (Fédération de Russie) a révélé que depuis l’adoption de la Déclaration du Millénaire en 2000, la Fédération de Russie a connu de profonds changements économiques et sociaux.  Elle a notamment réussi à surmonter une grave crise démographique, a-t-il souligné.  Des mesures politiques de grande envergure sont en cours dans les secteurs de l’éducation et de la santé.  Mais les crises économiques mondiales de 2008 et 2009 ont eu un impact négatif sur les indicateurs nationaux de développement.  Le Gouvernement a mis en place toutes les actions auparavant décidées afin de préserver la stabilité sociale et de prévenir une flambée du chômage et l’érosion du niveau de vie.  La leçon à tirer est que nous devons être bien préparés, a déclaré M. Kolbanov.  Il a ajouté que la Russie a bâti une économie qui est devenue une partie intégrante de l’économie mondiale en se basant sur ses ressources naturelles. 


Une telle structure de production économique signifie cependant que la Fédération de Russie est très dépendante des importations de biens de consommation, de technologies et de produits sophistiqués de haute technologie.  Cette situation ne garantit ni la stabilité, ni la souveraineté, ni un bien-être décent, a reconnu le représentant.  Face à cela, la Fédération de Russie a besoin de mener à bien les réformes qu’elle a engagées et d’établir un nouveau modèle de croissance qui prenne en compte les leçons des crises actuelles et récentes ainsi que de nouvelles conditions internes et externes qui affectent l’économie nationale.  Les priorités de la nouvelle stratégie macroéconomique adoptée par la Fédération de Russie sont la réduction des risques économiques, le renforcement des mécanismes de marché et la promotion des activités commerciales.  La transition d’une économie de la demande à une économie de l’offre est impossible sans le développement des activités commerciales et la promotion de la concurrence interne qui peuvent stimuler l’élasticité de l’offre sur le marché intérieur.  En outre, la modernisation du marché du travail russe est une nécessité, tout comme l’est la création d’emplois, qui est une priorité, a expliqué M. Kolbanov.


À la suite de l’exposé de M. Vitaly Kolbanov, du Ministère de la santé et du développement social de la Fédération de Russie, les délégations de plusieurs États Membres, ainsi que d’une organisation non gouvernementale, ont souhaité réagir à la présentation nationale volontaire de la Fédération de Russie.  Les débats, animés par la journaliste allemande Conny Czymoch de « Phoenix Television », ont permis de mettre l’accent sur les défis auxquels fait face la Fédération de Russie en matière d’emploi, de formation professionnelle et de démographie.


Le représentant de l’Allemagne a estimé que la Fédération de Russie s’était « fort bien sortie » de la crise économique et financière mondiale, car elle avait, entre autres, réussi à maintenir des services sociaux, à faire reculer le chômage parmi les jeunes et à créer des emplois pour les personnes handicapées.  Toutefois, a-t-il prévenu, sans restructuration et diversification de sa production industrielle, la Fédération de Russie risque d’être affectée par une autre crise.  Rappelant le rôle central que jouent les syndicats dans l’élaboration de politiques de protection du travail, il a estimé que la Fédération de Russie devait encore améliorer la coopération institutionnalisée entre ceux-ci et le monde du travail et miser davantage sur la formation professionnelle.  « Cela permettra d’augmenter le niveau des qualifications pour aller vers des méthodes modernes de production », a-t-il estimé.  Il a ensuite interrogé M. Kolbanov.  « Comment la Fédération de Russie va-t-elle faire face au vieillissement de sa population? » lui a-t-il demandé.


« La politique démographique de la Fédération de Russie vise l’augmentation de son taux de natalité et la réduction du taux de mortalité au sein de sa population », a répondu M. Kolbanov.  Ces dernières années, les efforts visant à une réduction du taux de mortalité ont porté sur certains facteurs qui ont un lourd impact sur les chiffres et statistiques, comme les accidents de la route, et cela a permis une baisse de 13% du taux de mortalité, s’est-il félicité.  Interrogé ensuite par la représentante de la Chine au sujet de la politique d’immigration du Gouvernement russe, M. Kolbanov a expliqué que la Fédération de Russie avait pour objectif d’accueillir un maximum de 230 000 personnes par an en favorisant la migration d’investisseurs, d’entrepreneurs ou de jeunes diplômés ayant étudié sur son territoire.


Le représentant de Cuba a souhaité obtenir des précisions sur le programme de création d’emplois mis en œuvre au profit des personnes handicapées.  En 2011, le Gouvernement russe a proposé aux entreprises le versement de subventions afin qu’elles recrutent des personnes handicapées.  « Les ressources allouées dans le cadre de ce programme sont limitées, mais ces efforts s’inscrivent dans les mesures destinées à permettre aux personnes handicapées une pleine participation au fonctionnement de la société », a expliqué M. Kolbanov, qui a précisé que son pays avait récemment ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées.


Au nom de la société civile, la responsable de la « Fondation russe pour la paix » (Russian Peace Foundation) a salué les progrès réalisés en Fédération de Russie par rapport à la situation économique qui prévalait dans les années 90.  Elle a toutefois mis l’accent sur le chômage des jeunes, qui demeure élevé, ainsi que sur la nécessité de favoriser une plus grande participation de la société civile en lui permettant, par exemple, d’utiliser davantage les médias.


À cette remarque, M. Kolbanov a répondu en soulignant que le chômage des jeunes concernait tous les pays, et que la Fédération de Russie s’employait, à cet égard, à favoriser les stages en entreprises.  S’agissant de la société civile, il a précisé que plusieurs efforts visaient à établir un dialogue accru, et que le Président russe rencontrait régulièrement la société civile. 


Outre les pays mentionnés plus haut, le représentant du Bélarus a également pris la parole au cours de cet échange.


Présentation nationale volontaire de l’ Algérie (E/2012/53)


Présentant l’expérience de l’Algérie, M. ABDELKADER MESSAHEL, Ministre délégué auprès du Ministre des affaires étrangères chargé des affaires maghrébines et africaines de l’Algérie, a indiqué que l’Algérie s’efforçait d’asseoir les bases d’un développement durable et équitable autour de quatre piliers que sont: le renforcement de l’équilibre macroéconomique; la conduite de réformes structurelles; le développement d’infrastructures; et la diversification du secteur productif.  


Pour l’examen de cette question, l’ECOSOC était saisi du « Rapport national de l’Algérie, 2012 » -contenu au documentE/2012/53- qui présente les résultats des politiques de développement humain et de croissance économique qui ont permis à l’Algérie de se situer en 2010 parmi les 10 premiers pays au monde en termes de progrès réalisés dans l’Indice de développement humain (IDH).


Le Ministre algérien a cité une croissance moyenne de près de 6% entre 2001 et 2009 -hors secteur hydrocarbure– qui a permis de diminuer le taux de chômage de 30% à 10% entre 2001 et 2009.  Il a cité un dispositif d’appui au financement de l’investissement dans les petites et moyennes entreprises qui devra permettre la création de 200 000 PME et de 3 millions d’emplois nouveaux d’ici à 2014.  Au cours de la période 2010-2014, l’Algérie consacrera près de la moitié de ses investissements publics d’équipement, soit 140 milliards de dollars, aux infrastructures de développement humain, a précisé le Ministre.


À la suite de l’exposé de M. Abdelkader Messahel, le Ministre du travail et de l’emploi du Bangladesh, M. KHANDKER MOSHARRAF HOSSAIN, a salué les stratégies de développement algériennes basées sur le développement d’infrastructures de base.  Jugeant très utile l’expérience de l’Algérie pour réaliser les objectifs de Rio+20 en matière de lutte contre la pauvreté, il a demandé des informations complémentaires et des précisions sur les mesures spéciales prises en Algérie pour assister les chercheurs d’emplois et aider les chômeurs à avoir accès au marché du travail.


Répondant à ces questions, le Ministre algérien a indiqué l’existence dans son pays, d’une stratégie de développement humain qui vise à promouvoir la création d’emplois par l’accompagnement des personnes à la recherche d’un travail; par l’insertion professionnelle des jeunes demandeurs d’emplois; par l’appui à la formation professionnelle, et par les différents dispositifs d’encouragement de l’entreprenariat et d’incitation des entreprises à la création de nouveaux postes de travail.  Ont été aussi cités par le Ministre, des mécanismes d’incitations regroupés autour de quatre piliers majeurs: l’appui à l’investissement créateur d’emploi; le dispositif d’appui à la création d’entreprises; le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle et d’appui au recrutement; et le dispositif mis en place en ce qui concerne la politique de formation-emploi.


Depuis la mise en place des dispositifs d’appui à la création d’emplois, ce sont au total près de 1 400 000 premiers demandeurs d’emploi qui ont été insérés dans la vie professionnelle, alors que le dispositif de contrat bénéficiant d’une aide a, quant à lui, permis le recrutement de plus de 49 000 jeunes. 


S’agissant du cadre juridique visant à assurer les droits des travailleurs migrants, le Ministre algérien a indiqué que même si l’arrivée de travailleurs immigrés était un phénomène nouveau en Algérie, son pays avait le souci de respecter les normes les plus élevées en matière de protection de ces travailleurs.


Il a également cité les efforts menés par l’Algérie pour promouvoir la participation de la femme au marché du travail, participation qui a connu une augmentation entre les années 2003 et 2010.  Même si seulement 20% des travailleurs sont des femmes en Algérie, cela représente un progrès considérable, a-t-il dit, en assurant la volonté de l’Algérie de parvenir à la parité par le biais d’incitations.  Durant la période 2008-2011, 560 015 femmes ont bénéficié du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle, tandis que 22 750 bénéficiaient d’un contrat de travail aidé, a-t-il été précisé.


Le Ministre algérien a, par ailleurs, souligné l’importance du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) qui a tiré les enseignements de cinq décennies d’efforts de développement sur le continent.  


Présentation nationale volontaire du Brésil (E/2012/56)


Dans son exposé volontaire, M. MARIO BARBOSA, Conseiller spécial auprès du Ministre du travail et de l’emploi du Brésil, a présenté un bilan du Plan national brésilien pour l’emploi et le travail décent sur la période 2003-2011.  Il a indiqué que 17 329 000 emplois ont été créés dans le secteur structuré au Brésil sur cette période.  Vingt-sept virgule neuf millions de personnes sont sorties de la pauvreté entre 2003 et 2009, s’est-il félicité, tandis que 35,7 millions de personnes sont passées dans une catégorie supérieure en termes de pouvoir d’achat et d’accès à la consommation.


Il a ensuite indiqué que le Programme « Accélération de la croissance » lancé en janvier 2007 par le Gouvernement fédéral du Brésil avait notamment permis une croissance moyenne de l’économie brésilienne, même après la crise, et une atténuation des incidences les plus négatives de la crise financière internationale. 


Le Conseiller spécial a ensuite fait le bilan des initiatives de transfert de revenu menées au Brésil, notamment du programme d’aide à la famille « Bolsa Familia ».  Ce programme de transfert direct de revenu en faveur des familles vivant dans la pauvreté ou l’extrême pauvreté, et qui concerne 13 millions de familles brésiliennes, a contribué à réduire le niveau et le taux de l’extrême pauvreté de 12% en 2003 à 4,8% de la population en 2008, a expliqué le délégué brésilien.


M. Barbosa a ensuite détaillé le plan « Brésil sans misère », axé sur l’objectif établi par le Gouvernement de la Présidente, Mme Dilma Rousseff, à savoir: l’élimination de l’extrême pauvreté au Brésil, extrême pauvreté qui touche encore 16,2 millions de personnes.  Reposant sur trois piliers fondamentaux -transfert de revenus, accès aux services publics et inclusion productive– ce plan définit un nouveau défi pour les politiques publiques relatives au travail et à l’emploi, a-t-il affirmé.  Enfin, il a présenté les défis économiques qui se sont posés au Brésil au cours des trois dernières années, en soulignant la détermination du Gouvernement de concilier politiques de croissance et stratégies de redistribution des revenus. 


Pour l’examen de cette question, l’ECOSOC était saisi du rapport national du Brésil, (E/2012/56) qui indique qu’à la fin de 2011, 46 010 000 Brésiliens sont titulaires d’un contrat de travail en bonne et due forme, soit une augmentation de quelque 50% sur neuf ans. 


Le rapport note que le taux de chômage dans les six régions métropolitaines du pays a chuté de 11,6% à 5,5% entre juin 2002 et janvier 2012; que le pourcentage de cotisants à la caisse de sécurité sociale est passé de 46,3% à 54,1% entre 2003 et 2009, et que la valeur nominale du salaire minimum est passée de 200 réais brésiliens à 622 réais entre avril 2002 et janvier 2012, ce qui représente, sans tenir compte de l’inflation, une augmentation réelle de 65,95%.  Le revenu moyen réel des travailleurs a progressé de 888 réais à 1 111 réais entre 2003 et 2009, a ajouté le Conseiller spécial. 


À la suite de l’exposé de M. Barbosa, Conseiller spécial auprès du Ministre du travail et de l’emploi du Brésil, le représentant de l’Afrique du Sud a demandé comment le Brésil conciliait renforcement de la capacité productive et stabilité macroéconomique.  Il a également interrogé M. Barbosa sur la stratégie du Brésil en matière d’attractivité de l’investissement sur son territoire.


Le représentant du Brésil lui a répondu que la contradiction entre la stabilité macroéconomique et la politique d’investissement n’était qu’apparente.  Ce sont les plus pauvres qui ont été davantage frappés par l’instabilité, a-t-il rappelé, avant de souligner l’engagement de son pays pour maîtriser les dépenses publiques tout en lançant des programmes sociaux ambitieux.


Il faut œuvrer en faveur d’un équilibre entre la politique de la demande et celle de l’offre afin d’éviter ces spirales d’hyperinflation que le Brésil a pu connaître par le passé, a-t-il poursuivi.  Enfin, M. Barbosa a indiqué que le développement de la protection sociale au Brésil allait de pair avec une diminution du taux de chômage.  Faisant fond sur un rapport de la Banque mondiale, il a indiqué que les législations sur la protection sociale étaient rarement l’un des déterminants de la décision que prend une entreprise d’investir dans un pays donné.


Répondant à une question du représentant de l’Argentine, le Conseiller spécial auprès du Ministre du travail et de l’emploi brésilien a indiqué qu’il y a eu au Brésil un changement significatif en 2003, lorsque le Gouvernement de M. Lula da Silva a établi un mémorandum d’accord avec l’OIT pour élaborer l’agenda national pour la promotion d’un travail décent.  Il a dit que l’objectif « d’un travail décent pour tous » s’appuyait sur trois priorités: créer davantage d’emplois et de meilleurs emplois, en assurant l’égalité des chances et du traitement; éliminer l’esclavage et le travail des enfants, en particulier sous leurs pires formes; et renforcer les actions tripartites et le dialogue social en tant qu’outil de gouvernance démocratique.  


M. Barbosa a dit que les dispositions du plan pluriannuel 2008-2011 et de l’agenda de l’hémisphère -intitulé travail décent dans les Amériques (2006-2015)- ont été regroupées dans le Plan national pour l’emploi et le travail décent pour 2015.  S’agissant du programme « Faim zéro », il a cité des objectifs visant à garantir à tous les Brésiliens le droit à une alimentation correcte, à promouvoir la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à aider les membres des groupes de population les plus menacés par la faim à accéder à une citoyenneté à part entière.  Le programme d’aide à la famille lancé en octobre 2003 concerne plus de 13 millions de familles dans l’ensemble du Brésil, et le montant perçu varie entre 32 réais et 306 réais, en fonction du revenu familial par personne (la limite de revenu pour en bénéficier étant fixée à 140 réais) et du nombre et de l’âge des enfants de la famille.


Le représentant de la Suède, qui a pris la parole à son tour, a rappelé que le Brésil était le seul grand pays à revenu intermédiaire à avoir combiné croissance démographique et croissance économique.  L’expérience brésilienne montre que la présence d’un État fort et efficace n’est pas un frein à la croissance, a-t-il poursuivi.  Le délégué suédois a ensuite détaillé les défis auxquels fait face le Brésil notamment son taux encore élevé d’extrême pauvreté, la rapidité de sa transition démographique, et sa capacité à accélérer la croissance économique tout en renforçant sa faculté d’absorption des chocs économiques.


M. Barbosa lui a répondu que le Brésil avait mis en place « un cercle économique vertueux » en mettant l’accent sur l’inclusion sociale qui se traduit à son tour par une demande intérieure accrue.  Il a ensuite rappelé les politiques conduites par son gouvernement pour diminuer le taux d’extrême pauvreté, notamment le Plan « Brésil sans misère » qui va venir renforcer et soutenir l’action du Programme « Bolsa Familia ».  Il a ajouté qu’une politique d’investissement dans les infrastructures et de développement du capital humain permettra de garantir au Brésil une voie de croissance économique soutenable une fois que la transition démographique sera arrivée à son terme.


Interrogé sur la dimension sexospécifique du Plan national pour l’emploi et le travail décent, M. Barbosa a indiqué que celle-ci était très présente au même titre que l’égalité raciale.  Il a rappelé que les femmes des familles pauvres avaient contribué à l’efficacité des programmes comme « Bolsa Familia » en se les appropriant pleinement.


Répondant à une question de la délégation de l’Allemagne sur l’importance du dialogue social dans la bonne mise en œuvre des politiques publiques, M. Barbosa a indiqué qu’au Brésil, les employeurs et les syndicats, aussi bien au niveau national que local, avaient pris la mesure des bénéfices qu’ils pouvaient tirer d’une participation constructive de tous aux instances de dialogue. 


Présentation nationale volontaire de l’Équateur (E/2012/58)


Présentant l’exposé national facultatif de son pays, M. FANDER FALCONI, Ministre de la planification nationale de développement de l’Équateur, a dit que la nouvelle Constitution de 2008 définit l’Équateur comme un État constitutionnel de droit et de justice, qui rend la nature un sujet du droit, et qui réglemente, planifie et distribue tout en étant constamment ouvert au dialogue social.  


Pour l’examen de cette question, l’ECOSOC était saisi du « rapport national de l’Équateur » -contenu au documentE/2012/58- qui indique que l’Équateur a instauré un nouveau contrat social par lequel le développement s’oriente vers la réalisation du bien-vivre.  Le travail est conçu comme un élément d’épanouissement personnel, et la Constitution équatorienne reconnaît, toutes choses égales par ailleurs, les diverses formes du travail: relations de dépendance, activités autonomes aux fins d’autosuffisance, travail de reproduction et des soins de la vie, et travail volontaire, communautaire, social et solidaire.


Répondant aux questions des représentants de la Fédération de Russie, de l’Espagne et de la Bolivie, M. FANDER FALCONI a jugé déterminante la réforme des institutions et du droit du travail, qui a permis à l’Équateur de passer d’une économie sociale de marché à un système économique social et solidaire où l’être humain est reconnu comme sujet et fin, et dont l’objectif est de garantir la création et la reproduction de conditions matérielles et immatérielles propices au bien-vivre de toutes et de tous les Équatoriens.  La conception nationale du travail en Équateur va au-delà de l’emploi et de la simple dynamique du marché du travail.  Il a indiqué que le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) équatorien en 2011 a été le troisième le plus élevé de toute l’aire latino-américaine et atteint 7,8%.  Il a précisé que cette croissance s’appuyait sur l’augmentation de la consommation intérieure et sur celle de l’investissement public et privé.  Un des tournants de la politique publique a été la reconnaissance, par l’État, du secteur des soins à la personne, et notamment aux gens ayant des besoins spécifiques, comme les handicaps, a-t-il insisté.


Le Ministre équatorien a indiqué que, depuis cinq ans, la croissance s’est accompagnée d’une réduction importante des inégalités et du taux de chômage, même si celui-ci est remonté à 6,5% en décembre 2011 dans un contexte de crise internationale.  Le coefficient de Gini, qui mesure l’inégalité des revenus, est tombé de 0,54 en décembre 2006 à 0,472 en décembre 2011, a-t-il indiqué.  Il s’est notamment félicité du nombre de travailleurs affiliés à la sécurité sociale, qui est passé de 39% à 59% des travailleurs équatoriens entre 2006 et 2011.  Il a indiqué que la catégorie d’emploi où la qualité du travail s’est améliorée le plus, est celle ayant trait au travail domestique parce que, d’une part, le salaire a été aligné sur le salaire minimum et, d’autre part, l’affiliation à la sécurité sociale est devenue obligatoire, a-t-il dit.  En décembre 2011, pour la première fois, le nombre d’emplois à temps plein est supérieur à celui des emplois à temps partiel, s’est-il félicité, en ajoutant qu’entre décembre 2006 et décembre 2011 la pauvreté a baissé de 9%. 


En ce qui concerne les groupes ethniques auto-identifiés au sein de la population, les indicateurs montrent que des progrès ont été accomplis dans le domaine du travail, a dit M. Falconi.  Ainsi, pour la population autochtone, le taux de chômage, qui était de 2,2% en 2007, est tombé à 1,7% en 2011.  Ces chiffres sont de 7,2% et 5,8% pour la population afro-équatorienne et, pour la population métisse, de 5,1% et 4,3%.


En ce qui concerne le travail des enfants, le Ministre équatorien a cité des progrès accomplis vers l’atteinte de l’objectif national visant à réduire à 0,7% le pourcentage de garçons et de filles âgés de 8 à 15 ans qui travaillent au lieu d’aller à l’école.  En 2008, il était de 2,9%, et il a étéréduit à 1,5% en 2011.  Une des premières mesures prises a visé le travail qu’accomplissent des enfants dans lesdécharges.  Jusqu’en 2011, 2 160 enfants et adolescents des deux sexes ont été sortis de cette situation à risque et l’accès leur a été garanti, entre autres, à des programmes d’éducation, de santé et de loisirs sains. 


Le représentant de l’Espagne a rappelé qu’une convention sur la protection sociale réciproque des travailleurs, signée en 2011 entre la République de l’Équateur et le Royaume d’Espagne, accorde aux Équatoriens vivant en territoire espagnol les mêmes prestations de sécurité sociale qu’aux Espagnols.  Celui de la Bolivie s’est dit agréablement surpris par les progrès considérables accomplis par l’Équateur, tout en disant la volonté de la Bolivie d’appliquer les recettes de ce pays en matière de développement social.  Il a dit que les exemples du Brésil et de l’Équateur démontraient que des progrès sociaux considérables peuvent être atteints en Amérique du Sud lorsque les pays prennent eux-mêmes en main leur destinée.  Il a salué le programme « Mon premier emploi » qui a contribué à l’emploi des jeunes en Équateur, grâce à des stages qui permettent aux diplômés de l’université d’acquérir une expérience en travaillant au sein d’entités publiques et privées.  Ce programme permet d’améliorer l’employabilité des jeunes et favorise leur insertion dans le monde du travail dans des conditions justes et décentes en mettant l’accent sur leur formation, la garantie d’un accès à un premier emploi, et la promotion de leurs compétences entrepreneuriales.


Dans ses remarques de clôture, l’animateur de ces débats, M. JOSÉ MANUEL SALAZAR-XIRINACHS, Directeur exécutif du Secteur de l’emploi de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a estimé que l’exemple de l’Équateur démontrait l’impact positif que peuvent avoir des politiques sociales ambitieuses et ciblées sur la croissance économique. 


Le Ministre des politiques nationales du Nicaragua, M. PAUL OQUIST KELLEY, a salué l’importance de l’ensemble des révolutions qui sont en train de transformer l’Amérique du Sud en citant la révolution sociale de Cuba, la révolution sandiniste du Nicaragua, la révolution bolivarienne du Venezuela, la révolution citoyenne de l’Équateur et la révolution indienne de la Bolivie.  Si ces différentes révolutions présentent des caractéristiques différentes, elles ont des points communs forts qui sont notamment la transformation et la diversification des capacités de production et un niveau de protection social élevé qui est devenu un stimulant du développement économique, a dit le Ministre.  S’agissant tout particulièrement de l’Équateur, il a salué la décision du Gouvernement équatorien de mettre ses ressources naturelles au service de son peuple et de transformer le capital naturel de celui-ci en capital social. 


Présentation nationale volontaire de l’Ukraine (E/2012/58)


Dans l’exposé national facultatif de son pays, M. VASYL NADRAGA, Vice-Ministre chargé de la politique sociale de l’Ukraine, a indiqué que le produit intérieur brut (PIB) de l’Ukraine avait augmenté de 9,5% sur la période 2010-2011.  Le taux de croissance réel du pays était de 4,1% en 2010, soit presque le double du taux des pays de l’Union européenne, et de 5,2% en 2011, s’est-il félicité.


Il a ajouté que le niveau d’emploi de la population âgée de 15 à 70 ans avait quasiment retrouvé le niveau qui existait avant la crise (59,2% en 2011 contre 59,3% en 2008).  Le taux de chômage est de 7,9% en 2011 contre 8,1% en 2010, tandis que les salaires réels ont augmenté de 8,7% en 2011, s’est-il félicité.  Il a également indiqué que des progrès significatifs avaient été enregistrés en Ukraine dans la réduction du taux de pauvreté, qui est passé de 18,5% sur les neuf premiers mois de 2010, à 15,2% sur les neuf premiers mois de 2011.  Ce dernier chiffre, dont il faut se féliciter, a notamment été permis par l’accroissement par 2,3 sur la période 2009-2012 de la somme allouée à chaque famille lors de la naissance d’un enfant, a-t-il expliqué.


M. Nadraga a indiqué que beaucoup restait néanmoins à faire pour réduire la pauvreté en Ukraine, et il a présenté les grands axes du programme de son gouvernement en la matière: promotion de l’emploi, augmentation des salaires et des retraites, et protection des droits de l’enfant.  Il a ensuite parlé des « nouvelles initiatives sociales » prises par le Président ukrainien, telles que l’amélioration des mécanismes de redistribution, le renforcement des classes moyennes, et la création d’un système efficace de protection contre les risques sociaux.  Enfin, M. Nadraga a développé les priorités de la politique économique de son pays, telles que la préservation des grands équilibres macroéconomiques, la réduction de l’interventionnisme étatique dans l’économie, la modernisation des infrastructures, et l’amélioration de l’offre aussi bien en matière d’éducation que de soins de santé.


À la suite de l’exposé du Vice-Ministre de la politique sociale de l’Ukraine, le représentant de la Hongrie a demandé des précisions sur la dette souveraine du pays, le taux de prévalence du virus VIH/sida dans le pays, ainsi que les mesures prises en Ukraine pour accélérer le passage à une économie verte.  Les représentantes du Brésil et du Kazakhstan ont, pour leur part, posé des questions portant sur les mesures envisagées par le Gouvernement ukrainien pour améliorer la qualité des emplois offerts aux jeunes.


Comme éléments de réponse, M. Nadraga a précisé que le Gouvernement ukrainien avait mobilisé tous les instruments à sa disposition pour maîtriser la dette souveraine de l’Ukraine.  Les investisseurs ont confiance dans l’économie ukrainienne, s’est-il félicité.  Il a ensuite développé les grands axes du programme de lutte contre le virus du VIH et a souligné les gains enregistrés dans la diminution de la transmission du virus de la mère à l’enfant.  Il a ajouté que son pays était à l’avant-garde de la mise en œuvre du Protocole de Kyoto, et qu’il s’était fixé pour objectif la réduction de 15% de ses émissions de gaz à effet de serre.  Il a également précisé qu’un nouveau mécanisme pour l’emploi a été mis en place en Ukraine, par lequel le Gouvernement, les organisations d’employeurs et les syndicats ont décidé d’œuvrer de concert pour créer des emplois, notamment pour les jeunes.  M. Nadraga a enfin détaillé les efforts menés en Ukraine pour simplifier et alléger le cadre réglementaire dans lequel évoluent les entreprises ukrainiennes.


Il a ensuite répondu aux questions de la représentante du Bélarus et de l’animateur du débat, M. José Manuel Salazar-Xirinachs, Directeur exécutif du Secteur de l’emploi de l’Organisation internationale du Travail, en exposant notamment le choix fait par son gouvernement de cibler davantage les bénéficiaires des dispositifs de protection sociale.


L’allocation pour la naissance d’un enfant est la seule pour laquelle il n’est pas tenu compte de la situation économique du récipiendaire, a-t-il poursuivi.  Enfin, il a indiqué que l’Ukraine ne faisait pas partie des grands pays exportateurs de matières premières et qu’il avait fait le choix de développer ses exportations dans le secteur des technologies de pointe.


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