22/05/2012
Conseil économique et social
ECOSOC/6513
ONG/753

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité chargé des organisations non gouvernementales       

Reprise de la session de 2012                              

20e & 21e séances – matin & après-midi                      


LE COMITÉ DES ONG RECOMMANDE LE STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL À 26 ONG MAIS SE DIVISE

SUR LA DEMANDE DE L’ORGANISATION AMERICAINE « HUMAN RIGHTS FOUNDATION »


Le Comité des ONG a décidé, aujourd’hui, de recommander au Conseil économique et social (ECOSOC), l’octroi d’un statut consultatif spécial à 26 ONG mais ses membres ne se sont pas entendus sur le sort à réserver à « Human Rights Foundation » (États-Unis), organisation qui avait déjà essuyé un refus en 2008.  Outre cette ONG, le Comité a reporté l’examen des dossiers de 26 autres organisations.


« Human Rights Foundation » n’est pas une ONG mais « une organisation terroriste dirigée par un terroriste de triste mémoire », a affirmé d’emblée la représentante du Nicaragua.


À l’instar de son homologue de Cuba, elle a rappelé qu’en 2008, une « majorité écrasante » du Comité avait décidé de rejeter la demande de cette organisation.  « Il ne peut y avoir de dialogue franc avec cette entité qui doit d’ailleurs cesser de réclamer un statut auprès de l’ECOSOC », a-t-elle prévenu.


La représentante du Venezuela a rappelé les inquiétudes quant au manque de transparence budgétaire de cette ONG dont, a-t-elle ajouté, plusieurs activités discréditent le travail même de l’ONU et celui du Gouvernement vénézuélien.


Se portant au secours de l’ONG, la représentante des États-Unis a fait observer que cette organisation compte des défenseurs des droits de l’homme très respectés, tandis que la représentante d’Israël a salué « l’honnêteté » de cette ONG qui, a-t-elle affirmé, a fait preuve de transparence s’agissant de son histoire.


Cette demande de statut mérite d’être examinée et les sources de financement étudiées, a tranché le représentant de la Belgique.


Les membres du Comité ont par ailleurs débattu de la demande de reclassement d’International Institute of Administrative Sciences, (Belgique) qui souhaite accéder au statut consultatif général.


Le représentant du Pakistan, appuyé par son homologue de l’Inde, a estimé que toute demande en ce sens doit être accompagnée d’un justificatif détaillé.  Le dossier est complet, a plaidé le représentant belge, et cette ONG, qui jouit du statut consultatif depuis 1947, doit mieux connaître l’ONU que nous-mêmes.


Le Comité peut accorder trois statuts dont le statut consultatif spécial qui concerne les ONG internationalement reconnues pour leur compétence particulière dans certains domaines d’activité du Conseil.  Le statut leur permet de soumettre des communications écrites et des pétitions.


Rang le plus élevé, le statut consultatif général concerne des organisations qui poursuivent des activités couvrant la plupart des domaines d’action de l’ECOSOC.  Il les autorise à soumettre au Conseil des communications écrites et des pétitions, et à proposer l’inscription de points à son ordre du jour ou à celui de ses organes subsidiaires.


À la dernière marche, on trouve l’inscription sur la liste, accordée aux ONG qui contribuent de temps à autre aux travaux du Conseil.  Elles ne peuvent soumettre au Conseil que des communications écrites.


Le Comité des ONG poursuivra ses travaux demain, mercredi 23 mai à partir de 10 heures.


OCTROI DU STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL


Le Comité chargé des ONG a recommandé à l’ECOSOC d’octroyer le statut consultatif spécial aux 26 ONG suivantes:


ACT Alliance - Action by Churches Together, Suisse

AIDS Healthcare Foundation, États-Unis

Alzheimers Disease International - The International Federation of Alzheimers Disease and Related Disorders Societies Inc., Royaume-Uni

Autism Speaks Inc, États-Unis

Food & Water Watch, États-Unis

France Terre d’Asile, France

Global Hope Network International, Suisse

International AIDS Society (IAS), Suisse

International Partners in Mission, États-Unis

Khmers Kampuchea-Krom Federation, États-Unis

Mali Rising Foundation, États-Unis

Quaker Earthcare Witness, États-Unis

Sakyadhita, États-Unis

Scottish Association for Mental Health, Royaume-Uni

Sigma Theta Tau, National Honorary Society of Nursing, Inc., États-Unis

Stiftung Brot fuer Alle, Suisse

The International Federation of Anti-Leprosy Associations (ILEP), Royaume-Uni

The Japan Council against Atomic and Hydrogen Bombs (Gensuikyo), Japon

The Worldwide Palliative Care Alliance, Royaume-Uni

U.S. Green Building Council, Inc., États-Unis

US Human Rights Network Inc., États-Unis

VDE Prüf- und Zertifizierungsinstitut GmbH, Allemagne

Wahine Maori Queensland Inc., Australie

Women and Children First UK, Royaume-Uni

World Hunger Education Service, États-Unis

World Space Week Association, États-Unis


Report d’examen


Outre Human Rights Foundation Inc, les 26 ONG suivantes ont également vu l’examen de leur demande reporté dans l’attente des réponses aux questions soulevées aujourd’hui par les membres du Comité.


Malgré les éclaircissements apportés par la représentante de l’Allemagne sur le financement de l’ONG Rosa-Luxemburg-Stiftung - Gesellschaftsanalyse und Politische Bildung e.V., (Allemagne), le représentant de la Turquie a souhaité une réponse de l’ONG elle-même.


La représentante de l’Autriche a ensuite donné des précisions sur l’organigramme de l’ONG Vienna Economic Forum, (Autriche), avant que le représentant du Pakistan ne fasse observer que des chefs d’État siègent dans son Comité directeur.  Cela doit forcément influencer sur l’organisation, a-t-il estimé.


La Fondation pour l’étude des relations internationales et du développement, (Suisse), s’est vue réclamer des précisions sur son état financier par le représentant de l’Inde.  Le représentant de la Chine a posé la même question à l’Institute for Human Rights & Business Limited, (Royaume-Uni) et à l’Asociación Española para el Derecho Internacional de los Derechos Humanos AEDIDH, (Espagne).  Quarante pour cent des revenus, a-t-il cru comprendre, viennent du Gouvernement.  Quelle est alors son indépendance?  Et par ailleurs, quelle est sa position sur le Tibet?


L’ONG Rokpa International, (Suisse) avait des partenaires au Tibet mais comment est-elle entrée en contact avec les organisations homologues chinois? a aussi demandé le représentant de la Chine.  En outre, quelle est la nature du financement des activités de coopération de The Equal Rights Trust, (Royaume-Uni), s’est-il également interrogé.  Il a ensuite voulu connaitre le résultat des activités menées en Asie par The Simons Foundation, (Canada).


Le représentant de la Chine a poursuivi avec le Centre pour les Droits Civils et Politiques - Centre CCPR, (Suisse).  Comment fait-il pour garantir la précision des informations contenues dans ses rapports? a-t-il demandé tandis que son homologue de la Fédération de Russie se demande si des ONG russes coopèrent avec ce Centre.  Comment sélectionne-t-elle ses partenaires russes?


Le représentant de la Chine a observé que malgré les corrections apportées, le mauvais nom de Taïwan figure toujours dans certaines pages Internet d’American Library Association, (États-Unis).  Qui sont les 30 membres de Friends of ISTAR, (États-Unis), et pourquoi l’ONG emploie-t-elle différents noms?


Il a aussi voulu savoir comment la European Center for Constitutional and Human Rights, (Allemagne) traite de la question de la protection des droits des personnes en vertu du droit national.  Son travail sur le terrorisme ne viendrait-il pas contredire le travail déjà entrepris par l’ONU? a demandé en outre le représentant de la Fédération de Russie.


Ce dernier a également voulu savoir si The International Coalition of Historic Site Museums of Conscience, (États-Unis) compte inclure dans ses activités des lieux de mémoire comme les anciens camps de concentration nazis ou les villes d’Hiroshima et de Nagasaki.


À son tour, la représentante de Cuba a voulu des précisions sur le processus de sélection des projets d’Educació per a l’Acció Crítica (EPAC), (Espagne).  Elle a également demandé des précisions sur la collaboration dont jouit l’Institute for Practical Idealism, (États-Unis) dans les pays où elle opère.  Où compte travailler l’ONG Jewish Voice Ministries International, (États-Unis)?a-t-elle ajouté.


Le représentant du Pakistan a constaté pour sa part que l’ONG F N Forbundet, (Danemark) faisait déjà partie d’une association qui jouit du statut consultatif.  Pourquoi alors faire une demande à titre individuel?  Son homologue de la Belgique a fait observer que cette situation s’était déjà produite par le passé, sans que cela n’entrave une décision du Comité.  La représentante du Venezuela a réclamé des précisions sur le déficit budgétaire, faisant par ailleurs remarquer que le budget ne couvrait principalement que les dépenses administratives de l’ONG.  Qu’en est-il du financement des projets?  Et comment, a ajouté son homologue de Cuba, l’ONG choisit-elle le thème de ses activités?


Le représentant du Pakistan a également voulu savoir qui avait mandaté la Fondation Alkarama, (Suisse) pour travailler avec la Ligue des États arabes.  L’ONG œuvre-t-elle dans tous les pays d’origine de ses membres?  Par ailleurs, qui sont les membres de Stichting Global Reporting Initiative, (Pays-Bas)?


Il a aussi réclamé des précisions sur le lieu du siège et de l’enregistrement de Helping Hands International Foundation Inc., (États-Unis).  Quelle est la nature du projet « d’adoption » d’un village kényan? a-t-il demandé, alors que son homologue du Venezuela a voulu savoir dans quels pays compte travailler cette ONG.


Poursuivant, la représentante du Venezuela a voulu des précisions sur le budget et les futurs projets de la Geneva Institute for Human Rights (GIHR), (Suisse), tandis que son homologue de Cuba a demandé dans quels pays elle compte travailler.  Qu’entend-elle par « formation des Arabes aux droits de l’homme », s’est par ailleurs interrogé le représentant du Maroc.  Une clarification s’impose.  S’agit-il d’ethnies précises ou du monde arabe en général, a renchéri le représentant du Soudan.


La représentante du Venezuela a également voulu connaître l’ampleur des activités menées en Amérique latine, au Venezuela notamment, par le Réseau International des Droits Humains (RIDH), (Suisse).  Cette ONG travaille-t-elle à l’étranger grâce à des intermédiaires? a insisté son homologue de Cuba.


La représentante d’Israël a demandé si le Negev Coexistence Forum, (Israël) avait mené des études comparatives sur les droits des Bédouins dans d’autres pays et si elle collaborait avec d’autres organisations bédouines du Moyen-Orient.


Enfin, le représentant de la Turquie a appelé l’ONG Un Ponte Per, (Italie), à utiliser la terminologie appropriée de l’ONU sur son site Internet.  Il n’y a pas de région autonome du Kurdistan en Turquie, a-t-il rectifié.


Débat interactif avec les ONG


Les membres du Comité ont également pris part au traditionnel échange avec les ONG.  Était aujourd’hui à la tribune la Hokok Coalición Internacional Contra la Impunidad, (Liban).


L’ONG a rappelé qu’elle avait dénoncé devant la Cour pénale internationale (CPI) tous les faits contre la population civile.  Nous œuvrons pour l’avènement d’un monde plus juste, a-t-elle déclaré.


Le représentant du Soudan a voulu savoir si l’ONG travaille en Afrique et avec qui elle coordonne ses activités.  Le terme « peuple » est très vaste, a-t-il observé, avant que son homologue de l’Inde ne s’interroge sur l’inscription de l’ONG au Liban.


L’ONG a expliqué qu’Hokok est inscrite en Espagne, mais qu’elle a un bureau de représentation au Liban.  Pour l’instant, elle n’a aucun contact en Afrique.


La représentante d’Israël s’est ensuite interrogée sur le budget limité de l’ONG, compte tenu de l’ambition de ses projets.  Quelle est la procédure de nomination de ses membres?  Pour faire des économies, a expliqué l’ONG, le personnel dort chez le particulier lorsqu’il est en déplacement.  Nous travaillons aussi avec des avocats bénévoles, a-t-elle précisé.


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