02/11/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU RAPPORTEUR SPÉCIAL SUR LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME

EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE


« Il n’y a aucun signe d’amélioration de la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC) », a affirmé cet après-midi, au cours d’une conférence de presse au Siège de l’ONU à New York, le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans ce pays qui a également regretté que le nouveau leadership coréen n’ait pas apporté de perspectives nouvelles.


M. Marzuki Darusman, qui est à New York pour participer aux travaux de la Troisième Commission chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles, a estimé qu’il était temps que la communauté internationale établisse un mécanisme d’enquête plus approfondi sur la situation des droits de l’homme en RPDC.  Il a appelé les coauteurs de la résolution annuelle de la Troisième Commission à envisager un texte qui prenne en compte une perspective à plus long terme.


« Tout ce qui peut être dit sur la Corée du Nord a déjà été dit », s’est expliqué le Rapporteur spécial.  « Ce pays a une capacité de résistance qui lui est propre et qui lui permet de continuer de survivre et de défier toutes les analyses qui le vouent à devenir un État défaillant », a-t-il ajouté.


Le Rapporteur spécial s’est montré dubitatif quant à l’intention du nouveau Président, M. Kim Jong Un, d’autoriser un accès plus large à l’Internet.  « Le système politique de ce pays est tel qu’il ne pourra permettre qu’un accès limité ».  Le Rapporteur spécial a néanmoins reconnu que la RPDC sera « inévitablement » amenée à faire face au processus de mondialisation et à la « dynamique » des technologies de l’information.


M. Darusman a avoué être « très préoccupé » par le fait que sur une population de 35 millions de personnes, 16 millions continuent de souffrir d’insécurité alimentaire et de malnutrition, sans compter les preuves « considérables » d’hypotrophie nutritionnelle chez les enfants.


Face à cette situation, il a qualifié de « déconcertant » le fait que le nouveau Président ait annoncé que ses « première, deuxième et troisième priorités seraient le renforcement de l’armée ».


« Une faible croissance économique conjuguée à une politique du tout militaire sera néfaste à la population », a averti M. Darusman qui a dit craindre que, malgré son caractère chronique, la pénurie alimentaire n’ait pas d’impact immédiat sur le système politique du pays.


Rapporteur spécial depuis août 2010, M. Darusman a avoué que malgré ses multiples requêtes, les autorités de la RPDC ne l’avaient toujours pas autorisé à se rendre dans le pays.  Si par le passé, la Mission permanente de la RPDC auprès de l’ONU n’accusait pas réception des lettres de demande, aujourd’hui elle prend la peine de répondre par écrit.  « C’est sans doute là un signe de progrès », a ironisé le Rapporteur spécial.


M. Darusman s’est revanche rendu dans plusieurs des pays concernés par la situation en RPDC, entre autres en République de Corée et en Mongolie.  Il a indiqué aujourd’hui qu’il était en discussion avec la Mission permanente de la Chine pour déterminer le moment le plus propice de déposer une demande de visa pour se rendre sur la frontière avec la RPDC.


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