05/07/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE LANCEMENT DU RAPPORT INTITULÉ « LA SITUATION

ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DANS LE MONDE EN 2012 »


Le Directeur de la Division de l’analyse des politiques de développement du Département des affaires économiques et sociales (DAES), M. Robert Vos, a lancé un appel, ce matin devant la presse, en faveur d’une taxe internationale dont l’objectif est de réunir plus de 400 milliards de dollars par an afin de financer les défis du développement.


M. Vos, qui lançait le rapport du DAES intitulé « La situation économique et sociale dans le monde en 2012 », a fait observer, lors d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies, à New York, que dans un monde en proie à des difficultés financières, de nombreux pays donateurs ont réduit leur aide au développement.


En 2011, pour la première fois depuis de nombreuses années, les flux d’aide ont baissé en termes réels.  En outre, les objectifs de consacrer 0,7% du produit national brut (PNB) à l’aide publique au développement (APD) n’ont pas été atteints par de nombreux pays donateurs malgré les engagements pris lors de précédents sommets internationaux.


À ce constat, s’ajoute une préoccupation supplémentaire du fait que l’APD ne constitue pas une source stable et fiable de financement, a déploré M.  Vos.


Le rapport révèle que les besoins financiers des pays en développement ont depuis longtemps dépassé la volonté et la capacité des donateurs à fournir une aide, a souligné M. Vos.


Ainsi, trouver les ressources nécessaires pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et relever d’autres défis mondiaux comme les changements climatiques sont devenus de plus en plus problématiques surtout pour les pays les moins avancés (PMA).


La nécessité de trouver de nouvelles ressources financières plus prévisibles mais complémentaires s’est ainsi imposée.  Des initiatives novatrices ont été lancées durant la décennie passée et ont servi notamment à financer des programmes sanitaires comme les campagnes de vaccination à l’échelle mondiale, les prises en charge et les traitements des millions de personnes porteuses du VIH/sida ou atteintes de cette maladie et de la tuberculose dans les pays en développement. 


À ce sujet, l’ONU note que, bien que ces initiatives ont réussi à drainer des financements pour lutter contre ces maladies grâce à de nouvelles méthodes, les pays donateurs n’ont donné aucun financement supplémentaire pour les autres objectifs de l’aide au développement traditionnelle.


« Le rapport propose différentes façons de lever des ressources à travers des mécanismes internationaux, telles que les taxes sur les émissions de carbone, les taxes sur les trafics aériens et les taxes sur les transactions financières et monétaires », a expliqué M. Vos. 


« Ces taxes ont un sens économique car elles contribuent à stimuler la croissance verte et à atténuer l’instabilité des marchés financiers.  En réalité, ces nouveaux mécanismes de financement aideront les pays donateurs à augmenter leurs capacités à réaliser leurs promesses d’aides pour leurs propres avantages », a-t-il ajouté.


Les experts estiment à 400 milliards de dollars par an le potentiel de levée de fonds à travers ces mécanismes, a affirmé M. Vos. 


La taxe sur l’émission de dioxyde de carbone dans les pays développés pourrait générer 250 milliards de dollars par an; la taxe sur les transactions, de la moitié d’un point de base (0,005%), sur toutes les opérations dans les quatre grandes monnaies que sont le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling, pourrait rapporter 40 milliards de dollars par an; la taxe proposée par l’Union européenne sur les transactions financières est évaluée à 55 à 71 milliards de dollars par an; et enfin, les allocations régulières des droits de tirage spéciaux (DTI) du Fonds monétaire international (FMI) pour l’achat d’actifs à long terme qui ensuite devraient être utilisés pour le financement du développement, rapporteraient environ 100 milliards de dollars par an à la coopération internationale.


En outre, le potentiel de financement novateur du développement est particulièrement élevé dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques.  Ces mécanismes ont déjà levé environ 1 milliard de dollar pour les changements climatiques, bien que les décaissements aient, jusqu’à présent, été relativement limités.  Leur potentiel est estimé entre 20 et 35 milliards de dollars par an.


L’efficacité des mécanismes développés dans le rapport dépend de la consolidation des fonds déjà disponibles, de la structure de gouvernance qui doit assurer une représentation adéquate des pays bénéficiaires, de l’importance de l’efficacité de l’aide convenue aux pays bénéficiaires.


Par ailleurs, les financements doivent être destinés effectivement aux besoins mondiaux en développement.  M. Vos a enfin souligné l’importance de la volonté politique et d’un accord international pour concrétiser ces mécanismes.


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