13/06/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU DIRECTEUR DE LA DIVISION DE L’ANALYSE DES POLITIQUES DE DÉVELOPPEMENT POUR LE LANCEMENT DU « RAPPORT ÉCONOMIQUE SUR L’AFRIQUE DE 2012 »


Robert Vos, Directeur de la Division de l’analyse des politiques de développement du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DAES), a affirmé aujourd’hui que malgré une baisse de sa croissance économique en 2011, l’Afrique avait le potentiel de devenir un nouveau pôle de croissance mondiale à condition de surmonter les défis qu’elle continue à faire face en matière d’exploitation des ressources, d’infrastructures, de protection sociale et de chômage, entre autres.


« L’Afrique a encore un long chemin à parcourir.  Mais si elle parvient à maintenir sa croissance moyenne aux alentours de 5% par an, dans 20 ans elle pourra espérer détenir 5% de l’économie mondiale, comparé au 2% qu’elle représente actuellement », a-t-il soutenu.


M. Vos, qui présentait à la presse le document intitulé « Rapport économique sur l’Afrique de 2012 » dans le cadre d’une conférence de presse organisée au Siège de l’ONU, à New York, a indiqué que, dans son ensemble, l’économie africaine devrait connaître en 2012 un taux de croissance de 4,2%, comparé au taux de 2,1% enregistré en 2011.  M. Vos a précisé que les chiffres de 2011 étaient principalement imputables aux troubles politiques et sociaux qu’a connus l’Afrique du Nord.


Pour que l’Afrique devienne un pôle de croissance mondiale, il faut, a souligné M. Vos, y promouvoir un leadership visionnaire, le renforcement des institutions, la bonne gouvernance et le respect de l’état de droit, sans oublier l’investissement dans le capital humain et la technologie, et la promotion de l’intégration économique sur le plan régional.


Un potentiel énorme réside en outre dans le fait que l’Afrique est désormais plus attrayante aux yeux des investisseurs étrangers, notamment à cause de ses importantes ressources naturelles.  L’Afrique, a fait savoir M. Vos, recèle en effet 12% du pétrole mondial, 40% des mines d’or, et entre 80% et 90% du chrome et du platine de la planète.  Qui plus est, 52% de ses terres sont arables, et le continent compte également d’importantes ressources en bois.


En outre, malgré une augmentation du commerce intrarégional, « l’énorme » marché régional du continent africain demeure inexploité, ce qui pourrait l’aider à attirer des niveaux encore plus élevés d’investissement étranger et domestique.


M. Vos a également attiré l’attention sur le fait que la population de l’Afrique est la plus jeune de la planète, et que le continent peut donc compter sur un rapide élargissement de sa force de travail.


M. Vos s’est cependant inquiété des progrès trop modestes enregistrés à travers le continent en matière de développement social et humain.


Le chômage reste élevé, notamment chez les jeunes, et lorsqu’il y a des emplois, ils sont souvent vulnérables, se situant généralement dans le secteur informel ou dans celui de l’agriculture, qui sont à faible rendement.  L’inégalité des revenus et de l’accès aux avoirs et aux services sociaux s’est accrue, tandis que la pauvreté demeure obstinément élevée et que la protection sociale reste limitée, a notamment déploré le Directeur de la Division de l’analyse des politiques de développement du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU


M. Vos a également insisté sur l’importance de déclencher le potentiel agricole du continent africain et d’y investir dans le développement durable, afin de renforcer la sécurité alimentaire du continent.  De larges pans de l’Afrique sont particulièrement vulnérables aux chocs climatiques, a-t-il cependant indiqué.


Investir dans les infrastructures physiques en Afrique est d’une importance critique, car beaucoup trop de produits agricoles sont perdus pour la simple raison que les agriculteurs ne peuvent pas accéder aux marchés, a ensuite indiqué Robert Vos.  Il a également estimé nécessaire d’améliorer la gestion des ressources naturelles africaines, afin d’éviter l’émergence potentielle de conflits véritables, comme ce fut le cas en Sierra Leone, à cause des gisements de diamants que recèle ce pays.


M. Vos a par ailleurs averti qu’un débordement de la crise qui affecte la zone euro pourrait conduire à une baisse des exportations africaines et à une plus grande volatilité des flux de capitaux, de l’aide publique au développement, et des envois de fonds qu’opèrent vers leurs pays d’origine les Africains expatriés, notamment.


« Si la fragilité financière s’affirme en Europe, cela pourra avoir une incidence sur les investissements étrangers directs ainsi que sur les envois de fonds », a-t-il signalé.  « La crise de l’euro », a-t-il ajouté, « souligne  la nécessité d’opérer un changement transformatif pour diversifier les économies africaines afin de les rendre plus résistantes aux chocs externes ». 


« L’Afrique peut profiter de l’économie mondiale, mais elle doit cependant demeurer prudente afin de ne pas devenir une de ses victimes », a-t-il averti.


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