04/06/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE SUR LA CONFÉRENCE RIO+20 SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE


À 10 jours de la troisième session du Comité préparatoire de la Conférence sur le développement durable Rio+20, les États sont loin d’avoir atteint un accord sur ce qui devrait être inscrit dans une déclaration ou dans un plan d’action, a estimé, cet après-midi, M. Jeffrey Huffines, représentant de la société civile lors d’une conférence de presse, à New York.


M. Huffines, qui représentait l’organisation non gouvernementale « Civicus », a fait part de ses observations sur le dernier cycle informel des négociations sur le projet de document final de Rio+20, qui se sont tenues du 28 mai au 2 juin, au Siège de l’ONU, à New York.


« À ce stade, les États Membres ne sont parvenus à un accord que sur 70 paragraphes des 329 qui composent le projet de document final.  Des divergences de vues subsistent et c’est pourquoi, des efforts soutenus sont nécessaires pour les surmonter au cours de la dernière session du Comité préparatoire, la semaine prochaine à Rio, a-t-il insisté.


Ces divergences de vue, a-t-il précisé, concernent principalement trois nouvelles questions qui seront abordées lors de la Conférence sur le développement durable, qui se tiendra à Rio de Janeiro, du 20 au 22 juin.  Il s’agit de la notion d’« économie verte », de la définition des « Objectifs de développement durable » et du nouveau cadre à créer, au sein de l’ONU, pour les futures activités liées au développement durable.


La société civile est, par ailleurs, particulièrement préoccupée par certaines tentatives de la part des pays industrialisés de revenir sur des principes sur lesquels les États Membres se sont mis d’accord, en 1992, à Rio, en particulier en ce qui concerne l’aide financière aux pays en développement et les transferts de technologies pour les aider à mettre en œuvre Action 21.


Il a noté qu’il existait sur cette question un « manque de confiance » entre le Nord et le Sud car « la plupart des engagements, qui avaient été pris à cet égard, n’ont toujours pas été remplis. »


S’agissant des thèmes centraux de Rio+20, le responsable de « Civicus » a noté que la question de l’économie verte demeurait délicate.  « Un certain nombre de pays maintiennent une position négative à ce sujet, tandis que d’autres parlent toujours de « croissance verte ».  Or, nous ne devons pas oublier que l’économie verte est liée au développement durable et à la lutte contre la pauvreté », a rappelé M. Huffines.


Une deuxième question, celle de la création d’un organe pour le développement durable, continue de diviser les États Membres malgré d’importants progrès, a expliqué le représentant de « Civicus ».  Plusieurs délégations semblent en effet soutenir la mise en place d’un Forum mondial pour le développement durable.  D’autres s’expriment soit en faveur d’un Conseil pour le développement durable, soit d’une nouvelle réforme du Conseil économique et social (ECOSOC).


Enfin, la question du renforcement du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) est aussi très débattue et ses grandes lignes demeurent, jusqu’à présent, peu claires, a fait remarquer M. Huffines.  « Comment renforcer le PNUE et vers quoi le diriger? » sont deux des questions qui sont débattues à la table des négociations, a-t-il souligné.  Les États-Unis, a-t-il fait remarquer, s’opposent à la transformation du Programme en une institution spécialisée du système des Nations Unies.


Face à ces divergences, il faudrait faire preuve de plus de volonté politique et s’engager à prendre des mesures concrètes, a insisté le représentant de « Civicus ».  La Conférence Rio+20 représente, a-t-il dit, une occasion unique pour toutes les négociations afin de parvenir à un accord sur un ensemble de recommandations, de travailler ensemble et d’achever le futur que nous voulons.


L’ONG « Civicus » est l’une des organisations partenaires désignées par les Nations Unies pour représenter les « grands groupes » de la société civile.


Le programme d’action pour le développement durable « Action 21 », adopté lors du Sommet de la Terre de Rio, en 1992, définit neuf « grands groupes » : les femmes; les enfants et les jeunes; les populations autochtones; les organisations non gouvernementales (ONG); les autorités locales; les travailleurs et les syndicats; les entreprises et l’industrie; la communauté scientifique et technique; et les agriculteurs.   


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