18/07/2012
Conseil de sécurité
CS/10710

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Conseil de sécurité                                        

6807e séance – matin                                       


LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL POUR LA LIBYE AFFIRME DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

QUE LE PAYS EST SUR LA BONNE VOIE


« Le peuple libyen s’avance maintenant d’un pas assuré

vers l’avènement d’un État moderne », assure le représentant de la Libye


Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, M. Ian Martin, a affirmé ce matin, devant le Conseil de sécurité, que le pays, « en cette période de transition pacifique et démocratique », était « en bonne position par rapport à d’autres situations d’après-conflit ».


« Le peuple libyen s’avance maintenant d’un pas assuré vers la reconstruction du pays et l’avènement d’un État moderne », a assuré, de son côté, le délégué de la Libye.


« Lorsque je me suis rendu pour la première fois à Benghazi pour y rencontrer le Conseil national de transition et discuter d’une assistance possible de l’ONU en Libye une fois les combats terminés, je n’imaginais pas que la Libye pouvait être aussi loin aujourd’hui », a témoigné M. Martin.


Le Représentant spécial, qui a indiqué s’exprimer probablement pour la dernière fois devant le Conseil de sécurité sur la question de la Libye, est largement revenu sur les élections du 7 juillet, lesquelles se sont déroulées, a-t-il dit, dans un esprit « qui a profondément impressionné tous les observateurs ». 


Les Libyens, a-t-il expliqué, se sont présentés en masse aux urnes pour voter, affichant « l’émotion et la fierté d’un peuple qui n’a pu jouir de la liberté démocratique pendant fort longtemps ».  « Là où la violence menaçait le scrutin, c’est la détermination et le courage des électeurs eux-mêmes qui ont permis que celle-ci n’éclate pas », a-t-il dit.


Un total de 2 501 candidats indépendants, y compris 84 femmes, étaient inscrits au scrutin uninominal, tandis que 1 207 candidats, dont 545 femmes, figuraient sur les listes des partis politiques pour le scrutin à la proportionnelle.


La période a été marquée par quelques incidents violents, en particulier dans l’est du pays, a-t-il souligné, précisant que la Haute Commission électorale nationale avait su faire face à ces défis.  Les attaques contre les bureaux de vote, notamment à Benghazi, n’ont pas permis de faire dérailler le processus, a-t-il ajouté.


Le Représentant spécial a indiqué que 1,7 million des 2,8 millions d’électeurs inscrits s’étaient rendus aux urnes, soit un taux de participation de 62%.  « Le Conseil de sécurité a raison d’avoir reconnu d’ores et déjà le travail remarquable de la Haute Commission électorale nationale », a-t-il déclaré, qualifiant d’exemplaires les relations entre celle-ci et l’Équipe des Nations Unies pour l’appui électoral.


M. Martin a affirmé que la Commission électorale avait annoncé hier soir les résultats préliminaires du scrutin.  Un petit nombre de plaintes ont été enregistrées, ce qui signifie que les résultats définitifs pourraient être publiés d’ici à deux semaines.  Le Conseil national de transition convoquera alors la première réunion du Congrès national avant de procéder à son autodissolution.


Il s’agira alors, a observé M. Martin, du « premier transfert pacifique et démocratique du pouvoir en Libye ».  Ses nouveaux dirigeants politiques doivent désormais parvenir à un accord sur la formation d’un nouveau gouvernement et sur le processus d’élaboration d’une nouvelle constitution, a—t-il ajouté, notant que la question la plus urgente était « de parvenir à un gouvernement d’union nationale ».


Le Représentant spécial a, ensuite, énuméré et commenté les défis auxquels la Libye est confrontée en matière de justice, de sécurité et de défense, et, à cet égard, du rôle de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL).  « La capacité à rendre justice est essentielle à la réconciliation », a-t-il notamment dit, précisant qu’il ne s’agissait pas là seulement d’une question théorique ou de principe, mais d’une « façon pratique de résoudre les conflits locaux ».  Il a ajouté que la MANUL appuyait ainsi la Commission d’établissement des faits et de réconciliation.


Le représentant de la Libye a souligné, pour sa part, que les « élections justes et libres », dont les résultats préliminaires viennent d’être annoncés à Tripoli, s’étaient déroulées conformément aux normes internationales. 


« Le peuple libyen n’aurait pas pu en arriver là sans les nombreux sacrifices auxquels il a dû consentir », a-t-il dit.  Il a rappelé les exactions du colonel Mouammar Qadhafi, « qui traitait les Libyens comme des esclaves personnels et tuait ceux qui s’opposaient à son autorité ». 


Le représentant s’est félicité des résolutions précédentes du Conseil de sécurité, notamment celle aux termes de laquelle la MANUL a été créée. 


Le délégué libyen a rendu hommage au rôle de la MANUL en Libye, sous la houlette de M. Martin qui a pu établir une collaboration étroite entre la Mission et les autorités libyennes.  Il a estimé que le Représentant spécial avait joué son rôle de manière exemplaire et espéré qu’il resterait à la tête de la Mission jusqu’à la fin de son mandat.


M. Martin a cité aujourd’hui les défis que la Libye doit relever.  À la réforme des secteurs de la sécurité et de la justice, il a ajouté le développement d’institutions dignes d’un État moderne, dont l’assainissement d’une bureaucratie « vieille et lourde »; la diversification de l’économie et la création d’emplois; la lutte contre la corruption dans la gestion des richesses nationales; et la règlementation du travail des migrants.  Ce sont là, a-t-il dit, des tâches qui iront bien au-delà du mandat du prochain gouvernement.


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