27/06/2012
Conseil de sécurité
CS/10688

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Conseil de sécurité

6793e séance – matin


AFGHANISTAN: LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT AUX OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX

SOULIGNE LES PROGRÈS RÉALISÉS LORS DES CONFÉRENCES DE KABOUL ET DE CHICAGO


« Un optimisme prudent est de mise », affirme le Secrétaire général dans son rapport


Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous, a mis l’accent, aujourd’hui devant le Conseil de sécurité, sur les progrès importants réalisés sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales à l’occasion de la Conférence ministérielle de suivi de Kaboul, tenue le 14 juin, et du Sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) qui a eu lieu à Chicago, le 21 mai. 


Ces progrès, a affirmé M. Ladsous, qui présentait le rapport trimestriel du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan, ont « contribué à façonner et à définir plus précisément les contours de l’avenir de l’Afghanistan, alors que le pays s’achemine vers l’autonomie ».


Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, estime, dans le rapport débattu aujourd’hui par le Conseil, qu’au vu de l’évolution de la situation concernant la transition en matière de sécurité, le développement humain, la société civile et le cadre institutionnel afghan, « un optimisme prudent est de mise ».


M. Ladsous a indiqué que le processus d’Istanbul, dirigé par les Afghans, en partenariat avec les acteurs régionaux, et avec l’appui de la communauté internationale, avait permis d’« importantes avancées » depuis son lancement en novembre 2011.  Ce processus, a-t-il dit, doit « contribuer à notre objectif commun, qui est celui de construire une région jouissant de la stabilité, de prospérité, et de coopération ». 


Le Secrétaire général adjoint a noté que si, en Afghanistan, ces trois derniers mois avaient montré une diminution spectaculaire du nombre d’incidents à la sécurité depuis 2011, en revanche, la recrudescence d’incidents à grande échelle et un recours croissant à des actions ciblant les civils restent préoccupants.


De son côté, le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), M. Yury Fedotov, a présenté les dernières activités de l’Office dans la région de l’Afghanistan et a, à cet égard, rappelé que le pays générait environ 90% de la production mondiale d’opiacées, le sud de l’Afghanistan étant en outre la région qui produit le plus d’opium au monde. 


M. Fedotov a indiqué qu’au cours de sa récente visite sur le terrain, il a invité le Président afghan, M. Hamid Karzaï, à s’attaquer à ce problème à tous les niveaux et à en faire une priorité nationale, ce qu’a accepté le leader afghan.


Le Représentant permanent de l’Afghanistan auprès des Nations Unies, qui prenait part au débat, a assuré que la transition vers l’appropriation et le leadership  des actions concernant leur pays par les Afghans était la principale priorité stratégique de son pays.  Il a ajouté que la troisième étape de la transition sécuritaire devrait être achevée d’ici à la fin de l’année, suite à quoi les Forces de sécurité afghanes assureraient la sécurité de 75% de la population afghane.  Les autres priorités essentielles, a expliqué le représentant, seront l’établissement d’un gouvernement « plus propre et plus compétent », le renforcement de la gouvernance, la lutte contre la corruption et le renforcement de l’état de droit.


Au cours du débat qui a suivi, les délégations se sont félicitées des avancées obtenues, tout en relevant les défis qu’il reste pour le pays à surmonter.


La représentante des États-Unis a rappelé que son pays avait signé avec l’Afghanistan un accord de partenariat stratégique.  Cet accord, a-t-elle dit, prévoit un cadre de relations à long terme entre les deux pays après le retrait responsable qu’opèreront les forces américaines d’Afghanistan.  De même, l’accord renforce la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Afghanistan. 


Le représentant de la Fédération de Russie, considérant qu’un règlement du problème afghan uniquement par des moyens militaires était impossible, a souligné l’importance de maintenir la clarté concernant toute opération de l’OTAN en Afghanistan, une telle opération devant être sanctionnée par le Conseil de sécurité.


Les principes de cette mission ont été précisés au cours du débat par le Secrétaire général adjoint de l’OTAN, M. Stephen Evans.  M. Evans, qui a notamment fait un bilan du Sommet de Chicago, a indiqué que ces principes régissant la création de cette future mission découlaient de l’autorisation accordée à cet égard par le Conseil de sécurité des Nations Unies, la mission devant poursuivre les objectifs assignés par les Nations Unies. 


Le représentant de la Turquie a noté que depuis le processus lancé lors de la Conférence d’Istanbul sur le thème « sécurité et coopération au cœur de l’Asie », en novembre dernier, les partenaires régionaux avaient entamé avec l’Afghanistan une coopération qu’il a jugée « positive ».  La région est unie par son destin, a-t-il déclaré, ajoutant que celle-ci ne pourra jouir de la paix et de la stabilité tant que l’Afghanistan sera instable. 


L’Inde, qui doit organiser demain, à New Delhi, une réunion de haut niveau sur les investissements en Afghanistan, a mis l’accent sur la nécessité de créer un environnement favorable permettant au peuple afghan de vivre dans la paix et la sécurité et de choisir son propre avenir, sans ingérence extérieure, et sans coercition.


LA SITUATION EN AFGHANISTAN


Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales (S/2012/462)


Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, dans ce rapport trimestriel, fait le point des activités menées par les Nations Unies en Afghanistan, notamment dans les domaines de l’action humanitaire, du développement et des droits de l’homme, et présente une synthèse des faits importants survenus au niveau politique et sur le plan de la sécurité, ainsi que des informations sur les événements régionaux et internationaux en rapport avec l’Afghanistan.


Ainsi, au vu de l’évolution de la situation concernant la transition en matière de sécurité, le développement humain, la société civile et le cadre institutionnel afghan, un optimisme prudent est, selon lui, de mise.


Néanmoins, poursuit-il, il ne faut pas sous-estimer les difficultés graves qui existent, d’autant que le retrait progressif des forces militaires et la réduction attendue de l’aide au développement engendrent des incertitudes quant à la pérennisation de ces acquis.


D’importantes répercussions économiques, des pertes d’emplois, voire une augmentation des besoins humanitaires, au moins à court et à moyen termes, sont prévisibles dans un pays dont les indicateurs de développement humain figurent parmi les plus faibles au monde.


Les obstacles à la stabilité demeurent multiples, dont l’insurrection, l’impunité, la corruption, la criminalité et une augmentation de la production et du trafic de stupéfiants.  La transition peut offrir l’occasion de réorienter et de hiérarchiser les efforts, mais elle peut aussi être une source d’instabilité.  Elle peut raviver les tendances déstabilisatrices qui ont eu un effet dévastateur sur le pays dans le passé, en particulier si elle s’accompagne de divisions ethniques.


Il faut donc, à titre prioritaire, parvenir à un consensus politique national et mettre en œuvre, de manière prévisible, et en toute confiance, les engagements réciproques avec la participation et l’appui à long terme de la communauté internationale.


Pour le Secrétaire général, la protection des civils et la responsabilisation des services de sécurité doivent être un élément central de la planification, aussi bien en ce qui concerne les obligations internationales que, à l’intérieur de l’Afghanistan, comme facteur indispensable à la consolidation de la légitimité du Gouvernement afghan.  De manière générale, il faut d’urgence mettre en place des cadres pour la gouvernance et l’aide au développement à long terme, recommande Ban Ki-moon.


Outre la réunion ministérielle tenue à Kaboul en juin et le renforcement de la cohérence des initiatives régionales de coopération, M. Ban dit attendre avec intérêt la conférence internationale qui se tiendra à Tokyo en juillet et la poursuite des discussions concernant les engagements socioéconomiques bien au-delà de 2014.


Par ailleurs, il estime que le Gouvernement devrait, avec l’appui international, poursuivre ses efforts pour renforcer sa légitimité et mettre l’accent sur les acquis durables en matière de sécurité, notamment en appuyant la mise en place d’un cadre juridique solide pour les questions de détention et un régime juridique pour la détention administrative ou l’internement, tout en clarifiant le cadre juridique réglementant la conduite des opérations spéciales, des interrogations, et des détentions par les forces afghanes.


M. Ban ajoute que la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) est disposée à soutenir et à favoriser un dialogue politique interafghan constructif et sans exclusive, le cas échéant.


S’agissant des prochaines élections, il observe qu’il revient aux autorités et au peuple afghans de jouer le rôle directeur, aussi bien dans la mise en œuvre du processus électoral que dans la définition du cadre électoral, ce qui suppose l’implication des divers acteurs politiques.


Notant que des discussions officieuses ont lieu sur le futur rôle de l’ONU en Afghanistan, il affirme que l’Organisation ne ménagera aucun effort pour soutenir le pays, même s’il n’en sera pas moins difficile de satisfaire tous les besoins prévus.


Il convient de reconnaître le caractère unique du rôle, des domaines de compétence et de l’expérience des Nations Unies, souligne-t-il.  Il faut un large consensus sur un cadre global pour l’appui international à l’Afghanistan et sur le rôle que doit jouer l’ONU dans ce cadre, compte tenu des difficultés budgétaires, préconise-t-il.  Ainsi, de la conférence qui se tiendra à Tokyo doit émerger un message clair que l’Afghanistan ne sera pas abandonné face à ses besoins de développement et ses besoins sociaux.


Des engagements concrets doivent être pris en faveur de l’appui à long terme à l’Afghanistan, de sa stratégie d’autonomie, et de ses programmes prioritaires nationaux, alors que le pays s’emploie à assurer sa viabilité budgétaire et économique au-delà de 2014.


Toute réduction brusque de l’assistance compromet les réalisations et peut aussi aggraver les besoins humanitaires, prévient M. Ban.  La prévisibilité et une large participation sont indispensables pour assurer une planification efficace et susciter la confiance à l’avenir, conclut-il.


Déclarations


M. HERVÉ LADSOUS, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a affirmé que des progrès importants avaient été réalisés à l’occasion des deux conférences internationales de Kaboul et de Chicago, et il a indiqué qu’une troisième rencontre du même genre se tiendra le mois prochain à Tokyo.  Ces progrès, a-t-il dit, ont contribué à façonner et à définir plus précisément les contours de l’avenir de l’Afghanistan, alors que le pays s’achemine vers l’autonomie.


La Conférence ministérielle de Kaboul, qui s’est tenue le 14 juin, fut l’occasion pour l’Afghanistan de démontrer son efficacité dans la conduite d’un processus essentiel pour sa stabilité à venir: celui de développer la confiance et la coopération régionale.  Le processus d’Istanbul, dirigé par les Afghans, en partenariat avec les acteurs régionaux, et avec l’appui de la communauté internationale, a permis d’importantes avancées depuis son lancement en novembre 2011, a ajouté M. Ladsous.


Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix a estimé que ce processus représente une avancée stratégique qui est particulièrement importante, notamment parce que sous conduite afghane.  Il s’ajoute aux instances bilatérales, trilatérales et multilatérales déjà en place, avec, en particulier, l’Organisation de coopération de Shanghai, la Conférence afghane de coopération économique régionale, et l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale.  Le processus doit, a dit M. Ladsous, contribuer à notre objectif commun, qui est celui de construire une région jouissant de la stabilité, de prospérité et de coopération. 


M. Ladsous a estimé que la réunion du 21 mai sur l’Afghanistan avait, dans une large mesure, concouru à définir la configuration du soutien à long terme apporté aux Forces de sécurité afghanes.  Il a mis l’accent sur la nécessité, alors que les Forces de sécurité afghanes assument peu à peu leurs responsabilités, de continuer à prôner le renforcement de leurs mécanismes de contrôle et de sécurité.


Ces trois derniers mois ont montré, a-t-il constaté, en s’appuyant à cet égard sur le rapport du Secrétaire général, une diminution spectaculaire du nombre d’incidents à la sécurité depuis 2011.  Mais en revanche, a-t-il noté, le rapport fait aussi état d’incidents à grande échelle et d’un recours croissant à des actions ciblant les civils.


La MANUA a observé que 2011 avait été la cinquième année consécutive au cours de laquelle on a constaté un accroissement du nombre de victimes civiles, et ceci n’est pas acceptable, a déclaré le Secrétaire général adjoint.  La sécurité seule ne contribuera pas à apporter une paix et une stabilité durables en Afghanistan, a-t-il de même souligné, soulignant l’importance de l’engagement en faveur du secteur du développement socio-économique.


M. Ladsous a par ailleurs noté que les élections de 2014 constitueraient un véritable tournant et auraient des répercussions importantes sur les progrès enregistrés à ce jour.  Elles devront se tenir conformément à la Constitution, afin de parvenir à une transition en douceur et de démontrer la capacité croissante de l’Afghanistan à assumer sa souveraineté, a-t-il affirmé, se félicitant de la déclaration qu’a faite le Président Karzaï à Chicago, et dans laquelle il a indiqué que les élections doivent être caractérisées par l’intégrité et dénuées de toute intervention interne et externe.


S’agissant du futur de la MANUA, M. Ladsous a mis l’accent sur les conséquences qu’a à travers le monde la crise économique, et en particulier son impact sur les économies dites majeures.  Ceci a des conséquences sur le niveau de contribution de ces pays au budget des opérations de maintien de la paix.  Cet état de chose affectera la MANUA, a prévenu M. Ladsous, jugeant que les attentes vis-à-vis de la Mission étaient irréalistes face à l’austérité budgétaire de plus en plus grande. 


La MANUA et d’autres missions politiques spéciales, a-t-il poursuivi, doivent respecter les objectifs fixés par l’Assemblée générale dans son budget biannuel.  Il a ainsi rappelé que le budget consacré à la MANUA en 2013 reflèterait les réductions demandées par les États Membres.  M. Ladsous a également souligné que la MANUA devra revoir tous les aspects de ses structures de soutien et établir une hiérarchie dans ses activités programmatiques.


Pour le Secrétaire général adjoint, les discussions informelles sur le rôle de la communauté internationale, y compris le rôle des Nations Unies, après 2014, en Afghanistan, doivent prendre en considération les contraintes budgétaires et programmatiques, ainsi que les impératifs de la transition et la situation sur le terrain.  Ces discussions, a-t-il conclu, doivent faire également l’objet d’un processus de consultation adéquat, d’abord et avant tout avec le Gouvernement afghan, afin de permettre au Conseil de sécurité de prendre des décisions de manière éclairée.


M. YURY FEDOTOV, Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), a présenté les dernières activités de l’Office dans la région de l’Afghanistan, et a, à cet égard, rappelé que l’Afghanistan génère environ 90% de la production mondiale d’opiacées, le sud du pays étant en outre la région qui produit le plus d’opium au monde.  L’édition 2012 du « Rapport mondial sur les drogues » de l’UNODC indique que, sur une production mondiale de 7 000 tonnes d’opium en 2011, l’Afghanistan en a produit 3 600 tonnes en 2010 et 5 800 tonnes en 2011.  M. Fedotov a ajouté que le trafic d’opiacées génère des bénéfices de 68 milliards de dollars au profit de réseaux criminels et cause des dizaines de milliers de morts chaque année.  L’Afghanistan a en outre l’un des taux les plus élevés de prévalence du VIH/sida au monde, a-t-il dit.  En outre, le trafic de drogues porte atteinte à la stabilité de la région et alimente la criminalité organisée ainsi que la corruption. 


M. Fedotov a indiqué qu’au cours de sa récente visite sur le terrain, il a invité le Président afghan, M. Hamid Karzaï, à s’attaquer à ce problème à tous les niveaux et à en faire une priorité nationale, ce que le Président a accepté.  Nous avons aussi pu constater que les autorités de lutte contre la drogue sont engagées sérieusement dans ce combat, a dit M. Fedotov.  Au 19 juin, 10 871 champs de pavot ont été éliminés, a-t-il poursuivi, ce qui représente une augmentation de 173% des champs éliminés, par rapport à 2011.  Il a aussi signalé une maladie qui touche actuellement les plants de pavot, tout en notant que ce n’est pas la façon la plus appropriée de résoudre le problème.  Nous ne pouvons pas ralentir le rythme de nos efforts, a averti le Directeur exécutif de l’UNODC.


Au niveau politique, nous profitons de l’élan donné par le Pacte de Paris, tout en continuant de développer des programmes régionaux intégrés, a indiqué M. Fedotov.  Il a ajouté que l’UNODC a lancé en mai dernier son « Programme de pays pour l’Afghanistan », qui est doté de 117 millions de dollars.  Il a aussi mentionné la nécessité de renforcer les contrôles aux frontières.  Il a également évoqué trois nouvelles initiatives qui portent sur les bénéfices que génère le crime, sur les moyens de subsistance alternatifs, et sur le trafic de drogues par la mer entre l’Iran et le Pakistan.  Par ailleurs, un programme régional pour l’Europe du Sud-Est, lancé en mai, se concentre sur la drogue qui transite par l’Asie centrale et les Balkans, a indiqué M. Fedotov.  Il a demandé aux États Membres de faire comprendre à l’opinion afghane que les drogues illicites et le crime peuvent saper les efforts de développement socioéconomique du pays, surtout en prévision de la situation à laquelle devra faire face l’Afghanistan après 2014.


M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a tout d’abord indiqué que l’Accord de partenariat stratégique stable, qui a été signé entre son pays et les États-Unis, avait été approuvé par les deux chambres du Parlement afghan.  Il a ajouté que des partenariats stratégiques avaient également été établis avec l’Italie, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Australie, et que des discussions étaient actuellement en cours avec la Turquie, la Norvège et l’Union européenne dans le but de conclure des accords similaires.  Un partenariat stratégique a également été établi avec la Chine, a précisé le représentant afghan.  M. Tanin a également indiqué que la tenue, il y a 15 jours à Kaboul, de la Conférence ministérielle des pays du cœur de l’Asie, avait été l’occasion de faire avancer les objectifs du Processus d’Istanbul et de réaffirmer l’engagement de l’Afghanistan à mettre en œuvre un large éventail de mesures de rétablissement de la confiance.


Le représentant a ensuite fait savoir que son pays avait obtenu le statut d’observateur du Conseil de Shanghai pour la coopération lors de la conférence récemment tenue à Beijing, indiquant que c’était là une avancée importante.  Il a ensuite annoncé que la tenue, le mois prochain, de la conférence ministérielle de Tokyo sera l’occasion pour l’Afghanistan de présenter un plan d’action détaillé sur l’autonomie, ainsi que le programme de ses priorités nationales.  Cette conférence sera également l’occasion, pour la communauté internationale, de solidifier les engagements pris dans le cadre de la Décennie pour la transition et la transformation, a-t-il indiqué.


La transition vers l’appropriation et le leadership par les Afghans est notre principale priorité stratégique, a enchainé M. Tanin.  Il a fait savoir que la troisième étape de la transition sécuritaire devrait être achevée d’ici à la fin de l’année, suite à quoi les Forces de sécurité afghanes assureront la sécurité de 75% de la population afghane.  Les autres priorités essentielles, a-t-il ajouté, seront l’établissement d’un gouvernement qui soit « plus propre et plus compétent », le renforcement de la gouvernance, la lutte contre la corruption et le renforcement de l’état de droit.


M. Tanin a ensuite fait savoir que la mise en œuvre du volet socioéconomique de la transition comportait de nombreux défis, pour ensuite préciser que les programmes afghans de priorité nationale mettaient également l’accent sur le développement de l’agriculture du pays, ainsi que sur celui de ses ressources humaines, de son infrastructure et de son secteur privé.  Il a également parlé du problème de la drogue, qui est « la plus importante entrave au développement et à la sécurité en Afghanistan », et a affirmé que l’Afghanistan n’épargnait aucun effort pour débarrasser les populations du pays de ce fléau.  Il a indiqué que la culture du pavot avait été réduite de manière significative au cours des cinq dernières années, et que de plus en plus de personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants étaient traduites en justice.  Il a cependant indiqué que, pour apporter une solution à long terme à ce problème, il fallait répondre aux facteurs dominants qui le sous-tendent, notamment en bloquant les flux de précurseurs chimiques vers l’Afghanistan et en donnant aux agriculteurs afghans d’autres perspectives pour gagner leur vie.


Le représentant a également parlé du massacre perpétré le week-end dernier, à l’hôtel Spozhmai, et a affirmé qu’en commettant de tels actes, les Taliban ne menaçaient pas l’État afghan mais portaient atteinte au cours pacifique de la vie de gens innocents.


M. PETER WITTIG (Allemagne) a souscrit à la déclaration prononcée par l’Union européenne, et a indiqué que l’Allemagne approuvait l’évaluation présentée par le Secrétaire général dans son rapport trimestriel et qui fait état d’un « optimisme prudent » concernant la situation en Afghanistan.  Il a noté que des « progrès considérables » avaient été réalisés depuis la Conférence de Bonn, qui s’est tenue en décembre dernier.  Il a, entre autres, salué le fait que 75% des enfants afghans vivent à présent dans des zones sécurisées par les Afghans, tel que cela avait été prévu et convenu. 


M. Wittig a ensuite considéré que la Conférence de Kaboul, qui s’est tenue en mai, avait montré la prise en charge, par les Afghans, de la coopération régionale.  « L’Afghanistan assume aujourd’hui son rôle au cœur d’un processus régional et s’est engagée à l’égard de plusieurs mesures de confiance », a-t-il dit, ajoutant que l’Allemagne continuerait à soutenir ce processus.  À cet égard, il a salué le fait que l’Afghanistan ait consolidé ses partenariats par le biais de plusieurs accords de coopération, y compris avec son pays. 


Dans le domaine de la sécurité, il a rappelé que, lors du Sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de Chicago, qui a eu lieu en mai, les partenaires s’étaient engagés en faveur de l’apport d’un appui aux Forces de sécurité afghanes au-delà de 2014.  Il a précisé que le maintien des gains acquis en la matière demeurait un défi majeur dans le contexte du retrait des forces internationales.  « Les progrès en matière de sécurité doivent s’accompagner d’un développement sur le long terme, et la prochaine conférence de Tokyo sera, à cet égard, l’occasion d’envisager des mesures innovantes à cet égard », a-t-il ajouté.  Il a précisé qu’à Tokyo, la responsabilité serait commune, et que l’Allemagne s’attendait à ce que le Gouvernement afghan prenne des engagements clairs, en particulier dans les domaines de la promotion d’une meilleure gouvernance, du respect des droits de l’homme, et des efforts à déployer en faveur d’accomplissements démocratiques au-delà de 2014.


M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a demandé que la MANUA soit dotée de ressources suffisantes.  Il a prévenu que toute réduction substantielle du budget de la Mission risquerait d’avoir un impact négatif sur les objectifs de l’ONU en Afghanistan.  S’agissant des questions de sécurité en Afghanistan, le représentant du Pakistan a indiqué que malgré les provocations, le Pakistan faisait preuve de la plus grande retenue.  À titre d’illustration, il a cité l’attaque menée le 24 juin contre un poste frontière pakistanais par des combattants opérant à partir de l’Afghanistan, qui a provoqué la mort de 17 soldats pakistanais.  Il a indiqué que le Pakistan faisait toujours l’effort de répondre à ce type d’agression à travers des canaux officiels de communication.  Précisant que le Pakistan était le pays qui accueillait le plus grand nombre de réfugiés afghans, M. Haroon a dit l’importance que son pays accordait aux suites de la conférence internationale sur les réfugiés afghans, qui s’est tenue à Genève, le mois dernier.  Il a également salué le programme de pays pour l’Afghanistan, couvrant la période 2012-2014, qui a été lancé par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) le mois dernier, afin de faire face au problème de la drogue tel que décrit par l’enquête annuelle sur le pavot à opium, qui couvre l’année 2011, et l’évaluation menée par l’UNODC en avril 2012 sur les risques liés à la drogue.  En conclusion, il a dit que le Pakistan avait la volonté de voir émerger un Afghanistan pacifique et stable, et il a ajouté que « pour le Pakistan, Kaboul est la capitale la plus importante du monde ».      


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a noté que des « efforts considérables » avaient été menés par l’Afghanistan au cours des derniers mois et a estimé que ces efforts et les engagements de la communauté internationale devaient continuer à se concentrer sur la nécessité d’assurer la sécurité du pays et de sa population, ainsi que sur le soutien à des mesures assurant des progrès économiques et politiques en Afghanistan grâce, également, à l’appui que peuvent apporter les pays voisins.  En ce qui concerne la transition en matière de sécurité, M. Grant a souligné que le Sommet de l’OTAN de Chicago avait apporté une contribution crédible au maintien des forces de sécurité de la coalition en Afghanistan au-delà de 2014, et que cela constituait un message clair aux rebelles.  Notant que la protection de la population civile demeurait toujours au cœur des priorités de la  Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), il s’est félicité des résultats obtenus dans ce domaine, tel que cela a été souligné dans le rapport du Secrétaire général. 


S’agissant des progrès économiques, le représentant a déclaré que le Royaume-Uni attendait avec intérêt la conférence de Tokyo, prévue en juillet prochain.  Il a estimé « crucial », pour la stabilité future de l’Afghanistan, que la communauté internationale y fasse montre d’un engagement à long terme au cours de la décennie 2015-2025 ou qu’elle prenne, à tout le moins, des engagements fermes jusqu’en 2017.  M. Grant a également appuyé tous les efforts destinés à faire en sorte que le rendez-vous de Tokyo ouvre une possibilité de participation à la société civile, et en particulier aux femmes.  Il a, par ailleurs, estimé que le Gouvernement afghan devait également honorer ses engagements en poursuivant ses réformes économiques les plus essentielles et celles lancées en vue du recouvrement par le pays de son autonomie et de sa souveraineté.  Il a ensuite réaffirmé l’engagement du Royaume-Uni à contribuer à la consolidation de mesures de confiance lorsque cela est demandé dans la région.


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a affirmé que son pays avait des liens de civilisation historiques privilégiés avec l’Afghanistan.  Ces dernières années, ces relations ont été renouvelées et renforcées grâce à l’aide apportée par l’Inde à l’Afghanistan, a souligné M. Singh Puri.  L’Inde continuera de participer à la reconstruction et à des projets de réintégration, conformément à la stratégie afghane.  Le représentant indien a également exprimé le soutien de son pays, au niveau régional, aux efforts de confiance qui constituent un élément crucial de l’appui international en faveur de l’Afghanistan.


De même, l’Inde appuie un processus transparent et inclusif de réconciliation, a dit M. Singh Puri.  Il a indiqué que son pays organiserait à New Delhi un sommet sur les investissements en Afghanistan, lequel, a-t-il dit, contribuera à contrer les images négatives que l’on a actuellement de ce pays.  Il a prôné une action concertée pour isoler les groupes terroristes et a mis l’accent sur la nécessité de créer un environnement favorable permettant au peuple afghan de vivre dans la paix et la sécurité et de choisir son propre avenir sans ingérence extérieure et sans coercition. 


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a estimé que, s’agissant de l’Afghanistan, toute vue optimiste dépendra à la fois du degré de respect des engagements souscrits par la communauté internationale, de la manière dont ce pays assumera pleinement ses responsabilités souveraines, et du niveau de la présence des Nations Unies sur le terrain.  Notant, à la lecture du rapport du Secrétaire général, que les écueils demeuraient considérables sur le terrain, il a réaffirmé l’appui du Guatemala au processus de réconciliation dirigé par les Afghans eux-mêmes et s’est félicité de la désignation d’un président pour le Haut conseil pour la paix.


Notant qu’il était prévisible qu’on assiste à une complication accrue des crises existantes dans le pays après 2014, le représentant a ensuite émis l’espoir que la communauté internationale puisse se préparer de façon opportune à cette nouvelle étape, et il a exprimé l’appui de sa délégation à la mission de bons offices menée, à cet égard, par la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).  Il s’est aussi félicité du fait que lors du Sommet de Chicago, l’OTAN et les différentes parties prenantes aient affiché leur engagement et leur appui aux Forces de sécurité afghanes au-delà de 2014.


M. SUSAN RICE (États-Unis) a affirmé que ces derniers mois la communauté internationale avait apporté son appui aux mesures de soutien visant à renforcer le rôle des dirigeants afghans dans le processus en cours, ceci au-delà de 2014.  Elle a rappelé le message clair du Président des États-Unis Barack Obama au peuple afghan.  M. Obama a clairement dit au peuple afghan qu’il n’est pas seul dans les efforts qu’il déploie en vue de reconstruire son pays.  Elle a expliqué que les États-Unis avaient signé avec l’Afghanistan un accord de partenariat stratégique.  Cet accord, a-t-elle dit, prévoit un cadre de relations à long terme entre les deux pays après le retrait responsable qu’opèreront les forces américaines d’Afghanistan.  De même, il renforce la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Afghanistan.  Il est évident, a déclaré Mme Rice, que les États-Unis ne cherchent pas à maintenir de bases permanentes en Afghanistan.  La représentante a également souligné les engagements pris en matière de lutte contre le terrorisme.


La détermination des États-Unis à l’égard du relèvement de l’Afghanistan est réelle et durable, a poursuivi Mme Rice.  Elle a souligné qu’au sommet de Chicago, en mai dernier, les dirigeants de l’OTAN avaient exprimé une nouvelle fois le soutien de l’Alliance aux militaires afghans après 2014.  Les ennemis du peuple afghan doivent savoir que des forces armées afghanes déterminées leur feront face, a-t-elle assuré.  L’amélioration de la sécurité contribuera à la réintégration et au retour des Afghans déplacés, ainsi qu’au développement économique du pays, a-t-elle également indiqué, mettant l’accent sur la nécessité d’améliorer la coopération régionale. 


M. JOÃO MARIA CABRAL (Portugal) a mis l’accent sur le renforcement des capacités des Forces de sécurité afghanes, qu’il a estimé indispensable, afin de fournir des services de protection et de répondre aux besoins de la population.  Il a également appuyé tous les efforts visant à mettre l’accent sur le renforcement de la police afghane afin, notamment, que ses forces soient mieux outillées et plus professionnelles.  Il a fait remarquer que le rapport du Secrétaire général indiquait clairement ce qui est nécessaire en la matière, et s’est félicité de l’élaboration d’un plan de police national qui établit, a-t-il dit, « des objectifs ambitieux » pour que 5 000 femmes soient recrutées dans les rangs de la police.


En matière de sécurité et de droits de l’homme, le représentant a estimé que les défis posés demeuraient considérables, et il s’est dit préoccupé par le nombre de victimes civiles dans le pays.  Il a ensuite noté les efforts déployés par le Gouvernement afghan en matière de droits des femmes, et a estimé que l’idée d’élaborer un plan d’action en vue de mettre en œuvre la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, avec l’appui de l’ONU, semblait être une bonne solution.  Il a, à cet égard, assuré le Gouvernement afghan du plein appui du Portugal en vue d’avancer dans l’accomplissement de cette tâche.


M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a indiqué que sa délégation partageait l’optimisme prudent exprimé par le Secrétaire général dans son rapport concernant la situation en Afghanistan.  Il a également mis l’accent sur la Déclaration du Sommet de l’OTAN à Chicago, selon laquelle les différentes parties prenantes participaient à la reconstruction de l’Afghanistan et continueront d’apporter leur soutien à ce pays au-delà de 2014.  Il est important, a-t-il dit, de maintenir une vision large de la transition.  Selon le représentant, les Nations Unies doivent continuer à assumer un rôle crucial dans la coordination des efforts internationaux en faveur de l’Afghanistan.  Les parties prenantes doivent, de même, afficher leur détermination à promouvoir le dialogue et la réconciliation, ainsi que le fait actuellement le Gouvernement afghan.  M. Osorio a espéré que les Taliban mettront fin à la violence et respecteront la Constitution.  Le délégué colombien a, par ailleurs, exprimé la volonté de son pays à collaborer avec l’Afghanistan en vue de lutter contre le crime organisé sous toutes ses formes.


M. ZAHEER LAHER (Afrique du Sud) a tenu à réitérer la nécessité de garantir le dialogue politique et la réconciliation afin d’assurer une paix durable en Afghanistan.  « Il ne peut clairement y avoir de solution militaire au conflit afghan », a-t-il dit, saluant les initiatives persistantes prises par le Gouvernement afin d’engager davantage l’opposition armée, ainsi que les appels répétés du Président Karzaï à celle-ci pour qu’elle dépose les armes.  Il s’est félicité de la nomination de Salahuddin Rabbani comme Président du Haut Conseil pour la paix, mais s’est dit préoccupé par la suspension unilatérale, par les Taliban, le 15 mars, des pourparlers en faveur de la restauration de la paix et de la réconciliation.


Malgré une diminution des incidents en matière de sécurité, M. Laher s’est également dit préoccupé par le nombre de victimes civiles enregistrées au cours de la période considérée par le rapport du Secrétaire général.  Il a fermement condamné l’augmentation du nombre de meurtres ciblés de civils par le biais de campagnes visant en particulier les enfants et les enseignants.  « Tous les éléments armés en Afghanistan ont la responsabilité d’assurer que les civils non armés soient protégés, et l’incapacité d’une des parties à assumer cette responsabilité ne peut demeurer impunie », a-t-il ajouté. 


M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a déclaré que, malgré les défis sérieux persistants, le dernier rapport du Secrétaire général faisait état de développements positifs importants en Afghanistan.  Il s’est également félicité de la poursuite de la dynamique de coopération, du renforcement de la confiance mutuelle, et de l’amélioration de la situation sécuritaire.  Néanmoins, l’accroissement du nombre des victimes civiles et des attaques ciblées représente une source de préoccupation, a-t-il dit.  Il a regretté, sur le plan humanitaire, le nombre des personnes déplacées soit en augmentation constante.   


M. LIMBIYE KADANGHA-BARIKI (Togo) a déploré les attaques meurtrières « qui ont lieu régulièrement et qui n’épargnent ni les populations civiles, ni les forces de défense et de sécurité », ainsi que les campagnes d’intimidation visant les leaders politiques et religieux afghans.  Estimant que l’assassinat, le 13 mai dernier, d’un membre du Haut Conseil pour la paix était révélateur « de ce climat de terreur », il a condamné les attentats, les assassinats, ainsi que toutes sortes de violences faites aux femmes et aux enfants par les forces antigouvernementales « qui n’hésitent pas à s’attaquer également aux écoles », a-t-il dit. 


Dans ce contexte, le représentant s’est félicité des efforts menés par le Président Hamid Karzaï pour poursuivre le processus de paix.  Bien que celui-ci connaisse, à l’heure actuelle, des difficultés, a-t-il dit, le Togo espère que les parties prenantes retourneront à la table des négociations.  Le représentant a également noté que la signature d’un partenariat stratégique entre les Présidents de l’Afghanistan et des États-Unis, le 1er mai, celle d’accords de partenariats avec l’Allemagne et l’Australie, ainsi que l’annonce de la conclusion d’un partenariat avec la Chine, représentaient des motifs d’espérance.  Il a salué les efforts que les pays amis de l’Afghanistan « ne cessent de déployer, aux côtés des institutions internationales, pour la pacification du pays ». 


M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a estimé que le renforcement des capacités institutionnelles de l’Afghanistan doit rester au cœur de l’assistance internationale.  L’Azerbaïdjan élargit d’ailleurs son engagement en Afghanistan aux sphères non militaires en contribuant au développement des capacités institutionnelles afghanes.  Notre pays vient d’accorder un million d’euros à la Fondation de l’armée afghane, a annoncé le représentant.  L’Azerbaïdjan a aussi décidé de participer à la mise en œuvre des mesures de rétablissement de la confiance, de celles concernant le contre-terrorisme et celles ayant trait à la lutte contre les stupéfiants.  Il en est de même concernant la promotion des chambres de commerce, des opportunités commerciales, des infrastructures régionales et de l’éducation.  Ces mesures ont été adoptées à Kaboul à la Conférence ministérielle du 14 juin dernier intitulée « Le cœur de l’Asie », a indiqué M. Mehdiyev.  L’Azerbaïdjan a fait part de sa volonté de mettre en œuvre, en particulier, les volets « lutte contre les stupéfiants » et « infrastructures régionales » de ces mesures, a-t-il souligné. 


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a affirmé qu’un règlement du problème afghan uniquement par des moyens militaires était impossible.  Il a dit souhaiter une discussion approfondie des programmes nationaux et régionaux de l’Afghanistan dans le cadre de la conférence de Tokyo.  La Fédération de Russie est prête à moderniser certaines industries à Kaboul, a-t-il dit.  L’une des priorités de la coopération entre l’Afghanistan et la Fédération de Russie est le développement du secteur des produits de base et des minéraux.  Un rôle important doit être joué par les Afghans eux-mêmes, et tout dialogue avec l’opposition armée doit se faire sur la base du respect de trois principes: le renforcement des forces de sécurité, la reconnaissance de la Constitution et la rupture des liens avec Al-Qaida, a dit le représentant. 


M. Churkin a souligné l’importance de maintenir la clarté concernant toute éventuelle opération de l’OTAN en Afghanistan, une telle opération devant être sanctionnée par le Conseil de sécurité.  Les rapports émanant de Bruxelles ont tendance à embellir la situation, a-t-il estimé, appelant à procéder à une analyse objective.  Le représentant a, de même, souligné les conséquences néfastes sur la stabilité et la sécurité de l’Afghanistan de la production illégale, du commerce, et de la production de produits narcotiques dans le pays.  Il a mis l’accent sur la nécessité de procéder à la destruction des infrastructures de culture et de production des narcotiques.  Par ailleurs, a estimé M. Churkin, la réduction des troupes internationales doit être compensée par le renforcement des capacités des troupes de combat et de police afghanes.  Il a en particulier noté l’importance de la dimension régionale des efforts déployés à cet égard. 


Mme BÉATRICE LE FRAPER (France) a rappelé que le Sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Chicago le mois dernier a entériné le principe de création d’une nouvelle mission de l’OTAN en Afghanistan qui sera, à partir de 2015, chargée de fournir formation, conseil et assistance aux forces afghanes.  Elle a précisé l’intérêt de la France à participer au développement de mesures de confiance dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, de la lutte contre les stupéfiants, et de la gestion des catastrophes naturelles, en rappelant que la coopération régionale reste une des clefs de l’avenir de l’Afghanistan.


Saluant la préparation de la conférence économique qui se tiendra le 8 juillet à Tokyo, Mme Le Fraper a estimé que l’adoption de cinq nouveaux programmes prioritaires nationaux (NPP) permettra d’avancer dans la formulation des priorités afghanes.  « Nous souhaitons qu’un accord puisse être trouvé dans la mise en place d’un mécanisme transversal en matière de lutte contre le trafic de drogues, qui est un des défis majeurs pour l’Afghanistan, pour ses voisins et pour l’ensemble de la communauté internationale », a-t-elle dit.


Elle a précisé que la France inscrit son action dans le cadre défini par l’OTAN à Lisbonne et à Chicago.  Elle a ajouté que les provinces de Surobi et Kapisa, où les troupes françaises sont déployées, font parties des tranches 2 à 3 de la transition, qui est désormais une réalité pour 75% des Afghans. « Nous allons progressivement réduire notre présence militaire, et notre mission de combat s’achèvera à la fin 2012, laissant ainsi en première ligne la troisième brigade de l’Armée afghane, qui a déjà démontré sa capacité au combat », a-t-elle précisé, avant de souligner le maintien d’une action de formation en faveur des militaires et policiers afghans dans le cadre de la FIAS jusqu’en 2014.


Elle a indiqué que le plan d’action 2012-2016, qui accompagne le Traité d’amitié et de coopération signé par le Président de la République française et le Président Karzaï à Paris le 27 janvier 2012, se concrétisera par une augmentation importante de l’engagement civil de la France dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, des échanges culturels, des ressources minières et des infrastructures.  Elle a estimé que le régime de sanctions de l’ONU devait continuer à être utilisé comme une mesure de confiance dans la réconciliation interafghane, récompensant ceux qui ont fait le choix de la paix et punissant ceux qui veulent poursuivre sur le chemin de la violence.  Elle a souscrit aux trois pôles identifiés récemment par le Secrétariat comme étant le cœur de l’action de la MANUA au-delà de 2014: les bons offices politiques, les droits de l’homme, notamment les droits des femmes, et la cohérence de l’aide internationale.


M. LI BAODONG (Chine) a exprimé l’appui et l’adhésion de son pays aux principes de la prise en charge du processus en cours en Afghanistan afin de parvenir à la paix et à la sécurité par les actions des Afghans eux-mêmes, et il s’est félicité de la nomination de Salahuddin Rabbani comme Président du Haut Conseil pour la paix.  Il a ensuite émis l’espoir que les différentes parties restent attachées au processus de paix et de réconciliation et a affirmé la nécessité d’assurer la bonne tenue des prochaines élections, prévues en 2014.  M. Li Baodong a ensuite pris note de la baisse du nombre d’incidents en matière de sécurité et du fait que les capacités d’intervention de la police afghane aient été renforcées.


Rappelant que des victimes civiles avaient été enregistrées au cours de la période considérée, et que la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) avait exprimé ses préoccupations face au fait que des civils sont victimes des frappes militaires et des combats, il a mis l’accent sur la nécessité, pour toutes les parties, de respecter le droit international et les obligations qui leur incombent en la matière.  Le représentant de la Chine a également salué les efforts menés par l’Afghanistan pour lutter contre les drogues illicites et s’est félicité de la coopération entre l’Office des Nations Unies pour la drogue et le crime (UNODC) et le Gouvernement afghan.  Enfin, M. Li Baodong a souligné que les efforts de reconstruction afghans nécessitaient une attention et un appui constants de la part de la communauté internationale, et il a émis l’espoir que la conférence de Tokyo puisse les mobiliser en élaborant une stratégie à long terme.


M. GARY QUINLAN (Australie) a déclaré que son gouvernement apporterait à l’Afghanistan 100 millions de dollars de ressources par an à partir de 2015 pour assurer la viabilité des Forces de sécurité afghanes, ainsi que leur formation après 2014.  De même, l’Australie s’est engagée à porter son aide au développement de 165 millions à 250 millions de dollars par an en 2015 et 2016, a indiqué M. Quinlan.  Le représentant australien a estimé que le rôle de la MANUA, en vue d’appuyer la transition durable en Afghanistan, devait être renforcé, et ce, en dépit des réductions budgétaires annoncées par le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix dans son exposé.


M. KAZUO KODAMA (Japon) s’est félicité de la mise en œuvre de la troisième tranche de la transition, qui permettra à 75% de la population afghane de bénéficier de ce processus.  4 641 opposants aux gouvernements ont rejoint le Programme afghan pour la paix et la réintégration au cours du dernier trimestre, s’est félicité M. Kodama.  Néanmoins, il a estimé que l’attaque menée le 15 avril à grande échelle par des insurgés contre des institutions gouvernementales et des missions étrangères, dont celle du Japon, et l’assassinat, le 13 mai, de M. Rahmani Arsala, membre du Haut Conseil pour la paix, démontrent la persistance d’un grave défi en matière de sécurité.  Il a estimé que le Sommet de l’OTAN tenu à Chicago et le nouvel accord de partenariat stratégique signé entre l’Afghanistan et les États-Unis, sont de nature à mieux assurer la prédictibilité de la situation sécuritaire. 


Il a dit la volonté du Japon d’assister la police afghane pour permettre son développement quantitatif et qualitatif.  S’appuyant sur les résultats du sommet de l’OTAN sur la sécurité et sur ceux de la réunion ministérielle de Kaboul sur la coopération régionale, M. Kodama a dit que la conférence de Tokyo sur l’Afghanistan, prévue le 8 juillet, se concentrera sur une stratégie de développement durable pour l’Afghanistan et sur la coordination, au niveau international, de l’assistance économique.  Il a indiqué que le Japon estimait qu’il était nécessaire de réaffirmer le partenariat historique entre la communauté internationale et le Gouvernement de l’Afghanistan, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de la transition et de la Décennie de la transformation (2015-2024).  Ceci doit se faire en appliquant le concept de responsabilité mutuelle.  En outre, M. Kodama a dit que le Japon avait l’intention d’accorder 8,6 millions de dollars supplémentaires au projet ELECT du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) visant à renforcer les fonctions de la commission électorale indépendante afghane, ceci dans la perspective des élections de 2014.


M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a estimé qu’il était nécessaire que la communauté internationale adopte « une vision holistique » quant à son engagements pour l’après 2014 en Afghanistan, étant donné, a-t-il dit, le lien qui existe entre la sécurité et le développement à long terme.  Il a considéré que la conférence de Tokyo devrait se concentrer sur l’examen et le renouvellement conjoint des engagements pris par la communauté internationale, ainsi que par le Gouvernement afghan.  


Rappelant que le Sommet de l’OTAN de Chicago avait présenté des plans afin de soutenir et de renforcer les forces nationales afghanes, il a souligné combien « des activités de police justes et impartiales » étaient essentielles pour promouvoir la justice et les droits de l’homme.  Il a, dans la foulée, annoncé que l’Union européenne augmenterait sa contribution dans le domaine de la police de 20%, à partir du budget de l’Union européenne, pour la période de 2011-2013, et qu’elle avait également l’intention d’augmenter sa contribution après 2014.


M. Mayr-Harting a aussi mis l’accent sur les initiatives régionales ayant trait à la mobilisation de l’appui à apporter à la résolution du conflit.  Rappelant l’expérience de l’Union européenne en matière de coopération régionale, il a souligné que celle-ci était prête à appuyer les efforts menés dans ce domaine.  S’agissant du développement, l’Union européenne considère que la prochaine conférence de Tokyo est une excellente occasion pour le Gouvernement afghan de présenter sa stratégie de développement pour son pays.  M. Mayr-Harting a, une nouvelle fois, souligné que l’Union européenne était prête à augmenter sa contribution en vue d’appuyer l’Afghanistan, mais que cela devait se faire dans le contexte du respect, par le Gouvernement afghan, des engagements qu’il a pris lors des Conférences de Kaboul et de Bonn, ainsi que de l’accord de responsabilité mutuelle devant être agréé à Tokyo.


M. ERTUĞRUL APAKAN(Turquie) a affirmé que les Forces de sécurité afghanes s’étaient améliorées du point de vue de leur capacité et de leur professionnalisme.  L’Afghanistan est en voie de rétablir son autonomie, de manière durable, dans le domaine de la sécurité, a-t-il dit.  Le représentant a mis l’accent sur les nombreuses dimensions de la coopération avec l’Afghanistan.  Depuis le processus lancé lors de la Conférence d’Istanbul sur le thème « sécurité et coopération au cœur de l’Asie » en novembre dernier, les partenaires régionaux ont entamé avec l’Afghanistan une coopération positive, a-t-il dit.  La région est unie par son destin, a-t-il déclaré, ajoutant que celle-ci ne pourra jouir de la paix et de la stabilité tant que l’Afghanistan sera instable.  Il s’est félicité de l’énergie positive qui a émané du processus d’Istanbul.  Ce processus renforce le dialogue politique au sein de la région, a-t-il souligné, précisant en particulier que les mesures de confiance définies seront mises en œuvre progressivement par les participants à ce processus.  Il s’est notamment félicité, à cet égard, de la réunion au sommet sur les investissements en Afghanistan, prévue demain à New Delhi.


M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a expliqué que son pays demeurait préoccupé par les graves défis auxquels l’Afghanistan doit faire face, ainsi que par la tendance croissante à ce que des actes de violence visent délibérément des civils.  Il a ensuite indiqué que la Nouvelle-Zélande applaudissait des deux mains les résultats obtenus à l’issue du Sommet de l’OTAN, à Chicago, car ceux-ci ont confirmé le dévouement des contributeurs à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) envers la stratégie de transition. 


En matière de renforcement des forces nationales afghanes, M. McLay a précisé que la Nouvelle-Zélande fournirait des formateurs à l’armée nationale afghane, à partir de 2013, ainsi qu’un appui financier aux forces de sécurité à partir de 2015.  Il a précisé que les efforts se concentreraient sur des initiatives destinées à renforcer l’état de droit, en particulier dans la province de Bamyan.  Dans le domaine de l’aide, il a noté que la conférence de Tokyo représentait une nouvelle occasion pour la communauté internationale de prendre d’autres engagements à l’égard de la viabilité à long terme de l’Afghanistan.  Il a toutefois émis l’espoir que l’Afghanistan puisse aussi prendre ses propres engagements et les honorer, afin, a-t-il ajouté, « d’assurer que la communauté internationale soit en mesure de continuer à investir dans l’avenir de ce pays ».


M. STEPHEN EVANS, Secrétaire général adjoint de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), a fait un résumé du dernier rapport de l’OTAN sur l’Afghanistan et un bilan du Sommet de l’OTAN tenu à Chicago le 21 mai dernier.  Il a aussi rappelé le principe de la mission dirigée par l’OTAN en Afghanistan en disant qu’elle découle de l’autorisation accordée à cet égard par le Conseil de sécurité des Nations Unies, et qu’elle poursuit les objectifs assignés par les Nations Unies.  Le dernier rapport de l’OTAN daté du 31 mai montre qu’il y a eu une réduction du nombre d’incidents de sécurité au cours de la première moitié de cette année, et que les forces de sécurité nationales afghanes ont fait des progrès substantiels en termes de nombre et de qualité.  De plus, la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) a intégré dans ses structures et opérations la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité, et a pris des mesures sur la protection des enfants contre les effets néfastes des conflits armés.


Le 21 mai dernier, au Sommet de l’OTAN à Chicago, aux États-Unis, les progrès sur la transition de la responsabilité de la sécurité à l’Afghanistan ont été évalués.  Avec la troisième tranche de la transition, à partir de maintenant, les soldats et policiers afghans prendront en main la sécurité des 75% de la population au cours des prochains mois, a dit M. Evans.  Par ailleurs, les forces de sécurité nationales afghanes sont dans les temps impartis pour prendre en main la responsabilité de la sécurité d’ici à la fin de 2014, a-t-il ajouté.  Mais au-delà de la fin de la mission de la FIAS en 2014, l’Afghanistan aura encore besoin de soutien et d’aide.  L’OTAN, en bonne entente avec les partenaires de la FIAS, a confirmé qu’elle va revoir sa mission au sein de la FIAS et qu’elle commencera une nouvelle mission après 2014 pour former, conseiller et aider les Forces de sécurité afghanes, a dit le Secrétaire général adjoint de l’Alliance atlantique.


En outre, M. Evans a estimé que le financement des forces de sécurité nationales afghanes ne devrait pas être de la seule responsabilité de l’OTAN et des pays contributeurs à la FIAS.  La Déclaration conjointe de Chicago, faite en coordination avec le Gouvernement de l’Afghanistan dit, à ce sujet, que des progrès continus en matière de promotion de la gouvernance et des droits de l'homme encourageront les pays contributeurs à la FIAS de continuer à apporter leur soutien jusqu’en 2014 et au-delà, a noté M. Evans.  Il a également annoncé avoir noté, dans le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU, des préoccupations concernant les victimes civiles.  « Il est important de se rappeler que 85% des victimes civiles de cette année ont été causées par des éléments antigouvernementaux et que nous avons vu une réduction de 70% du 1er  février au 30 avril 2012, comparé à ce qu’était la situation sur la même période en 2011 », a-t-il dit.  « Pour conclure, nous avons une stratégie claire pour l’achèvement, d’ici au 31 décembre 2014, du transfert de la responsabilité de la sécurité aux forces nationales de sécurité afghanes », a conclu M. Evans.


M. GILLES RIVARD (Canada) a rappelé qu’une série de réunions de haut niveau tenues cet hiver, à Bonn, Camp David et Chicago, avaient permis à l’Afghanistan et à la communauté internationale de mobiliser des appuis considérables en faveur d’un prolongement du soutien de la communauté internationale à ce pays, en reconnaissant la notion de responsabilité mutuelle.  Il a indiqué que le Canada espérait que la Conférence de Tokyo, prévue le 8 juillet prochain, permettrait de continuer sur cette voie et de veiller à ce que l’Afghanistan poursuive les réformes dont il a besoin.  Le Canada restera un partenaire engagé en Afghanistan, notamment en poursuivant la formation des forces de sécurité nationales afghanes et en versant 110 millions de dollars par année, et pendant trois ans, à compter de 2015 pour aider ces forces à accomplir leur mission, a dit M. Rivard.


Saluant la vision stratégique nationale de l’Afghanistan pour la décennie, M. Rivard a recommandé que ce cadre fasse une plus grande place aux services essentiels de santé et d’éducation, ainsi qu’aux besoins liés à la situation humanitaire.  Il a également plaidé en faveur de l’élaboration d’un cadre de responsabilisation mutuelle clair et crédible, afin de soutenir les efforts tant du pays que de la communauté internationale.  Il a aussi émis l’espoir de voir se poursuivre le processus de réconciliation nationale ainsi que la coopération régionale.


Mme INESE FREIMANE-DEKSNE (Lettonie) a souligné l’importance de mettre en place une coopération régionale efficace pour parvenir à une stabilité politique et économique à long terme en Afghanistan.  Elle a jugé essentiel le renforcement de la confiance entre l’Afghanistan et ses voisins, en mettant à cet égard en particulier l’accent sur le rôle particulier que peuvent jouer les pays de l’Asie centrale.  Elle a indiqué que la Lettonie fournissait un appui financier continu au projet OTAN-Fédération de Russie mis en œuvre avec la coopération de l’UNODC, afin de former du personnel de lutte contre les stupéfiants en Afghanistan, au Pakistan, et en général dans la région d’Asie centrale.  Soulignant qu’il est important de développer les capacités de l’Afghanistan en matière de transport, la représentante de la Lettonie a indiqué que son pays a organisé un séminaire international au mois de mai sur la possibilité d’y développer une route commerciale de transit.  Elle a précisé que ce séminaire a vu la participation de 150 représentants et experts gouvernementaux, ainsi que des représentants de sociétés de transport de 30 pays, et qu’il a été l’occasion de mettre l’accent sur la nécessité de former des experts afghans dans les secteurs des chemins de fer et de l’aviation.


M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran) a affirmé que l’Afghanistan était toujours confronté à des défis importants susceptibles d’empêcher la stabilisation et le développement du pays, et il en est de même en ce qui concerne la sécurité régionale et internationale.  Le terrorisme, la violence extrémiste, la production et le commerce de la drogue sont parmi les menaces les plus importantes que l’Afghanistan doit affronter, a-t-il dit.  Mais, une des questions les plus importantes pour la région, ainsi que dans le domaine des relations entre l’Afghanistan et ses voisins, demeure celle de la présence de forces étrangères dans ce pays, a estimé M. Khazaee.  Cette présence, a-t-il dit, a représenté une préoccupation sécuritaire majeure depuis plus de 10 ans pour toute la région, et a servi de prétexte aux groupes terroristes pour continuer à mener leurs activités.  Il est nécessaire, a-t-il ajouté, que l’engagement international en Afghanistan ne conduise pas à une présence à long terme et à des bases militaires ou sécuritaires étrangères permanentes dans le pays.


Par ailleurs, le délégué iranien a souligné que son pays avait mobilisé 30 000 éléments de ses forces armées et de police le long des frontières avec l’Afghanistan et le Pakistan en vue de lutter contre le trafic de drogues.  En outre, a-t-il ajouté, s’agissant de la coopération régionale, l’Iran a poursuivi son dialogue avec les autorités afghanes sur des bases bilatérales, trilatérales et régionales en vue, notamment, de renforcer la coordination sur les questions de sécurité, de lutte contre la drogue et d’immigration illégale, ainsi qu’en ce qui concerne le développement de projets d’infrastructure en matière de transport.


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