21/04/2012
Conseil de sécurité
CS/10618

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6756e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ CRÉE UNE MISSION DE SUPERVISION DES NATIONS UNIES EN SYRIE (MISNUS)


Elle sera composée, dans un premier temps, de 300 observateurs militaires non armés et d’une composante civile appropriée


Le Conseil de sécurité a, ce matin, créé, pour une période initiale de 90 jours, une Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS), chargée de contrôler le respect par toutes les parties de la cessation de la violence armée sous toutes ses formes.


Cette Mission aura également pour mandat, décide le Conseil, par la résolution 2043 (2012), qu’il a adoptée à l’unanimité, à surveiller et à appuyer l’application de la proposition en six points de l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes.


La MISNUS, qui devra être déployée rapidement, « sous réserve de l’évaluation faite par le Secrétaire général de l’évolution de la situation sur le terrain, notamment la cessation durable de la violence », sera placée sous le commandement d’un chef des observateurs militaires. 


Elle sera composée, dans un premier temps, de 300 observateurs militaires non armés et d’une composante civile appropriée permettant à la Mission d’exécuter son mandat.


De même, le Conseil demande au Gouvernement syrien de « veiller au bon fonctionnement de la Mission » et aux parties de garantir la sécurité de son personnel, « sans préjudice de sa liberté de circulation et d’accès », soulignant que « la responsabilité à cet égard incombe au premier chef aux autorités syriennes ».


Le Conseil de sécurité demande au Gouvernement syrien d’honorer « de manière visible et dans leur intégralité », ainsi qu’énoncé dans la résolution 2042 (2012) du 14 avril dernier, ses engagements, notamment à mettre fin aux mouvements de troupes en direction d’agglomérations, à cesser d’utiliser des armes lourdes dans celles-ci et aux alentours et à achever le retrait des troupes qui y étaient concentrées.


Il demande enfin « à toutes les parties syriennes, y compris l’opposition, de mettre fin immédiatement à la violence armée sous toutes ses formes ».


Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, avait recommandé au Conseil de sécurité, dans une lettre* adressée le 19 avril à sa Présidente, d’autoriser la création de la MISNUS.  Dans cette lettre, où il expose les grandes lignes de la Mission, M. Ban décrit également la situation sur le terrain depuis le 12 avril 2012.


S’exprimant à l’issue du vote, plusieurs délégations ont insisté sur l’étape cruciale que constitue l’adoption de cette résolution dans la poursuite du processus de paix, et qui démontre l’engagement du Conseil de sécurité en faveur de la proposition en six points présentée par l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan.


Pour la Fédération de Russie, la tâche essentielle consiste maintenant à mettre d’accord les parties et à éviter la répétition « inacceptable » d’un scénario libyen.


« Après tant de mois de blocage, la Syrie doit entendre le message unanime de la communauté internationale et comprendre la signification de cet engagement, pour que cesse une situation intolérable », a lancé, de son côté, le représentant de la France.  Cette résolution, a-t-il ajouté, « vise non seulement à faire cesser la répression mais aussi, et surtout, à engager une transition politique de la Syrie vers un système démocratique, afin que le peuple syrien puisse enfin choisir librement son destin ».


Son homologue du Royaume-Uni a regretté, qu’une semaine après l’adoption d’une résolution autorisant le déploiement d’observateurs, le régime syrien ait pris très peu de mesures pour prouver son intention sincère de s’acquitter de ses obligations.


En l’absence de cessation des violences armées et de progrès « rapides et concrets » dans la mise en œuvre de tous les volets de la proposition en six points, le Conseil aura à envisager le recours à d’autres options et, notamment, à des sanctions, a assuré la représentante des États-Unis.  « Il est temps, a-t-elle dit, de placer les autorités syriennes devant leurs responsabilités. »


Intervenant après les explications de vote, le représentant de la Syrie a exprimé l’intérêt de son Gouvernement en faveur du succès de la Mission.  « Ses observateurs doivent accomplir leur travail de façon objective, impartiale et professionnelle », a-t-il soutenu.


Il a rappelé que la Syrie, y compris sa population, souhaitait un retour à la stabilité, mais que des groupes armés terroristes avaient provoqué toute une série de violations qui sapent la proposition présentée par M. Kofi Annan. 


* S/2012/238


LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT


Texte du projet de résolution S/2012/245*


Le Conseil de sécurité,


Rappelant sa résolution 2042 (2012) et les déclarations de son président en date des 3 août 2011, 21 mars 2012 et 5 avril 2012, et rappelant également toutes les résolutions pertinentes de l’Assemblée générale,


Réaffirmant son soutien à l’Envoyé spécial conjoint de l’Organisation des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, Kofi Annan, et au travail qu’il accomplit, suivant la résolution 66/253 de l’Assemblée générale, en date du 16 février 2012, et les résolutions pertinentes de la Ligue des États arabes,


Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Syrie, ainsi qu’aux buts et principes énoncés dans la Charte,


Condamnant les violations généralisées des droits de l’homme commises par les autorités syriennes, ainsi que toute atteinte aux droits de l’homme commise par les groupes armés, rappelant que les auteurs de ces actes devront en rendre compte, et déplorant vivement la mort de milliers de personnes dans le pays,


Remerciant les États voisins de la Syrie des efforts importants qu’ils ont déployés pour venir en aide aux Syriens ayant fui le pays à la suite des violences, et demandant au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés de fournir une assistance, comme l’ont demandé les États membres qui accueillent ces déplacés,


Remerciant aussi les autres États qui ont fourni une aide humanitaire à la Syrie,


Notant que le Gouvernement syrien s’est engagé le 25 mars 2012 à appliquer la proposition en six points de l’Envoyé spécial conjoint de l’Organisation des Nations Unies et de la Ligue des États arabes et à honorer d’urgence et de manière visible, comme il est convenu de le faire dans la communication qu’il a adressée à l’Envoyé le 1er avril 2012, les engagements qu’il a pris a) de mettre fin aux mouvements de troupes en direction d’agglomérations, b) de cesser d’utiliser des armes lourdes dans des agglomérations, et c) de commencer à retirer les troupes concentrées dans des agglomérations et aux alentours, et de s’acquitter intégralement de ces engagements le 10 avril 2012 au plus tard, et notant aussi que l’opposition syrienne s’est engagée à respecter la cessation de la violence à condition que le Gouvernement fasse de même,


Préoccupé par le fait que les cas de violence et le nombre de victimes signalées ont à nouveau augmenté ces derniers jours, après que l’Envoyé eut estimé le 12 avril 2012 que les parties semblaient respecter un cessez-le-feu et que le Gouvernement syrien avait commencé à honorer ses engagements, et constatant que la violence armée sous toutes ses formes n’a donc manifestement pas complètement cessé,


S’associant à l’appel que l’Envoyé a lancé pour demander au Gouvernement syrien d’honorer immédiatement et de manière visible tous les éléments de la proposition en six points de l’Envoyé, afin que toutes les parties cessent durablement de recourir à la violence armée, sous toutes ses formes,


Notant que, de l’avis du Secrétaire général, le déploiement rapide, lorsque les conditions s’y prêteront, d’une mission de surveillance des Nations Unies, dotée d’un mandat précis, des capacités requises et des conditions de fonctionnement adéquates, serait extrêmement utile pour ce qui est d’observer la situation et de faire respecter l’engagement pris par les parties de mettre fin à la violence armée sous toutes ses formes, et d’appuyer l’application du plan en six points,


Notant que la République arabe syrienne et l’Organisation des Nations Unies ont signé, le 19 avril 2012, un accord préliminaire (S/2012/250) devant servir de point de départ à un protocole régissant les activités de la mission préparatoire puis du mécanisme de supervision des Nations Unies une fois que celui-ci aura été mis en place,


Ayant examiné la lettre que le Secrétaire général a adressée à la Présidente du Conseil de sécurité, ainsi que son annexe (S/2012/238),


1.    Réaffirme qu’il souscrit pleinement à tous les éléments de la proposition en six points de l’Envoyé, annexée à la résolution 2042 (2012), qui vise à mettre fin immédiatement à toute violence et à toute violation des droits de l’homme, à garantir l’accès des organismes humanitaires et à faciliter une transition politique dirigée par les Syriens devant mener à l’instauration d’un régime politique démocratique et pluraliste, fondé sur l’égalité des citoyens quelles que soient leur appartenance politique ou ethnique ou leurs convictions, à la faveur notamment de l’ouverture d’un dialogue politique général entre le Gouvernement syrien et l’ensemble des forces d’opposition syriennes;


2.    Demande au Gouvernement syrien d’honorer de manière visible et dans leur intégralité, comme il est convenu de le faire dans l’accord préliminaire et comme il est énoncé dans la résolution 2042 (2012), les engagements qu’il a pris a) de mettre fin aux mouvements de troupes en direction d’agglomérations, b) de cesser d’utiliser des armes lourdes dans des agglomérations, et c) d’achever le retrait des troupes concentrées dans des agglomérations et aux alentours et de faire en sorte que les troupes se retirent, avec leurs armes lourdes, des agglomérations où elles se trouvent et retournent dans leurs casernes ou soient déployées dans des zones temporaires, afin de faciliter la cessation durable de la violence;


3.    Demande à toutes les parties syriennes, y compris l’opposition, de mettre fin immédiatement à la violence armée sous toutes ses formes;


4.    Demande aux groupes d’opposition armés syriens et aux autres éléments concernés de respecter les dispositions pertinentes de l’accord préliminaire;


5.    Décide de créer, pour une période initiale de 90 jours, une Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS) placée sous le commandement d’un chef des observateurs militaires et composée, dans un premier temps, de 300 observateurs militaires non armés et d’une composante civile appropriée permettant à la Mission d’exécuter son mandat, et décide également de procéder au déploiement rapide de la Mission, sous réserve de l’évaluation faite par le Secrétaire général de l’évolution de la situation sur le terrain, notamment la cessation durable de la violence;


6.    Décide également que la Mission aura pour mandat de contrôler le respect par toutes les parties de la cessation de la violence armée sous toutes ses formes, et de surveiller et d’appuyer l’application de la proposition en six points de l’Envoyé;


7.    Prie le Secrétaire général et le Gouvernement syrien de conclure sans délai un accord sur le statut de la Mission tenant compte de la résolution 58/82 de l’Assemblée générale relative à la portée de la protection juridique offerte par la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, et note que le Gouvernement syrien et l’ONU ont convenu qu’en attendant la conclusion d’un tel accord, le modèle d’accord sur le statut des forces en date du 9 octobre 1990 (A/45/594) s’appliquera;


8.    Demande au Gouvernement syrien de veiller au bon fonctionnement de la Mission de supervision en facilitant le déploiement rapide et sans entrave du personnel et des moyens nécessaires à l’exécution de son mandat, en assurant immédiatement la liberté de circulation et d’accès totale et sans entrave nécessaire à l’exécution de son mandat, soulignant à cet égard que le Gouvernement syrien et l’ONU doivent s’entendre rapidement sur les moyens de transport aérien qui doivent être fournis à la MISNUS, en lui permettant de communiquer sans entrave et en lui garantissant la liberté de communiquer de manière confidentielle avec des personnes se trouvant dans toute la Syrie, sans que ceux qui auront des contacts avec la Mission ne fassent l’objet de représailles;


9.    Demande que les parties garantissent la sécurité du personnel de la Mission de supervision, sans préjudice de sa liberté de circulation et d’accès, et souligne que la responsabilité à cet égard incombe au premier chef aux autorités syriennes;


10.   Prie le Secrétaire général de lui signaler immédiatement tout acte de quelque partie que ce soit qui ferait obstacle au bon fonctionnement de la Mission de supervision;


11.   Demande à nouveau aux autorités syriennes de donner immédiatement au personnel des organisations humanitaires un accès libre et sans entrave à toutes les populations qui ont besoin d’assistance, conformément au droit international et aux principes régissant l’assistance humanitaire, et engage toutes les parties syriennes, en particulier les autorités, à coopérer pleinement avec l’ONU et les organisations humanitaires concernées pour faciliter la fourniture de l’aide humanitaire;


12.   Invite tous les États Membres à envisager d’apporter des contributions appropriées à la Mission, comme le Secrétaire général l’a demandé;


13.   Prie le Secrétaire général de lui faire rapport sur l’application de la présente résolution dans les 15 jours suivant son adoption, puis tous les 15 jours, et de lui présenter, si nécessaire, des propositions de modification éventuelle du mandat de la MISNUS;


14.   Exprime son intention d’évaluer l’état d’avancement de l’application de la présente résolution et d’envisager de nouvelles mesures, si nécessaire;


15.   Décide de rester saisi de la question.



Déclarations


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a pris l’initiative de faire adopter rapidement la résolution présentée aujourd’hui.  Ce texte revêt une importance capitale pour la poursuite du processus de paix et pour réaffirmer l’unanimité du Conseil de sécurité autour de la proposition en six points présentée par l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan, a souligné le représentant.  La tâche essentielle consiste maintenant à mettre d’accord les parties et à éviter la répétition d’un scénario libyen, jugé « inacceptable » par la délégation russe.  La présente résolution fixe précisément le cadre que les parties syriennes doivent maintenant respecter pour mettre fin aux violences et permettre aux observateurs de faire leur travail.  Mais la mise en œuvre de ce texte exige de toutes les parties qu’elles fassent preuve de la volonté politique nécessaire, a prévenu le représentant, avant de les engager dans un processus destiné à aboutir à un système démocratique inclusif et représentatif de toutes les composantes de la société syrienne.  Insistant sur la nécessité de tout mettre en œuvre pour éviter que la situation sur le terrain ne s’aggrave, M. Churkin a estimé que l’adoption unanime de cette résolution était un rappel que le Conseil de sécurité a, seul, la prérogative de prendre les décisions relatives à la paix et la sécurité internationales et régionales.  Toute autre initiative doit s’aligner sur les dispositions des textes adoptés par le Conseil, a insisté le représentant.


M. GÉRARD ARAUD (France) s’est félicité de l’adoption, à l’unanimité, de la résolution 2043.  « Après tant de mois de blocage, la Syrie doit entendre le message unanime de la communauté internationale et comprendre la signification de cet engagement, pour que cesse une situation intolérable », a-t-il lancé.  L’adoption de cette résolution ne doit cependant pas nous faire oublier que, sur le terrain, la situation est toujours aussi inquiétante du fait du refus de Damas d’appliquer réellement les engagements pris en vertu de la précédente résolution, a fait remarquer le représentant.  Comme l’a relevé le Secrétaire général dans la lettre adressée au Conseil jeudi dernier, a indiqué le représentant, « les autorités syriennes n’ont pas mis en œuvre les mesures d’application immédiate auxquelles elles s’étaient engagées auprès de l’Envoyé spécial conjoint »: l’armée syrienne n’a effectué que des retraits « en trompe-l’œil », les tirs à l’arme lourde et les bombardements continuent. 


Le déploiement d’une première dizaine d’observateurs en Syrie n’a en rien changé le comportement « meurtrier » du régime, a accusé le représentant.  Homs et Idlib continuent de payer le lourd tribut d’une répression sans limite, tandis qu’à Deraa et à Douma, les « snipers » continuent leurs basses œuvres, a poursuivi le représentant.  Dans tout le pays, le régime continue, comme il l’a fait depuis 13 mois, à réprimer les manifestations dans le sang, à pratiquer la torture, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées et les violences sexuelles.  « Par ses agissements quotidiens, le régime syrien agit en violation des décisions du Conseil de sécurité et exprime son mépris à l’égard de ce Conseil, de l’Envoyé spécial conjoint et, plus généralement, de la communauté internationale », a soutenu le représentant.


« Dans ce contexte, nous savons qu’en votant en faveur de cette résolution, nous prenons un risque », a-t-il déclaré.  Nous prenons un risque parce que nous considérons que la proposition en six points présentée par M. Kofi Annan est une chance « ultime » pour la paix et que cette chance, nous ne devons pas la manquer.  C’est pourquoi la France a soutenu l’adoption de ce texte.  Comme l’a fait remarquer le Secrétaire général, pour pouvoir remplir pleinement son mandat, cette mission devra être dotée d’effectifs importants, déployés dans les meilleurs délais, et devra couvrir l’ensemble des zones touchées par les évènements, a rappelé M. Araud.  En application de la résolution 2043, les autorités syriennes devront assurer la sécurité des observateurs, tout en garantissant que leurs déplacements dans le pays, leurs contacts avec la population et leurs communications ne seront pas entravés, ni ne comporteront de représailles d’aucune sorte contre la population.  « À cet égard, je souligne que l’utilisation de moyens de transports aériens est indispensable à la réussite de cette mission », a-t-il dit.  La France sera vigilante dans son exigence d’une coopération totale de la Syrie avec la mission d’observation, a-t-il assuré.


L’objectif de la décision du Conseil vise non seulement à faire cesser la répression mais aussi et surtout à engager une transition politique de la Syrie vers un système démocratique, afin que le peuple syrien puisse enfin choisir librement son destin.  « Nous jugerons le Gouvernement syrien sur ses actes et c’est pourquoi, les observateurs ont pour rôle de nous dire si les obligations de celui-ci sont bien mises en œuvre.  « Si tel n’était pas le cas, nous devrions alors examiner les autres options, y compris celles d’éventuelles sanctions qui s’ouvrent au Conseil de sécurité et à la communauté internationale », a prévenu l’Ambassadeur Araud.


M. PETER WITTIG (Allemagne) a affirmé que la création de cette mission constituait une mesure importante et de longue portée.  Le déploiement d’observateurs dans des conditions adéquates peut avoir une influence positive sur le terrain, même si la situation présente des risques, a-t-il dit.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité d’assurer la sécurité des observateurs afin qu’ils puissent bénéficier des conditions requises leur permettant de s’acquitter de leur mandat.  C’est aux autorités syriennes de prouver qu’elles respectent leurs responsabilités, a-t-il également ajouté.  Le déploiement d’observateurs n’est qu’un élément, même s’il est crucial, de la proposition en six points de l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, a-t-il en outre estimé.  Le représentant a rappelé que la mission d’observation ne pouvait en aucun cas se substituer à une solution politique.


M. NESTOR OSORIO (Colombie) a affirmé que la résolution 2043 que le Conseil de sécurité vient d’adopter à l’unanimité démontrait la ferme détermination du Conseil de sécurité à résoudre la crise en Syrie.  Le représentant a espéré que les autorités syriennes assumeront leurs responsabilités.  Il est urgent, a-t-il également souligné, que toutes les parties se conforment à toutes les conditions prévues dans la proposition en six points de l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, et que les autorités syriennes mettent un terme aux violences et aux atrocités. 


M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) s’est félicité que le Conseil de sécurité ait pu adopter à l’unanimité une deuxième résolution sur la situation en Syrie.  Même s’il y a eu une diminution des violences après l’adoption de la résolution 2042 du 12 avril, celles-ci continuent de persister dans certaines régions du pays, a-t-il regretté, en appelant à la cessation de toutes les hostilités.  Le représentant a ainsi salué l’autorisation donnée aujourd’hui au déploiement d’un plus grand nombre d’observateurs en vue de mettre un terme à tous les actes de violence armée et de veiller à l’application de la proposition en six points présentée par l’Envoyé spécial conjoint, M. Kofi Annan, en souhaitant que les moyens nécessaires soient mis en œuvre pour permettre le déploiement rapide de cette mission.  Le représentant a également noté avec satisfaction que la résolution met l’accent sur les efforts déployés par les pays voisins pour aider la Syrie.


M. LYALL GRANT (Royaume-Uni) a regretté, qu’une semaine après l’adoption d’une résolution autorisant le déploiement d’observateurs, le régime syrien ait pris si peu de mesures pour prouver son intention sincère de s’acquitter de ses obligations.  C’est bien le contraire que l’on constate, a-t-il dit.  Le Gouvernement syrien a continué de multiplier les violences dans diverses régions du pays.  Néanmoins, a-t-il assuré, nous avons œuvré à l’adoption de la résolution 2043, convaincus qu’une mission rapidement déployée sur le terrain contribuerait à avoir un impact sur le terrain.  Rappelant lui aussi que le mandat de cette mission ne visait pas seulement à surveiller la cessation des hostilités, mais aussi à appuyer la mise en œuvre intégrale de la proposition en six points présentée par M. Kofi Annan, le représentant du Royaume-Uni a assuré, à la suite d’autres membres du Conseil, qu’en cas d’entraves à ses observateurs, le Conseil de sécurité serait contraint d’envisager d’autres mesures, y compris des sanctions.


M. JOSE FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) s’est à son tour félicité de l’adoption unanime de cette résolution, qui autorise le déploiement d’une mission d’observateurs en Syrie.  Ce faisant, le Conseil a adressé aujourd’hui un message clair au régime syrien.  Face à la poursuite des violences armées et des violations des droits de l’homme en Syrie, le représentant a dit craindre que la situation humanitaire ne se détériore.  C’est pourquoi, il a lancé un appel à toutes les parties pour qu’elles coopèrent afin de permettre à la mission de s’acquitter de son mandat et souhaité que le déploiement aidera à modifier la dynamique sur le terrain.


M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a souligné qu’il n’y a pas d’autre solution pour régler la crise en Syrie que la mission de supervision conduite par l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan.  Avec la présente résolution, une autre étape vient d’être franchie pour traiter la crise par des moyens pacifiques, a-t-il dit.


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) s’est en particulier félicité de l’acceptation par les autorités syriennes de la proposition en six points de l’Envoyé spécial conjoint.  Le représentant a exhorté toutes les parties à assurer le fonctionnement efficace de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie, tout en garantissant la sécurité de son personnel.  Il a également mis l’accent sur la nécessité pour la communauté internationale de donner à la présente résolution et à la proposition de l’Envoyé spécial conjoint les possibilités de réussir, tout en respectant la souveraineté et l’intégrité territoriales de la Syrie. 


M. LI BAODONG (Chine) a expliqué que sa délégation s’était portée coauteur du texte et s’était toujours montrée disponible pour œuvrer en faveur d’un règlement pacifique négocié de la crise syrienne.  Après avoir exhorté toutes les parties à mettre en œuvre leurs obligations respectives, le représentant a demandé à la communauté internationale de maintenir son appui aux bons offices de l’Envoyé spécial conjoint, M. Kofi Annan.  La Chine, a-t-il dit, s’oppose à toute déclaration visant à créer des difficultés à la mission de l’ancien Secrétaire général.  Il a en conclusion demandé au Gouvernement syrien de pleinement coopérer avec la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS).


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a déclaré qu’en dépit du scepticisme exprimé par plusieurs membres du Conseil face à l’engagement pris par le Gouvernement syrien d’honorer ses obligations, il était préférable de lui accorder le bénéfice du doute et d’espérer que la présence d’observateurs des Nations Unies sur le terrain aurait un impact réel.  Au-delà de la cessation des hostilités, il a tenu à rappeler que l’objectif à atteindre était de parvenir à une négociation entre toutes les parties au conflit et à une démocratisation réussie de la société syrienne, tenant compte de toutes les sensibilités qui la composent.


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a souhaité que la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS) puisse effectuer son mandat de façon équitable et impartiale.  Pour assurer le succès de la proposition en six points de l’Envoyé spécial conjoint, il est nécessaire que toutes les parties honorent leurs engagements respectifs.  Les parties syriennes doivent coopérer avec la MISNUS et l’Envoyé spécial conjoint.  Il est indispensable également de veiller à ce que la crise n’ait pas de retombées au-delà des frontières de la Syrie.


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a espéré que la dynamique sur le terrain changera et se traduira par une cessation complète des hostilités, conduisant à un processus de dialogue que s’approprieront les Syriens.  Le représentant a appelé toutes les parties en Syrie à coopérer pleinement avec la Mission pour lui permettre de s’acquitter de son mandat dans la sécurité.  La Mission devra remplir son mandat de façon impartiale et objective, a-t-il insisté. 


M. KODJO MENAN(Togo) s’est réjoui de l’adoption de la résolution 2043 qui traduit « l’unité d’action » qui a cours au sein de ce Conseil depuis l’adoption de la résolution 2042.  Convaincu que l’avènement d’une Syrie paisible reste avant tout l’affaire de tous les Syriens, le représentant a invité toutes les parties à honorer leurs obligations respectives et à s’engager dans la mise en œuvre de la « proposition Annan ».


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a déclaré que l’adoption de la résolution 2043 faisait courir un risque, en raison du refus du régime Al-Assad d’honorer ses engagements jusqu’à présent.  « Nous savons, a-t-elle dit, que le déploiement de 300 observateurs, ou même de 3 000, ne peut pas empêcher les autorités à Damas de poursuivre leurs actions.  Le peuple syrien s’attend maintenant à ce que le Conseil défende la mise en œuvre de la résolution 2043 qu’il vient d’adopter et à ce qu’il réagisse si le régime syrien continue d’ignorer ses obligations.  C’est pourquoi, la représentante a insisté sur la nécessité pour le Gouvernement syrien de les honorer sans retard. 


Malheureusement, les forces syriennes ont continué de pilonner davantage Homs même avant l’adoption de la précédente résolution, qui exigeait pourtant la fin des hostilités.  En outre, a déploré Mme Rice, « nous n’avons guère constaté de progrès dans l’ouverture d’un accès humanitaire à près d’un million de civils en détresse ».  Affirmant que les États-Unis étaient arrivés à bout de patience, la représentante a assuré qu’en l’absence de cessation des violences armées et de progrès « rapides et concrets » dans la mise en œuvre de tous les volets de la proposition en six points, le Conseil devra envisager le recours à d’autres options et, notamment, à des sanctions.  Il est temps de placer les autorités syriennes devant leurs responsabilités, a insisté Mme Rice, avant de conclure.


M. BASHAR AL-JAFAAR (Syrie) a indiqué qu’il avait rencontré, hier matin, le Secrétaire général et qu’il lui avait demandé de poursuivre son mandat de bons offices que lui confie la Charte des Nations Unies et qu’il participe activement à l’entreprise visant à garantir une solution politique à laquelle aspire le leadership syrien.  Le délégué syrien a lancé aux membres du Conseil le même appel. 


Depuis le début de la crise, a-t-il dit, le Gouvernement syrien a été favorable à toute initiative ou à tout effort sincère pour sortir de la crise.  La Syrie a fait la preuve de sa coopération avec l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan, a-t-il assuré


Le représentant a assuré que son Gouvernement avait affirmé à M. Annan que le point 2 de sa proposition avait été mis en œuvre dès aujourd’hui, ainsi que les alinéas a, b et c.  Il a ajouté que les forces armées syriennes étaient prêtes à défendre les frontières du pays contre toute agression. 


Le Gouvernement syrien, a-t-il souligné, a un intérêt bien marqué pour le succès de la Mission.  Ses observateurs doivent accomplir leur travail de façon objective, impartiale et professionnelle, a-t-il rappelé.  La Syrie, y compris sa population, souhaite un retour à la stabilité, a-t-il poursuivi, en précisant que des groupes armés terroristes avaient provoqué toute une série de violations qui sapent la « proposition Annan ».  Ces groupes, a-t-il affirmé, ont multiplié des actes terroristes qui tuent des civils et détruisent des installations publiques et privées.


Le représentant a par ailleurs dénoncé la campagne de désinformation qui, selon lui, accuse l’armée et les forces de sécurité syriennes de crimes en réalité commis par les groupes armés terroristes.  Il a souhaité que l’Envoyé spécial conjoint et le Conseil de sécurité traitent de la crise de façon globale.


La « proposition Annan » n’est pas suffisante, a estimé l’Ambassadeur Al Jafaar.  Certains pays arabes et groupes régionaux doivent cesser de financer les groupes armés qui continuent leurs activités terroristes, a-t-il dit.  La Syrie rejette également toute ingérence dans ses affaires intérieures.  Le Gouvernement, a-t-il ajouté, est prêt à poursuivre son programme de réformes, contre toute forme de tutelle, directe ou indirecte. 


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