27/03/2012
Conseil de sécurité
CS/10593

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Conseil de sécurité

6742e séance – matin


LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT DEMEURE « DIFFICILE ET INCERTAINE »,

AFFIRME LE COORDONNATEUR SPÉCIAL POUR LE PROCESSUS DE PAIX


M. Robert Serry souligne l’urgence d’arrêter

les violences en Syrie, qui ont fait plus de 9 000 morts en un an


Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Robert Serry, a affirmé, ce matin, devant le Conseil de sécurité que la situation entre Palestiniens et Israéliens demeurait, en l’absence d’horizon politique, « incertaine et difficile ».


Une partie importante de l’exposé mensuel du Secrétariat sur le Moyen-Orient a également été consacrée à la situation en Syrie, que M. Serry a qualifiée de « question la plus pressante à laquelle doivent faire face les Nations Unies dans la région ».


La violence s’est poursuivie sans relâche au cours du mois écoulé, entraînant un grand nombre de morts et de blessés, a-t-il dit, en précisant que les estimations faisaient état de plus de 9 000 tués depuis un an.  « Il est urgent d’arrêter les combats et de prévenir une nouvelle escalade du conflit », a-t-il déclaré.


L’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, M. Kofi Annan, qui a récemment présenté un exposé devant le Conseil de sécurité sur la situation dans le pays, a « continué de façon intensive sa mission diplomatique en vue d’obtenir un arrêt de la violence et de promouvoir une solution politique pacifique ».


M. Annan avait dépêché la semaine dernière une mission à Damas en vue de poursuivre les discussions sur le plan en six points qu’il avait soumis au Président syrien, M. Bashar Al-Assad, le 11 mars, a précisé M. Serry.  La déclaration présidentielle du Conseil de sécurité, appuyant le plan de M. Annan, qui avait été adoptée la semaine dernière, a constitué un signal important, dont s’est félicité le Secrétaire général, a assuré M. Serry.


Le Coordonnateur spécial a ajouté que le Gouvernement syrien avait adressé une lettre, ce matin, à l’Envoyé spécial conjoint pour lui indiquer qu’il acceptait ses propositions.  M. Annan a écrit au Président Al-Assad en l’exhortant à les mettre en œuvre immédiatement. 


« L’appui de tous les acteurs régionaux et internationaux clefs est essentiel pour assurer une application efficace du plan à tous les niveaux et créer les conditions d’un véritable processus politique susceptible de répondre aux aspirations démocratiques du peuple syrien », a déclaré M. Serry.


Le Coordonnateur spécial a précisé que M. Annan, qui avait rencontré, dimanche à Moscou, le Président de la Fédération de Russie, M. Dmitry Medvedev, et le Ministre russe des affaires étrangères, M. Sergey Lavrov, était à présent à Beijing pour des consultations avec les autorités chinoises.  Le Secrétaire général participera, quant à lui, au Sommet de la Ligue des États arabes, à Bagdad, en compagnie de l’adjoint de son Envoyé spécial conjoint, M. Nasser Al-Kidwa. 


« Des étapes immédiates sont aujourd’hui nécessaires de la part du Gouvernement syrien pour qu’il confirme ses engagements et montre au peuple qu’il est prêt à cesser la violence et à s’engager dans un processus politique, questions sur lesquelles l’Envoyé spécial conjoint engagera également l’opposition », a-t-il dit. 


Enfin, M. Serry a mis l’accent sur l’importance de garantir un accès humanitaire et une assistance aux personnes dans le besoin.


Auparavant, le Coordonnateur spécial avait insisté devant le Conseil de sécurité sur les risques accrus que présente le vide politique actuel au Moyen-Orient.  « Sans horizon politique, il va devenir de plus en plus difficile d’appuyer les progrès accomplis en vue de l’établissement d’un État palestinien, tandis que l’absence de progrès peut facilement céder la place à des tendances négatives qui rendraient chaque jour plus incertain », a-t-il estimé.


M. Serry a souligné qu’aucun progrès politique n’avait été enregistré au cours du mois écoulé, alors que la violence et l’instabilité se sont poursuivies sur le terrain, en particulier à Gaza, et que l’Autorité palestinienne doit affronter une situation « de plus en plus précaire ».


C’est ce climat incertain que le Quatuor aura à traiter lors de sa réunion le 11 avril, à Washington D.C. », a-t-il poursuivi.  Il a ainsi invité celui-ci à « assumer ses responsabilités en dirigeant des efforts collectifs visant à surmonter l’absence de confiance et de résultats afin de ne pas perdre de vue l’objectif ultime et accepté d’une solution à deux États ».


Le Coordonnateur spécial a mis l’accent sur le fait qu’il n’existe actuellement aucun terrain d’entente pour reprendre les pourparlers directs, les perspectives d’une évolution positive demeurant à cet égard « minces ».  « L’absence d’un horizon politique commence à nuire à la viabilité d’un futur État palestinien », a-t-il dit, en exhortant parallèlement les deux parties à éviter toute provocation qui serait nuisible pour le processus de paix.


M. Serry, qui a énuméré, au cours de son exposé, certains des incidents violents en Cisjordanie et fait état de la poursuite de l’activité israélienne de colonisation, s’est également arrêté sur les violences à Gaza, qui ont connu, du 11 au 13 mars, une escalade, la « plus importante depuis l’opération Plomb durci », a-t-il fait remarquer.


Un calme relatif, mais qui demeure « fragile », a été instauré le 13 mars grâce à la médiation égyptienne, a affirmé le Coordonnateur spécial, qui a condamné les attaques à la roquette contre Israël à partir de Gaza, tout en exhortant Israël à faire preuve de retenue.


Concernant le Liban, M. Serry a indiqué que la situation le long de la frontière avec la Syrie constituait une source de préoccupations.  Près de 900 personnes, qui avaient fui la ville syrienne d’Al-Qusayr, sont arrivées dans la vallée de la Bekaa les 3 et 4 mars, formant ainsi le principal afflux de réfugiés syriens depuis le début de la crise dans ce pays.


Dans la zone d’opération de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), la situation est demeurée calme, même si les violations aériennes des Forces de défense israéliennes se sont poursuivies sur un rythme quotidien.


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