21/03/2012
Conseil de sécurité
CS/10584

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Conseil de sécurité

6737e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LES ACTIVITÉS DE SON COMITÉ 1737, CHARGÉ DE VEILLER

AU RESPECT DES SANCTIONS IMPOSÉES À L’IRAN POUR SON PROGRAMME NUCLÉAIRE


L’Iran est appelé à se conformer aux exigences du Conseil,

l’AIEA n’étant pas en mesure de confirmer le caractère pacifique de son programme nucléaire


Le Conseil de sécurité a examiné ce matin les activités de son Comité créé en vertu de la résolution 1737 (2006) dit « Comité 1737 » qui est chargé de surveiller les activités iraniennes liées à l’enrichissement de matériaux fissiles comme l’uranium, à leur retraitement et aux travaux menés sur une filière nucléaire à l’eau lourde.  Les membres du Conseil ont réitéré les appels lancés à l’Iran pour qu’il suspende ses activités nucléaires.  Au titre de la résolution 1737, l’Iran doit accorder à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) l’accès et la coopération que celle-ci demande pour pouvoir vérifier la suspension des activités nucléaires, et certifier la nature pacifique du programme nucléaire de l’Iran tout en amenant ce pays à ratifier rapidement le Protocole additionnel au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).


Présentant le rapport trimestriel du Comité 1737, qui couvre la période allant du 21 décembre 2011 au 20 mars 2012, le Président du Comité, M. Néstor Osorio, Représentant permanent de la Colombie auprès des Nations Unies, a mentionné, entre autres, une lettre du 28 février 2012, par laquelle quatre États Membres de l’ONU ont notifié au Comité qu’une violation du paragraphe 9 de la résolution 1929 (2010) s’était produite durant la période couverte par le rapport.  Cette violation concerne le lancement dans l’espace, par l’Iran, du satellite « Navid » en faisant usage d’une fusée de type « Safir », alors que le paragraphe 9 de la résolution 1929 (2010) interdit à ce pays l’utilisation des technologies et des moyens liés aux missiles balistiques.  M. Osorio a aussi indiqué que le 27 décembre 2011, le Comité a reçu une notification faisant état d’une violation du paragraphe 5 de la résolution 1737 (2006) et concernant « le transfert à l’Iran de matériaux destinés à des centrales nucléaires dotées d’un réacteur à l’eau lourde ».


À l’instar des autres membres du Conseil de sécurité, le représentant de la France s’est particulièrement inquiété que l’Iran continue de refuser de respecter ses engagements internationaux et de se conformer aux exigences du Conseil de sécurité et du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, l’Agence étant toujours dans l’impossibilité de confirmer que toutes les installations et matières nucléaires se trouvant en Iran sont utilisées à des fins pacifiques.


Comme la représentante des États-Unis, plusieurs délégations ont jugé inacceptable que l’Iran poursuive ses activités d’enrichissement d’uranium à 3,5 et 20% dans son installation souterraine de Fordo et que ce pays mette en œuvre des projets liés à la production d’eau lourde.  Des délégations ont regretté que les inspecteurs de l’AIEA n’aient pas été autorisés à visiter le site militaire de Parchin, certaines se disant préoccupées par les informations rapportées par l’AIEA, selon lesquelles plusieurs kilogrammes d’uranium métal pourraient avoir été détournés.  D’autres ont noté que l’Iran améliore ses capacités balistiques, y compris sous le couvert de la conduite d’un programme spatial.  Parmi les autres préoccupations et violations, ont été signalés des transferts d’armes de l’Iran vers la Syrie et à destination du Hezbollah.   


Si la France, les États-Unis et l’Allemagne ont souhaité une amélioration du régime de sanctions et l’exercice d’une pression sans précédent sur l’Iran pour l’empêcher d’acquérir l’arme nucléaire, le représentant de la Fédération de Russie, tout en partageant ces préoccupations, s’est quant à lui opposé à toute initiative coercitive unilatérale qui serait de nature à créer des tensions autour de la question nucléaire iranienne.  Sur le même ton, le représentant du Pakistan a déclaré qu’en tant que voisin de l’Iran, son pays ne souhaitait voir aucune escalade des tensions dans une région déjà très instable.  Les représentants de la Chine et de l’Afrique du Sud ont estimé que les sanctions ne sont pas en elles-mêmes une fin en soi, et ils ont insisté pour que la question du nucléaire iranien ne soit résolue que par le dialogue et la diplomatie. 


Tous les intervenants au débat ont mis l’accent sur la nécessité de parvenir à une solution négociée en se félicitant de la décision prise par l’Iran de reprendre les négociations et les pourparlers avec les membres du Groupe P5+1 (composé des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et de l’Allemagne).


NON-PROLIFÉRATION


Présentation du rapport trimestriel du Comité établi aux termes de la résolution 1737 du Conseil de sécurité par le Président du Comité


Présentant le rapport trimestriel du Comité établi par la résolution 1737 (2006), couvrant la période allant du 21 décembre 2011 au 20 mars 2012, le Président du Comité, M. NÉSTOR OSORIO (Colombie), a dit que le coordonnateur du Groupe d’experts a, le 29 février, informé le Comité sur les activités menées par le Groupe.  Les consultations officieuses du 29 février ont permis aux membres du Conseil de discuter de la publication de trois rapports; de la publication du rapport final 2011 du Comité; et de la nécessité d’une réponse efficace du Comité face aux violations du régime de sanctions, a poursuivi M. Osorio.  Il a précisé que certains États Membres se sont inquiétés des transferts illicites d’armes entre l’Iran et la Syrie, une question a été documentée par plusieurs rapports.  Un État Membre a attiré l’attention sur une déclaration publique du Secrétaire général du Hezbollah datée du 7 février 2012, qui reconnaît que ce mouvement a bénéficié de soutiens matériels de toutes sortes de la part de l’Iran depuis 1982.  Certains États ont espéré que les notices sur la mise en œuvre de l’assistance rédigées par le Groupe d’experts seront bientôt rendues disponibles, a indiqué M. Osorio.  Le Comité a aussi entendu un exposé de la délégation française sur les similarités existant entre les technologies balistiques et spatiales, a-t-il ajouté. 


Au cours du trimestre couvert par le rapport, le Comité a été saisi d’une communication concernant une allégation faisant état d’une violation du paragraphe 5 de la résolution 1737, qui interdit tout transfert ou vente à l’Iran, et toute exportation par ce pays d’armes ou de matériaux connexes, a poursuivi le Président du Comité.  Dans une note verbale du 9 janvier 2012, un État Membre a fourni des informations relatives à la saisie, le 15 février 2011, de matériel se trouvant à bord d’un camion stationné à un poste frontière menant en Syrie.  


Dans une lettre du 28 février 2012, a poursuivi M. Osorio, quatre États Membres ont soumis un rapport relatif à la violation du paragraphe 9 de la résolution 1929 (2010).  Cette violation concernait le lancement par l’Iran du satellite « Navid » dans l’espace en se servant d’une fusée de type « Safir », comme cela a été annoncé par les autorités iraniennes elles-mêmes le 3 février 2012.  Le 22 février, un autre État Membre a fourni au Comité des informations relatives au blocage de trois cargaisons qui étaient destinées à l’Iran.  Revenant chronologiquement en arrière, M. Osorio a ensuite indiqué que le 27 décembre 2011, le Comité a reçu une note verbale d’un État Membre contenant une notification faisant référence au paragraphe 5 de la résolution 1737 (2006) et concernant « le transfert à l’Iran de matériaux destinés à des centrales nucléaires dotées d’un réacteur à l’eau lourde », a ajouté le Président du Comité des sanctions.


Parmi les autres lettres, a poursuivi M. Osorio, le Comité a reçu une communication verbale datée du 1er mars 2012 lui transmettant une notification relative au paragraphe 15 de la résolution 1737 (2006) et au paragraphe 4 de la résolution 1747 (2007).  Le Comité a également reçu une communication datée du 6 mars relative au paragraphe 26 de la résolution 1929(2010).


Toujours à la date du 6 mars, le Comité, répondant à une requête de la Fédération internationale des Associations de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, leur a apporté des clarifications relatives à la mise en œuvre du régime de sanctions imposé à l’Iran au titre des résolutions 1737 (2006), 1747 (2007), 1803 (2008) et 1929 (2010).  Le Comité a aussi poursuivi l’examen du cas de l’inspection et de la saisie le 28 août 2010, d’un conteneur qui se trouvait à bord du navire « MS Finland ».  Le Comité a souhaité envoyer des lettres relatives à cette mesure à six États Membres, a précisé M. Osorio. 


Le Groupe d’experts a transmis au Comité une évaluation trimestrielle de la mise en œuvre au niveau national de la résolution 1737.  À cet égard, M. Osorio s’est félicité que le Comité ait reçu au cours de la période examinée des communications du Turkménistan et de l’Arménie concernant leurs rapports respectifs de mise en œuvre des résolutions 1737 (2006), 1747 (2007), 1803 (2008) et 1929 (2010).


Déclarations


Mme ROSEMARY A. DICARLO (États-Unis) a déclaré que le Conseil de sécurité et le monde se trouvent confrontés à un statu quo dangereux alors qu’aucun progrès ne permet de lever les doutes existant sur un éventuel programme nucléaire militaire iranien.  Elle a dit que le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confirme que l’Iran ne respecte pas les obligations qui lui incombent en matière de non-prolifération nucléaire.  Elle a indiqué que l’Iran a commencé à enrichir de l’uranium à un taux de 20% dans des installations dissimulées dans un bunker souterrain tout en faisant des demandes de l’AIEA qui voulait avoir accès a ces installations.  La coopération de l’Iran avec l’AIEA n’atteint même pas le niveau minimum requis, a estimé la représentante des États-Unis en estimant que l’Iran « méprise » les demandes du Conseil de sécurité.  C’est pourquoi, a-t-elle dit, les États-Unis exhortent le Comité 1737 et le Groupe d’experts à mener à bien leur mandat et à le faire avec fermeté afin de faire face à toutes tentatives de violations des sanctions imposées à l’Iran. 


La représentante s’est dite persuadée qu’une meilleure mise en œuvre de ces sanctions sera de nature à freiner les efforts déployés par l’Iran en vue d’acquérir l’arme nucléaire.  Tout en notant que des progrès ont été faits pour réagir contre les violations des sanctions ces derniers trois mois, elle a estimé qu’il restait cependant beaucoup à faire dans ce domaine.  Les États-Unis sont préoccupés que le rapport final du Groupe d’experts, présenté il y a 10 mois, n’ait toujours pas été publié, a ajouté la représentante.  Nous restons engagés à agir par le biais d’une approche diplomatique globale et de l’exercice d’une pression sans précédent sur l’Iran pour l’empêcher d’acquérir l’arme nucléaire, a-t-elle insisté. Il faut que l’Iran vienne rapidement à la table de négociations pour prouver que ses intentions sont pacifiques, a ajouté la représentante des États-Unis en jugeant que ceci donnerait au monde la garantie que l’Iran n’essaie pas d’acquérir l’arme nucléaire.  Elle a dit que les États-Unis étaient prêts à négocier avec l’Iran dans le cadre du processus P5+1 et du Comite 1737.  


M. MARTIN BRIENS (France) a jugé très préoccupant le rapport soumis par le Directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) au Conseil.  Il a déploré que l’Iran poursuive ses activités d’enrichissement de l’uranium et ses projets liés à la production d’eau lourde, en dépit des résolutions du Conseil de sécurité et en l’absence de débouchés civils crédibles.  Il a estimé que l’augmentation de la production d’uranium enrichi à des taux alarmants rapproche l’Iran d’une utilisation militaire de ce produit.  Le représentant de la France a aussi regretté qu’en dépit des deux visites sur le terrain effectuées par l’AIEA, l’Iran ait refusé de donner aux inspecteurs de l’Agence accès à ses sites nucléaires.  M. Briens a regretté en particulier que les membres de l’Agence n’aient pas été autorisés à visiter le site militaire de Parchin.  Il a aussi noté que l’Iran améliore ses capacités balistiques, notamment par le biais de son programme spatial, citant à cet égard le lancement du satellite Sapphyre.


Nous sommes aussi très préoccupés par les flots d’armes fournies par l’Iran aux pays de la région, a-t-il poursuivi, en citant notamment « le transfert illicite d’armes iraniennes vers la Syrie ».  Il a aussi parlé du Liban, où le Hezbollah revendique l’aide que lui apporte l’Iran sur le plan matériel.  La communauté internationale a fait preuve de son unité dans ce domaine, a souligné M. Briens, avant d’inviter celle-ci à mettre en œuvre les résolutions adoptées sur la question, en améliorant notamment la mise en œuvre des sanctions contre l’Iran.  Nous demandons aussi que le rapport final du Groupe d’experts soit publié, a-t-il dit.  M. Briens a également rappelé qu’il fallait que l’Iran fasse en sorte que la confiance puisse régner sur son programme nucléaire, que ce pays dit pacifique.  L’Iran doit démontrer sa volonté de négocier sérieusement, a-t-il aussi demandé, rappelant à cet égard les efforts menés par la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton.


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a indiqué que son pays apprécie les activités de communication du Groupe d’experts qui a pour mandat d’assister le Comité 1737, et il l’a remercié pour le rapport soumis par le Groupe.  L’Inde a toujours soutenu le droit de tous les pays à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, a-t-il rappelé.  Il a appelé l’Iran à collaborer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), se félicitant à cet égard des échanges qui se sont produits récemment entre les parties.  M. Puri s’est également félicité de la décision de reprendre les pourparlers entre le Groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne) et l’Iran.  L’Inde appuie la pleine mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité concernant les sanctions imposées à l’Iran, a assuré le représentant.  Enfin, il s’est dit favorable à la tenue d’un débat ouvert au Conseil de sécurité sur la question de la mise en œuvre des sanctions.


M. WANG MIN (Chine) a jugé pragmatique de rester attaché au dialogue et à la médiation avec l’Iran concernant le programme nucléaire de ce pays.  Il a souhaité le lancement d’un nouveau dialogue qui permettra de réfléchir à une solution à long terme concernant le règlement de la question du programme nucléaire iranien.  M. Wang a exprimé l’espoir que l’Iran et l’AIEA seront en mesure de renforcer leur dialogue.  Il s’est réjoui du rôle constructif que pourrait à cet égard jouer l’AIEA.  Jugeant que les sanctions ne sont pas en elles-mêmes une fin, il a déclaré que la question du nucléaire iranien ne pourra être résolue que par le dialogue. 


M. MIGUEL BERGER (Allemagne) a exhorté l’Iran à s’engager dans des discussions sérieuses et de saisir l’occasion qui lui est offerte de revenir à la table des négociations.  Il a déclaré que le programme nucléaire iranien met à mal la stabilité de la région, tout en notant que l’Iran a accru ses activités d’enrichissement d’uranium dans plusieurs de ses installations.  Il a exhorté l’Iran à respecter sans plus tarder les obligations internationales qui sont les siennes au titre des résolutions du Conseil de sécurité.  Il a regretté que de nombreux cas de violations des sanctions par l’Iran aient été observés, « dont l’exportation d’armes vers la Syrie ».  M. Berger a dit que le lancement du satellite « Navit » début février 2012, qui a été fait en utilisant une fusée de lancement de type « Safir », démontre la nécessité de rendre plus efficace le régime de sanctions.  En mai 2011, le Groupe d’experts a présenté son rapport final, et nous souhaitons qu’il soit enfin publié, a-t-il indiqué.  Nous restons prêts à relancer le dialogue avec l’Iran en vue de restaurer la confiance internationale, a-t-il ajouté.  


M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a souligné la nécessité d’interdire le transit de différentes matières dangereuses ou fissiles sur les territoires nationaux.  Il a par ailleurs reconnu, conformément aux termes du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qu’on ne peut refuser à un pays le droit de développer un programme nucléaire à des fins pacifiques.  En ce qui concerne l’Azerbaïdjan, il a expliqué que les normes de non-prolifération ne peuvent pas être appliquées sur une grande partie du territoire du pays « à cause de son occupation par l’Arménie ».  Nous ne pouvons dès lors pas contrôler 132 kilomètres de notre frontière, a-t-il précisé.


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a estimé que les sanctions imposées à l’Iran ne constituent pas en elles-mêmes une fin en soi, et il a plaidé pour que la communauté internationale et le Conseil de sécurité puissent parvenir à une résolution pacifique de la question nucléaire iranienne.  Il faut que l’AIEA puisse avoir la latitude de faire son travail de vérification en Iran, a-t-il demandé, soulignant que cette Agence est la seule autorité qui soit à même de vérifier la nature pacifique des activités de l’Iran en matière nucléaire.  Le représentant sud-africain a dit que sa délégation appréciait la reprise du dialogue entre l’Iran et l’AIEA.  Il a exhorté l’Iran à respecter les décisions pertinentes de l’AIEA ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité applicables à cette situation.  Il faut trouver une solution à long terme à la question qui se pose et rétablir la confiance, a-t-il souhaité, tout en reconnaissant à l’Iran le droit de développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a souligné l’importance pour le Conseil de sécurité de travailler à l’établissement d’un mécanisme d’aide qui permettrait aux nouveaux membres du Conseil de suivre l’évolution de la question débattue aujourd’hui.  Il a invité le Conseil de sécurité et ses différents comités à mener leurs activités de façon équilibrée et dans un esprit de consensus.  Il a estimé que les rapports du Groupe d’experts devraient s’en tenir aux paramètres prévus dans la résolution qui donne mandat au Groupe sur le traitement d’une question.  Il a estimé que l’exposé fait ce jour sur la mise en œuvre de la résolution 1737 n’est pas la base la plus idoine pour discuter de ce que doit être un régime de sanctions.  Le représentant a ensuite déclaré que l’annonce de la reprise du dialogue entre l’Iran et le Groupe P5+1 était une évolution dans la bonne direction.  En tant que voisin de l’Iran, le Pakistan ne souhaite aucune escalade des tensions dans une région déjà instable, a-t-il insisté.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a jugé indispensable que les activités menées par le Groupe d’experts se déroulent dans la plus grande indépendance en s’appuyant sur des informations fiables et dignes de foi.  Il a estimé que l’efficacité des régimes de sanctions et l’action unifiée du Conseil de sécurité étaient sapées par l’application de mesures coercitives prises de manière unilatérale.  C’est pourquoi la Fédération de Russie exhorte les membres de la communauté internationale à respecter strictement les résolutions du Conseil de sécurité et à ne pas sortir de leurs limites.  Tout en partageant les préoccupations légitimes relatives au programme nucléaire iranien, la Fédération de Russie s’oppose à toute initiative qui soit de nature à créer des tensions autour de cette question, a indiqué M. Churkin.  « De notre côté », a-t-il ajouté, nous mettons tout en œuvre pour parvenir, par des moyens diplomatiques et politiques, et dans un esprit de respect mutuel, à un règlement durable de la question posée par le programme nucléaire iranien.


M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a estimé que le rapport final du Groupe d’experts aurait déjà dû être mis à la disposition des États Membres de l’ONU.  Nous devons appliquer la résolution 1929 et partager les informations disponibles dans ce domaine, a-t-il demandé.  Il a exigé de l’Iran « qu’il fournisse les éclaircissements nécessaires à la compréhension de ses activités et donne accès à l’AIEA à ses sites nucléaires ».  Le développement du nucléaire et des capacités balistiques dans ce pays confirme nos préoccupations, a déclaré le représentant portugais.  M. Cabral a donc demandé que l’Iran « apporte de toute urgence la preuve du caractère pacifique de son programme nucléaire ».  L’AIEA est le seul organe capable de déterminer la nature de ce caractère, a-t-il observé.  Le représentant a également souhaité que les négociations soient rapidement reprises, se disant encouragé par les négociations qui doivent avoir lieu dans le cadre du Groupe P5+1 (France, Royaume-Uni, États-Unis, Chine, Fédération de Russie et Allemagne).


M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a remercié le Groupe d’experts chargé d’assister le Comité 1737 pour la qualité de ses travaux.  Il a espéré qu’il bénéficiera de toute la coopération requise de la part des États Membres.  Il a aussi souhaité que le Comité poursuive l’examen du rapport final du Groupe d’experts afin de le rendre public.  Le dernier rapport de l’AIEA a démontré que les questions en suspens n’ont pas encore été résolues, a-t-il noté, avant d’espérer que le dialogue reprenne sans délai.  Il s’est dit convaincu de l’impartialité de l’AIEA, qui doit bénéficier de toute la coopération nécessaire à la conduite de ses missions, notamment pour accéder aux sites nucléaires iraniens.  Tous les États doivent respecter les engagements qu’ils ont librement contractés en matière de non-prolifération, a-t-il rappelé, soulignant que le régime de non-prolifération est basé sur un équilibre fondamental entre les droits et les obligations des parties au TNP.


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a dit que son pays avait pris des mesures pratiques pour la mise en œuvre des résolutions relatives à la non-prolifération nucléaire et des armes de destruction massive.  Il a précisé que le Guatemala, qui est signataire de tous les instruments et conventions internationaux relatifs à la non-prolifération des armes de destruction massive, est très attaché à une application équilibrée des trois piliers de la non-prolifération.  À cet égard, il a mis l’accent sur le droit qu’ont tous les pays à avoir accès à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Il a jugé inadmissible l’absence de coopération de la part de l’Iran, en rappelant que l’application des sanctions est un processus qui nécessite des efforts continus de la part de la communauté internationale.  Il a regretté la tendance actuelle à l’affrontement, en estimant que l’absence de confiance, associée aux événements qui se sont produits récemment à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, risque de conduire à une situation dangereuse.  M. Rosenthal a déclaré que la suspension de toutes les activités iraniennes liées à l’enrichissement est fondamentale pour le rétablissement de la confiance.  S’agissant des violations du régime de sanctions, il a indiqué que sa délégation soutenait les travaux du Comité 1737 et de son Groupe d’experts.   


M. KODJO MENAN (Togo) s’est inquiété des informations de ce nouveau rapport trimestriel qui font état d’importantes violations commises par l’Iran en matière de non-prolifération, malgré les multiples appels de la communauté internationale.  Il a dit que le droit des États à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques ne peut être compris comme un moyen de développer un programme militaire nucléaire.  L’attitude des autorités iraniennes, qui se manifeste à travers des déclarations publiques, ne semble pas lever les soupçons qui pèsent sur la nature même du programme nucléaire iranien, a dit le représentant du Togo, en estimant que le seul geste qui pourrait rassurer serait que l’Iran permette à l’AIEA d’accéder à toutes ses installations.  Il a jugé indispensable de prendre des mesures pour rendre plus efficaces les mesures de sanctions.  


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a relevé les différentes violations commises par l’Iran contre le régime de sanctions, comme le lancement récent d’un satellite à l’aide d’une fusée Safir.  Il a relevé que l’Iran continue d’exporter des armes en violation des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, selon les rapports que le Conseil a reçus de plusieurs pays.  Il a notamment déploré le transfert d’armes vers la Syrie, sachant que les autorités de ce pays s’en servent pour réprimer l’opposition.  Il a remercié le Groupe d’experts pour l’aide qu’il apporte au Comité 1737, ainsi que pour ses efforts de sensibilisation du public.  M. Lyall Grant s’est dit « frustré » que la publication du rapport final de ce Groupe n’ait pas encore pu lieu.


Le dernier rapport de l’AIEA mentionne notamment l’augmentation de la production de l’uranium enrichi à 20% et à 3,5%, a noté le représentant.  Il a regretté que le Gouvernement iranien ait refusé à l’AIEA d’accéder à certains sites et de rencontrer des individus qui travaillent sur son programme nucléaire.  Certaines activités nucléaires menées par l’Iran sont typiquement liées aux armes nucléaires, a fait remarquer M. Lyall Grant, regrettant que l’Iran n’ait pas saisi la possibilité qui lui a été offerte de convaincre l’AIEA du contraire.  M. Lyall Grant a appuyé l’approche qui consiste à exercer une pression sur l’Iran par le biais des sanctions et de l’isolement international.  Si l’Iran veut négocier, il doit faire preuve de sa bonne foi, a-t-il conclu.


Reprenant la parole, le Président du Comité 1737 a remercié le Groupe d’experts et le secrétariat du Comité pour leur dévouement.  Il a indiqué son intention de convoquer une séance publique du Conseil de sécurité sur la question des sanctions contre l’Iran au cours de la première quinzaine d’avril.


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