02/11/2012
Assemblée générale
CPSD/517

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Quatrième Commission                                       

15e séance – matin


QUATRIÈME COMMISSION: PARLANT DU MAINTIEN DE LA PAIX, LES DÉLÉGATIONS PRÉCONISENT DES

CONSULTATIONS ÉLARGIES ET RÉGULIÈRES AVEC LES PAYS CONTRIBUTEURS DE CONTINGENTS


La Commission adopte deux textes relatifs à la coopération

internationale touchant les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique


Ce matin, la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a adopté deux projets de texte portant sur la coopération internationale touchant les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique.  Elle a ensuite entamé son débat général sur les questions relatives au maintien de la paix.


Aux termes du premier texte, un projet de décision qui a fait l’objet d’un échange assez intense avant d’être adopté par 127 voix pour, 1 voix contre (Fidji) et 3 abstentions (Mongolie, Turquie et Azerbaïdjan), l’Assemblée générale déciderait de nommer l’Arménie, le Costa Rica et la Jordanie membres du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique.


L’autre texte, qui était un projet de résolution, portait sur la coopération internationale touchant les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique, et a été adopté par consensus.  Par ce projet de résolution, l’Assemblée générale demanderait aux États, qui ne sont pas encore parties aux instruments internationaux régissant les utilisations de l’espace, d’envisager de les ratifier ou d’y adhérer, conformément à leur droit interne, ainsi que d’en incorporer les dispositions dans leur législation.  Elle jugerait indispensable que les États, y compris ceux qui utilisent des sources d’énergie nucléaire, prêtent davantage attention au problème des collisions d’objets spatiaux avec des débris spatiaux, et aux autres aspects de la question des débris spatiaux.


Dans le cadre du débat général sur les questions relatives au maintien de la paix, les délégations ont souligné que, face à la complexité croissante des situations sur le terrain, il faut impérativement pouvoir compter sur un partenariat mondial dans le maintien de la paix.  À ce titre, le représentant de l’Union européenne a mis en avant les mérites de la coopération Sud-Sud ainsi que ceux de la coopération entre l’ONU et les organisations régionales.  Il a également souligné qu’en période d’austérité, il est essentiel de se concentrer sur les capacités existantes de maintien de la paix et de s’assurer qu’elles sont utilisées de manière optimale.


Les délégations de l’Égypte et de la Jamaïque, qui ont respectivement pris la parole au nom du Mouvement des pays non alignés et de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et celle du Pérou ont insisté sur le fait que les opérations de maintien de la paix ne constituent pas une panacée et qu’il ne faut pas perdre de vue les causes profondes des conflits.  Les missions de maintien de la paix et leurs mandats devraient être basés sur une vision cohérente et complète permettant leur bon déroulement, notamment en matière de sécurité et de soutien à la promotion d’un développement durable des zones sortant de conflit où ils devraient appuyer des processus nationaux. 


L’importance et l’utilité d’un dialogue triangulaire renforcé, tel que cela est proposé par le document « Nouvel horizon », entre le Secrétariat, le Conseil de sécurité et les pays contributeurs de troupes et de personnels de police ont été soulevées en particulier par les délégations des pays contributeurs de contingents.  Ces États Membres ont estimé qu’ils jouaient un rôle primordial dans les efforts de maintien de la paix des Nations Unies, et ont souhaité être mieux entendus et associés, à tous les niveaux, aux processus de prise de décisions tout au long du processus de déploiement et d’opération des missions.  Le représentant du Rwanda, faisant remarquer que son pays est membre non permanent du Conseil de sécurité auquel il compte apporter son expérience « pratique », a estimé que la pertinence des mandats de maintien de la paix dépend en large partie de la participation des pays contributeurs de troupes à leur définition.


La Quatrième Commission commencera l’examen du point de son ordre du jour relatif à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), mardi, le 6 novembre, à 15 heures.


Les dates des deux dernières séances du débat général de la Commission sur les questions relatives au maintien de la paix seront annoncées ultérieurement.



COOPÉRATION INTERNATIONALE TOUCHANT LES UTILISATIONS PACIFIQUES DE L’ESPACE 


Augmentation du nombre des membres du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS) (A/C.4/67/L.7)


Aux termes de ce projet de décision, adopté par 127 voix pour, 1 voix contre (Fidji) et 3 abstentions (Mongolie, Turquie et Azerbaïdjan), l’Assemblée générale déciderait de nommer l’Arménie, le Costa Rica et la Jordanie membres du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique.


Explications de position avant le vote


Le représentant de l’Azerbaïdjan a estimé que l’adhésion au Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS) doit être étudiée au cas par cas et qu’il n’y a pas lieu pour les États Membres de se prononcer ensemble sur l’adhésion de la Jordanie, du Costa Rica et de l’Arménie.  Sa délégation était prête à ne pas accepter l’adhésion de l’Arménie au COPUOS, mais seulement dans la mesure où l’Arménie a refusé de signer une lettre par laquelle elle s’engageait à ne pas faire obstacle au projet de l’Azerbaïdjan, a-t-il indiqué.  Dans la mesure où l’Arménie a refusé de signer cette lettre, sa délégation s’oppose à son adhésion au COPUOS parce qu’elle estime que l’Arménie recherche cette adhésion juste pour faire obstacle au projet azerbaïdjanais. 


Le représentant de l’Arménie a réitéré l’importance du rôle et des activités du COPUOS en matière de prévention des catastrophes naturelles.  Il a rappelé pourquoi la Commission devrait donner son aval à la candidature de son pays au COPUOS: à savoir l’attachement de l’Arménie aux utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique.  Pour lui, l’adhésion de la Jordanie, du Costa Rica et de l’Arménie permettrait au COPUOS de bénéficier de la contribution importante que ces pays peuvent lui apporter par le biais de leurs scientifiques.  Il a également attiré l’attention sur la coopération économique et régionale dans le domaine des utilisations pacifiques de l’espace.  La catastrophe naturelle à laquelle nous venons d’assister aux États-Unis et dans les Caraïbes doit, selon lui, sonner l’alarme.  L’heure est à la coopération et non pas à la division, a-t-il dit.  Il a invité les États Membres à ne pas voter contre l’adhésion de l’Arménie.


Le représentant de la Syrie a déclaré que, dans un esprit de consensus, il suggère de reporter le vote sur ce projet de décision afin d’avoir un délai supplémentaire pour que soient poursuivies par les consultations et les missions de bons offices en vue de parvenir à un consensus.


Le représentant de la Fédération de Russie a dit soutenir la position de l’Arménie qui demande que ce projet de décision soit  adopté à l’unanimité.  Il a posé la question de savoir dans quelle mesure un État ou un autre répond ou pas aux conditions d’adhésion au COPUOS.  Les problèmes bilatéraux entre deux États ne devraient pas entrer en ligne de compte ici, a-t-il estimé.  Aujourd’hui l’adhésion au COPUOS doit être décidée à l’unanimité comme le demande la délégation de l’Arménie.


Le représentant de l’Azerbaïdjan a estimé qu’il est étrange que le représentant de l’Arménie ait parlé d’amendement à ce texte alors qu’il n’y en a pas eu.  Il a également répondu au représentant de la Fédération de Russie pour dire qu’il n’y avait eu aucun accord à Vienne.  Il a proposé, comme amendement, que la candidature de l’Arménie soit retirée du projet de décision.


Le représentant de l’Arménie a repris la parole pour dire que sa délégation s’oppose à la proposition de l’Azerbaïdjan et demande que cet amendement soit mis au vote.


L’amendement en question a été soumis au vote et a été rejeté par 6 voix pour (Azerbaïdjan, Gabon, Niger, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Qatar), 85 voix contre et 27 abstentions.


Explications de vote après le vote sur l’amendement proposé par l’Azerbaïdjan


Le représentant de l’Algérie a dit avoir voté contre l’amendement proposé par l’Azerbaïdjan car, pour sa délégation, l’équilibre régional a bien été respecté dans la composition du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS).  Par ailleurs, les critères évoqués par l’Azerbaïdjan ne sauraient être pris en compte dans le cadre du travail dudit Comité.


Les délégations du Niger et du Gabon ont indiqué que, suite à un incident technique, leurs votes ont été mal enregistrés.  Leurs délégations étaient contre cet amendement.


Explications de vote après le vote sur le projet de décision


La représentante de Chypre,s’exprimant au nom de l’Union européenne, a expliqué que remettre en question l’esprit de coopération qui prévaut au sein du COPUOS est un dangereux précédent que les membres de l’Union européenne auraient de toute façon rejeté.  C’est pour cette raison que les pays membres de ce groupe ont voté en faveur du texte. 


Le représentant du Costa Rica a déploré que cette décision n’ait été adoptée par le processus normal, c’est-à-dire par consensus, à Vienne, et qu’il ait fallu s’en remettre à l’Assemblée générale.  Le Costa Rica, qui a voté en faveur de la décision, s’engage à poursuivre sa coopération avec les autres États en matière de progrès relatifs à l’espace extra atmosphérique. 


Le représentant de la Jordanie a remercié toutes les délégations qui ont apporté leur soutien à ce projet de décision.  


Le représentant de la Turquie a fait remarquer qu’il n’y pas eu de consensus sur les règles de désignation des membres du COPUOS.  C’est pour cela que la délégation s’est abstenue lors de ce vote. 


Le représentant de l’Azerbaïdjan a dit que sa délégation n’a pas soutenu la candidature de l’Arménie en raison de l’occupation d’une partie du territoire de l’Azerbaïdjan par l’Arménie.  Un État aussi agressif ne peut être représenté dans un comité qui promeut des utilisations pacifiques, a-t-il conclu.   


Coopération internationale touchant les utilisations pacifiques de l’espace (A/C.4/67/L.2)


Aux termes de ce projet de résolution, adopté par consensus, l’Assemblée générale demanderait aux États qui ne sont pas encore parties aux instruments internationaux régissant les utilisations pacifiques de l’espace d’envisager de les ratifier ou d’y adhérer, conformément à leur droit interne, ainsi que d’en incorporer les dispositions dans leur législation.


Elle jugerait indispensable que les États, y compris ceux qui utilisent des sources d’énergie nucléaire, prêtent davantage attention au problème des collisions d’objets spatiaux avec des débris spatiaux, et aux autres aspects de la question des débris spatiaux, et demanderait que les recherches sur cette question se poursuivent au niveau national, que les techniques de surveillance des débris spatiaux soient améliorées et que des données sur ces débris soient rassemblées et diffusées.


Elle prierait le Comité de poursuivre, à titre prioritaire, l’examen des moyens permettant de veiller à ce que l’espace continue d’être utilisé à des fins pacifiques et de lui en rendre compte à sa prochaine session.  Elle prierait également les organismes des Nations Unies, les autres organisations internationales et le Secrétaire général de poursuivre et, le cas échéant, de renforcer leur coopération avec le Comité et de communiquer à celui-ci des rapports sur les questions traitées dans le cadre de ses travaux et de ceux de ses organes subsidiaires.


ÉTUDE D’ENSEMBLE DE TOUTE LA QUESTION DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX SOUS TOUS LEURS ASPECTS ( A/67/312–S/2012/645)


Débat général


M. MOHAMED SELIM (Égypte), s’exprimant au nom du Mouvement des pays non alignés, a déclaré que la pleine participation des pays contributeurs de troupes à toutes les étapes du processus du maintien de la paix, et en particulier dans la formulation et la prise de décisions est une priorité pour les pays non alignés.  « Il n’est plus viable que les contributeurs de troupes financent les opérations de maintien de la paix des Nations Unies », a-t-il estimé.  Le représentant a ensuite dit que l’accroissement des activités des opérations de maintien de la paix (OMP) exige de meilleures capacités à évaluer les situations de conflit, des plans basés sur des informations crédibles et des réponses rapides aux urgences.  Les OMP ne devraient pas en outre être utilisées comme une alternative destinée à apporter une réponse aux causes profondes des conflits.  Elles devraient, au contraire, être basées sur une vision cohérente et complète pour la mise en œuvre de la sécurité et du développement durable.  M. Selim a également souligné que l’élaboration de concepts, politiques et stratégiques doit être faite à un niveau intergouvernemental.  Les politiques de maintien de la paix doivent aussi disposer des moyens et des ressources nécessaires dans le but de garantir une mise en œuvre efficace du mandat du maintien de la paix, a-t-il encore dit.


Dans ce contexte, les pays non alignés insistent sur le besoin de consensus entre États Membres et, dans ce cadre, appellent le Secrétaire général à ne pas travailler sur la base d’orientations politiques non acceptées par un processus intergouvernemental.  Les pays non alignés estiment en outre que tout changement de mandat des OMP doit se faire après consultation préalable des pays contributeurs de troupes.   Pour sa part, le Conseil de sécurité doit évaluer objectivement la situation de terrain et ne pas adopter de mandats qui manquent de base politique claire.  Les pays non alignés exigent, par ailleurs, une consultation préalable des contributeurs de troupes pour déterminer les voies et moyens de protéger les missions de maintien de la paix de toute menace à leur sécurité.  De même, une attention particulière doit être accordée aux stratégies de sortie, d’intégration entre maintien de la paix et renforcement de la paix, de sorte que les efforts de maintien de la paix aboutissent à une reprise économique et à une construction des capacités dans les zones affectées.  Par ailleurs, la protection des civils ne doit pas être un prétexte pour justifier une intervention militaire des Nations Unies dans les conflits.  Toute action des Nations Unies, dans ce sens, doit restée conforme à sa Charte, a encore déclaré le représentant.  Les pays non alignés considèrent enfin le Comité des opérations de maintien de la paix comme le seul organe compétent pour examiner les OMP dans tous leurs aspects et estiment que le travail du Comité consultatif sur les coûts des troupes doit être complété.


Le colonel NATTAWUT SABYEROOP (Thaïlande), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a remarqué que lorsqu’un État n’est pas en mesure de garantir la paix, la sécurité et le développement sur le plan interne, la communauté internationale devrait pouvoir lui offrir son assistance par le biais du maintien de la paix.  Il a rappelé que de 1948 à 2012, les Nations Unies ont mené plus de 60 opérations de maintien de la paix (OMP).  Cependant, pour que cet instrument soit efficace, il est essentiel que ces missions respectent certains principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, ainsi que trois principes essentiels qui sont: l’accord des parties, le non-recours à la force, sauf en cas d’autodéfense, et l’impartialité, a-t-il noté.  Pour l’ASEAN, ces missions doivent également être conformes aux principes de l’intégrité territoriale, de la souveraineté, et de la non-intervention dans les affaires intérieures des États.  Par conséquent, il faut que les mandats des OMP soient clairs et comprennent une structure de commandement unifiée et une utilisation rationnelle des ressources, a-t-il souligné.  À cet égard, les nations membres de l’ASEAN insistent sur la nécessité d’inclure les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police (TCC/PCC) à tous les stades de la conception et du fonctionnement des OMP, et en particulier à la définition de leur mandat.  De plus, les membres de l’ASEAN souhaiteraient que davantage de réunions informelles aient lieu sur les aspects opérationnels dans le cadre d’un processus consultatif élargi.  À cet égard, les membres de l’ASEAN accordent également un intérêt particulier au renforcement de la coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité et le Secrétariat, les TCC et PCC, et les gouvernements hôtes des missions de maintien de la paix.  Par ailleurs, l’ASEAN encourage le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et le Département de l’appui aux missions (DAM) à tenir compte des recommandations du Comité de maintien de la paix, dont le rapport n’est sorti qu’à la mi-septembre cette année.


Les pays de l’ASEAN soulignent également la nécessité croissante d’avoir une approche intégrée et cohérente de la gestion des situations postconflit qui devrait se baser sur les besoins des pays concernés à travers un dialogue, un échange d’informations et une coopération étroite.  À cet égard, ils partagent les opinions du Secrétaire général figurant dans son rapport sur les capacités civiles à la suite d’un conflit (A/67/312), et ils insistent notamment sur le fait que ces capacités ne peuvent pas être imposées de l’extérieur mais qu’elles doivent s’inscrire dans le contexte de programmes visant une appropriation nationale du processus de prise de décisions.  L’ASEAN reste convaincue que, dans tous les cas de figure, les capacités nationales ne peuvent que venir complémenter le personnel militaire et de police, et non pas le remplacer.


M. RAYMOND O. WOLFE (Jamaïque), s’exprimant au nom des États de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a salué les 116 000 civils et soldats de la paix onusiens, ainsi que les officiers de police, qui sont en poste dans les 17 missions de maintien de la paix.  Grâce à leurs efforts, la paix et la sécurité ont été restaurées, même de manière fragile, dans des sociétés qui ont été traumatisées par les conflits, a-t-il dit, ajoutant qu’un certain nombre de ces Casques bleus ont perdu la vie en accomplissant leur devoir.  Il a, d’autre part, indiqué que la CARICOM renouvelait son engagement envers les efforts déployés en vue d’améliorer la capacité de l’Organisation à remplir ses différents mandats de maintien de la paix et à poser des fondations solides pour la paix et le développement durable dans les pays en sortie de crise.  À cet égard, les États de la CARICOM soulignent le lien critique qui existe entre le maintien de la paix et la consolidation de celle-ci.  L’un et l’autre doivent aller de pair, a-t-il ajouté.  Les États de la CARICOM exhortent la communauté internationale à poursuivre son soutien à Haïti alors que ce pays lutte pour construire des fondations solides en vue de sa stabilité à long terme, de son redressement économique et de son développement.  Enfin, le représentant a salué le rôle important joué par les femmes dans les opérations et les forces de maintien de la paix.


M. ROGER BARRETT (Canada), s’exprimant au nom du Groupe CANZ (Canada, Australie et Nouvelle-Zélande), a jugé nécessaire de planifier, préparer et déployer, sous forme de partenariat, les opérations de maintien de la paix (OMP) pour que ces dernières soient efficaces.  La planification, a-t-il ajouté, doit s’inscrire dans une approche globale et les missions doivent disposer de mandats clairs et réalisables ainsi que de ressources et de moyens indispensables à leur bonne exécution.


M. Barrett a mis l’accent sur les avancées substantielles réalisées au cours de ces deux dernières années pour élaborer et concrétiser les principes qui sous-tendent la protection des civils dans les opérations de maintien de la paix.  Il a indiqué que lorsqu’une mission de maintien de la paix était mandatée pour protéger la population civile, le gouvernement hôte devait rester le premier et seul responsable de sa protection.  Les Casques bleus sont les premiers à contribuer à la consolidation de la paix dans de nombreux autres domaines, notamment par des activités à l’appui des processus politiques, de la réforme du secteur de la sécurité et du renforcement des capacités, a poursuivi M. Barrett.  Il a déploré la très forte diminution du nombre de femmes qui occupent de hautes fonctions dans les missions politiques spéciales, de consolidation de la paix et de maintien de la paix.  La Stratégie globale d’appui aux missions (SGAM) a montré qu’elle pouvait accroître la rapidité et l’efficacité de l’appui aux opérations de maintien de la paix, a indiqué le représentant, jugeant toutefois indispensable « d’arrêter une vision définitive pour la SGAM ».


M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili), qui s’exprimait au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a souligné l’importance des opérations de maintien de la paix (OMP) dans l’architecture mondiale du maintien de la paix ainsi que l’importance de renforcer leurs capacités opérationnelles et leur structure organisationnelle.  Pour la CELAC, la perception de la légitimité de ces opérations est essentielle pour leur efficacité à long terme.  À ce titre, le représentant a rappelé les trois principes fondamentaux du maintien de la paix qui sont: l’impartialité, l’accord des parties et le recours à la force, seulement en cas de légitime défense.  Mais il a également souligné qu’il est important que la participation des États aux OMP soit universelle.  L’efficacité de ces opérations est étroitement liée au fait qu’elles doivent avoir des capacités adéquates pour la conduite de leur mandat, disposer d’un mandat clair, d’une bonne logistique et de ressources financières suffisantes ainsi que d’une formation adéquate pour leur personnel, a encore fait valoir le représentant.


La CELAC réitère l’importance du Comité de maintien de la paix en tant qu’instrument essentiel pour le renforcement du partenariat mondial dans le domaine du maintien de la paix des Nations Unies.  Elle invite le Conseil de sécurité à poursuivre ses réunions privées avec les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police.  Par ailleurs, elle souhaite que les normes de conduite les plus élevées soient respectées par le personnel de maintien de la paix, et réaffirme son appui à la politique de tolérance zéro des Nations Unies.  De plus, pour assurer la viabilité à long terme des OMP, la CELAC insiste sur la nécessité de rembourser les pays contributeurs de troupes de manière efficace et rapide.  Elle est satisfaite des progrès réalisés dans ce contexte pour la période allant de juillet 2012 au 30 juin 2013 et attend les recommandations du Groupe consultatif de haut niveau chargé d’examiner le taux de remboursement des frais engagés par les pays contributeurs de troupes.


M. IOANNIS VRAILAS, de la délégation de l’Union européenne, a estimé que le maintien de la paix est une activité phare des Nations Unies et qu’il est nécessaire de continuer de lui prêter une attention particulière.  Le débat d’aujourd’hui est une excellente opportunité de préparer la prochaine session du Comité spécial des opérations de maintien de la paix (OMP), afin d’assurer un résultat significatif et en temps opportun à ses travaux, a-t-il dit.  Par ailleurs, il a estimé que l’initiative canadienne-marocaine de l’an dernier sur les méthodes de travail constituait un excellent point.  En temps d’austérité, il est essentiel de se concentrer sur les capacités existantes de la manière la plus efficace possible, a jugé le représentant.  Il a également mis l’accent sur l’importance de protéger les civils.  Ils représentent l’une des principales dimensions des opérations de maintien de la paix et jouent un rôle déterminant pour le succès et la légitimité des opérations de maintien de la paix, a ajouté M. Vrailas.  Il a également mis en avant les mérites de la coopération Sud-Sud ainsi que celle de l’ONU et les organisations régionales dans le contexte du maintien de la paix.


M. ABUZIED SHAMSELDIM AHMED MOHAMED (Soudan) a souscrit à la déclaration du Mouvement des pays non alignés et a estimé que son pays et l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) sont un bon exemple de coopération entre les Nations Unies et le pays hôte d’une mission.  Cela est d’autant plus vrai que, depuis que la MINUAD s’est installée au Darfour, de très nombreux progrès y ont été enregistrés, a reconnu le représentant, tout en déplorant la persistance de groupes rebelles qui refusent encore les négociations.  Pour le représentant, le renforcement des capacités nationales des pays sortant de conflit est très important dans le cadre du maintien de la paix.  Pourtant ce renforcement ne doit pas être une manière de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays hôte.  Toute assistance technique doit également recueillir l’accord du pays hôte, tenir compte et respecter ses priorités nationales, tout en répondant aux besoins réels des populations locales, dans le respect de leurs cultures, a encore plaidé le représentant.  Enfin toutes les opérations de maintien de la paix (OMP) doivent disposer de stratégies de sortie, a-t-il conclu.


M. JIMMY HODARI (Rwanda) a rappelé que son pays était actuellement le sixième contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations Unies.  À ce titre, et en tant que nouveau membre non permanent du Conseil de sécurité, le Rwanda s’engage à apporter sa perspective pratique à la définition des mandats des missions.  Ces mandats doivent être réalistes, a dit M. Hodari.  Cela suppose des consultations plus étroites avec les pays fournisseurs de contingents de manière à pouvoir tenir compte de leur expertise et de leurs contributions tout au long du processus de prise de décisions.  Il a également mis l’accent sur le problème des ressources limitées mises à la disposition des opérations de maintien de la paix, ce qui compromet, selon lui, leur efficacité et la sécurité des troupes elles mêmes ainsi que celle de la population civile.  Il a également insisté sur la nécessité d’accélérer les remboursements des pays contributeurs de troupes.  Par ailleurs, le représentant a vanté les mérites de la participation des femmes dans les OMP et a salué les efforts déployés en ce sens pour augmenter leur coopération aux règlements des conflits et à la consolidation de la paix.  Pour le Rwanda, il existe un lien étroit entre maintien et consolidation de la paix, ce qui passe par une appropriation du processus politique et par la consolidation des institutions nationales.


M. SALEH SOROUR (Qatar) a jugé nécessaire que les opérations de maintien de la paix (OMP) respectent les buts et principes de la Charte des Nations Unies, et évitent les ingérences dans les affaires intérieures des pays hôtes.   De plus, les OMP ne doivent pas être considérées comme une solution de rechange à la coopération Sud-Sud, ou comme un palliatif à la recherche des causes profondes des conflits, a encore estimé le représentant.  En ce qui concerne la sécurité des personnels des OMP, le représentant a estimé que ce sont Nations Unies qui doivent l’assurer.  Pour leur part, les pays hôtes doivent enquêter sur toutes les violences dont sont victimes les personnels des OMP.  Pour la délégation du Qatar, si tous les personnels des OMP viennent exclusivement de pays en développement, cela pourrait compromettre ces missions, car ces personnels ne disposent pas toujours des mêmes compétences que leurs homologues de pays développés.  Cependant, a-t-il reconnu, les personnels doivent connaître les langues et cultures des pays dans lesquels ils sont engagés.  Quant aux pays contributeurs de troupes, ils  doivent pleinement participer à toutes les étapes d’élaboration des OMP, a-t-il conclu.


M. ENRIQUE ROMÁN-MOREY (Pérou) a noté le rôle croissant que jouent les Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales et donc la pertinence des OMP, qui sont de plus en plus complexes.  Pour sa délégation, tout « programme de la paix » doit considérer des actions globales qui conduiraient à identifier les causes profondes d’un conflit et appuieraient les processus engagés en vue d’une paix durable.  La consolidation de la paix doit être un processus national avant tout, et le rôle de la communauté internationale devrait essentiellement porter sur l’appui aux autorités nationales et sur l’articulation des priorités en matière de paix et de développement, a préconisé M. Román-Morey.  Le représentant a rappelé que les OMP ne sont qu’un instrument parmi d’autres dont disposent les Nations Unies pour réaliser la paix et qu’il fallait reconnaitre le rôle croissant et complémentaire que jouent les organisations régionales dans ce domaine. Par ailleurs, il a estimé qu’il était important de promouvoir la coordination entre le Comité des 34, le Conseil de sécurité, la Commission de consolidation de la paix et les pays fournisseurs de contingents pour améliorer l’efficacité des OMP. 


M. LUIS-ALFONSO DE ALBA (Mexique) a déploré que le rapport du Comité spécial des opérations de maintien de la paix (C-34) ne comprenne pas de référence aux missions politiques spéciales, en dépit de l’augmentation de leur nombre et de leur proximité avec les opérations de maintien de la paix.  C’est pour cette raison que le Mexique n’est pas en mesure de rejoindre le consensus sur l’adoption dudit rapport, a indiqué M. de Alba.  Pour autant, la délégation du Mexique estime qu’il est essentiel de continuer de discuter de cette question en parallèle de l’agenda du C-34.  Car, a conclu le représentant, ces missions remplissent un rôle de plus en plus significatif et croissant dans le cadre du maintien de la paix et de la sécurité internationales.


M. MARTIN VIDAL (Uruguay) a mis l’accent sur la nécessité d’assurer la légitimité des OMP, ainsi que sur leur complexité croissante, ce qui suppose un renouvellement de l’engagement de tous les États Membres des Nations Unies aux activités de maintien de la paix.  Toutefois, l’Uruguay estime qu’il faudrait parvenir à un consensus quant à la manière d’agir en vue de pouvoir compter sur le soutien des États Membres.  Il est également convaincu qu’un C-34 renforcé contribuerait à donner plus de pertinence à ce soutien et est nécessaire en vue de renforcer la coopération mondiale, dans la mesure où deux tiers des membres du C-34 sont des pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police.  Le représentant a demandé que le dialogue avec ces pays soit élargi à tous les niveaux de prise de décisions et a indiqué qu’il devait en être de même concernant le dialogue avec les groupes régionaux.


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