08/10/2012
Assemblée générale
CPSD/504

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission

2e séance – après-midi


LES DÉLÉGATIONS DE LA QUATRIÈME COMMISSION, DANS LEUR GRANDE MAJORITÉ, DÉNONCENT LA LENTEUR

DU PROCESSUS DE DÉCOLONISATION À L’OUVERTURE DU DÉBAT GÉNÉRAL


Les délégations des États d’Amérique latine appellent le Royaume-Uni à reprendre

avec l’Argentine les négociations sur le différend de souveraineté relatif aux Îles « Malvinas »


La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation, Quatrième Commission, a débuté, cet après-midi, son débat général de cinq jours sur les questions de décolonisation liées aux 16 territoires non autonomes.  Cinquante ans après l’adoption par l’Assemblée générale de la résolution 1514, relative à l’application de la « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux », 2 millions de personnes vivent toujours sous des régimes coloniaux, dans 16 territoires non autonomes, a relevé le représentant de la Chine, qui a ainsi exprimé un sentiment partagé par la plupart des intervenants de cet après-midi, à savoir la lenteur des processus de décolonisation.


La question des Îles Falkland (Malvinas) a suscité des prises de position fermes de la part des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes qui ont tous affirmé « les droits légitimes de l’Argentine concernant la souveraineté sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud ».  Àl’instar du représentant argentin, de nombreux intervenants ont insisté sur le « caractère spécial » du cas de ces îles, dans la mesure où il s’agit « d’un territoire colonisé » mais non pas d’un « peuple colonisé ».  Ces délégations ont par conséquent déclaré que « le principe de l’autodétermination ne pouvait pas s’appliquer à la situation des îles Malvinas ».


Exerçant son droit de réponse, la représentante du Royaume-Uni a indiqué que son pays « n’avait aucun doute quant à sa souveraineté sur les Îles Falkland ».  Pour appuyer son point de vue, elle a fait valoir la position exprimée aux Nations Unies « par les représentants démocratiquement élus de ces îles, qui ont affirmé qu’il n’y avait pas de population autochtone sur les Falkland et que leurs ancêtres n’en avaient expulsé personne. »  Le référendum d’autodétermination prévu pour 2013 doit, a-t-elle estimé, permettre à la population des Îles « Falkland » de décider librement de son avenir.


En début de séance, le Rapporteur du Comité spécial des Vingt-Quatre, M. Bashar Ja’afari, de la Syrie, a présenté le rapport de ce Comité.


De son côté, le Président du Comité des Vingt-Quatre, M. Diego Morejon (Équateur), a assuré que le Comité spécial poursuivra ses efforts en vue de suivre la situation dans les territoires non autonomes et de promouvoir le dialogue avec

les puissances administrantes, notamment par le biais de séminaires régionaux.  Il a également souligné la vulnérabilité croissante de certains de ces territoires aux changements climatiques.  Conscient du besoin d’une action effective qui tient compte des particularités de chaque territoire, le Président du Comité des Vingt-Quatre a insisté sur le rôle que les organisations régionales pouvaient jouer à cet égard et de la coopération avec celles-ci.


Créé en 1961, ce Comité, également appelé « Comité spécial des Vingt-Quatre», est chargé d’examiner la situation politique, économique et sociale de chacun des territoires non autonomes.  Le Comité des Vingt-Quatre envoie des missions dans ces territoires, organise des séminaires régionaux, et met en œuvre les mesures approuvées par l’Assemblée générale.


La Quatrième Commission poursuivra ses travaux demain, mardi 9 octobre, dans l’après-midi à 15 heures, et entendra des pétitionnaires.


M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran), s’exprimant aussi au nom du Mouvement des pays non alignés a rappelé que depuis sa création en 1955, le Mouvement attache une grande importance aux aspirations des peuples à l’autodétermination.  Il a ensuite regretté que depuis 1960 et malgré tous les efforts de l’Organisation des Nations Unies et de ses organes pertinents pour mettre un terme à la décolonisation, ce processus reste incomplet et que 16 territoires soient toujours non autonomes.  Pour les non-alignés, l’existence du colonialisme sous toutes ses formes est incompatible avec la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme.  Dans ce contexte, il est important que le processus de décolonisation s’accélère, en prenant notamment en compte les recommandations du document final de la seizième Conférence des chefs d’États et de gouvernements du Mouvement des pays non alignés et du document final de la dix-septième Réunion ministérielle du Mouvement des pays non alignés, a souligné le représentant.


M. Khazaee a ensuite estimé que le Comité spécial de la décolonisation doit améliorer son efficacité dans le but d’accroître non seulement son interaction et sa coopération avec les puissances administrantes, mais aussi pour garantir l’inclusion active des peuples concernés dans le processus d’autodétermination.  De leur côté, les puissances administrantes doivent pleinement coopérer avec ledit Comité.  Elles doivent en outre verser des compensations financières du fait de l’occupation coloniale, a encore plaidé le représentant.  Par ailleurs, le Mouvement des non-alignés appelle tous les États Membres des Nations Unies à mettre en œuvre la décision de l’UNESCO en ce qui concerne le retour des biens culturels dans leurs pays d’origine, a-t-il souligné.  Il a demandé également à l’Assemblé générale à se pencher activement sur la question de Porto-Rico.  Le Mouvement des pays non alignés réaffirme enfin son soutien à l’autodétermination du peuple palestinien et à la solution à deux États sur la base des frontières de 1967, a dit M. Khazaee.


M. SÉRGIO RODRIGUES DOS SANTOS (Brésil), qui s’exprimait au nom du MERCOSUR, a rappelé les termes du Communiqué conjoint des présidents des États parties du MERCOSUR et États associés, du 29 juin dernier, qui affirment le droit légitime de l’Argentine en ce qui concerne le différend de souveraineté sur les îles « Malvinas », Géorgie du Sud et Sandwich.  Il est dans l’intérêt régional qu’une solution puisse être trouvée à ce différend entre l’Argentine et le Royaume-Uni, a-t-il-poursuivi.  Les États parties au MERCOSUR dénoncent en outre la  présence militaire britannique sur ces îles et dans les espaces maritimes qui les entourent et rejettent les activités unilatérales britanniques dans cette zone, notamment l’exploitation de ressources renouvelables et non renouvelables, a dit M. Rodrigues Dos Santos.  Les mandataires ont également apporté leur plein appui à la résolution adoptée le 14 juin dernier par le Comité des Vingt-Quatre sur la question des îles Malvinas et attachent un intérêt particulier à son application en vue de parvenir à une solution pacifique à cette situation « anachronique ».  Le représentant du MERCOSUR a également dénoncé la volonté affichée de certains pays de vouloir appliquer la quatrième partie du Traité de fonctionnement de l’Union européenne aux îles « Malvinas », dans la mesure où elles font l’objet d’un différend de souveraineté.


S’exprimant au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes, M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a rappelé l’importance du processus de décolonisation et du droit inaliénable à l’autodétermination de tous les peuples du monde.  S’il a noté des progrès significatifs dans ce processus, il a en revanche rappelé que 16 territoires ne sont toujours pas autonomes.


La Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes réaffirme le droit légitime de l’Argentine dans le différend de souveraineté qui l’oppose au Royaume-Uni concernant les îles Malvinas.  Les négociations permettant de parvenir à une solution pacifique et définitive au conflit de souveraineté sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud doivent reprendre au plus vite, a dit le représentant.  « S’agissant de l’exploration et de l’exploitation, par le Royaume-Uni, des hydrocarbures dont les réserves se trouvent sur le plateau continental de l’Argentine », il a rappelé que l’Assemblée générale, par sa résolution 31/49, avait demandé aux deux parties de s’abstenir de prendre des décisions qui pourraient entraîner des modifications unilatérales de la situation de ces îles.  Par ailleurs, M. Errázuriz a insisté sur la déclaration prononcée par le Groupe de Rio, le 10 février 2010, qui refuse toute activité militaire du Royaume-Uni sur et autour des îles Malvinas.  Par ailleurs, depuis plus de 35 ans, et après l’adoption de 31 résolutions et décisions, la Quatrième Commission n’a eu de cesse de réaffirmer le droit à l’autodétermination de Porto Rico, a dit le représentant.  Il a fait part de sa préoccupation concernant les Îles Turques et Caïques et y a souhaité le retour d’un gouvernement démocratique.  Il a encouragé les habitants des îles à prendre part aux élections de novembre prochain.


Enfin, s’agissant de la question du Sahara occidental, M. Erráruriz  a souhaité l’entière application des résolutions adoptées par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité.  À cet égard, il a souligné les efforts déployés par le Secrétaire général et son Envoyé spécial pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable, juste et durable.


Mme LOIS MICHELE YOUNG (Belize), s’exprimant aussi au nom des États de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) a rappelé que la position de principe de ce groupe d’États au regard du droit à l’autodétermination est connue de la Quatrième Commission.  « Alors que nous traversons la Troisième Décennie internationale pour l’élimination du colonialisme, la CARICOM demeure préoccupée par l’arrêt du processus de décolonisation.  En conséquence, ce groupe d’États exhorte les Nations Unies à instaurer un dialogue entre les puissances administrantes et les peuples des territoires dépendants, afin que « cette décennie ne soit perdue », a dit Mme Young.  Après avoir souligné le rôle du « Comité des Vingt-Quatre », la représentante a appelé cet organe à remplir pleinement son mandat, tout en se déclarant prêt à se pencher sur l’amélioration de son fonctionnement.


Même si la CARICOM reconnaît qu’il revient aux seuls peuples concernés de déterminer leur futur dans le cadre des options qui leur sont offertes, indépendance, libre association ou statu quo, il revient aux Nations Unies de contrebalancer l’influence des puissances administrantes dans ces territoires, a poursuivi Mme Young.  Dans ce contexte, la situation des Îles Turques et Caïques, et en particulier la dissolution du Parlement par la puissance administrante, est une source de préoccupation pour la CARICOM, d’autant plus que cela n’a pas amélioré la situation, a déploré la représentante.  Pour la CARICOM, seule une pleine participation de toutes les couches de la population à la vie politique peut conduire à une résolution des problèmes qui persistent dans ce territoire.  De même, la situation du Sahara occidental préoccupe la CARICOM.  Elle appelle donc toutes les parties à la négociation afin de trouver également une solution pacifique, a conclu la représentante.


M. ENRIQUE ROMÁN-MOREY (Pérou) s’est adressé à la Commission en tant que Président temporaire de l’Union des nations de l’Amérique du Sud (UNASUR).  Il a expliqué que les chefs d’États et de gouvernements de l’UNASUR ont envoyé, à deux reprises, le 2 avril 2011 et le 2 avril 2012, un courrier au Secrétaire général des Nations Unies dans lequel ils réaffirment les droits inaliénables de la République argentine dans son différend de souveraineté sur les îles « Malvinas », Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, y compris sur les espaces maritimes territoriaux situés autours de ces îles.  Dans un courrier adressé le 13 juin dernier, a-t-il poursuivi, le Secrétaire général reconnaît le fort soutien régional apporté à l’Argentine concernant cette question.  Le représentant a souligné l’attitude constructive du Gouvernement argentin et la volonté dont il fait preuve pour atteindre, par des négociations, une solution pacifique et définitive à cette « situation coloniale anachronique ».  Il a appelé le Royaume-Uni à reprendre les négociations bilatérales afin de résoudre ce différend.


M. WEI ZONGLEI (Chine) a rappelé les objectifs fondamentaux de la Déclaration de l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, à savoir que ces peuples puissent exercer leur droit à l’autodétermination.  Même si nous reconnaissons les progrès historiques réalisés depuis l’adoption de cette Déclaration en termes de décolonisation, nous regrettons toutefois qu’il existe toujours 2 millions de personnes qui vivent dans 16 territoires non autonomes, a dit le représentant de la Chine.  Pour la Chine il est important que les processus de décolonisation de ces territoires fassent des progrès, et à cette fin, elle appelle les Etats Membres des Nations Unies à défendre les droits de ces peuples et à les aider à réaliser leur autodétermination.  La Chine, qui soutient la troisième Décennie de l’élimination du colonialisme, espère que le Comité spécial des Vingt-Quatre renforcera ses contacts avec les territoires non autonomes et qu’il y aura une meilleure coopération entre le Comité et les puissances administrantes.


M. PEDRO NÚÑES MOSQUERA (Cuba) a déploré que le fléau du colonialisme soit toujours présent, malgré les délais fixés par la communauté internationale pour y mettre fin.  En conséquence, l’un des objectifs des Nations Unies doit être l’élimination complète de ce phénomène, a plaidé le représentant.  M. Núñez Mosquera a ensuite déploré que certaines puissances administrantes ne coopèrent toujours pas avec le Comité spécial de la décolonisation, avant d’appeler celles-ci à revoir leur position.  Le Département de l’information des Nations Unies doit également maintenir cette question comme priorité de ses activités, a-t-il poursuivi.


Pour Cuba, la question de Porto Rico relève bien du colonialisme. En conséquence, les États-Unis doivent assumer leurs responsabilités pour accélérer le processus qui conduira à l’autodétermination du peuple portoricain, a expliqué M. Núñez Mosquera.  De même, le peuple sahraoui a le droit de déterminer librement son destin.  Dans cette perspective, le processus en cours doit conduire à cette fin, a-t-il encore plaidé.


S’exprimant ensuite sur la situation des îles Malvinas, le représentant a mis en garde contre toute militarisation de l’Atlantique Sud, avant d’appeler le Royaume-Uni à prendre en compte les recommandations du Comité spécial de la décolonisation appelant à des négociations entre les parties prenantes.  Pour Cuba, l’Assemblée générale a un rôle majeur à jouer en matière de lutte pour la défense du droit inaliénable des tous les peuples du monde, a conclu le représentant.


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a réaffirmé les droits légitimes de l’Argentine sur les îles « Malvinas », de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, et les espaces maritimes qui les entourent.  Rappelant que depuis 1965, l’Assemblée générale reconnaît qu’il existe un différend de souveraineté entre l’Argentine et le Royaume-Uni relatif à ces îles qui a été qualifié de « situation coloniale spéciale », le représentant a dénoncé le fait que ce territoire ait été occupé par l’usage de la force en 1833 et par l’expulsion de la population argentine qui s’y trouvait.  Il a ajouté que, depuis, cette « politique coloniale » avait été renforcée par un transfert continu de sujets britanniques sur ce territoire.  Ainsi, il s’agit d’un territoire colonisé et non pas d’une population colonisée, a-t-il noté, ajoutant que le droit à l’autodétermination ne s’appliquait pas à cette situation coloniale.  Sa délégation est préoccupée par les activités britanniques unilatérales dans les zones maritimes du plateau continental argentin ainsi que sur ces îles, a-t-il dit.


Pour le Guatemala, il est crucial que les négociations bilatérales entre le Royaume-Uni et l’Argentine puissent reprendre rapidement pour parvenir à une solution pacifique à ce différend, a dit M. Rosenthal.  À cet égard, il a rappelé que l’Argentine avait toujours exprimé son désir de régler cette question par le dialogue, et a espéré que le Royaume-Uni fera preuve du même engagement.  Abordant la question du Sahara occidental, le représentant a dit que sa délégation appuyait les efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel.  Il a estimé qu’il est nécessaire d’exhorter les parties à collaborer pour mettre en place un climat propice au dialogue.  À cet égard il a accueilli avec satisfaction les mesures visant à renforcer la confiance mutuelle entre les parties.  Pour conclure, il a déclaré que le règlement de cette question est nécessaire à la fois pour la population du Sahara occidental et pour la stabilité de la région.


M. MATEO ESTREME (Argentine) a estimé que la participation de la Présidente de l’Argentine aux travaux du Comité spécial de la décolonisation, en juin dernier, témoigne de l’importance accordée par l’Argentine au travail de ce Comité qui doit guider les processus de décolonisation dans le monde entier.  Revenant sur les dispositions de la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale, il a mis en avant le fait qu’elle reconnait qu’il existe plusieurs formes de colonialisme et que les deux principes fondamentaux pour le combattre sont l’autodétermination et la restauration de l’intégrité territoriale.  C’est au nom de la défense du principe de l’autodétermination que la délégation argentine ne peut admettre que ce principe soit détourné pour justifier l’existence continue « d’un différend colonial de souveraineté anachronique qui mutile l’intégrité territoriale de l’Argentine depuis l’usurpation britannique d’une partie de son territoire national en 1833 », a expliqué le représentant avant de préciser que ce territoire était toujours « illégalement occupé par le Royaume-Uni ».  Le différend de souveraineté relatif aux îles Malvinas, de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, et des zones maritimes qui les entourent a été qualifié de « situation coloniale spéciale » par l’Assemblée générale, et le Comité spécial des Vingt-Quatre, a rappelé le représentant, expliquant cela par le fait qu’il s’agit en fait « d’une situation coloniale » mais qu’il n’y a pas de « peuple colonisé » puisque la population de ces îles est aujourd’hui composée de sujets britanniques qui y ont été transférés, alors même que les Argentins du continent sud-américain ont été empêchés de s’y installer.  C’est la raison pour laquelle l’Argentine dénonce le fait que ce soit cette « population britannique » qui joue aujourd’hui le rôle d’arbitre dans ce différend territorial auquel leur propre pays est partie.  L’Argentine dénonce plus précisément la pseudo-validité du référendum d’autodétermination proclamé par le Royaume-Uni, car il s’agit en fait d’un « exercice illégal et tautologique » puisqu’il a consisté « à demander à des citoyens britanniques s’il veulent rester britanniques ».  « Il s’agit d’une distorsion grave du principe d’autodétermination », a estimé le représentant pour lequel la seule manière de résoudre ce différend de souveraineté passe par la reprise de négociations directes qui tiennent compte des intérêts des habitants de ces îles et qui excluent l’application du principe d’autodétermination à ce cas.


Le représentant a également dénoncé les exercices militaires britanniques effectués à partir des îles Malvinas et l’exploitation unilatérale des ressources renouvelables et non renouvelables de ces îles.  Il a insisté sur le fait que le Gouvernement argentin avait exprimé à chaque occasion sa volonté de reprendre les négociations concernant la souveraineté sur ce territoire.  Le Royaume-Uni doit respecter ses obligations internationales en vue de trouver une solution à ce différend, a estimé le représentant qui a souligné que cela était d’autant plus important que « le Royaume-Uni est membre permanent du Conseil de sécurité ».  Il s’agit, a-t-il indiqué, d’une question d’importance internationale puisqu’il est question de mettre un terme à la colonisation au XXIe siècle.


M. EDUARDO ULIBARRI (Costa-Rica) a commencé par déplorer que la communauté internationale ait échoué à faire du colonialisme un souvenir du passé, alors qu’il existe encore 16 territoires non autonomes sur la planète.  S’exprimant ensuite sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, le représentant a déclaré que, pour son pays, ces territoires font partie intégrante de l’Argentine, et ce, depuis la date de son indépendance.  Le Costa Rica reconnaît le caractère juste des revendications argentines et considère que toute action qui a lieu dans cette région, sans le plein accord du Gouvernement argentin, constitue une violation du statu quo, a poursuivi M. Ulibarri, avant d’inviter le Royaume-Uni à la table des négociations afin de parvenir à une résolution pacifique et juste du différend.  Dans le même esprit, le Costa Rica appelle toutes les parties prenantes à la question du Sahara occidental à négocier pour une issue pacifique de ce conflit, les Nations Unies devant faciliter ce processus.


Mme MARÍA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a noté que plus de 50 ans se sont écoulés depuis l’adoption de la résolution 1514 qui réaffirme le droit inaliénable à l’autodétermination des pays et des peuples coloniaux.  Elle a regretté qu’aujourd’hui il n’a toujours pas été possible d’éradiquer le colonialisme puisqu’il existe encore 16 territoires non autonomes.  Plus de la moitié des peuples des 16 territoires non autonomes se trouvent précisément dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, a-t-elle noté.  Abordant la question de Porto Rico, il a déclaré que le peuple portoricain était un « peuple héroïque de la région », et que Porto Rico était un exemple de lutte actuelle contre le militarisme et la course aux armements dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes.  Le Nicaragua appelle l’Assemblée générale à examiner la situation coloniale à Porto Rico sous tous ses aspects, dit la représentante. 


En ce qui concerne l’Argentine et ses droits légitimes sur les îles « Malvinas », il a exhorté le Royaume-Uni « à écouter la clameur de la communauté internationale en vue de la reprise immédiate des négociations bilatérales » sur ces territoires qui sont « légitimement argentins ».  Le Nicaragua réitère, une fois de plus, sa solidarité avec la lutte du peuple sahraoui pour son autodétermination et son indépendance, a ajouté la représentante.  Notre pays continue à nourrir l’espoir de voir la reprise des négociations entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique, et qu’on puisse enfin organiser le référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, a-t-elle indiqué.


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a déclaré que l’absence de progrès en matière de décolonisation est déplorable et témoigne de la nécessité de renforcer la volonté politique de mettre fin au colonialisme.  Dans ce contexte, il revient, en premier lieu, aux puissances administrantes d’assumer leurs responsabilités, les Nations Unies devant uniquement se concentrer sur les besoins des peuples des territoires non autonomes, a poursuivi le représentant.  Pour le Pakistan, la négation du droit à l’autodétermination représente une menace à la paix et à la sécurité dans différentes régions et ne doit pas être ignorée.  Dans ce contexte, le processus de décolonisation au Jammu-et-Cachemire ne sera pas pleinement réalisé tant que perdure le conflit dans la région, a expliqué le représentant.  Au Moyen-Orient également, un État palestinien fort et viable est la seule garantie de paix dans la région, a encore estimé le représentant du Pakistan, avant d’appeler à des négociations dans le cadre du conflit au Sahara occidental.


Mme LALAMA MOREJON-PAZMINO (Équateur) s’est dite préoccupée par la lenteur du processus de décolonisation, estimant qu’il faut prendre conscience de cette situation et progresser.  Évoquant la situation des îles « Malvinas », Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, la représentante a estimé que seule une négociation conduira à une résolution pacifique du différend de souveraineté, et elle a condamné les mesures unilatérales qui sont de nature à envenimer la situation.  Il s’agit d’un problème non seulement pour l’Argentine, mais aussi pour toute la région, a poursuivi la représentante.


Pour l’Équateur, la question du Sahara occidental est un défi pour toute la communauté internationale.  Le Conseil de sécurité devrait dans ce contexte rendre plus efficace le mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).  Par ailleurs, l’Assemblée générale devrait examiner sérieusement la situation de Porto Rico, a conclu la représentante.


Droits de réponse


Exerçant son droit de réponse, la représentante du Royaume-Uni a réagi aux déclarations faites par le Brésil au nom du MERCOSUR, par le Chili au nom de la CELAC, par l’Argentine, par le Costa-Rica, le Nicaragua et le Guatemala.  Elle a expliqué que son pays n’avait aucun doute quant à sa souveraineté sur les Îles Falklands.   Elle a ajouté que l’article 1er de la Convention internationale sur les droits civils et politiques était appliqué dans le cas des Îles Falklands, ce qui signifie que la population de ces îles devait pouvoir exercer son droit à l’autodétermination.  Elle a rappelé que les représentants démocratiquement élus des îles Falklands étaient venus exprimer leur point de vue devant le Comité des Vingt-Quatre, et ont indiqué qu’ils veulent rester rattachés au Royaume-Uni.  Ils ont également réitéré des faits historiques, à savoir que ces îles n’avaient pas de population indigène et qu’aucune population n’en avait été expulsée par leurs ancêtres.  La délégation du Royaume-Uni est déçue par l’attitude de l’Argentine qui persiste à refuser d’entendre la volonté de la population de ces îles et la position du Royaume-Uni.  La représentante a également « dénoncé » l’attitude argentine qui ne facilite pas la coopération.  Le Royaume-Uni tient a protéger les droits du peuple des Îles Falklands à décider de son avenir politique qui sera exprimé en 2013 par le biais d’un référendum, a-t-elle indiqué.


Pour ce qui est des déclarations du Belize, faite au nom de la CARICOM, et concernant les Îles Turques et Caïques, elle a fait remarquer que beaucoup de progrès avaient été réalisés au cours des deux dernières années en terme de bonne gouvernance dans ces îles.  Elle a annoncé la prochaine mise en vigueur de la nouvelle Constitution le 15 octobre prochain.  Par ailleurs, elle a rappelé que des conditions préalables aux élections sur le territoire avaient été fixées par les autorités britanniques en vue de garantir la bonne gouvernance   .


Exerçant son droit de réponse après la déclaration du Pakistan,la délégation de l’Inde a rejeté l’évocation du conflit au Jammu-et-Cachemire par ce pays au sein de cette Commission.


La délégation de l’Argentine, répondant à l’intervention du Royaume-Uni, a réaffirmé que les îles « Malvinas », Géorgie du Sud et Sandwich du Sud font partie intégrante de son territoire.  De plus, la souveraineté argentine sur ces territoires est reconnue par plusieurs États, de même que plusieurs résolutions de l’Assemblée générale reconnaissent l’existence d’un conflit territorial entre les deux pays.


Il est regrettable que le Gouvernement britannique essaie de tergiverser et tente de faire oublier les faits de 1833, au moment de l’invasion par le Royaume-Uni de ces territoires, et ce malgré les protestations de l’Argentine.  Le Royaume-Uni devrait reprendre les négociations comme le lui demande la communauté internationale pour trouver une solution à ce différend, a encore déclaré le représentant.


En guise de conclusion, il a qualifié « d’illégal » le référendum auquel le Royaume-Uni fait référence, avant d’accuser ce pays de prendre prétexte de défendre le résultat de cette consultation pour militariser la région.


Le représentant du Pakistan a qualifié d’« inacceptable » la position de l’Inde, qui estime que le différend du Jammu-et-Cachemire ne relève pas de la décolonisation.  Il a insisté sur le fait que ce territoire n’est pas une partie intégrante de l’Inde et ne l’a jamais été, ajoutant que son statut devra dépendre de la volonté de sa population sur la base d’un référendum d’autodétermination.


Reprenant la parole, le représentant de l’Inde a répété que le Jammu-et-Cachemire a toujours fait partie du territoire de l’Inde et, par conséquent, ne relève pas des travaux de cette Commission.


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