2/10/2012
Assemblée générale
CCP/90

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Commission de consolidation de la paix                    

Sixième session                                            

Formation Sierra Leone

1ere séance - matin


SIERRA LEONE: LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX DÉCIDE DE SE CONCENTRER EN 2012

SUR LES PRÉPARATIFS DES ÉLECTIONS DU 17 NOVEMBRE


La Commission de consolidation de la paix a décidé de se concentrer, en 2012, sur les préparatifs des élections du 17 novembre en Sierra Leone et une fois que ces élections se seront déroulées avec succès, de réexaminer la portée qu’elle doit donner à son action dans le pays.


Cette décision est contenue dans le « Deuxième examen du Document final de la session extraordinaire de haut niveau de la Commission de consolidation de la paix sur la Sierra Leone »*, que la Commission a adopté aujourd’hui par consensus, en présence de deux ministres sierra-léonais, l’un à New York et l’autre par vidéoconférence depuis Freetown.


Dans ce Document, la Commission de consolidation de la paix prend note avec satisfactiondu rapport intérimaire conjoint sur le « Programme pour le changement ».  Après avoir décidé de porter toute son attention sur les élections du 17 novembre, la Commission recommande au Gouvernement sierra-léonais de continuer d’édifier et de consolider la paix et la bonne gouvernance, en pointant le doigt sur plusieurs points. 


Le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la Sierra Leone, M. Joseph Dauda, a assuré que son pays est prêt à continuer d’assumer le rôle de chef de file des efforts de consolidation de la paix.  Le Gouvernement est attaché à des élections justes et crédibles, a-t-il affirmé, en mentionnant la « Déclaration de 2012 sur les élections », signée le 18 mai dernier.  Nous avons aussi mis en place des tribunaux pour les délits électoraux, a ajouté le Ministre. 


Son homologue des finances et du développement économique, M. Samura Kamara, qui s’exprimait depuis la capitale par vidéoconférence, s’est enorgueilli d’une croissance de 6% par an, « pilier » du Programme pour le changement.  Il a signalé une augmentation importante des investissements étrangers directs dans les mines et fait part d’un projet de loi sur l’industrie extractive visant à une meilleure gestion des revenus miniers.  Le Ministre a reconnu qu’il faudra revoir à la baisse les prévisions de l’an dernier, compte tenu de la chute des cours et des difficultés logistiques.  Mais nous nous attendons d’ici à 2015 à des recettes importantes, a-t-il pronostiqué.


Sur le front social, le Ministre s’est réjoui d’une amélioration de l’accès à l’eau potable, à la santé maternelle, à l’éducation ainsi que du développement de l’énergie solaire.  Il a aussi parlé des efforts déployés pour garantir l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.


Dans le Document adopté aujourd’hui, la Commission de consolidation de la paix recommande aux partenaires internationauxde continuer d’aligner leurs programmes d’assistance internationale sur le Programme pour le changement, d’appuyer la vision commune des Nations Unies pour la Sierra Leone (2009-2012 et 2013-2014), et de répondre aux nouveaux besoins de financement en respectant les principes de l’efficacité de l’aide et de la prise en main des activités par le pays.


Les partenaires internationaux sont aussi appelés à favoriser une coopération sous-régionale plus poussée dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogues, notamment par le biais de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union du fleuve Mano, et à mettre à la disposition de la Cellule de lutte contre la criminalité transnationale organisée l’aide financière et technique nécessaire au renforcement de ses moyens d’action.


D’ailleurs, dans le Document adopté aujourd’hui, les membres de la formation Sierra Leone de la Commission de consolidation de la paix s’engagent dans ce sens, entre autres engagements.


Le Président de la formation, M. Guillermo Rishchynski, du Canada, ainsi que les sept membres de la formation qui ont pris la parole au cours de la réunion, n’ont pas manqué de féliciter le Gouvernement sierra-léonais pour les progrès accomplis en matière de paix et de développement durable.


Tous les intervenants sont revenus sur ces progrès, depuis le rapport de 2010, et sur l’importance des préparatifs en cours pour les élections de novembre prochain.  Le Représentant exécutif du Secrétaire général, M. Jens Toyberg-Frandzen, qui participait aussi à la réunion par vidéoconférence, a noté la détermination du Gouvernement sierra-léonais de moins dépendre de l’aide extérieure.


« Il reste encore des progrès à faire dans le secteur minier », a averti le Représentant exécutif.  Les efforts doivent se traduire en bénéfices concrets pour les citoyens qui font face à un coût croissant de la vie, a-t-il expliqué, rejoint en cela par les autres intervenants.  Il faudra cependant du temps, des ressources et l’appui de partenaires internationaux, a-t-il ajouté.


À cet égard, le représentant de l’Égypte a réitéré son attachement à la coopération bilatérale avec la Sierra Leone.  Son homologue de l’Indonésie a en effet voulu que l’on n’oublie pas le potentiel de la coopération Sud-Sud.  Conseiller à la consolidation de la paix en Sierra Leone, l’Australie, a dit son représentant, finance, entre autres, une ONG qui apporte une formation civique aux électeurs.


Les élections qui approchent ont en effet été jugées comme « un moment crucial pour la Sierra Leone » par le représentant du Royaume-Uni qui a constaté les efforts visant à promouvoir la participation des femmes et des jeunes.  Il a averti que les tensions pourraient augmenter à l’approche des élections et a lancé un appel pour que les troubles de l’an dernier ne se reproduisent pas. 


« Nous devons faire en sorte que les élections ouvrent les portes de l’espoir pour tous les Sierra-Léonais », a souhaité la représentante du Bénin, qui a apprécié cette occasion de faire le point sur ce « pays frère ».


Le pays demeure vulnérable, a estimé le représentant de l’Union européenne, car le processus de réconciliation n’est pas encore terminé.  Il a rappelé que le taux de chômage chez les jeunes reste élevé alors qu’il a été une des causes de la guerre civile.  À la demande du Gouvernement sierra-léonais, l’Union va envoyer une mission d’observation électorale, a-t-il annoncé.  Le Président de la formation Sierra Leone se rendra aussi dans le pays, du 31 octobre au 6 novembre, soit juste avant les élections, afin de souligner l’importance de ce processus.


La Sierra Leone était un bon exemple de consolidation, grâce à l’engagement de deux Gouvernements successifs et une forte implication de l’ONU, a estimé le représentant des États-Unis. 


La Sierra Leone figure parmi les six pays inscrits actuellement à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix.  Les cinq autres sont le Burundi, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria et la République centrafricaine.


*PBC/6/SLE/L.1


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