15/10/2012
Assemblée générale
AG/SHC/4040

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Troisième Commission

8e et 9e séances – matin et après-midi


LA DIRECTRICE EXÉCUTIVE ADJOINTE D’ONU-FEMMES APPELLE LES ÉTATS

À ACCORDER DAVANTAGE DE RESSOURCES À CETTE ENTITÉ


La Directrice exécutive adjointe d’ONU-Femmes, Mme Lakshmi Puri, a instamment appelé les États, aujourd’hui devant la Troisième Commission, à augmenter les ressources de cette Entité.


Au premier jour de l’examen de la promotion de la femme, la Commission chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles a également accueilli la Vice-Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, Mme Nicole Ameline, qui a présenté le dernier rapport* de cet organe, puis a entendu la Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Mme Anne-Birgitte Albrectsen, qui présentait le rapport du Secrétaire général sur l’appui à l’action engagée pour en finir avec la fistule obstétricale**, une complication médicale de la grossesse qui peut entraîner la mort en l’absence de soins appropriés. 


Dans son exposé introduisant plusieurs rapports du Secrétaire général***, Mme Puri a mis l’accent sur le rôle actif d’ONU-Femmes à tous les niveaux, y compris sur le terrain.


Elle a exhorté les États à fournir à cette Entité, créée en 2010, des ressources financières supplémentaires, et à apporter leur « soutien politique et leur engagement au plus haut niveau pour accélérer l’application de l’agenda relatif à la promotion de la femme ». 


Elle a déclaré, par ailleurs, que « l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes sont parties intégrantes de tous les piliers des Nations Unies: paix et sécurité, développement et droits de l’homme; et qu’il ne suffit pas juste d’introduire une référence aux femmes et aux filles en tant que groupes ciblés ».


La Sous-Secrétaire générale a aussi appelé à l’inclusion d’une démarche d’égalité entre les sexes et d’autonomisation des femmes dans le désarmement, la sécurité internationale et les questions juridiques internationales, en particulier.


Au niveau de la représentation des femmes à l’ONU, elle a noté que celle-ci avait crû « de façon marginale, soit de 39,9% à 40,7% ».


Dans son rapport sur l’amélioration de la situation des femmes dans le système des Nations Unies, le Secrétaire général a prévenu qu’au rythme de changement actuel, le mandat confié par l’Assemblée générale visant à atteindre la parité des sexes dans le système des Nations Unies à l’échéance de l’an 2000 est à présent en retard de 12 ans et ne deviendra pas une réalité avant 102 ans aux échelons supérieurs.  


À l’approche du dixième anniversaire de la Campagne pour mettre fin à la fistule obstétricale, lancée en 2003, Mme Albrectsen a estimé que les progrès accomplis avaient été rendus possibles grâce à cette sensibilisation accrue. 


Le début du débat général sur la promotion de la femme fut l’occasion pour les délégations de tomber d’accord sur le fait que l’amélioration de la condition de la femme était un pilier essentiel et fondamental du développement économique et social.


« Le rôle des femmes en matière de promotion de la démocratie, de l’état de droit et du développement ne peut plus être ignoré », a affirmé la Thaïlande.  D’autres intervenants ont affirmé que l’autonomisation des femmes et la fin de la violence à l’égard des femmes et des filles étaient des « impératifs moraux ».


À cet égard, la signature, la ratification et la levée des réserves aux instruments normatifs sur la femme demeurent une priorité pour tous les États.


La violence à l’égard des femmes, l’accès limité à la protection sociale, à la santé et à l’éducation, ainsi que les difficultés auxquelles se heurtent encore les femmes rurales, qui représentent le quart de la population mondiale, ont été présentés comme autant de défis persistants pour l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.


En cette Journée internationale des femmes rurales, le Groupe des États d’Afrique et la Communauté d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) en particulier, ont regretté que la cinquante-sixième session de la Commission de la condition de la femme, en mars dernier, n’avait pu arriver à un consensus quant aux conclusions agréées concernant les femmes rurales.  Ces groupes de pays ont lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle redouble d’efforts en vue de l’élimination des barrières qui sapent l’autonomisation économique des femmes rurales.     


Le Président de la Commission, M. Henry Mac-Donald, a annoncé que, contrairement aux années précédentes, les rapports de la Rapporteure spéciale sur la violence à l’égard des femmes, ses causes et ses conséquences*** et le rapport intérimaire de la Rapporteure spéciale sur la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants****, seraient présentés dans le cadre du point intitulé « Promotion et protection des droits de l’homme ».


En fin de séance, le Japon et la République de Corée ont exercé leur droit de réponse.


La Troisième Commission reprendra ses travaux mardi 16 octobre, à 10 heures.  Elle doit, notamment, accueillir le Président de l’Assemblée générale, M. Vuk Jeremić.


* A/67/38

 ** A/67/258

  *** A/67/170, A/67/185, A/67/347



PROMOTION DE LA FEMME (A/67/220 et A/C.3/67/L.2)


Promotion de la femme (A/67/38, A/67/170 et A/67/258


Suite donnée aux textes issus de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes et la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale (A/67/185 et A/67/347)


Déclarations liminairessuivies par une séance de questions-réponses


Mme LAKSHMI PURI, Sous-Secrétaire générale et Directrice exécutive adjointe, Bureau d’appui intergouvernemental et des partenariats stratégiques de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), a déclaré que la Commission se réunissait en des temps de grand espoir etd’opportunités pour les femmes et les filles de par le monde, mais aussi en des temps de déception face aux défis persistants et aux lents progrès accomplis dans le chemin de la pleine réalisation des droits et de l’autonomisation des femmes et des filles.

Aujourd’hui, a-t-elle poursuivi dans un exposé présentant plusieurs rapports sur la promotion de la femme, toutes les régions ont atteint ou sont sur le point d’atteindre la parité dans la scolarisation des filles et des garçons dans l’enseignement primaire.  Dans l’enseignement secondaire, l’écart se réduit également.  De la même manière, et comme jamais auparavant dans l’histoire de l’humanité, davantage de femmes sont devenues chefs de file en politique et dans le monde des affaires.


Mme Puri a rappelé que, l’année dernière, la Commission avait adopté une résolution historique sur la participation des femmes en politique.  De l’Algérie à la Libye, plus de femmes servent en tant que représentantes au sein de leurs parlementsnationaux et, au Sénégal, un nombre record de femmes ont prêté serment, en août dernier, à l’Assemblée nationale, doublant ainsi la proportion de députées.  Le nombre de pays ayant atteint le quota de 30% de femmes au parlement est passé de 27 à 30.


S’agissant de lasuite donnée aux textes issus de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes et la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale, Mme Puri a noté qu’un socle normatif intergouvernemental solide avait contribué, de façon significative, à ces nouveaux jalons.  Sur la base de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, les processus intergouvernementaux continuent à fournir des opportunités de renforcement et d’approfondissement de l’ordre du jour mondial pour l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, ainsi que pour l’accélération de la mise en œuvre de ces documents. 


L’incorporation d’une perspective de parité et les résolutions consacrées à l’égalité des sexes ont joué un rôle primordial dans cette démarche.  Elle a relevé cependant qu’un tiers des résolutions de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale comportait une référence à la parité, et ce chiffre est encore inférieur pour ce qui est du Conseil économique et social (ECOSOC) et de ses organes subsidiaires.  Il faut faire plus pour que les perspectives du genre soient systématiquement reflétées dans les travaux des organes intergouvernementaux, a souligné la Sous-Secrétaire générale. 


Elle a notamment insisté pour inclure cette optique dans des domaines tels que le désarmement, la sécurité internationale, de même que dans les questions budgétaires et administratives, et les questions juridiques internationales.  L’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes sont parties intégrantes de tous les piliers des Nations Unies: paix et sécurité, développement et droits de l’homme, a-t-elle affirmé, et il suffit juste d’introduire une référence aux femmes et aux filles en tant que groupes ciblés.


À cet égard, l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes est activement engagée à des niveaux divers, et, dans son partenariat avec les agences des Nations Unies, aux fins d’appuyer les États Membres.


À la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), on a clairement vu comment y arriver puisque le Document final réaffirme le caractère central de l’égalité entre hommes et femmes, a souligné Mme Puri.  Rio+20 jette les bases de l’avenir, a-t-elle précisé, en exhortant les États à maintenir l’égalité des sexes et l’autonomisation au centre du développement durable et de l’ordre du jour pour le développement au-delà de 2015.


Concernant l’intensification des efforts pour l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et de la traite des femmes et des filles, Mme Puri a cité l’exemple de Malala Yousufzai, cette jeune pakistanaise de 14 ans, victime d’une attaque pour avoir défendu les droits des femmes à l’éducation et à une vie exempte de violence. 


Elle a précisé que 7 femmes sur 10 dans le monde avaient fait état de violence physique et/ou de violence sexuelle à un moment ou un autre de leur existence.  La violence à l’égard des femmes constitue l’expression la plus grave de discrimination et de non-autonomisation des femmes et des filles.  C’est une menace à la démocratie, à la paix et la sécurité, un obstacle au développement durable et une violation flagrante des droits de l’homme. 


La violence affaiblit la cohésion sociale, sape la justice sociale et représente un lourd fardeau pour les économies nationales, certains pays estimant à 33 milliards de dollars le coût annuel d’une telle violence, a expliqué Mme Puri.  Dès lors, son élimination doit faire partie de tout objectif et indicateur sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans le cadre de l’Agenda pour le développement au-delà de 2015.


Traitant du rapport sur l’amélioration de la situation des femmes dans les organismes des Nations Unies, elle a mis l’accent sur la responsabilité de l’ONU en tant que modèle, y compris en garantissant l’égalité des chances à tous les niveaux.  Elle a souligné que la représentation des femmes à l’ONU avait crû de façon marginale, soit de 39,9% à 40,7%.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de s’inspirer de l’article 4 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, qui incite à prendre des mesures spéciales pour inverser la tendance des rapports entre les hauts fonctionnaires et le personnel.  Pour toutes ces raisons, elle a enfin instamment appelé les États à augmenter les ressources d’ONU-Femmes, à apporter leur soutien politique et leur engagement au plus haut niveau pour accélérer l’application de l’agenda relatif à la promotion de la femme. 


Mme NICOLE AMELINE, Vice-Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, s’est réjouie du fait que, grâce à l’ONU, de très nombreuses femmes peuvent espérer un avenir meilleur fondé sur la fin des discriminations, l’état de droit et l’égalité.  Les femmes sont les premières victimes des discriminations mais sont aussi en première ligne pour construire un monde meilleur, a-t-elle ajouté. 


Elle a également déclaré que, malgré de nombreuses carences encore persistantes, les États parties avaient accompli des progrès notables pour protéger les femmes de par le monde en abrogeant des lois discriminatoires.  « Nous avons examiné 400 rapports nationaux et formulé des recommandations qui se sont traduites par des améliorations notables.  Nous sommes néanmoins conscients des problèmes qui persistent sur le plan de l’accès des femmes à la justice, à la santé et à des fonctions politiques décisionnaires », a-t-elle expliqué. 


Elle a également souligné que 187 États étaient parties à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et que 104 États avaient accepté le Protocole facultatif, la Côte d’Ivoire étant le dernier pays en date à l’adopter.  Malgré ces progrès, Mme Ameline s’est dite préoccupée par les efforts entrepris pour appuyer ses travaux.  « Nous avons besoin d’un budget approprié pour mener à bien notre mission », a-t-elle affirmé. 


Elle a par ailleurs réaffirmé sa volonté de renforcer le dialogue avec les États parties et a mis l’accent sur la contribution des organisations non gouvernementales et des institutions nationales de défense des droits de l’homme.  Elle a également remercié les parlementaires pour leur rôle crucial dans la prise en compte des conventions internationales dans les législations nationales.  Elle a exprimé son inquiétude face à la décision prise le 20 juillet selon laquelle certains travaux du Comité sont déplacés de New York à Genève.  « L’efficacité et la visibilité de nos travaux risquent de pâtir de cette décision », a-t-elle estimé, ajoutant que le Comité souhaiterait continuer ses travaux à New York lors des sessions prochaines. 


Elle a également rappelé que le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes célébrait son trentième  anniversaire, précisant que des manifestations s’étaient déroulées au cours de cette année.  Elle a remercié le Gouvernement de la Turquie pour l’organisation en novembre prochain d’une réunion sur le thème de l’autonomisation des femmes.


Mme ANNE-BIRGITTE ALBRECTSEN, Directrice exécutive adjointe (Gestion) du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a présenté le rapport du Secrétaire général intitulé « Appuyer l’action engagée pour en finir avec la fistule obstétricale ».  Ce rapport traite de la fistule obstétricale, une complication médicale de la grossesse qui peut entraîner la mort en l’absence de soins appropriés. 


Elle a affirmé que la fistule obstétricale touchait entre 2 et 3,5 millions de femmes dans les pays en développement et précisé que les femmes et adolescentes affectées par cette maladie étaient en règle générale pauvres, analphabètes et disposant d’un accès limité à des soins.  Elles sont fréquemment exclues et ostracisées de leurs communautés. 


Mme Albrectsen a déploré le fait que malgré l’existence de traitements, entre 50 000 et 100 000 nouveaux cas étaient déclarés chaque année.  Elle a rappelé que la plupart des cas de fistule obstétricale pouvaient être traités grâce à la chirurgie réparatrice.


Elle s’est néanmoins réjouie des progrès que constate le rapport.  Ces progrès concernent la sensibilisation accrue des acteurs vis-à-vis de la fistule obstétricale et sont, selon elle, le résultat d’un meilleur recueil d’informations statistiques, des campagnes publiques d’information, du développement de partenariats et de l’engagement renforcé des partenaires politiques et financiers. 


Elle a notamment évoqué les partenariats noués par l’Initiative « H4+ » chargée de coordonner l’action de plusieurs agences et organes onusiens et de collaborer avec les gouvernements nationaux pour promouvoir la santé maternelle et infantile.


Alors que la Campagne pour mettre fin à la fistule obstétricale lancée en 2003 approche de son dixième anniversaire, a-t-elle ajouté, les efforts pour venir à bout de ce phénomène doivent être intensifiés.  Elle a notamment appelé à prendre les mesures nécessaires pour garantir l’accès universel à la santé reproductive d’ici à 2015.  « Si nous faisons de la santé et des droits des femmes une priorité, la grossesse et l’accouchement des femmes seront dénués de tout danger et nous parviendrons à éliminer la fistule obstétricale », a-t-elle conclu. 


Le représentant du Japon a salué les travaux du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes et l’a assuré de l’appui de son pays, en lui recommandant de collaborer davantage avec ONU-Femmes qui dispose de bureaux sur le terrain.


La déléguée de l’Union européenne a rappelé que, cette année, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes célébrait son trentième anniversaire, occasion de le féliciter sur le caractère impressionnant de ses travaux.  Parlant du renforcement du système des organes conventionnels, elle s’est demandée comment mieux l’intégrer.  D’autre part, elle a réitéré l’appel aux États qui ne l’ont pas encore fait de ratifier et de signer la Convention.


Le représentant de la Slovénie a posé des questions sur les travaux du Groupe de travail du Conseil des droits de l’homme sur l’égalité entre hommes et femmes.  La déléguée du Costa Rica a demandé quelles étaient les préoccupations du Comité sur la décision de changer le lieu de ses réunions.


La représentante de la République démocratique du Congo (RDC) a souligné que son pays avait déjà soumis six rapports au Comité et en préparait un autre pour l’année prochaine.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité « femmes, paix et sécurité ».  Elle a insisté sur la situation dramatique dans l’est de la RDC et a prié le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes et ONU-Femmes d’attirer l’attention sur les souffrances des femmes dans les contextes de guerre, notamment dans son pays.


Mme NICOLE AMELINE, Vice-Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, a affirmé qu’une réflexion très importante avait été engagée sur la question des personnes déplacées suite aux changements climatiques.  Des consultations régionales ont été menées, grâce justement à la formidable coopération d’ONU-Femmes.  Il y a là une logique et une garantie de succès, avec la recherche d’une collaboration toujours plus forte avec les collaborateurs régionaux et les partenaires locaux. 


La collaboration avec ONU-Femmes est absolument nécessaire et il est tout à fait essentiel d’être d’accord avec les organismes du système dans la mise en œuvre des dispositions de la Convention.  Au sujet de la méthodologie, elle a souligné que la simplification, l’efficacité et l’économie étaient les maîtres-mots des membres du Comité.  La réforme des organes de traités est une opportunité tout à fait exceptionnelle pour réexaminer, d’un œil critique, toutes les modalités de fonctionnement de ces comités, en développant également la coopération avec les organes et commissions régionales.  Avec l’Union européenne et d’autres encore, il existe d’ores et déjà des liens importants, qu’il faudrait développer davantage.  Le suivi de la mise en œuvre est unique pour avoir une vision claire et objective de la situation des femmes dans chaque pays. 


Mme Ameline a ensuite affirmé que la décision de se réunir à New York devrait être reportée ou reconsidérée.  Elle a souligné, en conclusion, la nécessité d’optimisation des méthodes de travail du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, qui demeure attentif à ses coûts de fonctionnement. 


À la RDC, Mme Ameline a répondu que la question des femmes dans les conflits était très importante et qu’il s’agissait de savoir comment remédier aux situations d’urgence.  Le Comité œuvre à l’élaboration d’une recommandation dans ce sens.


La Sous-Secrétaire générale et Directrice exécutive adjointe, Bureau d’appui intergouvernemental et des partenariats stratégiques de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes)a déclaré, de façon très claire, que le travail avec le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes était comparable à un « cordon ombilical » tant celui-ci joue une fonction organique, aussi bien au niveau méthodologique que sur le terrain.  Le lien entre les cadres normatifs et les fonctions sont au cœur des travaux d’ONU-Femmes.


Concernant la redevabilité, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes est un forum incontournable pour veiller à ce que toutes les normes agréées par les États se traduisent concrètement sur le terrain.  Les recommandations du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes permettent d’arriver à de nouvelles normes et à des partenariats extrêmement solides.  Mme Puri a rappelé qu’ONU-Femmes était présente sur le terrain pour faire en sorte que les femmes puissent tirer profit des dividendes de la paix et pour qu’elles soient dûment protégées dans les situations de conflit, ainsi qu’au lendemain d’un conflit.  En RDC, l’Entité s’apprête au renforcement de sa présence dans l’est du pays, a-t-elle dit.  


Débat général


M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie), au nom du Groupe des 77 et la Chine, a déploré que, malgré les progrès réalisés, de nombreux obstacles subsistaient, notamment en ce qui concerne la violence à l’encontre des femmes, l’accès limité à la protection sociale, à la santé et à l’éducation.  Le Groupe des 77 et la Chine souligne la nécessité de la prise de mesures concrètes et rapides pour apporter des réponses aux difficultés suscitées par les crises financière et économique pour les femmes. 


Il a également déclaré que la participation politique des femmes restait un enjeu d’une grande importance dans de très nombreux pays qui marquent encore le pas sur cette question.  M. Benmehidi a également déclaré que la situation particulière des femmes restait largement dépendante de la situation économique et sociale de leurs pays.  À ce titre, il a appelé la communauté internationale à remplir ses engagements en matière d’aide au développement, de réduction de la dette publique des pays en développement, d’accès au marché et d’apport d’assistance technique et financière.


Mme CÉCILE MBALLA EYENGA (Cameroun), au nom du Groupe des États d’Afrique, a souligné que l’Afrique continuait à se faire le chantre de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes en prenant des initiatives et des engagements pionniers.  Le continent a ainsi déclaré 2010-2020 Décennie des femmes africaines et adopté des principes de parité dans toutes les sphères.  Depuis la Conférence de Beijing, la plupart des pays africains ont adopté des engagements et des protocoles significatifs, y compris la Déclaration solennelle sur le genre en Afrique, la politique de l’Union africaine sur le genre et la Campagne africaine de lutte contre la violence à l’égard des femmes.  Dans ce contexte, des progrès significatifs ont été enregistrés en termes de participation politique et d’autonomisation économique des femmes, grâce à des programmes de microcrédit.


Une attention particulière est accordée à la santé maternelle et la Campagne d’accélération de la réduction de la mortalité maternelle (CARMMA) a été lancée en 2010.  Étant donné que la majorité des Africaines vivent en milieu rural, elle a mis l’accent sur le rôle clef que celles-ci jouent au sein de la société et rappelé que les femmes rurales représentaient le quart de la population mondiale. 


Elle a ensuite exprimé la frustration du Groupe des États d’Afrique, à l’instar d’autres régions, devant le fait que la différence d’opinions n’a pu être aplanie en vue d’une consensus lors de la cinquante-sixième session de la Commission de la condition de la femme, ce qui a n’a pas permis d’adopter des conclusions agréées sur un thème aussi prioritaire.  Elle a émis l’espoir que, dans le futur, le respect mutuel et la tolérance en faveur de la diversité culturelle et des valeurs différentes prévalent et que la contribution d’une telle diversité au développement et à la promotion des droits de l’homme et libertés fondamentales soit pleinement reconnue. 


La représentante a également plaidé en faveur de la campagne contre la violence à l’égard des femmes et pour mettre un terme à la fistule obstétricale, produit de discriminations.  Elle a reconnu qu’il est essentiel de redoubler d’efforts pour éliminer la pratique des mutilations génitales féminines. 


M. BAHARUDIN ABU BAKAR, Sénateur de la Malaisie, au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a rappelé que l’importance accordée par ses membres à la participation des femmes au développement était bien établie depuis qu’en 1975, ils avaient organisé la première conférence de l’ANASE sur les femmes, ce qui a abouti à la mise sur pied d’un premier mécanisme par le truchement duquel la région coordonne et évalue l’application des priorités clefs et de la coopération sur les questions relatives aux femmes.  En 2004, un autre jalon a été posé avec l’adoption de la Déclaration ministérielle sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes.  De même, tous les membres de l’Association sont parties à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  En 2007, l’adoption de la Charte de l’ANASE a donné un nouvel élan et favorisé la structuration et un engagement soutenu concernant un large éventail de questions, notamment en matière des droits de l’homme. 


Il a salué le rapport du Secrétaire général sur l’amélioration de la situation des femmes dans les organismes des Nations Unies et appuyé la nécessité d’assurer une transversalisation de la problématique hommes-femmes dans toutes les politiques et tous les programmes du système des Nations Unies.  Par le biais de la Déclaration conjointe sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) adoptée en Thaïlande, l’ANASE a souligné l’importance du renforcement de la coopération aux niveaux régional et international dans le cadre de l’exécution de la feuille de route des OMD.


En janvier 2011, l’ANASE a organisé des séminaires régionaux à Bangkok et l’une des initiatives les plus récentes a consisté en un atelier multisectoriel organisé en juillet 2012, avec la participation de 135 experts.  Cet atelier a établi des recommandations pour lancer l’évaluation régionale des OMD.  Il s’est félicité qu’en dépit des niveaux de développement divers entre ses membres, l’Association est résolument engagée dans la voie du développement et ouverte à une coopération avec tous les partenaires intéressés.


S’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), M. George TALBOT (Guyana), a rappelé que la promotion de l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes figuraient au sommet des priorités des États de la communauté des Caraïbes.  Il a souligné que ces États s’efforçaient de mettre en œuvre les objectifs internationaux de développement liés à l’autonomisation des femmes, en particulier dans les domaines de l’éradication de la pauvreté et de l’élimination des violences sexuelles et sexistes.


Rappelant qu’en moyenne 7 femmes sur 10 étaient toujours victimes de violences physiques et sexuelles conjugales, il a souligné les efforts déployés par les pays de la CARICOM pour adopter des législations, des politiques et des stratégies nationales qui répondent à ce phénomène de violence.  Déplorant particulièrement cette situation et soulignant l’efficacité limitée des actions entreprises par les membres de la CARICOM, il a apporté son soutien aux recommandations du Secrétaire général selon lesquelles « des cadres législatifs plus efficaces sont nécessaires pour sécuriser l’égalité des genres et protéger les droits des femmes ». 


Le représentant a également salué les initiatives lancées par ONU-Femmes, dont le lancement d’un programme de leadership de transformation pour les jeunes femmes des Caraïbes et d’un guide 2011 des plans d’action nationaux pour la protection des droits des femmes.


Le représentant a souligné enfin qu’en termes d’éducation primaire, les pays de la CARICOM avaient atteint les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a en revanche déploré les retards persistants dans les domaines de la santé des femmes, en particulier la santé reproductive, ainsi que dans l’autonomisation des femmes rurales. 


Mme ESTHER MCHEKA-CHILENJE NKHOMA (Malawi), au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), s’est réjouie des efforts entrepris par les pays de son groupe pour adopter des lois contre la violence domestique et la traite des êtres humains.  Elle a néanmoins reconnu les disparités existant entre les législations et leur application, et souligné à cet égard la collaboration des États de la SADC avec la société civile, notamment par la création de structures d’accueil pour les victimes de violence sexiste.


Par ailleurs, elle a reconnu que les taux d’alphabétisation et d’accès à l’enseignement secondaire des femmes et des adolescentes au sein des pays de la SADC étaient encore sensiblement inférieurs à ceux en cours dans le reste du monde.  Elle a déploré cette situation en notant que ce déficit d’éducation contribuait à priver les femmes de l’indépendance économique qu’elles méritent.  Elle a également affirmé que le Malawi était fier de compter parmi les pays ayant élu une femme à leur tête.  L’élection en avril dernier de Mme Joyce Banda à la présidence de la République du Malawi s’accompagne d’une amélioration de la représentation des femmes au Parlement du Malawi, a-t-elle dit. 


Mme VERÓNICA CHAHÍN (Chili), au nom de la Communauté d’États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a réaffirmé la nécessité de mettre en œuvre la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, ainsi que les recommandations de la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale.  Elle a aussi insisté sur l’importance de la ratification et de l’application de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et du Protocole s’y rapportant.  Soulignant le consensus multilatéral sur la priorité à accorder à l’égalité entre les sexes et à l’autonomisation, la déléguée a affirmé qu’il s’agissait là d’une condition préalable à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et à la promotion d’un agenda substantiel en matière de promotion de l’égalité entre les sexes.


La CELAC s’emploie, quant à elle, à l’intégration de la perspective sexospécifique dans la conception, l’exécution et l’évaluation des politiques publiques de tous ses membres.  Ce faisant, la Communauté a mis l’accent sur la participation des femmes dans le processus de prise de décisions et l’augmentation de leur représentation au sein du service public, y compris au niveau le plus élevé.


La Communauté a également collaboré avec des partenaires régionaux et internationaux, y compris la société civile et les organisations non gouvernementales, pour prendre des initiatives nationales et mettre en œuvre des politiques publiques de promotion de la condition de la femme, a-t-elle déclaré. 


La représentante a salué la proposition de la République dominicaine d’accueillir, en 2013, la douzième Conférence sur les femmes d’Amérique latine et des Caraïbes, et a notamment réaffirmé l’importance de la promotion de l’émancipation économique des femmes et de leur capacité à générer des revenus, y compris de gagner un salaire égal pour un travail égal. 


Elle a rappelé que la région célébrait aujourd’hui la Journée des femmes rurales, qui inclut la majeure partie des femmes autochtones.  La Communauté a enfin regretté que la cinquante-sixième session de la Commission de la condition de la femme n’ait pu arriver à un consensus quant aux conclusions agréées concernant les femmes rurales, thème fondamental pour tant de personnes dans le monde.  Elle a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle redouble d’efforts en vue d’éliminer les barrières minant leur autonomisation.     


M. MOOTAZ AHMADEIN KHALIL (Égypte), qui s’exprimait d’abord au nom du Groupe des États arabes, a déclaré qu’améliorer le statut des femmes était un pilier essentiel et fondamental du développement économique et social.  Et, dans cette perspective, il a souligné l’importance de poursuivre les efforts en matière d’autonomisation des femmes dans le but d’améliorer leur statut.  Pour parvenir à cet objectif, les États de la Ligue des États arabes ont crée en 2003, au Caire, l’Organisation de la femme arabe, en reconnaissance du statut qu’occupe la femme dans les sociétés arabes, son rôle dans la famille.  Cette organisation contribue à la promotion de la coopération en matière d’amélioration du statut de la femme et vise à renforcer son rôle dans la société en attirant notamment l’attention sur les questions économiques, sociales, culturelles et juridiques, a-t-il précisé.  


En dépit de progrès faits par les femmes à travers le monde, elles continuent d’affronter de nombreux défis, a déploré le représentant, citant l’emploi, la participation ou encore le manque de soins et la pauvreté.  Elles souffrent en outre de violence et de discrimination.  Ces pressions s’accentuent sur les femmes âgées ou handicapées, a-t-il poursuivi.  Dans ce contexte, le Groupes des États arabes souligne le besoin d’intensifier les efforts en matière de prévention de toutes les formes de violence et de discrimination, mais aussi l’importance de l’autonomisation des femmes à travers l’éducation, la formation ou encore l’accès à l’information et à la communication dans le but d’accroître leur participation et d’éliminer les stéréotypes qui les frappent.


Par ailleurs, le Groupe des États arabes condamne les difficultés croissantes auxquelles doivent faire face les femmes vivant dans les territoires arabes occupés par Israël et se félicite de la coopération entre ONU-Femmes et les organisations de la société civile présentes dans ces territoires.  Le Groupe appelle en outre la Directrice exécutive de cette entité, Mme Michelle Bachelet, à accroître l’attention de la communauté internationale sur la situation de ces femmes, en nommant notamment un point focal dans la région.  La communauté internationale, pour sa part, doit soutenir ces femmes, en promouvant un État palestinien sur la base des frontières de 1967, a conclu le représentant. 


M. IOANNIS VRAILAS (Union européenne) a constaté que, malgré l’objectif visé de 30% de femmes aux postes de décision approuvé par le Conseil économique et social (ECOSOC), en 1995, les femmes représentaient moins de 20% des membres des parlements nationaux, et sont moins nombreuses aux postes ministériels.  « Moins de 30 pays ont atteint l’objectif assigné par les Nations Unies.  Les femmes continuent à être sous-représentées sur les listes électorales des candidats politiques », a regretté M. Vrailas.


Le délégué de l’Union européenne n’a pas manqué de relever que, dans certains cas, les femmes qui prenaient part à la vie et aux décisions publiques, devenaient les cibles d’attaques menées pour les décourager de renouveler l’expérience.  Pourtant, tel que stipulé dans le rapport mondial sur le développement de 2012, « l’égalité hommes-femmes stimule l’économie, améliore le développement et renforce les institutions », a souligné M. Vrailas.


En ce qui concerne l’Union européenne, M. Vrailas a expliqué qu’un cadre stratégique et plan d’action pour les droits de l’homme et la démocratie, qui inclut des actions concrètes par rapport aux femmes, a été adopté en juin 2012.  « L’Union européenne continue à travailler à la mise en œuvre de ses propres directives pour combattre la violence et la discrimination contre les femmes et les filles, à travers ses délégations et ses ambassades à travers le monde », a assuré M. Vrailas.


Le délégué a également fait savoir que l’Union européenne lancerait bientôt, en collaboration avec différents partenaires dans les pays concernés, des campagnes régionales contre les mutilations génitales, les violences sexuelles lors de conflits armés et les mariages forcés ou précoces.


Mme ANTONIA STRACHWITZ (Liechtenstein) a mis l’accent sur le fait que les violences physiques faites aux femmes affectaient toutes les sociétés du monde.  Selon des études récentes, 2 femmes sur 3 sont confrontées à des violences liées au sexe au moins une fois dans leur vie.  Mais, seule une petite portion de ces incidents, en particulier les viols, est dénoncée à la police et, parmi les cas rapportés, très peu conduisent à des condamnations, a souligné Mme Strachwitz. 


« Nous devons nous demander pourquoi tant de femmes victimes de violences liées au sexe refusent de parler de leurs expériences, et préfèrent que leurs bourreaux restent impunis », a affirmé la représentante du Liechtenstein.  L’une des réponses à cette préoccupation est que la majorité des femmes violées sont les victimes d’un époux, d’un ex-époux, d’un petit ami ou d’un partenaire, a expliqué Mme Strachwitz.


Quand le bourreau est un être proche, il est encore plus difficile de témoigner contre lui.  Cette situation permet à une culture de l’impunité de s’installer, ce qui génère de nouvelles violences, a dénoncé la délégation du Liechtenstein.  Invitant les pays à redoubler de vigilance, à redonner confiance au système judiciaire en s’assurant qu’il est effectif et accessible et à apporter toute l’aide nécessaire aux victimes, Mme Strachwitz a annoncé que « le Liechtenstein a récemment pris des mesures pour renforcer sa législation sur les crimes sexuels en engageant automatiquement des poursuites contre les criminels, indépendamment du consentement de la victime ».


M. MOOTAZ AHMADEIN KHALIL (Égypte), s’exprimant, cette fois-ci, en sa capacité nationale, a rappelé que son pays était profondément préoccupé par les conséquences de l’occupation israélienne sur la situation des femmes dans les territoires occupés arabes, au Liban, en Palestine et en Syrie.  « Nous regrettons que les rapports soumis ici ignorent cette sinistre situation socioéconomique et humanitaire », a déclaré M. Khalil.


En ce qui concerne son pays, les femmes égyptiennes exercent leur droit légitime de postuler et d’élire leurs représentants.  Les paysages politique, économique et social voient émerger de nouveaux visages et les femmes ont pu voter pour la première fois, lors des premières élections démocratiques que le pays a connues depuis des décennies, a précisé le représentant de l’Égypte.


M. Khalil a également relevé que le Conseil national de la femme avait été reconstitué en mars 2012, et a rappelé quelques-unes des mesures déjà prises par ce Conseil.  Il a notamment contribué, en avril 2012, à modifier le Code pénal égyptien afin de renforcer les sanctions en cas de viol et de harcèlement sexuel, et à créer un centre pour le développement politique qui encourage les femmes à investir la scène publique et politique.


Mme WANG YAN (Chine) a affirmé que les femmes étaient un moteur du développement humain et que le concept de parité avait connu un processus continu gouvernemental et intergouvernemental sans pareil depuis l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, en 1995.  Il n’en reste pas moins que la féminisation de la pauvreté est encore visible dans beaucoup de régions; les discriminations et la violence à l’égard des femmes ont exacerbé l’impact négatif des crises économique, financière et alimentaires mondiales.  Elle a salué les efforts d’ONU-Femmes pour l’autonomisation nationale et invité à se concentrer sur les problèmes des femmes rurales.


Leurs difficultés méritent une attention particulière et des ressources plus substantielles, a-t-elle dit.  En Chine, le Gouvernement s’est employé à améliorer l’autonomisation des femmes par l’apport de technologies agricoles et par la transversalisation d’une approche sexospécifique à tous les niveaux.  Un programme pour le développement des femmes chinoises vise à une participation active de celles-ci, sur la base de 55 objectifs assortis de 88 mesures dans la sécurité sociale, l’environnement et le droit. 


M. JORGE VALERO BRICEÑO (Venezuela) a rappelé que la lutte pour les femmes avait connu au XXe siècle un nouvel élan, grâce aux mouvements des femmes socialistes qui se sont opposées au « système oppresseur du capitalisme ».  Il a également affirmé que la Constitution du Venezuela garantissait l’égalité des droits et a assuré que les politiques et programmes de son pays étaient tournés vers cet objectif.  La création du Ministère du pouvoir populaire des femmes, de l’Institut national de la femme et la Banque du développement de la femme sont, selon lui, des mesures illustrant la volonté politique de son gouvernement.  Il s’est également réjoui du fait que des femmes étaient à la tête des administrations électorales et judiciaires et a affirmé que la participation des femmes à la vie politique était encouragée par la création de réseaux communautaires de femmes.


Pour lutter contre la violence contre les femmes, une loi a été adoptée en 2007 pour réaffirmer le caractère inaliénable des droits des femmes.  La traite des femmes étant au cœur de l’attention du Venezuela, il a, à ce titre, appelé la communauté internationale à réagir conjointement à ce fléau.  Il a également déclaré que la promotion de la femme se trouvait particulièrement menacée par les crises économique et financière.  Il a conclu en fustigeant « les occupations néocoloniales qui violent le droit international et causent des souffrances physiques, sociales et psychologiques à de très nombreuses femmes dans le monde ».


Mme ANA MARIEL L. HERNANDO (Philippines) a déploré la prévalence élevée et persistante de la violence à l’égard des femmes dans le monde.  Il est clair que beaucoup doit être encore fait, y compris dans le contexte de la crise économique mondiale, a souligné la représentante, appelant à un engagement plus fort pour la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing.  La représentante a ensuite exprimé son soutien àla Commission de la condition de la femme, ainsi que le souhait de voir cette dernière parvenir à des conclusions productives lors de sa cinquante-septième session à venir sur le thème « Élimination et prévention de toutes les formes de violence à l’égard des femmes ».  


Étant donné l’importance de ce thème, il faut une masse critique de soutiens afin de produire un lot de recommandations concrètes pour tous les acteurs pertinents, lesquelles devant être mises en œuvre à tous les niveaux, a encore affirmé la représentante. 


Pour les Philippines, l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes font parties intégrantes des progrès d’un pays.  Ainsi, la Constitution des Philippines en fait une priorité nationale et reconnaît le rôle des femmes dans la construction de la nation et garantit l’égalité des sexes devant la loi, en même temps qu’elle donne mandat au Gouvernement pour adopter toutes mesures pertinentes visant à lutter contre les discriminations et l’inégalité, a dit la déléguée.


Par ailleurs, ayant activement participé à la rédaction de la Convention concernant le travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques, les Philippines, qui l’ont déjà ratifiée, ont appelé les autres États à en faire autant.  Alors qu’un dixième de sa population vit hors de ses frontières, le pays est en outre très attentif à la question des migrants et en particulier des femmes migrantes.  Dans ce contexte, les Philippines plaident pour l’adoption de mesures spécifiques et ciblées au niveau international.  Elles se félicitent aussi de l’attention accrue accordée aux femmes et aux filles handicapées, a conclu la représentante.


Mme LAURIE SHESTACK PHIPPS (États-Unis) a déclaré que la Troisième Commission avait un rôle crucial à jouer en matière d’égalité entre les sexes et d’autonomisation des femmes.  La violence sexiste touche toutes les femmes, quelle que soit leur race ou leur origine.  Le viol comme arme de guerre et les meurtres d’honneur sont des crimes intolérables, a-t-elle dénoncé, en soulignant que deux à trois millions de femmes et de filles sont victimes, chaque année, de mutilations génitales féminines. 


Le Président Barack Obama a publié une ordonnance pour lutter contre la violence à l’égard des femmes, et les États-Unis poursuivent un certain nombre d’initiatives contre la traite des femmes et des filles et contre les mutilations génitales féminines.  Ils financent aussi des projets pour aider les rescapées de la traite, notamment par des contrats avec les entreprises américaines qui agissent dans des pays tiers.  Ils favorisent également l’utilisation des technologies pour aider les personnes vulnérables.  Un centre d’excellence fournissant une formation médicale pour lutter contre les mutilations génitales a été établi à l’Université de Nairobi, a-t-elle encore souligné. 


La violence à l’égard des femmes empêche leur pleine participation au développement socioéconomique et les États-Unis œuvrent avec leurs partenaires en vue d’un renforcement des engagements visant à combattre cette violence.  Elle a jugé essentiel que les femmes et leurs familles puissent accéder à la planification familiale et aux soins de santé reproductive.  De même, elle a dit compter sur la résolution de la Commission visant à mettre un terme à la fistule obstétricale.  Elle a enfin espéré un libellé plus vigoureux du projet de résolution sur la santé procréative.


M. EMMANUEL BICHET (Suisse) a affirmé que la promotion des femmes n’était possible qu’en s’attaquant aux causes profondes de l’inégalité dont souffrent les femmes.  Il a appelé tous les États Membres à ratifier la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et augmenter leur contribution financière.  Il a également estimé que l’éducation des filles était indispensable pour l’autonomisation des femmes.  Femmes et filles doivent avoir un plein accès à la santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’à la planification familiale volontaire et à l’éducation sexuelle, a-t-il dit. 


Il a par ailleurs estimé que l’interdiction totale de la mutilation génitale féminine, des mariages d’enfants et des mariages forcés était une condition préalable à l’autonomisation des filles et des femmes.  « Ces pratiques constituent une forme de violence basée sur le genre mais aussi une discrimination. »  Il a évoqué l’entrée en vigueur d’une norme pénale, le 1er janvier 2012, qui reconnaît la mutilation génitale féminine comme un crime, et a dit que d’autres mesures et textes législatifs étaient à venir en la matière.


Le représentant a également qualifié d’obstacle à l’autonomisation des femmes le manque de soutien aux victimes de viol et l’impunité dont jouissent parfois leurs auteurs.  Il a regretté que de nombreux États ne prennent pas les mesures nécessaires pour réprimer ces agissements.  « Il est fondamental que ces mesures dans le domaine de la justice soient accompagnées de réparations efficaces aux victimes pour leur permettre de se réinsérer dans la société », a-t-il poursuivi, avant d’inviter les États Membres à contribuer ou à augmenter leurs contributions au Fonds d’affectation spéciale au profit des victimes de la Cour pénale internationale (CPI).


M. BRUNO SANTOS DE OLIVEIRA (Brésil) a affirmé que son pays avait mis en œuvre des programmes de redistribution et de crédit immobilier en direction des femmes, des mesures visant à répondre à la nécessité de promouvoir l’égalité.  Il a rappelé que les femmes représentaient plus de la moitié des Brésiliens vivant en situation d’extrême pauvreté.  Il s’est par ailleurs réjoui du fait que son pays parrainait le lancement du Programme des Nations Unies intitulé « Accélérer le progrès vers l’autonomisation économique des femmes en milieu rural ».  Il a également affirmé que les efforts brésiliens en matière de diminution du nombre des grossesses des adolescentes s’étaient traduits par la distribution de moyens de contraception à travers le pays. 


L’éducation des femmes fait également partie des priorités du Gouvernement brésilien comme le montre, a-t-il affirmé, le programme « Mille femmes » qui vise à offrir à 100 000 femmes un accès à une formation professionnelle et ainsi leur permettre de trouver un emploi et de disposer d’un revenu.


Il a par ailleurs rappelé l’élection de Mme Dilma Roussef à la tête de son pays en 2011 tout en reconnaissant que 10% seulement des députés brésiliens sont des femmes.  Cet aspect fait l’objet d’une attention toute particulière de la part du Gouvernement brésilien, a-t-il expliqué, en notant que 10 femmes avaient été nommées dans le Gouvernement de Mme Roussef.  Pour atteindre cet objectif d’autonomisation des femmes, il a affirmé que les obstacles économiques, sociaux, culturels et politiques qui demeurent doivent être dépassés.  Il a appelé la communauté internationale à unir ses efforts pour garantir le progrès de la condition des femmes.


Mme TANISHA HEWANPOLA (Australie) a souligné que l’attentat, la semaine dernière, contre la jeune pakistanaise Malala Yousafzai, perpétré par les Taliban, n’était pas un accident mais bien dicté par sa lutte en faveur de l’autonomisation des filles.  La promotion de la femme est tributaire de la fin de la violence et des discriminations contre cette partie de la population.  Le plan national à cet égard se concentre sur la prévention et a pour objectif de sensibiliser au sein des communautés.  Il met aussi l’accent sur le sort des enfants assujettis à la violence domestique.  Ainsi, 320 millions de dollars ont été affectés par l’Australie au Plan d’égalité des sexes dans le Pacifique.


De même, la violence sexuelle et sexiste touche d’une façon disproportionnée les femmes et les filles dans les situations d’urgence et de conflit armé.  L’Australie a aussi lancé un plan de paix et de sécurité en vue de la protection des droits des filles.  La traite des personnes et les pratiques d’exploitation sont des pratiques honteuses et criminelles, et l’Australie fait partie de la Stratégie mondiale contre la traite des êtres humains, comme elle combat également l’exploitation sexuelle. 


Elle a appuyé les mandats des rapporteures spéciales sur la traite des personnes et sur le sort des enfants en temps de conflit.  Elle a encouragé les États Membres à débattre régulièrement avec les titulaires des mandats du Conseil des droits de l’homme, aux fins de garder à l’esprit l’objectif de la transversalisation de l’égalité entre les sexes. 


Mme NORLIZA ABDUL RAHIM, Sénatrice de la Malaisie, s’est félicitée des progrès réalisés par son pays en matière de participation des femmes aux décisions politiques.  Elle a attribué ces succès à une politique mise en œuvre par le Ministère malaisien de la femme, de la famille et du développement communautaire qui tend à garantir une participation d’au moins 30% de femmes à tous les échelons de la vie politique.  Le Gouvernement malaisien a également adopté des mesures pour renforcer l’autonomisation des femmes sur le plan économique et en particulier les femmes les plus vulnérables telles les veuves et les mères célibataires.  « L’entreprenariat des femmes est un des aspects des politiques menées tendant à éliminer les discriminations à l’égard des femmes », a-t-elle dit. 


La représentante a, par ailleurs, réaffirmé que les femmes habitant en milieu rural étaient également au centre de l’attention de la Malaisie et a mentionné la création de programmes de formation technique et professionnelle visant à permettre aux femmes de pourvoir à leurs besoins grâce à l’acquisition des savoir-faire agricoles.  Elle a, à cet égard, offert l’assistance de son pays aux États Membres qui souhaiteraient bénéficier de son expérience en la matière.


La traite des femmes préoccupe vivement son pays, a-t-elle affirmé en notant que la Malaisie était particulièrement touchée par ce phénomène en raison de « frontières poreuses ».  Elle a affirmé que le meilleur moyen de combattre la traite d’êtres humains consistait à adopter une approche privilégiant la coopération active entre les acteurs publics et privés.  La coopération internationale est également un aspect essentiel de la lutte contre ce fléau, a-t-elle dit, en rappelant que la Malaisie travaillait en étroite collaboration avec les pays d’origine et de destination des personnes victimes de ce trafic.


Mme ANKE VERVOORD, représentante des femmes des Pays-Bas, a salué, à l’occasion de la Journée internationale des femmes rurales, l’impact que pourraient avoir les femmes pour éliminer la faim et la pauvreté dans le monde.  Les défis auxquels doit faire face la planète sont tels que « l’on risque de perdre de vue les fondations de notre société ».  Or, les femmes représentent pratiquement la moitié de la force de travail agricole, a poursuivi Mme Vervoord.  Si elles avaient accès aux mêmes ressources que les hommes, elles pourraient nourrir 150 millions de personnes de plus.


Économiquement, socialement et culturellement, « l’alimentation est un droit fondamental et des millions de femmes garantissent notre pain quotidien, alors qu’elles ont faim et font elles-mêmes partie des plus pauvres », a insisté la représentante.  Regrettant que la Commission de la condition de la femme ne soit pas parvenue à un accord cette année, elle a prôné un agenda de la coopération avec les femmes rurales, et une utilisation de la technologie et des ressources centrée sur le bien-être.   


Mme MAHA DAGHER (Liban) a déploré le fait que les statistiques internationales révèlent encore que le phénomène de la violence à l’égard des femmes et des filles est d’ampleur mondiale, n’épargne aucun pays et touche toutes les couches sociales.  D’où la nécessité incontournable d’intensifier les efforts de coopération internationale en vue de l’élimination d’un tel phénomène.  Le Liban s’inspire des principes des droits de l’homme inscrits dans l’article 7 de sa Constitution dans la collaboration entre les différentes institutions publiques et les organisations de la société civile, notamment par le truchement du Ministère des affaires sociales, pour être à l’écoute, fournir des conseils, de l’aide et des refuges aux femmes victimes de violences familiales. 


Des programmes d’écoute et d’appui à l’autonomisation économique des rescapées de violences familiales sont mis en place, tandis que des indicateurs de mesure et quantification de la violence par les services médicaux et des codes de conduite, spécialisés pour le personnel médical, figurent parmi les mesures novatrices entreprises, en sus de campagnes de sensibilisation.


La déléguée a également fait état d’un projet de loi relatif à la lutte contre la violence domestique, soumis à l’approbation du Parlement, à l’issue de deux années et demie de consultations avec les organisations non gouvernementales et les associations féminines.  Le Liban estime que la lutte contre la violence à l’égard des femmes constitue une obligation morale nationale, régionale et internationale, a souligné sa représentante.


M. HAJIYA ZAINAB MAINA (Nigéria) a annoncé que son pays entendait adopter une loi sur le genre et l’égalité d’opportunités dans le but de traduire la Convention sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes dans sa législation nationale.  L’Assemblée nationale envisage par ailleurs d’intégrer des dispositions de la Convention dans le processus de révision de la Constitution nigériane.  En accord avec les dispositions de divers instruments relatifs à l’égalité des sexes, le Nigéria a désormais atteint 33% de représentation des femmes dans les instances décisionnaires et 50% dans le système judiciaire, avec notamment une femme à la tête de la justice fédérale.


Au sein du cabinet fédéral, 13 femmes occupent des fonctions ministérielles et de nombreuses autres composent les rangs de l’administration fédérale, des forces de police ou de l’armée.  Elles sont également présentes dans les agences fédérales, mais aussi dans le secteur privé, a encore dit le représentant.


Les efforts en vue de lutter contre la pauvreté ne peuvent pas seulement être basés sur les programmes de lutte, mais doivent aussi intégrer une approche de genre, une participation démocratique et des changements dans les structures économiques, et ce, dans le but de s’assurer que les femmes ont accès aux ressources, crédits et autres opportunités, a encore déclaré le représentant.  Dans cette perspective, le Gouvernement du Nigéria a adopté un programme d’autonomisation et de réinvestissement des subventions dont le but est de fournir des opportunités aux jeunes inexpérimentés, et réduire le chômage et la pauvreté.  Le Gouvernement a en outre intensifié sa sensibilisation à l’égard des femmes, afin qu’elles accroissent leur participation dans les programmes nationaux, a conclu le représentant. 


Mme TINE MØRCH SMITH (Norvège) a évoqué l’attentat contre Malala Yousafzai, cette jeune pakistanaise de 14 ans blessée par balles dans un autobus scolaire pour avoir revendiqué le droit des filles à l’éducation.  Dans le monde entier, des filles et des femmes se voient encore nier leurs droits les plus élémentaires et, en les réclamant, elles risquent d’y perdre la santé et la vie, a-t-elle constaté.  Elle a ajouté que les principaux cas de violences à l’égard des femmes avaient lieu à domicile.  Elle est infligée par des personnes qui sont les plus proches des victimes, à savoir leurs parents, leurs époux et les membres de leurs familles.  D’aucuns considèrent que la violence domestique est une affaire relevant du domaine privé mais il faut être clair: la violence contre la femme est un crime et doit être traité en tant que tel, a-t-elle dit, ajoutant que l’inégalité entre les sexes en est la cause profonde.  La violence produit, et au fil des générations, reproduit l’inégalité entre les sexes.


Des recherches récentes révèlent, du reste, qu’il existe une corrélation négative entre le degré d’égalité au sein d’une famille donnée et le degré de violence.  Cela est également vrai pour la société tout entière et il importe d’autonomiser les femmes pour mettre fin à cette injustice sociale.  En outre, les hommes et les garçons doivent faire partie de la solution, a-t-elle préconisé.


Elle a fortement salué le fait que la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des enfants figurait comme priorité de l’Assemblée générale.  Mettre fin à la violence est un impératif moral, qui contribue à la promotion de l’égalité entre les sexes, a-t-elle déclaré.    


Mme KADRA AHMED HASSAN (Djibouti) a déclaré qu’au lendemain de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) et après les renouvellements de l’engagement politique visant à poursuivre et à réaliser la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, le Gouvernement de Djibouti est plus que jamais conscient qu’aucune politique de développement durable ne peut produire les résultats escomptés, sans une véritable promotion des droits de la femme et son implication au processus de développement et à la prise de décisions.


Sur le plan institutionnel et politique, elle a mis en exergue l’adoption de la Stratégie nationale pour l’intégration de la femme dans le développement en 2002, revue en 2010, ainsi que le Code de la famille, qui fixe l’âge minimum du mariage à 18 ans pour les deux sexes.  Elle a aussi fait état de la loi instituant le système des quotas d’un moins 10% dans les fonctions électives et les hautes fonctions de l’État, et du décret d’application pour les hautes fonctions de l’État à au moins 20%.


La déléguée a ensuite observé que l’éducation des filles et des femmes jouait un rôle essentiel dans la promotion de leurs droits et a décrit plusieurs mesures telles que la proclamation d’une journée nationale de la scolarisation des filles le 11 décembre de chaque année, l’octroi de bourses pour les jeunes filles, la distribution de vivres pour les familles rurales, et l’accès aux cantines et aux dortoirs au profit des élèves fréquentant le collège et le lycée dans les régions de l’intérieur du pays.


D’autre part, les mutilations génitales féminines sont la forme de violence la plus répandue à l’égard des femmes djiboutiennes.  En raison du profond ancrage de cette pratique dans la tradition, les efforts incessants de lutte contre cette coutume néfaste visent à impliquer et à mobiliser tous les acteurs de la société et une démarche pédagogique avec l’assistance du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), dont elle a salué les efforts.


Enfin, le Gouvernement a mis en place un arsenal juridique répressif à l’égard des contrevenants à la loi interdisant cette pratique, et est déterminé à son élimination, a souligné la déléguée, en déclarant que cette bataille, même si elle est loin d’être gagnée, avait permis de faire reculer le taux de prévalence de 5% sur le territoire national.   Elle s’est félicitée par ailleurs de l’élection de son pays au Conseil d’administration d’ONU-Femmes et de la recommandation encourageant une présence physique d’ONU-Femmes à Djibouti.


M. SHIN DONG-IK (République de Corée) a regretté que les femmes représentent encore la majorité des personnes vivant dans la pauvreté et souffrent encore trop souvent de violences et de discriminations.  Il a également réaffirmé la volonté de son pays d’éradiquer les violences commises contre les femmes.  Il a souscrit aux conclusions du rapport du Secrétaire général sur les violences commises contre les femmes selon lesquelles des campagnes de sensibilisation et de protection ainsi que des réparations aux victimes sont nécessaires pour venir à bout des violences contre les femmes. 


Les violences sexuelles en temps de conflit armé sont un « affront à la dignité et à l’intégrité humaine », a-t-il déclaré.  Il s’est réjoui du fait que ces violences soient reconnues comme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), mais a déploré que ces pratiques restent encore trop fréquentes. 


Il a, à ce titre, regretté que le cas des « femmes de réconfort », forcées à l’asservissement sexuel pendant la Seconde Guerre mondiale, n’ait toujours pas été résolu.  « Je pense que la vraie force d’une nation peut être démontrée quand elle a le courage d’affronter les pages les plus sombres de son histoire », a-t-il estimé, en appelant les États Membres à promouvoir une éducation aux droits de l’homme sur la question des violences sexuelles en temps de guerre.


Mme ELISA DIAZ GRAS (Mexique) a souligné l’importance du projet de résolution portant sur l’intensification des efforts pour éliminer toutes les formes de violences contre les femmes.  Dans le monde, ce sont 7 femmes sur 10 qui disent avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles.  La prochaine session de la Commission de la condition de la femme portera sur le thème « Élimination et prévention de toutes les formes de violence contre les femmes et les filles ».


La représentante a ensuite mis l’accent sur deux groupes particulièrement vulnérables: les femmes autochtones et les femmes migrantes.  Lors de la dernière session de la Commission de la femme, le Mexique, la Bolivie, l’Équateur, El Salvador et le Guatemala ont favorisé l’adoption de la résolution sur les femmes autochtones.  Quant aux femmes migrantes, elles représentent aujourd’hui la moitié des 214 millions de migrants dans le monde et ne peuvent être oubliées.


Cette année, le Mexique a présenté ses septième et huitième rapports périodiques en tant qu’État partie à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Par ailleurs, le pays réitère son engagement vis-à-vis de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, et salue le rôle joué par ONU-Femmes.  En conclusion, une démarche soucieuse d’égalité entre les sexes doit transcender la Troisième Commission et imprégner toutes les tâches de l’Organisation.


M. VITALY I. CHURKIN (Fédération de Russie) a rappelé qu’en dépit des efforts de la communauté internationale, les questions d’égalité des sexes demeuraient toujours aussi pertinentes.  Il a, par ailleurs, affirmé qu’à l’approche du vingtième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, il était nécessaire de trouver une façon de célébrer ce jubilé sans pour autant rejeter ou réviser le contenu de cette Déclaration.  Il a également noté que, pour son pays, un rôle clef à l’échelle internationale incombait à la Commission de la condition de la femme.  « Il faut éviter de discréditer cette commission ou transférer ses compétences à d’autres structures », a-t-il dit. 


Il s’est par ailleurs inquiété de l’opposition de certaines délégations sur un sujet tel que l’autonomisation des femmes en milieu rural et a dit espérer parvenir à dépasser les divergences politiques.  Il a également jugé crucial que les activités de la Commission s’améliorent.  À cet égard, il a affirmé qu’il souscrivait aux recommandations du Président du Conseil économique et social (ECOSOC) et a adressé des recommandations pour harmoniser le travail de la Commission. 


Il a également affirmé qu’ONU-Femmes devait disposer d’un mandat universel et a souligné que les efforts russes avaient pour objectif de permettre aux femmes de réaliser leur potentiel social et professionnel.  Il a ajouté que son pays souhaitait une plus grande participation politique des femmes, ainsi qu’à la prise de décisions.  Il s’est félicité du fait qu’un tiers des fonctions politiques en Russie est occupé par des femmes.  Il a par ailleurs estimé que l’égalité économique était un aspect essentiel de l’égalité des sexes.  Il a conclu en affichant le souhait de la Fédération de Russie de conférer un nouvel élan à la coopération internationale sur toutes les questions d’égalité des sexes et de lutte contre les discriminations.


M. KYAW THU NYEIN (Myanmar) a fait remarquer que les droits des femmes dans son pays étaient protégés par la tradition et le droit.  Depuis son accession à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes en 1996, le Myanmar a mis en œuvre une série de plans pour la promotion des femmes au niveau national.  Les dispositions constitutionnelles relatives aux droits et devoirs des citoyens, hommes et femmes, garantissent qu’aucune personne ne peut faire l’objet d’une discrimination du fait de sa race, sa religion, son statut, sa culture ou son sexe.


Dans le cadre du suivi de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, un plan national stratégique pour la promotion des femmes est en place pour la période 2012-2021, a expliqué le délégué.  Avec l’émergence d’un système démocratique multipartite au Myanmar, le nombre de femmes parlementaires et membres de partis politiques augmente.  Pour la première fois, une femme a été nommée ministre de la protection sociale, des secours et de la réinstallation.  Cinq autres femmes ont été promues ministres adjointes, a-t-il ajouté.


M. Nyein a cité un extrait de la déclaration du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, à l’occasion de la première Journée internationale de la fille: « Investir dans les filles est un impératif moral, une simple question de justice et d’égalité. »


Mme SAMIRA AL AMIN ABU BAKR (Libye) a rappelé que son pays était partie à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et au Protocole facultatif s’y rapportant, et a renouvelé l’attachement de la Libye à leur application, en particulier pour ce qui a trait à l’autonomisation des femmes, à leur participation politique et à la prise de décisions.  Il s’agit également pour les femmes libyennes, en cette période de transition politique, de bénéficier de tous leurs droits en matière d’éducation, de santé, de protection sociale, de pension de retraite, de droits fonciers et de création d’organisations de la société civile.


La déléguée a souligné que la femme libyenne avait occupé une place de choix lors de la révolution du 17 février 2011 qui a conduit au renversement du régime de Qadhafi, et participait actuellement à la phase de reconstruction de l’État et de prise de décisions.  Les femmes occupent désormais 33 des 200 sièges parlementaires, soit 16,5%, ce qui constitue un tournant radical dans la vie des Libyennes, qui ont massivement participé aux campagnes électorales et au scrutin.


À l’échelle du système des Nations Unies, la déléguée a formé l’espoir que les femmes soient plus représentées dans les fonctions de haut rang, dans le cadre de l’égalité des sexes.


Elle a également dénoncé toutes les formes de violence à l’égard des femmes, notamment les violences sexuelle, psychologique, familiale, et sur le lieu de travail, qui concernent les femmes de toutes les couches sociales et de tous les groupes d’âge ou cultures et religions.  Dans ce contexte, elle a rejeté la notion établissant un lien entre la violence et la religion, en particulier, en ce qui concerne la violence domestique.  La représentante a jugé, en outre, que la traite des femmes et des filles constituait un crime, aggravé par l’impunité et l’absence de plainte.  Elle a appuyé à cet égard la recommandation du Secrétaire général visant à la pénalisation de toutes formes de traite des personnes, conformément à la Convention sur la criminalité transnationale organisée et au Protocole y relatif.    


Mme IRINA VELICHKO (Bélarus) s’est félicitée des progrès réalisés par son pays en matière d’accès des femmes à des fonctions politiques, et a cité un rapport de l’Union interparlementaire (UIP) attestant de l’augmentation du nombre de femmes occupant de telles fonctions.  Elle a également souligné que le Bélarus avait mis en œuvre un plan d’action en faveur de la parité et avait à cœur de permettre d’offrir aux femmes des conditions de travail et des opportunités d’autonomisation économique.  Elle a, à titre d’exemple de ces efforts, mentionné la mise en place de formations professionnelles destinées aux femmes.


Elle a également abordé la question des violences à l’égard des femmes en affirmant qu’elles touchaient toutes les femmes dans toutes les sociétés, tout en reconnaissant que les femmes privées d’éducation ou vivant dans des milieux pauvres souffraient particulièrement de ce phénomène.  Elle a affirmé que son pays préparait actuellement un projet de loi pour prévenir la violence domestique et a rappelé que des centres de crise avaient été créés pour prendre en charge les victimes de ces violences.  


Mme AL JASSMI (Émirats arabes unis) s’est ralliée à la notion d’impératif moral de lutter contre la violence à l’égard des femmes et d’assurer leur autonomisation dans le cadre du développement durable.  Le Gouvernement émirati a adopté des mesures d’assistance aux personnes à faible revenu et assuré la scolarisation gratuite des garçons et des filles, ce qui a conduit à un record d’étudiantes ayant obtenu le degré du deuxième cycle secondaire et au niveau universitaire. 


Des efforts ont également été consentis pour relever l’état de santé physique et mentale des citoyens.  Elle a affirmé ainsi que l’espérance de vie des femmes avait atteint 75 ans.  Dans le domaine de l’autonomisation économique, les femmes représentent 66% de la force du marché du travail, alors que des femmes gèrent des entreprises.  


La Constitution nationale prévoit l’égalité entre les deux sexes ainsi que des mécanismes divers d’intervention en faveur du bien-être et du développement de la femme à tous les égards.  L’État a lancé une initiative de renforcement de la parité dans les politiques et les programmes publics.  D’autres mesures ont été prises en vue de la prévention de la violence à l’égard des femmes et des filles, et de la traite des personnes, a-t-elle conclu.      


M. DE LEON (Cuba) s’est dit préoccupé par la féminisation de la pauvreté dans le monde.  Les pays en développement restent confrontés à d’importants obstacles pour mettre en œuvre la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, ainsi que les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a blâmé à cet égard la diminution de l’aide publique au développement, l’augmentation de la dette externe, les changements climatiques et les effets négatifs des crises économique, financière, alimentaire et énergétique mondiales, qui menacent la vie de millions de personnes sur la Terre, en particulier des femmes et des filles.


Pour éliminer les disparités entre les sexes, a poursuivi le représentant, il faut aussi éliminer le déséquilibre dans l’exploitation des ressources naturelles et dans la distribution des richesses, de même que les dépenses militaires « irrationnelles ».  L’autonomisation des femmes va de pair avec un développement durable et « un ordre international juste, démocratique et équitable ». 


Dans le même esprit, le délégué a dénoncé l’embargo unilatéral imposé à Cuba, ainsi que la souffrance des mères, des femmes et des enfants des cinq Cubains emprisonnés aux États-Unis.  À Cuba, les femmes ont une espérance de vie de 80 ans; elles représentent 67% des diplômés universitaires, 65,6% des professionnels et des techniciens, plus de 70% des employés de la santé et de l’éducation et 56% des juges.   


M. HASSAN ELMKHANTAR (Maroc) a estimé que l’efficacité des actions menées par la communauté internationale aussi bien sur le plan normatif qu’institutionnel demeurait tributaire de la volonté politique et de la qualité du partenariat établi entre les pouvoirs publics et la société civile.  Il a ajouté que l’on ne saurait trop insister sur le rôle que la femme pourrait jouer dans la consolidation de la paix et la reconstruction nationales et sur la nécessité de l’associer aux efforts visant à la pacification des rapports sociaux au lendemain de la conclusion des accords de paix. 


En même temps, la protection des femmes et filles dans les situations de conflit est un impératif que dictent la vulnérabilité de cette tranche de la société et les menaces auxquelles elles sont exposées.  Il a réaffirmé l’engagement national marocain en vue de la promotion des droits de la femme dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement qui visent l’éradication de la pauvreté, la réduction de la mortalité maternelle et infantile, et la généralisation de l’éducation.  Dans ce cadre, le Maroc a mis en place un plan gouvernemental pour l’égalité entre l’homme et la femme pour 2012-2016, qui concerne entre autres l’accès équitable des femmes aux services d’éducation et de santé, le développement des infrastructures de base, l’accès équitable aux postes de responsabilité et de prise de décisions, l’égalité des chances sur le marché du travail et l’autonomisation des femmes rurales.  Il a fait état d’un projet d’amendement du Code pénal, en collaboration avec les départements concernés, comme la sûreté nationale, la gendarmerie royale, les ministères de la santé et la justice, et les organisations non gouvernementales.


Par ailleurs, la nouvelle Constitution de juillet 2011 a réaffirmé le principe de l’égalité entre hommes et femmes en matière de droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, et a prévu la création d’une autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination.  Ces réformes ont été accompagnées d’une réforme budgétaire axée sur les résultats et de la publication annuelle, par le Ministère des finances, du Rapport genres, qui a pour objectif d’évaluer l’impact potentiel de la prise en compte de la dimension sexospécifique dans l’élaboration des budgets et de l’utilisation des indicateurs de performance, a conclu le représentant.


M. JANNE TAALAS (Finlande) a affirmé que la garantie d’une pleine participation des femmes dans la vie politique et à la prise de décisions constituait un pilier de la politique finlandaise en matière de droits de l’homme.  Il a également rappelé que la Finlande avait adopté un plan d’action quinquennal destiné à lutter contre les violences commises à l’encontre des femmes.  L’objectif de ce plan, a-t-il dit, est de s’attaquer de façon préventive à la violence en tentant d’influer sur les mentalités et les comportements.  « Nous souhaitons montrer notre engagement à l’action d’ONU-Femmes en augmentant notre contribution de 5 à 7,5 millions de dollars en 2013 », a-t-il annoncé.


Il a également estimé que des efforts sérieux devaient être réalisés pour garantir l’accès des femmes à la justice, à la politique et au secteur économique.  Ces aspects représentent, selon lui, des éléments essentiels d’une « égalité des sexes pleine et entière ».  M. Taalas est également revenu sur la question de l’accès des femmes à la santé maternelle et reproductive et a souligné la nécessité de mettre l’accent sur les jeunes femmes et filles afin de mieux informer la jeunesse. 


Mme LIRON ZALANSKY (Israël) a déclaré que son pays avait été le troisième au monde à être dirigé par une femme Premier Ministre, Golda Meir.  Elle a ensuite mis en exergue les mesures législatives adoptées et appliquées aux fins de garantir l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes depuis la Déclaration d’indépendance de 1948, et la Loi sur l’égalité des droits pour les femmes de 1951.  Elle s’est félicitée du fait qu’Israël assure la présidence du Groupe de travail sur les communications au sein de la Commission de la condition de la femme.  Elle a également affirmé que la Troisième Commission accordait une place de choix à l’égalité des sexes et à l’autonomisation de la femme, ce qui n’est pas forcément le cas d’autres grands organes ou des commissions de l’Assemblée.


Il incombe donc à la Commission d’appeler tous les autres organes à assurer la transversalité de ce thème dans leurs travaux et débats.  Elle a félicité ONU-Femmes pour ses efforts inlassables dans ce contexte, et sur sa présence chaque fois plus visible sur le terrain, ainsi que pour son travail dynamique.  Mme Zalansky a salué, en outre, le déploiement croissant de conseillères et l’inclusion systématique dans les mandats de mission de maintien de la paix de dispositions de protection des femmes et des filles contre la violence sexuelle.  


Mme MARÍA CLARISA SOLÓRZANO-ARRIGADA (Nicaragua) a affirmé que les femmes de son pays avaient bénéficié des politiques égalitaires menées par le Gouvernement du Nicaragua, notamment sur les plans de l’éducation et d’un accès amélioré à la santé.  Elle a fait part des initiatives prises par son pays en faveur de l’autonomisation des femmes vivant en milieu rural.  Cette initiative entend rétablir l’égalité entre les sexes en facilitant l’accès des femmes à la propriété.


La lutte contre les violences à l’encontre des femmes est également au centre de l’attention du Nicaragua, a-t-elle affirmé, en énumérant les lois adoptées et les mesures prises par le pays pour permettre aux femmes victimes de ces violences de dénoncer ces agissements et de se reconstruire psychologiquement.  Elle a également abordé la question de la participation des femmes à la prise de décisions politiques.  Des lois imposant aux partis politiques de présenter au moins 50% de femmes aux scrutins locaux est un exemple de cette volonté publique, a-t-elle dit.


Droits de réponse


Le Japon a exercé son droit de réponse en réaction à l’intervention de la République de Corée sur les femmes de réconfort.  Il a reconnu que ce phénomène avait porté atteinte aux Coréens.  La question des réparations a été réglée par les États parties à la Conférence de San Francisco et en d’autres occasions.  Un fonds d’indemnisation a été établi pour les femmes de réconfort et le Japon y a contribué.  Il a assuré que son pays continuerait à donner suite aux activités de ce fonds.


La République de Corée a réagi s’agissant des femmes victimes de réconfort et s’est dite outrée que le Japon évite de traiter cette question avec sincérité.  Il s’agit, au regard du droit international, d’un crime contre l’humanité et les accords n’ont jamais réglé cette question sous cette optique.  Plusieurs rapporteurs spéciaux sur la violence à l’égard des femmes notamment, montrent qu’aucun traité, y compris celui de la Conférence de San Francisco, ne reconnaît l’esclavage sexuel.  Il a réaffirmé que la question des femmes de réconfort n’était toujours pas résolue et que le Japon devait assumer sa responsabilité juridique, et de façon approfondie, afin qu’elle figure dans les livres d’histoire.


Reprenant la parole, le Japon a répliqué que sa position demeurait inchangée, ce à quoi la République de Corée a réitéré sa position ferme selon laquelle cette question ne saurait être réglée sans que le Japon reconnaisse sa responsabilité juridique en la matière. 


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