21/11/2012
Assemblée générale
AG/EF/3357

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Deuxième Commission                                        

30e séance – matin


LA DEUXIÈME COMMISSION ADOPTE QUATRE PROJETS DE RÉSOLUTION, DONT UN APPELLE À L’ÉTABLISSEMENT D’UN ORDRE ÉCONOMIQUE MONDIAL PLUS JUSTE ET ÉQUITABLE


Elle adopte des textes sur les impacts économiques de la situation

au Moyen-Orient et est saisie de deux projets de textes sur le développement durable


La Commission économique et financière (Deuxième Commission) a adopté ce matin quatre projets de résolution, dont un par consensus portant sur les pays en développement sans littoral.  Le texte adopté par la Commission sur la « marée noire sur les côtes libanaises », et celui sur la « souveraineté permanente du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé sur leurs ressources naturelles » l’ont été à la suite de mises aux voix, tout comme celui relatif à un nouvel ordre économique mondial.


Au terme d’une procédure de vote, la Deuxième Commission a adopté par 113 voix pour, 47 voix contre et 5 abstentions (Australie, Cambodge, République de Corée, Turquie et Ukraine) le projet de résolution intitulé « Vers un nouvel ordre économique international ».  En adoptant ce texte, l’Assemblée générale réaffirmerait qu’il faut continuer de s’employer à instaurer un nouvel ordre fondé sur les principes d’équité, d’égalité souveraine, d’interdépendance, d’intérêt commun, de coopération et de solidarité entre tous les États.


Les représentants des États-Unis et du Canada qui ont voté contre ce texte, ont regretté qu’il suscite une confusion, des divisions et soit contre-productif.  Celui de Chypre, parlant au nom des pays de l’Union européenne, également opposés au projet de résolution, a déploré que la version révisée fasse référence à des vues datant de 1974 et contienne des libellés qui n’étaient pas présents au moment des consultations privées, ce qui a-t-il estimé « jette le discrédit sur les travaux de la Deuxième Commission ».  De son côté, le représentant de Cuba, favorable au projet de résolution, a souligné l’importance de continuer à travailler sur un nouvel ordre économique international, et a regretté que les pays développés continuent à essayer d’éviter la prise de toute mesure concrète en la matière.


Concernant le projet de résolution intitulé « marée noire sur les côtes libanaises », la Deuxième Commission l’a adopté par 152 voix pour, 7 voix contre (Australie, Canada, États fédérés de Micronésie, États-Unis, Îles Marshall, Israël et Nauru) et 3 abstentions (Cameroun, Colombie et Panama).  Elle a ainsi recommandé à l’Assemblée générale de demander à nouveau au Gouvernement israélien d’assumer la responsabilité qui est la sienne de dédommager rapidement et convenablement le Gouvernement libanais et les autres pays directement touchés par la marée noire de 2006, tels que la République arabe syrienne, dont les côtes ont été en partie polluées, des dépenses engagées pour réparer les dégâts écologiques causés par la destruction des réservoirs de carburant de la centrale de Jiyeh.


Expliquant le vote négatif de sa délégation contre ce texte, le représentant d’Israël a estimé que la Deuxième Commission avait choisi une fois de plus de « détourner le travail professionnel » que lui donne son mandat.  Ce texte ne fait pas état du fait que le Hezbollah avait attaqué Israël depuis le Liban sans provocation préalable, a-t-il indiqué, assurant qu’Israël avait immédiatement réagi aux demandes exprimées par le centre de réaction d’urgence en cas de pollution marine.  De son côté, la représentante du Liban a exprimé sa reconnaissance à tous les États Membres qui ont voté en faveur du texte, soulignant que six ans après la marée noire, cette catastrophe continue de menacer les efforts de développement durable au Liban.


La Deuxième Commission a également adopté par 156 voix pour, 5 voix contre (Canada, États Fédérés de Micronésie, États-Unis, Îles Marshall, Israël) et 7 abstentions (Australie, Cameroun, Côte d’Ivoire, El Salvador, Honduras, Panama, Papouasie-Nouvelle-Guinée) le projet de résolution intitulé « Souveraineté permanente du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé sur leurs ressources naturelles ».  L’Assemblée générale exigerait par ce texte « qu’Israël, puissance occupante, cesse d’exploiter, d’altérer, de détruire, d’épuiser et de mettre en péril les ressources naturelles du territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et du Golan syrien occupé ».  Elle reconnaîtrait le droit du peuple palestinien de demander réparation si ses ressources naturelles sont exploitées, altérées, détruites, épuisées ou mises en péril.


Après l’adoption de ce texte, les délégations d’Israël et de la Palestine sont intervenues, la première pour rejeter la pertinence de l’examen de cette question par la Deuxième Commission, la seconde pour dénoncer Israël et remercier l’Égypte d’avoir présenté le projet de résolution et tous les pays qui ont voté pour.


Enfin, le projet de résolution relatif aux pays en développement sans littoral et de transit a été adopté par consensus, tel qu’oralement amendé.  En adoptant ce texte, l’Assemblée générale demanderait à ces pays de s’approprier davantage le Programme d’action d’Almaty en l’intégrant plus complètement dans leurs stratégies nationales de développement.  Elle déciderait d’organiser en 2014 une conférence consacrée à l’examen décennal complet de l’application de ce Programme d’action.


La Commission a aussi entendu la présentation du projet de résolution relatif à la mise en œuvre de l’Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau (2013), par le représentant du Tadjikistan, ainsi que celle du texte relatif à l’harmonie avec la nature, présenté par le représentant de la Bolivie.  La Commission se prononcera sur ces textes la semaine prochaine à une date qui sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.


DÉCISIONS SUR DES PROJETS DE RÉSOLUTION


Développement durable: « Marée noire sur les côtes libanaises »


Le représentant de l’Algérie, parlant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a appelé à l’adoption de ce texte par consensus, comme cela a été le cas les années précédentes.  Il a rappelé que la marée noire sur les côtes libanaises avait été la plus grande catastrophe environnementale en mer Méditerranée, ayant eu de graves conséquences sur les conditions de vie de la population du Liban.  Les effets de la marée noire entravent encore aujourd’hui le développement économique du Liban, a-t-il ajouté.


Aux termes du projet de résolution A/C.2/67/L.13, adopté par 152 voix pour, 7 voix contre (Australie, Canada, États fédérés de Micronésie, États-Unis, Îles Marshall, Israël et Nauru) et 3 abstentions (Cameroun, Colombie et Panama), l’Assemblée générale demanderait à nouveauau Gouvernement israélien d’assumer la responsabilité qui est la sienne de dédommager rapidement et convenablement le Gouvernement libanais et les autres pays directement touchés par la marée noire, tels que la République arabe syrienne, dont les côtes ont été en partie polluées, des dépenses engagées pour réparer les dégâts écologiques causés par la destruction des réservoirs, notamment pour remettre en état le milieu marin, en particulier à la lumière de la conclusion à laquelle est parvenu le Secrétaire général dans son rapport et selon laquelle la non-application des dispositions des résolutions de l’Assemblée générale touchant l’indemnisation et le dédommagement des Gouvernements et peuples libanais et syrien touchés par la marée noire demeure fort préoccupante.


Par ce texte, l’Assemblée prierait le Secrétaire général, faisant fond sur les pistes utiles que donnent certaines des réclamations examinées par le Comité F4, d’envisager de prendre les mesures voulues, dans la limite des ressources disponibles et en consultation avec les organismes concernés des Nations Unies, pour mesurer et quantifier les dommages causés à l’environnement du fait de la destruction des réservoirs de carburant de la centrale électrique de Jiyeh.


Remerciant à nouveaule Gouvernement libanais et les États Membres, les organisations régionales et internationales, les institutions financières régionales et internationales, les organisations non gouvernementales et le secteur privé de ce qu’ils ont fait pour lancer des opérations de nettoyage et de remise en état des côtes polluées, l’Assemblée générale engagerait les États Membres et les entités susmentionnées à continuer d’aider le Gouvernement libanais, par un appui financier et technique, à mener à bien ces opérations, afin que soient préservés l’écosystème du Liban et celui du bassin de la Méditerranée orientale.


Conscienteque la marée noire a des répercussions néfastes pluridimensionnelles, elle prierait le Secrétaire général de lui présenter, à sa soixante-huitième session, un rapport sur l’application de la présente résolution au titre de la question intitulée « Développement durable ».


Explications de vote après l’adoption du texte


Le représentant d’Israël, exprimant sa « déception », a expliqué avoir demandé un vote sur ce texte contre l’adoption duquel il a voté.  « La Deuxième Commission a choisi une fois de plus, lors de ce rituel annuel, de détourner le travail professionnel de cette enceinte », à cause de motivations politiques de certaines délégations, a-t-il dit.  Selon lui, le texte « n’a pas d’autre but que de s’en prendre à Israël ».  Il ne fait pas état du fait que « le Hezbollah avait attaqué Israël depuis le Liban sans provocation préalable », a-t-il indiqué Il a assuré qu’Israël avait immédiatement réagi aux demandes du centre de réaction d’urgence en cas de pollution marine et avait délivré à des organisations internationales des autorisations de survol de la zone pour prendre des photographies.  Le projet de résolution ne mentionne pas la participation active d’Israël à la Convention de Barcelone, a-t-il aussi regretté.  Il a demandé à la Deuxième Commission de « mettre un terme à ce triste spectacle annuel ».


La représentante du Liban a exprimé sa reconnaissance à tous les États Membres qui ont voté en faveur de ce texte.  Les dirigeants du monde réunis à Rio cette année, ont insisté sur l’importance du développement durable, a-t-elle rappelé.  Elle a souligné que la marée noire provoquée en 2006 sur les côtes libanaises a été une catastrophe de grande ampleur qui a nuit au développement économique, à la sécurité ainsi qu’au patrimoine biologique et culturel du Liban.  Elle a également souligné les pertes en matière de pêche.  Tout cela a été la conséquence de bombardements et de frappes israéliennes sur la ville côtière de Jiyeh, a-t-elle rappelé.  Six ans après, la marée noire continue de menacer les efforts de développement durable au Liban, a-t-elle indiqué, soulignant que, selon le rapport du Secrétaire général, il faudra encore des années au Liban pour se relever de cette catastrophe.  Elle a plaidé en faveur d’une bonne évaluation des dégâts environnementaux.  « Il est de notre devoir de mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces actes illicites et de respecter les principes de Rio sur le développement et l’environnement », a-t-elle conclu.


Mondialisation et interdépendance: «  Vers un nouvel ordre économique international »


Le représentant de l’Algérie, s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a demandé en préambule que le projet de résolution intitulé « Vers un nouvel ordre économique international » (A/C.2/67/L.3.Rev.1)soit adopté par consensus par la Deuxième Commission.


La Commission économique et financière a ensuite adopté par 113 voix pour, 47 voix contre et 5 abstentions (Australie, Cambodge, République de Corée, Turquie et Ukraine) ce projet de résolution intitulé « Vers un nouvel ordre économique international ».  En adoptant ce texte, l’Assemblée générale réaffirmerait qu’il faut continuer de s’employer à instaurer un nouvel ordre économique international fondé sur les principes d’équité, d’égalité souveraine, d’interdépendance, d’intérêt commun, de coopération et de solidarité entre tous les États.


L’Assemblée générale réaffirmerait également qu’il est nécessaire que les pays en développement participent davantage aux décisions économiques internationales et à la définition des normes économiques internationales et soient mieux représentés dans les instances compétentes.


Elle réaffirmerait en outre que le commerce international est un moteur du développement et de la croissance économique soutenue et qu’un système commercial multilatéral universel, réglementé, ouvert, non discriminatoire et équitable peut stimuler de façon déterminante la croissance économique et le développement dans le monde entier, profitant ainsi à tous les pays, quel que soit leur stade de développement.


Aux termes de ce texte, l’Assemblée générale déciderait de poursuivre l’examen de la situation économique internationale et de ses incidences sur le développement à sa soixante-neuvième session.  À cet effet, elle prierait le Secrétaire général de donner, dans le rapport qu’il lui présentera au titre de la question intitulée « Mondialisation et interdépendance », une vue d’ensemble actualisée des grands problèmes d’ordre économique et de politique générale à résoudre sur le plan international pour assurer une croissance économique soutenue et un développement durable qui soient équitables et sans exclusive, ainsi que du rôle que peut jouer l’ONU à cet égard.


Explications de vote


Prenant la parole après l’adoption de ce projet de résolution, le représentant des États-Unis a jugé qu’il ne s’agissait pas d’un document « utile » quand on veut « faire avancer l’économie du XXIe siècle ».  La communauté internationale a travaillé à établir des objectifs partagés comme les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), mais le contenu de la présente résolution suscite des divisions et est contre-productif, a estimé le représentant pour expliquer le fait que les États-Unis aient voté contre l’adoption du projet de résolution.


Le représentant du Canada a fait part « de la déception de sa délégation » de voir ce projet de résolution de nouveau inscrit à l’ordre du jour de la Commission.  Ce texte suscite de la confusion quant à notre engagement à relever les défis économiques mondiaux, a estimé le représentant, qui a déclaré que ce projet de résolution ne complétait pas d’autres projets en cours, comme ceux développés par le G-20.  La Deuxième Commission « devrait s’efforcer d’atteindre l’objectif visé dans le texte de façon ciblée avec le soutien de tous les États Membres », et c’est la raison pour laquelle le Canada a voté contre ce projet de résolution.


Le représentant de Chypre, s’exprimant au nom de l’Union européenne (UE), qui a voté contre le projet de résolution, a expliqué que l’UE est convaincue que des résolutions reprenant des sujets « datant de 1974 » ne reflètent plus du tout la réalité d’aujourd’hui.  « Faire référence aux concepts des années 70 envoie des messages erronés », a précisé le représentant.  L’UE déplore que la version révisée contienne des libellés qui n’étaient pas présents au moment des consultations privées, ce qui, à ses yeux, « jette le discrédit sur les travaux de la Deuxième Commission ».


La représentante du Mexique a indiqué avoir voté en faveur du projet de texte.  Elle a cependant souligné certains éléments de l’alinéa 18 du préambule qui parle vaguement des conséquences qu’ont les politiques monétaires actuelles sur le commerce international.  Les questions monétaires ne doivent pas être résolues par des mesures protectionnistes, a-t-elle préconisé.


Déclaration générale


Prenant la parole après l’adoption du projet de résolution, le représentant de Cuba a souligné l’importance de continuer à travailler sur un nouvel ordre économique international et rappelé qu’une telle décision avait déjà été prise par l’Assemblée générale en 1974, période de grave crise économique mondiale.  La crise d’aujourd’hui est encore plus grave que celle survenue après le choc pétrolier et la crise boursière d’alors, et « le monde est devenu encore plus chaotique, plus injuste et plus imprévisible », a souligné le représentant, avant de regretter que « les pays développés continuent à essayer d’éviter » la prise de toute mesure concrète visant à traiter la situation actuelle et que le projet de texte n’ait pas été adopté par consensus.  L’ONU est appelée à jouer un rôle central pour que le monde parvienne aux transformations nécessaires à l’établissement d’un nouvel ordre économique mondial, a conclu le représentant.


Groupes de pays en situation particulière: « Mesures spécifiques répondant aux besoins et problèmes particuliers des pays en développement sans littoral : résultats de la Conférence ministérielle internationale des pays en développement sans littoral et de transit, des pays donateurs et des organismes internationaux de financement et de développement sur la coopération en matière de transport en transit »


Aux termes du projet de résolution A/C.2/67/L.39, adopté par consensus tel qu’oralement amendé, l’Assemblée générale demanderait aux pays en développement sans littoral et de transit de prendre toutes les mesures propres à accélérer l’application du Programme d’action d’Almaty énoncées dans la Déclaration adoptée à l’issue de la réunion de haut niveau, tenue à l’occasion de sa soixante-troisième session et consacrée à l’examen à mi-parcours du Programme d’action d’Almaty, et demanderait aux pays en développement sans littoral de s’approprier davantage le Programme d’action en l’intégrant plus complètement dans leurs stratégies nationales de développement.


Aux termes de ce texte, l’Assemblée générale demanderait également aux partenaires de développement et aux institutions multilatérales et régionales de financement et de développement de fournir aux pays en développement sans littoral et de transit une assistance technique et financière appropriée, substantielle et mieux coordonnée, notamment sous la forme de dons ou de prêts à des conditions de faveur, aux fins de l’application du Programme d’action d’Almaty.


Ce texte demanderait aux partenaires de développement de mettre en œuvre l’Initiative « Aide pour le commerce », en tenant dûment compte des besoins particuliers des pays en développement sans littoral, notamment en ce qui concerne le renforcement des capacités nécessaires à l’élaboration de politiques commerciales, la participation aux négociations commerciales et l’application de mesures de facilitation du commerce, ainsi que la diversification et la valeur ajoutée des produits d’exportation résultant d’une participation du secteur privé, en particulier du développement des petites et moyennes entreprises, destiné à accroître la compétitivité de leurs produits sur les marchés d’exportation.


L’Assemblée générale déciderait, par l’adoption de ce texte, d’organiser en 2014, comme elle l’avait indiqué au paragraphe 21 de sa résolution 66/214, une conférence consacrée à l’examen décennal complet de l’application du Programme d’action d’Almaty, en un lieu et à une date qui restent à déterminer, et que les sessions du comité préparatoire intergouvernemental prévues par l’Assemblée générale au paragraphe 22 de sa résolution 66/214 se tiendraient à New York, en janvier et avril 2014.


Enfin, l’Assemblée générale déciderait d’inscrire à l’ordre du jour provisoire de sa soixante-huitième session, au titre de la question intitulée « Groupes de pays en situation particulière », une question subsidiaire intitulée « Conférence consacrée à l’examen décennal complet de l’application du Programme d’action d’Almaty ».


Le représentant du Secrétariat a indiqué que l’adoption de ce texte par l’Assemblée générale entraînerait des dépenses de 914 900 dollars à imputer sur le budget biannuel 2014-2015.


Explications de positions après l’adoption du texte


Le représentant de la France a relevé des inexactitudes de traduction dans la version française du texte, et a annoncé que sa délégation transmettrait au Secrétariat des propositions visant la modification pertinente du texte.


Le représentant de la Bolivie a réitéré la position de sa délégation, déjà exprimée lors de la signature de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982.  Il a expliqué que la Bolivie « n’est pas un État sans littoral », mais plutôt « un pays qui en réalité a été et continue d’être privé de son accès à la mer, du fait d’une invasion ».  Il a indiqué que la Bolivie se réservait le droit de recourir aux moyens pacifiques disponibles dans le cadre du droit international pour la résolution de cette question.


Le représentant du Chili a assuré que son pays garantissait le droit de transit à ses voisins en respectant le droit international en vigueur.  Le Chili est engagé à respecter le régime international en vigueur sur les pays sans littoral et les pays de transit, a-t-il insisté. 


La représentante des États-Unis a indiqué qu’elle aurait préféré avoir les informations utiles sur les implications budgétaires que pourrait avoir la mise en œuvre du texte adopté au moment où les délégations le négociaient.  Il nous faut minimiser le genre d’incidences financières qui pourrait découler de l’adoption des résolutions, a-t-elle plaidé.  Elle a espéré que le Secrétariat fournirait des options permettant de réduire ces coûts.


Retrait du projet de résolution A/C.2/67/L.2


La Deuxième Commission n’a pas examiné le deuxième projet de résolution dont elle était saisie sur ce point de son ordre du jour, celui-ci ayant été retiré par ses coauteurs.


« Souveraineté permanente du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé sur leurs ressources naturelles »


La Commission économique et financière (Deuxième Commission) a adopté par 156  voix pour, 5 voix contre (Canada, États Fédérés de Micronésie, États-Unis, Îles Marshall, Israël) et 7 abstentions (Australie, Cameroun, Côte d’Ivoire, El Salvador, Honduras, Panama, Papouasie-Nouvelle-Guinée) le projet de résolution intitulé « Souveraineté permanente du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé sur leurs ressources naturelles » (A/C.2/67/L.33). 


En adoptant ce texte de sa Commission économique et financière, l’Assemblée générale exigerait qu’Israël, puissance occupante, cesse d’exploiter, d’altérer, de détruire, d’épuiser et de mettre en péril les ressources naturelles du territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et du Golan syrien occupé.  Elle reconnaîtrait le droit du peuple palestinien de demander réparation si ses ressources naturelles sont exploitées, altérées, détruites, épuisées ou mises en péril par suite de mesures illégales prises par Israël, puissance occupante, ou des colons israéliens dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.  L’Assemblée exprimerait l’espoir que cette question sera réglée dans le cadre des négociations entre les parties palestinienne et israélienne relatives au statut définitif.


L’Assemblée générale soulignerait que l’édification du mur et l’implantation de colonies par Israël dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est et alentour, sont contraires au droit international et dépossèdent le peuple palestinien de ses ressources naturelles.  Elle demanderait à cet égard le respect intégral des obligations juridiques énoncées dans l’avis consultatif rendu le 9 juillet 2004 par la Cour internationale de Justice, ainsi que dans les résolutions pertinentes des Nations Unies.  L’Assemblée demanderait à Israël, puissance occupante, de s’acquitter scrupuleusement des obligations que lui impose le droit international, notamment le droit international humanitaire, en ce qui concerne la modification du caractère et du statut du territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.


L’Assemblée demanderait également à Israël, puissance occupante, de mettre fin, dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé, à toute intervention portant atteinte à l’environnement, en particulier au déversement de déchets de toutes sortes, qui fait peser une grave menace sur les ressources naturelles de ces territoires, à savoir les ressources en eau et les terres, et qui risque de nuire à l’environnement et à l’assainissement ainsi qu’à la santé des populations civiles.  L’Assemblée demanderait en outre à Israël de mettre fin à la destruction d’équipements essentiels, notamment de réseaux d’adduction d’eau et d’assainissement, laquelle entraîne, entre autres, une dégradation des ressources naturelles du peuple palestinien.


Explications de position après l’adoption du texte


Prenant la parole après l’adoption de ce projet de résolution, la représentante d’Israël a exprimé la déception de son pays de voir la Deuxième Commission « gaspiller son temps » à discuter de la volonté de certains pays de discréditer Israël plutôt que de se préoccuper de questions économiques et financières d’importance mondiale.  Israël coopère avec les Palestiniens sur les sujets d’ordre environnemental, a déclaré la représentante, avant d’affirmer que  « cette résolution subjective ne promeut en rien les intérêts des Palestiniens ».  Cette résolution n’a pas sa place dans une enceinte des Nations Unies, a-t-elle estimé.


Déclarations d’ordre général


L’Observateur permanent de la Palestine a dit que la Deuxième Commission a adopté plusieurs projets de résolutions qui rappellent l’importance accordée au multilatéralisme et au droit de tous les peuples au développement et à la prospérité.  Concernant ce projet de résolution, il a confirmé l’exigence de voir les Palestiniens exercer leur droit inaliénable à la souveraineté et a rappelé à Israël la position de la communauté internationale, qui refuse et rejette l’occupation coloniale des territoires palestiniens et du Golan syrien.  Les affirmations du représentant d’Israël sur la coopération avec les Palestiniens ne sont qu’un mirage, a dit le représentant de la Palestine, rappelant « les actes barbares perpétrés par Israël » et ses nombreuses violations territoriales.  Il a alerté la Commission sur les tentatives que mène Israël pour se montrer sous le meilleur jour possible alors « qu’en réalité Israël est un occupant violant constamment le droit international ».  Le représentant a remercié l’Égypte d’avoir présenté ce projet de résolution, et tous les pays qui ont voté pour.


Droits de réponse


Exerçant son droit de réponse après la déclaration générale du représentant de la Palestine, la représentante d’Israël a déclaré que son gouvernement n’avait pas cherché le conflit qui a actuellement cours à Gaza.  Aujourd’hui, Israël défend ses citoyens et cible les centres d’où le Hamas tire des roquettes contre Israël, a expliqué la représentante.


En réponse, le représentant de la Palestine a dit qu’Israël continuait à mener une campagne de désinformation auprès de la Deuxième Commission.  La bande de Gaza est victime d’un blocus total depuis le soi-disant retrait d’Israël, a-t-il déclaré.  Le droit à la légitime défense ne peut être invoqué pour commettre des massacres contre ceux qui n’ont rien à voir avec la politique interne des Israéliens qui se préparent à entrer en campagne électorale, a dénoncé le représentant, avant de rappeler que la solution à la question du Moyen-Orient est simple: c’est de mettre un terme à l’occupation israélienne.


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