18/10/2012
Assemblée générale
AG/EF/3343

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Deuxième Commission                                        

11e séance – matin


DEUXIÈME COMMISSION: LES DÉLÉGATIONS RÉITÈRENT LEUR APPEL EN FAVEUR DE LA RÉFORME

DE LA GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE MONDIALE ET D’UNE MEILLEURE GESTION DE LA MIGRATION


La mutation de l’économie mondiale, frappée par des crises financières et la récession, a conduit aujourd’hui les délégations de la Commission économique et financière (Deuxième Commission) à plaider de nouveau en faveur d’une refonte de la gouvernance économique mondiale, au cours d’une matinée de débats consacrée aujourd’hui à la mondialisation et à l’interdépendance.  La menace supplémentaire que posent les changements climatiques et les défis démographiques, de même que les énormes besoins de financement qu’ils impliquent, confèrent un caractère d’urgence à la création de ce nouvel ordre économique mondial, qui devrait être basé sur les principes de l’équité, de l’égalité souveraine, de l’interdépendance, de l’intérêt commun, de la coopération et de la solidarité entre tous les États, ont souligné les représentants du Bangladesh et du Brésil.


Au rang des priorités, plusieurs délégations ont appelé de leurs vœux une reprise des négociations commerciales engagées dans le cadre du Cycle de Doha afin de créer un système commercial multilatéral plus juste, plus ouvert et moins discriminatoire qui permette à tous les pays de participer aux échanges sur des règles communes mais différenciées.  Comme au cours des sessions précédentes de la Commission, les délégations ont réitéré leurs appels à la réforme des institutions de Bretton Woods, qui devrait se traduire par une redistribution des droits de vote au sein des organes délibérants de ces institutions et, de ce fait, par une meilleure représentativité des pays en développement dans leurs processus de conception de politiques et de prise de décisions, comme l’ont souligné les États membres du Groupe des 77 et de la Chine et ceux de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).


Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, presque tous les pays sont impliqués dans le processus de migration, que ce soit comme pays d’origine, comme pays de transit ou de destination, a expliqué la représentante de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).  Les délégations du Brésil, du Sénégal, de l’Inde, du Sri Lanka et les États-Unis ont souligné la richesse que représente la migration des travailleurs, car elle profite à toutes ces catégories de pays et est un facteur de dynamisme et de développement économique.  Les intervenants ont lancé un appel en faveur d’une amélioration des procédures encadrant les flux migratoires.  La délégation du Mexique a regretté que trop peu d’États aient signé la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, rappelant que des millions de migrants continuent d’être victimes de discrimination, de xénophobie et de violence.  


L’organisation d’un Dialogue de haut niveau sur la migration et le développement, en 2013, a été saluée par plusieurs délégations, qui ont émis l’espoir que la discussion se concentre sur le rôle que joue la migration dans le développement économique et social.  Les cadres de travail adoptés en la matière devraient aider les pays du Sud à mobiliser les compétences professionnelles de leur diaspora plutôt que de ne bénéficier que des fonds envoyés par leurs membres, même si ces ressources ont un impact réel sur le développement, a préconisé le représentant de l’Inde.


La Deuxième Commission poursuivra ses travaux lundi, le 22 octobre.  Après une réunion conjointe avec le Conseil économique et social dans la matinée, la Commission examinera dans l’après-midi le point de son ordre du jour relatif au financement du développement.


MONDIALISATION ET INTERDÉPENDANCE


Présentation


Mme SHAMSHAD AKHTAR, Sous-Secrétaire générale chargée du développement économique, a présenté le « rapport sur les défis d’ordre international en matière de développement durable: cohérence politique globale et rôle de l’Organisation des Nations Unies ».  Elle a rappelé que les déséquilibres et inégalités persistants en matière de commerce international, de transfert de technologie et de financement international demandent une attention urgente.  « Nous devons nous interroger pour savoir si la création d’un nouvel ordre économique mondial est aujourd’hui possible », a-t-elle déclaré. 


La Sous-Secrétaire générale a précisé que l’économie mondiale est en pleine mutation, de plus en plus interdépendante, et que, de surcroît, elle est frappée par des crises financières, alimentaires, et énergétiques.  Le rythme rapide du développement de l’économie mondiale dévaste l’environnement, et le développement durable n’a pas reçu suffisamment d’attention, a-t-elle dit.  « Dès lors, l’instauration d’un nouvel ordre économique est plus pressant mais aussi plus difficile. »  Elle a souligné l’importance de ce débat qui constituera une occasion de consolider le partenariat mondial pour le développement et d’améliorer la cohérence du système commercial multilatéral.


La Sous-Secrétaire générale a également présenté le rapport sur les migrations internationales et le développement.  Elle a relevé la nécessité d’élaborer des plans d’action pour mieux utiliser les fonds de la diaspora pour le développement et mieux protéger les droits des migrants.  En conclusion, elle a souhaité que le Dialogue de haut niveau de 2013 soit pragmatique et qu’il ouvre la voie à l’intégration de la question des migrations internationales dans le débat sur le développement de l’après-2015.


Rapport du Secrétaire général sur les défis d’ordre international en matière de développement durable: cohérence politique globale et rôle de l’Organisation des Nations Unies (A/67/274)


La crise financière mondiale et la récession ont suscité de nouveaux appels en faveur d’une refonte de la gouvernance économique mondiale, rappelle le Secrétaire général.  La menace supplémentaire que posent les changements climatiques et les défis démographiques, de même que les énormes besoins de financement qu’ils impliquent, confèrent un caractère d’urgence extrême à ces appels.


Parmi les principaux facteurs responsables du déséquilibre de la mondialisation figurent le commerce international, le transfert de technologie et la finance internationale.  Dans ces domaines, la gouvernance mondiale n’a pas suivi le rythme de la mondialisation, ce qui fait que leur expansion n’a pas toujours été bénéfique aux pays en développement.


Depuis le début des années 90, et compte tenu de la lenteur des progrès enregistrés dans le Cycle de négociations en cours à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dit Cycle de Doha, les pays développés cherchent à conclure des accords bilatéraux et régionaux avec les pays en développement.  Dans bien des cas, ces accords imposent des engagements contraignants en ce qui concerne la libéralisation et la protection des investissements, ainsi que la concurrence et les marchés publics, ce qui a pour effet de limiter ou d’interdire les politiques gouvernementales qui encouragent les entreprises locales ou l’économie nationale.  Une transformation s’impose pour mettre en place des structures de production et d’exportation plus diversifiées.  De plus, les règles commerciales multilatérales actuelles sont des entraves aux transferts de technologie.  Or la croissance économique est induite dans une large mesure par les innovations technologiques.


Quant à la libéralisation financière, qui était censée améliorer l’allocation de ressources rares et stimuler ainsi l’investissement et la croissance, elle est au contraire souvent associée à une instabilité macroéconomique plus grande et à une montée des inégalités.  Savoir gérer la volatilité macroéconomique découlant de la libéralisation des marchés financiers pose un défi majeur aux décideurs des pays émergents et des pays en développement.  L’aide publique au développement (APD) et d’autres formes de financement public international restent cruciales, non seulement pour combler les lacunes du financement interne, mais également pour relever des défis mondiaux comme les changements climatiques.  Pourtant, les flux d’aide ont diminué en termes réels en 2011 pour la première fois depuis des années.  Les réformes du système financier international devraient viser à réduire les risques et la volatilité des flux tant privés que publics, tout en laissant aux pays en développement une marge de manœuvre et en garantissant un financement suffisant pour le développement.


Les réformes à envisager devraient aussi assurer une plus grande cohérence entre les programmes de différentes institutions, dont la prolifération engendre une incohérence du système.  Un mécanisme de coordination multilatéral efficace s’impose.  Diverses propositions ont été faites pour la création d’une instance d’un niveau équivalant à celui du Conseil de sécurité, la plus récente concernant un conseil mondial de coordination économique.


Le système des Nations Unies a un rôle fondamental à jouer.  Le défi majeur de ce débat sera de parvenir à un arrangement dotant les organes de l’ONU des facultés dont ils ont besoin pour exercer efficacement leur rôle, y compris un éventuel rôle de coordination mondiale pour les questions économiques, financières, sociales et environnementales.  La ferme décision de renforcer le système du Conseil économique et social permettrait de donner davantage de cohérence au système multilatéral mondial pour faire face aux défis posés par les économies et les sociétés complexes du XXIe siècle.


Rapport du Secrétaire général sur les migrations internationales et le développement (A/67/254)


Durant la période 1990-2010, le nombre de migrants internationaux a augmenté de 59 millions, soit 39%, constate le Secrétaire général.  Cette hausse était principalement due aux migrations du Sud vers le Nord, dont la croissance a provoqué un afflux important des transferts de fonds dans le sens contraire.  Les États Membres devraient redoubler d’efforts pour réduire les coûts de ces transferts et renforcer leurs avantages pour le développement.


Néanmoins, sans ressources supplémentaires pour recueillir des données de référence, la formulation des politiques et le débat public sur la migration demeurent lacunaires.  En ce sens, la Réunion de coordination interinstitutions sur la migration internationale, organisée par la Division de la population du Secrétariat de l’ONU, joue un rôle primordial dans cet échange d’informations.


Par ailleurs, le Secrétaire général note que si l’adoption d’un nouvel instrument de l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour défendre les droits des travailleurs domestiques est une étape importante, des millions de migrants continuent d’être victimes de discrimination, de xénophobie et de violence.


Le Groupe mondial sur la migration a initié une étude visant à examiner comment le système des Nations Unies et d’autres parties prenantes peuvent apporter un soutien solide et cohérent aux États Membres pour répondre aux opportunités et aux défis qui découlent des migrations internationales et pour promouvoir une plus large application des instruments et normes appropriés.


Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) mènent une initiative à l’échelle du système afin de formuler des recommandations pour le Dialogue de haut niveau de 2013, basées sur les expériences et les leçons tirées de la mise en œuvre des programmes de migration et de développement réalisés depuis 2006.  L’initiative devrait permettre de produire un ensemble de recommandations concrètes.


En choisissant les politiques adéquates, les avantages des migrations internationales pour les pays d’origine et de destination et pour les migrants et leurs familles peuvent être optimisés et leurs impacts négatifs peuvent être réduits, estime Ban Ki-moon.  Le Dialogue de haut niveau de 2013 est une étape primordiale pour la communauté internationale, laquelle pourra orienter le programme politique pour les migrations internationales, formuler des recommandations concrètes sur la façon dont la migration peut favoriser le développement, et veiller à l’introduction de la question des migrations internationales dans le débat sur le développement de l’après-2015.


Débat général


M. Larbi Djacta (Algérie), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a estimé que la Déclaration et le Programme d’action pour la création d’un nouvel ordre économique mondial, adoptés en 1974 par l’Assemblée générale, sont plus pertinents que jamais.  Il a souhaité que les efforts nationaux soient renforcés par une plus grande coopération internationale afin de renverser le processus de marginalisation et relever les défis qu’entraine la mondialisation.  Les pays en développement doivent préserver leur droit au développement grâce à des politiques et stratégies basées sur leurs propres conditions sociales, économiques et environnementales, a-t-il dit.  Il a également demandé que les pays en développement participent davantage aux prises de décisions internationales.  En ce qui concerne les Nations Unies, il a estimé qu’elles sont le seul organe mondial universel apte à renforcer la coopération internationale en faveur de la promotion du développement dans le contexte de la mondialisation.


Par ailleurs, le Groupe des 77 et de la Chine appelle de ses vœux un processus de réforme plus ambitieux des institutions de Bretton Woods, a-t-il indiqué.  Cette réforme, a-t-il précisé, doit être basée sur une approche reflétant vraiment le mandat de développement de ces institutions et faisant participer toutes les parties prenantes dans un processus équitable, transparent, consultatif et inclusif.  S’agissant de la question « migration et développement », le représentant a lancé un appel aux États qui ne l’ont pas encore fait pour qu’ils adhèrent à la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.  Il a souligné l’importance de l’aide publique au développement (APD) et des autres sources internationales de financement pour appuyer les efforts des pays en développement visant à éliminer la pauvreté et promouvoir le droit des peuples au développement.  Cela permettra de contrôler les flux de migrations, a-t-il expliqué.


Rappelant le Programme d’action pour l’établissement d’un nouvel ordre économique mondial de 1974, Mme MENISSA RAMBALLY (Sainte-Lucie), qui parlait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a jugé que tout restait à faire, au vu de la hausse et de la persistance des inégalités entre pays développés et pays en développement.  La CARICOM reconnaît les avantages de la mondialisation, qui ont aidé à la croissance économique et au développement au cours des 50 dernières années, mais la plus grande interdépendance a aussi accru la vulnérabilité des pays en développement aux chocs externes, comme le souligne le rapport du Secrétaire général, a-t-elle relevé.  La représentante a expliqué que les petits pays de la CARICOM sont particulièrement vulnérables aux crises économiques, financières, énergétiques, alimentaires, sans oublier la menace des changements climatiques.


Aujourd’hui, « la mondialisation doit être inclusive, prévisible et équitable », a préconisé la représentante, précisant que les Nations Unies ont un rôle essentiel à jouer dans le processus d’élaboration d’une mondialisation responsable et pour s’assurer que tous les pays en respectent les règles du jeu.  La CARICOM s’inquiète de la lenteur du processus de réforme des institutions multilatérales et appelle à une réforme urgente des institutions de Bretton Woods, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.


En conclusion, Mme Rambally a appelé les États Membres à résister, dans le contexte de crise économique mondiale, à la tentation de politiser et limiter l’immigration.  La CARICOM considère que la globalisation ne doit pas se limiter à la liberté de circulation des capitaux, mais qu’elle doit aussi permettre celle des personnes.


M. YUSRA KHAN (Indonésie), qui parlait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a soutenu pleinement le rôle central que joue l’ONU dans la gouvernance politique mondiale.  Il a demandé de renforcer ce rôle et en particulier dans le contexte changeant du développement durable et de la fragmentation des intérêts nationaux.  Il a proposé des réformes dans le domaine du commerce international, du transfert de technologie et de la finance internationale.  Il a estimé qu’il serait difficile de réformer les cadres existants et les mécanismes institutionnels, mais a souligné que les enjeux sont importants pour les pays en développement.  Il a également appelé à revitaliser le Programme de développement de Doha afin de prendre en compte les besoins et les capacités différentes des pays.  M. Khan a ensuite expliqué que le régime technologique international doit compléter davantage les mécanismes de développement durable des Nations Unies.  Passant au chapitre de la coopération régionale, M. Khan a souligné l’efficacité des mécanismes tels que la Zone de libre échange et la feuille de route pour l’intégration monétaire et financière de l’ASEAN.


Sur la question « migration et développement », il a demandé de la traiter en se basant sur le principe de responsabilité commune et en tenant compte du fait que la migration internationale peut contribuer au développement à la fois des pays d’origine et des pays de destination.  L’ASEAN estime que le capital humain est crucial pour les progrès économique et social.  L’ASEAN a une main-d’œuvre de 285 millions de personnes, a-t-il indiqué.  Il a mentionné la Déclaration de l’ASEAN sur la protection et la promotion des droits des travailleurs migrants et la création d’un comité chargé de ces questions.  Sur le plan multilatéral, il a souhaité que le système des Nations Unies continue de renforcer la coordination des différents programmes et initiatives en matière de migration internationale.  Il a aussi soutenu le Dialogue de haut niveau qui sera organisé sur cette question en 2013.


M. AMERICO BEVIGLIA ZAMPETTI de la délégation de l’Union européenne, s’est félicité de l’organisation du Dialogue de haut niveau sur la migration et le développement, programmé pour 2013.  Le premier dialogue de ce type a fourni un cadre utile pour le débat sur cette question et a conduit à la création d’un Forum mondial sur la migration et le développement, a-t-il rappelé.  La réunion de 2013 sera donc une occasion importante de mettre à jour et approfondir la discussion mondiale sur la question de la migration, a-t-il espéré.  Il a mentionné l’Approche mondiale sur la migration et la mobilité de l’Union européenne qui établit le cadre de la politique de l’Union sur la migration.  L’Union européenne a également acquis une bonne expérience dans ce domaine en promouvant la coopération bilatérale et régionale en matière de migration, a-t-il dit.  Ses États membres estiment cependant qu’il faut adopter une approche plus holistique des relations entre migration et développement, notamment du fait du rôle croissant de la migration dans l’économie de nombreux pays en développement et de l’importance de la migration Sud-Sud.


Le représentant a donc proposé que le Dialogue de haut niveau fixe un programme de travail plus étendu dans ce domaine, en tenant compte des changements constatés dans les tendances migratoires.  Il a aussi suggéré que la discussion se concentre davantage sur la migration Sud-Sud et le rôle que joue la migration dans le développement économique et social.  Il faudra aussi promouvoir l’intégration de la migration dans les stratégies de développement, a-t-il dit.  En ce qui concerne les thèmes des tables rondes, il a proposé les sujets suivants: « Promouvoir une migration légale et respectueuse de l’ordre, tout en protégeant les droits des migrants »; « Mécanismes d’intégration de la migration dans le développement et de promotion de la coopération internationale en matière de migration »; « Évaluation des effets de la migration sur le développement économique et social des pays d’origine et de destination et identification des priorités en vue du cadre de développement de l’après-2015 » et enfin, « Promouvoir une bonne gestion de la mobilité régionale de l’emploi ».


M. OLEG O. SENCHENKO (Fédération de Russie) a indiqué que sa délégation voulait coopérer de façon constructive aux discussions sur les modalités du Dialogue de haut niveau de 2013 sur la question de la migration et du développement.  À l’heure de la mondialisation, la migration a un fort impact sur le développement, a-t-il noté. Il a indiqué que la Fédération de Russie a fixé un seuil pour le flux de main-d’œuvre étrangère sur son territoire.  En 2012, les autorités ont délivré 924 000 permis de travail à des citoyens étrangers, a-t-il précisé, ajoutant que de nombreuses institutions organisent des consultations avec les migrants pour les informer sur la législation en vigueur.  Grâce à des méthodes d’enseignement remarquables, la Fédération de Russie fournit une éducation à des migrants dans des domaines comme la programmation et l’ingénierie.  Nous attirons ainsi des experts très qualifiés venant de l’étranger, a-t-il dit, parlant aussi d’un centre d’innovation actuellement en construction.


Le représentant a indiqué que le Président de la Fédération de Russie a approuvé un programme politique migratoire, qui a pour objectif notamment de réglementer les migrations, de légaliser les flux migratoires et de renforcer la responsabilité des employeurs qui attirent les travailleurs migrants par des pratiques malhonnêtes.  Il a détaillé les trois volets de cette politique qui commencera, en 2012-2015, par la création de centres d’aide administrative pour les migrants, puis, de 2016 à 2020, par l’application des principaux volets de la loi.  Enfin, de 2021 à 2025, une évaluation de l’efficacité des programmes sera menée.  Le Gouvernement s’engage aussi dans un programme de simplification des visas avec certains États, a ajouté le représentant.  Il a aussi indiqué que son pays continuerait de lutter contre l’immigration illégale.


M. ABDOU SALAM DIALLO (Sénégal) a rappelé la situation géographique particulière de son pays, qui est en fait « un pays d’origine, de transit et de destination des migrations internationales ».  Estimant que les migrations internationales sont aujourd’hui « l’une des préoccupations majeures de la communauté internationale », il a souligné « l’importance de trouver les moyens appropriés à une gestion plus efficace de ces flux ».  


Rappelant ensuite que ces flux restent « porteurs de réelles opportunités » et apportent des « avantages macroéconomiques substantiels » aux pays d’origine comme aux pays d’accueil, le représentant a cité en exemple, les bénéfices de l’accroissement de la consommation, la valorisation de métiers ou d’emplois négligés, la disponibilité de la main d’œuvre ou encore les transferts financiers, dont il a rappelé que les montants dépassaient parfois aujourd’hui ceux de l’aide publique au développement. « Au Sénégal, les transferts ont atteint 660 milliards de francs CFA en 2009, soit près de 9% du PIB, ils ont un rôle crucial à jouer dans le développement », a-t-il indiqué, réclamant une amélioration des procédures et une baisse des coûts de transferts.  Dans ce contexte, il s’est félicité de la mise en place d’un « Institut africain pour les transferts de fonds » à l’occasion de la dernière Assemblée des chefs d’État africains. 


Abordant ensuite le problème des flux migratoires irréguliers, il a souligné l’importance de mettre en place des mécanismes performants pour les migrations légales afin d’empêcher « les pratiques illégales qui favorisent le développement de toutes formes de trafics, notamment de drogues, de migrants ou la traite d’êtres humains ».  Le représentant s’est d’ailleurs réjouit du soutien apporté par l’Union européenne à la Stratégie nationale de gestion intégrée des frontières mise en œuvre par le Sénégal, pour contenir les flux clandestins à partir des côtes sénégalaises.


M. PIUS Wennubst (Suisse) a axé son intervention sur les opportunités créées par la migration internationale.  Face à la complexité des flux migratoires dans un monde de plus en plus interconnecté et globalisé, il est dans l’intérêt de tous de créer et de maintenir des mécanismes de collaboration efficaces et d’explorer des partenariats équitables en la matière, ceci dans un esprit de cohérence et de responsabilité commune, a dit le représentant.  La Suisse se réjouit donc de prendre part au Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement qui aura lieu en 2013, a-t-il indiqué.


Mme Arias Orozco (El Salvador) a jugé important de dialoguer pour rechercher des solutions adaptées aux réalités particulières de chaque pays, et que les États Membres fassent preuve de volonté politique et de solidarité afin de remédier aux profonds déséquilibres, aux inégalités, à la crise environnementale et à l’absence de développement engendrés par la mondialisation.  En ce sens, elle a demandé la reprise des négociations commerciales multilatérales menées dans le cadre du Cycle de Doha et a exigé que cela se fasse sur le respect des principes de la non-discrimination des pays au sein du système commercial mondial et de l’adoption de règles communes mais différenciées.  Il faut aussi promouvoir un meilleur cadre de transfert de technologie au profit des pays en développement.  Pour renforcer la gouvernance économique mondiale, il est nécessaire que les pays en développement soient mieux représentés dans le système financier international, a ajouté la représentante.


Pour El Salvador, pays de forte émigration, le thème de la migration est complexe et doit être examiné au niveau international, raison pour laquelle notre pays attend beaucoup du Dialogue de haut niveau prévu en 2013.  Nous en attendons notamment des recommandations concrètes sur la façon dont la migration peut contribuer au développement.  La représentante a ajouté que le respect des droits de l’homme des migrants et la collaboration entre pays d’origine, de transit et de destination ne devaient pas être oubliés des débats.


M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh) a jugé nécessaire de s’engager sur la voie d’une nouvelle structure de gouvernance économique et financière mondiale basée sur les principes de l’équité, de l’égalité souveraine, de l’interdépendance, de l’intérêt commun, de la coopération et de la solidarité entre tous les États.  Il a aussi demandé que les pays en développement participent davantage aux processus de décision sur les questions économiques internationales.  Bien que la mondialisation puisse permettre de renforcer la coopération et d’accélérer la croissance et le développement, elle entraîne des défis tels que la marginalisation de certains pays et des difficultés d’accès aux échanges commerciaux mondiaux, a-t-il relevé.  Pour mieux y faire face, il a plaidé pour que les pays les moins avancés reçoivent une aide internationale prévisible et bénéficient d’un régime commercial qui leur soit favorable.  Le représentant a souligné la nécessité de renforcer le rôle des Nations Unies dans la gouvernance économique mondiale, ce qui permettrait aussi de réformer les institutions financières internationales et la structure de gouvernance mondiale de développement.


Le représentant a ensuite expliqué l’importance du rôle de la migration et des envois de fonds des migrants dans le développement économique.  Avec plus de 7,5 millions de Bangladais vivant à l’étranger, ces envois de fonds dépassent 12% du PIB de notre pays, a-t-il dit.  Cela représente cinq fois le montant de l’aide publique au développement (APD) destinée au Bangladesh.  Après avoir recensé les difficultés auxquelles se heurtent les travailleurs migrants, il a appelé à intensifier les efforts pour éliminer complètement l’exploitation et la discrimination qui les touchent, afin de leur assurer un travail décent et la reconnaissance juridique de leur statut.  Il est aussi important de faciliter les flux d’envois de fonds, a-t-il ajouté.


M. MAURICIO FERNANDO DIAS FAVERO (Brésil) a souligné que la mondialisation n’est pas neutre et que la communauté internationale doit travailler à sa coordination en vertu des principes de l’égalité, de l’interdépendance, de l’intérêt commun, de la coopération et de la solidarité entre les États, de façon à corriger tous les cadres institutionnels qui œuvrent contre le développement.  Le Brésil estime que l’établissement d’un nouvel ordre économique mondial véhiculerait un message fort, et qu’il est urgent de le transmettre dans le contexte actuel de crise économique et sociale mondiale.  Plutôt que de se tourner vers le protectionnisme et la xénophobie, le Brésil pense qu’il est possible de limiter les excès et de corriger les défauts de la mondialisation tout en préservant son dynamisme et sa vitalité.  Le représentant a affirmé que la dérégulation promue au cours des dernières décennies a ouvert la voie à la crise financière et à la volatilité des capitaux à court terme, ce qui a contribué à l’incertitude économique actuelle.  En conséquence, il a jugé nécessaire une meilleure représentativité des pays en développement dans les institutions financières mondiales.  Le G-20 et les institutions financières des pays émergents du groupe BRICS (Brésil, Fédération de Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) pourraient également jouer un rôle essentiel, a estimé le représentant du Brésil, qui a appelé à un rôle renforcé et élargi des Nations Unies, en coordination avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, pour assurer une politique économique et financière cohérente.


Mme ASTRIDE NAZAIRE (Haïti) a rappelé que son pays étant un pays de grande émigration, les migrations internationales et le développement y représentent « un enjeu majeur dans tous les aspects multidimensionnels ».  Elle a attiré l’attention sur les données empiriques qui montrent que le niveau de stigmatisation de l’immigration est fortement corrélé aux conditions économiques existantes.  « La crise financière mondiale risque donc d’accentuer la détérioration des conditions de vie, voire de marginaliser davantage une grande partie des travailleurs migrants », a prévenu Mme Nazaire.


La représentante a dit que la délégation d’Haïti tenait à exposer deux autres points « qui portent un lourd préjudice à de nombreux pays en développement »: le trafic humain incluant les enfants en bas-âge et les adolescents, et le rapatriement forcé des immigrants en infraction avec les lois de leur pays d’accueil.  Parce que les structures de suivi et de réinsertion des pays d’origine sont en général débordées, les rapatriés en manque de repères peuvent « représenter un facteur significatif de grande perturbation sociale et d’instabilité économique », a soutenu Mme Nazaire.


En ce qui concerne l’impact socioéconomique de la migration, le constat de la délégation d’Haïti est ambivalent, a-t-elle indiqué.  Ainsi, si on doit à l’importance de la diaspora haïtienne l’équivalent annuel de 25% du PIB d’Haïti en transferts sans contrepartie, « il n’est pas sûr que l’échange net soit en faveur d’Haïti, car des sommes financent en majorité des besoins primaires et non des projets d’investissement », a relativisé Mme Nazaire.  De plus, la perte de capital humain se ressent considérablement à tous les échelons, a déploré la représentante d’Haïti, qui a jugé qu’il est « impératif de juguler les raisons profondes des mouvements migratoires excessifs entraînant des déséquilibres sociodémographiques et environnementaux incompatibles avec les objectifs de développement durable ».


M. DEREK O’BRIEN, membre du Parlement de l’Inde, a noté que la mondialisation implique une mobilisation sans précédent des idées, des technologies, du capital, des ressources et des personnes, et que les économies les plus dynamiques sont les plus ouvertes aux migrants.  L’Inde se félicite donc de l’organisation du Dialogue de haut niveau en 2013 et en attend un engagement politique fort sur la migration internationale comme paradigme du développement, a dit M. O’Brien.  Les cadres de travail adoptés devraient aussi aider les pays du Sud à mobiliser les compétences professionnelles des migrants plutôt que de ne se reposer que sur les fonds qu’ils envoient, même si ces derniers ont un impact réel sur le développement, a-t-il préconisé.  De plus, les cotisations sociales versées par les migrants dans les pays d’accueil sont généralement perdues quand ils rentrent dans leur pays, et il serait bon d’examiner le transfert de ces contributions de retraite et celle des bénéfices sociaux qui en découlent aux migrants où qu’ils soient, a relevé le représentant.  L’Inde espère aussi que le thème des migrations nationales, qui ont lieu des campagnes vers les zones urbaines, sera pris en considération dans les discussions sur l’Agenda pour le développement de l’après-2015.  En conclusion, le représentant a souligné que l’immigration n’est pas un fardeau mais une richesse pour tous les pays, d’origine comme de destination.


M. CHRISTIAN STROHAL (Autriche) s’est félicité de l’organisation du Dialogue de haut niveau prévu en 2013 sur la migration et le développement, qu’il a estimé être « une manifestation clef ».  L’Autriche se félicite également du concours apporté par l’OIM à la compréhension et à la gestion du thème des migrations, surtout en ce qui concerne la protection des migrants dans les situations de crise. 


M. JACKSON TAN (Singapour) a affirmé qu’en tant qu’île de petite taille sans ressources naturelles, Singapour se devait de maintenir son économie ouverte sur le monde.  Il a rappelé qu’au cours de la dernière décennie, le commerce extérieur total de Singapour avait cru de près de 120%, tandis que son PIB avait aussi progressé de 83% en termes réels sur la même période.  En même temps, Singapour reste vulnérable aux forces de la mondialisation, comme l’a montré la récession de 2008, et pour faire face aux défis de la mondialisation, Singapour poursuit ses efforts pour doter ses habitants de compétences, d’une mentalité et d’un état d’esprit qui leur permettront d’affronter la compétition mondiale.  Le représentant a ensuite affirmé que la mondialisation et ses conséquences, ainsi que les opportunités qu’elle peut offrir sur le commerce mondial restent des facteurs clefs pouvant aider à sortir les personnes de la pauvreté.  Rappelant que la mondialisation incluait les mouvements transfrontaliers de biens, de services, d’information et de personnes, il a souligné que les migrations internationales avaient eu des conséquences positives pour les migrants et leurs familles, et qu’en plus, les pays de destination et les pays d’origine en tiraient les uns et les autres des bénéfices.  


Mme Terri Robl (États-Unis) a rappelé que la migration est un élément central de l'identité même des États-Unis et qu’elle a toujours joué un rôle central dans la croissance économique et le développement de son pays.  Plus de 40% de la population actuelle des États-Unis peut retrouver la trace d’ancêtres migrants qui sont passés par Ellis Island entre 1892 et 1954, a dit la représentante.  Elle s’est félicitée des progrès mentionnés par le Secrétaire général dans son rapport sur la migration et a relayé son appel à renforcer la protection des travailleurs migrants lorsqu’ils sont victimes de catastrophes naturelles, de conflits civils ou de situation de guerre.  C’est une question d’actualité, a-t-elle relevé, citant les exemples récents d’Haïti et de la Syrie.  Les États-Unis apportent leur aide notamment à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et au Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.  Mme Robl a aussi partagé l’avis du Secrétaire général selon lequel la crise en Lybie a permis de souligner la nécessité pour la communauté internationale de remédier plus systématiquement à la situation des « migrants en détresse ».


Les États-Unis soutiennent le Forum global sur la migration et le développement, qui est un résultat du premier Dialogue de haut niveau sur ce thème, a poursuivi la représentante, expliquant qu’il permet une collaboration entre les pays d’origine et les pays de destination des migrants en vue de résoudre les problèmes que pose la migration dans le contexte actuel.  Elle a souhaité que le Forum mondial continue à offrir un processus informel, non contraignant, à participation volontaire et dirigé par les gouvernements, ceci en dehors des Nations Unies.  Elle a aussi exhorté les participants à la prochaine réunion du Dialogue de haut niveau à se concentrer sur les questions cruciales et à ne pas faire de fixation sur des questions relatives au mandat institutionnel.  Elle a espéré que les États Membres feront en sorte que l’OIM continue à occuper une place de choix dans ce cadre.


Mme DIANA ALI NAHAR Al-HADID (Jordanie) a affirmé que la mondialisation avait influencé le monde dans de nombreux domaines et allait continuer à avoir de nombreuses retombées internationales, notamment sur les économies régionales et nationales.  Elle a ajouté qu’il était important de faire en sorte que la mondialisation inclut davantage de pays, pour que les États et les secteurs de la population laissés pour compte puissent en bénéficier.  Sur la planète mondialisée où nous vivons aujourd’hui, les hommes, les biens et les services sont en perpétuel mouvement, et sans aucun doute, ces mouvements en progression ont des implications et pourraient en soi représenter un réel potentiel de développement dans les pays de destination, de transit, et d’origine des différents flux, a estimé la représentante.  Intégrer les migrations dans les programmes de développement est considéré avec une nouvelle importance dans de nombreux pays, car elles sont considérées comme partie prenante d’une démographie mondiale et d’une dynamique de population en évolution, a ajouté Mme Al-Hadid.  Par conséquent, il est important de développer une compréhension commune des liens entre migrations et développement tout en alignant les politiques relatives aux migrations avec les objectifs de développement.  


M. T. MOLOGE (Nigéria) a invité la communauté internationale à se réengager en faveur d’un nouvel ordre économique mondial, mettant l’accent sur l’importance de la responsabilité partagée mais différenciée.  La communauté internationale devrait renforcer son aide envers les pays en développement pour leur permettre d’augmenter leurs capacités à mener leur propre processus de développement, a-t-il dit.  Le transfert des technologies est un des facteurs clefs du développement, a-t-il remarqué, appelant les pays développés à le favoriser.  Le représentant a souligné le rôle central des Nations Unies dans les efforts de développement menés dans le cadre de la mondialisation.  Les Nations Unies doivent continuer à prôner la cohérence et la mise en œuvre des objectifs internationaux de développement, a-t-il demandé.  Il faut également prendre en compte la culture et la diversité des peuples, a-t-il ajouté.


Le représentant s’est félicité de l’initiative de créativité africaine lancée en 2008 pour faire connaitre cette créativité dans le monde.  Il a demandé la conclusion rapide des négociations commerciales engagées dans le cadre du Cycle de Doha et plaidé en faveur d’un système commercial multilatéral ouvert et non discriminatoire.  Il a aussi souligné l’intérêt des échanges de savoir-faire dans le cadre de la coopération Sud-Sud.  Passant à la question de la migration, M. MOLOGE a proposé un dialogue sur la migration Sud-Sud.  Il a remercié le Secrétaire général d’avoir organisé une réunion de haut niveau sur le Sahel au début de la présente session de l’Assemblée générale.  Il a expliqué les nombreux défis de la région et mentionné la politique nigériane mise en place pour les relever.  Le Nigéria a pénalisé la traite des personnes et signé la convention pertinente, a-t-il dit.  Des accords avec les pays du Nord ont également été signés pour faire respecter les droits de l’homme des migrants nigérians. 


M. MOJTABA ALIBABAEE (Iran) a évoqué la mondialisation et la libéralisation des échanges, qui ont rendu les pays en développement plus vulnérables aux impacts financiers extérieurs et aux crises économiques.  Même si la mondialisation peut entraîner dynamisme et renforcement de la coopération, cette situation de crise et d’instabilité menace d’élargir le fossé entre pays développés et pays en développement, a souligné le représentant.  Dans sa forme actuelle, la mondialisation perpétue ou même accroît la marginalisation des pays en développement, a dit M. Alibabaee.  Son cadre doit donc être modifié pour contribuer à la prospérité de tous les pays, au lieu de maintenir les pays en développement dans la pauvreté et la dépendance, a indiqué le représentant, précisant que le système financier et monétaire mondial devrait être universel, ouvert, équitable, non coercitif, régulé, prévisible et non discriminant.  L’Organisation des Nations Unies doit rester la plateforme principale de discussion, et l’Iran estime que son rôle gagnerait à être renforcé dans la coopération internationale pour le développement pour répondre aux défis de la mondialisation.


M. THALAPITA RALALAGE WARUNA SRI DHANAPALA (Sri Lanka) a expliqué l’importance de la question de la migration pour son pays, qui a ratifié la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.  Le Sri Lanka a aussi été élu comme membre du Comité des Nations Unies sur les droits des travailleurs migrants en 2009.  Si beaucoup de Sri-lankais émigrent, le Sri Lanka accueille aussi beaucoup de travailleurs migrants, a indiqué le représentant.  Il y a d’un coté des migrants qui viennent au Sri Lanka pour travailler ou en tant que réfugiés, et de l’autre des migrants sri-lankais qui quittent le pays et des migrants sri-lankais qui vont travailler à l’étranger.  Les premiers ne posent pas de problème pour le Sri Lanka, a assuré le représentant, expliquant que les expatriés jouissent d’une bonne qualité de vie au Sri Lanka, pays qui attire les investissements étrangers.  En ce qui concerne ceux qui quittent le Sri Lanka, il a expliqué qu’ils invoquent parfois une certaine insécurité dans leur pays, même si la guerre contre le terrorisme au Sri Lanka s’est terminée en 2009.  Le représentant a mentionné l’existence de l’Agence sri-lankaise pour l’emploi à l’étranger, créée en 2007, auprès de laquelle tout Sri-lankais qui quitte son pays doit s’inscrire.  Il a aussi mentionné la politique sur la migration des travailleurs, élaborée en 2009, citant plusieurs mesures prises en leur faveur, comme l’ouverture de crèches pour les enfants de femmes migrantes.  Le représentant a souhaité que la question des migrants figure dans le programme de développement pour l’après-2015.


M. LUIS-ALFONSO DE ALBA (Mexique) a relevé que le Mexique est un pays d’origine, de transit et de destination pour les migrants et, en conséquence, particulièrement concerné par cette question inscrite à l’ordre du jour de la Commission.  Les migrants sont de puissants agents économiques dans leurs pays d’accueil et l’argent qu’ils envoient dans leur pays d’origine soulage beaucoup de gens de la pauvreté, a expliqué le représentant.  Il a exprimé la préoccupation qu’éprouve le Mexique, et constate que la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille a été ratifiée par 46 États seulement.  Le représentant a regretté que les Nations Unies n’aient pas d’espace exclusivement consacré à cette question.  Cette session sera essentielle pour préparer le Dialogue de haut niveau de 2013 sur le thème de la migration et du développement, a noté le représentant, qui a précisé que cette question avait besoin de la participation active des organisations de la société civile qui ont beaucoup contribué à la promotion des droits des personnes migrantes.


Mme CHRISSIE SILUMBU (Malawi) a relevé que la capacité des pays à atteindre le développement durable fait face à de nombreux revers.  Elle a expliqué que la réalisation des objectifs de développement dépendait d’un monde stable et de la réforme des institutions internationales clefs, afin notamment de garantir une meilleure confiance dans le système.  Elle a souhaité que l’ONU continue à jouer un rôle important dans la gouvernance économique mondiale.  Les réformes institutionnelles et la coopération au sein des Nations Unies doivent tenir compte pleinement des pays en développement, a-t-elle ajouté.  Elle a plaidé pour que l’ONU réforme les institutions de la mondialisation et a lancé un appel à élaborer des politiques favorisant le développement.


Mme CHEN YINGZHU (Chine) a souligné la complexité du thème de la migration dans le contexte actuel de mondialisation, son impact profond sur les pays d’origine et de destination, et le fait que les migrants se heurtent à des difficultés croissantes.  La représentante a souhaité que le Dialogue de haut niveau prévu en 2013 analyse cette question attentivement.


L’impact de la migration sur les pays d’origine et de destination des migrants doit être évalué de manière objective, a précisé la représentante.  Les envois de fonds jouant un rôle de plus en plus important dans la réduction de la pauvreté, il faudrait en faciliter les transactions, abaisser le coût des envois et rendre les services financiers plus accessibles aux migrants, a préconisé la représentante.  De plus, la migration internationale a compensé le manque de main-d’œuvre dans certains pays, qui devaient reconnaître la contribution positive de ces migrants à l’économie et protéger leurs droits, notamment ceux des femmes et des enfants, a-t-elle souligné.  Enfin, a-t-elle indiqué, la Chine est favorable à un renforcement de la coopération, de manière pragmatique, en ce domaine.


Mgr FRANCIS ASSISI CHULLIKATT, Observateur permanent du Saint-Siège, a souligné l’importance d’une « alliance élargie de peuples, de gouvernements, de la société civile et du secteur privé, tous travaillant ensemble pour l’avenir que nous voulons », comme le demande le Document final de Rio+20.  Les investissements ont toujours un aspect moral et économique, a-t-il relevé en citant le pape Benoît XVI.  Le marché ne peut pas être régi uniquement par le principe de l’équivalence des valeurs car il doit aussi engendrer une cohésion sociale, a-t-il expliqué.  Il a donc appelé à la solidarité et à la confiance mutuelle, en créant un modèle d’économie de marché auquel toute personne puisse participer.  Si le marché mondial actuel offre une plus grande liberté d’action, il exige aussi une plus grande responsabilité sociale, a-t-il observé.


M. BAKA ZOLAY (République démocratique du Congo) a relevé que les migrations concernent presque tous les pays, et qu’elles ont diverses origines, qu’elles soient économiques, démographiques, politiques, sociales, environnementales, scientifiques, ou même sportives.  Ce phénomène gagne en ampleur, en complexité et en influence, et des millions de migrants sont victimes de discrimination et de violence sous toutes leurs formes, a indiqué le représentant. Une solution durable s’impose, et la République démocratique du Congo souhaite un effort commun et une suite favorable au Dialogue de haut niveau prévu en 2013.  Elle exhorte les pays participant à ce grand forum à tenir compte du contenu des rapports relatifs aux migrations internationales et au développement, a dit le représentant.


Mme MICHELE KLEIN SOLOMON, Organisation internationale pour les migrations OIM, s’est félicitée de la meilleure prise en compte de la migration depuis une décennie, ce qui permet de refléter ainsi les impacts de la mondialisation et l’interdépendance sur les populations.  Ce phénomène concerne des centaines de millions de personnes dans le monde, que ce soit celles qui migrent ou celles qui restent dans leur pays, et presque tous les pays sont impliqués dans ce processus migratoire, comme pays d’origine, de transit ou de destination, a expliqué la représentante de l’OIM.  Les liens de la migration avec le développement sont également aujourd’hui reconnus, a-t-elle dit, et elle a souligné que la migration n’est ni un obstacle au développement ni une baguette magique pour y parvenir.  Ce constant étant posé, l’OIM juge nécessaire d’aider les gouvernements, comme elle le fait déjà, à intégrer la migration dans leurs politiques de développement, en augmentant son potentiel et en atténuant ses répercussions négatives.  Ainsi, cette année, l’organisation travaille avec ses partenaires sur 2 700 projets focalisés sur la migration internationale et le développement, a indiqué Mme Klein Solomon.


La représentante de l’OIM a transmis aux délégations le fruit de son expérience sur cette thématique et les points clefs à prendre en considération: le respect des droits de l’homme des migrants dans les conventions internationales et lois nationales.  Elle a dit qu’il faut se donner les moyens de les protéger contre la violence, l’exploitation, le trafic, la xénophobie et la discrimination.  Il faut aussi assurer l’intégration de la migration dans les politiques de développement; assurer une meilleure protection des travailleurs migrants, l’accès des migrants aux services de santé, ainsi qu’une meilleure protection et assistance aux migrants dans les situations de crise. Il faut aussi assurer un renforcement de la coopération internationale en matière de migration, a conclu Mme Klein Solomon.


Mme TELMA VIALE, Organisation internationale du Travail-OIT, a précisé les chiffres de la migration, indiquant notamment que 214 millions de personnes vivent aujourd’hui en dehors de leur pays d’origine, chiffre qui a doublé depuis 25 ans.  Sur ces 214 millions, environ 105 millions sont économiquement actifs.  L’OIT œuvre pour que le débat politique mondial et les initiatives prises à ce niveau prennent en compte les questions liées à la migration, a-t-elle dit.  L’OIT a un mandat constitutionnel en la matière, ainsi que des outils pour le réaliser, comme par exemple le fait qu’elle dispose de normes sur la protection des migrants.  Elle a aussi mentionné le Cadre multilatéral de l’OIT sur le travail des migrants, adopté en 2006.  L’approche suivie par l’OIT a des effets positifs sur les politiques nationales relatives aux droits des migrants, sur le renforcement des accords bilatéraux sur les travailleurs migrants et sur les pratiques de recrutement, a-t-elle ajouté.


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