12/10/2012
Assemblée générale
AG/DSI/3457

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Première Commission

6e séance – matin


PREMIÈRE COMMISSION: DÉSARMEMENT ET NON-PROLIFÉRATION À NOUVEAU AU CENTRE DU DÉBAT GÉNÉRAL


Les délégations envisagent des voies pour sortir de l’impasse à la Conférence du désarmement


Les questions liées au nucléaire, aux mécanismes de désarmement et au contrôle des armes conventionnelles ont de nouveau marqué, ce matin, le débat général de la Première Commission chargée des questions de désarmement et de sécurité internationale. 


Aucun des dix-sept États Membres intervenus n’étant doté de l’arme atomique, leurs représentants ont tous rappelé aux puissances nucléaires leurs obligations, certains soulignant même que le manque de progrès dans le désarmement risque de pousser des États vers de telles armes.  Pour accélérer les étapes vers l’objectif ultime d’un monde dénucléarisé qu’ils ont rappelé, ils ont réclamé de nouveaux efforts de réduction des arsenaux, appelé aussi les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) pour permettre son entrée en vigueur.  Les essais nucléaires doivent être interdits, a estimé le représentant du Nicaragua, qui a également jugé « inacceptable et injustifiable » de développer aujourd’hui des armes nucléaires.


Réitérant cependant leur confiance dans le Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), les délégations ont insisté sur la mise en œuvre effective et complète du Programme d’action adopté à l’issue de la Conférence d’examen du Traité de 2010, en particulier pour ce qui a trait à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient qui doit faire l’objet d’une conférence à Helsinki, en Finlande, en décembre prochain.  Directement concernés, le Qatar et Oman ont appelé la communauté internationale à soutenir pleinement cette initiative.  Leurs représentants ont également prôné un règlement pacifique du contentieux relatif au programme nucléaire iranien, en encourageant le dialogue et la diplomatie pour trouver une solution qui préserve, d’une part, la sécurité et la stabilité de la région et, d’autre part, le droit inaliénable des États, dont l’Iran, à l’usage pacifique de l’énergie nucléaire.


Dans leurs interventions, le Kirghizistan, l’Indonésie et l’Uruguay, qui appartiennent respectivement aux ZEAN d’Asie centrale, d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine, ont insisté aussi sur l’importante contribution qu’elles représentent dans les efforts de non-prolifération, en appelant d’ailleurs les puissances nucléaires à ratifier les protocoles des traités qui ont instaurés ces zones.  Plus généralement, les délégations qui ont pris la parole ont réclamé une nouvelle fois l’élaboration d’un instrument juridique international contraignant sur les garanties négatives de sécurité que leur donnent les puissances nucléaires.  C’est l’un des quatre dossiers au programme de travail de la Conférence du désarmement, avec le désarmement nucléaire, la prévention d’une course aux armements dans l’espace et surtout l’élaboration d’un traité interdisant la production de matières fissiles que tous les intervenants ont appelé de leurs vœux, mais qui n’a pas démarré en raison de l’impasse qui existe depuis de nombreuses années au sein de cet organe.


Cette situation a été déplorée par tous les États Membres qui se sont exprimés ce matin.  S’ils ont réaffirmé que la Conférence du désarmement restait l’organe unique de négociation multilatérale en matière de désarmement, plusieurs ont envisagé différentes voies pour dépasser les blocages.  L’Indonésie et le Nicaragua ont, ainsi, réclamé l’organisation d’une quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée à la revitalisation des mécanismes de désarmement.  De leur côté, l’Uruguay et le Costa Rica ont défendu un élargissement de la composition de la Conférence du désarmement.  Beaucoup plus critique, la Norvège a estimé que la règle du consensus continuait de « diluer et de paralyser » d’importants processus de désarmement, comme cela a été le cas avec la Conférence diplomatique pour un traité sur le commerce des armes qui avait échoué en juillet dernier.


Cet échec a été regretté par de nombreuses délégations, qui sont toutefois restées optimistes sur les chances de succès en 2013.  L’Uruguay a ainsi proposé un débat de fond au sein de la Première Commission, avant d’appeler la communauté internationale à trouver un accord sur un texte équilibré, solide, non-discriminatoire, et établissant les normes internationales les plus élevées.  Le Nicaragua a insisté, quant à lui, sur des négociations ouvertes, transparentes et sur la base du consensus.  Enfin, le Guatemala a appuyé l’idée de convoquer une nouvelle conférence, en mars 2013, qui organisera ses travaux sur la base du « texte du 26 juillet ».


Au cours de cette séance, le Bénin, le Burkina Faso, le Nicaragua, Guatemala et le Costa Rica ont également rappelé les conséquences du manque de contrôle et de régulation du commerce des armes.  Ils ont souligné le fléau que constitue, en particulier, la circulation illicite des armes légères et de petit calibre, en alimentant l’instabilité, les violences armées ou les organisations criminelles en Afrique et en Amérique latine.  Ils ont néanmoins salué les résultats positifs de la Conférence d’examen du Programme d’action des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC), qui avait eu lieu du 27 août au 7 septembre 2012, et dont le Document final appelle au renforcement du programme et de la coopération internationale.


La Première Commission poursuivra son débat général, lundi 15 octobre à partir de 15 heures, en salle de conférence 1.


DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUS LES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR RELATIFS AU DÉSARMEMENT ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE


Déclarations


M. VLADIMIR GERASIMOVICH (Bélarus) a souligné l’importance de mettre totalement en œuvre le Programme d’action de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2010.  Il a appelé à l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), en estimant qu’il permettrait de faire avancer les efforts de non-prolifération.  Il a appelé à revitaliser les travaux de la Conférence du désarmement, en rappelant que c’était le seul et unique organe multilatéral de négociations du désarmement.  Il a souhaité que des progrès réels soient enregistrés sur les questions à l’ordre du jour de la Conférence du désarmement, en commençant par l’ouverture de négociations en vue de la création d’un traité encadrant la production de matières fissiles.  Il a insisté pour que cet objectif soit atteint exclusivement au sein de la Conférence du désarmement, comme les autres points inscrits au programme de travail de la Conférence, en particulier la mise en œuvre d’accords sur les garanties négatives offertes aux États non dotés.


Le représentant a poursuivi en saluant les résultats positifs de la Conférence d’examen du Programme d'action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects.  Revenant également sur l’échec de la Conférence diplomatique pour un traité sur le commerce des armes en juillet dernier, il a indiqué qu’indépendamment des divergences existantes entre les États Membres, le Bélarus soutiendra la poursuite de négociations pour parvenir à un texte robuste et contraignant.


M. JEAN-FRANCIS R. ZINSOU (Bénin) a rappelé que l’accroissement de l’insécurité et des menaces à la paix et la sécurité internationales rendaient urgente la réalisation de progrès tangibles et significatifs en matière de désarmement.  Il a cependant salué les résultats positifs de la Conférence d’examen du Programme d’action pour combattre le trafic illicite d’armes légères et de petit calibre qui s’est tenue cet été, en soulignant le fléau que la circulation illicite de ces armes représente pour les pays d’Afrique où elle alimente l’instabilité et les conflits, les groupes armés et le terrorisme.  Il a souhaité également que les discussions reprennent, dès le début 2013, pour parvenir à un consensus sur un traité pour le commerce des armes, après l’échec de la Conférence diplomatique organisée, à cet effet, en juillet dernier.


Abordant ensuite la question du désarmement nucléaire, le représentant a déploré l’impasse existante au sein de la Conférence du désarmement.  Il a appelé à la dépasser ou à trouver d’autres moyens de faire avancer les grands dossiers relevant de son mandat, en particulier les négociations sur un traité interdisant la production de matières fissiles.  Il a également appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) pour permettre son entrée en vigueur le plus vite possible, insistant aussi sur la création de zones exemptes d’armes nucléaires (ZEAN), à l’instar de celle mise en place en Afrique par le Traité de Pelindaba. 


M. GEIR O. PEDERSEN (Norvège) a estimé que « la Convention sur les mines antipersonnel et la Convention sur les armes à sous-munitions montraient qu’il est possible de négocier des instruments multilatéraux qui ont un impact humanitaire immédiat sur le terrain et renforcent la protection des civils ».  La Norvège est fière d’avoir présidé la troisième Réunion des États Parties à la Convention sur les armes à sous-munitions, qui s’est tenue à Oslo en septembre dernier.  Cet instrument international « hautement efficace », s’articule autour d’un pilier correctif et d’un pilier préventif qui stigmatise l’usage des armes à sous-munitions.


La Norvège est très déçue qu’un traité sur le commerce des armes n’ait pas pu être adopté l’été dernier.  M. Pedersen a indiqué que « la violence armée tue 2 000 personnes par jour environ ».  Si la prochaine conférence sur un tel traité est de nouveau soumise à des règles de procédure requérant la majorité, « nous courrons le risque de répéter ce qui s’est passé en juillet », a-t-il averti.  La règle du consensus continue ainsi de « diluer et paralyser » d’importants processus de désarmement, a-t-il dit.  La Norvège salue les résultats de la deuxième Conférence des Parties chargées de l’examen du Programme d'action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects, mais elle regrette encore une fois que cette règle empêche le renforcement du Programme d’action.


« Quarante-quatre ans après l’entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), nous vivons encore dans un monde avec des armes nucléaires », a déploré le représentant.  Il a cependant noté avec satisfaction que les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité se réunissent régulièrement pour remplir leurs obligations conformément au Plan d’action adopté à l’issue de la Conférence des Parties chargée d’examiner le TNP en 2010.  À ce sujet, il a souligné l’importance de la Conférence sur une zone exempte d'armes de destruction massive au Moyen-Orient, qui se tiendra à Helsinki, en Finlande, en décembre prochain.  Par ailleurs, M. Pedersen a annoncé la tenue d’une conférence à Oslo, en mars 2013, sur l’impact des explosions nucléaires, quelle que soit leur origine.  Il a en outre appuyé la position de l’Union européenne sur les défis posés en matière de prolifération par l’Iran, la Syrie et la République démocratique populaire de Corée (RDPC).  Enfin, la Norvège estime que la troisième Conférence des Parties chargées d’examiner la Convention sur les armes chimiques en 2013 sera l’occasion de renforcer la Convention.


M. NAJEEM S. AL-ABRI (Oman) a affirmé son appui à la non-prolifération des armes nucléaires et émis le vœu que ce qui a été convenu lors de la Conférence d’examen, qui a eu lieu en 2010 à New York, soit traduit dans la réalité pratique.  Il a espéré que la prochaine Conférence, prévue à la fin de cette année à Helsinki (Finlande), puisse déboucher sur un accord déclarant le Moyen Orient région exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive, en prenant en compte le droit légitime des États d’utiliser la technologie nucléaire à des fins pacifiques, conformément au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), et sous les auspices de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Dans ce contexte, M. Al-Abri a exhorté Israël à répondre à l’appel international l’invitant à ratifier le TNP, et à permettre à l’AIEA d’inspecter toutes ses installations nucléaires et de faire rapport.


Abordant le dossier nucléaire iranien, le représentant a encouragé toutes les parties à reconnaître la nécessité de poursuivre les négociations et le dialogue de sorte à trouver une solution à même de préserver la sécurité et la stabilité de cette importante région du monde, ainsi qu’à préserver le droit de la République islamique d’Iran de tirer profit de la technologie nucléaire à des fins pacifiques et apaiser les craintes de la communauté internationale.  Il a prévenu que l’absence de progrès, au fil des trente années écoulées, dans les négociations sur le désarmement nucléaire et la non-prolifération, encourageait certains pays à chercher à obtenir ces armes sous prétexte de protéger leur indépendance et leur sécurité nationales.  Cette situation s’explique par l’incapacité des grandes puissances à trouver une formule ou sceller un accord, ce qui aurait fourni des indications sérieuses sur la crédibilité de leurs intentions.


Pour M. Al-Abri, l’appel de l’Administration américaine en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires constitue une chance réelle d’insuffler un élan à l’ordre du jour international relatif au désarmement et d’ouvrir une nouvelle ère vers un monde débarrassé d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive, ainsi que vers l’adoption de traités visant à la réduction de tels armements.  L’instauration d’une zone exempte de ces armes au Moyen-Orient revêt une importance significative et mérite l’appui de la communauté internationale, a-t-il réaffirmé.  M. Al-Abri a estimé que le succès de la Conférence d’examen sur la non-prolifération, tenue en mai 2011, de même que l’adoption du Document final, sont une expression concrète de la volonté politique de la communauté internationale de progresser dans le désarmement et la non-prolifération, et confirme également le caractère universel du Traité.  Il a exprimé le vœu que le Plan d’action approuvé par la Conférence d’examen du TNP conduise à une accélération des étapes menant au désarmement nucléaire et à la non-prolifération, et à la promotion d’une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, ce qui contribuera grandement au développement durable et à la garantie de l’énergie nécessaire pour les pays en développement.


M. JASSER JIMÉNEZ (Nicaragua) a indiqué qu’il était urgent de progresser vers un désarmement complet, non seulement en ce qui concerne les armes nucléaires, mais également les armes de destruction massive.  Le Nicaragua souhaite que l’on poursuive les efforts pour limiter la course aux armements.  Il faut interdire tout essai nucléaire, a affirmé le représentant, en rappelant que cela constituait une menace pour la nature et l’environnement.  Il est injustifiable et inacceptable que l’on cherche des moyens pour développer les armes nucléaires alors que l’on traverse une crise économique, qui crée des difficultés extraordinaires pour les populations, en particulier dans les pays en développement. 


Le représentant a ensuite souligné les conséquences de la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC), qui est à la source de violences sociales, de déplacements forcés de population, et de problèmes liés au développement économique et social.  Il a rappelé que le Nicaragua était en faveur du désarmement général et complet.  S’agissant de l’adoption d’un traité sur le commerce des armes, le représentant a souhaité l’adoption d’un traité équilibré, solide, non-discriminatoire, qui soit négocié de manière ouverte, transparente, et sur la base du consensus.  Face au manque de progrès dans le domaine du désarmement, il a indiqué que le Nicaragua appuyait la proposition d’une quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le désarmement. 


M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh) a souligné que le manque de progrès sur les armes classiques et les armes de destruction massive était une source de préoccupation pour son pays.  Le commerce illégal et l’utilisation illégale des armes classiques ont des coûts humains terribles, a averti le représentant.  Le Bangladesh souhaite qu’une nouvelle conférence pour un traité sur le commerce des armes soit convoquée sur la base du texte présenté par le Président de la Conférence, en juillet dernier.  L’existence des armes nucléaires pose une grave menace pour l’humanité, a affirmé le représentant, en ajoutant que, tant que des pays possèdent l’arme nucléaire, il y a un danger pour la planète.  Aucun État non doté de l’arme nucléaire ne peut obtenir suffisamment de garanties pour sa sécurité, a-t-il ajouté.  Le représentant a, par ailleurs, plaidé pour une approche équilibrée des trois piliers du TNP.  Le Bangladesh souhaite l’entrée en vigueur la plus rapidement possible du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).  Enfin, le représentant a souhaité que la Conférence du désarmement préserve sa légitimité et sa crédibilité et puisse entamer un travail de fond.


M. MARTIN VIDAL (Uruguay) a appelé à l’adoption d’un instrument international juridiquement contraignant pour éviter le détournement des armes conventionnelles vers des circuits illégaux.  Déplorant l’échec de la Conférence pour un traité sur le commerce des armes en juillet dernier, il a appelé à un débat de fond au sein de la Première Commission sur les raisons de cet échec.  Il a souhaité que la communauté internationale parvienne à un consensus sur un texte établissant des normes internationales très élevées lors de la reprise des travaux en 2013.  Il a rappelé le soutien de son pays aux efforts déployés dans le désarmement et la non-prolifération, en soulignant notamment l’importance d’une entrée en vigueur rapide du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).  Dans ce contexte, il a appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Traité et, plus généralement, à maintenir leur moratoire sur les essais nucléaires.


Appelant également à la mise en œuvre d’un traité interdisant la production de matières fissiles, le représentant a déploré l’impasse au sein de la Conférence du désarmement qui empêche le lancement de ces discussions.  Rappelant que la Conférence du désarmement est le seul organe multilatéral de négociations du désarmement, il a souhaité également que des discussions reprennent, sans conditions préalables, sur un accord juridiquement contraignant sur les garanties de sécurité offertes aux États non dotés de l’arme nucléaire.  Pour dépasser les divergences politiques au sein de la Conférence du désarmement depuis une décennie, il a appelé à l’élargissement de sa composition.  Enfin, le représentant a souligné la contribution des zones exemptes d’armes nucléaires (ZEAN) à la non-prolifération nucléaire et les efforts de son pays pour appuyer la création de ZEAN dans le monde entier.  Il a donc exhorté toutes les puissances nucléaires à rejoindre les protocoles aux traités créant ces zones en Amérique Latine, en Afrique et en Asie du Sud-Est et a soutenu le projet de créer une ZEAN au Moyen-Orient.


M. KHAM-INH KHITCHADETH (République démocratique populaire lao) a souligné l’importance pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales d’établir des zones exemptes d’armes nucléaires.  Il a ensuite appelé les États dotés de l’arme nucléaire à en faire partie et à donner les assurances inconditionnelles à tous les pays de la zone qu’ils n’utiliseront pas ou ne menaceront pas d’utiliser leurs armes nucléaires.  Il a ensuite mentionné le défi que posent pour la paix, la sécurité et le développement économique les armes conventionnelles, en particulier les armes à sous-munitions.


Rappelant que son pays était l’un des plus touchés par de telles armes, le délégué s’est félicité du nombre croissant de pays qui ont ratifié la Convention sur les armes à sous-munitions.  La République démocratique populaire lao s’est engagée à mettre en œuvre les dispositions de la Convention en détruisant ses stocks d’armes à sous-munitions, a déclaré le délégué.  En conclusion, il a exhorté les États Membres à faire montre de la volonté politique et de la flexibilité nécessaires au bon avancement de l’agenda mondial pour le désarmement.


M. JOSÉ ALBERTO BRIZ (Guatemala) s’est félicité du succès de la dernière Conférence d’examen du Programme d’action sur les armes légères et de petit calibre.  Le Programme d’action est une priorité pour le Guatemala, a affirmé le représentant.  Il a indiqué que le document issue de la dernière Conférence d’examen était équilibré et permettait de se tourner vers l’avenir.  Il a souligné toutefois que son pays aurait souhaité que certains éléments soient pris en compte dans le texte, notamment les munitions.  Le représentant a ensuite rappelé les effets dévastateurs de la circulation illicite des armes.  Pour le Guatemala, le traité sur le commerce des armes est un mécanisme important qui permettra de réduire le coût humain que pose la prolifération au plan mondial et l’absence d’accord en juillet dernier était regrettable.  C’est pourquoi, a-t-il dit, le Guatemala appuie l’initiative visant à convoquer une conférence finale en 2013 pour reprendre les travaux de juillet dernier, en vue de parvenir à un traité juridiquement contraignant avec des normes élevées pour le transfert d’armes classiques.


M. DER KOGDA (Burkina Faso) a soulevé la question des armes de destruction massive, qui, selon lui, constitue une menace permanente pour l’humanité d’autant plus que leur détention par des groupes non autorisés pouvait poser une sérieuse menace à la paix et la sécurité, soulignant ainsi l’impérieuse nécessité pour la communauté internationale d’unir ses forces pour y faire face.  La tenue des deux réunions de haut niveau à l’ONU, les 28 septembre et 1er octobre 2012, qui étaient respectivement consacrées au terrorisme nucléaire et aux armes chimiques, était la preuve que les dirigeants du monde avaient pris conscience du danger que ces armes représentaient, a-t-il lancé.  En ce qui concerne les armes nucléaires, le représentant s’est dit encouragé par les initiatives, prises notamment par les États-Unis et la Fédération de Russie, en vue de réduire leurs arsenaux nucléaires.  S’agissant des armes chimiques, il a noté des résultats encourageants avec, notamment, l’adhésion de 188 États parties et la destruction de stocks disponibles sous un contrôle international. 


Le représentant a estimé que la Conférence des Nations Unies pour traité sur le commerce des armes de juillet dernier a eu tout de même le mérite de donner aux divers acteurs l’opportunité de discuter et de reconnaître la nécessité d’encadrer le commerce des armes.  Il a émis l’espoir que ce traité pourra être adopté dans un futur proche.  Tout en soutenant le projet de résolution pour la convocation d’une nouvelle session en 2013, il a appelé à la responsabilité de tous les États pour qu’enfin cette nouvelle session soit couronnée de succès.  En outre, le Burkina Faso a estimé que des résultats tangibles concernant la paix et la sécurité étaient possibles uniquement si les cadres de négociation établis en matière de désarmement parvenaient à se réunir régulièrement, en invitant par conséquent, la Conférence du désarmement à sortir de sa léthargie.  Au sujet de la menace des armes de petit calibre qui figurent parmi les plus déstabilisatrices des États et notamment l’Afrique, il a salué l’adoption par l’ONU, en 2001, du Programme d’action en vue de lutter efficacement contre ce phénomène. 


M. MOLNAR (Hongrie) s’est dit très préoccupé par les ambitions d’un nombre croissant d’entités étatiques et non étatiques de se procurer des armes de destruction massive.  Il a salué la tenue, en mars dernier, du Sommet de Séoul sur la sécurité nucléaire et réitéré l’appel à une amélioration de la sécurité des équipements et matières nucléaires par les États qui en possèdent.  À cet égard, la Hongrie affiche sa disponibilité pour dispenser des programmes de formation dans le domaine de la protection physique des installations et matériaux nucléaires.  Il a par ailleurs regretté que certains États n’aient pas, à ce jour, signé le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires et a instamment invité ces États à adopter ce Traité sans conditions préalables.


M. Molnar a rappelé la préparation d’un projet de résolution reflétant les débats qui se sont tenus dans le cadre de la Conférence sur la Convention sur les armes biologiques à Genève en décembre dernier et invité les États parties à l’adopter par consensus.  Il a également salué le rôle crucial joué par la Convention sur l'interdiction des armes chimiques pour la sécurité et le désarmement, tout en regrettant la non-adoption d’un protocole additionnel à la Conférence des États parties chargée de l'examen de la Convention de 1980 sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques en ce qui concerne les armes dites à fragmentation.  Il a conclu en exprimant l’engagement de son pays, en tant qu’un des six coprésidents de la session de la Conférence du désarmement en 2013, à faire progresser la cause du désarmement international en étroite concertation avec les États Membres.


M. NURAN NIYAZALIEV (Kirghizistan) a indiqué que son pays attachait une importance particulière à l’entrée en vigueur du TICEN et appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Traité.  Estimant que la création de zones exemptes d’armes nucléaires (ZEAN) constitue « l’approche la plus prometteuse pour le désarmement et la non-prolifération », il s’est félicité de l’entrée en vigueur en 2009 du Traité instaurant une ZEAN en Asie centrale et a appelé à la création d’une zone similaire au Moyen-Orient, conformément au Programme d’action adopté à l’issu de la Conférence d’examen du TNP de 2010.


Le représentant a ensuite rappelé l’adhésion de son pays aux Conventions des Nations Unies interdisant les armes chimiques et biologiques.  Déplorant par ailleurs l’impasse qui demeure au sein de la Conférence du désarmement, il a appelé à la revitalisation de cet organe multilatéral de négociation.  Il appelé les États Membres à déployer de nouveaux efforts et faire preuve de volonté politique pour dépasser les blocages et avancer sur les différents points à son ordre du jour, en particulier les questions relatives à la définition d’un cadre sur la production de matières fissiles et aux garanties négatives de sécurité offertes aux États non dotés de l’arme nucléaire par les puissances nucléaires.


M. OWONO MENGUELE (Cameroun) a déclaré que le Traité sur la non-prolifération ne fournissait pas une réponse exhaustive à tous les défis que ces armes nucléaires suscitent.  Il a rappelé que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) n’était toujours pas entré en vigueur, que les négociations n’avaient toujours pas commencé aussi bien sur les matières fissiles que sur les garanties négatives de sécurité, que les processus multilatéraux de désarmement nucléaires étaient dans l’impasse, et que les mesures prises sur les plans unilatéral et bilatéral ne règlent pas de manière adéquate la question des matières fissiles et la poursuite du déploiement de milliers d’armes ou des programmes de modernisation de ces armes. 


Dans le domaine des armes classiques, les armes légères et de petit calibre, les mines antipersonnel, les armes à sous-munitions et les restes explosifs de guerre continuent de nourrir la violence armée, a expliqué le représentant.  L’échec de la Conférence diplomatique des Nations unies sur l’adoption d’un traité sur le commerce des armes n’arrange pas non plus les choses, a-t-il ajouté.  Avant de conclure, le représentant a jugé important de recourir aux approches transversales et de nouer davantage d’alliances interrégionales, tout en s’appuyant sur les dispositifs qui ont donné de bons résultats par le passé et d’opérer sur des perspectives globales à long terme, intégrant les intérêts sécuritaires nationaux dans un contexte plus large de sécurité et de stabilité.


M. EDUARDO ULIBARRI (Costa Rica) a réaffirmé le soutien de son pays en faveur du multilatéralisme, « principe fondamental de toute négociation mondiale ».  Il a ensuite insisté sur la mise en œuvre équilibrée des trois piliers du Traité sur la non-prolifération (TNP).  Déplorant l’impasse au sein de la Conférence du désarmement, il a reproché à des États Membres d’utiliser les règles de procédure pour bloquer ses travaux et défendu l’élargissement de la composition de cet organe.  Il a souligné que des pays comme le Costa Rica ne pouvaient pas y participer, en dépit du fait qu’ils ont atteint les objectifs d’un désarmement total.  Le représentant a ensuite défendu une réduction drastique des dépenses militaires mondiales qui ont dépassé les 11 milliards de dollars l’année dernière.  Il a appelé à investir ces sommes dans le développement, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, la construction des démocraties et le renforcement de l’état de droit.


Rappelant les conséquences dramatiques de la circulation des armes légères dans les Caraïbes, le représentant a salué les résultats positifs de la Conférence d’examen du Programme d'action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects, qui s’est tenue cet été, en estimant que la réaffirmation des engagements par les États Membres représentait « un progrès important ».  Enfin, revenant sur l’échec de la Conférence diplomatique de juillet pour un traité sur le commerce des armes, le représentant a indiqué que son pays allait déposer un projet de résolution pour convoquer une nouvelle conférence en mars 2013 qui tiendra ses travaux sur la base du « texte du 26 juillet ».


M. YUSRA KHAN (Indonésie) a rappelé qu’en l’absence de convention internationale d’interdiction des armes nucléaires, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires restait la pierre angulaire du régime de désarmement et de non-prolifération.  Il a toutefois déploré que les objectifs louables du Traité soient altérés par le manque d’engagement des puissances nucléaires vers une totale élimination de ces armes.


Estimant ensuite que les mécanismes du désarmement sont dans l’impasse, et qu’il existe un déficit de confiance et de volonté politique au sein de la communauté internationale, le représentant a appelé à dépasser ces écueils pour faire des progrès tangibles et lancer des discussions en vue d’une convention d’interdiction des armes nucléaires, parallèlement à des négociations sur un traité d’interdiction de la production de matières fissiles et sur les moyens d’empêcher un course aux armements dans l’espace.  Ces thèmes relèvent du mandat de la Conférence du désarmement, dont les travaux sont actuellement dans l’impasse en raison de divergences politiques.  C’est pourquoi, il a appelé à l’organisation d’une quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée à la revitalisation des travaux de cet organe.


Rappelant que la création de zones exemptes d’armes nucléaires (ZEAN) constitue des étapes importantes pour s’acheminer vers un monde dénucléarisé, le représentant a défendu la création d’une telle zone au Moyen-Orient, conformément au Plan d’action en 64 points adopté à l’issue de la Conférence d’examen du TNP de 2010.  Il a également appelé les puissances nucléaires à rejoindre le Protocole au Traité de Bangkok instaurant une ZEAN en Asie du Sud-Est, avant d’appeler les États qui ne l’ont pas fait à ratifier le TICEN pour permettre son entrée en vigueur.


Abordant ensuite la question des autres armes de destruction massive, le représentant a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur des conventions interdisant les armes chimiques et biologiques.  Il a appelé les États qui n’ont pas rejoint les deux instruments à le faire au plus vite.  Concluant enfin sur les armes conventionnelles, il a déploré l’échec de la Conférence diplomatique pour un traité sur le commerce des armes en juillet dernier.  Il s’est félicité, en revanche, des résultats de la Conférence d’examen du Programme d’action pour combattre les ALPC.


M. AL KABI (Qatar) a indiqué que l’échec des efforts internationaux à faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires témoignait de l’inefficacité du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.  Il a, en conséquence, exhorté les parties prenantes à participer à la Conférence pour l’établissement d’une zone exempte d’armes au Moyen-Orient qui doit se tenir à Helsinki, en Finlande, à la fin de cette année.  Rappelant que les dépenses militaires dans le monde avaient augmenté de 4,5% sur la période 2001-2009, M. Al Kabi a aussi souligné que la crise économique et financière n’avait pas incité les États à réduire leur budget militaire puisque 16 pays du G-20 ont augmenté leurs dépenses sur la période de 2008-2010.  Ces chiffres montrent clairement que l’engagement des États en faveur du désarmement ne s’est pas traduit en actes, a affirmé le délégué du Qatar.


Plaidant pour le renforcement du TNP, M. Al Kabi a souligné l’inaliénabilité du droit des États parties au Traité à développer leurs capacités nucléaires à des fins pacifiques, avant d’appeler à la résolution pacifique du contentieux relatif au programme nucléaire iranien.  Le délégué du Qatar a enfin détaillé les efforts de son pays dans la promotion du désarmement, en œuvrant notamment au renforcement de la coopération avec les organisations régionales, telles que la Ligue des États arabes et le Conseil de coopération du Golfe.  Ces organisations régionales jouent, a-t-il souligné, un important rôle d’appui aux Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.


M. MILORAD ŠĆEPANOVIĆ (Monténégro) s’est félicité de la première session du Comité préparatoire de la Conférence d’examen du TNP de 2015.  Un monde sans armes de destruction massive est encore très loin de nous, a-t-il dit.  Le représentant a ajouté que l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) devrait être une priorité.  Le Monténégro attend avec impatience la tenue de la Conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, prévue à Helsinki, en Finlande, en décembre prochain.  S’agissant de l’impasse de la Conférence du désarmement, le représentant a indiqué que son pays était très intéressé à l’idée d’un élargissement de sa composition.  On estime, aujourd’hui, à 2 000 personnes tuées par jour par les armes classiques, principalement les armes légères et de petit calibre (ALPC), s’est-il indigné.  C’est pourquoi, le Monténégro s’est joint à 90 pays pour dire qu’il faut achever les négociations sur le traité sur le commerce des armes.  Il ne faut pas perdre la dynamique actuelle pour parvenir à un traité fort, a-t-il conclu.


Droit de réponse


Le représentant de la République arabe syrienne, exerçant son droit de réponse, a rappelé que la Norvège avait fourni à Israël de « l’eau lourde » qui avait aidé ce pays à produire des armes nucléaires, ce qui avait par là même contribué à introduire des armes nucléaires au Moyen-Orient et à menacer l’équilibre et la sécurité des peuples de la région.  Pour la Syrie, le plus inquiétant est que la Norvège n’a pas appelé Israël à rejoindre le TNP en tant qu’État non doté de l’arme nucléaire, ni à placer ses installations nucléaires sous le régime d’inspection de l’AIEA.  Si la Norvège souhaite le succès de la Conférence de 2012 sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, il lui faut prendre en considération ces remarques, a conclu le représentant syrien.


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