10/10/2012
Communiqué de presse
AG/DSI/3455

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Première Commission

4e séance – matin


DEVANT LA PREMIÈRE COMMISSION, LES ÉTATS NON DOTÉS DE L’ARME NUCLÉAIRE

RAPPELLENT LES PUISSANCES NUCLÉAIRES À LEURS OBLIGATIONS


Les délégations appellent aussi à la revitalisation des travaux de la Conférence du désarmement


La Première Commission chargée des questions de désarmement et de sécurité internationale a poursuivi, ce matin, son débat général, en entendant les représentants d’une quinzaine d’États Membres.  Les efforts attendus pour renforcer le désarmement et les initiatives en faveur de la non-prolifération des armes nucléaires étaient au cœur de leurs interventions.


« Plus de 20 000 têtes nucléaires dans les arsenaux des États dotés de l’arme nucléaire, c’est non seulement inadmissible, mais cela devrait surtout être rejeté », a déclaré le représentant du Nigéria, en déplorant le manque de progrès dans le désarmement des puissances nucléaires, l’un des trois piliers du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  La non-prolifération et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques sont les deux autres principes fondamentaux du TNP.  Ce constat a été souligné par de nombreux États Membres ce matin, à l’instar de l’Argentine, de la Libye, de l’Algérie, du Lesotho, de l’Autriche ou du Brésil, dont la représentante a dénoncé « la persistance de tels stocks, 40 ans après l’entrée en vigueur du TNP et plus de 20 ans après la fin de la guerre froide ».


S’ils ont réitéré leur soutien total au TNP, qu’ils ont qualifié de « pierre angulaire du désarmement international », tous ces États Membres ont réclamé l’accélération des efforts pour parvenir à un démantèlement total, irréversible et transparent des arsenaux nucléaires.  Insistant en particulier sur la mise en œuvre réelle des Plans d’action adoptés à l’issue des Conférences d’examen du Traité de 1995 et de 2010, le Nigéria, le Soudan, l’Argentine, le Brésil, la République de Corée, le Liban, l’Algérie et la Libye ont fermement défendu la création des zones exemptes d’armes nucléaires (ZEAN) pour construire un monde dénucléarisé.  Rappelant les Traités de Tlatelolco, de Pelindaba et de Bangkok, qui ont respectivement créé les ZEAN d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, leurs représentants ont soutenu la tenue à Helsinki (Finlande) en décembre prochain, d’une conférence sur la création d’une telle zone au Moyen-Orient, conformément au Plan d’action de 2010.  Les représentants du Liban et du Soudan ont également appelé Israël à rejoindre le TNP.


Les délégations des États non dotés de l’arme nucléaire ont clairement indiqué qu’ils souhaitaient une universalisation plus rapide du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).  De nombreux intervenants ont appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Traité pour accélérer son entrée en vigueur.  La représentante des États-Unis a souligné que cet objectif était l’une des priorités de son gouvernement.


Lors de cette séance, un consensus semblait se dégager sur la nécessité de surmonter l’impasse dans laquelle se trouve actuellement la Conférence du désarmement.  Elle ne peut, depuis plusieurs années, démarrer ses travaux sur des questions aussi importantes que le désarmement nucléaire, la conclusion d’un traité interdisant la production de matières fissiles, les garanties négatives de sécurité offertes aux États non dotés de l’arme nucléaire par les puissances nucléaires, et la prévention d’une course à l’armement dans l’espace.


Face à ces blocages, la plupart des États Membres ont réaffirmé leur attachement à la Conférence du désarmement comme le seul organe multilatéral habilité à traiter de ces questions du désarmement.  Insistant avant tout sur l’importance d’encadrer les garanties négatives de sécurité par un traité, la représentante du Brésil a rejeté tout ultimatum à la Conférence du désarmement.  Le Nigéria et le Lesotho ont, pour leur part, proposé une réflexion sur l’élargissement de sa composition et la participation de la société civile à ses travaux.  L’Algérie, quant à elle, a défendu l’organisation d’une quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée à la revitalisation des travaux de la Conférence du désarmement.  Son représentant a également souhaité l’élaboration d’une convention d’interdiction des armes nucléaires.


De leur côté, les États-Unis ont proposé d’impliquer plus directement le Groupe P5 pour avancer au moins sur un traité interdisant la production de matières fissiles.  L’Autriche, a indiqué son représentant, appuiera, comme l’année dernière, une initiative invitant à trouver d’autres moyens de faire avancer les négociations multilatérales si les blocages persistent au sein de la Conférence du désarmement.


Au cours de cette séance, de nombreuses délégations ont également déploré l’échec de la Conférence diplomatique pour un traité sur le commerce des armes qui s’est tenue au Siège de l’ONU, en juillet dernier.  Aucune n’a remis toutefois en cause le principe de la reprise des négociations dès 2013, certains États appelant à profiter de cette occasion pour élargir et renforcer la version du texte, d’autres appuyant, au contraire, l’idée d’engager des discussions sur la base de cette dernière version.


La Commission poursuivra son débat général jeudi matin à partir de 10 heures, en salle de conférence 1.  


DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUS LES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR RELATIFS AU DÉSARMEMENT ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE


Déclarations


M. USMAN SARKI (Nigéria) s’est dit gravement préoccupé par le manque de progrès en matière de désarmement nucléaire.  Il a réaffirmé que l’élimination totale de ces armes devrait être l’objectif ultime de tout processus de désarmement au sein des Nations Unies.  Tout en saluant les résultats encourageants, en mai dernier, de la première session du Comité préparatoire à la Conférence d’examen du TNP de 2015, M. Sarki a appelé à poursuivre les efforts pour la mise en œuvre complète du plan d’action adopté lors des Conférence d’examen de 2010 et 1995, notamment pour ce qui a trait à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Le représentant a réitéré le soutien de son pays à l’élaboration d’un instrument juridique universel et contraignant qui établisse les garanties négatives de sécurité offertes aux États non dotés de l’arme nucléaire par les États qui en sont dotés.  Il a ensuite appelé les États qui ne l’ont pas fait à ratifier le TICEN pour assurer son entrée en vigueur.


Abordant ensuite l’impasse qui persiste au sein de la Conférence du désarmement et son incapacité, depuis de nombreuses années, à adopter et à mettre en œuvre un programme de travail, le représentant a rappelé que ce blocage entachait sérieusement la réputation et la crédibilité de cet organe multilatéral de négociations en matière de désarmement.  Appelant à une revitalisation urgente de la Conférence du désarmement, il a défendu, en particulier, l’élargissement de sa composition, en permettant à plus d’États Membres et de représentants de la société civile de participer à ses travaux, et un engagement politique plus forts des États Membres.  Enfin, M. Sarki a déploré l’échec de la Conférence pour un traité sur le commerce des armes, à New York en juillet dernier, alors même qu’il était soutenu par une large majorité de délégations.  « La règle du consensus ne doit pas être utilisée comme un droit de véto », a-t-il insisté, en souhaitant la reprise de discussions.    


M. CHRISTIAN STROHAL (Autriche) a déclaré qu’il était nécessaire de continuer à œuvrer en vue de parvenir à un monde sans armes nucléaires.  Il a ajouté que l’on assistait à des processus multilatéraux biaisés pour maintenir le statu quo, ce qui conduit, a-t-il regretté, à une érosion croissante des cadres existants.  Le représentant a ensuite fait état de frustrations largement partagées par de nombreuses délégations, avant d’évoquer les nombreux efforts pour surmonter la paralysie des travaux au sein de la Conférence du désarmement.  L’Autriche est convaincue qu’il faudrait adopter des approches novatrices pour régler cette question urgente.  À cet égard, le représentant a indiqué que l’Autriche travaillerait, une nouvelle fois cette année, à un projet de résolution visant à redonner une dynamique au désarmement multilatéral.  Enfin, le représentant a évoqué le Code de conduite de La Haye contre la prolifération des missiles balistiques, tout en se félicitant que cet instrument ait pu permettre d’instaurer la confiance.


Mme ROSE E. GOTTEMOELLER (États-Unis) a insisté sur la nécessité de soutenir le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui est au cœur du régime de non-prolifération et de mettre en œuvre le plan d’action issu de la Conférence d’examen de 2010 afin d’encourager de nouveaux progrès vers le désarmement nucléaire.  Elle a rappelé les efforts entrepris par son pays en matière de désarmement, à travers le Traité START 2, qui est entré en vigueur l’année dernière et qui prévoit de nouvelles réductions des arsenaux américain et russe.  Concernant les autres efforts déployés par son pays dans le cadre multilatéral, la représentante a rappelé le soutien des États-Unis à la création de zones exemptes d’armes nucléaires (ZEAN), notamment celle en Mongolie, en Asie du Sud-Est et en Asie centrale.  Elle s’est félicitée également de l’entrée en vigueur du Protocole additionnel de l’AIEA devenu, selon elle, la référence internationale en termes de garantie.


La représentante s’est ensuite inquiétée de l’action de l’Iran, de la Syrie et de la République populaire démocratique de Corée qui ont agi, a-t-elle dit, en violation de leurs obligations internationales, n’ont pas pris les mesures nécessaires pour rectifier ces violations et qui continuent, par conséquent, de menacer la stabilité et la paix internationales et de saper la confiance dans le régime de non-prolifération.  Mme Gottemoeller est ensuite revenue sur l’échec de la Conférence pour un traité sur le commerce des armes en juillet dernier.  Elle a indiqué que son pays était engagé dans l’amélioration du projet de texte et soutenait la convocation en 2013 d’une conférence brève pour achever les discussions et parvenir de manière consensuelle à l’adoption d’un traité.  Elle a rappelé également que l’entrée en vigueur du TICEN était au centre des priorités de son pays.  Elle a insisté aussi sur la nécessité d’avancer dans l’élaboration d’un traité d’interdiction de la production de matières fissiles, en invitant les États Membres et ceux du Groupe P5 à travailler pour faire sortir la Conférence du désarmement de l’impasse.


M. KIM SOOK (République de Corée) a indiqué que tous les États parties au TNP ont le droit d’accéder à l’énergie nucléaire à condition qu’ils se limitent à l’utiliser à des fins pacifiques.  Le règlement pacifique et rapide de la question nucléaire iranienne est important pour la stabilité au Moyen-Orient, a-t-il expliqué.  Le représentant a émis l’espoir que la conférence prévue en Finlande sur une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient sera un succès, a-t-il ajouté.  La République de Corée se félicite des accomplissements les plus récents sur le TICEN.  Il a estimé toutefois que la mise en œuvre de ce Traité ne sera effective que lorsqu’il sera ratifié par le plus grand nombre d’États.  En attendant l’entrée en vigueur du texte, il faut continuer à travailler aux questions à l’ordre du jour de la Conférence du désarmement, notamment un traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles, a-t-il insisté.  Le représentant a ensuite rappelé que la République populaire démocratique de Corée (RPDC), en lançant un missile de longue portée, en avril dernier, avait clairement agi en violation de la résolution 1874 du Conseil de sécurité, interdisant tout lancement de missiles balistiques.  En réponse à cette provocation, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait réaffirmé, par le biais d’une déclaration présidentielle ferme et résolue, que la communauté internationale ne tolérera pas la poursuite des programmes nucléaires et de missiles de la RPDC, a ajouté le représentant de la République de Corée. 


La RPDC, qui avait récemment exprimé son intention d’étendre ses capacités nucléaires, avait agi comme un État doté de l’arme nucléaire, s’est indigné le représentant de la République de Corée.  Pour y faire face, la communauté internationale, lors de la Conférence générale de l’AIEA, avait envoyé un message uni et résolu le mois dernier, en adoptant une résolution unanime dans laquelle il a été réaffirmé que la RPDC ne pouvait avoir le statut d’État doté de l’arme nucléaire conformément au TNP, comme le soulignent clairement le Document final de la Conférence d’examen de 2010 ainsi que les résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité, a poursuivi le représentant.  La RPDC doit respecter ses engagements internationaux et ses obligations en vertu des résolutions du Conseil de sécurité et la déclaration conjointe du 19 septembre dernier des Pourparlers à Six.  « Nous exhortons la RDPC à cesser immédiatement toutes ses activités nucléaires et à prendre des mesures concrètes destinées à la dénucléarisation », a-t-il insisté avant de conclure.


M. ABDURRAHMAN M. SHALGHAM (Libye) se ralliant aux déclarations faites au nom du Mouvement des pays non alignés, du Groupe des États arabes et du Groupe des États d’Afrique, a rappelé l’engagement de son pays dans l’élimination totale des armes de destruction massive.  Abordant la question de la circulation d’armes dans différentes régions de son pays après la guerre qui avait entraîné l’effondrement du régime, il a indiqué que son gouvernement actuel avait lancé un vaste programme de démobilisation et de désarmement des groupes armés.  Il a précisé que son gouvernement criminalisait le port d’armes sans permis et travaillait à renforcer l’autorité de l’État sur tout le territoire.


Évoquant ensuite les stocks d’armes non conventionnelles, le représentant a précisé que les autorités libyennes avaient entrepris de les sceller dans des zones sûres, sous la surveillance de l’État et en toute transparence à l’égard des instituions internationales chargées de leur contrôle.  Il a ensuite appelé les États dotés d’armes nucléaires à poursuivre leurs efforts de désarmement prévu par le TNP, en réclamant aussi la mise en œuvre des plans d’action adoptés lors des Conférences d’examen du TNP de 2010 et 1995, en particulier pour ce qui a trait à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Il a réaffirmé l’importance de la tenue d’une conférence sur cette question, en Finlande, en décembre prochain, comme prévu lors des dernières conférences d’examen du TNP.  Concluant sur la question de la circulation des armes légères, le représentant de la Libye a réitéré le plein appui de son pays au Programme d’action pour combattre le trafic illicite des armes légères et de petit calibre.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a rappelé que le désarmement nucléaire restait la priorité principale de son pays.  Elle a qualifié d’inadmissible le fait que 40 ans après l’entrée en vigueur du TNP et plus de 20 ans après la fin de la guerre froide, des milliers de têtes nucléaires existent encore et sont même, aujourd’hui, plus sophistiquées.  Dans ce contexte, elle a appelé les pays du Groupe P5 à prendre des mesures permettant d’avancer vers un démantèlement total, irréversible et transparent de leurs arsenaux nucléaires.  Il est important, a-t-elle souligné que les États non dotés de l’arme nucléaire, qui renoncent à son utilisation, obtiennent des garanties fermes.  Elle a également insisté sur la mise en œuvre d’un instrument juridique international contraignant pour organiser les garanties données par les États dotés de l’arme nucléaire de ne pas utiliser ces armes ou menacer de les utiliser.


Citant l’exemple de l’Amérique latine, la représentante a insisté ensuite sur l’importance centrale des zones exempte d’armes nucléaires (ZEAN) dans la non-prolifération nucléaire.  Elle a appelé à mettre en œuvre les plans d’action adoptés lors des conférences d’examen de 1995 et de 2010, notamment pour ce qui a trait à la création d’une telle zone au Moyen-Orient, qui fera l’objet d’une conférence en décembre prochain, en Finlande.  Elle a également souligné le rôle clef de l’AIEA comme instance multilatérale pour la négociation des questions liées à la sécurité nucléaire et l’établissement de critères et de régulation dans ce domaine.  Elle a aussi appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le TICEN afin de permettre son entrée en vigueur le plus tôt possible.  Tout en apportant son soutien au principe d’un traité encadrant la production de matières fissiles, elle a estimé que les discussions devraient prendre en compte les stocks de matières fissiles déjà existants et s’inscrire dans une négociation plus vaste en vue de la création d’une convention sur les armes nucléaires.


Cette question étant à l’origine de l’impasse actuelle au sein de la Conférence du désarmement, elle a rejeté l’idée d’imposer un ultimatum à cet organe et soutenu l’organisation d’une quatrième session de l’Assemblée générale sur le désarmement.


En conclusion, la représentante a rappelé le soutien du Brésil aux Conventions des Nations Unies sur l’interdiction des armes chimiques et des armes biologiques.  Elle a également déploré l’échec de la Conférence pour un traité sur le commerce des armes, qui s’était tenue à New York en juillet dernier, en soutenant les initiatives prises devant la Première Commission pour reprendre les discussions dans un délai bref et parvenir à un texte robuste et équilibré.


M. DAFFA-ALLA ELHAG ALI OSMAN (Soudan) a souligné l’importance de la participation de tous les États du Moyen-Orient à la Conférence de Finlande, conformément au plan d’action du Document final de la Conférence d’examen de 2010.  Le Soudan appelle à des mécanismes concrets de mise en œuvre et de suivi clairs pour faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires et d’armes de destruction massive.  Le Soudan appelle Israël à rejoindre le Traité de non-prolifération.  Le représentant a ensuite rappelé que le Soudan était un partenaire efficace dans les efforts internationaux de désarmement, et qu’il avait pris des mesures en faveur de l’adoption du Traité de Pelindaba visant à faire de l’Afrique une zone exempte d’armes nucléaires.  Le représentant a également rappelé que son pays s’était rallié au TICEN en 2004.  S’agissant de la question des armes légères et de petit calibre, il a fait remarquer que le Soudan était, comme beaucoup d’autres pays, victime du trafic de ces armes.  Il a aussi évoqué les efforts nationaux menés au Soudan par le biais du Bureau national de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre.  Le Soudan, a-t-il ajouté, a accueilli un atelier régional de travail pour lutter contre la prolifération des ALPC.


M. MATEO ESTREME (Argentine) a expliqué que son pays avait été l’un des premiers d’Amérique latine à faire fonctionner une centrale nucléaire.  Depuis six ans, l’Argentine développe des activités nucléaires pacifiques et a d’ailleurs, depuis, construit une troisième centrale sur son territoire.  C’est la raison pour laquelle ce pays accorde une grande importance à une gestion sûre et responsable des matériaux et des équipements nucléaires, a souligné son représentant, qui s’est par ailleurs félicité de la tenue, à Séoul, en mars dernier, du Sommet sur la sécurité nucléaire.  Il a également précisé que l’Argentine attachait une grande importance à la coopération internationale en matière d’applications pacifiques de l’énergie nucléaire et qu’elle poursuivrait sa coopération bilatérale avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) afin de partager l’expertise acquise dans ce domaine.


En matière de non-prolifération, le représentant a estimé que l’arsenal que possèdent les États dotés de l’arme nucléaire constituait l’une des plus grandes menaces à la sécurité collective.  Il a appelé les pays qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), en particulier ceux qui figurent dans l’annexe 2.  Pour l’Argentine, il est également urgent que la Conférence du désarmement réaffirme son rôle en matière de négociation et parvienne à la conclusion d’un traité interdisant la production de matières fissiles, ainsi qu’à la conclusion d’un instrument permettant d’offrir des garanties négatives de sécurité.  « Une volonté politique renouvelée sera nécessaire pour réaliser des progrès concrets », a-t-il estimé.  Dans le domaine des armes classiques, le représentant a réitéré la nécessité de disposer d’un instrument international visant à prévenir le transfert de ces armes à des groupes criminels, à des terroristes, ou en vue de commettre des actes contraires au droit international humanitaire.  Il a précisé que sa délégation présenterait à nouveau, cette année, un projet de résolution ayant trait à « l’information sur les mesures de confiance dans le domaine des armes classiques ».


M. MAFIROANE E. MOTANYANE (Lesotho) a rappelé que la simple possession d’armes nucléaires ou de destruction massive flouait non seulement la Charte de l’ONU mais exacerbait également les tensions, les conflits et les disputes internationales.  « La paix dans le monde ne sera garantie qu’à l’élimination complète de ces armes », a-t-il déclaré, avant d’appeler à une mise en œuvre complète et effective du TNP et du Plan d’action adopté à l’issue de la Conférence d’examen du traité de 2010, tout particulièrement pour ce qui a trait à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient à laquelle son pays apporte un soutien total.  L’autre étape incontournable du désarmement et de la non-prolifération, a-t-il dit, est l’universalisation du TICEN.  C’est pourquoi, le représentant a encouragé tous les États qui ne l’ont pas fait, à ratifier cet instrument pour assurer son entrée en vigueur.


Abordant ensuite la question de l’impasse au sein de la Conférence du désarmement, le représentant a estimé qu’elle était le cadre multilatéral exclusif pour les négociations dans le domaine du désarmement.  Il a cependant soutenu l’idée de créer un groupe d’experts de haut niveau chargé de se pencher sur les moyens de dépasser les blocages qui paralysent les travaux de la Conférence du désarmement depuis une décennie.  Il a également défendu l’élargissement de sa composition, qui permettrait également une représentation de la société civile.


S’exprimant ensuite sur le problème endémique de la circulation illicite des armes légères et de petit calibre, le représentant a rappelé qu’elles alimentaient les conflits et le trafic de drogues et étaient responsables de la mort quotidienne d’innocents.  Dans ce contexte, il a salué les résultats positifs de la Conférence d’examen du programme d’action pour combattre le trafic illicite des ALPC qui s’est tenue à New York l’été dernier, tout en regrettant l’échec de la Conférence pour un traité sur le commerce des armes, juste quelques semaines auparavant.  Qualifiant cet échec « d’énorme pas en arrière dans le désarmement », le représentant a toutefois estimé que « tout n’est pas perdu ».  Il a souhaité que la reprise de discussions rapides permette de négocier un texte meilleur et plus robuste encore.


M. PHAM VINH QUANG (Viet Nam) a indiqué que son pays attendait toujours des résultats concrets sur les questions centrales à l’agenda du désarmement.  Son pays, a-t-il rappelé, a accédé à tous les traités ou conventions sur les armes de destruction massive.  Il a indiqué que les priorités principales étaient cependant le désarmement et la non-prolifération nucléaire, dont la pierre angulaire est le TNP.  Dans ce contexte, le représentant a appelé à la mise en œuvre effective des 64 points du Plan d’action adopté lors de la Conférence d’examen de 2010, notamment pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient et le renforcement du rôle de l’AIEA.


Insistant aussi sur l’importance des zones dénucléarisées dans les efforts mondiaux de non-prolifération, le représentant du Viet Nam a salué la création d’une ZEAN en Mongolie, défendu aussi la tenue d’une conférence sur la mise en place d’une ZEAN au Moyen-Orient cette année et appelé, enfin, les États dotés de l’arme nucléaire du Groupe P5, à poursuivre les discussions en vue d’adhérer aux Protocoles du Traité de Bangkok instaurant une ZEAN en Asie du Sud-Est.  Il a également appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le TICEN pour permettre son entrée en vigueur.  Le représentant a déploré l’impasse dans laquelle se trouve la Conférence du désarmement qui, a-t-il dit, empêche le lancement des négociations sur un traité encadrant la production de matières fissiles.  Il a cependant réitéré son soutien à cet organe, seule instance multilatérale de négociations du désarmement.


Mme MAYA DAGHER (Liban), a déclaré qu’il faudrait réduire les armements et se débarrasser complètement des armes nucléaires et des armes de destruction massive.  Le Liban appelle à la mise en œuvre de la résolution de 1995 qui prévoit la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’armes de destruction massive au Moyen-Orient.  La représentante a insisté sur la nécessité de faire participer toutes les parties concernées à la Conférence d’Helsinki qui, a-t-elle souhaité, doit respecter la date prévue.  Elle a demandé qu’Israël rejoigne le TNP.  Elle a affirmé que l’éradication totale des armes nucléaires était la seule garantie pour réaliser la paix et la stabilité non seulement dans la région, mais également dans le monde.  Rappelant le droit des pays à la légitime défense, elle a indiqué que le Liban était favorable à un traité international pour contrôler le trafic des armes.  À cet égard, elle a regretté qu’il n’ait pas été possible de parvenir à un consensus en juillet dernier.  Rappelant l’agression israélienne de 2006 contre son pays, la représentante a insisté pour qu’Israël soit tenu à une réparation des dommages causés au Liban.  « Nous appelons la communauté internationale à faire pression sur Israël pour obtenir la carte des mines », a-t-elle ajouté.


Mme MARIA VICTORIA GONZÁLEZ ROMÁN (Espagne) a rappelé qu’un multilatéralisme efficace, la prévention et la coopération internationale, de même que la confiance et la transparence, étaient des éléments clefs de la stratégie des Nations Unies contre la prolifération des armes de destruction massive, que l’Espagne soutient.


L’Espagne soutient l’application de la résolution de 1995 sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et appuie les efforts du facilitateur, a ajouté la représentante.  Elle a ensuite réaffirmé l’appui de son pays à la règle du consensus sur les questions de désarmement et de non-prolifération, tout en soulignant qu’elle ne devait pas se traduire par un droit de veto.  Elle a appelé tous les États qui n’ont pas encore adhéré au TICEN à le faire.  la représentante a ensuite rappelé que son pays était en faveur de l’universalisation de la Convention des Nations Unies sur les armes chimiques.  Elle a enfin indiqué que l’Espagne était fermement attachée à la négociation d’un traité sur le commerce des armes.


M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a rappelé l’engagement de son pays en faveur du multilatéralisme pour toutes les questions liées au désarmement et à la non-prolifération.  Il a ajouté que le désarmement nucléaire restait la priorité principale de l’Algérie et a appelé les États qui ne l’ont pas encore fait, à ratifier le TNP, pierre angulaire du désarmement, pour assurer son universalisation.  Il a également souligné l’importance d’œuvrer en faveur de l’entrée en vigueur du TICEN.  Il a insisté enfin sur la nécessité de lancer des négociations pour mettre en place, d’une part, un traité juridiquement contraignant sur les assurances négatives offertes aux États non dotés par les Etats dotés et, d’autre part, une convention d’interdiction des armes nucléaires.


Après avoir rappelé l’attachement de son pays au droit légitime des États de développer et d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et dans le cadre du régime de non-prolifération prévu par le TNP, le représentant a défendu la création des zones exemptes d’armes nucléaires (ZEAN), à l’instar de celle mise en place en Afrique par le Traité de Pelindaba.  Dans ce contexte, il a défendu la création d’une telle zone au Moyen-Orient, conformément au plan d’action adopté à l’issue des Conférences d’examen du TNP de 1995 et 2010.  Il a ainsi demandé que tous les efforts soient déployés pour permettre l’organisation de la Conférence d’Helsinki, en Finlande, prévue cette année à cet effet.


L’impasse au sein de la Conférence du désarmement, a estimé le représentant, résulte d’un manque de volonté politique de certains États Membres.  M. Benmehidi a précisé qu’en dépit des blocages qui persistent, la Conférence du désarmement reste l’organe multilatéral de négociations en matière de désarmement et ne saurait donc être remplacée par une autre instance des Nations Unies.  Pour dépasser l’impasse qui persiste, il a soutenu la proposition consistant à convoquer une quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée au désarmement et à la revitalisation des mécanismes existants.


Le représentant a fait part, enfin, de la déception de son pays après l’échec de la Conférence pour un traité sur le commerce des armes en juillet dernier.  Il a souhaité la tenue d’une session courte en 2013 pour finaliser l’élaboration d’un traité qui, a-t-il dit, renforcera l’architecture des institutions du désarmement.  Il a salué toutefois les résultats positifs de la Conférence d’examen du Programme d’action pour combattre le trafic illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC), qui s’est également tenue cette année, en rappelant la menace qu’elles font peser sur la paix et la stabilité de nombreux pays et régions comme le Sahel où elles alimentent le terrorisme et la criminalité organisée.


M.OLEKSANDR SENCHENKO (Ukraine) a considéré que les deux Sommets sur la sécurité nucléaire, organisés en 2010 à Washington, puis en 2012 à Séoul, avaient constitué des étapes importantes en vue de parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires.  Il a fait remarquer que pour contribuer à la réalisation de cet objectif, l’Ukraine avait également participé à l’organisation, en 2011, du Sommet sur l’utilisation sûre et innovante de l’énergie nucléaire.  En outre, l’Ukraine s’est engagée, dès 2010, à se défaire de ses stocks d’uranium hautement enrichi, a-t-il souligné.  Le représentant a ensuite rappelé l’existence d’une Déclaration conjointe Ukraine-Mexique-Chili sur l’utilisation novatrice et sûre de l’énergie nucléaire, en vue de contribuer, a-t-il dit, à réduire les risques d’utilisation de l’uranium hautement enrichi. 


« Cette Déclaration est ouverte à signature et d’autres États Membres peuvent nous rejoindre dans cet engagement », a-t-il assuré.  Le TNP, a réaffirmé le représentant de l’Ukraine, demeure la pierre angulaire du régime de non-prolifération que les États Membres devraient renforcer en œuvrant en faveur de l’universalisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).  Il a également engagé la communauté internationale à progresser dans l’élaboration d’un traité interdisant la production de matières fissiles.  L’Ukraine réaffirme, a-t-il dit, son ferme appui à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).


Droits de réponse


Exerçant son droit de réponse, le représentant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a rejeté « la déclaration provocatrice de la République de Corée sur les questions nucléaires et la présence de missiles sur la péninsule de Corée ».  Il a indiqué que l’origine de cette situation résidait « dans le déploiement par les États-Unis d’armes nucléaires sur la péninsule ».  La position de la RPDC est donc « le produit des politiques hostiles à son égard ».


Le représentant a également rejeté les déclarations selon lesquelles la RPDC avait lancé, en avril dernier, un missile, en précisant qu’il s’agissait « du lancement, en toute transparence, d’un satellite ».  « C’était un acte pacifique et non belliqueux », a-t-il précisé.  Il a ensuite rappelé que la RPDC s’était retirée du TNP et possédait, à l’heure actuelle, des armes nucléaires « pour se protéger des États Unis ».  « Tant que les menaces nucléaires américaines persisteront, nous renforcerons notre arsenal de dissuasion », a-t-il assuré.


Répondant aux États-Unis qui ont accusé la Syrie d’agir en violation du TNP, le représentant de la République arabe syrienne a rappelé que son pays était devenu partie au TNP en 1968, juste un mois après l’ouverture du Traité à la signature par les trois États dépositaires du Traité, dont les États-Unis.  La représentante des États-Unis s’est contredite car elle ignorait le fait que son pays avait assisté à l’adhésion de la Syrie au TNP, a-t-il fait remarquer.  Le représentant a ensuite rappelé que son pays avait participé activement aux travaux des Conférences d’examen du TNP de 1995 et de 2010, en précisant que, dans chaque cas, son pays avait soutenu vigoureusement la tenue d’une conférence sur le Moyen-Orient. 


Les États-Unis sont la principale partie au TNP qui agit en violation de cet instrument, a-t-il insisté.  Le déploiement des armes nucléaires américaines, qui sont déployées hors des frontières des États-Unis, dans 8 pays précisément, constitue une violation flagrante du TNP, de même que la coopération scientifique et nucléaire des États-Unis avec Israël, a dénoncé le représentant syrien.  Enfin, il a rappelé que les États-Unis, après avoir envahi et détruit l’Iraq, avaient déclaré plus tard, par la voix de leur Secrétaire d’ État Colin Powell, que les informations concernant la possession d’armes de destruction massive par l’Iraq étaient fallacieuses.  Aujourd’hui, les États-Unis s’appuient sur une campagne contre les armes chimiques pour attaquer la Syrie, qui n’est autre que la même campagne lancée contre l’Iraq, a-t-il fait remarquer.


Le représentant de la République de Corée a qualifié les déclarations du représentant de la RPDC de « ridicules et sans aucun fondement ».  Il a dénoncé « les arguments creux » utilisés par la RPDC en prétendant que son programme nucléaire était une réaction à l’hostilité des États-Unis.  Il a exhorté la RPDC « à respecter les résolutions du Conseil de sécurité ».  « Le programme d’enrichissement d’uranium est une violation des résolutions des Nations Unies », a-t-il poursuivi, en ajoutant que « le droit à l’usage de l’énergie nucléaire à des fins pacifique était valable pour les États parties au TNP, alors que la RPDC avait dénoncé le TNP ».  « Elle a l’obligation d’abandonner toutes ses armes et ses programmes, dont celui de l’enrichissement d’uranium », a-t-il encore insisté, en soulignant que le représentant de la RPDC avait annoncé lui-même publiquement « son statut d’État doté (de l’arme nucléaire) » et annoncé « son intention de renforcer son arsenal ».  Il a conclu en conseillant à la RPDC de « quitter l’ONU puisqu’elle ne respecte pas le TNP et agit en violation de toutes ses résolutions ».


Reprenant la parole, le représentant de la RPDC a indiqué que son homologue de République de Corée n’était pas « en mesure de parler de la question nucléaire sur la péninsule car la République de Corée n’a pas d’autorité sur cette question qui, a-t-il rappelé, est entre les mains de son « maître », les États-Unis.  « C’est la Corée du Sud qui devrait quitter l’ONU », a-t-il rétorqué.


Intervenant une nouvelle fois, le représentant la République de Corée a indiqué qu’il n’avait « aucune intention de réagir à ces remarques absurdes ».  « La Corée du Nord, a-t-il dit, s’est engagée dans de nombreuses provocations et actes de terreur au cours de ces dernières décennies » a-t-il dit.  « Mettez fin à la rhétorique et aux provocations et rejoignez à nouveau le TNP.  Respectez vos obligations, vous êtes le seul pays au monde à disposer de tous les types d’armes de destruction massive », a-t-il conclu.


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