04/09/2012
Assemblée générale
AG/11268

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Assemblée générale                                        

Soixante-sixième session                                   

126e séance plénière

Après-midi


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: BAN KI-MOON APPELLE À L’UNITÉ DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

POUR RÉSOUDRE UNE CRISE SYRIENNE QUI GAGNE EN COMPLEXITÉ


Le Secrétaire général des Nations Unies a appelé aujourd’hui la communauté internationale à s’unir pour résoudre une crise de plus en plus complexe en Syrie.  Un mois après l’adoption par l’Assemblée générale –par 133 voix contre 12- d’une résolution1condamnant les violations des droits de l’homme commises par les autorités syriennes, M. Ban Ki-moon et le Président de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, ont reconnu les défis qui attendent le nouveau Représentant spécial conjoint de la Ligue des États arabes et de l’ONU, M. Lakhdar Brahimi. 


Le Secrétaire général a jugé la tâche « difficile mais pas insurmontable ».  De retour du seizième Sommet du Mouvement des non-alignés en Iran, il a souligné le rôle clef des leaders régionaux, avant d’indiquer que des initiatives ont été avancées en Iran et que d’autres pointent à l’horizon.  Mais ce qui manque c’est « l’unité », a prévenu M. Ban Ki-moon. 


Le représentant iranien a dit la volonté de son pays d’accueillir des pourparlers entre les représentants du Gouvernement syrien et ceux de l’opposition.  « Solliciter l’avis du régime iranien revient à demander à la mafia de contribuer à une enquête de la police », a rétorqué le représentant d’Israël qui a déclaré: « les gardes révolutionnaires iraniens sont déployés en Syrie pour y appuyer les exactions du Gouvernement syrien ». 


Son homologue de la Syrie a fustigé un régime sioniste donneur de leçons alors qu’il occupe illégalement le Golan syrien et le Territoire palestinien.  Il a exhorté toutes les parties qui ont une influence sur les groupes armés en Syrie à coopérer avec le nouveau Représentant spécial conjoint.


La nomination de M. Lakhdar Brahimi, le 17 août dernier, a été saluée par toutes les délégations.  Le Représentant spécial a prévenu que l’appui de la communauté internationale ne sera efficace que si tout le monde regarde dans la même direction.


« Face au manque d’unité du Conseil de sécurité, il est de plus en plus nécessaire que l’Assemblée générale prenne toutes les mesures nécessaires pour promouvoir la paix et la sécurité en Syrie », a renchéri le Président de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser. 


Cinq jours après la réunion ministérielle du Conseil de sécurité2 sur la situation humanitaire en Syrie, le Secrétaire général et le Président de l’Assemblée générale ont à nouveau exhorté le Gouvernement syrien et l’opposition armée à cesser toutes opérations militaires, à engager le dialogue, à protéger les civils et à respecter toutes leurs obligations en vertu du droit international humanitaire. 


Le Secrétaire général a souligné la nécessité de créer un Bureau de liaison à Damas pour appuyer les efforts du Représentant spécial conjoint maintenant que la Mission d’observation de l’ONU (MINUSS) se retire.


La situation s’aggrave, a-t-il rappelé.  Quelque 2,5 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire en Syrie, 1,2 million sont déplacées et 225 000 ont trouvé refuge en Turquie, en Jordanie, au Liban et en Iraq.  Les agences humanitaires doivent pouvoir renforcer leur présence, a prévenu le Secrétaire général, en ajoutant que sur les 180 millions de dollars demandés pour l’assistance, seuls 50% ont été déboursés.


Ont également pris la parole cet après-midi, les représentants du Brésil, de l’Inde, de l’Algérie et du Pakistan.  La République arabe syrienne et Israël ont exercé leur droit de réponse.


Au cours de cette séance, l’Assemblée générale a aussi pris note du fait que le Yémen s’est acquitté d’une partie de ses arriérés de contribution.  L’Assemblée a également noté l’élection des présidents et membres des bureaux de ses six grandes commissions.


Elle a approuvé la décision de la Pologne de céder à la Croatie, son siège à la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international3 (CNUDCI).


La prochaine réunion de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal de l’ONU.


1   AG /11266

2   CS/10752

3   A/66/873



PRÉVENTION DES CONFLITS ARMÉS1: RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL (A/66/889)


Rapport du Secrétaire général sur l’application de la résolution 66/253 B de l’Assemblée générale sur la situation en République arabe syrienne (A/66/889)


Le Secrétaire général, dans ce rapport, fait le point sur les progrès réalisés en Syrie pendant la période du 3 au 17 août dans la mise en œuvre de la résolution 66/253 B de l’Assemblée générale.  Il explique que la situation générale a continué de se détériorer, la ville d’Alep ayant été le théâtre des combats les plus violents à ce jour.  De violents affrontements ont continué d’opposer le Gouvernement syrien et des éléments de l’opposition armée.


Le Secrétaire général constate que le Gouvernement est resté convaincu de sa capacité de l’emporter militairement sur l’opposition et a refusé d’ouvrir un dialogue politique ou d’avancer dans la mise en œuvre promise du plan en six points à moins que l’opposition ne dépose les armes.  L’opposition armée est pour sa part restée persuadée qu’elle réussirait à renverser le régime par les armes et a rejeté les conditions posées par le Gouvernement pour entamer un dialogue.


Il note que des éléments armés de l’opposition ont attaqué Alep et Damas, tandis que les forces gouvernementales ont continué d’utiliser des armes lourdes contre des agglomérations.  Le Gouvernement et les groupes d’opposition ont continué de commettre de graves violations des droits de l’homme, constate Ban Ki-moon.


Sur le plan diplomatique, il rappelle que la communauté internationale est restée divisée et que ses efforts ont continué de manquer de cohérence.  Quelques tentatives ont néanmoins été entreprises ces dernières semaines pour régler le conflit.  Le 9 août, le Gouvernement iranien a tenu une réunion à laquelle ont assisté 30 pays et, les 14 et 15 août, l’Arabie saoudite a accueilli un sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).


Le Secrétaire général indique qu’il a continué d’engager les États Membres et les organisations régionales à appuyer les efforts déployés par le Représentant spécial conjoint de la Ligue des États arabes et de l’ONU en Syrie pour trouver une solution politique à la crise syrienne.  Dans le même temps, le Bureau du Représentant spécial et la Mission de supervision des Nations Unies en République arabe syrienne (MISNUS) ont poursuivi les consultations engagées avec le Gouvernement syrien et l’opposition.


Il évoque ensuite les tentatives des groupes de l’opposition politique et armée pour établir un plan de transition pour la Syrie, ainsi que celle du Gouvernement syrien d’amorcer un processus politique en nommant un ministre de la réconciliation nationale chargé de servir d’interlocuteur, lequel n’a toutefois pas été accepté par l’ensemble des groupes d’opposition.


M. Ban se dit particulièrement préoccupé par les informations selon lesquelles des tierces parties favorisent l’usage de la violence tant par le Gouvernement que par l’opposition.  Des livraisons d’armes auraient été effectuées au mépris des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.


La période considérée a été marquée par la poursuite sans relâche des opérations militaires au sol lancées à Alep et des bombardements ont été observés dans d’autres régions à intervalles réguliers, ce qui n’augure pas de la cessation durable de l’emploi d’armes lourdes.  L’opposition armée a continué d’utiliser des engins explosifs improvisés, notamment dans l’attaque présumée contre les locaux d’une chaîne de télévision syrienne à Damas le 6 août et dans l’explosion qui s’est produite le 15 août dans une installation militaire proche du siège de la MISNUS, que l’opposition a revendiquée.


Le Secrétaire général indique qu’il a écrit au Président Assad le 27 juillet pour lui faire part de ses propres graves préoccupations et l’exhorter à ne pas recourir aux armes chimiques et biologiques quelles que soient les circonstances.  Dans sa réponse, le Vice-Premier Ministre syrien a informé que la Syrie était partie au Protocole de Genève du 17 juin 1925 concernant la prohibition d’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques et en respectait les dispositions.


Il est également préoccupé par le risque que le conflit déstabilise les voisins de la Syrie.  À cet égard, des informations alarmantes faisant état de prises d’otages et d’enlèvements en représailles commis en Syrie et au Liban ont exacerbé les tensions sociales et régionales.  Il rappelle aussi ses préoccupations face à la contrebande d’armes qui sévit à travers la frontière libano-syrienne.


Plus de 2,5 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire en Syrie, dont 1,2 million de déplacés.  Au 17 août, plus de 170 000 réfugiés étaient immatriculés, dont 15 096 en Iraq, 46 898 en Jordanie, 46 672 au Liban et 61 450 en Turquie.  Les trois quarts des réfugiés sont des femmes et des enfants.


L’insécurité croissante a continué d’entraver le bon déroulement des opérations humanitaires à l’intérieur de la Syrie, que ce soit celles du Croissant-Rouge arabe syrien, du Programme alimentaire mondial (PAM) ou de l’UNRWA.  Les organisations humanitaires font en outre face à un sous-financement.


Dans ses conclusions, Ban Ki-moon assure que l’ONU reste déterminée à aider le peuple syrien à dégager une solution menée par les Syriens autre que le recours à la force et à trouver, avec l’appui unanime de la communauté internationale, les moyens de négocier une transition vers un système politique démocratique et pluraliste garantissant l’égalité des droits pour tous.  Il indique vouloir continuer à travailler avec toutes les parties en vue de régler rapidement le conflit et de mettre fin à la violence, notamment par le biais de l’équipe de pays des Nations Unies.


Pour éviter de voir le conflit dégénérer en une guerre civile totale, l’ONU doit travailler avec tous les secteurs de la société syrienne, y compris les femmes et les jeunes.  Mais il souligne qu’il appartient en premier lieu au Gouvernement de trouver une solution à la crise.


Il demande aux deux parties de prendre les précautions nécessaires pour épargner la population civile et les biens de caractère civil.  Les auteurs de crimes internationaux et d’autres violations graves des droits de l’homme, y compris les violences sexuelles, doivent tous être tenus responsables de leurs actes quelle que soit leur appartenance politique.


Gravement préoccupé par la militarisation continue du conflit en Syrie, il en appelle aux tierces parties, et en particulier aux pays de la région, et souligne qu’il leur incombe de faire tout leur possible pour mettre fin à cette situation.  Il demande au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale de s’attacher à trouver un terrain d’entente afin d’aider le peuple syrien à faire cesser la violence et à poser les jalons d’un avenir pacifique et démocratique sans laissés-pour-compte.  Il exhorte de nouveau le Gouvernement syrien et l’opposition armée à cesser les opérations militaires, à entamer un dialogue, à protéger les civils et à respecter les obligations que leur imposent le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire.


Enfin, il engage instamment toutes les parties, en particulier le Gouvernement syrien, à faire en sorte que les secours humanitaires puissent parvenir immédiatement et sans conditions à tous ceux qui en ont besoin.


Déclarations


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, a rappelé que des milliers de Syriens -notamment des femmes et des enfants- ont été tués depuis le soulèvement de mars et que les organismes de l’ONU estiment à 2,5 millions le nombre de Syriens qui ont un besoin urgent d’assistance humanitaire.


Il a ajouté que le Gouvernement du Président Bashar Al-Assad a non seulement échoué à protéger ses propres citoyens, mais a aussi tourné ses armes contre son propre peuple en contradiction totale avec les normes internationales.  Il a réitéré sa condamnation de la violence en Syrie, en exhortant à nouveau toutes les parties à privilégier la sécurité des civils, à mettre de côté leurs différends politiques et à travailler avec les Nations Unies et la communauté internationale pour trouver une solution durable à la crise.


Face à l’escalade des combats qui a rendu intenables les conditions des observateurs de l’ONU, il s’est félicité de la création, par le Conseil de sécurité, d’un bureau de liaison pour appuyer les efforts internationaux visant à parvenir à une solution politique.  Il a estimé qu’il s’agissait d’un pas important et d’un consensus crucial sur la nécessité de maintenir une présence onusienne à Damas.


Citant les faits intervenus depuis la dernière réunion de l’Assemblée générale sur la situation en Syrie le 3 août dernier, M. Al-Nasser a cité la nomination de M. Lakhdar Brahimi en tant que Représentant spécial conjoint de la Ligue des États arabes et de l’ONU en Syrie pour succéder à l’Envoyé spécial conjoint Kofi Annan, qui s’est acquitté de sa mission « avec courage et détermination » dans le but de mettre en œuvre son plan en six points.  Il a dit que M. Brahimi méritait le plein soutien de tous les États Membres de l’ONU.


En adoptant plusieurs résolutions en février, juin et août qui condamnent les violations systématiques par le Gouvernement syrien des droits de l’homme et des libertés fondamentales, l’Assemblée générale a décidé de ne pas rester silencieuse face aux tueries, massacres et crise, s’est félicité M. Al-Nasser.


Il a rappelé que les appels lancés par l’Assemblée générale pour que cessent les tueries sont toujours d’actualité, avant d’exhorter cette même Assemblée à tout mettre en œuvre, dans le respect de la Charte de l’ONU, pour surmonter cette crise politique et arrêter les pertes en vies humaines.  


« Les massacres et les violations flagrantes des droits de l’homme et du droit international humanitaire doivent cesser immédiatement et les auteurs des atrocités doivent être traduits en justice », a insisté le Président de l’Assemblée générale, en rappelant que la Charte confère à l’Assemblée une responsabilité de prendre toutes les mesures nécessaires à la promotion de la paix et de la sécurité.  Cela est devenu d’autant plus nécessaire, face au manque d’unité du Conseil de sécurité, a-t-il insisté.


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé qu’il revient d’Iran où il a pris part au Sommet du Mouvement des non-alignés.  Il a attiré l’attention sur « le dialogue franc » qu’il a eu avec les autorités iraniennes sur un certain nombre de questions importantes dont la Syrie.  Le Secrétaire général a aussi dit avoir discuté avec son homologue de la Ligue des États arabes et le Ministre des affaires étrangères de la Syrie.  Il a remercié ces personnalités pour avoir appuyé la nomination de M. Lakhdar Brahimi, au poste de Représentant spécial conjoint de la Ligue et des Nations Unies pour la Syrie et a rappelé ses discussions sur la nécessité de créer un petit bureau de liaison, maintenant que la Mission d’observation de l’ONU (MINUSS) se retire. 


Soulignant que dans les conditions actuelles, les agences humanitaires doivent renforcer leur présence en Syrie, le Secrétaire général a rappelé que seuls 50% des 180 millions de dollars demandés dans le cadre du plan de réponse d’urgence ont été débloqués.  Il a souligné, une fois encore, que 2,5 millions de personnes en Syrie ont besoin d’une aide humanitaire, que 1,2 million de Syriens sont désormais déplacés et que le nombre de 225 000 réfugiés en Turquie, en Jordanie, au Liban et Iraq est en constante augmentation.  M. Ban a plaidé pour une aide accrue à ces pays et a alerté sur les risques de voir le conflit se propager chez eux.


Le Secrétaire général a estimé que la tâche du nouveau Représentant spécial conjoint est difficile mais pas insurmontable.  Son succès, s’est-il expliqué, dépend de l’appui de tous, lequel lui permettra d’aider les belligérants à réaliser que la solution ne viendra pas des armes mais d’un dialogue respectueux des droits et des libertés de tous les Syriens.


Mon rapport, a-t-il rappelé, parle de la situation jusqu’au 17 août.  Elle est bien pire aujourd’hui, a prévenu le Secrétaire général, en évoquant, entre autres, les massacres perpétrés dans la ville de Daraya.  Nous devons faire en sorte, a-t-il dit, que personne, de quel côté qu’elle soit, n’échappe à la justice. 


C’est au Gouvernement et au Gouvernement d’abord qu’il incombe la responsabilité de mettre fin au conflit.  Mais, a ajouté le Secrétaire général, nous avons la responsabilité collective de trouver les moyens d’aider les Syriens à mettre fin à la violence et à résoudre leurs différends par des voies pacifiques. 


Ceux qui fournissent des armes à l’une ou l’autre partie ne font que contribuer à cette situation déplorable et accentuer le risque de conséquences inattendues au fur et à mesure que le conflit s’intensifiera et se propagera. 


Les leaders régionaux ont un rôle clef à jouer et j’appelle, a dit le Secrétaire général, le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale à trouver un terrain d’entente pour aider le peuple syrien à trouver la voie vers une transition politique, pacifique et inclusive qu’ils détermineraient eux-mêmes. 


Des initiatives ont été avancées en Iran et d’autres pointent à l’horizon.  Mais ce qui manque, a tranché le Secrétaire général, c’est l’unité des efforts.  Le peuple syrien a trop attendu.  La région tout entière est piégée dans une dynamique complexe.  Résoudre une crise n’a jamais été facile mais plus les mois passent, plus les choses gagnent en complexité, a-t-il prévenu. 


Après cette réunion, a-t-il dit, le Représentant spécial conjoint, qui a déjà pris des contacts avec les membres du Conseil de sécurité, devrait se rendre au Caire pour des consultations avec les pays de la Ligue arabe avant de s’envoler aussitôt que possible vers Damas.  « Offrez un appui uni et ferme à sa mission difficile et essentielle », a conclu le Secrétaire général. 


M. LAKHDAR BRAHIMI, Représentant spécial conjoint de la Ligue des États arabes et des Nations Unies pour la Syrie, a annoncé qu’il se rendra prochainement au Caire pour rencontrer le Secrétaire général de la Ligue des États arabes et recueillir ses conseils et ses recommandations.  La situation en Syrie n’a fait que se détériorer, a-t-il regretté, évoquant le nombre de morts et les dégâts importants.  Il a souhaité une transition qui respecte les aspirations légitimes du peuple syrien et qui leur permette de forger leur propre avenir.  L’appui de la communauté internationale est autant indispensable qu’urgent, a-t-il dit.  Mais cet appui ne sera efficace que si tout le monde s’engage dans la même direction.  Pour ma part, a-t-il ajouté, je n’épargnerai aucun effort dans l’entreprise commune pour la recherche de la paix.


M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a indiqué que son pays approuve la désignation de M. Brahimi, la Syrie étant prête à coopérer avec lui.  Le retrait de M. Kofi Annan ne doit pas être une raison pour s’écarter du plan en six points, a-t-il ajouté.  Il a lancé un appel aux parties arabes et internationales qui ont une influence sur les groupes armés, notamment les États qui ont refusé de recevoir M. Annan et de travailler avec lui, pour qu’ils coopèrent désormais avec M. Brahimi.  Il a assuré que la Syrie a coopéré avec la Mission d’observation de l’ONU en vue de favoriser un processus politique.  La Syrie a accueilli favorablement le Communiqué final du 30 juin dernier, a-t-il aussi rappelé.  Il a ensuite dénoncé ceux qui ont apporté un soutien aux groupes pratiquant des activités terroristes en Syrie.  Il a déploré les déclarations selon lesquelles ces groupes doivent être mis sur un pied d’égalité avec la Syrie.


Sur le plan humanitaire, M. Ja’afari a rendu hommage au Croissant-Rouge, avant de s’inquiéter du manque de financement des activités humanitaires.  La Syrie est prête à accueillir toute aide internationale à des fins strictement humanitaires, a-t-il indiqué.  Il a signalé à cet égard que 13 hôpitaux syriens sont désormais inutilisables et que 70% des médicaments fabriqués dans les usines syriennes ont été brûlés.  Il a aussi dénoncé le pillage des musées et lieux de culte.  Il a rappelé que la Syrie jouit d’une civilisation millénaire où la tolérance a toujours prévalu.  Enfin, il a promis une ouverture d’esprit de son pays qui aidera M. Brahimi.  Il a aussi lancé un appel à ceux qui ont une influence directe sur les parties qui refusent le dialogue politique.  Ils doivent appuyer les efforts de M. Brahimi.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a salué la reconnaissance des défis par M. Lakhdar Brahimi.  Elle s’est dite choquée par les informations faisant état de massacres à Daraya où 200 personnes auraient été exécutées.  Elle a rappelé la responsabilité première du Gouvernement syrien de mettre fin aux violences et de favoriser le dialogue.  Elle s’est dite troublée par les informations faisant état de la volonté de Damas de recourir à des armes de destruction massive.  Elle a exhorté le Gouvernement syrien à ne pas le faire, avant d’annoncer une contribution du Brésil au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour son travail au Liban.  Elle a d’ailleurs appelé les acteurs humanitaires à se limiter strictement à leur mandat.


« Plus on regarde en arrière, mieux on arrive à voir loin », a dit M. RON PROSOR (Israël) en citant 40 ans de tyrannie et d’exactions commises par le Gouvernement syrien.  Il a estimé que l’intervention du représentant syrien s’apparentait à l’histoire d’un homme qui tue ses parents et qui se plaint ensuite d’être orphelin.  Il a déclaré que l’Iran constituait un problème en Syrie et non une solution.  Les gardes révolutionnaires iraniens sont déployés en Syrie pour appuyer les exactions du Gouvernement, a-t-il dénoncé, en estimant que solliciter l’avis du régime iranien revenait à demander à la mafia de contribuer à une enquête de la police. 


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a regretté la militarisation croissante du conflit.  Les parties syriennes ont adopté cette approche et les efforts de la communauté internationale ont échoué, a-t-il constaté, avant de souligner la grande souffrance infligée à la population civile.  Nous condamnons vivement toutes les violences et les violations des droits de l’homme, quels qu’en soient les auteurs, a-t-il dit.  Le représentant a aussi condamné les activités terroristes menées en Syrie, un pays qui a besoin de voir la communauté internationale s’unir dans la recherche d’un règlement pacifique de la crise.  Il a jugé important que toutes les parties, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, appliquent les résolutions pertinentes des Nations Unies.  L’Inde a toujours soutenu les efforts internationaux menés en vue de résoudre la crise en Syrie, a-t-il conclu, avant de remercier le Représentant spécial conjoint pour la Syrie, M. Brahimi, et d’encourager toutes les parties syriennes et étrangères à collaborer avec lui. 


M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) s’est félicité de la nomination de M. Lakhdar Brahimi, tout en rendant hommage à son prédécesseur, M. Kofi Annan.  Il a dit partager les conclusions du rapport du Secrétaire général sur la situation en Syrie, notamment en ce qui concerne la primauté d’une solution politique et le rôle très important accordé à la diplomatie dans la recherche d’une solution au conflit en Syrie.  Le représentant a également fait siennes les préoccupations du Secrétaire général concernant la militarisation de ce conflit et ses graves conséquences humanitaires, appelant toutes les parties à la crise à abandonner cette voie pour préférer le dialogue et la protection des civils.  Il est temps pour la communauté internationale de resserrer les rangs et d’envoyer un message unifié aux parties syriennes pour qu’elles s’écartent de leur approche militaire et cessent toute violence, en vue de trouver une solution pacifique durable par le biais d’un processus politique inclusif, a-t-il dit.


M. ESHAGH AL HABIB (République islamique d’Iran) s’est félicité de la nomination de M. Lakhdar Brahimi, assurant que son pays est prêt à travailler à ses côtés comme il l’a fait avec M. Kofi Annan.  Estimant que seul un processus politique peut permettre de maintenir l’intégrité et la souveraineté nationales en Syrie, il a regretté que la poursuite de la violence ne favorise pas une telle solution.  Il a demandé aux acteurs internationaux qui ont une influence de faire part de leur volonté de résoudre cette crise de façon pacifique, regrettant que certains pays jouent un « rôle destructeur » en soutenant les groupes armés.  Certains de ces pays recherchent par des voies détournées un changement de régime en Syrie, a-t-il affirmé, jugeant cela illicite sur le plan du droit international.  Le représentant a lancé un appel à tous les pays afin qu’ils soutiennent les efforts de M. Brahimi en vue de résoudre la crise syrienne.  Enfin, il a dénoncé les allégations infondées proférées contre son pays par le représentant d’Israël.  Il a rappelé que ce pays menace le sien d’une attaque militaire, jugeant « ridicule » que le représentant d’un tel régime s’exprime au nom de la démocratie et des droits de l’homme « alors que ses mains sont tâchées de sang ».


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a félicité M. Lakhdar Brahimi pour sa nomination au poste de Représentant spécial conjoint et qui va ainsi assumer une tâche où « il n’a pas le droit à l’échec ».  Le représentant s’est inquiété de la détérioration de la situation humanitaire en Syrie, soulignant le manque d’accès et de financement d’efforts nécessaires à prévenir une catastrophe.  Ces efforts resteront inutiles, a-t-il prévenu, tant que la solution à la crise ne sera pas prise en main par les parties syriennes.  Comme tous les autres membres de la fraternité de l’ONU, nous sommes très préoccupés par l’escalade de la violence en Syrie, a-t-il ajouté, regrettant que les deux parties semblent préférer la guerre.


M. Tarar les a invitées à concentrer plutôt leur énergie dans un processus politique et un dialogue inclusif.  Il a demandé au Gouvernement syrien de remplir ses engagements en garantissant des conditions propices au lancement d’un tel processus.  Pour le Pakistan, le plan en six points de l’Envoyé spécial conjoint et le Communiqué final du Groupe d’action constituent de bonnes bases.  Il a souhaité que la communauté internationale aborde la question avec un esprit ouvert et a souligné l’urgence qu’il y a à cesser la violence.  Toutes les parties, en Syrie comme ailleurs, doivent soutenir les efforts de M. Brahimi, a-t-il lancé.


M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a appuyé la désignation de M. Brahimi en déplorant les conséquences humanitaires et l’escalade de la violence en Syrie, et a averti des risques d’expansion des réseaux terroristes.  Disant craindre le recours aux armes chimiques, il a demandé au Conseil de sécurité d’imposer des sanctions économiques fermes pour que le régime de Bashar Al-Assad s’engage vers une transition démocratique.  Il a demandé à la Chine et à la Fédération de Russie d’abandonner leur position et de favoriser une solution à la crise.  Il a assuré que son pays demeurerait à la tête des efforts menés sur le plan humanitaire, le Canada s’étant engagé à fournir 18 millions de dollars pour venir en aide aux civils.


Droits de réponse


Le représentant de la République arabe syrienne a estimé que son homologue israélien s’est pris à son propre piège en citant Winston Churchill.  Il aurait dû citer un autre Britannique, Arthur Balfour, auteur de la Promesse de Balfour qui voulait accorder aux Juifs le droit de créer leur État en Palestine.  Déplorant des crimes dont les arabes ne sont pas responsables, il a estimé que le regard porté sur le passé aide à comprendre la culture israélienne du terrorisme, due au rejet de l’autre et des cultures de la région, a-t-il expliqué.  Le représentant d’Israël veut faire croire qu’il aime le peuple syrien et qu’il est attristé par ses souffrances.  Il oublie, a ironisé le représentant, que son pays continue d’occuper le Golan syrien, de persécuter ainsi le peuple syrien et de violer les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Il a aussi dénoncé l’insolence israélienne et l’appui dont ce pays bénéficie.


Le représentant du Liban, après s’être félicité de la nomination de M. Brahimi, a réitéré son attachement à l’intégrité territoriale de la Syrie.  Il a dénoncé l’ironie de voir un pays qui a à son actif le plus de cas de non-respect des résolutions des Nations Unies dénoncer lui-même de telles violations.  La délégation libanaise n’a jamais parlé qu’au nom des principes du droit international et de la Charte des Nations Unies, a-t-il ajouté.


Le représentant d’Israël a dénoncé les attaques proférées contre son pays qui ne sont, selon lui, qu’une tentative de détourner l’attention des violations commises en Syrie.  Nous sommes prêts à promouvoir la paix et la stabilité au Moyen-Orient, a-t-il assuré.


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